summaryrefslogtreecommitdiff
diff options
context:
space:
mode:
-rw-r--r--.gitattributes3
-rw-r--r--29537-8.txt5116
-rw-r--r--29537-8.zipbin0 -> 87024 bytes
-rw-r--r--29537-h.zipbin0 -> 1872914 bytes
-rw-r--r--29537-h/29537-h.htm5608
-rw-r--r--29537-h/images/img001.jpgbin0 -> 57355 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img002.jpgbin0 -> 12344 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img003.jpgbin0 -> 31067 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img004.jpgbin0 -> 28020 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img005.jpgbin0 -> 27312 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img006.jpgbin0 -> 56911 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img007.jpgbin0 -> 22941 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img008.jpgbin0 -> 51062 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img009.jpgbin0 -> 66503 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img010.jpgbin0 -> 23263 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img011.jpgbin0 -> 61760 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img012.jpgbin0 -> 30839 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img013.jpgbin0 -> 28576 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img014.jpgbin0 -> 33131 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img015.jpgbin0 -> 24942 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img016.jpgbin0 -> 46714 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img017.jpgbin0 -> 16934 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img018.jpgbin0 -> 27330 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img019.jpgbin0 -> 72554 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img020.jpgbin0 -> 35083 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img021.jpgbin0 -> 59402 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img022.jpgbin0 -> 30173 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img023.jpgbin0 -> 78924 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img024.jpgbin0 -> 86763 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img025.jpgbin0 -> 23461 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img026.jpgbin0 -> 56044 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img028.jpgbin0 -> 39903 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img029.jpgbin0 -> 55741 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img030.jpgbin0 -> 23408 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img031.jpgbin0 -> 68431 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img032.jpgbin0 -> 16598 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img033.jpgbin0 -> 17343 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img034.jpgbin0 -> 60823 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img036.jpgbin0 -> 33327 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img037.jpgbin0 -> 46669 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img038.jpgbin0 -> 18902 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img039.jpgbin0 -> 25696 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img040.jpgbin0 -> 61210 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img041.jpgbin0 -> 66172 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img042.jpgbin0 -> 42747 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img043.jpgbin0 -> 32439 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img044.jpgbin0 -> 17975 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img045.jpgbin0 -> 26748 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img046.jpgbin0 -> 34694 bytes
-rw-r--r--29537-h/images/img047.jpgbin0 -> 17913 bytes
-rw-r--r--LICENSE.txt11
-rw-r--r--README.md2
52 files changed, 10740 insertions, 0 deletions
diff --git a/.gitattributes b/.gitattributes
new file mode 100644
index 0000000..6833f05
--- /dev/null
+++ b/.gitattributes
@@ -0,0 +1,3 @@
+* text=auto
+*.txt text
+*.md text
diff --git a/29537-8.txt b/29537-8.txt
new file mode 100644
index 0000000..83f8c01
--- /dev/null
+++ b/29537-8.txt
@@ -0,0 +1,5116 @@
+The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; Île d'Elbe, by Various
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Le Tour du Monde; Île d'Elbe
+ Journal des voyages et des voyageurs; 2em sem. 1905
+
+Author: Various
+
+Editor: Édouard Charton
+
+Release Date: July 29, 2009 [EBook #29537]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; ÎLE D'ELBE ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
+
+
+
+
+[Note au lecteur de ce fichier digital:
+
+Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
+corrigées.
+
+Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde:
+Journal des voyages et des voyageurs" (2em semestre 1905).
+
+Les articles ont été regroupés dans des fichiers correspondant
+aux différentes zones géographiques, ce fichier contient les articles sur
+l'île d'Elbe.
+
+Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces
+articles sont originaires.
+
+La liste des illustrations étant très longue, elle a été déplacée et
+placée en fin de fichier.]
+
+
+
+
+ LE TOUR DU MONDE
+
+
+
+
+ PARIS
+ IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
+ 20, rue du Dragon, 20
+
+
+
+
+ NOUVELLE SÉRIE--11e ANNÉE
+ 2e SEMESTRE
+
+
+
+
+ LE TOUR DU MONDE
+
+ JOURNAL
+ DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS
+
+
+
+
+ Le Tour du Monde
+ a été fondé par Édouard Charton
+  en 1860
+
+
+
+
+ PARIS
+ LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie
+ 79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
+ LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
+ 1905
+
+Droits de traduction et de reproduction réservés.
+
+
+
+
+TABLE DES MATIÈRES
+
+
+L'ÉTÉ AU KACHMIR
+
+Par _Mme F. MICHEL_
+
+ I. De Paris à Srinagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay à
+ Lahore. -- Premiers préparatifs. -- En _tonga_ de
+ Rawal-Pindi à Srinagar. -- Les Kachmiris et les maîtres du
+ Kachmir. -- Retour à la vie nomade. 1
+
+ II. La «Vallée heureuse» en _dounga_. -- Bateliers et
+ batelières. -- De Baramoula à Srinagar. -- La capitale du
+ Kachmir. -- Un peu d'économie politique. -- En amont de
+ Srinagar. 13
+
+ III. Sous la tente. -- Les petites vallées du Sud-Est. --
+ Histoires de voleurs et contes de fées. -- Les ruines de
+ Martand. -- De Brahmanes en Moullas. 25
+
+ IV. Le pèlerinage d'Amarnath. -- La vallée du Lidar. -- Les
+ pèlerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacrée.
+ -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles. 37
+
+ V. Le pèlerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funèbre et
+ hydrothérapie religieuse. -- Les temples de Vangâth. --
+ Frissons d'automne. -- Les adieux à Srinagar. 49
+
+
+SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
+
+Par _le docteur LAMY_
+
+_Médecin-major des troupes coloniales_.
+
+ I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motéso.
+ -- La route dans un ruisseau. -- Denguéra. -- Kodioso. --
+ Villes et villages abandonnés. -- Où est donc Bettié? --
+ Arrivée à Dioubasso. 61
+
+ II. Dans le territoire de Mopé. -- Coutumes du pays. -- La
+ mort d'un prince héritier. -- L'épreuve du poison. -- De
+ Mopé à Bettié. -- Bénie, roi de Bettié, et sa capitale. --
+ Retour à Petit-Alépé. 73
+
+ III. Rapports et résultats de la mission. -- Valeur
+ économique de la côte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. --
+ Supériorité de la faune. 85
+
+ IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
+ Retour en France. 90
+
+
+L'ÎLE D'ELBE
+
+Par _M. PAUL GRUYER_
+
+ I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. -- Deux mots
+ d'histoire. -- Débarquement à Porto-Ferraio. -- Une ville
+ d'opéra. -- La «teste di Napoleone» et le Palais impérial.
+ -- La bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. -- Offre à
+ Napoléon III, après Sedan. -- La bibliothèque de l'Empereur.
+ -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du poète. -- Un
+ enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules
+ blanches. Dans la paix des limbes. -- Les différentes routes
+ de l'île. 97
+
+ II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
+ tempétueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte
+ Giove. -- Un village dans les nuées. -- L'Ermitage de la
+ Madone et la «Sedia di Napoleone». -- Le vieux gardien de
+ l'infini. «Bastia, Signor!». Vision sublime. -- La côte
+ orientale de l'île. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge
+ de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer. 109
+
+ III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe. -- Installation aux
+ Mulini. -- L'Empereur à la gorge de Monserrat. -- San
+ Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
+ aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et
+ le miroir de la Vérité. -- L'Empereur transporte ses pénates
+ sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. --
+ L'ancien Musée de San Martino. Essai de reconstitution par
+ le propriétaire actuel. Le lit de Madame Mère. -- Où il faut
+ chercher à Elbe les vraies reliques impériales. «Apollon
+ gardant ses troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse
+ Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de
+ la signorina Squarci. -- L'église de l'archiconfrérie du
+ Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de l'Empereur. Les
+ broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de
+ Porto-Ferraio. 121
+
+
+D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE
+
+Par _M. VICTOR CHAPOT_
+
+_membre de l'École française d'Athènes._
+
+ I. -- Alexandrette et la montée de Beïlan. -- Antioche et
+ l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. -- La route
+ d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperçu
+ d'Alep. 133
+
+ II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. --
+ Première rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. --
+ Souvenirs des Hétéens. -- Excursion à Resapha. -- Comment
+ atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter? -- Enfin à Orfa! 145
+
+ III. -- Séjour à Orfa. -- Samosate. -- Vallée accidentée de
+ l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Aïntab. -- Court repos à Alep.
+ -- Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
+ Conclusion pessimiste. 157
+
+
+LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
+
+Par _M. RAYMOND BEL_
+
+ À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou
+ Australie? Le condominium anglo-français de 1887. --
+ L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des îles. --
+ L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des
+ Nouvelles-Hébrides. -- Leur avenir. 169
+
+
+LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE
+
+Par _M. ALBERT THOMAS_
+
+ I. -- Moscou. -- Une déception. -- Le Kreml, acropole
+ sacrée. -- Les églises, les palais: deux époques. 182
+
+ II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie
+ moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le
+ Kreml et la ville. 193
+
+ III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. --
+ L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. -- À bord du
+ _Sviatoslav_. -- Une visite à Kazan. -- La «sainte mère
+ Volga». 205
+
+ IV. -- De Samara à Tomsk. -- La vie du train. -- Les
+ passagers et l'équipage: les soirées. -- Dans le steppe:
+ l'effort des hommes. -- Les émigrants. 217
+
+ V. -- Tomsk. -- La mêlée des races. -- Anciens et nouveaux
+ fonctionnaires. -- L'Université de Tomsk. -- Le rôle de
+ l'État dans l'oeuvre de colonisation. 229
+
+ VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La
+ Grande-Russie. -- Conclusion. 241
+
+
+LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES
+
+Par _M. GERSPACH_
+
+ La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu
+ d'histoire et de géographie. -- La cathédrale de
+ Saint-Laurent. -- L'église Sainte-Marie-des-Anges. --
+ Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. --
+ Procédés employés pour le transfert des fresques. 253
+
+
+SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE
+
+Par _M. ÉMILE DESCHAMPS_
+
+ I. -- Woo-Sung. -- Au débarcadère. -- La Concession
+ française. -- La Cité chinoise. -- Retour à notre
+ concession. -- La police municipale et la prison. -- La
+ cangue et le bambou. -- Les exécutions. -- Le corps de
+ volontaires. -- Émeutes. -- Les conseils municipaux. 265
+
+ II. -- L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï. --
+ Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie
+ d'opium. -- Le charnier des enfants trouvés. -- Le
+ fournisseur des ombres. -- La concession internationale. --
+ Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. --
+ Fou-tchéou-road. -- Statistique. 277
+
+
+L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS
+
+Par _M. BARGY_
+
+ Le problème de la civilisation des nègres. -- L'Institut
+ Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. --
+ L'école professionnelle de Tuskegee, en Alabama. --
+ Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des nègres et la
+ casuistique de la Constitution. 289
+
+
+À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE
+
+Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_
+
+_Consul général de S. M. Britannique au Khorassan_.
+
+ I. -- Arrivée à Astrabad. -- Ancienne importance de la
+ ville. -- Le pays des Turkomans: à travers le steppe et les
+ Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosquée;
+ son commerce. -- Le désert de Lout. -- Sur la route de
+ Kirman. 301
+
+ II. -- La province de Kirman. -- Géographie: la flore, la
+ faune; l'administration, l'armée. -- Histoire: invasions et
+ dévastations. -- La ville de Kirman, capitale de la
+ province. -- Une saison sur le plateau de Sardou. 313
+
+ III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la côte du golfe
+ Arabique. -- Histoire et géographie du Makran. -- Le Sarhad. 325
+
+ IV. -- Délimitation à la frontière perso-baloutche. -- De
+ Kirman à la ville-frontière de Kouak. -- La Commission de
+ délimitation. -- Question de préséance. -- L'oeuvre de la
+ Commission. -- De Kouak à Kélat. 337
+
+ V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. --
+ Comparaison du Seistan et de l'Égypte. -- Excursions dans le
+ Helmand. -- Retour par Yezd à Kirman. 349
+
+
+AUX RUINES D'ANGKOR
+
+Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_
+
+ De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang. -- À la rame sur
+ le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Réap.
+ -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Décadence de la
+ civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge.
+ -- Oudong-la-Superbe, capitale du père de Norodom. -- Le
+ palais de Norodom à Pnôm-penh. -- Pourquoi la France ne
+ devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor. 361
+
+
+EN ROUMANIE
+
+Par _M. Th. HEBBELYNCK_
+
+ I. -- De Budapest à Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La
+ vallée du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le marché
+ de Targu Jiul. -- Le monastère de Tismana. 373
+
+ II. -- Le monastère d'Horezu. -- Excursion à Bistritza. --
+ Romnicu et le défilé de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges
+ à Campolung. -- Défilé de Dimboviciora. 385
+
+ III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
+ Slanic. -- Les sources de pétrole de Doftana. -- Sinaïa,
+ promenade dans la forêt. -- Busteni et le domaine de la
+ Couronne. 397
+
+
+CROQUIS HOLLANDAIS
+
+Par _M. Lud. GEORGES HAMÖN_
+
+_Photographies de l'auteur._
+
+ I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages.
+ -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'éclusier. -- Le marché.
+ -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons
+ aubergistes. -- Une soirée locale. -- Les sabots des petits
+ enfants. -- La kermesse. -- La piété du Hollandais. 410
+
+ II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
+ déjeuner décevant. -- Le père Kick. 421
+
+ III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. --
+ La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
+ Hollande. -- Une nuit à Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq
+ jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur
+ l'eau. 423
+
+ IV. -- Le pêcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. --
+ Les marmots. -- Les canards. -- La pêche au hareng. -- Le
+ fils du pêcheur. -- Une île singulière: Marken. -- Au milieu
+ des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes
+ filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbières. --
+ Produit national. -- Les tourbières hautes et basses. --
+ Houille locale. 433
+
+
+ABYDOS
+
+dans les temps anciens et dans les temps modernes
+
+Par _M. E. AMELINEAU_
+
+ Légende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos à travers les
+ dynasties, à l'époque chrétienne. -- Ses monuments et leur
+ spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs. 445
+
+
+VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
+
+Par _M. JULES BROCHEREL_
+
+ I. -- De Tachkent à Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. --
+ En tarentass. -- Tchimkent. -- Aoulié-Ata. -- Tokmak. -- Les
+ gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un
+ chef kirghize. 457
+
+ II. -- La vallée de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La
+ traversée du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une
+ vallée déserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. --
+ Troupeaux de chevaux. -- La vallée de Kachkateur. -- En vue
+ du Khan-Tengri. 469
+
+ III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La
+ vallée d'Inghiltchik. -- Le «tchiou mouz». -- Un chef
+ kirghize. -- Les gorges d'Attiaïlo. -- L'aoul d'Oustchiar.
+ -- Arrêtés par les rochers. 481
+
+ IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kaënde. --
+ En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kaënde. -- Bloqués
+ par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la vallée
+ de l'Irtach. -- Chez le kaltchè. -- Cuisine de Kirghize. --
+ Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize. 493
+
+ V. -- L'heure du retour. -- La vallée d'Irtach. -- Nous
+ retrouvons la douane. -- Arrivée à Prjevalsk. -- La
+ dispersion. 505
+
+ VI. -- Les Khirghizes -- L'origine de la race. -- Kazaks et
+ Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume
+ khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes.
+ -- Mariages khirghizes. -- Conclusion. 507
+
+
+L'ARCHIPEL DES FEROÉ
+
+Par _Mlle ANNA SEE_
+
+ Première escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de
+ l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La
+ vie végétative des Feroïens. -- La pêche aux dauphins. -- La
+ pêche aux baleines. -- Excursions diverses à travers
+ l'Archipel. 517
+
+
+PONDICHÉRY
+
+chef-lieu de l'Inde française
+
+Par _M. G. VERSCHUUR_
+
+ Accès difficile de Pondichéry par mer. -- Ville blanche et
+ ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les hôtels
+ de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population;
+ les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. --
+ L'avenir de Pondichéry. -- Le marché. -- Les écoles. -- La
+ fièvre de la politique. 529
+
+
+UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO
+
+Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_
+
+ I. -- Géographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. --
+ Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois. 541
+
+ II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. --
+ Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. --
+ Astrologie. -- L'écriture. -- L'art. -- Le vêtement et la
+ parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La
+ poésie. 553
+
+
+LA RÉGION DU BOU HEDMA
+
+(sud tunisien)
+
+Par _M. Ch. MAUMENÉ_
+
+ Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna.
+ -- La forêt de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. --
+ Le Bou Hedma. -- Un groupe mégalithique. -- Renseignements
+ indigènes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La
+ plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir
+ Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened.
+ -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. --
+ Sidi Abd el-Aziz. 565
+
+
+DE TOLÈDE À GRENADE
+
+Par _Mme JANE DIEULAFOY_
+
+ I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en
+ _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses poètes. -- La
+ Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine
+ hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux
+ palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolède. --
+ Un souvenir de l'inondation du Tage. 577
+
+ II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. --
+ Les pupilles de l'évêque Siliceo. -- Santo Tomé et l'oeuvre
+ du Greco. -- La mosquée de Tolède et la reine Constance. --
+ Juan Guaz, premier architecte de la Cathédrale. -- Ses
+ transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas.
+ -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
+ est son exécutrice testamentaire. -- Ximénès. -- Le rite
+ mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannière d'Isabelle
+ à la bataille de Toro. 589
+
+ III. -- Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les
+ chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hôpital de Santa
+ Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les
+ portraits fameux de l'Université. -- L'ange et la peste. --
+ Sainte-Léocadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil
+ couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes. 601
+
+ IV. -- Les «cigarrales». -- Le pont San Martino et son
+ architecte. -- Dévouement conjugal. -- L'inscription de
+ l'Hôtel de Ville. -- Cordoue, l'Athènes de l'Occident. -- Sa
+ mosquée. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de
+ Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena.
+ -- Doña Maria de Parèdes. -- L'industrie des cuirs repoussés
+ et dorés. 613
+
+
+
+
+ TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--9e LIV. Nº 9.--4 Mars 1905.
+
+[Illustration: L'île d'Elbe se découpe sur l'horizon, abrupte,
+montagneuse et violâtre.]
+
+
+
+
+L'ÎLE D'ELBE[1]
+
+ [Note 1: Les pages dont nous donnons ici la primeur aux
+ lecteurs du _Tour du Monde_ sont empruntées au livre encore
+ inédit: NAPOLÉON, ROI DE L'ÎLE D'ELBE, que doit
+ prochainement publier la librairie Hachette, et qui sera
+ l'histoire complète et singulièrement vivante, reconstituée
+ sur place par l'auteur, de cette période si peu connue de la
+ vie impériale.]
+
+Par M. PAUL GRUYER.
+
+_Illustrations d'après les photographies de l'auteur._
+
+ I. -- L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. -- Deux mots
+ d'histoire. -- Débarquement à Porto-Ferraio. -- Une ville
+ d'opéra. -- La «Teste di Napoleone» et le Palais impérial. -- La
+ bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. -- Offre à Napoléon III
+ après Sedan. -- La bibliothèque de l'Empereur. -- Souvenir de
+ Victor Hugo. Le premier mot du poète. -- Un enterrement aux
+ flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches. Dans la paix des
+ Limbes. -- Les différentes routes de l'île.
+
+
+[Illustration: Une jeune fille elboise, au regard énergique, à la peau
+d'une blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.]
+
+L'_Isola d'Elba_, en français l'île d'Elbe, est située dans la mer
+Méditerranée, entre la Corse et l'Italie, et fait partie avec les
+autres îles de Pianosa, Gorgona et Monte-Christo, de l'archipel
+tyrrhénien. Elle est aujourd'hui, en express, à un jour et demi de
+Paris, par Modane, Turin, Gênes et Pise, et seulement à une
+demi-journée de Rome.
+
+Du chemin de fer de Pise à Rome se détache, à mi-route, parmi les
+vastes plaines marécageuses des Maremmes, un petit embranchement qui
+va de Campiglia, point de bifurcation, à Piombino, port
+d'embarquement.
+
+Piombino est le type de la vieille petite place-forte italienne, aux
+rues étroites et entassées, aux arches et aux tours de pierre brûlées
+par le soleil; elle n'offre pas grande ressource, et l'on fera bien de
+ne pas lui demander l'hospitalité de la nuit. Du côté de la mer, ses
+maisons et ses remparts tombent à pic dans les flots; en face, Elbe se
+découpe sur l'horizon, violâtre, montagneuse, abrupte, et coiffée
+presque toujours d'un chapeau de nuées. Deux fois par jour, un bon
+vapeur fait le service postal et celui des passagers, en une heure et
+quart; l'on est obligé malheureusement de le gagner en barque, car le
+peu de fond de la mer, semée de récifs et d'écueils, empêche qu'il ne
+s'approche de terre, et, lorsqu'il y a houle ou gros temps, on danse
+ferme dans le «canal» ou détroit de Piombino. Il arrive même parfois
+que le navire ne peut tenir sur ses ancres, ni la barque quitter le
+rivage pour aller le rejoindre avec son entassement de passagers et de
+colis. Il faut alors aller embarquer plus loin, au petit port de
+Porto-Vecchio. Un autre service part de Livourne, mais la traversée
+est quatre ou cinq fois plus longue.
+
+Le voyage est, en somme, peu compliqué. Personne ne va à l'île d'Elbe
+cependant. D'Italie même on y vient peu; quoique ce sol, beau et sain,
+soit assez proche de Rome, il ne s'y trouve que quelques grandes
+propriétés rurales; quant aux touristes étrangers, en Italie encore
+plus qu'ailleurs, c'est le troupeau de Panurge qui suit les
+itinéraires tout tracés. Et puis n'est-ce pas le sort commun de toutes
+les îles d'être plus ou moins délaissées? Il faut y aller exprès, et,
+quand on y est, un vague malaise pousse à en sortir, comme si l'on
+craignait d'y rester toujours prisonnier.
+
+Peuplée jadis par les Étrusques, bien avant que Rome existât, Elbe a
+vu passer sur son territoire Phocéens venus de Grèce, Carthaginois et
+Romains, Goths, Wisigoths et Lombards. Puis ce sont les Génois qui la
+disputent aux Pisans, et les Espagnols qui on chassent les Génois.
+Bientôt les Français apparaissent à leur tour. La guerre ayant éclaté
+entre François Ier et Charles-Quint, le sultan Soliman, allié du roi
+de France, envoie de Constantinople, contre l'Italie et ses îles, la
+flotte ottomane, sous les ordres du fameux corsaire Barberousse,
+ancien matelot devenu grand-amiral, par son audace heureuse et sa
+férocité. Non content de faire pleuvoir sur toutes les côtes ses
+grenades enflammées, il aborde et parcourt l'intérieur de l'île en
+massacrant hommes, femmes et enfants, en arrachant les arbres, en
+brûlant la terre. Cette dévastation, telle que les Turcs savent la
+faire, fut si épouvantable qu'il fallut, après son départ, envoyer
+d'Italie des colons dans l'île, les rares habitants qui avaient
+survécu, cachés dans des trous de rochers, étant impuissants à relever
+seuls tant de désastres.
+
+[Illustration: Les rues de Porto-Ferraio sont toutes en escalier (page
+100).]
+
+En 1548, Cosme de Médicis, duc de Florence, réunit l'île d'Elbe à la
+Seigneurie de Piombino, et fonde Porto-Ferraio, qu'il fortifie et
+qu'il appelle Cosmopolis, nom qui lui resta jusqu'au seuil du XIXe
+siècle. Mais les malheurs de l'île ne s'arrêtent point pour cela.
+Italiens, Espagnols, Turcs et Français continuent à se disputer ce
+lambeau de sol, sans compter les corsaires d'Alger qui se contentaient
+de passer et de piller, et les Anglais qui commencent à se montrer,
+avides de s'approprier un point d'observation menaçant sur la côte
+d'Italie et sur la Corse.
+
+Mais Elbe commence à se lasser aussi de son sort misérable et songe à
+se délivrer de tout le monde, une bonne fois. En 1799, la France,
+prenant prétexte d'une rupture avec la Toscane, avait débarqué de
+nouveau ses troupes, et occupé Porto-Ferraio; les Elbois s'étaient
+soumis en apparence, mais pour préparer dans l'ombre une révolte
+formidable et sauvage. La maison de tout Français avait été marquée
+par l'ange exterminateur, et le massacre fut simultané partout. En ces
+nouvelles Vêpres Siciliennes, on libéra jusqu'aux galériens des
+bagnes, afin de faire la chasse aux survivants, traqués comme des
+bêtes fauves, à travers les maquis, les ravins et les antres des
+montagnes où ils s'étaient réfugiés. Les cadavres furent coupés en
+morceaux et promenés ainsi, triomphalement.
+
+En 1801 cependant, Porto-Ferraio fut rebloqué par la flotte française,
+bombardé en 1802, et, cette même année, le traité d'Amiens avait
+officiellement donné Elbe à la France. L'île envoya alors à Paris des
+députés qui furent reçus par le premier Consul (il ne se doutait guère
+de l'avenir), et qui l'assurèrent de la fidélité de leurs
+concitoyens, lesquels désormais se considéraient comme vrais Français
+et demandaient en retour protection contre tout autre envahisseur. Peu
+après, en effet, les Anglais ayant reparu furent repousses par une
+coopération commune des troupes françaises et des troupes elboises.
+L'île fut reperdue pour nous après Waterloo. Elle redevint alors
+italienne, et l'est encore aujourd'hui.
+
+[Illustration: Porto-Ferraio: à l'entrée du port, une vieille tour
+génoise, trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.]
+
+Que l'on vienne de Livourne ou de Piombino, c'est à Porto-Ferraio que
+l'on débarque, sa ville principale et sa sous-préfecture actuelle.
+
+Figurez-vous une sorte de lac suisse, plus beau, avec le ciel de
+l'Orient, une de ces baies méditerranéennes âpres et harmonieuses à la
+fois dont celle de Naples est un des principaux types connus. Sur un
+promontoire escarpé s'avançant dans ses flots et se repliant en
+croissant, une ville, dont le seul aspect évoque toute une poésie de
+passé, se superpose, serrée, avec des toits plats qui semblent
+s'escalader les uns les autres; ses longues murailles qui
+l'enveloppent font grimper leurs lignes de pierre à tous les
+escarpements du rocher, et, à tous leurs angles, une petite tourelle
+s'accroche, pour le veilleur, quelque hallebardier levantin que l'on
+s'attend à voir surgir dans le décor. Dans un port fermé par une jetée
+couverte elle-même de maisons et terminée par une vieille tour
+génoise, rouge, trapue, bizarre de forme, dorment sur l'eau, si bleue
+qu'elle en est noire, de grandes tartanes peintes en vert ardent, avec
+leurs voiles enroulées autour des mâts semblables à des antennes de
+scarabées. Un éblouissement de couleur, un craquèlement de clarté.
+
+Ainsi Porto-Ferraio se présente à mes yeux, tandis que le vapeur qui
+m'amène se range lentement le long du quai, parmi les hurlements des
+_facchini_ et leurs vastes gestes à l'adresse des passagers et de
+leurs bagages.
+
+Je me hâte de me faire conduire ainsi que mes colis à l'_albergo_ de
+l'_APE ELBANA_, HÔTEL DE L'ABEILLE ELBOISE, en souvenir de l'Abeille
+napoléonienne. J'y trouvai bon service, bonne nourriture et bon gîte,
+le tout en propreté parfaite. Je remarque seulement que l'on
+m'apporte, en guise de dessert, des petits pois crus dans leur cosse
+et des haricots verts, non moins crus, élégamment rangés sur une
+feuille de vigne. Les autres convives me paraissent se faire de ces
+verdures un régal que je croyais jusqu'ici réservé aux lapins; mais la
+cuisine, comme bien des choses ici-bas, n'est qu'habitude et préjugé.
+
+Je m'informe ensuite des personnes près de qui j'ai une lettre
+d'introduction et qui m'aideront à me débrouiller, chose si précieuse
+en pays étranger. Ce furent: Signor Emmanuel Camera de Asarta, qui
+remplissait alors dans l'île les fonctions du sous-préfet absent, et
+qui mit à ma disposition tout son crédit; Signor Tonietti, agent
+consulaire de France, qui m'accompagna en personne toutes les fois que
+sa présence put m'être utile; Signor Bigeschi, syndic de
+Porto-Ferraio. C'est enfin l'excellent abbé Soldani. Je ne veux pas
+oublier non plus un mot de remerciement pour Signor del Buono, le
+propriétaire actuel de San Martino. Bien d'autres aussi ont droit à ma
+gratitude, qu'il serait trop long d'énumérer ici. Il est peu de pays
+dont j'aie rapporté autant de souvenirs d'affabilité et d'empressement
+à m'être utile, chacun selon son pouvoir.
+
+Je m'aperçois tout de suite avec plaisir que, de ci de là, je trouve à
+me faire comprendre; les gens y mettent beaucoup de bonne volonté; il
+y a sympathie pour le _Francese_ qui déambule à travers les rues de
+Porto-Ferraio.
+
+Quelle ville extraordinaire, avec des rues tout entières en larges
+escaliers, des voûtes, des casemates, des tunnels, des remparts
+vertigineux où s'accrochent les feuilles en lame de sabre des aloès et
+les raquettes des cactus! C'est ainsi que notre esprit se plaît à
+imaginer Carthage. La litière de Salammbô ne va-t-elle pas paraître
+sur ces marches, à ce carrefour aveuglé de soleil, et là-haut, entre
+ces créneaux découpant sur le ciel, d'un bleu sombre comme la mer,
+leur profil anguleux et cuivré, n'est-ce pas la silhouette velue d'un
+mercenaire graissant son arc et fourbissant son casse-tête?
+
+Cependant un bonhomme, qui n'a rien de carthaginois, est accouru vers
+moi et m'entoure de ses grands saluts: «Signor! la teste di Napoleone!
+Venez voir, Signor! la teste avec son cercueil!»
+
+Il me prend pour un imbécile, pensai-je, et s'imagine que j'ignore si
+l'Empereur est mort à Elbe ou à Sainte-Hélène. Je me contentai de
+faire un signe de dénégation et me mis à marcher afin de me dérober à
+ses «nobilissime signor» et à ses gestes de moulin à vent.
+
+Mais le cicérone italien ne lâche pas ainsi sa proie, et l'homme me
+suivait en répétant: «Si! si! la teste! L'empereur Napoleone! la
+teste!» Et comme nous passions devant une église, il redoubla ses cris
+en me montrant la porte du doigt: «Ici, Signor, ici!»
+
+[Illustration: Porto-Ferraio: la porte de terre par laquelle sortait
+Napoléon pour se rendre à sa maison de campagne de San Martino.]
+
+Intrigué tout de même, et pensant en tous cas me soustraire dans le
+lieu saint à son obsession, j'entre dans l'église. Mais déjà notre
+homme avait couru en face, chez le bedeau, et, revenant avec une clef,
+il m'ouvrait la sacristie. Il y avait là un cercueil, en effet, un
+cercueil somptueux en ébène, noir et luisant, avec des poignées d'or
+et une N d'or couronnée. Aux quatre angles, quatre cierges dans leurs
+flambeaux de bois argenté. Je me demandais ce que cela signifiait,
+quand, le bedeau ayant soulevé le haut du couvercle qui était à
+charnière, la tête de l'Empereur apparut soudain, rigide, immobile, et
+les yeux clos.... Une télé en bronze, toutefois, comme mon cicérone
+s'empressa de me le prouver, en la cognant légèrement. L'impression
+n'en avait pas moins été saisissante, car j'étais loin de m'attendre à
+voir paraître ainsi, dans ce tombeau entr'ouvert, ce masque tragique,
+reproduction de celui-là même qui, lorsque l'Empereur eut rendu l'âme,
+fut moulé sur sa face, à Sainte-Hélène, par le docteur Antommarchi. Au
+milieu du silence sonore de l'église où nous étions seuls, le bronze
+rendit sous le choc du doigt un bruit sourd comme un long sanglot, que
+la résonance des voûtes se rejeta tour à tour, et qui s'éteignit
+ensuite, lentement. Je ne tardai pas à apprendre que, ne pouvant se
+consoler de n'avoir pas la tombe de son roi d'un jour, Elbe rendait à
+ce cercueil les mêmes honneurs que s'il était réel; chaque année, à la
+date anniversaire de la mort du grand Empereur, on le dresse sur un
+haut catafalque, les cierges s'allument, la foule emplit l'Église, et,
+en présence des autorités officielles, une messe solennelle est dite.
+Et cette impression si singulière et si imprévue de l'homme de bronze
+couché là, immobile et présent, qui me sautait ainsi aux yeux,
+brusquement, une heure après mon arrivée, chaque jour, à chaque pas,
+allait se marquer davantage. Tandis que pour ceux qui vont sans voir,
+tout est mort des lieux qu'ils traversent, partout où j'irais,
+j'allais retrouver l'Empereur et revivre dans le passé.
+
+Reprenons cependant notre exploration.
+
+Je me suis débarrassé de mon cicérone par un pourboire, en somme
+mérité, et je continue à errer au hasard entre les murs blancs et les
+volets clos (car la chaleur est torride), à descendre et à monter des
+escaliers.
+
+J'admire, chemin faisant, la propreté des rues. Les larges dalles de
+pierre dont elles sont pavées, comme de marbre, ne sont souillées
+d'aucune immondice, d'aucune ordure, et l'on se ferait presque
+scrupule d'y jeter un papier ou une pelure d'orange. C'est, dans cette
+ville du Midi, une propreté toute hollandaise. Du matin au soir,
+quatre ou cinq balayeurs ne cessent de circuler, chacun avec une
+charrette, qui a l'air d'un petit corbillard, et qui est traînée par
+un tout petit âne; ils y ramassent et recueillent sans trêve tout ce
+qu'ils rencontrent, et vont le vider ensuite hors de la ville; puis
+ils reviennent et recommencent leurs tournées, qu'ils continuent sans
+s'arrêter, jusqu'à la nuit. Ils passent partout et, par
+d'interminables détours, se hissent d'étage en étage, jusqu'aux
+quartiers supérieurs.
+
+[Illustration: Porto-Ferraio: la porte de mer où aborda Napoléon.]
+
+Mais voici là-haut, au bout de cette rue à pic, une maison carrée aux
+tuiles rouges et aux persiennes vertes; elle domine la ville: c'est la
+_Casa di Napoleone_, le «Palais impérial».
+
+D'aspect, elle ressemble à l'une de ces villas italiennes, comme on en
+voit sur la côte de Gènes à Bordighera, à l'une des moins ornées et
+des plus simples. L'administration militaire l'occupe aujourd'hui en
+partie, et des trophées de boulets on surmontent la porte, comme il
+convient à l'ancienne demeure d'un conquérant. Ce n'est pas pourtant
+le dieu de la guerre dont l'esprit semble régner ici. Quelle vision
+soudaine, au contraire, de paix heureuse et rayonnante, dès que l'on
+est entré et que l'on découvre, tout à coup, à travers les myrtes du
+jardin et les buissons de fleurs, l'immense et radieux horizon de la
+mer Tyrrhénienne! Tout est blanc et bleu comme en un paysage de conte
+de fées et de paradis; les grands caps de L'ÎLE se profilent dans une
+buée d'or; une paix resplendissante plane sur les choses. Et comme
+l'on est très haut, très à pic au-dessus de tout cela, il semble
+vraiment que l'on a laissé bien loin derrière soi tout le monde
+humain, et qu'en demeurant longtemps ici l'on finirait soi-même par
+devenir une âme. Il est impossible qu'après tant de luttes subies,
+tant d'écroulements entassés sur son front parmi les steppes neigeux
+de la Russie, tant d'angoisses dans l'abdication, le formidable vaincu
+qui vint un jour s'asseoir là, devant ce même horizon, n'ait pas
+senti, lui aussi, cette ineffable sérénité monter en lui. Il est
+certain (tous les coeurs humains sont semblables au fond, et les mêmes
+sentiments s'y retrouvent, identiques malgré leurs aspects divers)
+qu'il y eut ici des jours, des heures du moins, où son cerveau de fer
+se détendit, où la vision du repos, qu'il n'avait encore jamais
+connue, passa devant ses yeux, rapide et insaisissable toutefois,
+comme quelque chose qu'il ne pouvait arrêter, car il était «une force
+qui va», car il devait, bon gré, mal gré, se relever pour de nouvelles
+batailles et un nouvel écroulement.
+
+Maintenant les murs vides semblent l'attendre encore. Une partie de la
+maison, demeurée inutile depuis, est inhabitée. Dans une grande salle,
+qui fut la salle du trône, et sur les plâtres de laquelle sont restées
+les hâtives peintures murales dont on la décora alors, il n'y a plus
+que les bustes de marbre des ducs de Toscane, Ferdinand III et Léopold
+II, mélancoliques et seuls sur leurs socles; le mobilier a été, un
+jour, vendu à l'encan; les flambeaux sont chez un habitant, deux
+fauteuils chez un autre, un coussin brode chez un troisième. Les
+volets des six fenêtres qui commencent à se disjoindre, et à travers
+lesquels filtrent des rais de lumière, sont clos; par terre, sur le
+plancher poussiéreux, des grains de maïs qui sèchent; dans les coins,
+les araignées tissent leurs toile. Le locataire est-il parti il y a
+un an ou il y a un siècle, on ne sait. Je tourne l'espagnolette dorée
+et grinçante d'une des fenêtres, je pousse les volets, et le petit
+jardin, étoile de milliers de marguerites épanouies, apparaît, et
+l'éblouissante vision de la mer Tyrrhénienne emplit la chambre, comme
+à son réveil, le matin, la voyait l'Empereur. C'est l'abandon même des
+choses qui a empêché le souvenir de s'enfuir. Ailleurs, il y aurait un
+gardien à tricorne, un tourniquet des pancartes explicatives, un
+parquet ciré, des écriteaux portant DÉFENSE DE TOUCHER aux objets
+rapportés, restaurés et revenus; ici rien que l'âme éparse du passé.
+Voici bientôt cent ans que l'appartement est à louer. En bas, sur le
+ciment d'une allée, un fer à cheval est marqué; c'est, dit-on, celui
+du cheval impérial, qui s'y imprima quand la pâte était humide encore.
+Et ceci, c'est déjà la légende; le cheval de Napoléon entre dans la
+mythologie à côté de celui du paladin Roland, dont on nous montre
+aussi, un peu partout en Europe, le fer empreint sur une marche
+écroulée ou sur un rocher.
+
+Voici la journée, cependant, qui tire à sa fin, et je redescends dans
+Porto-Ferraio. C'est le moment où chez les peuples du Midi, avec le
+soleil qui baisse, la vie s'éveille et se ranime, et Porto-Ferraio
+semble s'en acquitter en conscience. Au-dessus de la petite ville, si
+muette tout à l'heure, et à travers laquelle le roulement de nulle
+voiture ne résonne (ses rues en escaliers ne lui en permettant à peu
+près aucune), monte un indescriptible brouhaha de voix et de paroles.
+Sur la petite place qui avoisine le port, les gens vont et viennent,
+de long en large, à grands pas, se donnant des poignées de main, et le
+verbe sonore; c'est le forum antique des villes italiennes, où l'on se
+rencontre ainsi sur le déclin du jour, où l'on traite et discute, au
+grand air, des affaires publiques et privées. On s'écrase dans les
+boutiques, où je lis parmi les enseignes: ANDREA BORGIA, BISCUITS
+DOUX; DANTE, SAVETIER, et plus loin: ORESTE PÈRE ET FILS, ÉPICERIE ET
+MACARONI. Une vieille, plus décrépite que Saturne, vend, sous une
+arcade, des fèves et des amandes grillées. Des femmes vont aux
+fontaines chercher de l'eau dans leurs cruches de cuivre martelé.
+
+Maintenant, toute la soirée, le bruit ira croissant; les gens parlent
+pour s'entendre parler, les enfants crient pour s'écouter crier, on se
+croirait à Paris un soir de Quatorze Juillet. Les guitares, les flûtes
+et les accordéons ne tardent pas à se mettre de la partie. Tout le
+monde chante. Le cri même des gamins n'a rien de la note acide des
+enfants; il est musical et rythmé. La brise du soir m'apporte, jusqu'à
+ma fenêtre, tous ces sons, en les mêlant dans une sorte d'universelle
+et joyeuse psalmodie des plus bizarres; c'est, dans ce décor d'opéra,
+comme un opéra qui se chante. Mon Dieu! que ces gens sont gais et
+qu'ils ont l'air heureux de vivre!
+
+[Illustration: La «teste» de Napoléon (page 100).]
+
+Cela dure ainsi jusqu'à onze heures ou minuit. Alors le bruit se tait
+peu à peu, et, sous la nuit ruisselante d'étoiles, tout redevient
+silence. La lune décroissante et tardive se lève, semblable à une
+grosse boule lumineuse qui commence à se défoncer, blanchissant la
+pierre des grands escaliers et l'escarpement cyclopéen des murailles
+sur les terrasses desquelles reparaît le nébuleux fantôme de Salammbô
+qui danse et se prosterne....
+
+Je me remets, le lendemain, à parcourir Porto-Ferraio en tous sens et
+dans tous ses coins et recoins; c'est à chaque pas un aspect
+pittoresque, nouveau et inattendu. L'abbé Soldani, qui m'accompagne,
+ne cesse, tout en marchant, de me frapper amicalement sur l'épaule et
+de brandir en l'air son chapeau en criant: «Vive la glorieuse France!
+Vive le glorieux empereur Napoléon!»
+
+Je visite l'hôtel de ville. On y conserve la bannière napoléonienne,
+le grand drapeau blanc coupé d'une bande orange avec trois abeilles,
+que le roi de l'île d'Elbe fit flotter sur la ville dès le soir de son
+arrivée, et que salua le canon, quand, le jour suivant, il mit pied à
+terre. Un vieux brave homme, ancien soldat de Solférino, me la déploie
+avec amour et respect; elle est en forte étoffe de toile et intacte.
+Au premier étage, dans la salle du Conseil, le portrait de l'Empereur,
+entre ceux de Cosme de Médicis et du dernier grand-duc de Toscane, le
+représente, d'après le tableau de Gérard, avec le sceptre en main, le
+manteau d'hermine sur les épaules et le laurier d'or au front. Sur le
+tapis vert de la table, selon un antique et patriarcal usage, chaque
+conseiller a devant soi une petite sébile avec des haricots blancs ou
+rouges, que, pour voter Oui ou Non, il dépose dans l'urne.
+
+[Illustration: Porto-Ferraio s'échelonne avec ses toits plats et ses
+façades scintillantes de clarté (page 99).]
+
+En quittant l'île d'Elbe, l'Empereur avait ordonné au grand-maréchal
+Bertrand d'empaqueter à la hâte et d'emporter toutes les archives
+ayant trait à l'administration de l'île durant son séjour, et il ne
+reste plus à l'hôtel de ville qu'un simple paraphe du maître au bas
+d'un des budgets communaux de Porto-Ferraio.
+
+[Illustration: Porto-Ferraio: les remparts découpent sur le ciel d'un
+bleu sombre leur profil anguleux (page 99).]
+
+Le syndic qui m'accompagne me sort toutefois d'un de ses tiroirs une
+autre pièce assez curieuse. Lors de la chute du Second Empire
+français, le bruit se répandit parmi les Elbois que le vaincu de Sedan
+songeait à se retirer parmi eux. Désireux de lui prouver leur
+inaltérable amour pour le sang illustre dont il descendait, les
+habitants de Porto-Ferraio s'empressèrent de lui faire parvenir, par
+leur syndic, une adresse officielle, l'assurant du bonheur que cette
+nouvelle leur causait. Napoléon III répondit par la lettre suivante:
+
+ «Wilhemshoehe, 10 mars 1871.
+
+«MONSIEUR LE SYNDIC,
+
+ «J'ai reçu l'adresse par laquelle les habitants de Porto-Ferraio
+ m'offrent l'hospitalité dans leur ville, pensant que j'avais
+ choisi l'île d'Elbe pour y fixer ma résidence; quoique cette
+ nouvelle n'ait jamais eu aucun fondement, je suis heureux du
+ témoignage de sympathie qu'elle a provoqué, et dont j'ai été
+ vivement touché. Veuillez, Monsieur le Syndic, vous faire, auprès
+ de vos concitoyens, l'interprète de mes remerciements et croire à
+ mes sentiments.
+
+ «NAPOLÉON.»
+
+[Illustration: La façade extérieure du «palais» des Mulini ou habitait
+Napoléon à Porto-Ferraio (page 101).]
+
+Au rez-de-chaussée se trouve une partie de la bibliothèque impériale.
+Les titres des livres, qui se reconnaissent à l'initiale dont leur
+reliure est marquée, sont curieux à parcourir, car ils montrent
+l'universelle éducation qu'aimait à se faire l'Empereur, s'intéressant
+à tout et lisant tout, afin de pouvoir parler de tout. À côté des
+oeuvres de Vauban et de Maurice de Saxe, d'ouvrages divers de
+mécanique, de chimie et de science militaire qui l'intéressaient
+directement, se remarquent de nombreux livres d'histoire ancienne et
+moderne, des livres d'archéologie, d'histoire naturelle et de
+littérature: Montaigne, La Fontaine, Don Quichotte, soixante volumes
+de Voltaire. Lui-même s'était constitué cette solide bibliothèque par
+des livres qu'il avait fait venir du continent. Mais ce que l'on est
+le plus étonné de trouver parmi ces volumes, c'est un nombre
+relativement considérable d'ouvrages d'imagination, dont le principal
+est LE CABINET DES FÉES, quarante tomes où sont réunis les contes et
+les légendes de l'humanité, de toutes les époques et de tous les pays,
+depuis les contes des _Mille et une Nuits_ jusqu'à ceux de Fénelon et
+de Perrault, jusqu'aux fables de l'Inde et de la Chine. C'est qu'en
+effet, par une réaction morale fréquente en psychologie, Napoléon,
+force brutale, était aussi un chimérique et un rêveur. Cette idée même
+de faire de l'Europe entière un seul empire réuni sous son sceptre,
+avait-elle été autre chose qu'une immense chimère? Nous le verrons ici
+méditer de bâtir, comme un Louis de Bavière, quelque fantastique
+palais sur les pics de Volterrajo, s'extasier sur le Monte Giove de
+l'infini du ciel et des nuées qui l'enveloppent, de ses nuits
+ruisselantes d'étoiles, et aimer à se perdre sous les ombrages
+touffus, aux sources murmurantes de la montagne de Marciana. Ossian et
+sa romantique poésie avaient, on ne l'ignore point, enthousiasmé sa
+jeunesse, et il conserva en lui, toute sa vie, quelque chose des
+vieilles superstitions corses qu'il avait sucées avec le lait
+maternel. Et c'est pourquoi, s'il condamnait officiellement «ces
+rêveries du passé», il est permis de supposer, en face de ces livres,
+qu'il ne répugnait pas à lire parfois, pour s'endormir le soir,
+l'histoire d'Ali-Baba et des Quarante Voleurs ou celle de la Belle aux
+cheveux d'Or et de l'Oiseau Bleu.
+
+[Illustration: Le jardin impérial et la terrasse de la maison des
+Mulini (page 102).]
+
+Mais voici un autre souvenir qui se mêle à celui de l'Empereur, et que
+nous dit tout au long une plaque de marbre gravée, et clouée au mur,
+sur la façade du monument. L'inscription est en italien, et nous
+traduisons:
+
+ ICI, DANS PORTO FERRAIO,
+ EN 1802, FUT APPORTÉ LE TOUT PETIT
+ VICTOR HUGO.
+ ICI NAQUIT SA PAROLE
+ QUI, PLUS TARD, LAVE DE FEU SACRÉ,
+ DEVAIT COURIR DANS LES VEINES DES PEUPLES,
+ ET PEUT-ÊTRE TROIS ANNÉES
+ PASSÉES DANS CET AIR À QUI DONNENT LEURS ATOMES LE FER ET LA MER[2]
+ RAFFERMISSANT SON CORPS DÉBILE,
+ CONSERVÈRENT
+ À LA FRANCE L'ORGUEIL DE SA NAISSANCE,
+ AU SIÈCLE LA GLOIRE DE SON NOM,
+ À L'HUMANITÉ
+ UN APÔTRE ET UN GÉNIE IMMORTEL.
+
+ [Note 2: Allusion aux mines de fer de l'île, dont nous
+ parlerons tout à l'heure.]
+
+En 1802, en effet, quelques mois après sa naissance, Victor Hugo vint
+à l'île d'Elbe. Né à Besançon, comme l'on sait, où son père, Joseph
+Hugo, alors commandant, se trouvait en garnison, il avait déjà dû être
+transporté à Marseille, six semaines après sa naissance. C'était un
+terrible voyage pour un enfant de cet âge,
+
+ Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix,
+
+comme il l'a dit lui-même, et si particulièrement faible que le
+médecin qui l'avait mis au monde avait déclaré qu'il ne vivrait pas.
+Par surcroît de malheur, il fallut que sa mère l'abandonnât pour venir
+à Paris solliciter le ministre de la Guerre, en faveur de son mari,
+lequel réclamait en vain l'avancement en grade qui lui était dû. Le
+pauvre bambin resta seul avec son père qui le bourrait de bonbons pour
+le consoler, car depuis le départ de sa mère, il n'arrêtait pas de
+pleurer. Enfin, cette dernière revint, et tout le résultat de ses
+démarches fut un ordre d'aller plus loin encore, à l'île d'Elbe, avec
+le régiment de l'impérial Corse.
+
+Voilà donc toute la famille qui se remet en route à nouveau et
+s'embarque pour Porto-Ferraio, où elle s'installe.
+
+La santé du petit Victor laissait toujours fort à désirer. Un an après
+son arrivée dan l'île, il n'était pas encore parvenu à redresser sur
+ses épaules sa tête «qui, racontent ses admirateurs, comme si elle eût
+déjà contenu toutes les pensées dont elle ne renfermait que le germe,
+s'obstinait à tomber sur sa poitrine.» Cependant, on ne tarda pas à
+remarquer que l'avorton était solidement charpenté, qu'il avait large
+carrure d'épaules et de poitrine. Bientôt, le grand air de la mer et
+la salubrité du climat aidant, la vie prit le dessus, et quand
+l'enfant quitta Elbe, au bout de trois ans de séjour entremêlés de
+pérégrinations en Corse, il était en train de devenir ce type étonnant
+de robustesse humaine, qu'il demeura tout le restant de son existence.
+De Porto-Ferraio, son père s'en alla en Italie avec Joseph Bonaparte,
+et lui, il vint avec sa mère et ses frères habiter Paris, rue de
+Clichy, fin de 1805 ou commencement de 1806.
+
+De même que ce fut à l'île d'Elbe que Hugo s'ouvrit à la vie physique
+et prit le dessus sur la mort, ce fut là aussi qu'il balbutia ses
+premiers mots, et la tradition nous a conservé la première parole
+qu'il prononça. Un jour, nous dit Dumas père dans ses MÉMOIRES,
+s'étant disputé avec sa gouvernante qui voulait le forcer à obéir et
+le menaçait: «_Cattiva!_ s'écria-t-il, _cattiva!_» _Cattiva_ signifie
+«méchante» dans l'italien des îles. Où avait-il entendu ce mot, et
+comment l'avait-il retenu plus spécialement? on ne le sut jamais. Mais
+tout le monde connut aussitôt dans la maison que l'avorton avait
+parlé, et s'en extasia. Ainsi le premier mot prononcé par le poète fut
+un mot étranger.
+
+[Illustration: La via Napoleone qui monte au «palais» des Mulini.]
+
+Mais les souvenirs de l'enfant «ne sont point encore éveillés, et rien
+de cette première halte de l'existence ne devait survivre en son
+esprit.»
+
+Plus tard, toutefois, on ne manqua pas de voir un rapport de
+prédestination entre le passage que l'auteur de l'_Ode à la Colonne_
+fit dans cette île, et celui de Napoléon, dix ans après;
+l'hyperbolique BIOGRAPHIE RABBE imprimera en 1834: «La première nature
+qui se réfléchit dans la prunelle de Hugo fut cette âpre et sévère
+physionomie d'un lieu peu remarqué alors, si célèbre par la suite.
+Cette jeune vie s'harmonisait déjà avec la grande destinée qu'elle
+devait célébrer un jour; ce frêle écheveau se mêlait déjà à la trame
+splendide qu'il devait rehausser un jour!»
+
+Tandis que je lis et copie l'inscription du marbre, surpris malgré moi
+de tous ces ressouvenirs français que je rencontre à chaque pas, je
+vois soudain venir se planter sous mon nez un bras noir, au bout
+duquel est une main noire, brandissant une bourse noire. Je me
+retourne brusquement, n'ayant rien entendu venir, et recule avec un
+peu d'effroi, je l'avoue, en voyant en face de moi un homme tout noir
+également--si l'on peut appeler «homme» un grand sac noir, se
+terminant par un capuchon pointu, percé de deux trous au fond desquels
+deux yeux luisent comme des chandelles. C'est un Pénitent en tournée
+de quête, et il me poursuit de son bras noir, de sa main noire et de
+sa bourse noire, en m'assourdissant d'une sonnette qu'il porte
+attachée à sa ceinture et qu'il sonne furieusement, jusqu'à ce que je
+lui aie donné les deux sous qu'il réclame.
+
+Je demandai si c'était l'usage de se promener ainsi, en échappé de
+drame romantique; l'on me répondit que cela se faisait lorsque
+quelqu'un de la Confrérie était mort, et que la quête était au profit
+de la cérémonie funèbre.
+
+Or, comme j'étais assis, le soir, sur le seuil de l'_APE ELBANA_, à
+respirer avec délices la fraîcheur de la brise de mer qui s'élevait
+avec la nuit, tandis que, comme la veille, les gamins hululaient
+partout, que, dans toutes les maisons, les guitares sautillaient et
+les accordéons soufflaient éperdument, voilà tout à coup les cloches
+de l'église voisine qui se mettent à sonner le glas. En même temps, de
+l'autre bout de la ville, des clameurs lamentables retentissent, qui
+ne tardèrent pas à se rapprocher, faisant fermer en hâte les volets de
+toutes les boutiques et taire la voix des musiques. Bientôt, par une
+des rues en escalier qui aboutissaient sur la place, apparut,
+s'échelonnant de marche en marche, un cortège étrange; une foule de
+gens vêtus de cagoules noires, comme mon homme de l'après-midi, grands
+et petits, jusqu'aux plus minuscules bambins, s'avançaient, portant de
+gros cierges parfumés, et en chantant des psaumes autour d'un cercueil
+qui ondulait sur les épaules de quatre hommes robustes. Ceux qui
+marchaient en tête du cortège agitaient des croix, des bannières et
+des lanternes emmanchées sur de longs bâtons. C'était l'enterrement en
+question, et, comme je m'étonnais de son heure tardive, le _facchino_
+de l'hôtel me répondit que tel était l'usage dans le grand monde,
+parce que c'était «beaucoup beau» ainsi.
+
+[Illustration: La salle du conseil à Porto-Ferraio avec le portrait de
+la dernière grande-duchesse de Toscane et celui de Napoléon d'après le
+tableau de Gérard.]
+
+[Illustration: La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonnée, avec
+ses volets clos et les peintures décoratives qu'y fit faire l'Empereur
+(page 101).]
+
+Arrivé devant l'église, le cortège s'arrêta. Le glas se tut. Alors
+tous nos capucins noirs jetèrent violemment leurs cierges sur le sol,
+ils en piétinèrent la flamme à coups de talon, ils lancèrent dessus de
+la terre à pleines poignées, afin de l'éteindre, et entrèrent dans
+l'église avec, chacun, cinq ou six petites bougies, minces comme des
+allumettes, qu'on leur remit à la porte. Tandis qu'elles brûlaient,
+ils se rangèrent à nouveau autour du cercueil et se mirent à hurler
+une sorte de bêlement bizarre: bai... ai... ai... ai..., quelque chose
+de traînant et de grave, qui, subitement, s'anime avec rage, et
+devient aigre à se boucher les oreilles: bai! bai! bai! ai! ai! ai!
+ai! ai! Il y a là du gémissement de la pleureuse antique et du lamento
+corse. Cependant les petites bougies tiraient à leur fin, le prêtre
+officiant avait terminé ses oraisons, le cercueil était rechargé sur
+quatre épaules, les cierges étaient ramassés sur le parvis de
+l'église, où ils étaient restés, et rallumés aux petites bougies, et
+le cortège reformé se mettait en route vers la nécropole, par le
+chemin qui longe la mer, tandis que les boutiques se rouvraient
+derrière lui et que guitares et accordéons reprenaient leur mélodie
+interrompue. Longtemps, je le suivis du regard, à la lueur des cierges
+se reflétant dans les flots en longues couleuvres lumineuses; et
+là-bas, pour que le mort ne reste pas seul dans la nuit, on lui
+laissera, avant de revenir, une petite lanterne allumée, qui le
+veillera jusqu'au jour.
+
+Cagoules noires, nos gens allaient à la nécropole des «Noirs»;
+cagoules blanches, elles auraient été à la nécropole des «Blancs»; car
+les deux Confréries ne veulent avoir entre elles rien de commun sur la
+terre ni dans l'éternité. À Porto-Ferraio l'on est Noir ou Blanc,
+comme on était jadis Guelfe ou Gibelin, et si les cagoules ennemies ne
+se battent plus dans les rues quand elles se rencontrent, du moins
+n'ont-elles jamais cessé de se regarder d'un mauvais oeil. C'est à qui
+surtout réservera à ses morts, dans chacune des nécropoles rivales, le
+gîte le plus avouant, la «case» la plus souriante et la plus
+immaculée. Car ici, sauf de rares exceptions, les morts ne sont pas
+déposés dans la terre; sous des portiques somptueux, en des catacombes
+revêtues de marbre blanc et baignées de douces clartés, d'innombrables
+cases sont taillées dans l'épaisseur des murs, rangées symétriquement
+comme des alvéoles d'abeilles, les unes vides, les autres occupées
+déjà, où le cercueil est hermétiquement scellé, ornées d'inscriptions.
+Les longues galeries ornées de fleurs et de tableaux, où tant de
+disparus dorment leur dernier sommeil dans un calme pâle et silencieux
+comme celui des Limbes, n'ont réellement rien de sinistre. Vues du
+dehors, ces blanches nécropoles, aux larges et hautes fenêtres,
+rappellent, à travers le feuillage des grands arbres qui les
+entourent, les palais de Trianon.
+
+De Porto-Ferraio rayonnent toutes les routes de l'île. Chaque matin,
+quatre ou cinq courriers partent de la ville avec leurs carrioles à
+deux roues, attelées d'un cheval maigre, à grandes jambes, qui
+ressemble à une sauterelle. Les brancards, au lieu d'être retenus sur
+les flancs de la bête comme chez nous, sont fixés sur son dos, et
+pointent en l'air, si bien que, dès qu'elle prend le galop, vous vous
+trouvez dans une sorte de panier à salade, qui vous enverrait
+immédiatement sur la route, si vous ne preniez soin de vous cramponner
+avec énergie à l'ossature du véhicule. Quant aux bagages, ils sont au
+préalable ligottés avec des cordes; c'est le seul moyen qu'ils
+arrivent entiers à destination.
+
+Où vont toutes ces routes? On voit de Porto-Ferraio leurs rubans
+monter de tous côtés vers les montagnes environnantes, puis
+disparaître. L'une d'elles s'en va vers l'ouest, du côté de ce mont
+énorme qui, par là, barre l'horizon, et dont la cime disparaît dans
+les nuages. C'est la route de Marciana. Elle monte d'abord parmi les
+aloès et les cultures. Ça et là, une ferme, une métairie. De temps à
+autre, l'on croise des paysans qui se rendent à la ville, pour leurs
+affaires ou leur commerce. Ils ont tous un âne pour les porter; la
+femme se met à califourchon sur le cou du bourriquet, l'homme sur le
+dos, le fils sur la croupe, et, dans chacun des deux paniers accrochés
+de chaque côté du bât, il y a la marmaille. L'âne disparaît sous la
+famille qu'il véhicule; il en est littéralement recouvert. On ne voit
+que sa tête, sa queue et ses pieds. Il trottine, menu, menu, et, chose
+incroyable, ne s'effondre pas.
+
+Puis les maisons se font plus rares, et voici commencer le maquis, le
+maquis corse, avec ses arbousiers, ses lauriers-thyms, ses bruyères
+arborescentes et ses chênes verts, serré, impénétrable et parfumé
+d'acres senteurs. À un coude de la route, Porto-Ferraio disparaît, et,
+sur le faîte du col que le vent balaye, une autre face de l'île
+apparaît.
+
+ (_À suivre_) PAUL GRUYER.
+
+[Illustration: Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la
+protège du soleil.]
+
+Droits de traduction et de reproduction réservés.
+
+
+
+
+ TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.--10e LIV. Nº 10. 11 MARS 1905.
+
+[Illustration: Les mille mètres du Monte Capanna et de son voisin, le
+Monte Giove, dévalent dans les flots de toute leur hauteur.]
+
+
+
+
+L'ÎLE D'ELBE[3]
+
+ [Note 3: _Suite. Voyez page 97._
+
+ Les pages dont nous donnons ici la primeur aux lecteurs du
+ _Tour du Monde_ sont empruntées au livre encore inédit:
+ NAPOLÉON ROI DE L'ÎLE D'ELBE, que doit prochainement publier
+ la librairie Hachette, et qui sera l'histoire complète et
+ singulièrement vivante, reconstituée sur place par l'auteur,
+ de cette période si peu connue de la vie impériale.]
+
+Par M. PAUL GRUYER.
+
+_Illustrations d'après les photographies de l'auteur._
+
+ II. -- Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
+ tempétueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte Giove. --
+ Un village dans les nuées. -- L'Ermitage de la Madone et la
+ «sedia di Napoleone». -- Le vieux gardien de l'infini. «Bastia,
+ Signor!». Vision sublime. -- La côte orientale de l'île.
+ Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge de Monserrat. -- Rio
+ Marina et le monde du fer.
+
+
+[Illustration: Un enfant elbois.]
+
+La mer se recourbe ici en un golfe profond, au cercle large et
+harmonieux, et dans lequel tombent les mille mètres du Monte Capanna;
+autour de ce dernier et de son voisin, le Monte Giove, la montagne de
+Jupiter, tournoient les nuées. En bas, la mer bleue, la grève
+ensoleillée sur laquelle un pêcheur solitaire, et qui semble moins
+gros qu'une fourmi, tire sa barque et fait sécher ses filets; en haut,
+la bataille farouche de l'ouragan noir où gronde la foudre et que
+zèbrent les éclairs; par moments, à travers un déchirement de nuages,
+des plaques de neige étincellent. N'est-ce pas là, en effet, l'Olympe
+redoutable où trônent, au-dessus des mortels, Zeus et les Grands
+Dieux?
+
+Je demande au cocher s'il n'y a pas lieu de hâter le pas de son
+coursier et si l'amoncellement fantastique des sombres nuées ne va pas
+s'abattre sur notre tête avant notre arrivée à Marciana; mais il me
+fait signe que non, et qu'il n'y a rien à craindre pour le moment. Le
+soleil, en effet, ne cesse pas de luire pour nous tout le long de la
+route qui, se rapprochant de la mer, contourne d'abord le golfe (on
+le nomme golfe de Procchio), puis se relève pour suivre la côte en
+corniche, jusqu'à ce qu'une dernière descente nous amène à Marciana
+Marina, à l'AUBERGE DE LA PAIX, CHEZ VENTURA BRASCHI; BONNE CUISINE.
+
+Le signor Ventura ne sait pas un mot de français, sa femme non plus,
+mais ils sont pleins de prévenances et crient très fort pour que je
+comprenne. Le bruit de mon arrivée s'est heureusement répandu dans le
+bourg; un garçon qui a voyagé et qui parle correctement français,
+vient m'offrir obligeamment ses services; il facilite les
+explications, et en attendant la «bonne cuisine» de l'enseigne, qui se
+réduira d'ailleurs à du macaroni et à des oeufs, je vais errer sur les
+galets du port, où les tartanes ont été amenées à sec en prévision de
+la nuit qui menace d'être pluvieuse et pleine de vent.
+
+Les nuées sont descendues le long de la montagne, et le ciel s'est
+voilé; le soleil a disparu. Il fait gris; la mer houleuse bat le
+rivage de ses lames courtes; une morne tristesse s'épand sur les
+choses. Il semble que l'on soit perdu au bout du monde. Porto-Ferraio
+lui-même paraît loin, très loin. Cette montagne, que l'on ne voit pas
+et qui n'arrête pas de déverser son brouillard, on la sent peser sur
+soi de toute sa masse obscure. Les façades craquelées des maisons, qui
+s'illuminaient tantôt sous le soleil, ont pris un aspect sale et
+éraillé. Il fait froid.
+
+Comme tout cela a changé d'aspect en quelques heures! Voici la pluie à
+présent, une pluie fine et pénétrante qui, sous l'obscurité
+grandissante, donne aux objets des reflets blafards; l'on se croirait
+sur quelque côte désolée de la Norvège ou du Spitzberg. Et quand, le
+soir, après dîner, je sortis pour aller gagner ma chambre qui se
+trouvait dans une autre maison, à quelques pas, je crus être emporté
+par l'ouragan qui me lapidait de cailloux à travers la nuit; la mer
+crachait ses embruns jusque dans les rues, et la seule lumière de ce
+gouffre noir, où pas un être humain n'osait circuler, était, au
+carrefour voisin, la lueur timide d'une petite veilleuse, brûlant sous
+un verre, devant une Sainte Vierge engrillagée dans le mur. Je
+songeais que ce fut près d'ici, par une nuit pareille, que se termina
+l'amoureuse idylle de l'ancien Roi des Rois et de la blonde comtesse
+Walewska; ils s'étaient retrouvés sur la montagne de Marciana, où ils
+revécurent quelques heures fugitives d'amour, et où ils se séparèrent
+dans la tempête et dans l'ouragan.
+
+Le lendemain matin, un clair soleil me réveilla. J'avais, dans ma
+journée, à entreprendre l'ascension du Monte Giove et de Marciana Alta
+(Marciana de la Montagne), dédoublement de Marciana Marina (Marciana
+de la Mer).
+
+[Illustration: Marciana Alta et ses ruelles étroites.]
+
+C'est un vieil usage sur les bords méditerranéens, et que l'on
+retrouve en France, en Italie, en Corse et en Espagne, que celui de
+ces doubles villages côtiers. Il avait pour but de mettre leurs
+populations à l'abri des pirates barbaresques qui, jusqu'à la prise
+d'Alger par la France, au milieu du XIXe siècle, fondaient à tous
+moments sur les rivages, où ils pillaient et tuaient tout. Alors, dès
+que leur approche était signalée par une de ces tours-vigies qui
+dominaient l'horizon et dont les ruines subsistent encore, sur les
+pitons des falaises et les pointes des rochers avancés en mer, tout le
+village du bas ramassait ses effets les plus précieux et s'enfuyait
+vers le village du haut, lequel était suffisamment crénelé et fortifié
+pour repousser tous les assauts. Mais il était rare que les pirates se
+hasardassent jusque-là, car sur ces pentes qu'il leur aurait fallu
+gravir, il était trop facile de les écraser en faisant dérouler sur
+eux une avalanche de rocs et de pierres. Le plus souvent ils ne
+savaient même pas où les habitants étaient passés: ils étaient
+là-haut, dans les nuages.
+
+Je demande en effet si l'on peut me montrer Marciana Alta. Signor
+Ventura sort avec moi sur la place et me désigne du doigt la montagne.
+Ici où nous sommes, le soleil a reparu, l'atmosphère est limpide, la
+mer sourit, mais la montagne est, comme hier, coupée en deux par
+l'épais rideau de nuées qui est remonté autour d'elle, et qui en cache
+la moitié supérieure, de son voile impénétrable. Le bourg de Marciana
+Alta est là, derrière le rideau; on ne le voit pas. C'est ainsi
+pendant la moitié de l'année, paraît-il; mais je n'ai qu'à prendre le
+sentier et à monter jusqu'à ce que j'arrive.
+
+Me voilà donc grimpant, grimpant, grimpant toujours, avec cette
+persévérance nécessaire dans les montagnes où il semble que l'on
+marche sans avancer. Il fait une chaleur moite. Devant moi je vois
+toujours la nuée obscure, dont je me rapproche peu à peu; derrière
+moi, en me retournant, j'aperçois Marciana Marina s'écraser de plus
+en plus, et un immense horizon de côtes s'étaler à mes pieds. Mais je
+ne tarde pas à entrer dans l'ombre de la nuée, où le soleil se voile
+bientôt si complètement que je me trouve comme transporté tout à coup
+au milieu de la nuit. Tout disparaît, devant, derrière et autour de
+moi; il n'y a plus que du brouillard, qui perle en gouttelettes sur
+mes vêtements et ma barbe, comme sur les plantes et sur les brins
+d'herbe. La végétation a changé d'aspect, elle aussi; elle est devenue
+celle des climats du Nord: bruyères courtes, gros châtaigniers au
+tronc noueux, et qui n'ont encore ni feuilles ni bourgeons, tandis
+qu'à Porto-Ferraio les myrtes sont en fleurs; puis des fougères et des
+mousses, parmi lesquelles des sources cristallines bruissent et
+dégringolent en cascatelles. Le sentier toutefois, pour âpre qu'il
+soit, se continue, bien tracé, à travers l'opacité du brouillard. J'y
+croise, fantomatiques silhouettes, une femme et sa mule; sans doute la
+femme descend à la côte se ravitailler d'épicerie ou de farine, car
+l'on ne doit pas avoir là-haut grand'chose pour se nourrir. En passant
+elle me jette le _buona sera_! (bonsoir!) et paraît tout étonnée de la
+langue inconnue dans laquelle je lui réponds. Après une demi-heure de
+montée dans ce brouillard, la forme des objets redevient plus précise,
+le soleil se devine à nouveau, et voici, au-dessus de ma tête,
+Marciana Alta surgir des nuées.
+
+Le spectacle en est singulier. En face de moi, à présent, la lumière,
+une autre région, un soleil du Nord qui luit dans un air vif et froid;
+par derrière, au contraire, la nuée opaque que j'ai traversée et qui
+cache maintenant la base de la montagne comme d'en bas elle en cachait
+le faîte. La terre, la mer, tout le reste de l'île ont disparu; on est
+comme suspendu sur les noires volutes nébuleuses; on plane au-dessus
+du vide, on est dans le ciel.
+
+Ce qui paraît plus bizarre encore, c'est qu'il y ait ici des
+habitants, puisque voilà des maisons et un clocher, ou plutôt de
+penser qu'il doit y en avoir, car on n'en voit pas. Tout se tait;
+aucun son ne monte plus d'en bas, et nul bruit ne sort davantage de ce
+village mystérieux, aux maisons abruptes, serrées les unes contre les
+autres, entouré d'un rempart de pierre. C'est le village corse,
+sauvage et sinistre, le nid d'oiseaux de proie.
+
+[Illustration: Marciana Marina avec ses maisons rangées autour du
+rivage et ses embarcations tirées sur la grève.]
+
+Je gravis des escaliers, je passe sous des voûtes, je monte encore des
+marches et je me trouve au milieu des maisons, sur une place étroite,
+où aboutissent des rues ou plutôt des ruelles, non moins étroites, au
+pavé noirâtre et gluant. Il n'y a toujours personne. Les habitants
+sont sans doute enfermés chez eux. Seule une femme, au profil de
+vautour, est assise sur le seuil de sa porte, vêtue de noir et coiffée
+d'un fichu noir; ses yeux brillent dans leurs orbites, ardents et doux
+cependant, et elle me regarde sans qu'aucun des traits de son visage
+impassible et régulier trahisse ce qu'elle peut penser en me voyant.
+Puis en voici une autre, vêtue de noir également, qui tire au bout
+d'une corde une chèvre noire; puis une troisième, jeune celle-là, mais
+toujours vêtue de drap de la même couleur, et portant sur sa tête un
+sac de foin. Mais où sont les hommes?
+
+Sur ma droite, j'aperçois un cabaret à la porte close; je vais pour
+entrer afin de me reposer un peu de mon escalade et demander un guide
+pour continuer plus loin. J'entends à travers la porte des bruits de
+voix. Allons, tant mieux! Il y a quelqu'un. Quelqu'un! Mais tous les
+hommes du village sont là. Je me demandais ce que l'on pouvait faire
+dans un pays pareil! C'est simple: on n'y fait rien.
+
+C'est-à-dire que l'on y boit, que l'on y fume, que l'on y joue aux
+cartes, que l'on y parle surtout, depuis le matin jusqu'au soir, tous
+les jours et toute l'année. Oui, c'est bien là le village corse, c'est
+bien l'étonnante existence de ces gens qui, perdus dans leur solitude,
+sans voir même, six mois sur douze, le reste de la terre dont ils sont
+séparés, comme aujourd'hui, par les nuages qui les entourent et où ils
+vivent, passent leur vie à discuter, en face d'un vermouth et d'un
+journal, les destinées de l'Europe. Parler politique et voter tous les
+trois ou cinq ans sont les grandes occupations de l'existence.
+Quelques habitants essayent durant l'été de défricher la montagne et
+d'en obtenir quelques moissons; un peu plus bas sur ses pentes, ils y
+plantent même de la vigne, qui y réussit, mais le travail est dur et
+ils ont peu d'imitateurs. Les autres possèdent des cochons qui se
+nourrissent, tout seuls, ou à peu près, des chèvres que la femme mène
+paître, tout en labourant quelques pommes de terre ou en ramassant des
+châtaignes; quant aux quelques sous qu'ils peuvent trouver à gagner,
+ils alimentent la pipe et le verre.
+
+À mon entrée, les parties de cartes s'interrompirent, les
+gouvernements de l'Ancien et du Nouveau Monde, en train de passer un
+mauvais quart d'heure, eurent un peu de répit, et les calumets se
+posèrent sur les tables, tandis que l'on me dévisageait et que l'on se
+disait de l'un à l'autre: «_Inglese! Anglais!_»
+
+Je m'avançai et demandai à haute voix, selon ma coutume, si quelqu'un
+parlait français. Quelqu'un se leva aussitôt, qui me tendit la main et
+me répondit: «Que veut le Signor?» Alors dans les groupes j'entendis
+répéter: «_Francese! Francese! quasi l'Imperatore!_ Français!
+Français! comme l'Empereur!»
+
+Je priai mon interlocuteur de s'informer si l'on pouvait me conduire
+jusqu'au faîte du Monte Giove et jusqu'à l'ermitage de la Madone. Je
+trouvais plus prudent de me faire accompagner à cause du brouillard
+qui pouvait monter et dans lequel je risquerais de me perdre.
+
+[Illustration: Les châtaigniers dans le brouillard, sur le faite du
+Monte Giove.]
+
+Il fit signe de venir à un homme qui était assis sur un banc, au fond
+du cabaret, en face d'une table vide, mélancolique au milieu des
+verres et des pipes qui l'environnaient. L'homme se leva et
+s'approcha. C'était une espèce d'hercule, à la carrure de taureau; de
+sa chemise ouverte émergeait une poitrine musculeuse et velue; il
+était pieds nus et tenait à la main un bâton noueux aux allures de
+massue. Se rencontrer avec lui seul à seul dans le maquis aurait été
+tout juste rassurant. Et dire que ce colosse, au lieu d'aller
+s'embaucher quelque part, n'importe où, sa force étant apte à tous les
+métiers, préférait croupir là, à se croiser les bras, d'un bout à
+l'autre de l'année, dans la fainéantise et le dénuement presque
+absolu! Quand il sut de quoi il s'agissait, ses yeux bleus eurent un
+éclair de joie à l'idée du gain inattendu et facile qui s'offrait à
+lui, et sur lequel il demanda immédiatement le crédit d'un café qu'il
+ingurgita avec délices; après quoi il se chargea de mon menu bagage
+et se déclara prêt à marcher. Cet homme à l'aspect redoutable était le
+géant bon enfant des contes de fées, qui sert de factotum en échange
+du droit de s'asseoir à la cuisine et de saucer les plats.
+
+[Illustration: ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des
+nuées (page 111).]
+
+Le chemin qui monte vers l'ermitage est pavé, comme une voie romaine,
+de blocs de pierre à peine équarris; de place en place des niches de
+maçonnerie, avec une croix, servent d'abris contre la pluie, le vent,
+la neige ou le soleil. Nous atteignons des plaques de glace, qui ne
+sont pas encore fondues dans les creux tournés vers le nord. Dans un
+mois, m'explique l'homme, en son baragouin que me traduit, tant bien
+que mal, mon dictionnaire, on rôtira; aujourd'hui en avril, je
+grelotte malgré la marche.
+
+Ainsi que je l'avais craint cependant, le brouillard, débordant
+Marciana Alta, avait gagné la cime de la montagne, et quand j'arrivai
+à la chapelle de la Madone, je recommençais à ne plus rien voir à dix
+pas devant moi; tout était clos à mes yeux, et il était impossible de
+dire si l'on se trouvait sur le faîte d'un mont ou au fond d'un puits.
+Tout ce que j'apercevais, c'étaient les murs de la chapelle, quelques
+châtaigniers difformes aux branches défeuillées, semblables à des
+spectres, et une petite maison dont la porte était fermée; elle était
+habitée pourtant, car mon guide ayant cogné avec son bâton, un vieux
+bonhomme, à profil de bouc, vint ouvrir. C'est lui l'ermite[4].
+
+ [Note 4: Il existe encore en Provence, dans les Pyrénées et
+ parmi presque tous les pays du Midi, un assez grand nombre
+ de ces ermites laïques, qui n'ont plus aucun caractère
+ religieux, mais qui sont simplement chargés, par les
+ communes ou par l'église, de la garde et de l'entretien de
+ certains sanctuaires célèbres, en échange des menus
+ bénéfices que les visiteurs et les pèlerins leur procurent.
+ Les uns rentrent coucher chaque soir dans leur village,
+ d'autres habitent l'ermitage même et s'accommodent, pour le
+ restant de leurs jours, de ces solitudes tranquilles. Nous
+ retrouverons un autre ermitage de ce genre à Monserrat.]
+
+Voilà certes quelqu'un que les voisins ne gênent point, et dont le
+bavardage ne doit pas être le péché coutumier! Il habite ici avec sa
+femme et une chèvre, aussi perdu qu'un Indien dans la pampa. Marciana
+Alta est pour lui le centre de la civilisation, et il s'y retire
+l'hiver; Marciana Marina commence à devenir le but d'un voyage
+important, et quant à Porto-Ferraio, s'il y va deux fois l'an, c'est
+beaucoup. Il est, par contre, le roi de l'infini. Parfois même il doit
+assister dans sa masure à des cataclysmes atmosphériques peu banals.
+Lorsqu'un orage éclate sur Elbe, avec cette violence particulière aux
+climats du Midi et plus encore à celui des îles, il doit être
+littéralement enveloppé de la foudre, et lorsqu'une tourmente, comme
+celle d'hier, se déchaîne, on se demande comment sa bicoque n'est pas
+arrachée du sol. Assourdi par la tempête, gelé un jour, calciné un
+autre, battu par la pluie, noyé de brouillard, de ce brouillard dense
+et compact qui vous appuie sur les yeux comme une main, ainsi qu'il
+fait en ce moment, et vous donne l'impression d'un enveloppement de
+sépulcre, tout cela lui est indifférent, et il rit en vous apercevant,
+car il possède un registre avec un crayon, et il offre à ceux qui
+viennent ici après Napoléon d'y inscrire leur nom. C'est là son
+principal métier, et son seul espoir de faire fortune. Il a aussi les
+clefs de la chapelle qu'il montre aux visiteurs, ainsi qu'une image
+d'Épinal représentant l'Empereur. Hélas! étant donné le nombre des
+passants, il est peu probable qu'il s'enrichisse jamais.
+
+C'est pourtant dans cette maisonnette que logea Napoléon, c'est dans
+une de ces trois petites chambres qu'il reçut la visite de la comtesse
+Walewska, le 3 septembre 1814. Un Christ de bois, resté accroché au
+mur et vieux de plus d'un siècle, a été certainement témoin, et le lit
+rudimentaire de l'ermite, composé de deux X de fer portant quatre
+planches et un simple matelas de fougères plat comme une galette, ne
+doit guère différer du lit sur lequel couchait l'Empereur.
+
+Tout ici vous parle à l'esprit, jusqu'aux murs humides de cette
+chapelle qui LE connurent, jusqu'aux marches de l'autel sur lesquelles
+Madame Mère, logée au village de Marciana, venait s'agenouiller
+dévotement et faire voeu d'un cierge de cire à la Madone, si elle
+protégeait son fils contre tout malheur. Rien dans les objets ni dans
+les lieux n'a changé d'aspect; ils sont comme immobilisés sur ce
+sommet désert. Devant l'entrée de la chapelle, dans un hémicycle de
+pierre tout rongé de lichens et garni de bancs, quatre fontaines
+jaillissent, emplissant avec leur glouglou régulier leurs vasques
+sculptées; la façade de la chapelle est ornée de fresques peintes, et
+une plaque de marbre, posée en 1863, rappelle le passage de
+l'Empereur, qui séjourna ici, dit-elle, du 23 août au 14 septembre
+1814. (Cette date du 14 septembre est erronée; l'Empereur quitta
+l'ermitage de la Madone le 5 septembre.)
+
+Le brouillard est toujours intense, et je n'ai plus l'espoir de
+contempler l'admirable panorama qui se déroule, paraît-il, quand le
+temps est clair, autour de cette vertigineuse montagne dressant
+au-dessus des flots ses huit cents mètres à pic. Il va falloir songer
+à rebrousser chemin, car l'heure avance, et je tiens à rentrer coucher
+à Marciana Marina; la descente sera rude et longue.
+
+[Illustration: La «sedia di Napoleone» sur le Monte Giove ou
+l'Empereur s'asseyait pour découvrir la corse.]
+
+Mais le vieux tâche de me faire entendre qu'il faut rester encore et
+attendre un peu: «_Poco! poco, Signor!_» Il fait le moulinet avec ses
+bras pour m'exprimer que le brouillard se dissipera tout à l'heure, et
+que je verrai «_la Corsica_», c'est-à-dire la Corse. J'éprouve bien
+quelques doutes sur les chances qu'une telle brume, qui semble au
+contraire s'épaissir de plus en plus, se dissipe tout à coup, mais je
+sais, d'autre part, que sur les montagnes tout l'imprévu est possible,
+et je rentre dans la maisonnette pour prendre patience et me chauffer.
+Quant à mon colosse, en dépit de ses pieds nus et de sa chemise
+entrebâillée, loin d'avoir froid, il préfère se désaltérer à une
+grosse cruche toute ventrue, pleine de vin blanc, qu'il a aperçue sous
+la table, et au goulot de laquelle il se met à boire à pleines
+lampées.
+
+[Illustration: La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un
+amphithéâtre de rochers et entourées de sveltes cyprès (page 117).]
+
+Pendant que je suis à sécher l'humidité de mes vêtements, le vieux
+sort à chaque instant pour examiner le brouillard qui, en effet, passe
+comme des bouffées de fumée, tantôt plus transparent, tantôt plus
+intense. Il me le montre du doigt et rit d'un air satisfait. Mais
+voici soudain que les bruyères se mettent à frissonner, le vent
+s'élève, les châtaigniers dessinent plus nettement la fine dentelle de
+leur ramure, et des taches d'azur apparaissent au ciel. «_Venite,
+Signor! venite!_» me crie le vieux, et il m'emmène rapidement
+jusqu'à un roc à demi maçonné, devant lequel on sent le vide, et
+formant une sorte de trône cyclopéen où s'asseyait l'Empereur.
+
+[Illustration: Voici Rio Montagne dont les maisons régulières et
+cubiques ont l'air de dominos empilés... (page 118).]
+
+Nous y sommes à peine arrivés qu'une trouée se fait à travers la
+brume, qui s'écarte comme touchée par la baguette d'un enchanteur
+invisible. Les nuages se mettent à fuir le long de la montagne, les
+débris du brouillard jaunâtre, encore accrochés comme de fauves
+oiseaux aux aspérités des rocs, s'illuminent d'une radieuse lumière,
+l'immensité s'inonde de clarté, et devant moi, à cinquante kilomètres
+par-dessus la mer, de la poussière d'or de l'occident se dégage peu à
+peu le long profil, en dents de scie, des montagnes corses, du Monte
+d'Oro et de toute la chaîne neigeuse qui court d'un bout de l'île à
+l'autre bout. C'est quelque chose d'inoubliable et de sublime.
+
+Le vieux rit aux éclats de son triomphe et ses yeux rutilent comme les
+miens au reflet du soleil qui descend dans le ciel en face de nous et
+déjà touche presque à l'horizon. Au moment où il commence à y mordre,
+le profil devient net et tranchant comme un découpage métallique,
+ombre chinoise sur un globe de feu. Il disparaît, et dans l'infinie
+pureté de l'atmosphère, pleine de cette clarté douce qui précède le
+crépuscule, c'est à présent l'incroyable détail des objets. «Bastia!»
+dit tout à coup le vieux en me prenant par le bras, et j'aperçois en
+effet de petites taches blanches, carrées, et serrées les unes contre
+les autres. Ce sont les maisons de la ville corse; avec une longue-vue
+on en distinguerait assurément les fenêtres.
+
+Cela dura cinq minutes ainsi. Au-dessus de la Corse s'allument dans le
+ciel des lueurs violettes, semblables à une gigantesque floraison de
+lilas dans les jardins d'Eden; leur mirage merveilleux se double dans
+le miroir de la mer, plate et luisante comme une laine d'épée.
+
+Mais les nuées tournoyantes, un moment entr'ouvertes, se resserrent
+déjà, le brouillard se referme autour de moi, voilant, comme un rideau
+qu'on tire, l'immensité radieuse du ciel et des flots, et je me
+retrouve au milieu de l'hiver, dans la presque obscurité, avec le vent
+qui souffle à travers le squelette des gros châtaigniers, tandis que
+le vieux rentre sur ses larges oreilles son bonnet de fourrure. Il
+faut se hâter de redescendre, cette fois, si je veux être le soir à
+Marciana Marina.
+
+[Illustration: J'aperçois Poggio, un autre village perdu aussi dans
+les nuées.]
+
+Je revois Marciana Alta et ses ruelles étroites où les noires parois
+de ses maisons commencent à se trouer de lumières, dans une nouvelle
+et rapide déchirure de la brume, j'aperçois Poggio, un autre village
+perdu aussi dans les nuées, et je ne suis encore qu'à moitié route de
+mon gîte, lorsque la nuit se fait. Mais le brouillard demeure ramassé
+sur le faîte de la montagne et j'en suis bientôt complètement sorti;
+la nuit est lumineuse comme une nuit d'Orient, et c'est sous sa douce
+clarté que je descends les dernières pentes du sentier et arrive à
+«l'albergo» du Signor Ventura qui commençait à s'inquiéter de moi. Je
+retrouve, au carrefour voisin, la petite Vierge engrillagée, à la
+lampe paisible; de l'ouragan d'hier soir, aucune trace ne subsiste
+dans l'air tiède et resplendissant. La nature et le pays ont ainsi
+passé à mes yeux, depuis vingt-quatre heures, par toutes les phases et
+par tous les aspects imaginables, comme si l'île, mouvante sur les
+flots, se fût promenée, ainsi qu'un immense navire, des mers du sud à
+celles du nord, et du royaume d'Azur au triste pays des Cimmériens.
+
+L'autre grande route de l'île est celle de Porto-Longone, de Rio
+Marina et des mines de fer. Se dirigeant à l'opposite de celle de
+Marciana, elle s'en va vers le sud et l'est.
+
+Elle contourne d'abord, en s'élevant par une pente insensible, la baie
+de Porto-Ferraio, qui se développe dans toute l'ampleur et toute la
+pureté de ses lignes, en son encadrement de montagnes. À l'un des
+endroits où la vue est la plus belle, des rangées de pierres
+dépassent d'un champ, des arcades effondrées s'adossent à la pente du
+sol; ce sont les Romains qui ont passé là. Le cheval ralentit son pas
+pour gravir la côte plus rude; puis la bête reprend son trot cahoteux.
+Un bois de pins, un col où l'homme de l'octroi attend, solitaire et
+patient, le rare voyageur qui passe, une longue descente, et nous
+sommes sur le versant oriental de l'île.
+
+[Illustration: Une des trois chambres de l'Ermitage.]
+
+[Illustration: L'Ermitage de Marciana où l'Empereur reçut la visite de
+la comtesse Walewska, le 3 septembre 1814.]
+
+Le premier village que l'on aperçoit est Capoliveri. Aspect rébarbatif
+et mauvaise renommée. Les Romains dans l'antiquité, les Pisans au
+Moyen Âge en avaient fait un lieu d'asile et de liberté, reconnu par
+la loi, pour tous les débiteurs, faussaires et banqueroutiers, pour
+les esclaves enfuis et les condamnés échappés des prisons, qui
+venaient du continent s'y réfugier; d'où son nom de Capoliveri, _Caput
+Liberum_ en latin, _Capo Liberi_ en italien. Une immonde population
+s'y était formée, dont les méfaits furent longtemps la terreur de
+l'île. Perché sur une montagne dont il occupe, toute la crête, il a
+bien l'air d'un repaire de brigands, et l'on s'attend à voir luire,
+entre les murs, des canons de fusils. Napoléon dut envoyer contre lui
+deux cents voltigeurs et gendarmes afin de le forcer à payer ses
+impôts, qu'il refusait, et menaça de le raser de fond en comble s'il
+recommençait une seconde fois pareille rébellion. Les moeurs de ses
+habitants se sont améliorées, mais ils passent encore pour aimer peu à
+frayer avec ceux des autres communes de l'île.
+
+La route descend de plus en plus rapidement vers la mer et arrive, au
+milieu des aloès dont les feuilles glauques et les hampes fleuries se
+penchent sur les flots, au petit port de Porto-Longone. On y trouvera
+à manger et à dormir à l'auberge de Marie (_Albergo della Maria_), où
+l'on fut pour moi honnête et complaisant. Au-dessus du bourg, sur un
+promontoire du rocher, s'avance la citadelle, bâtie par les Espagnols;
+des sentinelles vont et viennent tout autour d'un grand bâtiment
+blanc: c'est le bagne, «l'ergastule».
+
+De Porto-Longone à Rio Marina, le chemin est une merveille, gravissant
+et descendant des pentes, montrant et cachant alternativement la
+grande ligne de la mer.
+
+Deux kilomètres environ après Porto-Longone, il y a, à gauche de la
+route, un chemin creux qu'il faut prendre.
+
+Là, au fond d'une gorge aux aloès d'une grosseur saharienne, au milieu
+des pins parasols et des cyprès sveltes, l'humble chapelle de
+Monserrat, dont le nom est un ressouvenir encore de l'Espagne, offre
+au pèlerin l'abri de ses treillages rustiques enguirlandés de pampres.
+Des rochers aux aiguilles aiguës la dominent, où de loin en loin, des
+pâtres accrochés s'appellent; et tout là-bas, au bout de la longue
+enfilade du vallon que ferme la mer, on voit passer parfois, à travers
+les branches des pins et les raquettes des cactus, une voile qui
+glisse. C'est un site exquis, tout virgilien, où l'on se prend à
+vouloir dresser son toit, à rêver de laisser fondre sa vie dans la
+paix de l'âme et des choses. Il semble que rien ne soit jamais venu
+jusqu'ici des révolutions de la terre. Tel devait être le paysage au
+temps où Pan et les Dryades s'y poursuivaient dans les halliers; tel
+il était quand le premier ermite chrétien y fit construire, sur cette
+pointe de rocher, sa petite chapelle aux murs blancs; tel il apparut à
+l'Empereur que nous y retrouverons tout à l'heure.
+
+Mais notre cocher, que nous avons oublié sur la route, claque du fouet
+et nous appelle; ici encore, il faut laisser un peu de nous et
+partir. Voici Rio Montagne, dont les maisons régulières et cubiques
+ont l'air de dominos empilés. À la bifurcation de la route qui monte
+vers le bourg, une chapelle isolée, au fronton triangulaire, et
+précédée d'un portique, semble un petit temple grec devant lequel on
+s'attend à voir Daphnis venir faire fumer l'offrande d'un jeune
+chevreau ou d'un agneau nouveau-né.
+
+Hélas! toute cette poésie va disparaître au prochain tournant du
+chemin. Devant nous une acre fumée noirâtre, qui sort de hauts tuyaux
+d'usine, tourbillonne dans l'air. C'est Rio Marina. Adieu le maquis
+embaumé, les bucoliques vallées, le ciel pur, les pins où chante le
+vent, et les bonnes gens qui vont paisibles sur leur ânon! Nous
+entrons dans le monde du fer.
+
+Rio Marina est la souillure de l'île. Nulle part le contraste ne peut
+être plus complet entre la verte, belle et saine nature où l'homme a
+été, par Dieu, créé pour vivre, et la tare morale et physique du monde
+contre nature créé par l'industrialisme humain. Dès l'arrivée,
+l'impression est mauvaise. Dans un vaste lavoir couvert de tôle, des
+femmes aux yeux effrontés battent du linge en entrecroisant des
+quolibets criards; l'une d'elles, qui m'a vu, avertit les autres d'un
+mot et toutes aussitôt de dévisager l'étranger avec une sorte de
+curiosité gouailleuse; je les fixe, et pas un regard ne se baisse.
+J'avance, et voici un mendiant. C'est, depuis que je suis dans l'île,
+le premier que je rencontre; un pauvre être misérable et sordide,
+courbé en deux comme si sa colonne vertébrale s'était cassée en son
+milieu, et appuyé sur une canne qui lui remplace à demi une de ses
+jambes qui traînent. «_Signor, la carita!_ La charité, monsieur!»
+dit-il, en s'accrochant à moi comme une tentacule de pieuvre: «_la
+carita! la carita! la carita!_» Je comprends de son balbutiement qu'il
+est vieux, qu'il travaillait aux mines, et qu'un quartier de roc est,
+un jour, tombé sur lui.
+
+Je continue. J'arrive aux maisons; des maisons lugubres à six étages,
+comme celles des faubourgs des grandes villes, derrière les murs
+desquelles on sent l'entassement des gens, le grouillement des enfants
+trop nombreux, et d'où suintent des odeurs de fricots; aux fenêtres,
+des loques qui sèchent, des têtes qui se montrent, mal peignées. Par
+moments un panier descend au bout d'une corde, jusqu'à la rue; le
+facteur y dépose ses lettres, le marchand qui passe y met sa viande,
+son pain ou ses légumes; c'est une façon fort commode d'économiser ses
+jambes, et, comme l'heure du déjeuner est proche, les paniers ne
+cessent d'aller et venir le long des maisons.
+
+[Illustration: Le petit port de Porto-Longone dominé par la vieille
+citadelle espagnole (page 117).]
+
+Mais ce qu'il y a surtout de particulier ici, c'est que tout est comme
+imprégné d'une couleur rougeâtre uniforme, d'une couleur de rouille,
+qui teint les maisons du haut en bas, la face des gens, leurs mains et
+leurs vêtements, et tous les objets, jusqu'aux feuilles des arbres,
+jusqu'à l'herbe du sol. Cette poussière de fer qui s'attache à tout,
+qui recouvre tout, a l'air d'avoir été secouée par un volcan; l'on ne
+tarde pas à être poudré soi-même de cette sorte de cendre impalpable
+que le vent ramasse et soulève en tourbillons.
+
+Voici un ivrogne. C'est également le premier que je vois dans l'île.
+Il fonce sur moi et me prend les mains qu'il me presse avec effusion,
+en me faisant de pâteux discours, auxquels je ne comprends mot. Je
+m'en décroche à grand'peine. Il est près de midi, et le soleil
+commence à devenir torride; je me réfugie à _l'Albergo ristorante_ de
+Rio Marina.
+
+Salle crasseuse, nappe sale, mouches dans les carafes, cuisine grasse
+dans des plats graisseux. Quelques voyageurs de commerce, dont un ou
+deux parlent français et traduisent obligeamment mes réclamations,
+inutiles du reste, partagent avec moi ce repas nauséabond. Quand il
+s'agit de payer, c'est pour mon compte le double du prix que paient
+mes voisins. Je m'en aperçois et refuse de m'exécuter; chacun prend ma
+défense et l'hôtelier consent, comme un chien qu'on fouette, à ne pas
+me voler plus que les autres. Il ramasse sa recette, du 200 pour 100,
+d'un air rogue et mécontent, et, sans même soulever la casquette de
+velours à côtes qui semble vissée sur sa tête, il s'en retourne à son
+comptoir rincer ses verres avec ses doigts malpropres. Oh! cet
+industrialisme hideux qui corrompt et encanaille tout ce qu'il touche!
+Comme il nous a ramenés soudain à toutes les bassesses et à tous les
+vices qui, dès qu'il paraît, se mettent aussitôt à croître à son
+ombre!
+
+[Illustrations: La maison de Madame Mère à Marciana Alta.--«Bastia,
+signor!»--La chapelle de la Madone sur le Monte Giove.]
+
+La visite des mines n'offre pas, au surplus, un intérêt bien
+considérable; elles s'exploitent à ciel ouvert, et il n'y a qu'à se
+baisser pour ramasser le minerai. Il est chargé, à pelletées, sur des
+wagonnets, qui vont directement le déverser dans les navires amarrés à
+la base de la montagne; celui qui est de qualité inférieure subit
+seul, dans les usines, un triage préalable. L'exploitation est
+abondante, se fait à peu de frais, et atteint par an 300 000 tonnes
+environ, qui représentent plus de 5 millions de francs. Un grand
+nombre de navires viennent d'Angleterre.
+
+La montagne, attaquée déjà par les Étrusques et par les Romains dont
+on retrouve, en creusant, des monnaies de cuivre et d'argent, semble
+inépuisable; éventrée chaque jour plus profondément, elle prend des
+aspects de cratères lunaires, où la face des ouvriers disparaît sous
+le fard de poussière ferreuse que la sueur leur colle au visage dans
+l'effrayante réverbération du soleil contre les parois dénudées qui
+les entourent. Les paillettes de métal étincellent partout sous ses
+rayons implacables et l'on croirait fouler, en marchant, de fulgurants
+tapis de diamants.
+
+Mais avec quelle joie je revois au retour la gorge solitaire, si
+doucement élyséenne, de Monserrat, et le golfe d'azur où Porto-Ferraio
+mire ses vieux remparts et ses tourelles génoises! Ce n'est plus pour
+longtemps, cependant; la tare est en train de s'étendre. Jusqu'à ce
+jour Rio Marina, caché par les verdoyants revers de la montagne,
+demeurait relégué dans son coin. Tout le reste de l'île était intact.
+Le minerai, comme nous venons de le dire, s'y travaillait peu; sitôt
+recueilli, on l'expédiait ailleurs. Cela va changer.
+
+En pleine baie de Porto-Ferraio, voici que les hauts-fourneaux
+s'élèvent; écrasant tout le paysage admirable, deux énormes cheminées
+de quatre-vingts mètres de haut achèvent, à cette heure, de se dresser
+dans le ciel, rigides et rouges comme deux bras monstrueux de
+guillotine. Elles vont s'allumer bientôt et, sur tout cet azur, sur
+toute la splendeur de l'île, vomir jour et nuit leur fumée, cracher
+leurs flammèches; où régnait Phoebus radieux, Vulcain accourt avec ses
+Cyclopes barbouillés de suie et le ronflement de ses fournaises.
+
+Vous croyez peut-être que les gens de Porto-Ferraio ont protesté? Car
+enfin, que la Compagnie des mines étende ses affaires, rien de plus
+naturel à son point de vue; mais eux, dont l'air va s'empoisonner, le
+ciel se ternir, qu'ont-ils dit? Ils ont été dans le ravissement. Ils
+ont vu là une «administration» qui s'établissait, c'est-à-dire le
+rêve, cher à tous les gens du Midi, des postes de concierges à une
+porte où ne passe personne, des places dans des bureaux où il n'y a
+rien à faire. Ils n'ont point songé que l'industrie privée, différente
+de l'État, ne paye pas d'employés inutiles, et qu'il faut à des
+hauts-fourneaux plus de chauffeurs que de gratte-papier. Oui certes,
+il y aura de l'argent à gagner, non pas en lisant son journal, au
+frais, dans un bon fauteuil, mais en bourrant de charbon la gueule
+des brasiers. Ceux qui avaient un petit métier paisible, les paysans
+qui cultivaient leur champ, les quitteront; dans l'appât d'un gain
+immédiat un peu plus fort, se faisant ouvriers, ils viendront à
+l'usine se dessécher la poitrine et se brûler la face. Et, comme ces
+peuplades africaines qui dansent devant leurs idoles buveuses de sang,
+ils ont tous sauté de joie autour de l'impitoyable Moloch qui
+s'apprête à les dévorer.
+
+Tel est l'aspect général de l'île. En dehors des deux routes de
+Marciana et de Rio, qui la traversent d'une extrémité à l'autre et
+courent, avec leurs innombrables pentes et circuits, une soixantaine
+de kilomètres environ, il n'y a d'autre voie carrossable importante
+que celle de Campo, le dernier gros bourg de l'île, sur la côte sud,
+célèbre par ses carrières de granit, d'où Pise tirait les plus belles
+colonnes de ses églises et de ses palais. Longtemps après la déchéance
+de Pise, des fûts à demi équarris se voyaient encore épars sur le sol
+de ces carrières, des socles ébauchés, des chapiteaux somptueux
+entaillés dans des blocs, débris mort-nés d'une magnificence
+subitement éteinte. Au-dessus du petit port de Campo de la Mer, perche
+sur la montagne le second village de San Pietro in Campo; toujours le
+nid d'aigle, le village d'en haut refuge coutumier du village d'en
+bas.
+
+À travers tout le reste de l'île, où l'on peut dire qu'il ne se trouve
+pas dix mètres de sol plat, l'on ne rencontre que des chemins
+muletiers, des sentiers suspendus au-dessus de ses caps inaccessibles
+et de ses golfes aux profondeurs d'abîmes, ou franchissant à
+grand'peine les crêtes déchiquetées de ses sommets, sur lesquels,
+éternellement, claque le vent et tournoient les nuées.
+
+Le point culminant est le Monte Capanna voisin du Monte Giove, et qui
+mesure mille six mètres, selon les géographes anciens, mille dix-neuf
+d'après les calculs modernes.
+
+La population elboise, qui est aujourd'hui de vingt-cinq mille
+habitants, était de douze mille lorsque le traité de Fontainebleau
+donna l'île à Napoléon.
+
+ (_À suivre._) PAUL GRUYER
+
+[Illustration: Le coucher du soleil sur le Monte Giove.]
+
+Droits de traduction et de reproduction réservées.
+
+
+
+
+ TOME XI, NOUVELLE SÉRIE,--11e LIV. Nº 11--18 Mars 1905.
+
+[Illustration: Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San
+Martino.]
+
+
+
+
+L'ÎLE D'ELBE[5]
+
+ [Note 5: _Suite. Voyez pages 97 et 109._
+
+ Les pages dont nous donnons ici la primeur aux lecteurs du
+ _Tour du Monde_ sont empruntées au livre encore inédit:
+ NAPOLÉON, ROI DE L'ÎLE D'ELBE, que doit prochainement
+ publier la librairie Hachette, et qui sera l'histoire
+ complète et singulièrement vivante, reconstituée sur place
+ par l'auteur, de cette période si peu connue de la vie
+ impériale.]
+
+PAR M. PAUL GRUYER.
+
+_Illustrations d'après les photographies de l'auteur._
+
+ III. -- Napoléon, roi de l'île d'Elbe. -- Installation aux
+ Mulini. -- L'Empereur à la gorge de Monserrat. -- San Martino
+ Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond aux deux
+ colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bains et le miroir de
+ la Vérité. -- L'Empereur transporte ses pénates sur le Monte
+ Giove. -- Elbe perdue pour la France. -- L'ancien Musée de San
+ Martino. Essai de reconstitution par le propriétaire actuel. Le
+ lit de Mme Mère. -- Où il faut chercher à Elbe les vraies
+ reliques impériales. «Apollon gardant ses troupeaux.» Éventail et
+ bijoux de la princesse Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio.
+ Autographes. La robe de la signorina Squarci. -- L'église de
+ l'archiconfrérie du Très Saint-Sacrement. La «Pieta» de
+ l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle
+ de Porto-Ferraio.
+
+
+[Illustration: L'arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe, d'après une
+caricature du temps.]
+
+Ce fut le 3 mai 1814, à l'aube du jour, que l'Empereur arriva en vue
+de son nouveau royaume. Il y fit le lendemain son entrée officielle,
+accompagné des deux maréchaux Bertrand et Drouot, du commandant des
+Polonais, colonel Germanowski, du colonel anglais Sir Campbell et du
+feld-maréchal Koller, autrichien, ces deux derniers étant près de lui
+commissaires de la Sainte-Alliance. Remise lui fut faite aussitôt par
+le commandant de Porto-Ferraio, général Dalesme, de la citadelle, des
+magasins de guerre et de bouche, et de toutes les propriétés du
+domaine public. Le maire de Porto-Ferraio, Signor Traditi, lui
+présenta les clefs de la ville sur un plat d'argent. L'Empereur se
+logea momentanément à l'Hôtel de Ville, garni en toute hâte avec des
+meubles prêtés par les citoyens de bonne volonté. Il s'y trouvait
+d'autant plus mal qu'étant là, selon le voeu de la municipalité, «au
+milieu même de son peuple», il n'y pouvait avoir un moment de
+tranquillité, exposé à tous les ennuis d'une curiosité, bienveillante
+et pleine d'enthousiasme sans doute, mais fort gênante; sa venue dans
+cette petite île, choisie par lui comme lieu de sa retraite, avait été
+pour les Elbois un vrai coup de foudre, un éblouissement d'orgueil, un
+délire de joie, et chacun prétendait dévorer son morceau d'Empereur.
+Il ordonna donc d'abattre un amas de vieilles bicoques, qui
+encombraient le plateau supérieur de la colline de Porto-Ferraio, et
+de dégager ainsi deux pavillons occupés par le génie et par
+l'artillerie de la forteresse, qui, réunis ensemble par un bâtiment
+central, formeraient au-dessus de la ville les nouvelles «Tuileries».
+C'est le palais actuel des Mulini ou des Moulins, que l'on appela
+ainsi en souvenir des moulins à vent qui occupaient le plateau et que
+l'on démolit alors. C'est la maison que nous avons visitée tout à
+l'heure.
+
+Dès qu'il y fut installé, les lois de l'étiquette furent remises en
+vigueur, et le «Roi», que l'on s'obstina à appeler «l'Empereur», ne
+reçut plus que sur audiences. Madame Mère toujours vivante et toujours
+Corse, n'avait pas tardé à rejoindre son fils dans son exil; puis ce
+fut l'arrivée de la princesse Pauline. La «Cour» fut constituée des
+éléments les plus hétéroclites et les plus divers. Bertrand fut nommé
+ministre des Affaires civiles, Drouot, gouverneur de l'île, et chargé
+des Affaires militaires; le trésorier Peyrusse continua le maniement
+matériel des Finances, dont l'Empereur prit la direction, et quatre
+chambellans furent choisis parmi les plus notables Elbois. Deux
+anciens fourriers des Tuileries se virent élevés au grade de «préfets
+du Palais» et l'ancien médecin des chevaux aux Tuileries devint
+médecin en chef de l'Empereur. Il y eut pour tout le monde un flot de
+broderies et de galons d'or; chacun, à Porto-Ferraio, eut le bonheur
+d'être fonctionnaire et de pouvoir se pavaner dans les rues, chamarré
+de la tête aux pieds.
+
+Porto-Ferraio fut également doté d'un théâtre. Ce théâtre fut installé
+dans l'ancienne église Saint-François, et l'Empereur, qui ne se
+souciait pas d'en payer les frais de construction, le mit en actions;
+les plus riches familles de la ville achetèrent les loges, qui furent
+jalousement disputées, et dont les acquéreurs devinrent propriétaires
+à vie. Les membres de la Société prirent, en outre, le nom
+d'académiciens avec cette devise: «_A noi la sorte!_ À nous la faveur
+du sort!» La loge centrale fut réservée à l'Empereur, que le rideau de
+scène représenta sous la figure d'Apollon banni du ciel, gardant ses
+troupeaux chez Admète et instruisant les bergers.
+
+[Illustration: Le drapeau de Napoléon roi de l'île d'Elbe: fond blanc,
+bande orangé-rouge et trois abeilles jadis dorées.]
+
+L'Empereur, entre temps, explorait son île; il s'amusait à en visiter
+les sites les plus pittoresques, à escalader ses caps et ses rochers,
+tantôt à cheval, tantôt à pied, un bâton de berger à la main. Il
+gravit ainsi, par des sentiers de chèvre, le pic de Giove qui se
+dresse non loin de Volterrajo, à la pointe nord de l'île, et qu'il ne
+faut point confondre avec le monte Giove sur le flanc duquel se trouve
+le village de Marciana. L'un et l'autre sommets étaient, dans les
+temps antiques, consacrés au roi des dieux, et le même nom leur en est
+demeuré. L'Empereur y remua du pied des débris épars sur lesquels il
+s'assit ensuite, tel Marius sur les ruines de Carthage, en disant:
+«Même les monuments périssent!» Puis, se laissant aller à toute la
+fougue de son imagination «ardente, impétueuse et sans bornes, il
+traça le dessin d'une demeure solitaire à élever sur ce pic rocheux,
+retraite d'une idéale beauté, unique, merveilleuse, en laquelle,
+semblable aux dieux de la Fable, il planerait dans le ciel au-dessus
+de la terre des hommes.» Mais bientôt il laissa retomber ses bras en
+secouant la tête, car il aurait fallu, pour rendre réel un pareil
+rêve, des millions qu'il ne possédait plus maintenant.
+
+Un autre jour, par une après-midi radieuse, il se rendit également à
+cette gorge de Monserrat, où nous avons nous-même erré tout à l'heure.
+Il était accompagné seulement de Bertrand et de Pons de l'Hérault,
+alors directeur des mines, qui nous a raconté toute l'excursion dans
+son amusant et précis détail. On peut la refaire aujourd'hui, livre en
+main, en retrouvant presque tous les cailloux de la route.
+
+«Nous prenons, dit Pons, en quittant la route de Porto-Ferraio, un
+sentier étroit, bordé de hauts cyprès, dans un ravin couvert d'aloès
+et de figuiers de Barbarie, et au fond duquel coule un ruisseau qui va
+se perdre dans la mer à la fontaine de Barberousse....» Le sentier,
+les cyprès, les aloès et les cactus, la petite fontaine, les voilà.
+
+[Illustration: La salle de bains de San Martino a conservé sa
+baignoire de pierre.]
+
+[Illustration: La chambre de Napoléon à San Martino.]
+
+En suivant le sentier ils arrivèrent à l'ermitage. «Les ermites,
+continue Pons, y ont ramassé un peu de terre, planté quelques arbres
+et quelques ceps. L'église est simple et pauvre, mais bien tenue; la
+cellule de l'ermite, maisonnette assez commode, est située sur une
+petite terrasse couverte de treillages.» C'est bien cela toujours: les
+treillages, les pampres, la maisonnette blanche. Cependant l'Empereur
+était parvenu jusqu'au seuil de la petite chapelle; il s'y arrêta
+avant d'entrer, et se retournant comme nous le faisons encore
+aujourd'hui vers le paysage enchanteur, à la fois grandiose et doux,
+«si loin des amertumes de la vie», il se sentit pénétrer par le charme
+intense et rare qui s'en dégageait (chose étrange que ces identités de
+vibrations de l'âme humaine!) et demeura quelques instants, sans rien
+dire. Puis il entra dans l'église. Elle était tout illuminée. Il
+s'agenouilla un instant et il donna à l'ermite. Après quoi on déballa
+un panier de provisions, apporté de Porto-Longone, et auquel chacun
+fit brèche. L'Empereur, à la suite du déjeuner, fatigué par la
+chaleur, s'assoupit sur sa chaise. Lorsqu'il se fut réveillé, on se
+remit en route: «il était gai comme tout le monde, et ces moments
+furent vraiment des moments heureux.»
+
+Le palais des Mulini n'était pas encore achevé que l'Empereur avait
+désiré une autre maison, un peu plus distante des rumeurs de la ville
+et dans le calme plus reposant de la campagne. La saison chaude, en
+outre, était venue, et il fallait songer à prendre ses précautions
+contre une température excessive déjà sous cette latitude. L'Empereur
+se fit construire la résidence de San Martino.
+
+L'on s'y rend aujourd'hui par la route de Marciana; à quatre
+kilomètres environ de Porto-Ferraio, un chemin bifurque et s'engage
+dans un vallon dont le fond est, comme à Monserrat, fermé en
+amphithéâtre par une colline escarpée plantée de vignes à sa base et,
+plus haut, de touffes de chênes et de maquis. On s'élève peu à peu,
+jusqu'à mi-côte de la montagne, et, de là, en se retournant, on
+aperçoit se développer Porto-Ferraio et sa colline, sa citadelle et le
+cercle de sa rade, en un tableau qui semble agencé tout exprès pour le
+plaisir des yeux. Le site n'a pas le charme virgilien de celui de
+Monserrat, mais il est beau différemment, et par sa proximité de la
+capitale il était tout indiqué pour y bâtir le «Saint-Cloud» impérial,
+ainsi que les grenadiers de la Garde ne manquèrent pas d'appeler
+aussitôt le nouveau palais.
+
+La maison est toujours là. Elle rappelle par son aspect un de ces
+humbles réduits à la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles,
+asile de Philémon et de Baucis, comme nous en montrent les estampes de
+la fin du XVIIIe siècle. Quatre murs blancs, un toit de tuiles, un
+rez-de-chaussée avec une porte étroite, et un premier. Par derrière,
+et par suite de la déclivité du terrain, il n'y a plus qu'un
+rez-de-chaussée, qui est le premier de la façade. Tout alentour, de
+grands arbres, micocouliers, chênes verts, magnolias aux feuilles
+lisses et aux fleurs charnues, et, dans le jardin, de petites allées
+ombreuses avec des charmilles de buis et des bordures de pervenches.
+
+Nous entrons. Voici d'abord «la salle des Pyramides». Elle est en
+proportion de la demeure et ne mesure guère plus de huit mètres de
+long sur autant de large, avec un plafond bas. Au centre, afin de lui
+donner la couleur locale nécessaire, un bassin et un jet d'eau, à sec
+l'un et l'autre. Au plafond, les signes du Zodiaque, et, sur les murs,
+des colonnes égyptiennes s'entremêlant de minarets, de palmiers et de
+charges de mameluks, en souvenir des victoires de la première heure.
+C'est, en dépit des assertions du _Mémorial de Sainte-Hélène_ qui
+affirme avec audace que «les plus grands artistes vinrent à Elbe se
+disputer l'honneur d'embellir les logis impériaux», de la peinture qui
+rappelle un peu celle des enseignes de village, de cette peinture «en
+trompe-l'oeil», semblable à un décor de théâtre, dont les Italiens
+aiment à orner leurs maisons et où ils sont, du reste, assez habiles.
+Toute une époque, cependant, revit là soudain, et, comme dans la
+grande salle des Mulini, l'abandon même des choses leur a conservé
+leur singulière et vivante réalité. La cheminée, faite d'une table de
+marbre supportée par deux fines colonnettes, est jolie. Entre les fûts
+de deux des grosses colonnes peintes, qui décorent les murs, on lit
+trois mots qui semblent négligemment jetés là, comme une inscription
+de poète ou d'amoureux sur un tronc d'arbre ou sur un rocher:
+«_Ubicunque felix Napoleon._ Napoléon est partout heureux.» L'Empereur
+a voulu proclamer ainsi qu'il était satisfait dans son île et qu'il ne
+songeait point à en sortir jamais.
+
+C'est ensuite le salon. Au plafond, voletant dans un ciel d'azur, deux
+colombes sont enlacées par un ruban «dont le noeud se resserre à
+mesure qu'elles semblent s'éloigner l'une de l'autre». Les deux
+colombes représentent Marie-Louise et l'Empereur. La tradition raconte
+que c'est l'Empereur lui-même qui indiqua ce sujet au peintre, qui a
+voulu qu'à son arrivée, imminente d'un jour à l'autre, sa femme, en
+voyant cet amoureux symbole, connaisse bien qu'elle n'a pas été
+oubliée. Marie-Louise n'est jamais venue, mais les colombes et leur
+ruban bleu volettent toujours.
+
+[Illustration: La cour de Napoléon à l'île d'Elbe, d'après une
+caricature du temps.]
+
+L'on traverse ensuite des pièces vides, dont le plancher plie sous les
+pas; dans l'une d'elles, il y a un lit en acajou, de style bateau,
+avec des cuivres dorés, ainsi qu'un fauteuil à bascule, et un petit
+meuble bombé, qui porte un service à café en porcelaine. C'est la
+chambre de l'Empereur; elle occupe l'angle de gauche de la maison. Ce
+lit, que le portier affirme naturellement être celui de l'Empereur,
+serait en réalité, d'après les traditions que se sont transmises les
+propriétaires successifs de San Martino, celui du grand-maréchal
+Bertrand.
+
+Les deux étages de San Martino communiquent intérieurement entre eux
+par un petit escalier raide et étroit comme une échelle de moulin, et
+où l'Empereur, déjà obèse, avait, semble-t-il, tout juste la place de
+passer. Il est probable, d'ailleurs, qu'il en faisait peu d'usage, le
+premier étage qu'il habitait étant par derrière, comme nous l'avons
+dit, de plain pied avec le jardin; le rez-de-chaussée était réservé au
+personnel de la maison et à la cuisine. L'Empereur n'avait là que sa
+salle de bain, où il descendait chaque matin. Elle a conservé sa
+baignoire de pierre, et, sur le mur rongé d'humidité, une vague
+fresque peinte, effritée comme une mosaïque de Pompéi, représente une
+femme nue couchée, qui tient à la main un miroir, le miroir de la
+Vérité, comme nous l'apprend une nouvelle inscription: «_Qui odit
+veritatem, odit lucem._ Qui hait la vérité hait la lumière.» La
+mélancolique naïade a survécu dans son geste immobile et gracieux vers
+l'impérial baigneur qui, s'il aimait à savoir la vérité, n'aimait
+guère, par contre, à la dire.
+
+[Illustration: Une femme du village de Marciana Alta.]
+
+La chaleur augmentait de plus en plus à Porto-Ferraio, et l'Empereur,
+qui en souffrait physiquement, s'impatientait. Dès qu'il avait trouvé
+trois pièces habitables à San Martino, il s'y était transporté avec un
+lit de fer, mais il ne tarda pas à s'apercevoir que, là aussi, il
+étouffait. Dans ce cercle de montagnes, la réverbération du soleil
+était extrême et l'air ne circulait pas. L'ombre surtout manquait; les
+arbres qu'il faisait planter et dont les luxuriantes frondaisons se
+sont, depuis, épanouies si belles, étaient encore à l'état de
+squelette et séchaient sur pied. Il fut reconnu que San Martino serait
+une excellente résidence de printemps ou d'automne, mais qu'il
+fallait, pour l'été, chercher encore un autre gîte.
+
+C'est alors que l'Empereur songea à Marciana et au Monte Giove. Là
+aussi, sur ce faîte sublime dominant l'immensité, et où il avait, en
+arrivant parmi les châtaigniers séculaires, tressailli une fois de
+plus en face de l'incomparable spectacle de la nature qui s'offrait à
+lui, il aurait rêvé peut-être le palais merveilleux que son
+imagination avait bâti sur les cimes de Volterrajo, mais ce rêve
+n'était pas ici plus réalisable pour le roitelet de l'île d'Elbe.
+
+Il se contenta donc de beaucoup moins et fit simplement dresser, à
+côté de l'ermitage de la Madone, sa tente de campagne, où, «comme les
+rois de l'antiquité, dit Pons, il éleva sous la toile son trône
+voyageur». Il décida en outre que la Cour (c'est-à-dire Madame Mère
+avec ses dames de compagnie, son valet de chambre et son cuisinier,
+plus «un maître de piano et un violoniste, un bon chanteur et une
+bonne chanteuse» pour se distraire le soir) s'installerait de son
+mieux au village abrupt de Marciana Alta. Cette installation, si peu
+considérable qu'elle fût, était encore malaisée en ce nid de vautour,
+et l'Empereur dut, à l'instar aussi de ces rois antiques, s'occuper
+lui-même de tous les détails du ménage. «Monsieur le comte Bertrand»,
+écrivait-il de la Madone, le 23 août, au grand-maréchal du palais
+resté à Porto-Ferraio, «il me manque deux volets pour les fenêtres de
+ma chambre à coucher; la troisième fenêtre en a. Tâchez de me les
+envoyer demain. Envoyez-moi également deux lanternes pour mettre à la
+porte de ma tente, et un fanal. J'ai apporté ici mes trois lits de
+fer; j'ordonne qu'on en mette un à Marciana pour Madame Mère; elle
+sera bien dans la maison de l'adjoint et pourra venir jeudi. Elle aura
+une chambre pour elle, et trois pour son personnel. Il y a dans cette
+maison tous les gros meubles nécessaires; je lui ferai ajouter une
+commode. Je crois qu'il y a assez d'objets de cuisine. Il y a aussi
+assez de bougie et de lumière. Envoyez trois rideaux pour sa chambre;
+les tringles y sont. Envoyez-nous aussi des feux, pincettes, pelles,
+etc. Je crois que c'est avec raison qu'on dit qu'il faut faire ici du
+feu le soir.»
+
+L'Empereur demeura près d'une quinzaine à Marciana. L'attrait
+fascinateur du Monte Giove le retenait sans doute, et ce sauvage
+village de Marciana devait exercer la même attirance sur Madame Mère.
+C'était la Corse, en effet, que l'un et l'autre ils avaient retrouvée
+Là.
+
+[Illustration: Le plafond de San Martino et les deux colombes
+symboliques représentant Napoléon et Marie-Louise.]
+
+C'étaient ses mêmes maisons farouches, c'étaient l'enivrement de son
+air libre et de ses purs sommets et ces mêmes senteurs du maquis qui
+leur faisaient revivre à tous deux le passé lointain. De tout là haut
+où il s'asseyait, les pieds dans la bruyère, son fusil de chasse entre
+les jambes, non seulement il le respirait, ce parfum qui, comme il l'a
+dit à Sainte-Hélène, lui aurait fait reconnaître la Corse «les yeux
+fermés», mais il la voyait elle-même, comme nous l'avons vue, se
+dessiner sur l'horizon dans le flamboiement du soleil couchant. Quelle
+émotion, secrète et réelle, celle-là, devait le saisir et lui
+étreindre la gorge, à l'aspect de sa terre natale apparaissant ainsi
+sur la mer, au déclin du jour, et en face de laquelle il se
+retrouvait, à son déclin lui-même! Elbe et la Corse c'étaient les deux
+extrémités de sa gloire. Là, elle n'était pas née encore, ici elle
+commençait à mourir. Sa vie tout entière tenait entre ces deux
+sommets, celui où il était assis, celui qu'il apercevait là-bas. Quant
+à l'avenir, que serait-il?
+
+L'avenir fut, on le sait, ce qu'il devait être fatalement, l'audacieux
+et soudain départ sur le brick l'_Inconstant_, le 26 février 1815,
+avec une armée de huit à neuf cents hommes, et la reconquête
+momentanée du trône de France. Napoléon, roi de l'île d'Elbe, avait
+régné dix mois exactement. Le 30 juillet 1815, un peu plus d'un mois
+après Waterloo, le grand-duc de Toscane ayant envoyé une flottille à
+Porto-Ferraio, elle y débarqua sans obstacle.
+
+Le 2 septembre, la souveraineté de Ferdinand III fut officiellement
+reconnue, et Elbe fit ainsi retour à la Toscane, c'est-à-dire à
+l'Italie dont elle a depuis fait partie.
+
+[Illustration: San Martino rappelle par son aspect une de ces
+maisonnettes à la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page
+123).]
+
+Tout en étant aujourd'hui loyaux sujets de la monarchie de Savoie, les
+Elbois aiment toujours la France et accueillent avec sympathie toute
+démarche amie de sa part. Ils fraternisent surtout avec les Corses,
+leurs voisins dans les flots; Porto-Ferraio et Bastia choquent
+volontiers leurs verres en de cordiaux banquets.
+
+Mais, par-dessus tout, ils aiment à glorifier, chaque année, le
+souvenir de leur ancien Empereur par la cérémonie funèbre du 5 mai
+(date de la mort à Sainte-Hélène), dont nous avons parlé au début de
+ce livre. Là, les passions politiques, que ce mort soulève encore chez
+nous, n'existent pas à son égard; on le respecte, simplement parce
+qu'il fut grand, et que s'élever au-dessus des hommes est chose plus
+ardue que de critiquer et juger ceux qui ont su y parvenir. On
+l'honore aussi par reconnaissance durable pour le bien qu'il a fait en
+passant à son petit royaume, pour la place qu'il a donnée dans
+l'histoire à ce coin de terre, dont nul, sans lui, ne connaîtrait
+aujourd'hui le nom.
+
+[Illustration: Rideau du théâtre de Porto-Ferraio représentant
+Napoléon sous la figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admète.]
+
+En quittant l'île d'Elbe, l'Empereur avait légué à Porto-Ferraio sa
+maison des Mulini, son portrait en pied placé dans la salle
+principale de la maison commune, et sa bibliothèque; mais le grand-duc
+de Toscane mit bientôt la main sur toutes les propriétés impériales.
+Il fit vendre les meubles, dont une partie se dispersa à l'étranger,
+dont une autre fut achetée dans l'île par les habitants, qui s'en
+servirent pour leur usage personnel, et chez lesquels on en retrouve
+ça et là des débris.
+
+[Illustration: La salle égyptienne de San Martino est demeurée intacte
+avec ses peintures murales et son bassin à sec.]
+
+L'Hôtel de Ville conserve également, comme nous l'avons dit, le
+drapeau du souverain de l'île d'Elbe, quelques chaises du mobilier de
+l'époque, branlantes et défoncées, aujourd'hui reléguées dans les
+greniers, et, au rez-de-chaussée, ceux des livres de la bibliothèque
+de l'Empereur que le grand-duc de Toscane n'avait pas vendus ou
+emportés.
+
+En 1851, le prince Anatole Demidoff, qui s'était allié aux Bonaparte
+en épousant une fille de Jérôme, acquit San Martino et entreprit d'y
+établir un musée napoléonien, où il réunirait tous les objets qu'il
+pourrait retrouver à Elbe, augmentés d'une collection personnelle fort
+riche se rapportant à diverses époques de la vie impériale. Afin,
+toutefois, de ne pas défigurer la petite maison qui avait abrité le
+grand Empereur, il profita de la déclivité du terrain pour faire
+construire en dessous d'elle, et lui formant en quelque sorte comme un
+piédestal avec son toit en terrasse et ses colonnes, une sorte
+d'édifice de 63 mètres de façade, à l'imposante architecture, et
+portant à ses angles des aigles aux ailes éployées. Ce fut lui aussi
+qui fit placer dans le jardin des Mulini, à Porto-Ferraio, les
+écussons de marbre blanc et les bas-reliefs que l'on y voit dans les
+parterres; ce fut lui qui fit don à l'église de la Miséricorde du
+cercueil d'ébène et du masque de bronze de l'Empereur, qui institua la
+cérémonie funèbre du 5 mai, et qui légua les fonds nécessaires pour la
+distribution d'aumônes qui l'accompagne. Mais après sa mort, son neveu
+et héritier, Paul Demidoff, envoya vendre à Florence, à vil prix, à la
+criée publique, tout ce que renfermait ce coûteux et précieux musée.
+San Martino fut lui-même cédé à un nommé Giuliani; il n'y restait
+qu'un lit, c'est ce lit que nous avons vu dans la chambre de
+l'Empereur et le fauteuil à bascule que l'on y voit également.
+
+[Illustration: Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit
+de Napoléon aux Mulini, dont on a fait le trône épiscopal de l'évêque
+d'Ajaccio.]
+
+San Martino a été revendu, depuis, à un richissime propriétaire de
+l'île d'Elbe, Signor del Buono, qui expulsa de la maison un certain
+nombre d'objets hétéroclites qui s'y étaient introduits, et la rendit
+à son aspect primitif. Il a même entrepris, depuis peu, de
+reconstituer dans la grande galerie Demidoff un musée napoléonien. Il
+y a fait rentrer tout d'abord le superbe lit d'acajou, à ornements
+dorés, de Madame Mère, qui se l'était fait expédier de Paris à
+Porto-Ferraio, puis après le départ de l'Empereur, l'avait envoyé à
+Lucques, où il servit probablement à la princesse Pauline, et où
+signor del Buono l'a retrouvé et racheté. Il a également racheté à une
+famille de Porto-Ferraio le guéridon et le service à café en
+porcelaine, qui sont aujourd'hui dans la chambre de l'Empereur et qui
+proviendraient des Mulini.
+
+C'est en effet dans les familles qu'il convient de rechercher à l'île
+d'Elbe ce qui a pu y demeurer de souvenirs impériaux. J'ai réussi,
+pour ma part, à en retrouver un certain nombre dont l'authenticité
+n'est pas douteuse. La signora Traditi, petite-fille du maire Traditi
+qui reçut l'Empereur à l'île d'Elbe et y fut un de ses chambellans,
+conserve toujours et m'a montré les clefs de la ville, que son
+grand-père présenta au nouveau souverain, sur un plat d'argent, le
+jour de son débarquement. Elle possède également quelques meubles
+provenant du palais impérial, une miniature de l'Empereur, en habit
+vert de chasseur de la garde, et un bel éventail en ivoire sculpté,
+avec des peintures de style chinois, que lui adressa de Rome la
+princesse Pauline, après son départ de l'île d'Elbe, en même temps
+qu'un collier de perles avec un camée, des boucles d'oreilles et deux
+bagues. La lettre d'envoi de Pauline accompagnant ces souvenirs «à la
+bonne Madame Traditi» y est jointe. Elle m'a montré également la
+lettre que le grand-maréchal Bertrand écrivit de Paris, le 24 mars, au
+maire Traditi, pour lui annoncer les derniers événements qui avaient
+eu lieu en France, le retour de Sa Majesté aux Tuileries, et lui faire
+part du don que l'Empereur faisait à la ville de Porto-Ferraio de son
+portrait en pied placé dans la salle de la Maison commune (ce portrait
+a disparu et a été remplacé par celui qui s'y trouve actuellement et
+qui a été donné par le prince Demidoff).
+
+Le signor Squarci, dont le grand-oncle était, en 1814, médecin à
+l'hôpital de Porto-Ferraio, possède l'original d'un ordre de
+l'Empereur commandant au comte Drouot de former une nouvelle compagnie
+de canonniers pris dans les chevau-légers polonais, les mamelucks et
+les chasseurs. L'ordre est du 2 juillet et signé de l'Empereur; il
+porte, en annotation: «Ce 4 juillet, fait le rapport demandé.» Le
+signor Squarci a dans sa cave deux ou trois douzaines de bouteilles
+vides de la cave impériale, et sa fille se plaît encore à revêtir la
+robe de satin blanc que son aïeule portait aux fêtes des Mulini.
+Signor Bigeschi, aujourd'hui syndic de Porto-Ferraio, et dont
+l'arrière-grand-père fut membre de la junte gouvernementale de l'île
+d'Elbe instituée par l'Empereur lorsqu'il partit, garde dans ses
+papiers le passeport donné par le pape à Madame Mère, se rendant à
+l'île d'Elbe avec sa suite sous le nom de Madame De Pont.
+
+[Illustration: La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que
+son aïeule portait à la cour des Mulini.]
+
+Grâce à la cristallisation de la vie dans cette petite île, toutes ces
+pièces, tous ces objets ne sont jamais sortis des familles qui les
+détiennent. Ce sont eux (nous allons encore en retrouver d'autres) qui
+pourraient reformer ce nouveau musée de San Martino et ramener à Elbe
+les visiteurs étrangers; c'est là que Signor del Buono doit puiser. Le
+rideau du théâtre, qui représente le roi de l'île d'Elbe sous la
+figure d'Apollon et qui résiste, depuis un siècle, au service de
+toutes les troupes de passage, mais s'éraille chaque jour de plus en
+plus, est pareillement une pièce historique, dont le transport
+s'impose dans la vaste galerie Demidoff.
+
+Avant mon départ de Porto-Ferraio, l'excellent abbé Soldani, que je
+trouvais chaque jour prêt à se mettre à mon service et qui avait voulu
+m'inscrire membre d'honneur de la Confrérie des Pénitents Blancs, sans
+obligation toutefois de rentrer à Paris avec une cagoule, avait
+également tenu à m'emmener avec lui, un matin, dans l'église de
+l'Insigne Archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement, dont il était
+prêtre, et à m'en ouvrir la sacristie aux armoires luisantes, aux murs
+silencieux imprégnés d'encens.
+
+Là il me sortit d'abord d'un tiroir un cadre ovale, en bois doré, de
+moyenne grandeur, et qui contenait une _Pieta_, c'est-à-dire la
+Vierge-Mère tenant sur ses genoux le cadavre de son Fils descendu de
+la croix. Ce tableau était suspendu à San Martino, en guise de
+crucifix, à la tête du lit de l'Empereur, et c'est devant lui qu'il ne
+manquait jamais, soir et matin, de s'agenouiller, dans cette vague
+croyance qu'une prière profonde à ce Dieu, dont il lui semblait se
+rapprocher plus qu'un autre, pouvait faire fléchir peut-être en sa
+faveur les arrêts du destin. Et pourtant sa mère à lui, qu'en priant
+devant ce tableau il enveloppait dans la même superstitieuse
+adoration, ne devait seulement pas, comme celle du Christ, le tenir
+mort sur son giron! Cette relique était venue ici directement,
+décrochée du mur de San Martino, lors de la vente générale faite dans
+l'île par le grand-duc de Toscane après Waterloo, et c'était un zélé
+confrère qui l'avait achetée de ses deniers, pour l'offrir à son
+église où l'Empereur était venu, le 29 mai 1814, entendre la messe de
+San Christino.
+
+Puis l'abbé Soldani tira d'une des armoires un paquet d'étoffes
+soupoudrées de camphre et soigneusement enveloppées. C'étaient de
+riches broderies de soie, ornées de guirlandes de fleurs en étoffe
+rapportée, aux couleurs chatoyantes et un peu jaunies, qui avaient
+pris cette infinie douceur des vieilles choses. Elles devaient
+provenir de la razzia de Piombino et servaient de couvre-pieds, de
+rideaux et de baldaquin au lit impérial, dans la chambre des Mulini.
+Ces broderies avaient été acquises à la même vente publique, et
+l'étoffe du couvre-pieds taillée, puis recousue sans que l'on touchât
+au dessin, de façon à pouvoir en recouvrir le trône épiscopal de
+l'évêque d'Ajaccio, lorsqu'il venait officier à Elbe.
+
+Après quoi l'abbé m'avait demandé la permission de me conduire à son
+père «qui, disait-il dans son amusant jargon français, meilleur encore
+que mon italien, était aveugle, et désirait me voir». Je le suivis.
+
+[Illustration: Éventail de Pauline Borghèse, en ivoire sculpté, envoyé
+en souvenir d'elle à la signora Traditi, femme du maire de
+Porto-Ferraio.]
+
+Au premier étage d'une maison à l'escalier de pierre et dont les
+fenêtres étroites donnaient sur l'admirable baie aux flots bleus et
+aux tartanes vertes où je devais me rembarquer le lendemain, dans une
+grande pièce nue et carrelée, il y avait en effet un vieil aveugle. Il
+était assis sur un canapé de style Empire, en acajou paillé, et dans
+les rosaces duquel des cygnes sculptés enchâssaient des lyres. Encore
+un débris contemporain du passé, et réfugié là.
+
+«_Signor mon padre_, monsieur mon père», me dit l'abbé.
+
+Le vieux bonhomme n'avait pas paru nous avoir entendus, car il était
+également à peu près sourd. Enveloppé dans un manteau jeté sur ses
+épaules et dont les manches pendaient, il chauffait ses mains osseuses
+à un petit pot de terre jaune, où quelques braises allumées se
+consumaient sous la cendre, et que recouvrait un grillage de fil de
+fer, afin qu'il ne s'y brûlât pas. Cette sorte de brasero, tout
+primitif, était posé devant lui, sur un escabeau, et il l'enserrait de
+ses jambes glacées par l'âge. Ses yeux blancs, levés, regardaient le
+plafond, le ciel sans doute, car pour l'aveugle, il n'y a rien entre
+soi et sa pensée.
+
+L'abbé lui toucha l'épaule, et lui dit très fort, dans l'oreille: «_Le
+Signor francese!_»
+
+Alors je le vis se lever lentement (c'était rapidement pour sa
+faiblesse) et ses bras se remuer vers moi dans le vide. J'allai vers
+lui, je lui pris la main, et il demanda: «Est-ce lui?» Sur la réponse
+affirmative qui lui fut faite, il m'enserra tout à coup d'une vive
+étreinte, et je l'entendis qui se répétait en lui-même: «Français!
+L'Empereur! Mon père! Waterloo!» Puis il se mit à parler avec
+volubilité:
+
+[Illustration: Le lit de Mme mère qu'elle s'était fait envoyer de
+Paris à l'île d'Elbe.]
+
+«Je suis le fils, Monsieur, d'un soldat de Waterloo. Napoléon! mon
+père l'a connu quand il était roi de l'île d'Elbe. Vive éternellement
+Napoléon! Je suis fier parce que mon père l'a connu! Il était sergent
+de sa garde-mobile et il l'accompagnait partout. L'Empereur l'aimait
+bien, et souvent il lui causait; il causait de même à tous, sans
+orgueil. Mon père venait de se marier, et l'Empereur lui avait promis,
+quand mon père aurait un fils, de le tenir dans l'église pour le
+baptême. Mais je devais naître seulement plus tard, quand l'Empereur
+n'était plus là. Il était parti un jour, tout à coup, et mon père
+s'était embarqué avec lui sur son bateau. Mon père disait: «Je
+l'aurais suivi jusqu'au bout de la terre, et ici tous les autres comme
+moi, parce qu'il était le grand Empereur!» Il l'a suivi jusqu'à
+Waterloo. Puis, après, il est revenu ici. Il a fallu qu'il revienne à
+pied, depuis là-bas, jusqu'à Piombino, sans ressources, à travers
+toute l'Allemagne, les Alpes et l'Italie. Cela fait plus de 400
+lieues! Il me racontait cela quand j'étais petit, comment l'Empereur
+était habillé, ce qu'il disait, puis comment il a été vaincu.
+Maintenant, l'Empereur est mort, mon père aussi, et je suis vieux à
+mon tour, et j'ai oublié beaucoup de ces choses. Mais si l'Empereur
+revenait, je partirais avec lui, comme a fait mon père. Vive
+l'Empereur!»
+
+Le vieil aveugle s'était, en parlant, transfiguré; son enfance
+semblait remonter en lui et tout le brouillard des souvenirs de
+l'impériale épopée, qu'en le faisant sauter sur ses genoux, lui avait
+contée son père, revenu à pied de Waterloo, tout balafré par la
+mitraille de Wellington et tout noirci par la fumée des canons du mont
+Saint-Jean.
+
+Et c'était pour moi, je l'avoue, un des plus curieux sentiments qu'il
+fût possible d'éprouver que de me voir mêlé là soudain à cette page
+d'histoire, si connue par les livres, déjà si lointaine de nous en
+idée, de me trouver en face d'elle encore vivante, de la toucher du
+doigt en quelque sorte. Je me retrouvais, avec ce vieux qui s'en
+illuminait tout entier, devant cette même fascination légendaire que
+l'homme au petit chapeau exerçait sur tous ceux qui l'approchaient, et
+qui lui ralliait tous les coeurs, en dépit d'eux. Et je comprenais par
+cet exemple comment les hommes et les peuples se grisent de gloire et
+de paroles, et, se livrant à ceux qui savent les prendre, se
+précipitent à leur suite, comme moutons à l'abattoir, vers la folle
+tuerie des batailles. Moi-même, dont toutes les idées cependant
+allaient à l'encontre, j'en étais remué malgré moi.
+
+[Illustration: Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
+chauffait, à un petit brasero de terre jaune, ses mains osseuses.]
+
+Le vieil aveugle s'était rassis, comme épuisé; des larmes roulaient
+dans ses yeux morts. Je m'étais rapproché de lui, et j'aurais voulu
+qu'il parlât davantage, lui faire préciser quelqu'une de ses
+ressouvenances. L'abbé lui transmit mon désir, et alors il se mit à
+rire:
+
+«C'était un malin l'Empereur! et il n'était pas facile de le tromper.
+Il y avait dans une rue proche de la nôtre, je me souviens, car mon
+père me l'a raconté bien souvent, une petite vieille nommée Battini.
+Elle habitait une chambre au rez-de-chaussée, où elle travaillait
+toute la journée avec son métier à tisser. On la voyait sans cesse,
+par sa fenêtre, faire aller et venir le battant de bois et les fils.
+L'Empereur, quand il passait dans cette rue, ne manquait jamais de la
+regarder. Un jour, il s'était arrêté pour lui causer; il était très
+généreux l'Empereur, et il avait toujours dans son gilet des pièces
+d'or pour donner aux pauvres gens. Alors il s'était avancé avec tous
+ses généraux, et il lui avait dit: «Bonne femme, combien gagnez-vous
+par jour?» La petite vieille (elle se doutait bien de son dessein)
+avait voulu se faire plus pauvre qu'elle n'était, afin d'avoir une
+plus grosse aumône. Elle avait pris un air contrit, et lui avait
+répondu: «Hélas! Majesté, quatre ou cinq sous par jour!» Elle mentait,
+la Battini! car elle en gagnait bien davantage. Mais l'Empereur savait
+le prix des choses! Il fronça le sourcil: «Si peu que cela, vraiment!
+Voilà qui prouve que vous ne travaillez guère.» Il lui tourna le dos,
+et plus jamais il ne l'avait regardée. Elle n'eut rien du tout.
+C'était bien fait. Personne ne pouvait tromper l'Empereur.»
+
+Puis le vieux s'agita à nouveau sur son siège et dit quelques mots à
+l'abbé, qui alla vers un secrétaire placé au fond de la chambre, et en
+rapporta un coffret qu'il lui remit.
+
+Il l'ouvrit à tâtons et y prit d'abord une clef d'or, puis un flacon
+de cristal ciselé, et un écrin dont il poussa le bouton et qui
+contenait une médaille: «Ceci, me dit-il, c'est la médaille de
+Sainte-Hélène. L'Empereur en a légué une, par testament, à chacun de
+ses compagnons de gloire de la bataille de Waterloo. Celle-ci est
+celle de mon père; son nom est gravé là, à côté de celui de
+l'Empereur. Je ne peux plus le lire parce que je suis aveugle, mais je
+le sens toujours avec mes doigts. La clef d'or et le flacon de
+cristal, c'est l'Empereur aussi qui les lui a donnés, quand il était
+à Elbe, pour qu'il les garde en souvenir de lui. Mon père les a
+toujours gardés, et moi aussi; je ne voudrais pas les donner pour un
+trésor! Il y avait aussi une lampe de cuivre que ma mère a conservée
+pendant bien longtemps. Elle lui servait à mettre sur sa fenêtre
+lorsque l'Empereur rentrait tard en ville, et qu'il faisait nuit.
+Quand on entendait s'approcher dans la campagne le galopement des
+chevaux, chacun, dans la rue où il devait passer pour rentrer aux
+Mulini, ne manquait pas d'en allumer sur sa fenêtre une semblable,
+qu'il tenait toujours prête; car la rue était très en pente, et le
+sabot des chevaux glissait souvent sur les mauvaises dalles qui la
+pavaient; il aurait pu arriver malheur à l'Empereur! La lampe, depuis,
+s'est usée, et je ne sais pas ce qu'elle est devenue, mais ma mère me
+la montrait quand j'étais jeune.»
+
+Le vieux se tut. Je lui demandai encore s'il n'avait rien d'autre à me
+dire, mais il secoua la tête, et je vis que tout recommençait à se
+brouiller dans son cerveau las de la vie. Il avait remis dans leur
+boîte, après les avoir embrassées, les petites reliques qu'il m'avait
+confiées, et, retenant mes mains qui les lui rendaient, il les porta
+aussi à ses lèvres et les baisa doucement, passionnément. Puis, avec
+cette hyperbole coutumière au langage de l'Italie: «Il me charge de
+vous dire, me transmit son fils, qu'avoir vu un compatriote de son
+Empereur sera la joie de sa vieillesse.»
+
+Il tenait toujours ma main serrée contre ses lèvres et s'était remis à
+pleurer. Une de ses larmes y glissa, brûlante. Il semblait ne pas
+vouloir me lâcher et craindre de laisser s'envoler avec moi ce passé
+lointain que j'avais réveillé en lui. Presque de force je me dégageai
+de son étreinte, et il rentra dans la nuit. On le réinstalla sur le
+canapé d'acajou aux cygnes sculptés, il ramena sur lui son manteau et
+reprit entre ses jambes le petit brasero grillagé sur lequel
+s'allongèrent à nouveau ses mains grelottantes. Une dernière fois, en
+sortant, je me retournai vers lui; il s'était remis à fixer le ciel.
+
+Le lendemain je regagnai le continent, sur cette impression enfin
+trouvée de sentir un peu parler l'âme des hommes, comme j'avais,
+livres en main, fait parler l'âme des choses. Car si ma défiance avait
+plus d'une fois percé à travers l'enthousiasme de mes cicerones
+l'influence probable du bon pourboire, il ne pouvait plus y avoir ici
+aucun doute sur la sincérité de ce bonhomme épique, qui semblait
+descendu d'un cadre de Charlet ou de Raffet, et qui n'attendait rien
+de moi que «de me baiser les mains».
+
+Et revenu depuis à Paris, repris comme tous par le flot dévorant de
+nos vies, je n'ai jamais resongé sans étonnement au vieil aveugle
+elbois, qui en est toujours demeuré au temps de Béranger et qui attend
+paisiblement la mort en rêvant du «Grand Empereur» alors que pour nous
+les disparus d'un an sont déjà vieux, ceux de vingt ans, entrés dans
+l'histoire, et ceux d'il y a un siècle à peine, presque aussi
+lointains que les Césars romains et les Pharaons d'Égypte.
+
+ PAUL GRUYER.
+
+Mars-avril 1902 et mai 1904.
+
+[Illustration: L'entrée du goulet de Porto-Ferraio par où sortit la
+flottille impériale, le 26 février 1815.]
+
+Droits de traduction et de reproduction réservés.
+
+
+
+
+TABLE DES GRAVURES ET CARTES
+
+
+L'ÉTÉ AU KACHMIR
+
+Par _Mme F. MICHEL_
+
+
+ En «rickshaw» sur la route du mont Abou.
+ (D'après une photographie.) 1
+
+ L'éléphant du touriste à Djaïpour. 1
+
+ Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou.
+ (D'après une photographie.) 2
+
+ Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi. (Dessin de Massias,
+ d'après une photographie.) 3
+
+ Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du
+ Djhilam. (D'après une photographie.) 4
+
+ «Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais
+ de Rampour. (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 5
+
+ Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri. (D'après une
+ photographie.) 6
+
+ Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Maharadja à Srinagar.
+ (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.) 7
+
+ L'entrée du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de
+ Srinagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du
+ Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 7
+
+ Ruines du temple de Brankoutri. (D'après une photographie.) 8
+
+ Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen,
+ à Delhi.) 9
+
+ Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.
+ (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 10
+
+ La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula.
+ (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 11
+
+ Nos tentes à Lahore. (D'après une photographie.) 12
+
+ «Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne
+ et Shepherd, à Calcutta.) 13
+
+ Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de
+ Vidja-Broer (hauteur 1m 40.) 13
+
+ Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un
+ vieux platane. (D'après une photographie.) 14
+
+ Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de
+ peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.) 15
+
+ Campement près de Palhallan: tentes et doungas. (D'après une
+ photographie.) 16
+
+ Troisième pont de Srinagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond,
+ le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 17
+
+ Le temple inondé de Pandrethan. (D'après une photographie.) 18
+
+ Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 19
+
+ Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan.
+ (D'après une photographie.) 20
+
+ Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, à
+ Delhi.) 21
+
+ Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer. (D'après une
+ photographie.) 22
+
+ Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un
+ musulman. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 23
+
+ Temple hindou moderne à Vidjabroer. (D'après une photographie.) 24
+
+ Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou.
+ (D'après une photographie.) 25
+
+ Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée,
+ à Houtamourou, près de Bhavan. 25
+
+ Temple ruiné, à Khotair. (D'après une photographie.) 26
+
+ Naga ou source sacrée de Kothair. (D'après une photographie.) 27
+
+ Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source. (D'après une
+ photographie.) 28
+
+ Temple rustique de Voutanar. (D'après une photographie.) 29
+
+ Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte. (D'après une
+ photographie.) 30
+
+ Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé. (D'après
+ une photographie.) 31
+
+ Sacrifice bhramanique, à Bhavan. (D'après une photographie.) 31
+
+ Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au
+ déblaiement. (D'après une photographie.) 32
+
+ Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple.
+ (D'après des photographies.) 33
+
+ Place du campement sous les platanes, à Bhavan. (D'après une
+ photographie.) 34
+
+ La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam. (Photographie Bourne et
+ Shepherd, à Calcutta.) 35
+
+ Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.
+ (D'après une photographie.) 36
+
+ Maisons de bois, à Palgam. (Photographie Bourne et Shepherd, à
+ Calcutta.) 37
+
+ Palanquin et porteurs. 37
+
+ Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche
+ miraculeuse. (D'après une photographie.) 38
+
+ Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar
+ au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie
+ Jadu Kissen, à Delhi.) 39
+
+ Vallée d'Amarnath: vue prise de la grotte. (D'après une
+ photographie.) 40
+
+ Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du
+ Mahagounas. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 41
+
+ Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et
+ Zodji-Pal. (D'après une photographie.) 42
+
+ Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag.
+ (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
+
+ Grotte d'Amarnath. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 43
+
+ Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'après une
+ photographie.) 44
+
+ Campement de Goudjars à Astan-Marg. (D'après une photographie.) 45
+
+ Le bain des pèlerins à Amarnath. (D'après une photographie.) 46
+
+ Pèlerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrière, des
+ brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir. (D'après une
+ photographie.) 47
+
+ Mosquée de village au Kachmir. (D'après une photographie.) 48
+
+ Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd,
+ à Calcutta.) 49
+
+ Mendiant musulman. (D'après une photographie.) 49
+
+ Le Brahma Sar et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk.
+ (D'après une photographie.) 50
+
+ Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu
+ Kissen, à Delhi.) 51
+
+ Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins.
+ (D'après une photographie.) 52
+
+ Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur
+ «hangri» (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 53
+
+ Temples ruinés à Vangâth. (D'après une photographie.) 54
+
+ «Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal. (En haut, photographie
+ par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 55
+
+ La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar. (D'après
+ une photographie.) 56
+
+ Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar. (Photographie
+ Jadu Kissen, à Delhi.) 57
+
+ Le canal de Mar à Sridagar. (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.) 58
+
+ La mosquée de Shah Hamadan à Srinagar (rive droite). (Photographie
+ Jadu Kissen, à Delhi.) 59
+
+ Spécimens de l'art du Kachmir. (D'après une photographie.) 60
+
+
+SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE
+
+Par _le docteur LAMY_
+
+_Médecin-major des troupes coloniales_.
+
+
+ La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force
+ pour la mise à l'eau d'une pirogue. (D'après une photographie.) 61
+
+ Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur.
+ (D'après une photographie.) 61
+
+ «Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de
+ Petit-Alépé». (D'après une photographie.) 62
+
+ À Motéso: soins maternels. (D'après une photographie.) 63
+
+ Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée.
+ (D'après une photographie.) 64
+
+ Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une
+ douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile
+ de palme. (D'après une photographie.) 65
+
+ Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne.
+ (D'après une photographie.) 66
+
+ Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé.
+ (D'après une photographie.) 67
+
+ La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'après une
+ photographie.) 68
+
+ Indigènes coupant un acajou. (D'après une photographie.) 69
+
+ La côte d'Ivoire.--Le pays Attié. 70
+
+ Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les
+ indigènes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lavée,
+ d'après une photographie.) 71
+
+ La rue principale de Grand-Alépé. (D'après une photographie.) 72
+
+ Les Trois Graces de Mopé (pays Attié). (D'après une
+ photographie.) 73
+
+ Femme du pays Attié portant son enfant en groupe. (D'après une
+ photographie.) 73
+
+ Une clairière près de Mopé. (D'après une photographie.) 74
+
+ La garnison de Mopé se porte à notre rencontre. (D'après une
+ photographie.) 75
+
+ Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de palme et de
+ cendres de peaux de bananes. (D'après une photographie.) 76
+
+ Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de Mopé.
+ (D'après une photographie.) 77
+
+ Toilette et embaumement du défunt. (D'après une photographie.) 78
+
+ Jeune femme et jeune fille de Mopé. (D'après une photographie.) 79
+
+ Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à Daboissué.
+ (D'après une photographie.) 80
+
+ Benié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de ses femmes
+ et de ses hauts dignitaires. (D'après une photographie.) 81
+
+ Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso. (D'après
+ une photographie.) 82
+
+ La vallée du Comoé à Malamalasso. (D'après une photographie.) 83
+
+ Tam-tam de guerre à Mopé. (D'après une photographie.) 84
+
+ Piroguiers de la côte d'Ivoire pagayant. (D'après une
+ photographie.) 85
+
+ Allou, le boy du docteur Lamy. (D'après une photographie.) 85
+
+ La forêt tropicale à la côte d'Ivoire. (D'après une
+ photographie.) 86
+
+ Le débitage des arbres. (D'après une photographie.) 87
+
+ Les lianes sur la rive du Comoé. (D'après une photographie.) 88
+
+ Les occupations les plus fréquentes au village: discussions et
+ farniente Attié. (D'après une photographie.) 89
+
+ Un incendie à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 90
+
+ La danse indigène est caractérisée par des poses et des gestes
+ qui rappellent une pantomime. (D'après une photographie.) 91
+
+ Une inondation à Grand-Bassam. (D'après une photographie.) 92
+
+ Un campement sanitaire à Abidjean. (D'après une photographie.) 93
+
+ Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée. (D'après une
+ photographie.) 94
+
+ Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de fièvre jaune.
+ (D'après une photographie.) 95
+
+ Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène. (D'après une
+ photographie.) 96
+
+
+L'ÎLE D'ELBE
+
+Par _M. PAUL GRUYER_
+
+
+ L'île d'Elbe se découpe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et
+ violâtre. 97
+
+ Une jeune fille elboise, au regard énergique, à la peau d'une
+ blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs. 97
+
+ Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100). 98
+
+ Porto-Ferraio: à l'entrée du port, une vieille tour génoise,
+ trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots. 99
+
+ Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napoléon
+ pour se rendre à sa maison de campagne de San Martino. 100
+
+ Porto-Ferraio: la porte de mer, où aborda Napoléon. 101
+
+ La «teste» de Napoléon (page 100). 102
+
+ Porto-Ferraio s'échelonne avec ses toits plats et ses façades
+ scintillantes de clarté (page 99). 103
+
+ Porto-Ferraio: les remparts découpent sur le ciel d'un bleu
+ sombre leur profil anguleux (page 99). 103
+
+ La façade extérieure du «Palais» des Mulini où habitait Napoléon
+ à Porto-Ferraio (page 101). 104
+
+ Le jardin impérial et la terrasse de la maison des Mulini
+ (page 102). 105
+
+ La Via Napoleone, qui monte au «Palais» des Mulini. 106
+
+ La salle du conseil à Porto-Ferraio, avec le portrait de la
+ dernière grande-duchesse de Toscane et celui de Napoléon,
+ d'après le tableau de Gérard. 107
+
+ La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonnée, avec ses
+ volets clos et les peintures décoratives qu'y fit faire
+ l'empereur (page 101). 107
+
+ Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protège du
+ soleil. 108
+
+ Les mille mètres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte
+ Giove, dévalent dans les flots de toute leur hauteur. 109
+
+ Un enfant elbois. 109
+
+ Marciana Alta et ses ruelles étroites. 110
+
+ Marciana Marina avec ses maisons rangées autour du rivage et
+ ses embarcations tirées sur la grève. 111
+
+ Les châtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte
+ Giove. 112
+
+ ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nuées
+ (page 111). 113
+
+ La «Seda di Napoleone» sur le Monte Giove où l'empereur
+ s'asseyait pour découvrir la Corse. 114
+
+ La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithéâtre de
+ rochers est entourée de sveltes cyprès (page 117). 115
+
+ Voici Rio Montagne dont les maisons régulières et cubiques ont
+ l'air de dominos empilés... (page 118). 115
+
+ J'aperçois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nuées. 116
+
+ Une des trois chambres de l'ermitage. 117
+
+ L'ermitage du Marciana où l'empereur reçut la visite de la
+ comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814. 117
+
+ Le petit port de Porto-Longone dominé par la vieille citadelle
+ espagnole (page 117). 118
+
+ La maison de Madame Mère à Marciana Alta.--«Bastia, signor!»--La
+ chapelle de la Madone sur le Monte Giove. 119
+
+ Le coucher du soleil sur le Monte Giove. 120
+
+ Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino. 121
+
+ L'arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe. (D'après une caricature du
+ temps.) 121
+
+ Le drapeau de Napoléon roi de l'île d'Elbe: fond blanc, bande
+ orangé-rouge et trois abeilles jadis dorées. 122
+
+ La salle de bains de San Martino a conservé sa baignoire de
+ pierre. 123
+
+ La chambre de Napoléon à San Martino. 123
+
+ La cour de Napoléon à l'île d'Elbe. (D'après une caricature du
+ temps.) 124
+
+ Une femme du village de Marciana Alta. 125
+
+ Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques
+ représentant Napoléon et Marie-Louise. 126
+
+ San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes à
+ la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123). 126
+
+ Rideau du théâtre de Porto-Ferraio représentant Napoléon sous la
+ figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admète. 127
+
+ La salle égyptienne de San Martino est demeurée intacte avec ses
+ peintures murales et son bassin à sec. 127
+
+ Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napoléon
+ aux Mulini, dont on a fait le trône épiscopal de l'évêque
+ d'Ajaccio. 128
+
+ La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aïeule
+ portait à la cour des Mulini. 129
+
+ Éventail de Pauline Borghèse, en ivoire sculpté, envoyé en
+ souvenir d'elle à la signora Traditi, femme du maire de
+ Porto-Ferraio. 130
+
+ Le lit de Madame Mère, qu'elle s'était fait envoyer de Paris à
+ l'île d'Elbe. 130
+
+ Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
+ chauffait, à un petit brasero de terre jaune, ses mains
+ osseuses. 131
+
+ L'entrée du goulet de Porto-Ferraio par où sortit la flottille
+ impériale, le 26 février 1815. 132
+
+
+
+D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE
+
+Par _M. VICTOR CHAPOT_
+
+_membre de l'École française d'Athènes_.
+
+
+ Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du
+ Ksar-el-Benat (page 142). (D'après une photographie.) 133
+
+ Le canal de Séleucie est, par endroits, un tunnel (page 140). 133
+
+ Vers le coude de l'Euphrate: la pensée de relever les traces de
+ vie antique a dicté l'itinéraire. 134
+
+ L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que
+ l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137). 135
+
+ Les rues d'Antioche sont étroites et tortueuses; parfois, au
+ milieu, se creuse en fossé. (D'après une photographie.) 136
+
+ Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'après une
+ photographie.) 137
+
+ Les crêtes des collines sont couronnées de chapelles ruinées
+ (page 142). 138
+
+ Alep est une ville militaire. (D'après une photographie.) 139
+
+ La citadelle d'Alep se détache des quartiers qui l'avoisinent
+ (page 143). (D'après une photographie.) 139
+
+ Les parois du canal de Séleucie s'élèvent jusqu'à 40 mètres.
+ (D'après une photographie.) 140
+
+ Les tombeaux de Séleucie s'étageaient sur le Kasios. (D'après
+ une photographie.) 141
+
+ À Alep une seule mosquée peut presque passer pour une oeuvre
+ d'art. (D'après une photographie.) 142
+
+ Tout alentour d'Alep la campagne est déserte. (D'après une
+ photographie.) 143
+
+ Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifié. 144
+
+ Balkis éveille, de loin et de haut, l'idée d'une taupinière
+ (page 147). (D'après une photographie.) 145
+
+ Stèle Hittite. L'artiste n'a exécuté qu'un premier ravalement
+ (page 148). 145
+
+ Église arménienne de Nisib; le plan en est masqué au dehors.
+ (D'après une photographie.) 146
+
+ Tell-Erfat est peuplé d'Yazides; on le reconnaît à la forme des
+ habitations. (D'après une photographie.) 147
+
+ La rive droite de l'Euphrate était couverte de stations romaines
+ et byzantines. (D'après une photographie.) 148
+
+ Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indéfiniment
+ (page 148). (D'après une photographie.) 149
+
+ Sérésat: village mixte d'Yazides et de Bédouins (page 146).
+ (D'après une photographie.) 150
+
+ Les Tcherkesses diffèrent des autres musulmans; sur leur personne,
+ pas de haillons (page 152). (D'après une photographie.) 151
+
+ Ras-el-Aïn. Deux jours se passent, mélancoliques, en négociations
+ (page 155). (D'après une photographie.) 152
+
+ J'ai laissé ma tente hors les murs devant Orfa. (D'après une
+ photographie.) 153
+
+ Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol. (D'après
+ une photographie.) 154
+
+ Vue générale d'Orfa. (D'après une photographie.) 155
+
+ Porte arabe à Rakka (page 152). (D'après une photographie.) 156
+
+ Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurés sont portés dans le
+ bac à force de bras (page 159). (D'après une photographie.) 157
+
+ Bédouin. (D'après une photographie.) 157
+
+ Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restées debout.
+ (D'après une photographie.) 158
+
+ Orfa: mosquée Ibrahim-Djami; les promeneurs flânent dans la cour
+ et devant la piscine (page 157). (D'après une photographie.) 159
+
+ Pont byzantin et arabe (page 159). (D'après une photographie.) 160
+
+ Mausolée d'Alif, orné d'une frise de têtes sculptées (page 160).
+ (D'après une photographie.) 161
+
+ Mausolée de Théodoret, selon la légende, près de Cyrrhus.
+ (D'après une photographie.) 162
+
+ Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taillée (page 165).
+ (D'après une photographie.) 163
+
+ L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit
+ corps de légionnaires romains (page 160). (D'après une
+ photographie.) 163
+
+ Trappe de Checkhlé: un grand édifice en pierres a remplacé les
+ premières habitations (page 166.) 164
+
+ Trappe de Checkhlé: la chapelle (page 166). (D'après une
+ photographie.) 165
+
+ Père Maronite (page 168). (D'après une photographie.) 166
+
+ Acbès est situé au fond d'un grand cirque montagneux (page 166).
+ (D'après une photographie.) 167
+
+ Trappe de Checkhlé: premières habitations des trappistes
+ (page 166). (D'après une photographie.) 168
+
+
+LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES
+
+Par _M. RAYMOND BEL_
+
+
+ Indigènes hébridais de l'île de Spiritu-Santo. (D'après une
+ photographie.) 169
+
+ Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'après une
+ photographie.) 169
+
+ Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté. (D'après
+ une photographie.) 170
+
+ Une case de l'île de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'après
+ une photographie.) 171
+
+ Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté, présente
+ une rade magnifique. (D'après une photographie.) 172
+
+ C'est à Port-Vila ou Franceville, dans l'île Vaté, que la France
+ a un résident. (D'après une photographie.) 173
+
+ Dieux indigènes ou Tabous. (D'après une photographie.) 174
+
+ Les indigènes hébridais de l'île Mallicolo ont un costume et
+ une physionomie moins sauvages que ceux de l'île Pentecôte.
+ (D'après des photographies.) 175
+
+ Pirogues de l'île Vao. (D'après une photographie.) 176
+
+ Indigènes employés au service d'un bateau. (D'après une
+ photographie.) 177
+
+ Un sous-bois dans l'île de Spiritu-Santo. (D'après une
+ photographie.) 178
+
+ Un banquet de Français à Port-Vila (Franceville). (D'après
+ une photographie.) 179
+
+ La colonie française de Port-Vila (Franceville). (D'après
+ une photographie.) 179
+
+ La rivière de Luganville. (D'après une photographie.) 180
+
+
+LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE
+
+Par _M. ALBERT THOMAS_
+
+
+ Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba
+ (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 181
+
+ La reine des cloches «Tsar Kolokol» (page 180). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 181
+
+ Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files
+ dans les rues de Moscou (page 183). 182
+
+ Les paysannes en pèlerinage arrivées enfin à Moscou, la cité
+ sainte (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 183
+
+ Une chapelle où les passants entrent adorer les icônes
+ (page 183). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 184
+
+ La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se découvrir
+ (page 185). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 185
+
+ Une porte du Kreml (page 185). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 186
+
+ Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui
+ entourent la cité sainte (page 185). (D'après une photographie
+ de M. J. Cahen.) 187
+
+ Deux villes dans le Kreml: celle du XVe siècle, celle d'Ivan,
+ et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais
+ (page 190). 188
+
+ Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses créneaux, ses tours aux
+ toits aigus (page 183). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 189
+
+ Tout près de l'Assomption, les deux églises-soeurs se dressent:
+ les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 189
+
+ À l'extrémité de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis
+ de ses clochers (page 184). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 190
+
+ Du haut de l'Ivan Véliki, la ville immense se découvre (page 190).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 191
+
+ Un des isvotchiks qui nous mènent grand train à travers les rues
+ de Moscou (page 182). 192
+
+ Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchés moscovites,
+ entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent là
+ leurs produits (page 195). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 193
+
+ L'isvotchik a revêtu son long manteau bleu (page 194). (D'après
+ une photographie de M. J. Cahen.) 193
+
+ Itinéraire de Moscou à Tomsk. 194
+
+ À côté d'une épicerie, une des petites boutiques où l'on vend le
+ kvass, le cidre russe (page 195). (D'après une photographie de
+ M. J. Cahen.) 195
+
+ Et des Tatars offraient des étoffes étalées sur leurs bras
+ (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 196
+
+ Patients, résignés, les cochers attendent sous le soleil de midi
+ (page 194). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 197
+
+ Une cour du quartier ouvrier, avec l'icône protectrice (page 196).
+ (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 198
+
+ Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui
+ relie la vieille ville à la nouvelle, la citadelle au marché
+ (page 204). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 199
+
+ Le marché étincelait dans son fouillis (page 195). (D'après une
+ photographie de M. J. Cahen.) 200
+
+ Déjà la grande industrie pénètre: on rencontre à Moscou des
+ ouvriers modernes (page 195). (D'après une photographie.) 201
+
+ Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 202
+
+ Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent, à tous les
+ étages, autour de grandes cours (page 196). (D'après une
+ photographie de M. J. Cahen.) 203
+
+ Le char funèbre était blanc et doré (page 194). (D'après une
+ photographie.) 204
+
+ À Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars,
+ Tcherkesses (page 208). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 205
+
+ Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand châle
+ (page 214). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 205
+
+ Nous avons traversé le grand pont qui mène à la foire (page 205).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 206
+
+ Au dehors, la vie de chaque jour s'étalait, pêle-mêle, à
+ l'orientale (page 207). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 207
+
+ Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 208
+
+ Dans les rues, les petits marchands étaient innombrables
+ (page 207). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 209
+
+ Dans une rue, c'étaient des coffres de toutes dimensions, peints
+ de couleurs vives (page 206). (D'après une photographie de M.
+ J. Cahen.) 210
+
+ Près de l'asile, nous sommes allés au marché aux cloches
+ (page 208). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 211
+
+ Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques étaient pendues
+ (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 211
+
+ Dans une autre rue, les charrons avaient accumulé leurs roues
+ (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 212
+
+ Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchés
+ des débarcadères ou des stations (page 215). (D'après une
+ photographie de M. J. Cahen.) 213
+
+ Le Kreml de Kazan. C'est là que sont les églises et les
+ administrations (page 214). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 214
+
+ Sur la berge, des tarantass étaient rangées (page 216). (D'après
+ une photographie de M. Thiébeaux.) 215
+
+ Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs
+ (page 213). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 216
+
+ À presque toutes les gares il se forme spontanément un petit
+ marché (page 222). (D'après une photographie de M. J. Cahen.) 217
+
+ Dans la plaine (page 221). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 217
+
+ Un petit fumoir, vitré de tous côtés, termine le train
+ (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 218
+
+ Les émigrants étaient là, pêle-mêle, parmi leurs misérables
+ bagages (page 226). (D'après une photographie de M. J.
+ Cahen.) 219
+
+ Les petits garçons du wagon-restaurant s'approvisionnent
+ (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 220
+
+ Émigrants prenant leur maigre repas pendant l'arrêt de leur train
+ (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 221
+
+ L'ameublement du wagon-restaurant était simple, avec un bel air
+ d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222
+
+ Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibérien.
+ (Photographie de M. Thiébeaux.) 223
+
+ L'église, près de la gare de Tchéliabinsk, ne diffère des isbas
+ neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite
+ du «Guide du Transsibérien».) 224
+
+ Un train de constructeurs était remisé là, avec son wagon-chapelle
+ (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 225
+
+ Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur
+ la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.) 226
+
+ Un point d'émigration (page 228). (Photographie de M. A. N. de
+ Koulomzine.) 227
+
+ Enfants d'émigrants (page 228). (D'après une photographie de M.
+ Thiébeaux.) 228
+
+ Un petit marché dans une gare du Transsibérien. (Photographie de
+ M. Legras.) 229
+
+ La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isolé (page 230).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 229
+
+ Nous sommes passés près d'une église à clochetons verts (page 230).
+ (Photographie de M. Thiébeaux.) 230
+
+ Tomsk a groupé dans la vallée ses maisons grises et ses toits
+ verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.) 231
+
+ Après la débâcle de la Tome, près de Tomsk (page 230). (D'après
+ une photographie de M. Legras.) 232
+
+ Le chef de police demande quelques explications sur les passeports
+ (page 232). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 233
+
+ La cathédrale de la Trinité à Tomsk (page 238). (Photographie
+ extraite du «Guide du Transsibérien».) 234
+
+ Tomsk: en revenant de l'église (page 234). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 235
+
+ Tomsk n'était encore qu'un campement, sur la route de l'émigration
+ (page 231). (D'après une photographie.) 236
+
+ Une rue de Tomsk, définie seulement par les maisons qui la bordent
+ (page 231). (Photographie de M. Brocherel.) 237
+
+ Les cliniques de l'Université de Tomsk (page 238). (Photographie
+ extraite du «Guide du Transsibérien».) 238
+
+ Les longs bâtiments blancs où s'abrite l'Université (page 237).
+ (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».) 239
+
+ La voiture de l'icône stationnait parfois (page 230). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 240
+
+ Flâneurs à la gare de Petropavlosk (page 242). (D'après une
+ photographie de M. Legras.) 241
+
+ Dans les vallées de l'Oural, habitent encore des Bachkirs
+ (page 245). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 241
+
+ Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'après une
+ photographie.) 242
+
+ Les rivières roulaient une eau claire (page 244). (D'après une
+ photographie.) 243
+
+ La ligne suit la vallée des rivières (page 243). (D'après une
+ photographie de M. Thiébeaux.) 244
+
+ Comme toute l'activité commerciale semble frêle en face des eaux
+ puissantes de la Volga! (page 248.) (D'après une photographie
+ de M. G. Cahen.) 245
+
+ Bachkirs sculpteurs. (D'après une photographie de M. Paul
+ Labbé.) 246
+
+ À la gare de Tchéliabinsk, toujours des émigrants (page 242).
+ (D'après une photographie de M. J. Legras.) 247
+
+ Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251).
+ (D'après une photographie de M. G. Cahen.) 248
+
+ Joie naïve de vivre, et mélancolie.--un petit marché du sud
+ (page 250). (D'après une photographie de M. G. Cahen.) 249
+
+ Un russe dans son vêtement d'hiver (page 249). (D'après une
+ photographie de M. G. Cahen.) 250
+
+ Dans tous les villages russes, une activité humble, pauvre de
+ moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'après une
+ photographie de M. G. Cahen.) 251
+
+ Là, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242).
+ (D'après une photographie de M. Thiébeaux.) 252
+
+
+LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES
+
+Par _M. GERSPACH_
+
+
+ Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse
+ promenade. (Photographie Alinari.) 253
+
+ Porte de la cathédrale Saint-Laurent de Lugano (page 256).
+ (Photographie Alinari.) 253
+
+ Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de
+ San Salvatore. (D'après une photographie.) 254
+
+ La ville de Lugano descend en amphithéâtre jusqu'aux rives de son
+ lac. (Photographie Alinari.) 255
+
+ Lugano: faubourg de Castagnola. (D'après une photographie.) 256
+
+ La cathédrale de Saint-Laurent: sa façade est décorée de figures
+ de prophètes et de médaillons d'apôtres (page 256).
+ (Photographie Alinari.) 257
+
+ Saint-Roch: détail de la fresque de Luini à Sainte-Marie-des-Anges
+ (Photographie Alinari.) 258
+
+ La passion: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges
+ (page 260). (Photographie Alinari) 259
+
+ Saint Sébastien: détail de la grande fresque de Luini à
+ Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.) 260
+
+ La madone, l'enfant Jésus et Saint Jean, par Luini, église
+ Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.) 261
+
+ La Scène: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges
+ (page 260). 262
+
+ Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.
+ (Photographie Alinari.) 263
+
+ Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.
+ (D'après une photographie.) 264
+
+
+SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE
+
+Par _M. ÉMILE DESCHAMPS_
+
+
+ Les quais sont animés par la population grouillante des Chinois
+ (page 266). (D'après une photographie.) 265
+
+ Acteurs du théâtre chinois. (D'après une photographie.) 265
+
+ Plan de Shanghaï. 266
+
+ Shanghaï est sillonnée de canaux qui, à marée basse, montrent
+ une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hélène
+ de Harven.) 267
+
+ Panorama de Shanghaï. (D'après une photographie.) 268
+
+ Dans la ville chinoise, les «camelots» sont nombreux, qui débitent
+ en plein vent des marchandises ou des légendes extraordinaires.
+ (D'après une photographie.) 269
+
+ Le poste de l'Ouest, un des quatre postes où s'abrite la milice
+ de la Concession française (page 272). (D'après une
+ photographie.) 270
+
+ La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville
+ chinoise de Shanghaï (page 268). 271
+
+ Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment
+ l'arrivée du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de
+ Harven.) 271
+
+ Une maison de thé dans la cité chinoise. (D'après une
+ photographie.) 272
+
+ Les brouettes, qui transportent marchandises ou indigènes, ne
+ peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions
+ (page 270). (D'après une photographie.) 273
+
+ La prison de Shanghaï se présente sous l'aspect d'une grande cage,
+ à forts barreaux de fer. (D'après une photographie.) 274
+
+ Le parvis des temples dans la cité est toujours un lieu de
+ réunion très fréquenté. (D'après une photographie.) 275
+
+ Les murs de la cité chinoise, du côté de la Concession française.
+ (D'après une photographie.) 276
+
+ La navigation des sampans sur le Ouang-Pô. (D'après une
+ photographie.) 277
+
+ Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'après une photographie.) 277
+
+ Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.
+ (D'après une photographie.) 278
+
+ Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle
+ apparence (page 282). 279
+
+ Les jeunes Chinois flânent au soleil dans leur Cité.
+ (Photographies de Mlle H. de Harven.) 279
+
+ Sur les quais du Yang-King-Pang s'élèvent des bâtiments, banques
+ ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'après une
+ photographie.) 280
+
+ Le quai de la Concession française présente, à toute heure du
+ jour, la plus grande animation. (D'après une photographie.) 281
+
+ Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entrée de la pagode. (D'après
+ une photographie.) 282
+
+ «L'omnibus du pauvre» (wheel-barrow ou brouette) fait du deux à
+ l'heure et coûte quelques centimes seulement. (D'après une
+ photographie.) 283
+
+ Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'après une
+ photographie.) 284
+
+ Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai
+ chinois de Tou-Ka-Dou. (D'après une photographie.) 285
+
+ Chinoises de Shanghaï. (D'après une photographie.) 286
+
+ Village chinois aux environs de Shanghaï. (D'après une
+ photographie.) 287
+
+ Le charnier des enfants trouvés (page 280). (D'après une
+ photographie.) 288
+
+
+L'ÉDUCATION DES NÈGRES AUX ÉTATS-UNIS
+
+Par _M. BARGY_
+
+
+ L'école maternelle de Hampton accueille et occupe les négrillons
+ des deux sexes. (D'après une photographie.) 289
+
+ Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'après une
+ photographie.) 289
+
+ Booker T. Washington, le leader de l'éducation des nègres aux
+ États-Unis, fondateur de l'école de Tuskegee, en costume
+ universitaire. (D'après une photographie.) 290
+
+ Institut Hampton: le cours de maçonnerie. (D'après une
+ photographie.) 291
+
+ Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'après une
+ photographie.) 292
+
+ Institut Hampton: le cours d'électricité. (D'après une
+ photographie.) 293
+
+ Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'après une
+ photographie.) 294
+
+ Le salut au drapeau exécuté par les négrillons de l'Institut
+ Hampton. (D'après une photographie.) 295
+
+ Institut Hampton: le cours de chimie. (D'après une
+ photographie.) 296
+
+ Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'après
+ une photographie.) 297
+
+ Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'après une
+ photographie.) 298
+
+ Institut Hampton: le cours de botanique. (D'après une
+ photographie.) 299
+
+ Institut Hampton: le cours de mécanique. (D'après une
+ photographie.) 300
+
+
+À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE
+
+Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_
+
+_Consul général de S. M. Britannique au Khorassan._
+
+
+ Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.
+ (D'après une photographie.) 301
+
+ Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'après une
+ photographie.) 301
+
+ Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur,
+ d'Astrabad à Kirman. 302
+
+ Les femmes persanes s'enveloppent la tête et le corps d'amples
+ étoffes. (D'après une photographie.) 303
+
+ Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravagé, une rivière
+ presque à sec; au fond, des constructions à l'aspect de fortins.
+ (D'après une photographie.) 304
+
+ Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus
+ visités de l'Asie. (D'après une photographie.) 305
+
+ La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'après une
+ photographie.) 306
+
+ Enfants nomades de la Perse orientale. (D'après une
+ photographie.) 307
+
+ Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'après une
+ photographie.) 308
+
+ Les préparatifs d'un campement dans le désert de Lout. (D'après
+ une photographie.) 309
+
+ Le désert de Lout n'est surpassé, en aridité, par aucun autre de
+ l'Asie. (D'après une photographie.) 310
+
+ Avant d'arriver à Kirman, nous avions à traverser la chaîne de
+ Kouhpaia. (D'après une photographie.) 311
+
+ Rien n'égale la désolation du désert de Lout. (D'après une
+ photographie.) 312
+
+ La communauté Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous
+ souhaiter la bienvenue. (D'après une photographie.) 313
+
+ Un marchand de Kirman. (D'après une photographie.) 313
+
+ Le «dôme de Djabalia», ruine des environs de Kirman, ancien
+ sanctuaire ou ancien tombeau. (D'après une photographie.) 314
+
+ À Kirman: le jardin qui est loué par le Consulat, se trouve à un
+ mille au delà des remparts. (D'après une photographie.) 315
+
+ Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'après une
+ photographie.) 316
+
+ Les gardes indigènes du Consulat anglais de Kirman. (D'après une
+ photographie.) 317
+
+ La plus ancienne mosquée de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.
+ (D'après une photographie.) 318
+
+ Membres des cheikhis, secte qui en compte 7 000 dans la province
+ de Kirman. (D'après une photographie.) 319
+
+ La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix
+ mosquées de Kirman. (D'après une photographie.) 320
+
+ Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf,
+ terrain de plaisance occupé par des jardins. (D'après une
+ photographie.) 321
+
+ Les environs de Kirman comptent quelques maisons de thé. (D'après
+ une photographie.) 322
+
+ Une «tour de la mort», où les Zoroastriens exposent les cadavres.
+ (D'après une photographie.) 323
+
+ Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de
+ Kirman. (D'après une photographie.) 324
+
+ Le «Farma Farma». (D'après une photographie.) 325
+
+ Indigènes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 325
+
+ Carte du Makran. 326
+
+ Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupées autour
+ d'un fort. (D'après une photographie.) 327
+
+ Des forts abandonnés rappellent l'ancienne puissance du
+ Baloutchistan. (D'après une photographie.) 328
+
+ Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 329
+
+ La passe de Fanoch, faisant communiquer la vallée du même nom et
+ la vallée de Lachar. (D'après une photographie.) 330
+
+ Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 331
+
+ Une halte dans les montagnes du Makran. (D'après une
+ photographie.) 332
+
+ Baloutches du district de Sarhad. (D'après une photographie.) 333
+
+ Un fortin sur les frontières du Baloutchistan. (D'après une
+ photographie.) 334
+
+ Dans les montagnes du Makran: À des collines d'argile succèdent
+ de rugueuses chaînes calcaires. (D'après une photographie.) 335
+
+ Bureau du télégraphe sur la côte du Makran. (D'après une
+ photographie.) 336
+
+ L'oasis de Djalsk, qui s'étend sur 10 kilomètres carrés, est
+ remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.
+ (D'après une photographie.) 337
+
+ Femme Parsi du Baloutchistan. (D'après une photographie.) 337
+
+ Carte pour suivre les délimitations de la frontière
+ perso-baloutche. 338
+
+ Nous campâmes à Fahradj, sur la route de Kouak, dans une
+ palmeraie. (D'après une photographie.) 339
+
+ C'est à Kouak que les commissaires anglais et persans s'étaient
+ donné rendez-vous. (D'après une photographie.) 340
+
+ Le sanctuaire de Mahoun, notre première étape sur la route de
+ Kouak. (D'après une photographie.) 341
+
+ Cour intérieure du sanctuaire de Mahoun. (D'après une
+ photographie.) 342
+
+ Le khan de Kélat et sa cour. (D'après une photographie.) 343
+
+ Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'après une photographie.) 344
+
+ Dans la vallée de Kalagan, près de l'oasis de Djalsk. (D'après
+ une photographie.) 345
+
+ Oasis de Djalsk: Des édifices en briques abritent les tombes
+ d'une race de chefs disparue. (D'après une photographie.) 346
+
+ Indigènes de l'oasis de Pandjgour, à l'est de Kouak. (D'après
+ une photographie.) 347
+
+ Camp de la commission de délimitation sur la frontière
+ perso-baloutche. (D'après une photographie.) 348
+
+ Campement de la commission des frontières perso-baloutches.
+ (D'après une photographie.) 349
+
+ Parsi de Yezd. (D'après une photographie.) 349
+
+ Une séance d'arpentage dans le Seistan. (D'après une
+ photographie.) 350
+
+ Les commissaires persans de la délimitation des frontières
+ perso-baloutches. (D'après une photographie.) 351
+
+ Le delta du Helmand. 352
+
+ Sculptures sassanides de Persépolis. (D'après une photographie.) 352
+
+ Un gouverneur persan et son état-major. (D'après une
+ photographie.) 353
+
+ La passe de Buzi. (D'après une photographie.) 354
+
+ Le Gypsies du sud-est persan. 355
+
+ Sur la lagune du Helmand. (D'après une photographie.) 356
+
+ Couple baloutche. (D'après une photographie.) 357
+
+ Vue de Yezd, par où nous passâmes pour rentrer à Kirman. (D'après
+ une photographie.) 358
+
+ La colonne de Nadir s'élève comme un phare dans le désert.
+ (D'après une photographie.) 359
+
+ Mosquée de Yezd. (D'après une photographie.) 360
+
+
+AUX RUINES D'ANGKOR
+
+Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_
+
+
+ Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses
+ voûtes un peuple de divinités de pierre.... (D'après une
+ photographie.) 361
+
+ Emblème décoratif (art khmer). (D'après une photographie.) 361
+
+ Porte d'entrée de la cité royale d'Angkor-Tom, dans la forêt.
+ (D'après une photographie.) 362
+
+ Ce grand village, c'est Siem-Réap, capitale de la province.
+ (D'après une photographie) 363
+
+ Une chaussée de pierre s'avance au milieu des étangs. (D'après
+ une photographie.) 364
+
+ Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la
+ montagne sacrée. (D'après une photographie.) 365
+
+ Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'après une
+ photographie.) 366
+
+ La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomètres de tour;
+ c'est un long cloître. (D'après une photographie.) 367
+
+ Trois dômes hérissent superbement la masse formidable du temple
+ d'Angkor-Wat. (D'après une photographie.) 367
+
+ Bas-relief du temple d'Angkor. (D'après une photographie.) 368
+
+ La forêt a envahi le second étage d'un palais khmer. (D'après
+ une photographie.) 369
+
+ Le gouverneur réquisitionne pour nous des charrettes à boeufs.
+ (D'après une photographie.) 370
+
+ La jonque du deuxième roi, qui a, l'an dernier, succédé à Norodom.
+ (D'après une photographie.) 371
+
+ Le palais du roi, à Oudong-la-Superbe. (D'après une
+ photographie.) 371
+
+ Sculptures de l'art khmer. (D'après une photographie.) 372
+
+
+EN ROUMANIE
+
+Par _M. Th. HEBBELYNCK_
+
+
+ La petite ville de Petrozeny n'est guère originale; elle a, de
+ plus, un aspect malpropre. (D'après une photographie.) 373
+
+ Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'après une
+ photographie.) 373
+
+ Carte de Roumanie pour suivre l'itinéraire de l'auteur. 374
+
+ Vendeuses au marché de Targu-Jiul. (D'après une photographie.) 375
+
+ La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit
+ à Targu-Jiul. (D'après une photographie.) 376
+
+ C'est aux environs d'Arad que pour la première fois nous voyons
+ des buffles domestiques. (D'après une photographie.) 377
+
+ Montagnard roumain endimanché. (Cliché Anerlich.) 378
+
+ Derrière une haie de bois blanc s'élève l'habitation modeste.
+ (D'après une photographie.) 379
+
+ Nous croisons des paysans roumains. (D'après une photographie.) 379
+
+ Costume national de gala, roumain. (Cliché Cavallar.) 380
+
+ Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont
+ conservé leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.) 381
+
+ Un rencontre près de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs.
+ (D'après une photographie.) 382
+
+ Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et sévères, sous
+ le linge blanc. (D'après une photographie.) 383
+
+ En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'après une
+ photographie.) 384
+
+ Dans la vallée de l'Olt, les «castrinza» des femmes sont
+ décorées de paillettes multicolores. 385
+
+ Dans le village de Slanic. (D'après une photographie.) 385
+
+ Roumaine du défilé de la Tour-Rouge. (D'après une photographie.) 386
+
+ La petite ville d'Horezu est charmante et animée. (D'après une
+ photographie.) 387
+
+ La perle de Curtea, c'est cette superbe église blanche,
+ scintillante sous ses coupoles dorées. (D'après une
+ photographie.) 388
+
+ Une ferme près du monastère de Bistritza. (D'après une
+ photographie.) 389
+
+ Entrée de l'église de Curtea. (D'après une photographie.) 390
+
+ Les religieuses du monastère d'Horezu portent le même costume
+ que les moines. (D'après une photographie.) 391
+
+ Devant l'entrée de l'église se dresse le baptistère de Curtea.
+ (D'après une photographie.) 392
+
+ Au marché de Campolung. (D'après une photographie.) 393
+
+ L'excursion du défilé de Dimboviciora est le complément obligé
+ d'un séjour à Campolung. (D'après une photographie.) 394
+
+ Dans le défilé de Dimboviciora. (D'après des photographies.) 395
+
+ Dans les jardins du monastère de Curtea. 396
+
+ Sinaïa: le château royal, Castel Pelés, sur la montagne du même
+ nom. (D'après une photographie.) 397
+
+ Un enfant des Carpathes. (D'après une photographie.) 397
+
+ Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.
+ (D'après une photographie.) 398
+
+ Vue intérieure des mines de sel de Slanic. (D'après une
+ photographie.) 399
+
+ Entre Campina et Sinaïa la route de voiture est des plus
+ poétiques. (D'après une photographie.) 400
+
+ Un coin de Campina. (D'après une photographie.) 401
+
+ Les villas de Sinaïa. (D'après une photographie.) 402
+
+ Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'église du Spiritou
+ Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. --
+ L'église métropolitaine.--L'Université.--Le palais Stourdza.
+ -- Un vieux couvent. -- (D'après des photographies.) 403
+
+ Le monastère de Sinaïa se dresse derrière les villas et les
+ hôtels de la ville. (D'après une photographie.) 404
+
+ Une des deux cours intérieures du monastère de Sinaïa. (D'après
+ une photographie.) 405
+
+ Une demeure princière de Sinaïa. (D'après une photographie.) 406
+
+ Busteni (les villas, l'église), but d'excursion pour les habitants
+ de Sinaïa. (D'après une photographie.) 407
+
+ Slanic: un wagon de sel. (D'après une photographie.) 408
+
+
+CROQUIS HOLLANDAIS
+
+Par _M. Lud. GEORGES HAMÖN_
+
+_Photographies de l'auteur._
+
+
+ À la kermesse. 409
+
+ Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi. 409
+
+ Des «boerin» bien prises en leurs justins marchent en roulant,
+ un joug sur les épaules. 410
+
+ Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa
+ demeure de haut en bas. 410
+
+ Emplettes familiales. 411
+
+ Les ménagères sont là, également calmes, lentes, avec leurs
+ grosses jupes. 411
+
+ Jeune métayère de Middelburg. 412
+
+ Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du marché conduit
+ à un pont. 412
+
+ Une mère, songeuse, promenait son petit garçon. 413
+
+ Une famille hollandaise au marché de Middelburg. 414
+
+ Le marché de Middelburg: considérations sur la grosseur des
+ betteraves. 415
+
+ Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites. 416
+
+ Un septuagénaire appuyé sur son petit-fils me sourit
+ bonassement. 417
+
+ Roux en le décor roux, l'éclusier fumait sa pipe. 417
+
+ Le village de Zoutelande. 418
+
+ Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bâches
+ blanches. 419
+
+ Aussi comme on l'aime, ce home. 420
+
+ Les filles de l'hôtelier de Wemeldingen. 421
+
+ Il se campe près de son cheval. 421
+
+ Je rencontre à l'orée du village un couple minuscule. 422
+
+ La campagne hollandaise. 423
+
+ Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du «molen». 423
+
+ Par tous les sentiers, des marmots se juchèrent. 424
+
+ Le père Kick symbolisait les générations des Néerlandais
+ défunts. 425
+
+ Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues. 426
+
+ L'une entonna une chanson. 427
+
+ Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux. 428
+
+ Famille hollandaise en voyage. 429
+
+ Ah! les moulins; leur nombre déroute l'esprit. 429
+
+ Les chariots enfoncés dans les champs marécageux sont enlevés
+ par de forts chevaux. 430
+
+ La digue de Westkapelle. 431
+
+ Les écluses ouvertes. 432
+
+ Les petits garçons rôdent par bandes, à grand bruit de sabots
+ sonores.... 433
+
+ Jeune mère à Marken. 433
+
+ Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des
+ peintres de tous les pays. 434
+
+ Avec leurs figures rondes, épanouies de contentement, les petites
+ filles de Volendam font plaisir à voir. 435
+
+ Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout. 436
+
+ Les jeunes filles de Volendam sont coiffées du casque en dentelle,
+ à forme de «salade» renversée. 437
+
+ Deux pêcheurs accroupis au soleil, à Volendam. 438
+
+ Une lessive consciencieuse. 439
+
+ Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif. 440
+
+ Les femmes de Volendam sont moins claquemurées en leur logis. 441
+
+ Vêtu d'un pantalon démesuré, le pêcheur de Volendam a une allure
+ personnelle. 442
+
+ Un commencement d'idylle à Marken. 443
+
+ Les petites filles sont charmantes. 444
+
+
+ABYDOS
+
+dans les temps anciens et dans les temps modernes
+
+Par _M. E. AMELINEAU_
+
+
+ Le lac sacré d'Osiris, situé au sud-est de son temple, qui a été
+ détruit. (D'après une photographie.) 445
+
+ Séti Ier présentant des offrandes de pain, légumes, etc. (D'après
+ une photographie.) 445
+
+ Une rue d'Abydos. (D'après une photographie.) 446
+
+ Maison d'Abydos habitée par l'auteur, pendant les trois premières
+ années. (D'après une photographie.) 447
+
+ Le prêtre-roi rendant hommage à Séti Ier (chambre annexe de la
+ deuxième salle d'Osiris). (D'après une photographie.) 448
+
+ Thot présentant le signe de la vie aux narines du roi Séti Ier
+ (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris). (D'après une
+ photographie.) 449
+
+ Le dieu Thot purifiant le roi Séti Ier (chambre annexe de la
+ deuxième salle d'Osiris, mur sud). (D'après une photographie.) 450
+
+ Vue intérieure du temple de Ramsès II. (D'après une
+ photographie.) 451
+
+ Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Séti Ier.
+ (D'après une photographie.) 451
+
+ Temple de Séti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due à
+ Ramsès II. (D'après une photographie.) 452
+
+ Temple de Séti Ier, mur est, montrant des scènes diverses du
+ culte. (D'après une photographie.) 453
+
+ Table des rois Séti Ier et Ramsès II, faisant des offrandes aux
+ rois leurs prédécesseurs. (D'après une photographie.) 454
+
+ Vue générale du temple de Séti Ier, prise de l'entrée. (D'après
+ une photographie.) 455
+
+ Procession des victimes amenées au sacrifice (temple de
+ Ramsès II). (D'après une photographie.) 456
+
+
+VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES
+
+Par _M. JULES BROCHEREL_
+
+
+ Le bazar de Tackhent s'étale dans un quartier vieux et fétide.
+ (D'après une photographie.) 457
+
+ Un Kozaque de Djarghess. (D'après une photographie.) 457
+
+ Itinéraire de Tachkent à Prjevalsk. 458
+
+ Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'après une photographie.) 459
+
+ Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'après une
+ photographie.) 460
+
+ Un contrefort montagneux borde la rive droite du «tchou».
+ (D'après une photographie.) 461
+
+ Le bazar de Prjevalsk, principale étape des caravaniers de
+ Viernyi et de Kachgar. (D'après une photographie.) 462
+
+ Couple russe de Prjevalsk. (D'après une photographie.) 463
+
+ Arrivée d'une caravane à Prjevalsk. (D'après une photographie.) 464
+
+ Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'après une
+ photographie.) 465
+
+ Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'après une
+ photographie.) 466
+
+ Le monument de Prjevalsky, à Prjevalsk. (D'après une
+ photographie.) 467
+
+ Des têtes humaines, grossièrement sculptées, monuments funéraires
+ des Nestoriens... (D'après une photographie.) 467
+
+ Enfants kozaques sur des boeufs. (D'après une photographie.) 468
+
+ Un de nos campements dans la montagne. (D'après une
+ photographie.) 469
+
+ Montée du col de Tomghent. (D'après une photographie.) 469
+
+ Dans la vallée de Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 470
+
+ Itinéraire du voyage aux Monts Célestes. 470
+
+ La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indigènes. (D'après
+ une photographie.) 471
+
+ Au sud du col s'élevait une blanche pyramide de glace. (D'après
+ une photographie.) 472
+
+ La vallée de Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 473
+
+ Le col de Karaguer, vallée de Tomghent. (D'après une
+ photographie.) 474
+
+ Sur le col de Tomghent. (D'après une photographie.) 475
+
+ J'étais enchanté des aptitudes alpinistes de nos coursiers.
+ (D'après une photographie.) 475
+
+ Le plateau de Saridjass, peu tourmenté, est pourvu d'une herbe
+ suffisante pour les chevaux. (D'après une photographie.) 476
+
+ Nous passons à gué le Kizil-Sou. (D'après des photographies.) 477
+
+ Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'après une photographie.) 478
+
+ Entrée de la vallée de Kachkateur. (D'après une photographie.) 479
+
+ Nous baptisâmes Kachkateur-Tao, la pointe de 4 250 mètres que
+ nous avions escaladée. (D'après une photographie.) 479
+
+ La vallée de Tomghent. (D'après une photographie.) 480
+
+ Des Kirghizes d'Oustchiar étaient venus à notre rencontre.
+ (D'après une photographie.) 481
+
+ Kirghize joueur de flûte. (D'après une photographie.) 481
+
+ Le massif du Kizil-Tao. (D'après une photographie.) 482
+
+ Région des Monts Célestes. 482
+
+ Les Kirghizes mènent au village une vie peu occupée. (D'après
+ une photographie.) 483
+
+ Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente
+ glacée. (D'après une photographie.) 484
+
+ Vallée supérieure d'Inghiltchik. (D'après une photographie.) 485
+
+ Vallée de Kaende: l'eau d'un lac s'écoulait au milieu d'une
+ prairie émaillée de fleurs. (D'après une photographie.) 486
+
+ Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangèrent, avec leurs
+ enfants, sur notre passage. (D'après une photographie.) 487
+
+ Le chirtaï de Kaende. (D'après une photographie.) 488
+
+ Nous saluâmes la vallée de Kaende comme un coin de la terre des
+ Alpes. (D'après une photographie.) 489
+
+ Femmes mariées de la vallée de Kaende, avec leur progéniture.
+ (D'après une photographie.) 490
+
+ L'élément mâle de la colonie vint tout l'après-midi voisiner
+ dans notre campement. (D'après une photographie.) 491
+
+ Un «aoul» kirghize. 492
+
+ Yeux bridés, pommettes saillantes, nez épaté, les femmes de
+ Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'après une photographie.) 493
+
+ Enfant kirghize. (D'après une photographie.) 493
+
+ Kirghize dressant un aigle. (D'après une photographie.) 494
+
+ Itinéraire du voyage aux Monts Célestes. 494
+
+ Nous rencontrâmes sur la route d'Oustchiar un berger et son
+ troupeau. (D'après une photographie.) 495
+
+ Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'étaient, pour
+ nous recevoir, assemblés sur une éminence. (D'après une
+ photographie.) 496
+
+ Le glacier de Kaende. (D'après une photographie.) 497
+
+ L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende. 498
+
+ Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'après des
+ photographies.) 498
+
+ Kirghizes de Kaende. (D'après une photographie.) 499
+
+ Le pic de Kaende s'élève à 6 000 mètres. (D'après une
+ photographie.) 500
+
+ La fille du chirtaï (chef) de Kaende, fiancée au kaltchè de la
+ vallée d'Irtach. (D'après une photographie.) 501
+
+ Le kaltchè (chef) de la vallée d'Irtach, l'heureux fiancé de
+ la fille du chirtaï de Kaende. (D'après une photographie.) 502
+
+ Le glacier de Kaende. 503
+
+ Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'après
+ des photographies.) 503
+
+ Retour des champs. (D'après une photographie.) 504
+
+ Femmes kirghizes de la vallée d'Irtach. (D'après une
+ photographie.) 505
+
+ Un chef de district dans la vallée d'Irtach. (D'après une
+ photographie.) 505
+
+ Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une
+ pyramide. (D'après une photographie.) 506
+
+ Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Célestes,
+ emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'après une
+ photographie.) 507
+
+ La vallée de Zououka, par où transitent les caravaniers de Viernyi
+ à Kachgar. (D'après une photographie.) 508
+
+ Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du même nom,
+ fréquenté par les nomades qui se rendent à Prjevalsk. (D'après
+ une photographie.) 509
+
+ Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'après une photographie.) 510
+
+ Étalon kirghize de la vallée d'Irtach et son cavalier. (D'après
+ une photographie.) 511
+
+ Véhicule kirghize employé dans la vallée d'Irtach. (D'après une
+ photographie.) 511
+
+ Les roches plissées des environs de Slifkina, sur la route de
+ Prjevalsk. (D'après une photographie.) 512
+
+ Campement kirghize, près de Slifkina. (D'après une
+ photographie.) 513
+
+ Femme kirghize tannant une peau. (D'après une photographie.) 514
+
+ Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'après une photographie.) 515
+
+ Tombeau kirghize. (D'après une photographie.) 516
+
+
+L'ARCHIPEL DES FEROÉ
+
+Par _Mlle ANNA SEE_
+
+
+ «L'espoir des Feroé» se rendant à l'école. (D'après une
+ photographie.) 517
+
+ Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.
+ (D'après une photographie.) 517
+
+ Thorshavn apparut, construite en amphithéâtre au fond d'un petit
+ golfe. 518
+
+ Les fermiers de Kirkeboe en habits de fête. (D'après une
+ photographie.) 519
+
+ Les poneys feroïens et leurs caisses à transporter la tourbe.
+ (D'après une photographie.) 520
+
+ Les dénicheurs d'oiseaux se suspendent à des cordes armées d'un
+ crampon. (D'après une photographie.) 521
+
+ Des îlots isolés, des falaises de basalte ruinées par le heurt
+ des vagues. (D'après des photographies.) 522
+
+ On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont
+ environ 6 mètres. (D'après une photographie.) 523
+
+ Les femmes feroïennes préparent la laine.... (D'après une
+ photographie.) 524
+
+ On sale les morues. (D'après une photographie.) 525
+
+ Feroïen en costume de travail. (D'après une photographie.) 526
+
+ Les femmes portent une robe en flanelle tissée avec la laine
+ qu'elles ont cardée et filée. (D'après une photographie.) 527
+
+ Déjà mélancolique!... (D'après une photographie.) 528
+
+
+PONDICHÉRY
+
+chef-lieu de l'Inde française
+
+Par _M. G. VERSCHUUR_
+
+
+ Groupe de Brahmanes électeurs français. (D'après une
+ photographie.) 529
+
+ Musicien indien de Pondichéry. (D'après une photographie.) 529
+
+ Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu
+ compliqué. (D'après une photographie.) 530
+
+ La visite du marché est toujours une distraction utile pour le
+ voyageur. (D'après une photographie.) 531
+
+ Indienne en costume de fête. (D'après une photographie.) 532
+
+ Groupe de Brahmanes français. (D'après une photographie.) 533
+
+ La pagode de Villenour, à quelques kilomètres de Pondichéry.
+ (D'après une photographie.) 534
+
+ Intérieur de la pagode de Villenour. (D'après une photographie.) 535
+
+ La Fontaine aux Bayadères. (D'après une photographie.) 536
+
+ Plusieurs rues de Pondichéry sont larges et bien bâties.
+ (D'après une photographie.) 537
+
+ Étang de la pagode de Villenour. (D'après une photographie.) 538
+
+ Brahmanes français attendant la clientèle dans un bazar.
+ (D'après une photographie.) 539
+
+ La statue de Dupleix à Pondichéry. (D'après une photographie.) 540
+
+
+UNE PEUPLADE MALGACHE
+
+LES TANALA DE L'IKONGO
+
+Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_
+
+
+ Les populations souhaitent la bienvenue à l'étranger. (D'après
+ une photographie.) 541
+
+ Femme d'Ankarimbelo. (D'après une photographie.) 541
+
+ Carte du pays des Tanala. 542
+
+ Les femmes tanala sont sveltes, élancées. (D'après une
+ photographie.) 543
+
+ Panorama de Fort-Carnot. (D'après une photographie.) 544
+
+ Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'après une
+ photographie.) 545
+
+ Un partisan tanala tirant à la cible à Fort-Carnot. (D'après
+ une photographie.) 546
+
+ Enfants tanala. (D'après une photographie.) 547
+
+ Les hommes, tous armés de la hache. (D'après une photographie.) 548
+
+ Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creusé, et recouverts
+ d'un drap. (D'après une photographie.) 549
+
+ Le battage du riz. (D'après une photographie.) 550
+
+ Une halte de partisans dans la forêt. (D'après une
+ photographie.) 551
+
+ Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'après une photographie.) 552
+
+ Les Tanala au repos perdent toute leur élégance naturelle.
+ (D'après une photographie.) 553
+
+ Une jeune beauté tanala. (D'après une photographie.) 553
+
+ Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste élégant et souple.
+ (D'après une photographie.) 554
+
+ Le chant du «e manenina», à Iaborano. (D'après une
+ photographie.) 555
+
+ La rue principale à Sahasinaka. (D'après une photographie.) 556
+
+ La danse est exécutée par des hommes, quelquefois par des femmes.
+ (D'après une photographie.) 557
+
+ Un danseur botomaro. (D'après une photographie.) 558
+
+ La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degré.
+ (D'après des photographies.) 559
+
+ Tapant à coups redoublés sur un long bambou, les Tanala en tirent
+ une musique étrange. (D'après une photographie.) 560
+
+ Femmes tanala tissant un lamba. (D'après une photographie.) 561
+
+ Le village et le fort de Sahasinaka s'élèvent sur les hauteurs
+ qui bordent le Faraony. (D'après une photographie.) 562
+
+ Un détachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.
+ (D'après une photographie.) 563
+
+ Profil et face de femmes tanala. (D'après une photographie.) 564
+
+
+LA RÉGION DU BOU HEDMA
+
+(sud tunisien)
+
+Par _M. Ch. MAUMENÉ_
+
+
+ Les murailles de Sfax, véritable décor d'opéra.... (D'après une
+ photographie.) 565
+
+ Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'après une
+ photographie.) 565
+
+ Carte de la région du Bou Hedma (sud tunisien). 566
+
+ Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'après
+ une photographie.) 567
+
+ L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la
+ fièvre. (D'après une photographie.) 568
+
+ Le cirque du Bou Hedma. (D'après une photographie.) 569
+
+ L'oued Hadedj sort d'une étroite crevasse de la montagne.
+ (D'après une photographie.) 570
+
+ Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'années.
+ (D'après une photographie.) 571
+
+ Un puits dans le défilé de Touninn. (D'après une photographie.) 571
+
+ Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sédentaires, qui
+ cultivent oliviers et figuiers. (D'après une photographie.) 572
+
+ De temps en temps la forêt de gommiers se révèle par un arbre.
+ (D'après une photographie.) 573
+
+ Le village de Mech; dans l'arrière-plan, le Bou Hedma. (D'après
+ une photographie.) 574
+
+ Le Khrangat Touninn (défile de Touninn), que traverse le chemin
+ de Bir Saad à Sakket. (D'après une photographie.) 575
+
+ Le puits de Bordj Saad. (D'après une photographie.) 576
+
+
+DE TOLÈDE À GRENADE
+
+Par _Mme JANE DIEULAFOY_
+
+
+ Après avoir croisé des boeufs superbes.... (D'après une
+ photographie.) 577
+
+ Femme castillane. (D'après une photographie.) 577
+
+ On chemine à travers l'inextricable réseau des ruelles
+ silencieuses. (D après une photographie.) 578
+
+ La rue du Commerce, à Tolède. (D'après une photographie.) 579
+
+ Un représentant de la foule innombrable des mendiants de Tolède.
+ (D'après une photographie.) 580
+
+ Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entrées monumentales
+ d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 581
+
+ Porte du vieux palais de Tolède. (D'après une photographie.) 582
+
+ Fière et isolée comme un arc de triomphe, s'élève la merveilleuse
+ Puerta del Sol. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 583
+
+ Détail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'après une
+ photographie.) 584
+
+ Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 585
+
+ Madrilène. (D'après une photographie.) 586
+
+ La porte de Visagra, construction massive remontant à l'époque
+ de Charles Quint. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 587
+
+ Tympan mudejar. (D'après une photographie.) 588
+
+ Des familles d'ouvriers ont établi leurs demeures près de
+ murailles solides. (D'après une photographie.) 589
+
+ Castillane et Sévillane. (D'après une photographie.) 589
+
+ Isabelle de Portugal, par le Titien (Musée du Prado).
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 590
+
+ Le palais de Pierre le Cruel. (D'après une photographie.) 591
+
+ Statue polychrome du prophète Élie, dans l'église de Santo Tomé
+ (auteur inconnu). (D'après une photographie.) 592
+
+ Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'après une photographie.) 593
+
+ Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet,
+ à Madrid.) 594
+
+ La cathédrale de Tolède. 595
+
+ Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (église Santo Tomé).
+ (D'après une photographie.) 596
+
+ Le couvent de Santo Tomé conserve une tour en forme de minaret.
+ (D'après une photographie.) 597
+
+ Les évêques Mendoza et Ximénès. (D'après une photographie.) 598
+
+ Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.
+ (D'après une photographie.) 599
+
+ Prise de Melilla (cathédrale de Tolède). (D'après une
+ photographie.) 600
+
+ C'est dans cette pauvre demeure que vécut Cervantès pendant son
+ séjour à Tolède. (D'après une photographie.) 601
+
+ Saint François d'Assise, par Alonzo Cano, cathédrale de Tolède. 601
+
+ Porte des Lions. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 602
+
+ Le cloître de San Juan de los Reyes apparaît comme le morceau le
+ plus précieux et le plus fleuri de l'architecture gothique
+ espagnole. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 603
+
+ Ornements d'église, à Madrid. (D'après une photographie.) 604
+
+ Porte due au ciseau de Berruguete, dans le cloître de la
+ cathédrale de Tolède. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 605
+
+ Une torea. (D'après une photographie.) 606
+
+ Vue intérieure de l'église de San Juan de Los Reyes.
+ (Photographie Lacoste, à Madrid.) 607
+
+ Une rue de Tolède. (D'après une photographie.) 608
+
+ Porte de l'hôpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste,
+ à Madrid.) 609
+
+ Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste, à Madrid.) 610
+
+ Escalier de l'hôpital de Santa Cruz. (D'après une photographie.) 611
+
+ Détail du plafond de la cathédrale. (D'après une photographie) 612
+
+ Pont Saint-Martin à Tolède. (D'après une photographie.) 613
+
+ Guitariste castillane. (D'après une photographie.) 613
+
+ La «Casa consistorial», hôtel de ville. (D'après une
+ photographie.) 614
+
+ Le «patio» des Templiers. (D'après une photographie.) 615
+
+ Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille légère.
+ (D'après une photographie.) 616
+
+ Un coin de la Mosquée de Cordoue. (Photographie Lacoste,
+ à Madrid.) 617
+
+ Chapelle de San Fernando, de style mudejar, élevée au
+ centre de la Mosquée de Cordoue. (D'après une photographie.) 618
+
+ La mosquée qui fait la célébrité de Cordoue, avec ses dix-neuf
+ galeries hypostyles, orientées vers la Mecque. (Photographie
+ Lacoste, à Madrid.) 619
+
+ Détail de la chapelle de San Fernando. (D'après une
+ photographie.) 620
+
+ Vue extérieure de la Mosquée de Cordoue, avec l'église
+ catholique élevée en 1523, malgré les protestations des
+ Cordouans. (D'après une photographie.) 621
+
+ Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'après une photographie.) 622
+
+ Statue de doña Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue.
+ (D'après une photographie.) 623
+
+ Détail d'une porte de la mosquée. (D'après une photographie.) 624
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; Île d'Elbe, by Various
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; ÎLE D'ELBE ***
+
+***** This file should be named 29537-8.txt or 29537-8.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
+ http://www.gutenberg.org/2/9/5/3/29537/
+
+Produced by Carlo Traverso, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
+
+Updated editions will replace the previous one--the old editions
+will be renamed.
+
+Creating the works from public domain print editions means that no
+one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
+permission and without paying copyright royalties. Special rules,
+set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
+copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
+protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project
+Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
+charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you
+do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
+rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose
+such as creation of derivative works, reports, performances and
+research. They may be modified and printed and given away--you may do
+practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
+subject to the trademark license, especially commercial
+redistribution.
+
+
+
+*** START: FULL LICENSE ***
+
+THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
+PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK
+
+To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
+distribution of electronic works, by using or distributing this work
+(or any other work associated in any way with the phrase "Project
+Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
+Gutenberg-tm License (available with this file or online at
+http://gutenberg.org/license).
+
+
+Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
+electronic works
+
+1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
+electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
+and accept all the terms of this license and intellectual property
+(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
+the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
+all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
+If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
+Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
+terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
+entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.
+
+1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
+used on or associated in any way with an electronic work by people who
+agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
+even without complying with the full terms of this agreement. See
+paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
+
+1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
+located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
+copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
+works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
+Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
+freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
+this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
+the work. You can easily comply with the terms of this agreement by
+keeping this work in the same format with its attached full Project
+Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
+
+1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
+what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in
+a constant state of change. If you are outside the United States, check
+the laws of your country in addition to the terms of this agreement
+before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
+creating derivative works based on this work or any other Project
+Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning
+the copyright status of any work in any country outside the United
+States.
+
+1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:
+
+1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate
+access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
+whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
+phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
+Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
+copied or distributed:
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
+from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
+posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
+and distributed to anyone in the United States without paying any fees
+or charges. If you are redistributing or providing access to a work
+with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
+work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
+through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
+Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
+1.E.9.
+
+1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
+with the permission of the copyright holder, your use and distribution
+must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
+terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
+to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
+permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
+
+1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
+License terms from this work, or any files containing a part of this
+work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
+
+1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
+electronic work, or any part of this electronic work, without
+prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
+active links or immediate access to the full terms of the Project
+Gutenberg-tm License.
+
+1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
+compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
+word processing or hypertext form. However, if you provide access to or
+distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
+"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
+posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
+you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
+copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
+request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
+form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
+License as specified in paragraph 1.E.1.
+
+1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
+performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
+unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
+
+1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
+access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
+that
+
+- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
+ the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
+ you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
+ owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
+ has agreed to donate royalties under this paragraph to the
+ Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
+- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
+Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
+
+1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
+effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
+public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
+collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
+works, and the medium on which they may be stored, may contain
+"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
+corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
+property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
+computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
+your equipment.
+
+1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
+of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
+Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
+Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
+liability to you for damages, costs and expenses, including legal
+fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
+LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
+PROVIDED IN PARAGRAPH F3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
+TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
+LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
+INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
+DAMAGE.
+
+1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
+defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
+receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
+written explanation to the person you received the work from. If you
+received the work on a physical medium, you must return the medium with
+your written explanation. The person or entity that provided you with
+the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit http://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including checks, online payments and credit card donations.
+To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ http://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
diff --git a/29537-8.zip b/29537-8.zip
new file mode 100644
index 0000000..10aa050
--- /dev/null
+++ b/29537-8.zip
Binary files differ
diff --git a/29537-h.zip b/29537-h.zip
new file mode 100644
index 0000000..b10cd6c
--- /dev/null
+++ b/29537-h.zip
Binary files differ
diff --git a/29537-h/29537-h.htm b/29537-h/29537-h.htm
new file mode 100644
index 0000000..fa258d8
--- /dev/null
+++ b/29537-h/29537-h.htm
@@ -0,0 +1,5608 @@
+<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 Transitional//EN">
+<html lang="fr">
+
+<head>
+<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">
+<title>The Project Gutenberg e-Book of Le Tour du Monde; Journal des Voyages; 2. sem. 1905; Île d'Elbe; Éditeur: Édouard Charton.</title>
+
+<style type="text/css">
+<!--
+
+body {font-size: 1em; text-align: justify; margin-left: 10%; margin-right: 10%;}
+
+h1 {font-size: 115%; text-align: center; margin-top: 4em; margin-bottom: 2em;}
+h2 {font-size: 105%; text-align: center; margin-top: 4em; margin-bottom: 1em;}
+h3 {font-size: 105%; text-align: center; margin-top: 4em; margin-bottom: 2em;}
+
+a:focus, a:active { outline:#ffee66 solid 2px; background-color:#ffee66;}
+a:focus img, a:active img {outline: #ffee66 solid 2px; }
+
+p {text-indent: 1em;}
+div.tn p {font-size: 85%; line-height: 95%; text-indent: 0em;}
+
+sup {line-height: 0em;}
+
+div.wrap_area {position: relative;}
+div.wrap_area img {right: 0%; position: absolute; top: 15px;}
+div.wrap_area p {position: relative;}
+div.shape_wrap div {clear: right; float: right; height: 15px}
+
+div.wrap_area_left {position: relative;}
+div.wrap_area_left img {left: 0%; position: absolute; top: 15px;}
+div.wrap_area_left p {position: relative;}
+div.shape_wrap_left div {clear: left; float: left; height: 15px}
+
+.p2 {margin-top: 2em; margin-bottom: 1em;}
+.p4 {margin-top: 4em; margin-bottom: 1em;}
+
+.pagenum {visibility: hidden;
+ position: absolute; right:0; text-align: right;
+ font-size: 10px;
+ font-weight: normal; font-variant: normal;
+ font-style: normal; letter-spacing: normal;
+ color: #C0C0C0; background-color: inherit;}
+
+.smcap {font-variant: small-caps; font-size: 95%;}
+.smaller {font-size: smaller;}
+.small {font-size: 70%;}
+.noindent {text-indent: 0em;}
+
+.box {border-style: solid; border-width: 1px;
+ padding: 1em; margin: 1em 10% 1em 10%;}
+.resume {margin-left: 15%; margin-right: 15%; margin-bottom: 2em; text-indent: 0em;}
+.toi {margin-left: 5%; margin-right: 15%;}
+.toi p {text-indent: 0em;}
+.toc {margin-left: 10%; margin-right: 10%;}
+.toc p {text-indent: 0em;}
+.retrait {margin-left: -5%;}
+.serie {margin-top: 4em; font-size: 90%;}
+.sig {font-size: 90%;}
+.quote {margin-left: 5%; font-size: 95%;}
+.poem {text-align: center; font-size: 95%;}
+.size120 {font-size: 120%;}
+
+.center {text-align: center; text-indent: 0em;}
+.right05 {text-align: right; position: absolute; right: 5%;}
+.right10 {text-align: right; position: absolute; right: 10%; top:auto; }
+.right {text-align: right; margin-right: 10%;}
+
+.ralign {position: absolute; right: 5%; top: auto;}
+
+.figcenter {text-align: center; margin-top: 1.5em; clear: both;}
+.figcenter p {font-size: 70%;}
+.floatleft {float: left; clear: left; text-align: center;
+ padding: 5px; margin: 0.5em 7px 0 0;}
+.floatleft p {font-size: 70%;}
+.floatright {float: right; clear: right; text-align: center;
+ padding: 5px; margin: 0.5em 0 0 7px;}
+.floatright p {font-size: 70%;}
+.cap200px {width: 200px; text-indent: 0em;}
+.cap250px {width: 250px; text-indent: 0em;}
+.cap300px {width: 300px; text-indent: 0em;}
+.cap400px {width: 400px; text-indent: 0em;}
+
+
+-->
+</style>
+
+<!--[if IE]>
+<style>
+div.wrap_area img {right: 10%;}
+</style>
+<![endif]-->
+
+</head>
+
+<body>
+
+
+<pre>
+
+The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; Île d'Elbe, by Various
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Le Tour du Monde; Île d'Elbe
+ Journal des voyages et des voyageurs; 2em sem. 1905
+
+Author: Various
+
+Editor: Édouard Charton
+
+Release Date: July 29, 2009 [EBook #29537]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; ÎLE D'ELBE ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+
+<div class="tn box">
+<p>Note au lecteur de ce fichier digital:</p>
+
+<p>Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
+corrigées.</p>
+
+<p>Ce fichier est un extrait du recueil du journal "Le Tour du monde:
+Journal des voyages et des voyageurs" (2em semestre 1905).</p>
+
+<p>Les articles ont été regroupés dans des fichiers correspondant
+aux différentes zones géographiques, ce fichier contient les articles sur
+l'île d'Elbe.</p>
+
+<p>Chaque fichier contient l'index complet du recueil dont ces
+articles sont originaires.</p>
+
+<p>La liste des illustrations étant très longue, elle a été déplacée et
+placée en fin de fichier.</p>
+</div>
+
+
+
+<h1>LE TOUR DU MONDE</h1>
+
+<p class="p4 center small">PARIS<br>
+IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT<br>
+20, rue du Dragon, 20</p>
+
+
+<p class="p4">NOUVELLE SÉRIE &mdash; 11<sup>e</sup> ANNÉE
+<span class="right05">2<sup>e</sup> SEMESTRE</span></p>
+
+
+<h1>LE TOUR DU MONDE<br>
+<span class="smaller"><i>JOURNAL</i><br>
+DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS</span></h1>
+
+
+<p class="p4 center">Le Tour du Monde<br>
+a été fondé par Édouard Charton<br>
+en 1860</p>
+
+
+<p class="p4 center small">PARIS<br>
+LIBRAIRIE HACHETTE ET C<sup>ie</sup><br>
+79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79<br>
+<i>LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND</i><br>
+1905</p>
+
+<p class="small center">Droits de traduction et de reproduction réservés.</p>
+
+
+
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="pagexiii" name="pagexiii"></a>(p. xiii)</span> TABLE DES MATIÈRES</h3>
+
+<div class="toc">
+
+
+<p class="center">L'ÉTÉ AU KACHMIR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> F. MICHEL</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. De Paris à Srinagar.</span> &mdash; Un guide pratique. &mdash; De Bombay
+à Lahore. &mdash; Premiers préparatifs. &mdash; En <i>tonga</i>
+de Rawal-Pindi à Srinagar. &mdash; Les Kachmiris et les
+maîtres du Kachmir. &mdash; Retour à la vie nomade.
+<span class="ralign">1</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. La «Vallée heureuse» en <i>dounga</i>.</span> &mdash; Bateliers et
+batelières. &mdash; De Baramoula à Srinagar. &mdash; La capitale
+du Kachmir. &mdash; Un peu d'économie politique. &mdash; En
+amont de Srinagar.
+<span class="ralign">13</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. Sous la tente.</span> &mdash; Les petites vallées du Sud-Est. &mdash; Histoires
+de voleurs et contes de fées. &mdash; Les ruines
+de Martand. &mdash; De Brahmanes en Moullas.
+<span class="ralign">25</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. Le pèlerinage d'Amarnath.</span> &mdash; La vallée du Lidar. &mdash; Les
+pèlerins de l'Inde. &mdash; Vers les cimes. &mdash; La grotte
+sacrée. &mdash; En <i>dholi</i>. &mdash; Les Goudjars, pasteurs de
+buffles.
+<span class="ralign">37</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. Le pèlerinage de l'Haramouk.</span> &mdash; Alpinisme funèbre et
+hydrothérapie religieuse. &mdash; Les temples de Vangâth. &mdash; Frissons
+d'automne. &mdash; Les adieux à Srinagar.
+<span class="ralign">49</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le docteur LAMY</i><br>
+<i>Médecin-major des troupes coloniales</i>.</p>
+
+<p><span class="retrait">I. Voyage dans la brousse.</span> &mdash; En file indienne. &mdash; Motéso. &mdash; La
+route dans un ruisseau. &mdash; Denguéra. &mdash; Kodioso. &mdash; Villes
+et villages abandonnés. &mdash; Où est
+donc Bettié? &mdash; Arrivée à Dioubasso.
+<span class="ralign">61</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. Dans le territoire de Mopé.</span> &mdash; Coutumes du pays. &mdash; La
+mort d'un prince héritier. &mdash; L'épreuve du poison. &mdash; De
+Mopé à Bettié. &mdash; Bénie, roi de Bettié, et sa
+capitale. &mdash; Retour à Petit-Alépé.
+<span class="ralign">73</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. Rapports et résultats de la mission.</span> &mdash; Valeur économique
+de la côte d'Ivoire. &mdash; Richesse de la flore. &mdash; Supériorité
+de la faune.
+<span class="ralign">85</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. La fièvre jaune à Grand-Bassam.</span> &mdash; Deuils nombreux. &mdash; Retour
+en France.
+<span class="ralign">90</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÎLE D'ELBE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. PAUL GRUYER</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino.</span> &mdash; Deux mots
+d'histoire. &mdash; Débarquement à Porto-Ferraio. &mdash; Une
+ville d'opéra. &mdash; La «teste di Napoleone» et le Palais
+impérial. &mdash; La bannière de l'ancien roi de l'île
+d'Elbe. &mdash; Offre à Napoléon III, après Sedan. &mdash; La
+bibliothèque de l'Empereur. &mdash; Souvenir de Victor
+Hugo. Le premier mot du poète. &mdash; Un enterrement
+aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches.
+Dans la paix des limbes. &mdash; Les différentes routes
+de l'île.
+<span class="ralign"><a href="#page097">97</a></span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter.</span> &mdash; Soir
+tempétueux et morne tristesse. &mdash; L'ascension du
+Monte Giove. &mdash; Un village dans les nuées. &mdash; L'Ermitage
+de la Madone et la «Sedia di Napoleone». &mdash; Le
+vieux gardien de l'infini. «Bastia, Signor!». Vision
+sublime. &mdash; La côte orientale de l'île. Capoliveri
+et Porto-Longone. &mdash; La gorge de Monserrat. &mdash; Rio
+1 Marina et le monde du fer.
+<span class="ralign"><a href="#page109">109</a></span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. Napoléon, roi de l'île d'Elbe.</span> &mdash; Installation aux Mulini. &mdash; L'Empereur
+à la gorge de Monserrat. &mdash; San Martino
+Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
+aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de
+bain et le miroir de la Vérité. &mdash; L'Empereur transporte
+ses pénates sur le Monte Giove. &mdash; Elbe perdue
+pour la France. &mdash; L'ancien Musée de San Martino.
+Essai de reconstitution par le propriétaire actuel. Le
+lit de Madame Mère. &mdash; Où il faut chercher à Elbe les
+vraies reliques impériales. «Apollon gardant ses
+troupeaux.» Éventail et bijoux de la princesse Pauline.
+Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La
+robe de la signorina Squarci. &mdash; L'église de l'archiconfrérie
+du Très-Saint-Sacrement. La «Pieta» de
+l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. &mdash; Le
+vieil aveugle de Porto-Ferraio.
+<span class="ralign"><a href="#page121">121</a></span></p>
+
+
+<p class="p2 center">D'ALEXANDRETTE
+AU COUDE DE L'EUPHRATE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. VICTOR CHAPOT</i><br>
+<i>membre de l'École française d'Athènes.</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Alexandrette et la montée de Beïlan.</span> &mdash; Antioche
+et l'Oronte; excursions à Daphné et à Soueidieh. &mdash; La
+route d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. &mdash; Premier
+aperçu d'Alep.
+<span class="ralign">133</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Ma caravane.</span> &mdash; Village d'Yazides. &mdash; Nisib. &mdash; Première
+rencontre avec l'Euphrate. &mdash; Biredjik. &mdash; Souvenirs
+des Hétéens. &mdash; Excursion à Resapha. &mdash; Comment
+atteindre Ras-el-Aïn? Comment le quitter?
+ &mdash; Enfin à Orfa!
+<span class="ralign">145</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Séjour à Orfa.</span> &mdash; Samosate. &mdash; Vallée accidentée
+de l'Euphrate. &mdash; Roum-Kaleh et Aïntab. &mdash; Court
+repos à Alep. &mdash; Saint-Syméon et l'Alma-Dagh. &mdash; Huit
+jours trappiste! &mdash; Conclusion pessimiste.
+<span class="ralign">157</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. RAYMOND BEL</i></p>
+
+<p><span class="retrait">À qui les Nouvelles-Hébrides: France, Angleterre ou
+Australie?</span> Le condominium anglo-français de 1887. &mdash; L'&oelig;uvre
+de M. Higginson. &mdash; Situation actuelle
+des îles. &mdash; L'influence anglo-australienne. &mdash; Les
+ressources des Nouvelles-Hébrides. &mdash; Leur avenir.
+<span class="ralign">169</span></p>
+
+
+<p class="p2 center"><span class="pagenum"><a id="pagexiv" name="pagexiv"></a>(p. xiv)</span> LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ALBERT THOMAS</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Moscou.</span> &mdash; Une déception. &mdash; Le Kreml, acropole
+sacrée. &mdash; Les églises, les palais: deux époques.
+<span class="ralign">182</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Moscou, la ville et les faubourgs.</span> &mdash; La bourgeoisie
+moscovite. &mdash; Changement de paysage; Nijni-Novgorod:
+le Kreml et la ville.
+<span class="ralign">193</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; La foire de Nijni: marchandises et marchands.</span> &mdash; L'&oelig;uvre
+du commerce. &mdash; Sur la Volga. &mdash; À bord
+du <i>Sviatoslav</i>. &mdash; Une visite à Kazan. &mdash; La «sainte
+mère Volga».
+<span class="ralign">205</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; De Samara à Tomsk.</span> &mdash; La vie du train. &mdash; Les
+passagers et l'équipage: les soirées. &mdash; Dans le steppe:
+l'effort des hommes. &mdash; Les émigrants.
+<span class="ralign">217</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. &mdash; Tomsk.</span> &mdash; La mêlée des races. &mdash; Anciens et nouveaux
+fonctionnaires. &mdash; L'Université de Tomsk. &mdash; Le
+rôle de l'État dans l'&oelig;uvre de colonisation.
+<span class="ralign">229</span></p>
+
+<p><span class="retrait">VI. &mdash; Heures de retour.</span> &mdash; Dans l'Oural. &mdash; La Grande-Russie. &mdash; Conclusion.
+<span class="ralign">241</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. GERSPACH</i></p>
+
+<p><span class="retrait">La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac.</span> &mdash; Un
+peu d'histoire et de géographie. &mdash; La cathédrale de
+Saint-Laurent. &mdash; L'église Sainte-Marie-des-Anges. &mdash; Lugano,
+la ville des fresques. &mdash; L'&oelig;uvre du Luini. &mdash; Procédés
+employés pour le transfert des fresques.
+<span class="ralign">253</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ÉMILE DESCHAMPS</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Woo-Sung.</span> &mdash; Au débarcadère. &mdash; La Concession
+française. &mdash; La Cité chinoise. &mdash; Retour à notre
+concession. &mdash; La police municipale et la prison. &mdash; La
+cangue et le bambou. &mdash; Les exécutions. &mdash; Le
+corps de volontaires. &mdash; Émeutes. &mdash; Les
+conseils municipaux.
+<span class="ralign">265</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; L'établissement des jésuites de Zi-ka-oueï.</span> &mdash; Pharmacie
+chinoise. &mdash; Le camp de Kou-ka-za. &mdash; La
+fumerie d'opium. &mdash; Le charnier des enfants trouvés. &mdash; Le
+fournisseur des ombres. &mdash; La concession
+internationale. &mdash; Jardin chinois. &mdash; Le Bund. &mdash; La
+pagode de Long-hoa. &mdash; Fou-tchéou-road. &mdash; Statistique.
+<span class="ralign">277</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÉDUCATION DES NÈGRES
+AUX ÉTATS-UNIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. BARGY</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Le problème de la civilisation des nègres.</span> &mdash; L'Institut
+Hampton, en Virginie. &mdash; La vie de Booker T. Washington. &mdash; L'école
+professionnelle de Tuskegee, en
+Alabama. &mdash; Conciliateurs et agitateurs. &mdash; Le vote
+des nègres et la casuistique de la Constitution.
+<span class="ralign">289</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le Major PERCY MOLESWORTH SYKES</i><br>
+<i>Consul général de S. M. Britannique au Khorassan</i>.</p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Arrivée à Astrabad.</span> &mdash; Ancienne importance de la
+ville. &mdash; Le pays des Turkomans: à travers le
+steppe et les Collines Noires. &mdash; Le Khorassan. &mdash; Mechhed:
+sa mosquée; son commerce. &mdash; Le
+désert de Lout. &mdash; Sur la route de Kirman.
+<span class="ralign">301</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; La province de Kirman.</span> &mdash; Géographie: la flore,
+la faune; l'administration, l'armée. &mdash; Histoire:
+invasions et dévastations. &mdash; La ville de Kirman,
+capitale de la province. &mdash; Une saison sur le plateau
+de Sardou.
+<span class="ralign">313</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; En Baloutchistan.</span> &mdash; Le Makran: la côte du golfe
+Arabique. &mdash; Histoire et géographie du Makran. &mdash; Le
+Sarhad.
+<span class="ralign">325</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Délimitation à la frontière perso-baloutche.</span> &mdash; De
+Kirman à la ville-frontière de Kouak. &mdash; La Commission
+de délimitation. &mdash; Question de préséance. &mdash; L'&oelig;uvre
+de la Commission. &mdash; De Kouak à
+Kélat.
+<span class="ralign">337</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. &mdash; Le Seistan: son histoire.</span> &mdash; Le delta du Helmand. &mdash; Comparaison
+du Seistan et de l'Égypte. &mdash; Excursions
+dans le Helmand. &mdash; Retour par Yezd
+à Kirman.
+<span class="ralign">349</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">AUX RUINES D'ANGKOR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES</i></p>
+
+<p><span class="retrait">De Saïgon à Pnôm-penh et à Compong-Chuang.</span> &mdash; À
+la rame sur le Grand-Lac. &mdash; Les charrettes cambodgiennes. &mdash; Siem-Réap. &mdash; Le
+temple d'Angkor. &mdash; Angkor-Tom &mdash; Décadence
+de la civilisation
+khmer. &mdash; Rencontre du second roi du Cambodge. &mdash; Oudong-la-Superbe,
+capitale du père de Norodom. &mdash; Le
+palais de Norodom à Pnôm-penh. &mdash; Pourquoi
+la France ne devrait pas abandonner au
+Siam le territoire d'Angkor.
+<span class="ralign">361</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">EN ROUMANIE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Th. HEBBELYNCK</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; De Budapest à Petrozeny.</span> &mdash; Un mot d'histoire. &mdash; La
+vallée du Jiul. &mdash; Les Boyards et les Tziganes. &mdash; Le
+marché de Targu Jiul. &mdash; Le monastère de
+Tismana.
+<span class="ralign">373</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Le monastère d'Horezu.</span> &mdash; Excursion à Bistritza. &mdash; Romnicu
+et le défilé de la Tour-Rouge. &mdash; De
+Curtea de Arges à Campolung. &mdash; Défilé de Dimboviciora.
+<span class="ralign">385</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Bucarest, aspect de la ville.</span> &mdash; Les mines de sel
+de Slanic. &mdash; Les sources de pétrole de Doftana. &mdash; Sinaïa,
+promenade dans la forêt. &mdash; Busteni et
+le domaine de la Couronne.
+<span class="ralign">397</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">CROQUIS HOLLANDAIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Lud. GEORGES HAMÖN</i><br>
+<i>Photographies de l'auteur.</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Une ville hollandaise.</span> &mdash; Middelburg. &mdash; Les nuages. &mdash; Les
+<i>boerin</i>. &mdash; La maison. &mdash; L'éclusier. &mdash; Le
+marché. &mdash; Le village hollandais. &mdash; Zoutelande. &mdash; Les
+bons aubergistes. &mdash; Une soirée
+locale. &mdash; Les sabots des petits enfants. &mdash; La
+kermesse. &mdash; La piété du Hollandais.
+<span class="ralign">410</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Rencontre sur la route.</span> &mdash; Le beau cavalier. &mdash; Un
+déjeuner décevant. &mdash; Le père Kick.
+<span class="ralign">421</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; La terre hollandaise.</span> &mdash; L'eau. &mdash; Les moulins. &mdash; La
+culture. &mdash; Les polders. &mdash; Les digues. &mdash; Origine
+de la Hollande. &mdash; Une nuit à Veere. &mdash; Wemeldingen. &mdash; Les
+cinq jeunes filles. &mdash; Flirt
+muet. &mdash; Le pochard. &mdash; La vie sur l'eau.
+<span class="ralign">423</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Le pêcheur hollandais.</span> &mdash; Volendam. &mdash; La lessive. &mdash; Les
+marmots. &mdash; Les canards. &mdash; La pêche au
+hareng. &mdash; Le fils du pêcheur. &mdash; Une île singulière:
+Marken. &mdash; Au milieu des eaux. &mdash; Les
+maisons. &mdash; Les m&oelig;urs. &mdash; Les jeunes filles. &mdash; Perspective. &mdash; La
+tourbe et les tourbières. &mdash; Produit national. &mdash; Les
+<span class="pagenum"><a id="pagexv" name="pagexv"></a>(p. xv)</span> tourbières hautes et
+basses. &mdash; Houille locale.
+<span class="ralign">433</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">ABYDOS<br>
+dans les temps anciens et dans les temps modernes<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. E. AMELINEAU</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Légende d'Osiris.</span> &mdash; Histoire d'Abydos à travers les
+dynasties, à l'époque chrétienne. &mdash; Ses monuments
+et leur spoliation. &mdash; Ses habitants actuels
+et leurs m&oelig;urs.
+<span class="ralign">445</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE
+AUX MONTS CÉLESTES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. JULES BROCHEREL</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; De Tachkent à Prjevalsk.</span> &mdash; La ville de Tachkent. &mdash; En
+tarentass. &mdash; Tchimkent. &mdash; Aoulié-Ata. &mdash; Tokmak. &mdash; Les
+gorges de Bouam. &mdash; Le lac
+Issik-Koul. &mdash; Prjevalsk. &mdash; Un chef kirghize.
+<span class="ralign">457</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; La vallée de Tomghent.</span> &mdash; Un aoul kirghize. &mdash; La
+traversée du col de Tomghent. &mdash; Chevaux
+alpinistes. &mdash; Une vallée déserte. &mdash; Le Kizil-tao. &mdash; Le
+Saridjass. &mdash; Troupeaux de chevaux. &mdash; La
+vallée de Kachkateur. &mdash; En vue du Khan-Tengri.
+<span class="ralign">469</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Sur le col de Tuz.</span> &mdash; Rencontre d'antilopes. &mdash; La
+vallée d'Inghiltchik. &mdash; Le «tchiou mouz». &mdash; Un
+chef kirghize. &mdash; Les gorges d'Attiaïlo. &mdash; L'aoul
+d'Oustchiar. &mdash; Arrêtés par les rochers.
+<span class="ralign">481</span></p>
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Vers l'aiguille d'Oustchiar.</span> &mdash; L'aoul de Kaënde. &mdash; En
+vue du Khan-Tengri. &mdash; Le glacier de
+Kaënde. &mdash; Bloqués par la neige. &mdash; Nous songeons
+au retour. &mdash; Dans la vallée de l'Irtach. &mdash; Chez
+le kaltchè. &mdash; Cuisine de Kirghize. &mdash; Fin
+des travaux topographiques. &mdash; Un enterrement
+kirghize.
+<span class="ralign">493</span></p>
+
+<p><span class="retrait">V. &mdash; L'heure du retour.</span> &mdash; La vallée d'Irtach. &mdash; Nous
+retrouvons la douane. &mdash; Arrivée à Prjevalsk. &mdash; La
+dispersion.
+<span class="ralign">505</span></p>
+
+<p><span class="retrait">VI. &mdash; Les Khirghizes.</span> &mdash; L'origine de la race. &mdash; Kazaks
+et Khirghizes. &mdash; Le classement des Bourouts. &mdash; Le
+costume khirghize. &mdash; La yourte. &mdash; M&oelig;urs et
+coutumes khirghizes. &mdash; Mariages khirghizes. &mdash; Conclusion.
+<span class="ralign">507</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ARCHIPEL DES FEROÉ<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>lle</sup> ANNA SEE</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Première escale: Trangisvaag.</span> &mdash; Thorshavn, capitale
+de l'Archipel; le port, la ville. &mdash; Un peu d'histoire. &mdash; La
+vie végétative des Feroïens. &mdash; La
+pêche aux dauphins. &mdash; La pêche aux baleines. &mdash; Excursions
+diverses à travers l'Archipel.
+<span class="ralign">517</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">PONDICHÉRY<br>
+chef-lieu de l'Inde française<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. G. VERSCHUUR</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Accès difficile de Pondichéry par mer.</span> &mdash; Ville blanche
+et ville indienne. &mdash; Le palais du Gouvernement. &mdash; Les
+hôtels de nos colonies. &mdash; Enclaves anglaises. &mdash; La
+population; les enfants. &mdash; Architecture
+et religion. &mdash; Commerce. &mdash; L'avenir
+de Pondichéry. &mdash; Le marché. &mdash; Les écoles. &mdash; La
+fièvre de la politique.
+<span class="ralign">529</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">UNE PEUPLADE MALGACHE<br>
+LES TANALA DE L'IKONGO<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; Géographie et histoire de l'Ikongo.</span> &mdash; Les Tanala. &mdash; Organisation
+sociale. Tribu, clan, famille. &mdash; Les
+lois.
+<span class="ralign">541</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Religion et superstitions.</span> &mdash; Culte des morts. &mdash; Devins
+et sorciers. &mdash; Le Sikidy. &mdash; La science. &mdash; Astrologie. &mdash; L'écriture. &mdash; L'art. &mdash; Le
+vêtement
+et la parure. &mdash; L'habitation. &mdash; La danse. &mdash; La
+musique. &mdash; La poésie.
+<span class="ralign">553</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA RÉGION DU BOU HEDMA<br>
+(sud tunisien)<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Ch. MAUMENÉ</i></p>
+
+<p><span class="retrait">Le chemin de fer Sfax-Gafsa.</span> &mdash; Maharess. &mdash; Lella
+Mazouna. &mdash; La forêt de gommiers. &mdash; La source
+des Trois Palmiers. &mdash; Le Bou Hedma. &mdash; Un
+groupe mégalithique. &mdash; Renseignements indigènes. &mdash; L'oued
+Hadedj et ses sources chaudes. &mdash; La
+plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. &mdash; Bir
+Saad. &mdash; Manoubia. &mdash; Khrangat Touninn. &mdash; Sakket. &mdash; Sened. &mdash; Ogla
+Zagoufta. &mdash; La
+plaine et le village de Mech. &mdash; Sidi Abd el-Aziz.
+<span class="ralign">565</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">DE TOLÈDE À GRENADE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> JANE DIEULAFOY</i></p>
+
+<p><span class="retrait">I. &mdash; L'aspect de la Castille.</span> &mdash; Les troupeaux en <i>transhumance</i>. &mdash; La
+Mesta. &mdash; Le Tage et ses poètes. &mdash; La
+Cuesta del Carmel. &mdash; Le Cristo de la Luz. &mdash; La
+machine hydraulique de Jualino Turriano. &mdash; Le
+Zocodover. &mdash; Vieux palais et anciennes
+synagogues. &mdash; Les Juifs de Tolède. &mdash; Un souvenir
+de l'inondation du Tage.
+<span class="ralign">577</span></p>
+
+<p><span class="retrait">II. &mdash; Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa.</span> &mdash; Les
+pupilles de l'évêque Siliceo. &mdash; Santo Tomé
+et l'&oelig;uvre du Greco. &mdash; La mosquée de Tolède
+et la reine Constance. &mdash; Juan Guaz, premier
+architecte de la Cathédrale. &mdash; Ses transformations
+et adjonctions. &mdash; Souvenirs de las Navas. &mdash; Le
+tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
+est son exécutrice testamentaire. &mdash; Ximénès. &mdash; Le
+rite mozarabe. &mdash; Alvaro de
+Luda. &mdash; Le porte-bannière d'Isabelle à la bataille
+de Toro.
+<span class="ralign">589</span></p>
+
+<p><span class="retrait">III. &mdash; Entrée d'Isabelle et de Ferdinand, d'après les chroniques.</span> &mdash; San
+Juan de los Reyes. &mdash; L'hôpital
+de Santa Cruz. &mdash; Les S&oelig;urs de Saint-Vincent
+de Paul. &mdash; Les portraits fameux de l'Université. &mdash; L'ange
+et la peste. &mdash; Sainte-Léocadie. &mdash; El
+Cristo de la Vega. &mdash; Le soleil couchant sur les
+pinacles de San Juan de los Reyes. 601
+
+<p><span class="retrait">IV. &mdash; Les «cigarrales».</span> &mdash; Le pont San Martino et son
+architecte. &mdash; Dévouement conjugal. &mdash; L'inscription
+de l'Hôtel de Ville. &mdash; Cordoue, l'Athènes de
+l'Occident. &mdash; Sa mosquée. &mdash; Ses fils les plus
+illustres. &mdash; Gonzalve de Cordoue. &mdash; Les comptes
+du <i>Gran Capitan</i>. &mdash; Juan de Mena. &mdash; Doña
+Maria de Parèdes. &mdash; L'industrie des cuirs repoussés
+et dorés.
+<span class="ralign">613</span></p>
+</div>
+
+
+
+
+<p class="serie"><span class="pagenum"><a id="page097" name="page097"></a>(p. 097)</span> TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.&mdash;9<sup>e</sup> LIV.
+<span class="right05">N<sup>o</sup> 9.&mdash;4 Mars 1905.</span></p>
+
+<a id="img001" name="img001"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img001.jpg" width="600" height="403" alt="" title="">
+<p>L'ÎLE D'ELBE SE DÉCOUPE SUR L'HORIZON, ABRUPTE,
+MONTAGNEUSE ET VIOLÂTRE.</p>
+</div>
+
+
+
+
+<h2>L'ÎLE D'ELBE<a id="footnotetag1" name="footnotetag1"></a><a href="#footnote1" title="Lien vers la note 1"><span class="smaller">[1]</span></a><br>
+<span class="smaller">Par M. PAUL GRUYER.<br>
+<i>Illustrations d'après les photographies de l'auteur.</i></span></h2>
+
+<p class="resume">I. &mdash; L'île d'Elbe et le «canal» de Piombino. &mdash; Deux mots
+ d'histoire. &mdash; Débarquement à Porto-Ferraio. &mdash; Une ville
+ d'opéra. &mdash; La «Teste di Napoleone» et le Palais impérial. &mdash; La
+ bannière de l'ancien roi de l'île d'Elbe. &mdash; Offre à Napoléon III
+ après Sedan. &mdash; La bibliothèque de l'Empereur. &mdash; Souvenir de
+ Victor Hugo. Le premier mot du poète. &mdash; Un enterrement aux
+ flambeaux. Cagoules noires et cagoules blanches. Dans la paix des
+ Limbes. &mdash; Les différentes routes de l'île.</p>
+
+<a id="img002" name="img002"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img002.jpg" width="200" height="291" alt="" title="">
+<p class="cap200px">UNE JEUNE FILLE ELBOISE, AU REGARD ÉNERGIQUE, À LA PEAU
+D'UNE BLANCHEUR DE LAIT ET AUX BEAUX CHEVEUX NOIRS.</p>
+</div>
+
+<p>L'<i>Isola d'Elba</i>, en français l'île d'Elbe, est située dans la mer
+Méditerranée, entre la Corse et l'Italie, et fait partie avec les
+autres îles de Pianosa, Gorgona et Monte-Christo, de l'archipel
+tyrrhénien. Elle est aujourd'hui, en express, à un jour et demi de
+Paris, par Modane, Turin, Gênes et Pise, et seulement à une
+demi-journée de Rome.</p>
+
+<p>Du chemin de fer de Pise à Rome se détache, à mi-route, parmi les
+vastes plaines marécageuses des Maremmes, un petit embranchement qui
+va de Campiglia, point de bifurcation, à Piombino, port
+d'embarquement.</p>
+
+<p>Piombino est le type de la vieille petite place-forte italienne, aux
+rues étroites et entassées, aux arches et aux tours de pierre brûlées
+par le soleil; elle n'offre pas grande ressource, et l'on fera bien de
+ne pas lui demander l'hospitalité de la nuit. Du côté de la mer, ses
+maisons et ses remparts tombent à pic dans les flots; en face, Elbe se
+découpe sur <span class="pagenum"><a id="page098" name="page098"></a>(p. 098)</span> l'horizon, violâtre, montagneuse, abrupte, et
+coiffée presque toujours d'un chapeau de nuées. Deux fois par jour, un
+bon vapeur fait le service postal et celui des passagers, en une heure
+et quart; l'on est obligé malheureusement de le gagner en barque, car
+le peu de fond de la mer, semée de récifs et d'écueils, empêche qu'il
+ne s'approche de terre, et, lorsqu'il y a houle ou gros temps, on
+danse ferme dans le «canal» ou détroit de Piombino. Il arrive même
+parfois que le navire ne peut tenir sur ses ancres, ni la barque
+quitter le rivage pour aller le rejoindre avec son entassement de
+passagers et de colis. Il faut alors aller embarquer plus loin, au
+petit port de Porto-Vecchio. Un autre service part de Livourne, mais
+la traversée est quatre ou cinq fois plus longue.</p>
+
+<p>Le voyage est, en somme, peu compliqué. Personne ne va à l'île d'Elbe
+cependant. D'Italie même on y vient peu; quoique ce sol, beau et sain,
+soit assez proche de Rome, il ne s'y trouve que quelques grandes
+propriétés rurales; quant aux touristes étrangers, en Italie encore
+plus qu'ailleurs, c'est le troupeau de Panurge qui suit les
+itinéraires tout tracés. Et puis n'est-ce pas le sort commun de toutes
+les îles d'être plus ou moins délaissées? Il faut y aller exprès, et,
+quand on y est, un vague malaise pousse à en sortir, comme si l'on
+craignait d'y rester toujours prisonnier.</p>
+
+<p>Peuplée jadis par les Étrusques, bien avant que Rome existât, Elbe a
+vu passer sur son territoire Phocéens venus de Grèce, Carthaginois et
+Romains, Goths, Wisigoths et Lombards. Puis ce sont les Génois qui la
+disputent aux Pisans, et les Espagnols qui on chassent les Génois.
+Bientôt les Français apparaissent à leur tour. La guerre ayant éclaté
+entre François I<sup>er</sup> et Charles-Quint, le sultan Soliman, allié du roi
+de France, envoie de Constantinople, contre l'Italie et ses îles, la
+flotte ottomane, sous les ordres du fameux corsaire Barberousse,
+ancien matelot devenu grand-amiral, par son audace heureuse et sa
+férocité. Non content de faire pleuvoir sur toutes les côtes ses
+grenades enflammées, il aborde et parcourt l'intérieur de l'île en
+massacrant hommes, femmes et enfants, en arrachant les arbres, en
+brûlant la terre. Cette dévastation, telle que les Turcs savent la
+faire, fut si épouvantable qu'il fallut, après son départ, envoyer
+d'Italie des colons dans l'île, les rares habitants qui avaient
+survécu, cachés dans des trous de rochers, étant impuissants à relever
+seuls tant de désastres.</p>
+
+<a id="img003" name="img003"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img003.jpg" width="300" height="436" alt="" title="">
+<p class="cap300px">LES RUES DE PORTO-FERRAIO SONT TOUTES EN ESCALIER (page
+<a href="#page100">100</a>).</p>
+</div>
+
+<p>En 1548, Cosme de Médicis, duc de Florence, réunit l'île d'Elbe à la
+Seigneurie de Piombino, et fonde Porto-Ferraio, qu'il fortifie et
+qu'il appelle Cosmopolis, nom qui lui resta jusqu'au seuil du <span class="smcap">XIX</span><sup>e</sup>
+siècle. Mais les malheurs de l'île ne s'arrêtent point pour cela.
+Italiens, Espagnols, Turcs et Français continuent à se disputer ce
+lambeau de sol, sans compter les corsaires d'Alger qui se contentaient
+de passer et de piller, et les Anglais qui commencent à se montrer,
+avides de s'approprier un point d'observation menaçant sur la côte
+d'Italie et sur la Corse.</p>
+
+<p>Mais Elbe commence à se lasser aussi de son sort misérable et songe à
+se délivrer de tout le monde, une bonne fois. En 1799, la France,
+prenant prétexte d'une rupture avec la Toscane, avait débarqué de
+nouveau ses troupes, et occupé Porto-Ferraio; les Elbois s'étaient
+soumis en apparence, mais pour préparer dans l'ombre une révolte
+formidable et sauvage. La maison de tout Français avait été marquée
+par l'ange exterminateur, et le massacre fut simultané partout. En ces
+nouvelles Vêpres Siciliennes, on libéra jusqu'aux galériens des
+bagnes, afin de faire la chasse aux survivants, traqués comme des
+bêtes fauves, à travers les maquis, les ravins et les antres des
+montagnes où ils s'étaient réfugiés. Les cadavres furent coupés en
+morceaux et promenés ainsi, triomphalement.</p>
+
+<p>En 1801 cependant, Porto-Ferraio fut rebloqué par la flotte française,
+bombardé en 1802, et, cette même année, le traité d'Amiens avait
+officiellement donné Elbe à la France. L'île envoya alors à Paris des
+députés qui furent reçus par le premier Consul (il ne se doutait guère
+de l'avenir), et qui l'assurèrent de la fidélité <span class="pagenum"><a id="page099" name="page099"></a>(p. 099)</span> de leurs
+concitoyens, lesquels désormais se considéraient comme vrais Français
+et demandaient en retour protection contre tout autre envahisseur. Peu
+après, en effet, les Anglais ayant reparu furent repousses par une
+coopération commune des troupes françaises et des troupes elboises.
+L'île fut reperdue pour nous après Waterloo. Elle redevint alors
+italienne, et l'est encore aujourd'hui.</p>
+
+<a id="img004" name="img004"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img004.jpg" width="600" height="344" alt="" title="">
+<p>PORTO-FERRAIO: À L'ENTRÉE DU PORT, UNE VIEILLE TOUR
+GÉNOISE, TRAPUE, BIZARRE DE FORME, SE MIRE DANS LES FLOTS.</p>
+</div>
+
+<p>Que l'on vienne de Livourne ou de Piombino, c'est à Porto-Ferraio que
+l'on débarque, sa ville principale et sa sous-préfecture actuelle.</p>
+
+<p>Figurez-vous une sorte de lac suisse, plus beau, avec le ciel de
+l'Orient, une de ces baies méditerranéennes âpres et harmonieuses à la
+fois dont celle de Naples est un des principaux types connus. Sur un
+promontoire escarpé s'avançant dans ses flots et se repliant en
+croissant, une ville, dont le seul aspect évoque toute une poésie de
+passé, se superpose, serrée, avec des toits plats qui semblent
+s'escalader les uns les autres; ses longues murailles qui
+l'enveloppent font grimper leurs lignes de pierre à tous les
+escarpements du rocher, et, à tous leurs angles, une petite tourelle
+s'accroche, pour le veilleur, quelque hallebardier levantin que l'on
+s'attend à voir surgir dans le décor. Dans un port fermé par une jetée
+couverte elle-même de maisons et terminée par une vieille tour
+génoise, rouge, trapue, bizarre de forme, dorment sur l'eau, si bleue
+qu'elle en est noire, de grandes tartanes peintes en vert ardent, avec
+leurs voiles enroulées autour des mâts semblables à des antennes de
+scarabées. Un éblouissement de couleur, un craquèlement de clarté.</p>
+
+<p>Ainsi Porto-Ferraio se présente à mes yeux, tandis que le vapeur qui
+m'amène se range lentement le long du quai, parmi les hurlements des
+<i>facchini</i> et leurs vastes gestes à l'adresse des passagers et de
+leurs bagages.</p>
+
+<p>Je me hâte de me faire conduire ainsi que mes colis à l'<i>albergo</i> de
+l'<span class="smcap"><i>APE ELBANA</i>, HÔTEL DE L'ABEILLE ELBOISE</span>, en souvenir de l'Abeille
+napoléonienne. J'y trouvai bon service, bonne nourriture et bon gîte,
+le tout en propreté parfaite. Je remarque seulement que l'on
+m'apporte, en guise de dessert, des petits pois crus dans leur cosse
+et des haricots verts, non moins crus, élégamment rangés sur une
+feuille de vigne. Les autres convives me paraissent se faire de ces
+verdures un régal que je croyais jusqu'ici réservé aux lapins; mais la
+cuisine, comme bien des choses ici-bas, n'est qu'habitude et préjugé.</p>
+
+<p>Je m'informe ensuite des personnes près de qui j'ai une lettre
+d'introduction et qui m'aideront à me débrouiller, chose si précieuse
+en pays étranger. Ce furent: Signor Emmanuel Camera de Asarta, qui
+remplissait alors dans l'île les fonctions du sous-préfet absent, et
+qui mit à ma disposition tout son crédit; Signor Tonietti, agent
+consulaire de France, qui m'accompagna en personne toutes les fois que
+sa présence put m'être utile; Signor Bigeschi, syndic de
+Porto-Ferraio. C'est enfin l'excellent abbé Soldani. Je ne veux pas
+oublier non plus un mot de remerciement pour Signor del Buono, le
+propriétaire actuel de San Martino. Bien d'autres aussi ont droit à ma
+gratitude, qu'il serait trop long d'énumérer ici. Il est peu de pays
+dont j'aie rapporté autant de souvenirs d'affabilité et d'empressement
+à m'être utile, chacun selon son pouvoir.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page100" name="page100"></a>(p. 100)</span> Je m'aperçois tout de suite avec plaisir que, de ci de là, je
+trouve à me faire comprendre; les gens y mettent beaucoup de bonne
+volonté; il y a sympathie pour le <i>Francese</i> qui déambule à travers
+les rues de Porto-Ferraio.</p>
+
+<p>Quelle ville extraordinaire, avec des rues tout entières en larges
+escaliers, des voûtes, des casemates, des tunnels, des remparts
+vertigineux où s'accrochent les feuilles en lame de sabre des aloès et
+les raquettes des cactus! C'est ainsi que notre esprit se plaît à
+imaginer Carthage. La litière de Salammbô ne va-t-elle pas paraître
+sur ces marches, à ce carrefour aveuglé de soleil, et là-haut, entre
+ces créneaux découpant sur le ciel, d'un bleu sombre comme la mer,
+leur profil anguleux et cuivré, n'est-ce pas la silhouette velue d'un
+mercenaire graissant son arc et fourbissant son casse-tête?</p>
+
+<p>Cependant un bonhomme, qui n'a rien de carthaginois, est accouru vers
+moi et m'entoure de ses grands saluts: «Signor! la teste di Napoleone!
+Venez voir, Signor! la teste avec son cercueil!»</p>
+
+<p>Il me prend pour un imbécile, pensai-je, et s'imagine que j'ignore si
+l'Empereur est mort à Elbe ou à Sainte-Hélène. Je me contentai de
+faire un signe de dénégation et me mis à marcher afin de me dérober à
+ses «nobilissime signor» et à ses gestes de moulin à vent.</p>
+
+<p>Mais le cicérone italien ne lâche pas ainsi sa proie, et l'homme me
+suivait en répétant: «Si! si! la teste! L'empereur Napoleone! la
+teste!» Et comme nous passions devant une église, il redoubla ses cris
+en me montrant la porte du doigt: «Ici, Signor, ici!»</p>
+
+<a id="img005" name="img005"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img005.jpg" width="250" height="344" alt="" title="">
+<p class="cap250px">PORTO-FERRAIO: LA PORTE DE TERRE PAR LAQUELLE SORTAIT
+NAPOLÉON POUR SE RENDRE À SA MAISON DE CAMPAGNE DE SAN MARTINO.</p>
+</div>
+
+<p>Intrigué tout de même, et pensant en tous cas me soustraire dans le
+lieu saint à son obsession, j'entre dans l'église. Mais déjà notre
+homme avait couru en face, chez le bedeau, et, revenant avec une clef,
+il m'ouvrait la sacristie. Il y avait là un cercueil, en effet, un
+cercueil somptueux en ébène, noir et luisant, avec des poignées d'or
+et une N d'or couronnée. Aux quatre angles, quatre cierges dans leurs
+flambeaux de bois argenté. Je me demandais ce que cela signifiait,
+quand, le bedeau ayant soulevé le haut du couvercle qui était à
+charnière, la tête de l'Empereur apparut soudain, rigide, immobile, et
+les yeux clos.... Une télé en bronze, toutefois, comme mon cicérone
+s'empressa de me le prouver, en la cognant légèrement. L'impression
+n'en avait pas moins été saisissante, car j'étais loin de m'attendre à
+voir paraître ainsi, dans ce tombeau entr'ouvert, ce masque tragique,
+reproduction de celui-là même qui, lorsque l'Empereur eut rendu l'âme,
+fut moulé sur sa face, à Sainte-Hélène, par le docteur Antommarchi. Au
+milieu du silence sonore de l'église où nous étions seuls, le bronze
+rendit sous le choc du doigt un bruit sourd comme un long sanglot, que
+la résonance des voûtes se rejeta tour à tour, et qui s'éteignit
+ensuite, lentement. Je ne tardai pas à apprendre que, ne pouvant se
+consoler de n'avoir pas la tombe de son roi d'un jour, Elbe rendait à
+ce cercueil les mêmes honneurs que s'il était réel; chaque année, à la
+date anniversaire de la mort du grand Empereur, on le dresse sur un
+haut catafalque, les cierges s'allument, la foule emplit l'Église, et,
+en présence des autorités officielles, une messe solennelle est dite.
+Et cette impression si singulière et si imprévue de l'homme de bronze
+couché là, immobile et présent, qui me sautait ainsi aux yeux,
+brusquement, une heure après mon arrivée, chaque jour, à chaque pas,
+allait se marquer davantage. Tandis que pour ceux qui vont sans voir,
+tout est mort des lieux qu'ils traversent, partout où j'irais,
+j'allais retrouver l'Empereur et revivre dans le passé.</p>
+
+<p>Reprenons cependant notre exploration.</p>
+
+<p>Je me suis débarrassé de mon cicérone par un pourboire, en somme
+mérité, et je continue à errer au hasard entre les murs blancs et les
+volets clos (car la chaleur est torride), à descendre et à monter des
+escaliers.</p>
+
+<p>J'admire, chemin faisant, la propreté des rues. Les larges dalles de
+pierre dont elles sont pavées, comme de marbre, ne sont souillées
+d'aucune immondice, d'aucune ordure, et l'on se ferait presque
+scrupule d'y jeter un papier ou une pelure d'orange. C'est, dans cette
+ville du Midi, une propreté toute hollandaise. Du matin au soir,
+quatre ou cinq balayeurs ne cessent de circuler, chacun avec une
+charrette, qui a l'air d'un petit corbillard, et qui est traînée par
+un tout petit âne; ils y ramassent et recueillent sans trêve tout ce
+qu'ils rencontrent, et vont le vider ensuite hors de la ville; puis
+ils reviennent et recommencent leurs tournées, qu'ils continuent sans
+s'arrêter, jusqu'à la nuit. Ils passent partout et, par
+d'interminables détours, se hissent d'étage en étage, jusqu'aux
+quartiers supérieurs.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page101" name="page101"></a>(p. 101)</span>
+
+<a id="img006" name="img006"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img006.jpg" width="600" height="428" alt="" title="">
+<p>PORTO-FERRAIO: LA PORTE DE MER OÙ ABORDA
+NAPOLÉON.</p>
+</div>
+
+<p>Mais voici là-haut, au bout de cette rue à pic, une maison carrée aux
+tuiles rouges et aux persiennes vertes; elle domine la ville: c'est la
+<i>Casa di Napoleone</i>, le «Palais impérial».</p>
+
+<p>D'aspect, elle ressemble à l'une de ces villas italiennes, comme on en
+voit sur la côte de Gènes à Bordighera, à l'une des moins ornées et
+des plus simples. L'administration militaire l'occupe aujourd'hui en
+partie, et des trophées de boulets on surmontent la porte, comme il
+convient à l'ancienne demeure d'un conquérant. Ce n'est pas pourtant
+le dieu de la guerre dont l'esprit semble régner ici. Quelle vision
+soudaine, au contraire, de paix heureuse et rayonnante, dès que l'on
+est entré et que l'on découvre, tout à coup, à travers les myrtes du
+jardin et les buissons de fleurs, l'immense et radieux horizon de la
+mer Tyrrhénienne! Tout est blanc et bleu comme en un paysage de conte
+de fées et de paradis; les grands caps de L'ÎLE se profilent dans une
+buée d'or; une paix resplendissante plane sur les choses. Et comme
+l'on est très haut, très à pic au-dessus de tout cela, il semble
+vraiment que l'on a laissé bien loin derrière soi tout le monde
+humain, et qu'en demeurant longtemps ici l'on finirait soi-même par
+devenir une âme. Il est impossible qu'après tant de luttes subies,
+tant d'écroulements entassés sur son front parmi les steppes neigeux
+de la Russie, tant d'angoisses dans l'abdication, le formidable vaincu
+qui vint un jour s'asseoir là, devant ce même horizon, n'ait pas
+senti, lui aussi, cette ineffable sérénité monter en lui. Il est
+certain (tous les c&oelig;urs humains sont semblables au fond, et les
+mêmes sentiments s'y retrouvent, identiques malgré leurs aspects
+divers) qu'il y eut ici des jours, des heures du moins, où son cerveau
+de fer se détendit, où la vision du repos, qu'il n'avait encore jamais
+connue, passa devant ses yeux, rapide et insaisissable toutefois,
+comme quelque chose qu'il ne pouvait arrêter, car il était «une force
+qui va», car il devait, bon gré, mal gré, se relever pour de nouvelles
+batailles et un nouvel écroulement.</p>
+
+<p>Maintenant les murs vides semblent l'attendre encore. Une partie de la
+maison, demeurée inutile depuis, est inhabitée. Dans une grande salle,
+qui fut la salle du trône, et sur les plâtres de laquelle sont restées
+les hâtives peintures murales dont on la décora alors, il n'y a plus
+que les bustes de marbre des ducs de Toscane, Ferdinand III et Léopold
+II, mélancoliques et seuls sur leurs socles; le mobilier a été, un
+jour, vendu à l'encan; les flambeaux sont chez un habitant, deux
+fauteuils chez un autre, un coussin brode chez un troisième. Les
+volets des six fenêtres qui commencent à se disjoindre, et à travers
+lesquels filtrent des rais de lumière, sont clos; par terre, sur le
+plancher poussiéreux, des grains de maïs qui sèchent; dans les coins,
+les <span class="pagenum"><a id="page102" name="page102"></a>(p. 102)</span> araignées tissent leurs toile. Le locataire est-il parti
+il y a un an ou il y a un siècle, on ne sait. Je tourne l'espagnolette
+dorée et grinçante d'une des fenêtres, je pousse les volets, et le
+petit jardin, étoile de milliers de marguerites épanouies, apparaît,
+et l'éblouissante vision de la mer Tyrrhénienne emplit la chambre,
+comme à son réveil, le matin, la voyait l'Empereur. C'est l'abandon
+même des choses qui a empêché le souvenir de s'enfuir. Ailleurs, il y
+aurait un gardien à tricorne, un tourniquet des pancartes
+explicatives, un parquet ciré, des écriteaux portant <span class="smcap">DÉFENSE DE
+TOUCHER</span> aux objets rapportés, restaurés et revenus; ici rien que l'âme
+éparse du passé. Voici bientôt cent ans que l'appartement est à louer.
+En bas, sur le ciment d'une allée, un fer à cheval est marqué; c'est,
+dit-on, celui du cheval impérial, qui s'y imprima quand la pâte était
+humide encore. Et ceci, c'est déjà la légende; le cheval de Napoléon
+entre dans la mythologie à côté de celui du paladin Roland, dont on
+nous montre aussi, un peu partout en Europe, le fer empreint sur une
+marche écroulée ou sur un rocher.</p>
+
+<p>Voici la journée, cependant, qui tire à sa fin, et je redescends dans
+Porto-Ferraio. C'est le moment où chez les peuples du Midi, avec le
+soleil qui baisse, la vie s'éveille et se ranime, et Porto-Ferraio
+semble s'en acquitter en conscience. Au-dessus de la petite ville, si
+muette tout à l'heure, et à travers laquelle le roulement de nulle
+voiture ne résonne (ses rues en escaliers ne lui en permettant à peu
+près aucune), monte un indescriptible brouhaha de voix et de paroles.
+Sur la petite place qui avoisine le port, les gens vont et viennent,
+de long en large, à grands pas, se donnant des poignées de main, et le
+verbe sonore; c'est le forum antique des villes italiennes, où l'on se
+rencontre ainsi sur le déclin du jour, où l'on traite et discute, au
+grand air, des affaires publiques et privées. On s'écrase dans les
+boutiques, où je lis parmi les enseignes: <span class="smcap">Andrea Borgia, biscuits
+doux</span>; <span class="smcap">Dante, savetier</span>, et plus loin: <span class="smcap">Oreste père et fils, épicerie et
+macaroni</span>. Une vieille, plus décrépite que Saturne, vend, sous une
+arcade, des fèves et des amandes grillées. Des femmes vont aux
+fontaines chercher de l'eau dans leurs cruches de cuivre martelé.</p>
+
+<p>Maintenant, toute la soirée, le bruit ira croissant; les gens parlent
+pour s'entendre parler, les enfants crient pour s'écouter crier, on se
+croirait à Paris un soir de Quatorze Juillet. Les guitares, les flûtes
+et les accordéons ne tardent pas à se mettre de la partie. Tout le
+monde chante. Le cri même des gamins n'a rien de la note acide des
+enfants; il est musical et rythmé. La brise du soir m'apporte, jusqu'à
+ma fenêtre, tous ces sons, en les mêlant dans une sorte d'universelle
+et joyeuse psalmodie des plus bizarres; c'est, dans ce décor d'opéra,
+comme un opéra qui se chante. Mon Dieu! que ces gens sont gais et
+qu'ils ont l'air heureux de vivre!</p>
+
+<a id="img007" name="img007"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img007.jpg" width="250" height="404" alt="" title="">
+<p class="cap250px">LA «TESTE» DE NAPOLÉON (page <a href="#page100">100</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Cela dure ainsi jusqu'à onze heures ou minuit. Alors le bruit se tait
+peu à peu, et, sous la nuit ruisselante d'étoiles, tout redevient
+silence. La lune décroissante et tardive se lève, semblable à une
+grosse boule lumineuse qui commence à se défoncer, blanchissant la
+pierre des grands escaliers et l'escarpement cyclopéen des murailles
+sur les terrasses desquelles reparaît le nébuleux fantôme de Salammbô
+qui danse et se prosterne....</p>
+
+<p>Je me remets, le lendemain, à parcourir Porto-Ferraio en tous sens et
+dans tous ses coins et recoins; c'est à chaque pas un aspect
+pittoresque, nouveau et inattendu. L'abbé Soldani, qui m'accompagne,
+ne cesse, tout en marchant, de me frapper amicalement sur l'épaule et
+de brandir en l'air son chapeau en criant: «Vive la glorieuse France!
+Vive le glorieux empereur Napoléon!»</p>
+
+<p>Je visite l'hôtel de ville. On y conserve la bannière napoléonienne,
+le grand drapeau blanc coupé d'une bande orange avec trois abeilles,
+que le roi de l'île d'Elbe fit flotter sur la ville dès le soir de son
+arrivée, et que salua le canon, quand, le jour suivant, il mit pied à
+terre. Un vieux brave homme, ancien soldat de Solférino, me la déploie
+avec amour et respect; elle est en forte étoffe de toile et intacte.
+Au premier étage, dans la salle du Conseil, le portrait de l'Empereur,
+entre ceux de Cosme de Médicis et du dernier grand-duc de Toscane, le
+représente, d'après le tableau de Gérard, avec le sceptre en main, le
+manteau d'hermine sur les épaules et le laurier d'or au front. Sur le
+tapis vert de la table, selon un antique et patriarcal usage, chaque
+conseiller a devant soi une petite sébile avec des haricots blancs ou
+rouges, que, pour voter Oui ou Non, il dépose dans l'urne.</p>
+
+<a id="img008" name="img008"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img008.jpg" width="600" height="428" alt="" title="">
+<p>PORTO-FERRAIO S'ÉCHELONNE AVEC SES TOITS PLATS ET SES
+FAÇADES SCINTILLANTES DE CLARTÉ (page <a href="#page099">99</a>).</p>
+</div>
+
+<p>En quittant l'île d'Elbe, l'Empereur avait ordonné au grand-maréchal
+Bertrand d'empaqueter à la hâte <span class="pagenum"><a id="page104" name="page104"></a>(p. 104)</span> et d'emporter toutes les
+archives ayant trait à l'administration de l'île durant son séjour, et
+il ne reste plus à l'hôtel de ville qu'un simple paraphe du maître au
+bas d'un des budgets communaux de Porto-Ferraio.</p>
+
+<a id="img009" name="img009"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img009.jpg" width="600" height="408" alt="" title="">
+<p> PORTO-FERRAIO: LES REMPARTS DÉCOUPENT SUR LE CIEL D'UN
+BLEU SOMBRE LEUR PROFIL ANGULEUX (page <a href="#page099">99</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Le syndic qui m'accompagne me sort toutefois d'un de ses tiroirs une
+autre pièce assez curieuse. Lors de la chute du Second Empire
+français, le bruit se répandit parmi les Elbois que le vaincu de Sedan
+songeait à se retirer parmi eux. Désireux de lui prouver leur
+inaltérable amour pour le sang illustre dont il descendait, les
+habitants de Porto-Ferraio s'empressèrent de lui faire parvenir, par
+leur syndic, une adresse officielle, l'assurant du bonheur que cette
+nouvelle leur causait. Napoléon III répondit par la lettre suivante:</p>
+
+<div class="quote">
+
+<p class="right10">«Wilhemsh&oelig;he, 10 mars 1871.</p>
+<p>«<span class="smcap">Monsieur le Syndic</span>,</p>
+
+<p>«J'ai reçu l'adresse par laquelle les habitants de Porto-Ferraio
+ m'offrent l'hospitalité dans leur ville, pensant que j'avais
+ choisi l'île d'Elbe pour y fixer ma résidence; quoique cette
+ nouvelle n'ait jamais eu aucun fondement, je suis heureux du
+ témoignage de sympathie qu'elle a provoqué, et dont j'ai été
+ vivement touché. Veuillez, Monsieur le Syndic, vous faire, auprès
+ de vos concitoyens, l'interprète de mes remerciements et croire à
+ mes sentiments.</p>
+
+<p class="right smcap">«Napoléon.»</p>
+</div>
+
+<a id="img010" name="img010"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img010.jpg" width="400" height="287" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LA FAÇADE EXTÉRIEURE DU «PALAIS» DES MULINI OU HABITAIT
+NAPOLÉON À PORTO-FERRAIO (page <a href="#page101">101</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Au rez-de-chaussée se trouve une partie de la bibliothèque impériale.
+Les titres des livres, qui se reconnaissent à l'initiale dont leur
+reliure est marquée, sont curieux à parcourir, car ils montrent
+l'universelle éducation qu'aimait à se faire l'Empereur, s'intéressant
+à tout et lisant tout, afin de pouvoir parler de tout. À côté des
+&oelig;uvres de Vauban et de Maurice de Saxe, d'ouvrages divers de
+mécanique, de chimie et de science militaire qui l'intéressaient
+directement, se remarquent de nombreux livres d'histoire ancienne et
+moderne, des livres d'archéologie, d'histoire naturelle et de
+littérature: Montaigne, La Fontaine, Don Quichotte, soixante volumes
+de Voltaire. Lui-même s'était constitué cette solide bibliothèque par
+des livres qu'il avait fait venir du continent. Mais ce que l'on est
+le plus étonné de trouver parmi ces volumes, c'est un nombre
+relativement considérable d'ouvrages d'imagination, dont le principal
+est <span class="smcap">le Cabinet des Fées</span>, quarante tomes où sont réunis les contes et
+les légendes de l'humanité, de toutes les époques et de tous les pays,
+depuis les contes des <i>Mille et une Nuits</i> jusqu'à ceux de Fénelon et
+de Perrault, jusqu'aux fables de l'Inde et de la Chine. C'est qu'en
+effet, par une réaction morale fréquente en psychologie, Napoléon,
+force brutale, était aussi un chimérique et un rêveur. Cette idée même
+de faire de l'Europe entière un seul empire réuni sous son sceptre,
+avait-elle été autre chose qu'une immense chimère? Nous le verrons ici
+méditer de bâtir, comme un Louis de Bavière, quelque fantastique
+palais sur les pics de Volterrajo, s'extasier sur le Monte Giove de
+l'infini du ciel et des nuées qui l'enveloppent, de ses nuits
+ruisselantes d'étoiles, et aimer à se perdre sous les ombrages
+touffus, aux sources murmurantes de la montagne de Marciana. Ossian et
+sa romantique poésie avaient, on ne l'ignore point, enthousiasmé sa
+jeunesse, et il conserva en lui, toute sa vie, quelque chose des
+vieilles superstitions corses qu'il avait sucées avec le lait
+maternel. Et c'est pourquoi, s'il condamnait officiellement «ces
+rêveries du passé», il est permis de supposer, en face de ces livres,
+qu'il ne répugnait pas à lire parfois, pour s'endormir le soir,
+l'histoire d'Ali-Baba et des Quarante Voleurs ou celle de la Belle aux
+cheveux d'Or et de l'Oiseau Bleu.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page105" name="page105"></a>(p. 105)</span>
+
+<a id="img011" name="img011"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img011.jpg" width="600" height="395" alt="" title="">
+<p>LE JARDIN IMPÉRIAL ET LA TERRASSE DE LA MAISON
+DES MULINI (page <a href="#page102">102</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Mais voici un autre souvenir qui se mêle à celui de l'Empereur, et que
+nous dit tout au long une plaque de marbre gravée, et clouée au mur,
+sur la façade du monument. L'inscription est en italien, et nous
+traduisons:</p>
+
+<p class="poem">
+ ICI, DANS PORTO FERRAIO,<br>
+ EN 1802, FUT APPORTÉ LE TOUT PETIT<br>
+<span class="size120">VICTOR HUGO.</span><br>
+ ICI NAQUIT SA PAROLE<br>
+ QUI, PLUS TARD, LAVE DE FEU SACRÉ,<br>
+ DEVAIT COURIR DANS LES VEINES DES PEUPLES,<br>
+ ET PEUT-ÊTRE TROIS ANNÉES<br>
+ PASSÉES DANS CET AIR À QUI DONNENT LEURS ATOMES LE FER ET LA MER<a id="footnotetag2" name="footnotetag2"></a><a href="#footnote2" title="Lien vers la note 2"><span class="smaller">[2]</span></a><br>
+ RAFFERMISSANT SON CORPS DÉBILE,<br>
+ CONSERVÈRENT<br>
+ À LA FRANCE L'ORGUEIL DE SA NAISSANCE,<br>
+ AU SIÈCLE LA GLOIRE DE SON NOM,<br>
+ À L'HUMANITÉ<br>
+ UN APÔTRE ET UN GÉNIE IMMORTEL.</p>
+
+<p>En 1802, en effet, quelques mois après sa naissance, Victor Hugo vint
+à l'île d'Elbe. Né à Besançon, comme l'on sait, où son père, Joseph
+Hugo, alors commandant, se trouvait en garnison, il avait déjà dû être
+transporté à Marseille, six semaines après sa naissance. C'était un
+terrible voyage pour un enfant de cet âge,</p>
+
+<p class="poem">Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix,</p>
+
+<p class="noindent">comme il l'a dit lui-même, et si particulièrement faible que le
+médecin qui l'avait mis au monde avait déclaré qu'il ne vivrait pas.
+Par surcroît de malheur, il fallut que sa mère l'abandonnât pour venir
+à Paris solliciter le ministre de la Guerre, en faveur de son mari,
+lequel réclamait en vain l'avancement en grade qui lui était dû. Le
+pauvre bambin resta seul avec son père qui le bourrait de bonbons pour
+le consoler, car <span class="pagenum"><a id="page106" name="page106"></a>(p. 106)</span> depuis le départ de sa mère, il n'arrêtait
+pas de pleurer. Enfin, cette dernière revint, et tout le résultat de
+ses démarches fut un ordre d'aller plus loin encore, à l'île d'Elbe,
+avec le régiment de l'impérial Corse.</p>
+
+<p>Voilà donc toute la famille qui se remet en route à nouveau et
+s'embarque pour Porto-Ferraio, où elle s'installe.</p>
+
+<p>La santé du petit Victor laissait toujours fort à désirer. Un an après
+son arrivée dan l'île, il n'était pas encore parvenu à redresser sur
+ses épaules sa tête «qui, racontent ses admirateurs, comme si elle eût
+déjà contenu toutes les pensées dont elle ne renfermait que le germe,
+s'obstinait à tomber sur sa poitrine.» Cependant, on ne tarda pas à
+remarquer que l'avorton était solidement charpenté, qu'il avait large
+carrure d'épaules et de poitrine. Bientôt, le grand air de la mer et
+la salubrité du climat aidant, la vie prit le dessus, et quand
+l'enfant quitta Elbe, au bout de trois ans de séjour entremêlés de
+pérégrinations en Corse, il était en train de devenir ce type étonnant
+de robustesse humaine, qu'il demeura tout le restant de son existence.
+De Porto-Ferraio, son père s'en alla en Italie avec Joseph Bonaparte,
+et lui, il vint avec sa mère et ses frères habiter Paris, rue de
+Clichy, fin de 1805 ou commencement de 1806.</p>
+
+<p>De même que ce fut à l'île d'Elbe que Hugo s'ouvrit à la vie physique
+et prit le dessus sur la mort, ce fut là aussi qu'il balbutia ses
+premiers mots, et la tradition nous a conservé la première parole
+qu'il prononça. Un jour, nous dit Dumas père dans ses <span class="smcap">Mémoires</span>,
+s'étant disputé avec sa gouvernante qui voulait le forcer à obéir et
+le menaçait: «<i>Cattiva!</i> s'écria-t-il, <i>cattiva!</i>» <i>Cattiva</i> signifie
+«méchante» dans l'italien des îles. Où avait-il entendu ce mot, et
+comment l'avait-il retenu plus spécialement? on ne le sut jamais. Mais
+tout le monde connut aussitôt dans la maison que l'avorton avait
+parlé, et s'en extasia. Ainsi le premier mot prononcé par le poète fut
+un mot étranger.</p>
+
+<a id="img012" name="img012"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img012.jpg" width="300" height="470" alt="" title="">
+<p class="cap300px">LA VIA NAPOLEONE QUI MONTE AU «PALAIS» DES MULINI.</p>
+</div>
+
+<p>Mais les souvenirs de l'enfant «ne sont point encore éveillés, et rien
+de cette première halte de l'existence ne devait survivre en son
+esprit.»</p>
+
+<p>Plus tard, toutefois, on ne manqua pas de voir un rapport de
+prédestination entre le passage que l'auteur de l'<i>Ode à la Colonne</i>
+fit dans cette île, et celui de Napoléon, dix ans après;
+l'hyperbolique <span class="smcap">Biographie Rabbe</span> imprimera en 1834: «La première nature
+qui se réfléchit dans la prunelle de Hugo fut cette âpre et sévère
+physionomie d'un lieu peu remarqué alors, si célèbre par la suite.
+Cette jeune vie s'harmonisait déjà avec la grande destinée qu'elle
+devait célébrer un jour; ce frêle écheveau se mêlait déjà à la trame
+splendide qu'il devait rehausser un jour!»</p>
+
+<p>Tandis que je lis et copie l'inscription du marbre, surpris malgré moi
+de tous ces ressouvenirs français que je rencontre à chaque pas, je
+vois soudain venir se planter sous mon nez un bras noir, au bout
+duquel est une main noire, brandissant une bourse noire. Je me
+retourne brusquement, n'ayant rien entendu venir, et recule avec un
+peu d'effroi, je l'avoue, en voyant en face de moi un homme tout noir
+également&mdash;si l'on peut appeler «homme» un grand sac noir, se
+terminant par un capuchon pointu, percé de deux trous au fond desquels
+deux yeux luisent comme des chandelles. C'est un Pénitent en tournée
+de quête, et il me poursuit de son bras noir, de sa main noire et de
+sa bourse noire, en m'assourdissant d'une sonnette qu'il porte
+attachée à sa ceinture et qu'il sonne furieusement, jusqu'à ce que je
+lui aie donné les deux sous qu'il réclame.</p>
+
+<p>Je demandai si c'était l'usage de se promener ainsi, en échappé de
+drame romantique; l'on me répondit que cela se faisait lorsque
+quelqu'un de la Confrérie était mort, et que la quête était au profit
+de la cérémonie funèbre.</p>
+
+<a id="img013" name="img013"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img013.jpg" width="400" height="264" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LA SALLE DU CONSEIL À PORTO-FERRAIO AVEC LE PORTRAIT DE
+LA DERNIÈRE GRANDE-DUCHESSE DE TOSCANE ET CELUI DE NAPOLÉON D'APRÈS LE
+TABLEAU DE GÉRARD.</p>
+</div>
+
+<p>Or, comme j'étais assis, le soir, sur le seuil de l'<span class="smcap"><i>Ape Elbana</i></span>, à
+respirer avec délices la fraîcheur de la brise de mer qui s'élevait
+avec la nuit, tandis que, comme la veille, les gamins hululaient
+partout, que, dans <span class="pagenum"><a id="page107" name="page107"></a>(p. 107)</span> toutes les maisons, les guitares
+sautillaient et les accordéons soufflaient éperdument, voilà tout à
+coup les cloches de l'église voisine qui se mettent à sonner le glas.
+En même temps, de l'autre bout de la ville, des clameurs lamentables
+retentissent, qui ne tardèrent pas à se rapprocher, faisant fermer en
+hâte les volets de toutes les boutiques et taire la voix des musiques.
+Bientôt, par une des rues en escalier qui aboutissaient sur la place,
+apparut, s'échelonnant de marche en marche, un cortège étrange; une
+foule de gens vêtus de cagoules noires, comme mon homme de
+l'après-midi, grands et petits, jusqu'aux plus minuscules bambins,
+s'avançaient, portant de gros cierges parfumés, et en chantant des
+psaumes autour d'un cercueil qui ondulait sur les épaules de quatre
+hommes robustes. Ceux qui marchaient en tête du cortège agitaient des
+croix, des bannières et des lanternes emmanchées sur de longs bâtons.
+C'était l'enterrement en question, et, comme je m'étonnais de son
+heure tardive, le <i>facchino</i> de l'hôtel me répondit que tel était
+l'usage dans le grand monde, parce que c'était «beaucoup beau» ainsi.</p>
+
+<a id="img014" name="img014"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img014.jpg" width="400" height="273" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LA GRANDE SALLE DES MULINI AUJOURD'HUI ABANDONNÉE, AVEC
+SES VOLETS CLOS ET LES PEINTURES DÉCORATIVES QU'Y FIT FAIRE L'EMPEREUR
+(page <a href="#page101">101</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Arrivé devant l'église, le cortège s'arrêta. Le glas se tut. Alors
+tous nos capucins noirs jetèrent violemment leurs cierges sur le sol,
+ils en piétinèrent la flamme à coups de talon, ils lancèrent dessus de
+la terre à pleines poignées, afin de l'éteindre, et entrèrent dans
+l'église avec, chacun, cinq ou six petites bougies, minces comme des
+allumettes, qu'on leur remit à la porte. Tandis qu'elles brûlaient,
+ils se rangèrent à nouveau autour du cercueil et se mirent à hurler
+une sorte de bêlement bizarre: bai... ai... ai... ai..., quelque chose
+de traînant et de grave, qui, subitement, s'anime avec rage, et
+devient aigre à se boucher les oreilles: bai! bai! bai! ai! ai! ai!
+ai! ai! Il y a là du gémissement de la pleureuse antique et du lamento
+corse. Cependant les petites bougies tiraient à leur fin, le prêtre
+officiant avait terminé ses oraisons, le cercueil était rechargé sur
+quatre épaules, les cierges étaient ramassés sur le parvis de
+l'église, où ils étaient restés, et rallumés aux petites bougies, et
+le cortège reformé se mettait en route vers la nécropole, par le
+chemin qui longe la mer, tandis que les boutiques se rouvraient
+derrière lui et que guitares et accordéons reprenaient leur mélodie
+interrompue. Longtemps, je le suivis du regard, à la lueur des cierges
+se reflétant dans les flots <span class="pagenum"><a id="page108" name="page108"></a>(p. 108)</span> en longues couleuvres
+lumineuses; et là-bas, pour que le mort ne reste pas seul dans la
+nuit, on lui laissera, avant de revenir, une petite lanterne allumée,
+qui le veillera jusqu'au jour.</p>
+
+<p>Cagoules noires, nos gens allaient à la nécropole des «Noirs»;
+cagoules blanches, elles auraient été à la nécropole des «Blancs»; car
+les deux Confréries ne veulent avoir entre elles rien de commun sur la
+terre ni dans l'éternité. À Porto-Ferraio l'on est Noir ou Blanc,
+comme on était jadis Guelfe ou Gibelin, et si les cagoules ennemies ne
+se battent plus dans les rues quand elles se rencontrent, du moins
+n'ont-elles jamais cessé de se regarder d'un mauvais &oelig;il. C'est à
+qui surtout réservera à ses morts, dans chacune des nécropoles
+rivales, le gîte le plus avouant, la «case» la plus souriante et la
+plus immaculée. Car ici, sauf de rares exceptions, les morts ne sont
+pas déposés dans la terre; sous des portiques somptueux, en des
+catacombes revêtues de marbre blanc et baignées de douces clartés,
+d'innombrables cases sont taillées dans l'épaisseur des murs, rangées
+symétriquement comme des alvéoles d'abeilles, les unes vides, les
+autres occupées déjà, où le cercueil est hermétiquement scellé, ornées
+d'inscriptions. Les longues galeries ornées de fleurs et de tableaux,
+où tant de disparus dorment leur dernier sommeil dans un calme pâle et
+silencieux comme celui des Limbes, n'ont réellement rien de sinistre.
+Vues du dehors, ces blanches nécropoles, aux larges et hautes
+fenêtres, rappellent, à travers le feuillage des grands arbres qui les
+entourent, les palais de Trianon.</p>
+
+<p>De Porto-Ferraio rayonnent toutes les routes de l'île. Chaque matin,
+quatre ou cinq courriers partent de la ville avec leurs carrioles à
+deux roues, attelées d'un cheval maigre, à grandes jambes, qui
+ressemble à une sauterelle. Les brancards, au lieu d'être retenus sur
+les flancs de la bête comme chez nous, sont fixés sur son dos, et
+pointent en l'air, si bien que, dès qu'elle prend le galop, vous vous
+trouvez dans une sorte de panier à salade, qui vous enverrait
+immédiatement sur la route, si vous ne preniez soin de vous cramponner
+avec énergie à l'ossature du véhicule. Quant aux bagages, ils sont au
+préalable ligottés avec des cordes; c'est le seul moyen qu'ils
+arrivent entiers à destination.</p>
+
+<p>Où vont toutes ces routes? On voit de Porto-Ferraio leurs rubans
+monter de tous côtés vers les montagnes environnantes, puis
+disparaître. L'une d'elles s'en va vers l'ouest, du côté de ce mont
+énorme qui, par là, barre l'horizon, et dont la cime disparaît dans
+les nuages. C'est la route de Marciana. Elle monte d'abord parmi les
+aloès et les cultures. Ça et là, une ferme, une métairie. De temps à
+autre, l'on croise des paysans qui se rendent à la ville, pour leurs
+affaires ou leur commerce. Ils ont tous un âne pour les porter; la
+femme se met à califourchon sur le cou du bourriquet, l'homme sur le
+dos, le fils sur la croupe, et, dans chacun des deux paniers accrochés
+de chaque côté du bât, il y a la marmaille. L'âne disparaît sous la
+famille qu'il véhicule; il en est littéralement recouvert. On ne voit
+que sa tête, sa queue et ses pieds. Il trottine, menu, menu, et, chose
+incroyable, ne s'effondre pas.</p>
+
+<p>Puis les maisons se font plus rares, et voici commencer le maquis, le
+maquis corse, avec ses arbousiers, ses lauriers-thyms, ses bruyères
+arborescentes et ses chênes verts, serré, impénétrable et parfumé
+d'acres senteurs. À un coude de la route, Porto-Ferraio disparaît, et,
+sur le faîte du col que le vent balaye, une autre face de l'île
+apparaît.</p>
+
+<p class="sig">(<i>À suivre</i>)
+<span class="right10 smcap">Paul Gruyer.</span></p>
+
+<a id="img015" name="img015"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img015.jpg" width="400" height="285" alt="" title="">
+<p>UNE PAYSANNE ELBOISE AVEC SON VASTE CHAPEAU QUI LA
+PROTÈGE DU SOLEIL.</p>
+</div>
+
+<p class="smaller center">Droits de traduction et de reproduction réservés.</p>
+
+
+<p class="serie"><span class="pagenum"><a id="page109" name="page109"></a>(p. 109)</span> TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.&mdash;10<sup>e</sup> LIV.
+<span class="right10">N<sup>o</sup> 10. 11 MARS 1905.</span></p>
+
+<a id="img016" name="img016"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img016.jpg" width="600" height="416" alt="" title="">
+<p>LES MILLE MÈTRES DU MONTE CAPANNA ET DE SON VOISIN, LE
+MONTE GIOVE, DÉVALENT DANS LES FLOTS DE TOUTE LEUR HAUTEUR.</p>
+</div>
+
+
+
+
+<h2>L'ÎLE D'ELBE<a id="footnotetag3" name="footnotetag3"></a><a href="#footnote3" title="Lien vers la note 3"><span class="smaller">[3]</span></a><br>
+<span class="smaller">Par M. PAUL GRUYER.<br>
+<i>Illustrations d'après les photographies de l'auteur.</i></span></h2>
+
+<p class="resume">II. &mdash; Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. &mdash; Soir
+ tempétueux et morne tristesse. &mdash; L'ascension du Monte Giove. &mdash;
+ Un village dans les nuées. &mdash; L'Ermitage de la Madone et la
+ «sedia di Napoleone». &mdash; Le vieux gardien de l'infini. «Bastia,
+ Signor!». Vision sublime. &mdash; La côte orientale de l'île.
+ Capoliveri et Porto-Longone. &mdash; La gorge de Monserrat. &mdash; Rio
+ Marina et le monde du fer.</p>
+
+<a id="img017" name="img017"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img017.jpg" width="200" height="287" alt="" title="">
+<p class="cap200px">UN ENFANT ELBOIS.</p>
+</div>
+
+<p>La mer se recourbe ici en un golfe profond, au cercle large et
+harmonieux, et dans lequel tombent les mille mètres du Monte Capanna;
+autour de ce dernier et de son voisin, le Monte Giove, la montagne de
+Jupiter, tournoient les nuées. En bas, la mer bleue, la grève
+ensoleillée sur laquelle un pêcheur solitaire, et qui semble moins
+gros qu'une fourmi, tire sa barque et fait sécher ses filets; en haut,
+la bataille farouche de l'ouragan noir où gronde la foudre et que
+zèbrent les éclairs; par moments, à travers un déchirement de nuages,
+des plaques de neige étincellent. N'est-ce pas là, en effet, l'Olympe
+redoutable où trônent, au-dessus des mortels, Zeus et les Grands
+Dieux?</p>
+
+<p>Je demande au cocher s'il n'y a pas lieu de hâter le pas de son
+coursier et si l'amoncellement fantastique des sombres nuées ne va pas
+s'abattre sur notre tête avant notre arrivée à Marciana; mais il me
+fait signe que non, et qu'il n'y a rien à craindre pour le moment. Le
+soleil, en effet, ne cesse pas de luire pour nous tout le long de la
+route qui, se rapprochant de la mer, contourne <span class="pagenum"><a id="page110" name="page110"></a>(p. 110)</span> d'abord le
+golfe (on le nomme golfe de Procchio), puis se relève pour suivre la
+côte en corniche, jusqu'à ce qu'une dernière descente nous amène à
+Marciana Marina, à l'<span class="smcap">Auberge de la Paix, chez Ventura Braschi; bonne
+cuisine</span>.</p>
+
+<p>Le signor Ventura ne sait pas un mot de français, sa femme non plus,
+mais ils sont pleins de prévenances et crient très fort pour que je
+comprenne. Le bruit de mon arrivée s'est heureusement répandu dans le
+bourg; un garçon qui a voyagé et qui parle correctement français,
+vient m'offrir obligeamment ses services; il facilite les
+explications, et en attendant la «bonne cuisine» de l'enseigne, qui se
+réduira d'ailleurs à du macaroni et à des &oelig;ufs, je vais errer sur
+les galets du port, où les tartanes ont été amenées à sec en prévision
+de la nuit qui menace d'être pluvieuse et pleine de vent.</p>
+
+<p>Les nuées sont descendues le long de la montagne, et le ciel s'est
+voilé; le soleil a disparu. Il fait gris; la mer houleuse bat le
+rivage de ses lames courtes; une morne tristesse s'épand sur les
+choses. Il semble que l'on soit perdu au bout du monde. Porto-Ferraio
+lui-même paraît loin, très loin. Cette montagne, que l'on ne voit pas
+et qui n'arrête pas de déverser son brouillard, on la sent peser sur
+soi de toute sa masse obscure. Les façades craquelées des maisons, qui
+s'illuminaient tantôt sous le soleil, ont pris un aspect sale et
+éraillé. Il fait froid.</p>
+
+<p>Comme tout cela a changé d'aspect en quelques heures! Voici la pluie à
+présent, une pluie fine et pénétrante qui, sous l'obscurité
+grandissante, donne aux objets des reflets blafards; l'on se croirait
+sur quelque côte désolée de la Norvège ou du Spitzberg. Et quand, le
+soir, après dîner, je sortis pour aller gagner ma chambre qui se
+trouvait dans une autre maison, à quelques pas, je crus être emporté
+par l'ouragan qui me lapidait de cailloux à travers la nuit; la mer
+crachait ses embruns jusque dans les rues, et la seule lumière de ce
+gouffre noir, où pas un être humain n'osait circuler, était, au
+carrefour voisin, la lueur timide d'une petite veilleuse, brûlant sous
+un verre, devant une Sainte Vierge engrillagée dans le mur. Je
+songeais que ce fut près d'ici, par une nuit pareille, que se termina
+l'amoureuse idylle de l'ancien Roi des Rois et de la blonde comtesse
+Walewska; ils s'étaient retrouvés sur la montagne de Marciana, où ils
+revécurent quelques heures fugitives d'amour, et où ils se séparèrent
+dans la tempête et dans l'ouragan.</p>
+
+<p>Le lendemain matin, un clair soleil me réveilla. J'avais, dans ma
+journée, à entreprendre l'ascension du Monte Giove et de Marciana Alta
+(Marciana de la Montagne), dédoublement de Marciana Marina (Marciana
+de la Mer).</p>
+
+<a id="img018" name="img018"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img018.jpg" width="250" height="364" alt="" title="">
+<p class="cap250px">MARCIANA ALTA ET SES RUELLES ÉTROITES.</p>
+</div>
+
+<p>C'est un vieil usage sur les bords méditerranéens, et que l'on
+retrouve en France, en Italie, en Corse et en Espagne, que celui de
+ces doubles villages côtiers. Il avait pour but de mettre leurs
+populations à l'abri des pirates barbaresques qui, jusqu'à la prise
+d'Alger par la France, au milieu du <span class="smcap">XIX</span><sup>e</sup> siècle, fondaient à tous
+moments sur les rivages, où ils pillaient et tuaient tout. Alors, dès
+que leur approche était signalée par une de ces tours-vigies qui
+dominaient l'horizon et dont les ruines subsistent encore, sur les
+pitons des falaises et les pointes des rochers avancés en mer, tout le
+village du bas ramassait ses effets les plus précieux et s'enfuyait
+vers le village du haut, lequel était suffisamment crénelé et fortifié
+pour repousser tous les assauts. Mais il était rare que les pirates se
+hasardassent jusque-là, car sur ces pentes qu'il leur aurait fallu
+gravir, il était trop facile de les écraser en faisant dérouler sur
+eux une avalanche de rocs et de pierres. Le plus souvent ils ne
+savaient même pas où les habitants étaient passés: ils étaient
+là-haut, dans les nuages.</p>
+
+<p>Je demande en effet si l'on peut me montrer Marciana Alta. Signor
+Ventura sort avec moi sur la place et me désigne du doigt la montagne.
+Ici où nous sommes, le soleil a reparu, l'atmosphère est limpide, la
+mer sourit, mais la montagne est, comme hier, coupée en deux par
+l'épais rideau de nuées qui est remonté autour d'elle, et qui en cache
+la moitié supérieure, de son voile impénétrable. Le bourg de Marciana
+Alta est là, derrière le rideau; on ne le voit pas. C'est ainsi
+pendant la moitié de l'année, paraît-il; mais je n'ai qu'à prendre le
+sentier et à monter jusqu'à ce que j'arrive.</p>
+
+<p>Me voilà donc grimpant, grimpant, grimpant toujours, avec cette
+persévérance nécessaire dans les montagnes où il semble que l'on
+marche sans avancer. Il fait une chaleur moite. Devant moi je vois
+toujours la nuée obscure, dont je me rapproche peu à peu; derrière
+moi, en me retournant, j'aperçois Marciana <span class="pagenum"><a id="page111" name="page111"></a>(p. 111)</span> Marina s'écraser
+de plus en plus, et un immense horizon de côtes s'étaler à mes pieds.
+Mais je ne tarde pas à entrer dans l'ombre de la nuée, où le soleil se
+voile bientôt si complètement que je me trouve comme transporté tout à
+coup au milieu de la nuit. Tout disparaît, devant, derrière et autour
+de moi; il n'y a plus que du brouillard, qui perle en gouttelettes sur
+mes vêtements et ma barbe, comme sur les plantes et sur les brins
+d'herbe. La végétation a changé d'aspect, elle aussi; elle est devenue
+celle des climats du Nord: bruyères courtes, gros châtaigniers au
+tronc noueux, et qui n'ont encore ni feuilles ni bourgeons, tandis
+qu'à Porto-Ferraio les myrtes sont en fleurs; puis des fougères et des
+mousses, parmi lesquelles des sources cristallines bruissent et
+dégringolent en cascatelles. Le sentier toutefois, pour âpre qu'il
+soit, se continue, bien tracé, à travers l'opacité du brouillard. J'y
+croise, fantomatiques silhouettes, une femme et sa mule; sans doute la
+femme descend à la côte se ravitailler d'épicerie ou de farine, car
+l'on ne doit pas avoir là-haut grand'chose pour se nourrir. En passant
+elle me jette le <i>buona sera</i>! (bonsoir!) et paraît tout étonnée de la
+langue inconnue dans laquelle je lui réponds. Après une demi-heure de
+montée dans ce brouillard, la forme des objets redevient plus précise,
+le soleil se devine à nouveau, et voici, au-dessus de ma tête,
+Marciana Alta surgir des nuées.</p>
+
+<p>Le spectacle en est singulier. En face de moi, à présent, la lumière,
+une autre région, un soleil du Nord qui luit dans un air vif et froid;
+par derrière, au contraire, la nuée opaque que j'ai traversée et qui
+cache maintenant la base de la montagne comme d'en bas elle en cachait
+le faîte. La terre, la mer, tout le reste de l'île ont disparu; on est
+comme suspendu sur les noires volutes nébuleuses; on plane au-dessus
+du vide, on est dans le ciel.</p>
+
+<p>Ce qui paraît plus bizarre encore, c'est qu'il y ait ici des
+habitants, puisque voilà des maisons et un clocher, ou plutôt de
+penser qu'il doit y en avoir, car on n'en voit pas. Tout se tait;
+aucun son ne monte plus d'en bas, et nul bruit ne sort davantage de ce
+village mystérieux, aux maisons abruptes, serrées les unes contre les
+autres, entouré d'un rempart de pierre. C'est le village corse,
+sauvage et sinistre, le nid d'oiseaux de proie.</p>
+
+<a id="img019" name="img019"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img019.jpg" width="600" height="442" alt="" title="">
+<p>MARCIANA MARINA AVEC SES MAISONS RANGÉES AUTOUR DU
+RIVAGE ET SES EMBARCATIONS TIRÉES SUR LA GRÈVE.</p>
+</div>
+
+<p>Je gravis des escaliers, je passe sous des voûtes, je monte encore des
+marches et je me trouve au milieu des maisons, sur une place étroite,
+où aboutissent des rues ou plutôt des ruelles, non moins étroites, au
+pavé noirâtre et gluant. Il n'y a toujours personne. Les habitants
+sont sans doute enfermés chez eux. Seule une <span class="pagenum"><a id="page112" name="page112"></a>(p. 112)</span> femme, au
+profil de vautour, est assise sur le seuil de sa porte, vêtue de noir
+et coiffée d'un fichu noir; ses yeux brillent dans leurs orbites,
+ardents et doux cependant, et elle me regarde sans qu'aucun des traits
+de son visage impassible et régulier trahisse ce qu'elle peut penser
+en me voyant. Puis en voici une autre, vêtue de noir également, qui
+tire au bout d'une corde une chèvre noire; puis une troisième, jeune
+celle-là, mais toujours vêtue de drap de la même couleur, et portant
+sur sa tête un sac de foin. Mais où sont les hommes?</p>
+
+<p>Sur ma droite, j'aperçois un cabaret à la porte close; je vais pour
+entrer afin de me reposer un peu de mon escalade et demander un guide
+pour continuer plus loin. J'entends à travers la porte des bruits de
+voix. Allons, tant mieux! Il y a quelqu'un. Quelqu'un! Mais tous les
+hommes du village sont là. Je me demandais ce que l'on pouvait faire
+dans un pays pareil! C'est simple: on n'y fait rien.</p>
+
+<p>C'est-à-dire que l'on y boit, que l'on y fume, que l'on y joue aux
+cartes, que l'on y parle surtout, depuis le matin jusqu'au soir, tous
+les jours et toute l'année. Oui, c'est bien là le village corse, c'est
+bien l'étonnante existence de ces gens qui, perdus dans leur solitude,
+sans voir même, six mois sur douze, le reste de la terre dont ils sont
+séparés, comme aujourd'hui, par les nuages qui les entourent et où ils
+vivent, passent leur vie à discuter, en face d'un vermouth et d'un
+journal, les destinées de l'Europe. Parler politique et voter tous les
+trois ou cinq ans sont les grandes occupations de l'existence.
+Quelques habitants essayent durant l'été de défricher la montagne et
+d'en obtenir quelques moissons; un peu plus bas sur ses pentes, ils y
+plantent même de la vigne, qui y réussit, mais le travail est dur et
+ils ont peu d'imitateurs. Les autres possèdent des cochons qui se
+nourrissent, tout seuls, ou à peu près, des chèvres que la femme mène
+paître, tout en labourant quelques pommes de terre ou en ramassant des
+châtaignes; quant aux quelques sous qu'ils peuvent trouver à gagner,
+ils alimentent la pipe et le verre.</p>
+
+<p>À mon entrée, les parties de cartes s'interrompirent, les
+gouvernements de l'Ancien et du Nouveau Monde, en train de passer un
+mauvais quart d'heure, eurent un peu de répit, et les calumets se
+posèrent sur les tables, tandis que l'on me dévisageait et que l'on se
+disait de l'un à l'autre: «<i>Inglese! Anglais!</i>»</p>
+
+<p>Je m'avançai et demandai à haute voix, selon ma coutume, si quelqu'un
+parlait français. Quelqu'un se leva aussitôt, qui me tendit la main et
+me répondit: «Que veut le Signor?» Alors dans les groupes j'entendis
+répéter: «<i>Francese! Francese! quasi l'Imperatore!</i> Français!
+Français! comme l'Empereur!»</p>
+
+<p>Je priai mon interlocuteur de s'informer si l'on pouvait me conduire
+jusqu'au faîte du Monte Giove et jusqu'à l'ermitage de la Madone. Je
+trouvais plus prudent de me faire accompagner à cause du brouillard
+qui pouvait monter et dans lequel je risquerais de me perdre.</p>
+
+<a id="img020" name="img020"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img020.jpg" width="400" height="284" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LES CHÂTAIGNIERS DANS LE BROUILLARD, SUR LE FAITE DU
+MONTE GIOVE.</p>
+</div>
+
+<p>Il fit signe de venir à un homme qui était assis sur un banc, au fond
+du cabaret, en face d'une table vide, mélancolique au milieu des
+verres et des pipes qui l'environnaient. L'homme se leva et
+s'approcha. C'était une espèce d'hercule, à la carrure de taureau; de
+sa chemise ouverte émergeait une poitrine musculeuse et velue; il
+était pieds nus et tenait à la main un bâton noueux aux allures de
+massue. Se rencontrer avec lui seul à seul dans le maquis aurait été
+tout juste rassurant. Et dire que ce colosse, au lieu d'aller
+s'embaucher quelque part, n'importe où, sa force étant apte à tous les
+métiers, préférait croupir là, à se croiser les bras, d'un bout à
+l'autre de l'année, dans la fainéantise et le dénuement presque
+absolu! Quand il sut de quoi il s'agissait, ses yeux bleus eurent un
+éclair de joie à l'idée du gain inattendu et facile qui s'offrait à
+lui, et sur lequel il demanda immédiatement le crédit d'un café qu'il
+ingurgita avec délices; après quoi il <span class="pagenum"><a id="page113" name="page113"></a>(p. 113)</span> se chargea de mon menu
+bagage et se déclara prêt à marcher. Cet homme à l'aspect redoutable
+était le géant bon enfant des contes de fées, qui sert de factotum en
+échange du droit de s'asseoir à la cuisine et de saucer les plats.</p>
+
+<a id="img021" name="img021"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img021.jpg" width="600" height="429" alt="" title="">
+<p>... ET VOICI AU-DESSUS DE MOI MARCIANA ALTA SURGIR DES
+NUÉES (page <a href="#page111">111</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Le chemin qui monte vers l'ermitage est pavé, comme une voie romaine,
+de blocs de pierre à peine équarris; de place en place des niches de
+maçonnerie, avec une croix, servent d'abris contre la pluie, le vent,
+la neige ou le soleil. Nous atteignons des plaques de glace, qui ne
+sont pas encore fondues dans les creux tournés vers le nord. Dans un
+mois, m'explique l'homme, en son baragouin que me traduit, tant bien
+que mal, mon dictionnaire, on rôtira; aujourd'hui en avril, je
+grelotte malgré la marche.</p>
+
+<p>Ainsi que je l'avais craint cependant, le brouillard, débordant
+Marciana Alta, avait gagné la cime de la montagne, et quand j'arrivai
+à la chapelle de la Madone, je recommençais à ne plus rien voir à dix
+pas devant moi; tout était clos à mes yeux, et il était impossible de
+dire si l'on se trouvait sur le faîte d'un mont ou au fond d'un puits.
+Tout ce que j'apercevais, c'étaient les murs de la chapelle, quelques
+châtaigniers difformes aux branches défeuillées, semblables à des
+spectres, et une petite maison dont la porte était fermée; elle était
+habitée pourtant, car mon guide ayant cogné avec son bâton, un vieux
+bonhomme, à profil de bouc, vint ouvrir. C'est lui l'ermite<a id="footnotetag4" name="footnotetag4"></a><a href="#footnote4" title="Lien vers la note 4"><span class="smaller">[4]</span></a>.</p>
+
+<p>Voilà certes quelqu'un que les voisins ne gênent point, et dont le
+bavardage ne doit pas être le péché coutumier! Il habite ici avec sa
+femme et une chèvre, aussi perdu qu'un Indien dans la pampa. Marciana
+Alta est pour lui le centre de la civilisation, et il s'y retire
+l'hiver; Marciana Marina commence à devenir le but d'un voyage
+important, et quant à Porto-Ferraio, s'il y va deux fois l'an, c'est
+beaucoup. Il est, par contre, le roi de l'infini. Parfois même il doit
+assister dans sa masure à des cataclysmes atmosphériques peu banals.
+Lorsqu'un orage éclate sur Elbe, avec cette violence particulière aux
+climats du Midi et plus encore à <span class="pagenum"><a id="page114" name="page114"></a>(p. 114)</span> celui des îles, il doit
+être littéralement enveloppé de la foudre, et lorsqu'une tourmente,
+comme celle d'hier, se déchaîne, on se demande comment sa bicoque
+n'est pas arrachée du sol. Assourdi par la tempête, gelé un jour,
+calciné un autre, battu par la pluie, noyé de brouillard, de ce
+brouillard dense et compact qui vous appuie sur les yeux comme une
+main, ainsi qu'il fait en ce moment, et vous donne l'impression d'un
+enveloppement de sépulcre, tout cela lui est indifférent, et il rit en
+vous apercevant, car il possède un registre avec un crayon, et il
+offre à ceux qui viennent ici après Napoléon d'y inscrire leur nom.
+C'est là son principal métier, et son seul espoir de faire fortune. Il
+a aussi les clefs de la chapelle qu'il montre aux visiteurs, ainsi
+qu'une image d'Épinal représentant l'Empereur. Hélas! étant donné le
+nombre des passants, il est peu probable qu'il s'enrichisse jamais.</p>
+
+<p>C'est pourtant dans cette maisonnette que logea Napoléon, c'est dans
+une de ces trois petites chambres qu'il reçut la visite de la comtesse
+Walewska, le 3 septembre 1814. Un Christ de bois, resté accroché au
+mur et vieux de plus d'un siècle, a été certainement témoin, et le lit
+rudimentaire de l'ermite, composé de deux X de fer portant quatre
+planches et un simple matelas de fougères plat comme une galette, ne
+doit guère différer du lit sur lequel couchait l'Empereur.</p>
+
+<p>Tout ici vous parle à l'esprit, jusqu'aux murs humides de cette
+chapelle qui LE connurent, jusqu'aux marches de l'autel sur lesquelles
+Madame Mère, logée au village de Marciana, venait s'agenouiller
+dévotement et faire v&oelig;u d'un cierge de cire à la Madone, si elle
+protégeait son fils contre tout malheur. Rien dans les objets ni dans
+les lieux n'a changé d'aspect; ils sont comme immobilisés sur ce
+sommet désert. Devant l'entrée de la chapelle, dans un hémicycle de
+pierre tout rongé de lichens et garni de bancs, quatre fontaines
+jaillissent, emplissant avec leur glouglou régulier leurs vasques
+sculptées; la façade de la chapelle est ornée de fresques peintes, et
+une plaque de marbre, posée en 1863, rappelle le passage de
+l'Empereur, qui séjourna ici, dit-elle, du 23 août au 14 septembre
+1814. (Cette date du 14 septembre est erronée; l'Empereur quitta
+l'ermitage de la Madone le 5 septembre.)</p>
+
+<p>Le brouillard est toujours intense, et je n'ai plus l'espoir de
+contempler l'admirable panorama qui se déroule, paraît-il, quand le
+temps est clair, autour de cette vertigineuse montagne dressant
+au-dessus des flots ses huit cents mètres à pic. Il va falloir songer
+à rebrousser chemin, car l'heure avance, et je tiens à rentrer coucher
+à Marciana Marina; la descente sera rude et longue.</p>
+
+<a id="img022" name="img022"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img022.jpg" width="400" height="271" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LA «SEDIA DI NAPOLEONE» SUR LE MONTE GIOVE OU
+L'EMPEREUR S'ASSEYAIT POUR DÉCOUVRIR LA CORSE.</p>
+</div>
+
+<p>Mais le vieux tâche de me faire entendre qu'il faut rester encore et
+attendre un peu: «<i>Poco! poco, Signor!</i>» Il fait le moulinet avec ses
+bras pour m'exprimer que le brouillard se dissipera tout à l'heure, et
+que je verrai «<i>la Corsica</i>», c'est-à-dire la Corse. J'éprouve bien
+quelques doutes sur les chances qu'une telle brume, qui semble au
+contraire s'épaissir de plus en plus, se dissipe tout à coup, mais je
+sais, d'autre part, que sur les montagnes tout l'imprévu est possible,
+et je rentre dans la maisonnette pour prendre patience et me chauffer.
+Quant à mon colosse, en dépit de ses pieds nus et de sa chemise
+entrebâillée, loin d'avoir froid, il préfère se désaltérer à une
+grosse cruche toute ventrue, pleine de vin blanc, qu'il a aperçue sous
+la table, et au goulot de laquelle il se met à boire à pleines
+lampées.</p>
+
+<a id="img023" name="img023"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img023.jpg" width="600" height="435" alt="" title="">
+<p>LA BLANCHE CHAPELLE DE MONSERRAT AU CENTRE D'UN
+AMPHITHÉÂTRE DE ROCHERS ET ENTOURÉES DE SVELTES CYPRÈS (page <a href="#page117">117</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Pendant que je suis à sécher l'humidité de mes vêtements, le vieux
+sort à chaque instant pour examiner le brouillard qui, en effet, passe
+comme des bouffées de fumée, tantôt plus transparent, tantôt plus
+intense. Il me le montre du doigt et rit d'un air satisfait. Mais
+voici soudain que les bruyères se mettent à frissonner, le vent
+s'élève, les châtaigniers dessinent plus nettement la fine dentelle de
+leur ramure, et des taches d'azur apparaissent au ciel. «<i>Venite,
+Signor! venite!</i>» me crie le vieux, et il m'emmène rapidement
+<span class="pagenum"><a id="page116" name="page116"></a>(p. 116)</span> jusqu'à un roc à demi maçonné, devant lequel on sent le
+vide, et formant une sorte de trône cyclopéen où s'asseyait
+l'Empereur.</p>
+
+<a id="img024" name="img024"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img024.jpg" width="600" height="435" alt="" title="">
+<p>VOICI RIO MONTAGNE DONT LES MAISONS RÉGULIÈRES ET
+CUBIQUES ONT L'AIR DE DOMINOS EMPILÉS... (page <a href="#page118">118</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Nous y sommes à peine arrivés qu'une trouée se fait à travers la
+brume, qui s'écarte comme touchée par la baguette d'un enchanteur
+invisible. Les nuages se mettent à fuir le long de la montagne, les
+débris du brouillard jaunâtre, encore accrochés comme de fauves
+oiseaux aux aspérités des rocs, s'illuminent d'une radieuse lumière,
+l'immensité s'inonde de clarté, et devant moi, à cinquante kilomètres
+par-dessus la mer, de la poussière d'or de l'occident se dégage peu à
+peu le long profil, en dents de scie, des montagnes corses, du Monte
+d'Oro et de toute la chaîne neigeuse qui court d'un bout de l'île à
+l'autre bout. C'est quelque chose d'inoubliable et de sublime.</p>
+
+<p>Le vieux rit aux éclats de son triomphe et ses yeux rutilent comme les
+miens au reflet du soleil qui descend dans le ciel en face de nous et
+déjà touche presque à l'horizon. Au moment où il commence à y mordre,
+le profil devient net et tranchant comme un découpage métallique,
+ombre chinoise sur un globe de feu. Il disparaît, et dans l'infinie
+pureté de l'atmosphère, pleine de cette clarté douce qui précède le
+crépuscule, c'est à présent l'incroyable détail des objets. «Bastia!»
+dit tout à coup le vieux en me prenant par le bras, et j'aperçois en
+effet de petites taches blanches, carrées, et serrées les unes contre
+les autres. Ce sont les maisons de la ville corse; avec une longue-vue
+on en distinguerait assurément les fenêtres.</p>
+
+<p>Cela dura cinq minutes ainsi. Au-dessus de la Corse s'allument dans le
+ciel des lueurs violettes, semblables à une gigantesque floraison de
+lilas dans les jardins d'Eden; leur mirage merveilleux se double dans
+le miroir de la mer, plate et luisante comme une laine d'épée.</p>
+
+<p>Mais les nuées tournoyantes, un moment entr'ouvertes, se resserrent
+déjà, le brouillard se referme autour de moi, voilant, comme un rideau
+qu'on tire, l'immensité radieuse du ciel et des flots, et je me
+retrouve au milieu de l'hiver, dans la presque obscurité, avec le vent
+qui souffle à travers le squelette des gros châtaigniers, tandis que
+le vieux rentre sur ses larges oreilles son bonnet de fourrure. Il
+faut se hâter de redescendre, cette fois, si je veux être le soir à
+Marciana Marina.</p>
+
+<a id="img025" name="img025"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img025.jpg" width="400" height="282" alt="" title="">
+<p class="cap400px">J'APERÇOIS POGGIO, UN AUTRE VILLAGE PERDU AUSSI DANS
+LES NUÉES.</p>
+</div>
+
+<p>Je revois Marciana Alta et ses ruelles étroites où les noires parois
+de ses maisons commencent à se trouer de lumières, dans une nouvelle
+et rapide déchirure de la brume, j'aperçois Poggio, un autre village
+perdu aussi dans les nuées, et je ne suis encore qu'à moitié route de
+mon gîte, lorsque la nuit se fait. Mais le brouillard demeure ramassé
+sur le faîte de la montagne et j'en suis bientôt complètement sorti;
+la nuit est lumineuse comme une nuit d'Orient, et c'est sous sa douce
+clarté que je descends les dernières pentes du sentier et arrive à
+«l'albergo» du Signor Ventura qui commençait à s'inquiéter de moi. Je
+retrouve, au carrefour voisin, la petite Vierge engrillagée, à la
+lampe paisible; de l'ouragan d'hier soir, aucune trace ne subsiste
+dans l'air tiède et resplendissant. La nature et le pays ont ainsi
+passé à mes yeux, depuis vingt-quatre heures, par toutes les phases et
+par tous les aspects imaginables, comme si l'île, mouvante sur les
+flots, se fût promenée, ainsi qu'un immense navire, des mers du sud à
+celles du nord, et du royaume d'Azur au triste pays des Cimmériens.</p>
+
+<p>L'autre grande route de l'île est celle de Porto-Longone, de Rio
+Marina et des mines de fer. Se dirigeant à l'opposite de celle de
+Marciana, elle s'en va vers le sud et l'est.</p>
+
+<p>Elle contourne d'abord, en s'élevant par une pente insensible, la baie
+de Porto-Ferraio, qui se développe dans toute l'ampleur et toute la
+pureté de ses lignes, en son encadrement de montagnes. À l'un des
+<span class="pagenum"><a id="page117" name="page117"></a>(p. 117)</span> endroits où la vue est la plus belle, des rangées de pierres
+dépassent d'un champ, des arcades effondrées s'adossent à la pente du
+sol; ce sont les Romains qui ont passé là. Le cheval ralentit son pas
+pour gravir la côte plus rude; puis la bête reprend son trot cahoteux.
+Un bois de pins, un col où l'homme de l'octroi attend, solitaire et
+patient, le rare voyageur qui passe, une longue descente, et nous
+sommes sur le versant oriental de l'île.</p>
+
+<div class="wrap_area">
+<a id="img026" name="img026"></a>
+<img src="images/img026.jpg" width="600" height="459" alt="" title="">
+
+<div class="shape_wrap">
+ <div style="width: 370px; height: 205px;">&nbsp;</div>
+ <div style="width: 620px; height: 260px;">&nbsp;</div>
+<p class="floatright" style="text-align: right; width: 600px; font-size: 70%; margin-top: -100px;">UNE DES TROIS CHAMBRES DE L'ERMITAGE.</p>
+<p class="floatright" style="width: 600px; font-size: 70%">L'ERMITAGE DE MARCIANA OÙ L'EMPEREUR REÇUT LA VISITE DE
+LA COMTESSE WALEWSKA, LE 3 SEPTEMBRE 1814.</p>
+</div>
+
+<p>Le premier village que l'on aperçoit est Capoliveri. Aspect rébarbatif
+et mauvaise renommée. Les Romains dans l'antiquité, les Pisans au
+Moyen Âge en avaient fait un lieu d'asile et de liberté, reconnu par
+la loi, pour tous les débiteurs, faussaires et banqueroutiers, pour
+les esclaves enfuis et les condamnés échappés des prisons, qui
+venaient du continent s'y réfugier; d'où son nom de Capoliveri, <i>Caput
+Liberum</i> en latin, <i>Capo Liberi</i> en italien. Une immonde population
+s'y était formée, dont les méfaits furent longtemps la terreur de
+l'île. Perché sur une montagne dont il occupe, toute la crête, il a
+bien l'air d'un repaire de brigands, et l'on s'attend à voir luire,
+entre les murs, des canons de fusils. Napoléon dut envoyer contre lui
+deux cents voltigeurs et gendarmes afin de le forcer à payer ses
+impôts, qu'il refusait, et menaça de le raser de fond en comble s'il
+recommençait une seconde fois pareille rébellion. Les m&oelig;urs de ses
+habitants se sont améliorées, mais ils passent encore pour aimer peu à
+frayer avec ceux des autres communes de l'île.</p>
+
+<p>La route descend de plus en plus rapidement vers la mer et arrive, au
+milieu des aloès dont les feuilles glauques et les hampes fleuries se
+penchent sur les flots, au petit port de Porto-Longone. On y trouvera
+à manger et à dormir à l'auberge de Marie (<i>Albergo della Maria</i>), où
+l'on fut pour moi honnête et complaisant. Au-dessus du bourg, sur un
+promontoire du rocher, s'avance la citadelle, bâtie par les Espagnols;
+des sentinelles vont et viennent tout autour d'un grand bâtiment
+blanc: c'est le bagne, «l'ergastule».</p>
+</div>
+<p>De Porto-Longone à Rio Marina, le chemin est une merveille, gravissant
+et descendant des pentes, montrant et cachant alternativement la
+grande ligne de la mer.</p>
+
+<p>Deux kilomètres environ après Porto-Longone, il y a, à gauche de la
+route, un chemin creux qu'il faut prendre.</p>
+
+<p>Là, au fond d'une gorge aux aloès d'une grosseur saharienne, au milieu
+des pins parasols et des cyprès sveltes, l'humble chapelle de
+Monserrat, dont le nom est un ressouvenir encore de l'Espagne, offre
+au pèlerin l'abri de ses treillages rustiques enguirlandés de pampres.
+Des rochers aux aiguilles aiguës la dominent, où de loin en loin, des
+pâtres accrochés s'appellent; et tout là-bas, au bout de la longue
+enfilade du vallon que ferme la mer, on voit passer parfois, à travers
+les branches des pins et les raquettes des cactus, une voile qui
+glisse. C'est un site exquis, tout virgilien, où l'on se prend à
+vouloir dresser son toit, à rêver de laisser fondre sa vie dans la
+paix de l'âme et des choses. Il semble que rien ne soit jamais venu
+jusqu'ici des révolutions de la terre. Tel devait être le paysage au
+temps où Pan et les Dryades s'y poursuivaient dans les halliers; tel
+il était quand le premier ermite chrétien y fit construire, sur cette
+pointe de rocher, sa petite chapelle aux murs blancs; tel il apparut à
+l'Empereur que nous y retrouverons tout à l'heure.</p>
+
+<p>Mais notre cocher, que nous avons oublié sur la route, claque du fouet
+et nous appelle; ici encore, il <span class="pagenum"><a id="page118" name="page118"></a>(p. 118)</span> faut laisser un peu de nous
+et partir. Voici Rio Montagne, dont les maisons régulières et cubiques
+ont l'air de dominos empilés. À la bifurcation de la route qui monte
+vers le bourg, une chapelle isolée, au fronton triangulaire, et
+précédée d'un portique, semble un petit temple grec devant lequel on
+s'attend à voir Daphnis venir faire fumer l'offrande d'un jeune
+chevreau ou d'un agneau nouveau-né.</p>
+
+<p>Hélas! toute cette poésie va disparaître au prochain tournant du
+chemin. Devant nous une acre fumée noirâtre, qui sort de hauts tuyaux
+d'usine, tourbillonne dans l'air. C'est Rio Marina. Adieu le maquis
+embaumé, les bucoliques vallées, le ciel pur, les pins où chante le
+vent, et les bonnes gens qui vont paisibles sur leur ânon! Nous
+entrons dans le monde du fer.</p>
+
+<p>Rio Marina est la souillure de l'île. Nulle part le contraste ne peut
+être plus complet entre la verte, belle et saine nature où l'homme a
+été, par Dieu, créé pour vivre, et la tare morale et physique du monde
+contre nature créé par l'industrialisme humain. Dès l'arrivée,
+l'impression est mauvaise. Dans un vaste lavoir couvert de tôle, des
+femmes aux yeux effrontés battent du linge en entrecroisant des
+quolibets criards; l'une d'elles, qui m'a vu, avertit les autres d'un
+mot et toutes aussitôt de dévisager l'étranger avec une sorte de
+curiosité gouailleuse; je les fixe, et pas un regard ne se baisse.
+J'avance, et voici un mendiant. C'est, depuis que je suis dans l'île,
+le premier que je rencontre; un pauvre être misérable et sordide,
+courbé en deux comme si sa colonne vertébrale s'était cassée en son
+milieu, et appuyé sur une canne qui lui remplace à demi une de ses
+jambes qui traînent. «<i>Signor, la carita!</i> La charité, monsieur!»
+dit-il, en s'accrochant à moi comme une tentacule de pieuvre: «<i>la
+carita! la carita! la carita!</i>» Je comprends de son balbutiement qu'il
+est vieux, qu'il travaillait aux mines, et qu'un quartier de roc est,
+un jour, tombé sur lui.</p>
+
+<p>Je continue. J'arrive aux maisons; des maisons lugubres à six étages,
+comme celles des faubourgs des grandes villes, derrière les murs
+desquelles on sent l'entassement des gens, le grouillement des enfants
+trop nombreux, et d'où suintent des odeurs de fricots; aux fenêtres,
+des loques qui sèchent, des têtes qui se montrent, mal peignées. Par
+moments un panier descend au bout d'une corde, jusqu'à la rue; le
+facteur y dépose ses lettres, le marchand qui passe y met sa viande,
+son pain ou ses légumes; c'est une façon fort commode d'économiser ses
+jambes, et, comme l'heure du déjeuner est proche, les paniers ne
+cessent d'aller et venir le long des maisons.</p>
+
+<a id="img028" name="img028"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img028.jpg" width="400" height="275" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LE PETIT PORT DE PORTO-LONGONE DOMINÉ PAR LA VIEILLE
+CITADELLE ESPAGNOLE (page <a href="#page117">117</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Mais ce qu'il y a surtout de particulier ici, c'est que tout est comme
+imprégné d'une couleur rougeâtre uniforme, d'une couleur de rouille,
+qui teint les maisons du haut en bas, la face des gens, leurs mains et
+leurs vêtements, et tous les objets, jusqu'aux feuilles des arbres,
+jusqu'à l'herbe du sol. Cette poussière de fer qui s'attache à tout,
+qui recouvre tout, a l'air d'avoir été secouée par un volcan; l'on ne
+tarde pas à être poudré soi-même de cette sorte de cendre impalpable
+que le vent ramasse et soulève en tourbillons.</p>
+
+<p>Voici un ivrogne. C'est également le premier que je vois dans l'île.
+Il fonce sur moi et me prend les mains qu'il me presse avec effusion,
+en me faisant de pâteux discours, auxquels je ne comprends mot. Je
+m'en décroche à grand'peine. Il est près de midi, et le soleil
+commence à devenir torride; je me réfugie à <i>l'Albergo ristorante</i> de
+Rio Marina.</p>
+
+<p>Salle crasseuse, nappe sale, mouches dans les carafes, cuisine grasse
+dans des plats graisseux. Quelques voyageurs de commerce, dont un ou
+deux parlent français et traduisent obligeamment mes réclamations,
+inutiles du reste, partagent avec moi ce repas nauséabond. Quand il
+s'agit de payer, c'est pour mon compte le double du prix que paient
+mes voisins. Je m'en aperçois et refuse de m'exécuter; chacun prend ma
+défense et l'hôtelier consent, comme un chien qu'on fouette, à ne pas
+<span class="pagenum"><a id="page119" name="page119"></a>(p. 119)</span> me voler plus que les autres. Il ramasse sa recette, du 200
+pour 100, d'un air rogue et mécontent, et, sans même soulever la
+casquette de velours à côtes qui semble vissée sur sa tête, il s'en
+retourne à son comptoir rincer ses verres avec ses doigts malpropres.
+Oh! cet industrialisme hideux qui corrompt et encanaille tout ce qu'il
+touche! Comme il nous a ramenés soudain à toutes les bassesses et à
+tous les vices qui, dès qu'il paraît, se mettent aussitôt à croître à
+son ombre!</p>
+
+<a id="img029" name="img029"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img029.jpg" width="600" height="308" alt="" title="">
+<p>LA MAISON DE MADAME MÈRE À MARCIANA ALTA.&mdash;«BASTIA,
+SIGNOR!»&mdash;LA CHAPELLE DE LA MADONE SUR LE MONTE GIOVE.</p>
+</div>
+
+<p>La visite des mines n'offre pas, au surplus, un intérêt bien
+considérable; elles s'exploitent à ciel ouvert, et il n'y a qu'à se
+baisser pour ramasser le minerai. Il est chargé, à pelletées, sur des
+wagonnets, qui vont directement le déverser dans les navires amarrés à
+la base de la montagne; celui qui est de qualité inférieure subit
+seul, dans les usines, un triage préalable. L'exploitation est
+abondante, se fait à peu de frais, et atteint par an 300 000 tonnes
+environ, qui représentent plus de 5 millions de francs. Un grand
+nombre de navires viennent d'Angleterre.</p>
+
+<p>La montagne, attaquée déjà par les Étrusques et par les Romains dont
+on retrouve, en creusant, des monnaies de cuivre et d'argent, semble
+inépuisable; éventrée chaque jour plus profondément, elle prend des
+aspects de cratères lunaires, où la face des ouvriers disparaît sous
+le fard de poussière ferreuse que la sueur leur colle au visage dans
+l'effrayante réverbération du soleil contre les parois dénudées qui
+les entourent. Les paillettes de métal étincellent partout sous ses
+rayons implacables et l'on croirait fouler, en marchant, de fulgurants
+tapis de diamants.</p>
+
+<p>Mais avec quelle joie je revois au retour la gorge solitaire, si
+doucement élyséenne, de Monserrat, et le golfe d'azur où Porto-Ferraio
+mire ses vieux remparts et ses tourelles génoises! Ce n'est plus pour
+longtemps, cependant; la tare est en train de s'étendre. Jusqu'à ce
+jour Rio Marina, caché par les verdoyants revers de la montagne,
+demeurait relégué dans son coin. Tout le reste de l'île était intact.
+Le minerai, comme nous venons de le dire, s'y travaillait peu; sitôt
+recueilli, on l'expédiait ailleurs. Cela va changer.</p>
+
+<p>En pleine baie de Porto-Ferraio, voici que les hauts-fourneaux
+s'élèvent; écrasant tout le paysage admirable, deux énormes cheminées
+de quatre-vingts mètres de haut achèvent, à cette heure, de se dresser
+dans le ciel, rigides et rouges comme deux bras monstrueux de
+guillotine. Elles vont s'allumer bientôt et, sur tout cet azur, sur
+toute la splendeur de l'île, vomir jour et nuit leur fumée, cracher
+leurs flammèches; où régnait Ph&oelig;bus radieux, Vulcain accourt avec
+ses Cyclopes barbouillés de suie et le ronflement de ses fournaises.</p>
+
+<p>Vous croyez peut-être que les gens de Porto-Ferraio ont protesté? Car
+enfin, que la Compagnie des mines étende ses affaires, rien de plus
+naturel à son point de vue; mais eux, dont l'air va s'empoisonner, le
+ciel se ternir, qu'ont-ils dit? Ils ont été dans le ravissement. Ils
+ont vu là une «administration» qui s'établissait, c'est-à-dire le
+rêve, cher à tous les gens du Midi, des postes de concierges à une
+porte où ne passe personne, des places dans des bureaux où il n'y a
+rien à faire. Ils n'ont point songé que l'industrie privée, différente
+de l'État, ne paye pas d'employés inutiles, et qu'il faut à des
+hauts-fourneaux plus de chauffeurs que de gratte-papier. Oui certes,
+il y aura de l'argent à gagner, non pas en lisant son journal, au
+frais, dans un <span class="pagenum"><a id="page120" name="page120"></a>(p. 120)</span> bon fauteuil, mais en bourrant de charbon la
+gueule des brasiers. Ceux qui avaient un petit métier paisible, les
+paysans qui cultivaient leur champ, les quitteront; dans l'appât d'un
+gain immédiat un peu plus fort, se faisant ouvriers, ils viendront à
+l'usine se dessécher la poitrine et se brûler la face. Et, comme ces
+peuplades africaines qui dansent devant leurs idoles buveuses de sang,
+ils ont tous sauté de joie autour de l'impitoyable Moloch qui
+s'apprête à les dévorer.</p>
+
+<p>Tel est l'aspect général de l'île. En dehors des deux routes de
+Marciana et de Rio, qui la traversent d'une extrémité à l'autre et
+courent, avec leurs innombrables pentes et circuits, une soixantaine
+de kilomètres environ, il n'y a d'autre voie carrossable importante
+que celle de Campo, le dernier gros bourg de l'île, sur la côte sud,
+célèbre par ses carrières de granit, d'où Pise tirait les plus belles
+colonnes de ses églises et de ses palais. Longtemps après la déchéance
+de Pise, des fûts à demi équarris se voyaient encore épars sur le sol
+de ces carrières, des socles ébauchés, des chapiteaux somptueux
+entaillés dans des blocs, débris mort-nés d'une magnificence
+subitement éteinte. Au-dessus du petit port de Campo de la Mer, perche
+sur la montagne le second village de San Pietro in Campo; toujours le
+nid d'aigle, le village d'en haut refuge coutumier du village d'en
+bas.</p>
+
+<p>À travers tout le reste de l'île, où l'on peut dire qu'il ne se trouve
+pas dix mètres de sol plat, l'on ne rencontre que des chemins
+muletiers, des sentiers suspendus au-dessus de ses caps inaccessibles
+et de ses golfes aux profondeurs d'abîmes, ou franchissant à
+grand'peine les crêtes déchiquetées de ses sommets, sur lesquels,
+éternellement, claque le vent et tournoient les nuées.</p>
+
+<p>Le point culminant est le Monte Capanna voisin du Monte Giove, et qui
+mesure mille six mètres, selon les géographes anciens, mille dix-neuf
+d'après les calculs modernes.</p>
+
+<p>La population elboise, qui est aujourd'hui de vingt-cinq mille
+habitants, était de douze mille lorsque le traité de Fontainebleau
+donna l'île à Napoléon.</p>
+
+<p class="sig">(<i>À suivre.</i>)
+<span class="right10 smcap">Paul Gruyer</span></p>
+
+<a id="img030" name="img030"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img030.jpg" width="400" height="292" alt="" title="">
+<p>LE COUCHER DU SOLEIL SUR LE MONTE GIOVE.</p>
+</div>
+
+<p class="smaller center">Droits de traduction et de reproduction réservées.</p>
+
+
+
+<p class="serie"><span class="pagenum"><a id="page121" name="page121"></a>(p. 121)</span> TOME XI, NOUVELLE SÉRIE,&mdash;11<sup>e</sup> LIV.
+<span class="right10">N<sup>o</sup> 11&mdash;18 Mars 1905.</span></p>
+
+<a id="img031" name="img031"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img031.jpg" width="600" height="371" alt="" title="">
+<p>PORTO-FERRAIO ET SON GOLFE VUS DES JARDINS DE SAN
+MARTINO.</p>
+</div>
+
+
+
+
+<h2>L'ÎLE D'ELBE<a id="footnotetag5" name="footnotetag5"></a><a href="#footnote5" title="Lien vers la note 5"><span class="smaller">[5]</span></a><br>
+<span class="smaller">Par M. PAUL GRUYER.<br>
+<i>Illustrations d'après les photographies de l'auteur.</i></span></h2>
+
+<p class="resume">III. &mdash; Napoléon, roi de l'île d'Elbe. &mdash; Installation aux
+ Mulini. &mdash; L'Empereur à la gorge de Monserrat. &mdash; San Martino
+ Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond aux deux
+ colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bains et le miroir de
+ la Vérité. &mdash; L'Empereur transporte ses pénates sur le Monte
+ Giove. &mdash; Elbe perdue pour la France. &mdash; L'ancien Musée de San
+ Martino. Essai de reconstitution par le propriétaire actuel. Le
+ lit de M<sup>me</sup> Mère. &mdash; Où il faut chercher à Elbe les vraies
+ reliques impériales. «Apollon gardant ses troupeaux.» Éventail et
+ bijoux de la princesse Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio.
+ Autographes. La robe de la signorina Squarci. &mdash; L'église de
+ l'archiconfrérie du Très Saint-Sacrement. La «Pieta» de
+ l'Empereur. Les broderies de soie des Mulini. &mdash; Le vieil aveugle
+ de Porto-Ferraio.</p>
+
+<a id="img032" name="img032"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img032.jpg" width="250" height="290" alt="" title="">
+<p class="cap250px">L'ARRIVÉE DE NAPOLÉON À L'ÎLE D'ELBE, D'APRÈS UNE
+CARICATURE DU TEMPS.</p>
+</div>
+
+<p>Ce fut le 3 mai 1814, à l'aube du jour, que l'Empereur arriva en vue
+de son nouveau royaume. Il y fit le lendemain son entrée officielle,
+accompagné des deux maréchaux Bertrand et Drouot, du commandant des
+Polonais, colonel Germanowski, du colonel anglais Sir Campbell et du
+feld-maréchal Koller, autrichien, ces deux derniers étant près de lui
+commissaires de la Sainte-Alliance. Remise lui fut faite aussitôt par
+le commandant de Porto-Ferraio, général Dalesme, de la citadelle, des
+magasins de guerre et de bouche, et de toutes les propriétés du
+domaine public. Le maire de Porto-Ferraio, Signor Traditi, lui
+présenta les clefs de la ville sur un plat d'argent. L'Empereur se
+logea momentanément à l'Hôtel de Ville, garni en toute hâte avec des
+meubles prêtés par les citoyens de bonne volonté. Il s'y trouvait
+d'autant plus mal qu'étant là, selon le v&oelig;u de la municipalité, «au
+milieu même de son peuple», il n'y <span class="pagenum"><a id="page122" name="page122"></a>(p. 122)</span> pouvait avoir un moment
+de tranquillité, exposé à tous les ennuis d'une curiosité,
+bienveillante et pleine d'enthousiasme sans doute, mais fort gênante;
+sa venue dans cette petite île, choisie par lui comme lieu de sa
+retraite, avait été pour les Elbois un vrai coup de foudre, un
+éblouissement d'orgueil, un délire de joie, et chacun prétendait
+dévorer son morceau d'Empereur. Il ordonna donc d'abattre un amas de
+vieilles bicoques, qui encombraient le plateau supérieur de la colline
+de Porto-Ferraio, et de dégager ainsi deux pavillons occupés par le
+génie et par l'artillerie de la forteresse, qui, réunis ensemble par
+un bâtiment central, formeraient au-dessus de la ville les nouvelles
+«Tuileries». C'est le palais actuel des Mulini ou des Moulins, que
+l'on appela ainsi en souvenir des moulins à vent qui occupaient le
+plateau et que l'on démolit alors. C'est la maison que nous avons
+visitée tout à l'heure.</p>
+
+<p>Dès qu'il y fut installé, les lois de l'étiquette furent remises en
+vigueur, et le «Roi», que l'on s'obstina à appeler «l'Empereur», ne
+reçut plus que sur audiences. Madame Mère toujours vivante et toujours
+Corse, n'avait pas tardé à rejoindre son fils dans son exil; puis ce
+fut l'arrivée de la princesse Pauline. La «Cour» fut constituée des
+éléments les plus hétéroclites et les plus divers. Bertrand fut nommé
+ministre des Affaires civiles, Drouot, gouverneur de l'île, et chargé
+des Affaires militaires; le trésorier Peyrusse continua le maniement
+matériel des Finances, dont l'Empereur prit la direction, et quatre
+chambellans furent choisis parmi les plus notables Elbois. Deux
+anciens fourriers des Tuileries se virent élevés au grade de «préfets
+du Palais» et l'ancien médecin des chevaux aux Tuileries devint
+médecin en chef de l'Empereur. Il y eut pour tout le monde un flot de
+broderies et de galons d'or; chacun, à Porto-Ferraio, eut le bonheur
+d'être fonctionnaire et de pouvoir se pavaner dans les rues, chamarré
+de la tête aux pieds.</p>
+
+<p>Porto-Ferraio fut également doté d'un théâtre. Ce théâtre fut installé
+dans l'ancienne église Saint-François, et l'Empereur, qui ne se
+souciait pas d'en payer les frais de construction, le mit en actions;
+les plus riches familles de la ville achetèrent les loges, qui furent
+jalousement disputées, et dont les acquéreurs devinrent propriétaires
+à vie. Les membres de la Société prirent, en outre, le nom
+d'académiciens avec cette devise: «<i>A noi la sorte!</i> À nous la faveur
+du sort!» La loge centrale fut réservée à l'Empereur, que le rideau de
+scène représenta sous la figure d'Apollon banni du ciel, gardant ses
+troupeaux chez Admète et instruisant les bergers.</p>
+
+<a id="img033" name="img033"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img033.jpg" width="300" height="209" alt="" title="">
+<p class="cap300px">LE DRAPEAU DE NAPOLÉON ROI DE L'ÎLE D'ELBE: FOND BLANC,
+BANDE ORANGÉ-ROUGE ET TROIS ABEILLES JADIS DORÉES.</p>
+</div>
+
+<p>L'Empereur, entre temps, explorait son île; il s'amusait à en visiter
+les sites les plus pittoresques, à escalader ses caps et ses rochers,
+tantôt à cheval, tantôt à pied, un bâton de berger à la main. Il
+gravit ainsi, par des sentiers de chèvre, le pic de Giove qui se
+dresse non loin de Volterrajo, à la pointe nord de l'île, et qu'il ne
+faut point confondre avec le monte Giove sur le flanc duquel se trouve
+le village de Marciana. L'un et l'autre sommets étaient, dans les
+temps antiques, consacrés au roi des dieux, et le même nom leur en est
+demeuré. L'Empereur y remua du pied des débris épars sur lesquels il
+s'assit ensuite, tel Marius sur les ruines de Carthage, en disant:
+«Même les monuments périssent!» Puis, se laissant aller à toute la
+fougue de son imagination «ardente, impétueuse et sans bornes, il
+traça le dessin d'une demeure solitaire à élever sur ce pic rocheux,
+retraite d'une idéale beauté, unique, merveilleuse, en laquelle,
+semblable aux dieux de la Fable, il planerait dans le ciel au-dessus
+de la terre des hommes.» Mais bientôt il laissa retomber ses bras en
+secouant la tête, car il aurait fallu, pour rendre réel un pareil
+rêve, des millions qu'il ne possédait plus maintenant.</p>
+
+<p>Un autre jour, par une après-midi radieuse, il se rendit également à
+cette gorge de Monserrat, où nous avons nous-même erré tout à l'heure.
+Il était accompagné seulement de Bertrand et de Pons de l'Hérault,
+alors directeur des mines, qui nous a raconté toute l'excursion dans
+son amusant et précis détail. On peut la refaire aujourd'hui, livre en
+main, en retrouvant presque tous les cailloux de la route.</p>
+
+<p>«Nous prenons, dit Pons, en quittant la route de Porto-Ferraio, un
+sentier étroit, bordé de hauts cyprès, dans un ravin couvert d'aloès
+et de figuiers de Barbarie, et au fond duquel coule un ruisseau qui va
+se perdre dans la mer à la fontaine de Barberousse....» Le sentier,
+les cyprès, les aloès et les cactus, la petite fontaine, les voilà.</p>
+
+<div class="wrap_area_left">
+<a id="img034" name="img034"></a>
+<img src="images/img034.jpg" width="600" height="603" alt="" title="">
+
+<div class="shape_wrap_left">
+ <div style="width: 400px; height: 260px;">&nbsp;</div>
+ <div style="width: 620px; height: 350px;">&nbsp;</div>
+<p class="floatleft" style="width: 100px; font-size: 70%; margin-top: -250px;">LA SALLE DE BAINS DE SAN MARTINO A CONSERVÉ SA
+BAIGNOIRE DE PIERRE.</p>
+<p class="floatleft" style="width: 600px; font-size: 70%">LA CHAMBRE DE NAPOLÉON À SAN MARTINO.</p>
+</div>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page123" name="page123"></a>(p. 123)</span> En suivant le sentier ils arrivèrent à l'ermitage. «Les
+ermites, continue Pons, y ont ramassé un peu de terre, planté quelques
+arbres et quelques ceps. L'église est simple et pauvre, mais bien
+tenue; la cellule de l'ermite, maisonnette assez commode, est située
+sur une petite terrasse couverte de treillages.» C'est bien cela
+toujours: les treillages, les pampres, la maisonnette blanche.
+Cependant l'Empereur était parvenu jusqu'au seuil de la petite
+chapelle; il s'y arrêta avant d'entrer, et se retournant comme nous le
+faisons encore aujourd'hui vers le paysage enchanteur, à la fois
+grandiose et doux, «si loin des amertumes de la vie», il se sentit
+pénétrer par le charme intense et rare qui s'en dégageait (chose
+étrange que ces identités de vibrations de l'âme humaine!) et demeura
+quelques instants, sans rien dire. Puis il entra dans l'église. Elle
+était tout illuminée. Il s'agenouilla un instant et il donna à
+l'ermite. Après quoi on déballa un panier de provisions, apporté de
+Porto-Longone, et auquel chacun fit brèche. L'Empereur, à la suite du
+déjeuner, fatigué par la chaleur, s'assoupit sur sa chaise. Lorsqu'il
+se fut réveillé, on se remit en route: «il était gai comme tout le
+monde, et ces moments furent vraiment des moments heureux.»</p>
+
+<p>Le palais des Mulini n'était pas encore achevé que l'Empereur avait
+désiré une autre maison, un peu plus distante des rumeurs de la ville
+et dans le calme plus reposant de la campagne. La saison chaude, en
+outre, était venue, et il fallait songer à prendre ses précautions
+contre une température excessive déjà sous cette latitude. L'Empereur
+se fit construire la résidence de San Martino.</p>
+
+<p>L'on s'y rend aujourd'hui par la route de Marciana; à quatre
+kilomètres environ de Porto-Ferraio, un chemin bifurque et s'engage
+dans un vallon dont le fond est, comme à Monserrat, fermé en
+amphithéâtre par une colline escarpée plantée de vignes à sa base et,
+plus haut, de touffes de chênes et de maquis. On s'élève peu à peu,
+jusqu'à mi-côte de la montagne, et, de là, en se retournant, on
+aperçoit se développer Porto-Ferraio et sa colline, sa citadelle et le
+cercle de sa rade, en un tableau qui semble agencé tout exprès pour le
+plaisir des yeux. Le site n'a pas le charme virgilien de celui de
+Monserrat, mais il est beau différemment, et par sa proximité de la
+capitale il était tout indiqué pour y bâtir le «Saint-Cloud» impérial,
+ainsi que les grenadiers de la Garde ne manquèrent pas d'appeler
+aussitôt le nouveau palais.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page124" name="page124"></a>(p. 124)</span> La maison est toujours là. Elle rappelle par son aspect un de
+ces humbles réduits à la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles,
+asile de Philémon et de Baucis, comme nous en montrent les estampes de
+la fin du <span class="smcap">XVIII</span><sup>e</sup> siècle. Quatre murs blancs, un toit de tuiles, un
+rez-de-chaussée avec une porte étroite, et un premier. Par derrière,
+et par suite de la déclivité du terrain, il n'y a plus qu'un
+rez-de-chaussée, qui est le premier de la façade. Tout alentour, de
+grands arbres, micocouliers, chênes verts, magnolias aux feuilles
+lisses et aux fleurs charnues, et, dans le jardin, de petites allées
+ombreuses avec des charmilles de buis et des bordures de pervenches.</p>
+
+<p>Nous entrons. Voici d'abord «la salle des Pyramides». Elle est en
+proportion de la demeure et ne mesure guère plus de huit mètres de
+long sur autant de large, avec un plafond bas. Au centre, afin de lui
+donner la couleur locale nécessaire, un bassin et un jet d'eau, à sec
+l'un et l'autre. Au plafond, les signes du Zodiaque, et, sur les murs,
+des colonnes égyptiennes s'entremêlant de minarets, de palmiers et de
+charges de mameluks, en souvenir des victoires de la première heure.
+C'est, en dépit des assertions du <i>Mémorial de Sainte-Hélène</i> qui
+affirme avec audace que «les plus grands artistes vinrent à Elbe se
+disputer l'honneur d'embellir les logis impériaux», de la peinture qui
+rappelle un peu celle des enseignes de village, de cette peinture «en
+trompe-l'&oelig;il», semblable à un décor de théâtre, dont les Italiens
+aiment à orner leurs maisons et où ils sont, du reste, assez habiles.
+Toute une époque, cependant, revit là soudain, et, comme dans la
+grande salle des Mulini, l'abandon même des choses leur a conservé
+leur singulière et vivante réalité. La cheminée, faite d'une table de
+marbre supportée par deux fines colonnettes, est jolie. Entre les fûts
+de deux des grosses colonnes peintes, qui décorent les murs, on lit
+trois mots qui semblent négligemment jetés là, comme une inscription
+de poète ou d'amoureux sur un tronc d'arbre ou sur un rocher:
+«<i>Ubicunque felix Napoleon.</i> Napoléon est partout heureux.» L'Empereur
+a voulu proclamer ainsi qu'il était satisfait dans son île et qu'il ne
+songeait point à en sortir jamais.</p>
+
+<p>C'est ensuite le salon. Au plafond, voletant dans un ciel d'azur, deux
+colombes sont enlacées par un ruban «dont le n&oelig;ud se resserre à
+mesure qu'elles semblent s'éloigner l'une de l'autre». Les deux
+colombes représentent Marie-Louise et l'Empereur. La tradition raconte
+que c'est l'Empereur lui-même qui indiqua ce sujet au peintre, qui a
+voulu qu'à son arrivée, imminente d'un jour à l'autre, sa femme, en
+voyant cet amoureux symbole, connaisse bien qu'elle n'a pas été
+oubliée. Marie-Louise n'est jamais venue, mais les colombes et leur
+ruban bleu volettent toujours.</p></div>
+
+<a id="img036" name="img036"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img036.jpg" width="400" height="269" alt="" title="">
+<p class="cap400px">LA COUR DE NAPOLÉON À L'ÎLE D'ELBE, D'APRÈS UNE
+CARICATURE DU TEMPS.</p>
+</div>
+
+<p>L'on traverse ensuite des pièces vides, dont le plancher plie sous les
+pas; dans l'une d'elles, il y a un lit en acajou, de style bateau,
+avec des cuivres dorés, ainsi qu'un fauteuil à bascule, et un petit
+meuble bombé, qui porte un service à café en porcelaine. C'est la
+chambre de l'Empereur; elle occupe l'angle de gauche de la maison. Ce
+lit, que le portier affirme naturellement être celui de l'Empereur,
+serait en réalité, d'après les traditions que se sont transmises les
+propriétaires successifs de San Martino, celui du grand-maréchal
+Bertrand.</p>
+
+<p>Les deux étages de San Martino communiquent intérieurement entre eux
+par un petit escalier raide et étroit comme une échelle de moulin, et
+où l'Empereur, déjà obèse, avait, semble-t-il, tout juste la place de
+passer. Il est probable, d'ailleurs, qu'il en faisait peu d'usage, le
+premier étage qu'il habitait étant par derrière, comme nous l'avons
+dit, de plain pied avec le jardin; le rez-de-chaussée était réservé au
+personnel de la maison et à la cuisine. L'Empereur n'avait là que sa
+salle de bain, où il descendait chaque matin. Elle a conservé sa
+baignoire de pierre, et, sur le mur rongé d'humidité, une vague
+fresque peinte, effritée comme une mosaïque de Pompéi, représente une
+femme nue couchée, qui tient à la main un <span class="pagenum"><a id="page125" name="page125"></a>(p. 125)</span> miroir, le miroir
+de la Vérité, comme nous l'apprend une nouvelle inscription: «<i>Qui
+odit veritatem, odit lucem.</i> Qui hait la vérité hait la lumière.» La
+mélancolique naïade a survécu dans son geste immobile et gracieux vers
+l'impérial baigneur qui, s'il aimait à savoir la vérité, n'aimait
+guère, par contre, à la dire.</p>
+
+<a id="img037" name="img037"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img037.jpg" width="300" height="500" alt="" title="">
+<p class="cap300px">UNE FEMME DU VILLAGE DE MARCIANA ALTA.</p>
+</div>
+
+<p>La chaleur augmentait de plus en plus à Porto-Ferraio, et l'Empereur,
+qui en souffrait physiquement, s'impatientait. Dès qu'il avait trouvé
+trois pièces habitables à San Martino, il s'y était transporté avec un
+lit de fer, mais il ne tarda pas à s'apercevoir que, là aussi, il
+étouffait. Dans ce cercle de montagnes, la réverbération du soleil
+était extrême et l'air ne circulait pas. L'ombre surtout manquait; les
+arbres qu'il faisait planter et dont les luxuriantes frondaisons se
+sont, depuis, épanouies si belles, étaient encore à l'état de
+squelette et séchaient sur pied. Il fut reconnu que San Martino serait
+une excellente résidence de printemps ou d'automne, mais qu'il
+fallait, pour l'été, chercher encore un autre gîte.</p>
+
+<p>C'est alors que l'Empereur songea à Marciana et au Monte Giove. Là
+aussi, sur ce faîte sublime dominant l'immensité, et où il avait, en
+arrivant parmi les châtaigniers séculaires, tressailli une fois de
+plus en face de l'incomparable spectacle de la nature qui s'offrait à
+lui, il aurait rêvé peut-être le palais merveilleux que son
+imagination avait bâti sur les cimes de Volterrajo, mais ce rêve
+n'était pas ici plus réalisable pour le roitelet de l'île d'Elbe.</p>
+
+<p>Il se contenta donc de beaucoup moins et fit simplement dresser, à
+côté de l'ermitage de la Madone, sa tente de campagne, où, «comme les
+rois de l'antiquité, dit Pons, il éleva sous la toile son trône
+voyageur». Il décida en outre que la Cour (c'est-à-dire Madame Mère
+avec ses dames de compagnie, son valet de chambre et son cuisinier,
+plus «un maître de piano et un violoniste, un bon chanteur et une
+bonne chanteuse» pour se distraire le soir) s'installerait de son
+mieux au village abrupt de Marciana Alta. Cette installation, si peu
+considérable qu'elle fût, était encore malaisée en ce nid de vautour,
+et l'Empereur dut, à l'instar aussi de ces rois antiques, s'occuper
+lui-même de tous les détails du ménage. «Monsieur le comte Bertrand»,
+écrivait-il de la Madone, le 23 août, au grand-maréchal du palais
+resté à Porto-Ferraio, «il me manque deux volets pour les fenêtres de
+ma chambre à coucher; la troisième fenêtre en a. Tâchez de me les
+envoyer demain. Envoyez-moi également deux lanternes pour mettre à la
+porte de ma tente, et un fanal. J'ai apporté ici mes trois lits de
+fer; j'ordonne qu'on en mette un à Marciana pour Madame Mère; elle
+sera bien dans la maison de l'adjoint et pourra venir jeudi. Elle aura
+une chambre pour elle, et trois pour son personnel. Il y a dans cette
+maison tous les gros meubles nécessaires; je lui ferai ajouter une
+commode. Je crois qu'il y a assez d'objets de cuisine. Il y a aussi
+assez de bougie et de lumière. Envoyez trois rideaux pour sa chambre;
+les tringles y sont. Envoyez-nous aussi des feux, pincettes, pelles,
+etc. Je crois que c'est avec raison qu'on dit qu'il faut faire ici du
+feu le soir.»</p>
+
+<p>L'Empereur demeura près d'une quinzaine à Marciana. L'attrait
+fascinateur du Monte Giove le retenait sans doute, et ce sauvage
+village de Marciana devait exercer la même attirance sur Madame Mère.
+C'était la Corse, en effet, que l'un et l'autre ils avaient retrouvée
+Là.</p>
+
+<a id="img038" name="img038"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img038.jpg" width="300" height="221" alt="" title="">
+<p class="cap300px">LE PLAFOND DE SAN MARTINO ET LES DEUX COLOMBES
+SYMBOLIQUES REPRÉSENTANT NAPOLÉON ET MARIE-LOUISE.</p>
+</div>
+
+<p>C'étaient ses mêmes maisons farouches, c'étaient l'enivrement de son
+air libre et de ses purs sommets <span class="pagenum"><a id="page126" name="page126"></a>(p. 126)</span> et ces mêmes senteurs du
+maquis qui leur faisaient revivre à tous deux le passé lointain. De
+tout là haut où il s'asseyait, les pieds dans la bruyère, son fusil de
+chasse entre les jambes, non seulement il le respirait, ce parfum qui,
+comme il l'a dit à Sainte-Hélène, lui aurait fait reconnaître la Corse
+«les yeux fermés», mais il la voyait elle-même, comme nous l'avons
+vue, se dessiner sur l'horizon dans le flamboiement du soleil
+couchant. Quelle émotion, secrète et réelle, celle-là, devait le
+saisir et lui étreindre la gorge, à l'aspect de sa terre natale
+apparaissant ainsi sur la mer, au déclin du jour, et en face de
+laquelle il se retrouvait, à son déclin lui-même! Elbe et la Corse
+c'étaient les deux extrémités de sa gloire. Là, elle n'était pas née
+encore, ici elle commençait à mourir. Sa vie tout entière tenait entre
+ces deux sommets, celui où il était assis, celui qu'il apercevait
+là-bas. Quant à l'avenir, que serait-il?</p>
+
+<p>L'avenir fut, on le sait, ce qu'il devait être fatalement, l'audacieux
+et soudain départ sur le brick l'<i>Inconstant</i>, le 26 février 1815,
+avec une armée de huit à neuf cents hommes, et la reconquête
+momentanée du trône de France. Napoléon, roi de l'île d'Elbe, avait
+régné dix mois exactement. Le 30 juillet 1815, un peu plus d'un mois
+après Waterloo, le grand-duc de Toscane ayant envoyé une flottille à
+Porto-Ferraio, elle y débarqua sans obstacle.</p>
+
+<p>Le 2 septembre, la souveraineté de Ferdinand III fut officiellement
+reconnue, et Elbe fit ainsi retour à la Toscane, c'est-à-dire à
+l'Italie dont elle a depuis fait partie.</p>
+
+<a id="img039" name="img039"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img039.jpg" width="400" height="269" alt="" title="">
+<p class="cap400px">SAN MARTINO RAPPELLE PAR SON ASPECT UNE DE CES
+MAISONNETTES À LA JEAN-JACQUES ROUSSEAU, AGRESTES ET PAISIBLES (page
+<a href="#page123">123</a>).</p>
+</div>
+
+<p>Tout en étant aujourd'hui loyaux sujets de la monarchie de Savoie, les
+Elbois aiment toujours la France et accueillent avec sympathie toute
+démarche amie de sa part. Ils fraternisent surtout avec les Corses,
+leurs voisins dans les flots; Porto-Ferraio et Bastia choquent
+volontiers leurs verres en de cordiaux banquets.</p>
+
+<p>Mais, par-dessus tout, ils aiment à glorifier, chaque année, le
+souvenir de leur ancien Empereur par la cérémonie funèbre du 5 mai
+(date de la mort à Sainte-Hélène), dont nous avons parlé au début de
+ce livre. Là, les passions politiques, que ce mort soulève encore chez
+nous, n'existent pas à son égard; on le respecte, simplement parce
+qu'il fut grand, et que s'élever au-dessus des hommes est chose plus
+ardue que de critiquer et juger ceux qui ont su y parvenir. On
+l'honore aussi par reconnaissance durable pour le bien qu'il a fait en
+passant à son petit royaume, pour la place qu'il a donnée dans
+l'histoire à ce coin de terre, dont nul, sans lui, ne connaîtrait
+aujourd'hui le nom.</p>
+
+<a id="img040" name="img040"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img040.jpg" width="600" height="435" alt="" title="">
+<p>RIDEAU DU THÉÂTRE DE PORTO-FERRAIO REPRÉSENTANT
+NAPOLÉON SOUS LA FIGURE D'APOLLON GARDANT SES TROUPEAUX CHEZ ADMÈTE.</p>
+</div>
+
+<p>En quittant l'île d'Elbe, l'Empereur avait légué à Porto-Ferraio sa
+maison des Mulini, son portrait en pied <span class="pagenum"><a id="page128" name="page128"></a>(p. 128)</span> placé dans la salle
+principale de la maison commune, et sa bibliothèque; mais le grand-duc
+de Toscane mit bientôt la main sur toutes les propriétés impériales.
+Il fit vendre les meubles, dont une partie se dispersa à l'étranger,
+dont une autre fut achetée dans l'île par les habitants, qui s'en
+servirent pour leur usage personnel, et chez lesquels on en retrouve
+ça et là des débris.</p>
+
+<a id="img041" name="img041"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img041.jpg" width="600" height="431" alt="" title="">
+<p>LA SALLE ÉGYPTIENNE DE SAN MARTINO EST DEMEURÉE INTACTE
+AVEC SES PEINTURES MURALES ET SON BASSIN À SEC.</p>
+</div>
+
+<p>L'Hôtel de Ville conserve également, comme nous l'avons dit, le
+drapeau du souverain de l'île d'Elbe, quelques chaises du mobilier de
+l'époque, branlantes et défoncées, aujourd'hui reléguées dans les
+greniers, et, au rez-de-chaussée, ceux des livres de la bibliothèque
+de l'Empereur que le grand-duc de Toscane n'avait pas vendus ou
+emportés.</p>
+
+<p>En 1851, le prince Anatole Demidoff, qui s'était allié aux Bonaparte
+en épousant une fille de Jérôme, acquit San Martino et entreprit d'y
+établir un musée napoléonien, où il réunirait tous les objets qu'il
+pourrait retrouver à Elbe, augmentés d'une collection personnelle fort
+riche se rapportant à diverses époques de la vie impériale. Afin,
+toutefois, de ne pas défigurer la petite maison qui avait abrité le
+grand Empereur, il profita de la déclivité du terrain pour faire
+construire en dessous d'elle, et lui formant en quelque sorte comme un
+piédestal avec son toit en terrasse et ses colonnes, une sorte
+d'édifice de 63 mètres de façade, à l'imposante architecture, et
+portant à ses angles des aigles aux ailes éployées. Ce fut lui aussi
+qui fit placer dans le jardin des Mulini, à Porto-Ferraio, les
+écussons de marbre blanc et les bas-reliefs que l'on y voit dans les
+parterres; ce fut lui qui fit don à l'église de la Miséricorde du
+cercueil d'ébène et du masque de bronze de l'Empereur, qui institua la
+cérémonie funèbre du 5 mai, et qui légua les fonds nécessaires pour la
+distribution d'aumônes qui l'accompagne. Mais après sa mort, son neveu
+et héritier, Paul Demidoff, envoya vendre à Florence, à vil prix, à la
+criée publique, tout ce que renfermait ce coûteux et précieux musée.
+San Martino fut lui-même cédé à un nommé Giuliani; il n'y restait
+qu'un lit, c'est ce lit que nous avons vu dans la chambre de
+l'Empereur et le fauteuil à bascule que l'on y voit également.</p>
+
+<a id="img042" name="img042"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img042.jpg" width="250" height="467" alt="" title="">
+<p class="cap250px">BRODERIES DE SOIE DU COUVRE-LIT ET DU BALDAQUIN DU LIT
+DE NAPOLÉON AUX MULINI, DONT ON A FAIT LE TRÔNE ÉPISCOPAL DE L'ÉVÊQUE
+D'AJACCIO.</p>
+</div>
+
+<p>San Martino a été revendu, depuis, à un richissime propriétaire de
+l'île d'Elbe, Signor del Buono, qui expulsa de la maison un certain
+nombre d'objets hétéroclites qui s'y étaient introduits, et la rendit
+à son aspect primitif. Il a même entrepris, depuis peu, de
+reconstituer dans la grande galerie Demidoff un musée napoléonien. Il
+y a fait rentrer tout d'abord le superbe lit d'acajou, à ornements
+dorés, de Madame Mère, qui se l'était fait expédier de Paris à
+Porto-Ferraio, puis après le départ de l'Empereur, l'avait envoyé à
+Lucques, où il servit probablement à la princesse Pauline, et où
+signor del Buono l'a retrouvé et racheté. Il a également racheté à une
+famille de Porto-Ferraio le guéridon et le service à café en
+porcelaine, qui sont aujourd'hui dans la chambre de l'Empereur et qui
+proviendraient des Mulini.</p>
+
+<p>C'est en effet dans les familles qu'il convient de rechercher à l'île
+d'Elbe ce qui a pu y demeurer de souvenirs impériaux. J'ai réussi,
+pour ma part, à en retrouver un certain nombre dont l'authenticité
+n'est pas douteuse. La signora Traditi, petite-fille du maire Traditi
+qui reçut l'Empereur à l'île d'Elbe et y fut un de ses chambellans,
+conserve toujours et m'a montré les clefs de la ville, que son
+grand-père présenta au nouveau souverain, sur un plat d'argent, le
+jour de son débarquement. Elle possède également quelques meubles
+provenant du palais impérial, une miniature de l'Empereur, en habit
+vert de chasseur de la garde, et un bel éventail en ivoire sculpté,
+avec des peintures de style chinois, que lui adressa de Rome la
+princesse Pauline, après son départ de l'île d'Elbe, en même temps
+qu'un collier de perles avec un camée, des boucles d'oreilles et deux
+bagues. La lettre d'envoi de Pauline accompagnant ces souvenirs «à la
+bonne Madame Traditi» y est jointe. Elle m'a montré également la
+lettre que le grand-maréchal Bertrand écrivit de Paris, le 24 mars, au
+maire Traditi, pour lui annoncer les derniers événements qui avaient
+eu lieu en France, le retour de Sa Majesté aux Tuileries, et lui faire
+part du don que l'Empereur faisait à la ville de Porto-Ferraio de son
+portrait en pied placé dans la salle de la Maison commune (ce portrait
+a disparu et a été remplacé par celui qui s'y trouve actuellement et
+qui a été donné par le prince Demidoff).</p>
+
+<p>Le signor Squarci, dont le grand-oncle était, en 1814, médecin à
+l'hôpital de Porto-Ferraio, possède <span class="pagenum"><a id="page129" name="page129"></a>(p. 129)</span> l'original d'un ordre de
+l'Empereur commandant au comte Drouot de former une nouvelle compagnie
+de canonniers pris dans les chevau-légers polonais, les mamelucks et
+les chasseurs. L'ordre est du 2 juillet et signé de l'Empereur; il
+porte, en annotation: «Ce 4 juillet, fait le rapport demandé.» Le
+signor Squarci a dans sa cave deux ou trois douzaines de bouteilles
+vides de la cave impériale, et sa fille se plaît encore à revêtir la
+robe de satin blanc que son aïeule portait aux fêtes des Mulini.
+Signor Bigeschi, aujourd'hui syndic de Porto-Ferraio, et dont
+l'arrière-grand-père fut membre de la junte gouvernementale de l'île
+d'Elbe instituée par l'Empereur lorsqu'il partit, garde dans ses
+papiers le passeport donné par le pape à Madame Mère, se rendant à
+l'île d'Elbe avec sa suite sous le nom de Madame De Pont.</p>
+
+<a id="img043" name="img043"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img043.jpg" width="250" height="468" alt="" title="">
+<p class="cap250px">LA SIGNORINA SQUARCI DANS LA ROBE DE SATIN BLANC QUE
+SON AÏEULE PORTAIT À LA COUR DES MULINI.</p>
+</div>
+
+<p>Grâce à la cristallisation de la vie dans cette petite île, toutes ces
+pièces, tous ces objets ne sont jamais sortis des familles qui les
+détiennent. Ce sont eux (nous allons encore en retrouver d'autres) qui
+pourraient reformer ce nouveau musée de San Martino et ramener à Elbe
+les visiteurs étrangers; c'est là que Signor del Buono doit puiser. Le
+rideau du théâtre, qui représente le roi de l'île d'Elbe sous la
+figure d'Apollon et qui résiste, depuis un siècle, au service de
+toutes les troupes de passage, mais s'éraille chaque jour de plus en
+plus, est pareillement une pièce historique, dont le transport
+s'impose dans la vaste galerie Demidoff.</p>
+
+<p>Avant mon départ de Porto-Ferraio, l'excellent abbé Soldani, que je
+trouvais chaque jour prêt à se mettre à mon service et qui avait voulu
+m'inscrire membre d'honneur de la Confrérie des Pénitents Blancs, sans
+obligation toutefois de rentrer à Paris avec une cagoule, avait
+également tenu à m'emmener avec lui, un matin, dans l'église de
+l'Insigne Archiconfrérie du Très-Saint-Sacrement, dont il était
+prêtre, et à m'en ouvrir la sacristie aux armoires luisantes, aux murs
+silencieux imprégnés d'encens.</p>
+
+<p>Là il me sortit d'abord d'un tiroir un cadre ovale, en bois doré, de
+moyenne grandeur, et qui contenait une <i>Pieta</i>, c'est-à-dire la
+Vierge-Mère tenant sur ses genoux le cadavre de son Fils descendu de
+la croix. Ce tableau était suspendu à San Martino, en guise de
+crucifix, à la tête du lit de l'Empereur, et c'est devant lui qu'il ne
+manquait jamais, soir et matin, de s'agenouiller, dans cette vague
+croyance qu'une prière profonde à ce Dieu, dont il lui semblait se
+rapprocher plus qu'un autre, pouvait faire fléchir peut-être en sa
+faveur les arrêts du destin. Et pourtant sa mère à lui, qu'en priant
+devant ce tableau il enveloppait dans la même superstitieuse
+adoration, ne devait seulement pas, comme celle du Christ, le tenir
+mort sur son giron! Cette relique était venue ici directement,
+décrochée du mur de San Martino, lors de la vente générale faite dans
+l'île par le grand-duc de Toscane après Waterloo, et c'était un zélé
+confrère qui l'avait achetée de ses deniers, pour l'offrir à son
+église où l'Empereur était venu, le 29 mai 1814, entendre la messe de
+San Christino.</p>
+
+<p>Puis l'abbé Soldani tira d'une des armoires un paquet d'étoffes
+soupoudrées de camphre et soigneusement enveloppées. C'étaient de
+riches broderies de soie, ornées de guirlandes de fleurs en étoffe
+rapportée, aux couleurs chatoyantes et un peu jaunies, qui avaient
+pris cette infinie douceur des vieilles choses. Elles devaient
+provenir de la razzia de Piombino et servaient de couvre-pieds, de
+rideaux et de baldaquin au lit impérial, dans la chambre des Mulini.
+Ces broderies avaient été acquises à la même vente publique, et
+l'étoffe du couvre-pieds taillée, puis recousue sans que l'on touchât
+au dessin, de façon à pouvoir en recouvrir le trône épiscopal de
+l'évêque d'Ajaccio, lorsqu'il venait officier à Elbe.</p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="page130" name="page130"></a>(p. 130)</span> Après quoi l'abbé m'avait demandé la permission de me
+conduire à son père «qui, disait-il dans son amusant jargon français,
+meilleur encore que mon italien, était aveugle, et désirait me voir».
+Je le suivis.</p>
+
+<a id="img044" name="img044"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img044.jpg" width="300" height="176" alt="" title="">
+<p class="cap300px">ÉVENTAIL DE PAULINE BORGHÈSE, EN IVOIRE SCULPTÉ, ENVOYÉ
+EN SOUVENIR D'ELLE À LA SIGNORA TRADITI, FEMME DU MAIRE DE
+PORTO-FERRAIO.</p>
+</div>
+
+<p>Au premier étage d'une maison à l'escalier de pierre et dont les
+fenêtres étroites donnaient sur l'admirable baie aux flots bleus et
+aux tartanes vertes où je devais me rembarquer le lendemain, dans une
+grande pièce nue et carrelée, il y avait en effet un vieil aveugle. Il
+était assis sur un canapé de style Empire, en acajou paillé, et dans
+les rosaces duquel des cygnes sculptés enchâssaient des lyres. Encore
+un débris contemporain du passé, et réfugié là.</p>
+
+<p>«<i>Signor mon padre</i>, monsieur mon père», me dit l'abbé.</p>
+
+<p>Le vieux bonhomme n'avait pas paru nous avoir entendus, car il était
+également à peu près sourd. Enveloppé dans un manteau jeté sur ses
+épaules et dont les manches pendaient, il chauffait ses mains osseuses
+à un petit pot de terre jaune, où quelques braises allumées se
+consumaient sous la cendre, et que recouvrait un grillage de fil de
+fer, afin qu'il ne s'y brûlât pas. Cette sorte de brasero, tout
+primitif, était posé devant lui, sur un escabeau, et il l'enserrait de
+ses jambes glacées par l'âge. Ses yeux blancs, levés, regardaient le
+plafond, le ciel sans doute, car pour l'aveugle, il n'y a rien entre
+soi et sa pensée.</p>
+
+<p>L'abbé lui toucha l'épaule, et lui dit très fort, dans l'oreille: «<i>Le
+Signor francese!</i>»</p>
+
+<p>Alors je le vis se lever lentement (c'était rapidement pour sa
+faiblesse) et ses bras se remuer vers moi dans le vide. J'allai vers
+lui, je lui pris la main, et il demanda: «Est-ce lui?» Sur la réponse
+affirmative qui lui fut faite, il m'enserra tout à coup d'une vive
+étreinte, et je l'entendis qui se répétait en lui-même: «Français!
+L'Empereur! Mon père! Waterloo!» Puis il se mit à parler avec
+volubilité:</p>
+
+<a id="img045" name="img045"></a>
+<div class="floatleft">
+<img src="images/img045.jpg" width="250" height="351" alt="" title="">
+<p class="cap250px">LE LIT DE M<sup>me</sup> MÈRE QU'ELLE S'ÉTAIT FAIT ENVOYER DE
+PARIS À L'ÎLE D'ELBE.</p>
+</div>
+
+<p>«Je suis le fils, Monsieur, d'un soldat de Waterloo. Napoléon! mon
+père l'a connu quand il était roi de l'île d'Elbe. Vive éternellement
+Napoléon! Je suis fier parce que mon père l'a connu! Il était sergent
+de sa garde-mobile et il l'accompagnait partout. L'Empereur l'aimait
+bien, et souvent il lui causait; il causait de même à tous, sans
+orgueil. Mon père venait de se marier, et l'Empereur lui avait promis,
+quand mon père aurait un fils, de le tenir dans l'église pour le
+baptême. Mais je devais naître seulement plus tard, quand l'Empereur
+n'était plus là. Il était parti un jour, tout à coup, et mon père
+s'était embarqué avec lui sur son bateau. Mon père disait: «Je
+l'aurais suivi jusqu'au bout de la terre, et ici tous les autres comme
+moi, parce qu'il était le grand Empereur!» Il l'a suivi jusqu'à
+Waterloo. Puis, après, il est revenu ici. Il a fallu qu'il revienne à
+pied, depuis là-bas, jusqu'à Piombino, sans ressources, à travers
+toute l'Allemagne, les Alpes et l'Italie. Cela fait plus de 400
+lieues! Il me racontait cela quand j'étais petit, comment l'Empereur
+était habillé, ce qu'il disait, puis comment il a été vaincu.
+Maintenant, l'Empereur est mort, mon père aussi, et je suis vieux à
+mon tour, et j'ai oublié beaucoup de ces choses. Mais si l'Empereur
+revenait, je partirais avec lui, comme a fait mon père. Vive
+l'Empereur!»</p>
+
+<p>Le vieil aveugle s'était, en parlant, transfiguré; son enfance
+semblait remonter en lui et tout le brouillard des souvenirs de
+l'impériale épopée, qu'en le faisant sauter sur ses genoux, lui avait
+contée son père, revenu à pied de Waterloo, tout balafré par la
+mitraille de Wellington et tout noirci par la fumée des canons du mont
+Saint-Jean.</p>
+
+<p>Et c'était pour moi, je l'avoue, un des plus curieux sentiments qu'il
+fût possible d'éprouver que de me <span class="pagenum"><a id="page131" name="page131"></a>(p. 131)</span> voir mêlé là soudain à
+cette page d'histoire, si connue par les livres, déjà si lointaine de
+nous en idée, de me trouver en face d'elle encore vivante, de la
+toucher du doigt en quelque sorte. Je me retrouvais, avec ce vieux qui
+s'en illuminait tout entier, devant cette même fascination légendaire
+que l'homme au petit chapeau exerçait sur tous ceux qui
+l'approchaient, et qui lui ralliait tous les c&oelig;urs, en dépit d'eux.
+Et je comprenais par cet exemple comment les hommes et les peuples se
+grisent de gloire et de paroles, et, se livrant à ceux qui savent les
+prendre, se précipitent à leur suite, comme moutons à l'abattoir, vers
+la folle tuerie des batailles. Moi-même, dont toutes les idées
+cependant allaient à l'encontre, j'en étais remué malgré moi.</p>
+
+<a id="img046" name="img046"></a>
+<div class="floatright">
+<img src="images/img046.jpg" width="300" height="476" alt="" title="">
+<p class="cap300px">LE VIEIL AVEUGLE SOLDANI, FILS D'UN SOLDAT DE WATERLOO,
+CHAUFFAIT, À UN PETIT BRASERO DE TERRE JAUNE, SES MAINS OSSEUSES.</p>
+</div>
+
+<p>Le vieil aveugle s'était rassis, comme épuisé; des larmes roulaient
+dans ses yeux morts. Je m'étais rapproché de lui, et j'aurais voulu
+qu'il parlât davantage, lui faire préciser quelqu'une de ses
+ressouvenances. L'abbé lui transmit mon désir, et alors il se mit à
+rire:</p>
+
+<p>«C'était un malin l'Empereur! et il n'était pas facile de le tromper.
+Il y avait dans une rue proche de la nôtre, je me souviens, car mon
+père me l'a raconté bien souvent, une petite vieille nommée Battini.
+Elle habitait une chambre au rez-de-chaussée, où elle travaillait
+toute la journée avec son métier à tisser. On la voyait sans cesse,
+par sa fenêtre, faire aller et venir le battant de bois et les fils.
+L'Empereur, quand il passait dans cette rue, ne manquait jamais de la
+regarder. Un jour, il s'était arrêté pour lui causer; il était très
+généreux l'Empereur, et il avait toujours dans son gilet des pièces
+d'or pour donner aux pauvres gens. Alors il s'était avancé avec tous
+ses généraux, et il lui avait dit: «Bonne femme, combien gagnez-vous
+par jour?» La petite vieille (elle se doutait bien de son dessein)
+avait voulu se faire plus pauvre qu'elle n'était, afin d'avoir une
+plus grosse aumône. Elle avait pris un air contrit, et lui avait
+répondu: «Hélas! Majesté, quatre ou cinq sous par jour!» Elle mentait,
+la Battini! car elle en gagnait bien davantage. Mais l'Empereur savait
+le prix des choses! Il fronça le sourcil: «Si peu que cela, vraiment!
+Voilà qui prouve que vous ne travaillez guère.» Il lui tourna le dos,
+et plus jamais il ne l'avait regardée. Elle n'eut rien du tout.
+C'était bien fait. Personne ne pouvait tromper l'Empereur.»</p>
+
+<p>Puis le vieux s'agita à nouveau sur son siège et dit quelques mots à
+l'abbé, qui alla vers un secrétaire placé au fond de la chambre, et en
+rapporta un coffret qu'il lui remit.</p>
+
+<p>Il l'ouvrit à tâtons et y prit d'abord une clef d'or, puis un flacon
+de cristal ciselé, et un écrin dont il poussa le bouton et qui
+contenait une médaille: «Ceci, me dit-il, c'est la médaille de
+Sainte-Hélène. L'Empereur en a légué une, par testament, à chacun de
+ses compagnons de gloire de la bataille de Waterloo. Celle-ci est
+celle de mon père; son nom est gravé là, à côté de celui de
+l'Empereur. Je ne peux plus le lire parce que je suis aveugle, mais je
+le sens toujours avec mes doigts. La clef d'or et le flacon de
+cristal, c'est <span class="pagenum"><a id="page132" name="page132"></a>(p. 132)</span> l'Empereur aussi qui les lui a donnés, quand
+il était à Elbe, pour qu'il les garde en souvenir de lui. Mon père les
+a toujours gardés, et moi aussi; je ne voudrais pas les donner pour un
+trésor! Il y avait aussi une lampe de cuivre que ma mère a conservée
+pendant bien longtemps. Elle lui servait à mettre sur sa fenêtre
+lorsque l'Empereur rentrait tard en ville, et qu'il faisait nuit.
+Quand on entendait s'approcher dans la campagne le galopement des
+chevaux, chacun, dans la rue où il devait passer pour rentrer aux
+Mulini, ne manquait pas d'en allumer sur sa fenêtre une semblable,
+qu'il tenait toujours prête; car la rue était très en pente, et le
+sabot des chevaux glissait souvent sur les mauvaises dalles qui la
+pavaient; il aurait pu arriver malheur à l'Empereur! La lampe, depuis,
+s'est usée, et je ne sais pas ce qu'elle est devenue, mais ma mère me
+la montrait quand j'étais jeune.»</p>
+
+<p>Le vieux se tut. Je lui demandai encore s'il n'avait rien d'autre à me
+dire, mais il secoua la tête, et je vis que tout recommençait à se
+brouiller dans son cerveau las de la vie. Il avait remis dans leur
+boîte, après les avoir embrassées, les petites reliques qu'il m'avait
+confiées, et, retenant mes mains qui les lui rendaient, il les porta
+aussi à ses lèvres et les baisa doucement, passionnément. Puis, avec
+cette hyperbole coutumière au langage de l'Italie: «Il me charge de
+vous dire, me transmit son fils, qu'avoir vu un compatriote de son
+Empereur sera la joie de sa vieillesse.»</p>
+
+<p>Il tenait toujours ma main serrée contre ses lèvres et s'était remis à
+pleurer. Une de ses larmes y glissa, brûlante. Il semblait ne pas
+vouloir me lâcher et craindre de laisser s'envoler avec moi ce passé
+lointain que j'avais réveillé en lui. Presque de force je me dégageai
+de son étreinte, et il rentra dans la nuit. On le réinstalla sur le
+canapé d'acajou aux cygnes sculptés, il ramena sur lui son manteau et
+reprit entre ses jambes le petit brasero grillagé sur lequel
+s'allongèrent à nouveau ses mains grelottantes. Une dernière fois, en
+sortant, je me retournai vers lui; il s'était remis à fixer le ciel.</p>
+
+<p>Le lendemain je regagnai le continent, sur cette impression enfin
+trouvée de sentir un peu parler l'âme des hommes, comme j'avais,
+livres en main, fait parler l'âme des choses. Car si ma défiance avait
+plus d'une fois percé à travers l'enthousiasme de mes cicerones
+l'influence probable du bon pourboire, il ne pouvait plus y avoir ici
+aucun doute sur la sincérité de ce bonhomme épique, qui semblait
+descendu d'un cadre de Charlet ou de Raffet, et qui n'attendait rien
+de moi que «de me baiser les mains».</p>
+
+<p>Et revenu depuis à Paris, repris comme tous par le flot dévorant de
+nos vies, je n'ai jamais resongé sans étonnement au vieil aveugle
+elbois, qui en est toujours demeuré au temps de Béranger et qui attend
+paisiblement la mort en rêvant du «Grand Empereur» alors que pour nous
+les disparus d'un an sont déjà vieux, ceux de vingt ans, entrés dans
+l'histoire, et ceux d'il y a un siècle à peine, presque aussi
+lointains que les Césars romains et les Pharaons d'Égypte.</p>
+
+<p class="sig">Mars-avril 1902 et mai 1904.
+<span class="right10 smcap">Paul Gruyer.</span></p>
+
+<a id="img047" name="img047"></a>
+<div class="figcenter">
+<img src="images/img047.jpg" width="400" height="286" alt="" title="">
+<p>L'ENTRÉE DU GOULET DE PORTO-FERRAIO PAR OÙ SORTIT LA
+FLOTTILLE IMPÉRIALE, LE 26 FÉVRIER 1815.</p>
+</div>
+
+<p class="smaller center">Droits de traduction et de reproduction réservés.</p>
+
+
+
+
+<h3><span class="pagenum"><a id="pagei" name="pagei"></a>(p. i)</span> TABLE DES GRAVURES ET CARTES</h3>
+
+<div class="toi">
+<p class="center">L'ÉTÉ AU KACHMIR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> F. MICHEL</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">En «rickshaw» sur la route du mont Abou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">1</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'éléphant du touriste à Djaïpour.</span>
+<span class="ralign">1</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Petit sanctuaire latéral dans l'un des temples djaïns du mont Abou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">2</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont de cordes sur le Djhilam, près de Garhi.</span> (Dessin de Massias, d'après une photographie.)
+<span class="ralign">3</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les «Karévas» ou plateaux alluviaux formés par les érosions du Djhilam.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">4</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Ekkas» et «Tongas» sur la route du Kachmir: vue prise au relais de Rampour.</span> (D'après une photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">5</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam à Ouri.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">6</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Shèr-Garhi ou la «Maison du Lion», palais du Maharadja à Srinagar.</span> (Photographie Bourne et Sheperd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">7</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'entrée du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de Srinagar; au premier plan une «dounga», au fond le sommet du Takht-i-Souleiman.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">7</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ruines du temple de Brankoutri.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">8</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">9</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le quai de la Résidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">10</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam à Baramoula.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">11</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nos tentes à Lahore.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">12</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Dounga» ou bateau de passagers au Kachmir.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">13</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vichnou porté par Garouda, idole vénérée près du temple de Vidja-Broer</span> (hauteur 1<sup>m</sup>40.)
+<span class="ralign">13</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants de bateliers jouant à cache-cache dans le creux d'un vieux platane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">14</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Batelières du Kachmir décortiquant du riz, près d'une rangée de peupliers.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">15</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement près de Palhallan: tentes et doungas.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">16</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Troisième pont de Srinagar et mosquée de Shah Hamadan; au fond, le fort de Hari-Paryat.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">17</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le temple inondé de Pandrethan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">18</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme musulmane du Kachmir.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">19</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">20</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont et bourg de Vidjabroer.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">21</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din, à Vidjabroer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">22</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le temple de Panyech: à gauche, un brahmane; à droite, un musulman.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">23</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple hindou moderne à Vidjabroer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">24</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Brahmanes en visite au Naga ou source sacrée de Valtongou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">25</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosquée, à Houtamourou, près de Bhavan.</span>
+<span class="ralign">25</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple ruiné, à Khotair.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">26</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Naga ou source sacrée de Kothair.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">27</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">28</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple rustique de Voutanar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">29</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">30</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Noce musulmane, à Rozlou: les musiciens et le fiancé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">31</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sacrifice bhramanique, à Bhavan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">31</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Intérieur de temple de Martand: le repos des coolies employés au déblaiement.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">32</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ruines de Martand: façade postérieure et vue latérale du temple.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">33</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Place du campement sous les platanes, à Bhavan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">34</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Ziarat de Zaïn-oud-Din, à Eichmakam.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">35</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Naga ou source sacrée de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">36</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Maisons de bois, à Palgam.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">37</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Palanquin et porteurs.</span>
+<span class="ralign">37</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche miraculeuse.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">38</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la vallée du Lidar au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">39</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vallée d'Amarnath: vue prise de la grotte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">40</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pondjtarni et le camp des pèlerins: au fond, la passe du Mahagounas.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">41</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et Zodji-Pal.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">42</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac Çecra-Nag.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">43</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Grotte d'Amarnath.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">43</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Astan-Marg: la prairie et les bouleaux.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">44</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement de Goudjars à Astan-Marg.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">45</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le bain des pèlerins à Amarnath.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">46</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pèlerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrière, des brahmanes, et à droite, des musulmans du Kachmir.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">47</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mosquée de village au Kachmir.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">48</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Brodeurs Kachmiris sur toile.</span> (Photographie Bourne et Shepherd, à Calcutta.)
+<span class="ralign">49</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mendiant musulman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">49</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Brahma Sar et le camp des pèlerins au pied de l'Haramouk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">50</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">51</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageii" name="pageii"></a>(p. ii)</span> <span class="smcap">Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des pèlerins.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">52</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs «houkas» (pipes) et leur «hangri» (chaufferette).</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">53</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temples ruinés à Vangath.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">54</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Mêla» ou foire religieuse à Hazarat-Bal.</span> (En haut, photographie par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">55</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">56</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">57</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le canal de Mar à Sridagar.</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">58</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La mosquée de Shah Hamadan à Srinagar (rive droite).</span> (Photographie Jadu Kissen, à Delhi.)
+<span class="ralign">59</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Spécimens de l'art du Kachmir.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">60</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SOUVENIRS DE LA CÔTE D'IVOIRE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le docteur LAMY</i><br>
+<i>Médecin-major des troupes coloniales</i>.</p>
+
+
+<p><span class="smcap">La barre de Grand-Bassam nécessite un grand déploiement de force pour la mise à l'eau d'une pirogue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">61</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le féminisme à Adokoï: un médecin concurrent de l'auteur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">61</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«Travail et Maternité» ou «Comment vivent les femmes de Petit-Alépé».</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">62</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Motéso: soins maternels.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">63</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Installation de notre campement dans une clairière débroussaillée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">64</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Environs de Grand-Alépé: des hangars dans une palmeraie, et une douzaine de grands mortiers destinés à la préparation de l'huile de palme.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">65</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le sentier étroit, montant, il faut marcher en file indienne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">66</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous utilisons le fût renversé d'un arbre pour traverser la Mé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">67</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La popote dans un admirable champ de bananiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">68</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes coupant un acajou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">69</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La côte d'Ivoire. &mdash; Le pays Attié.</span>
+<span class="ralign">70</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ce fut un sauve-qui-peut général quand je braquai sur les indigènes mon appareil photographique.</span> (Dessin de J. Lavée, d'après une photographie.)
+<span class="ralign">71</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rue principale de Grand-Alépé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">72</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Trois Graces de Mopé (pays Attié).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">73</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme du pays Attié portant son enfant en groupe.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">73</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une clairière près de Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">74</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La garnison de Mopé se porte à notre rencontre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">75</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme de Mopé fabriquant son savon à base d'huile de palme et de cendres de peaux de bananes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">76</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Danse exécutée aux funérailles du prince héritier de Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">77</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Toilette et embaumement du défunt.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">78</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune femme et jeune fille de Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">79</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Route, dans la forêt tropicale, de Malamalasso à Daboissué.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">80</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Benié Coamé, roi de Bettié et autres lieux, entouré de ses femmes et de ses hauts dignitaires.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">81</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Chute du Mala-Mala, affluent du Comoé, à Malamalasso.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">82</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée du Comoé à Malamalasso.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">83</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tam-tam de guerre à Mopé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">84</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Piroguiers de la côte d'Ivoire pagayant.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">85</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Allou, le boy du docteur Lamy.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">85</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La forêt tropicale à la côte d'Ivoire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">86</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le débitage des arbres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">87</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les lianes sur la rive du Comoé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">88</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les occupations les plus fréquentes au village: discussions et farniente Attié.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">89</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un incendie à Grand-Bassam.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">90</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La danse indigène est caractérisée par des poses et des gestes qui rappellent une pantomime.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">91</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une inondation à Grand-Bassam.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">92</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un campement sanitaire à Abidjean.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">93</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue de Jackville, sur le golfe de Guinée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">94</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Grand-Bassam: cases détruites après une épidémie de fièvre jaune.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">95</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplène.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">96</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÎLE D'ELBE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. PAUL GRUYER</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">L'île d'Elbe se découpe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et violâtre.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img001">97</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une jeune fille elboise, au regard énergique, à la peau d'une blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img002">97</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier</span> (page <a href="#page100">100</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img003">98</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: à l'entrée du port, une vieille tour génoise, trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img004">99</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napoléon pour se rendre à sa maison de campagne de San Martino.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img005">100</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: la porte de mer, où aborda Napoléon.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img006">101</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La «teste» de Napoléon</span> (page <a href="#page100">100</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img007">102</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio s'échelonne avec ses toits plats et ses façades scintillantes de clarté</span> (page <a href="#page099">99</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img008">103</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio: les remparts découpent sur le ciel d'un bleu sombre leur profil anguleux</span> (page <a href="#page099">99</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img009">103</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La façade extérieure du «Palais» des Mulini où habitait Napoléon à Porto-Ferraio</span> (page <a href="#page101">101</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img010">104</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le jardin impérial et la terrasse de la maison des Mulini</span> (page <a href="#page102">102</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img011">105</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Via Napoleone, qui monte au «Palais» des Mulini.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img012">106</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La salle du conseil à Porto-Ferraio, avec le portrait de la dernière grande-duchesse de Toscane et celui de Napoléon</span>, d'après le tableau de Gérard.
+<span class="ralign"><a href="#img013">107</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonnée, avec ses volets clos et les peintures décoratives qu'y fit faire l'empereur</span> (page <a href="#page101">101</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img014">107</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protège du soleil.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img015">108</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les mille mètres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte Giove, dévalent dans les flots de toute leur hauteur.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img016">109</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un enfant elbois.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img017">109</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Marciana Alta et ses ruelles étroites.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img018">110</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Marciana Marina avec ses maisons rangées autour du rivage et ses embarcations tirées sur la grève.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img019">111</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les châtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte Giove.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img020">112</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nuées</span> (page <a href="#page111">111</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img021">113</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La «Seda di Napoleone» sur le Monte Giove où l'empereur s'asseyait pour découvrir la Corse.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img022">114</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithéâtre de rochers est entourée de sveltes cyprès</span> (page <a href="#page117">117</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img023">115</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Voici Rio Montagne dont les maisons régulières et cubiques ont l'air de dominos empilés...</span> (page <a href="#page118">118</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img024">115</a></span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageiii" name="pageiii"></a>(p. iii)</span> <span class="smcap">J'aperçois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nuées.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img025">116</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une des trois chambres de l'ermitage.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img026">117</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'ermitage du Marciana où l'empereur reçut la visite de la comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img026">117</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le petit port de Porto-Longone dominé par la vieille citadelle espagnole</span> (page <a href="#page117">117</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img028">118</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La maison de Madame Mère à Marciana Alta. &mdash; «Bastia, signor!» &mdash; La chapelle de la Madone sur le Monte Giove.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img029">119</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le coucher du soleil sur le Monte Giove.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img030">120</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img031">121</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'arrivée de Napoléon à l'île d'Elbe.</span> (D'après une caricature du temps.)
+<span class="ralign"><a href="#img032">121</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le drapeau de Napoléon roi de l'île d'Elbe: fond blanc, bande orangé-rouge et trois abeilles jadis dorées.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img033">122</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La salle de bains de San Martino a conservé sa baignoire de pierre.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img034">123</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La chambre de Napoléon à San Martino.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img034">123</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cour de Napoléon à l'île d'Elbe.</span> (D'après une caricature du temps.)
+<span class="ralign"><a href="#img036">124</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une femme du village de Marciana Alta.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img037">125</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques représentant Napoléon et Marie-Louise.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img038">126</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes à la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles</span> (page <a href="#page123">123</a>).
+<span class="ralign"><a href="#img039">126</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Rideau du théâtre de Porto-Ferraio représentant Napoléon sous la figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admète.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img040">127</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La salle égyptienne de San Martino est demeurée intacte avec ses peintures murales et son bassin à sec.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img041">127</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napoléon aux Mulini, dont on a fait le trône épiscopal de l'évêque d'Ajaccio.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img042">128</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aïeule portait à la cour des Mulini.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img043">129</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Éventail de Pauline Borghèse, en ivoire sculpté, envoyé en souvenir d'elle à la signora Traditi, femme du maire de Porto-Ferraio.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img044">130</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le lit de Madame Mère, qu'elle s'était fait envoyer de Paris à l'île d'Elbe.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img045">130</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo, chauffait, à un petit brasero de terre jaune, ses mains osseuses.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img046">131</a></span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'entrée du goulet de Porto-Ferraio par où sortit la flottille impériale, le 26 février 1815.</span>
+<span class="ralign"><a href="#img047">132</a></span></p>
+
+
+
+<p class="p2 center">D'ALEXANDRETTE
+AU COUDE DE L'EUPHRATE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. VICTOR CHAPOT</i><br>
+<i>membre de l'École française d'Athènes</i>.</p>
+
+
+<p><span class="smcap">Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du Ksar-el-Benat</span> (page 142). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">133</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le canal de Séleucie est, par endroits, un tunnel</span> (page 140).
+<span class="ralign">133</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vers le coude de l'Euphrate: la pensée de relever les traces de vie antique a dicté l'itinéraire.</span>
+<span class="ralign">134</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que l'enceinte, aux flancs du Silpios</span> (page 137).
+<span class="ralign">135</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les rues d'Antioche sont étroites et tortueuses; parfois, au milieu, se creuse en fossé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">136</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le tout-Antioche inonde les promenades.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">137</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les crêtes des collines sont couronnées de chapelles ruinées</span> (page 142).
+<span class="ralign">138</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Alep est une ville militaire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">139</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La citadelle d'Alep se détache des quartiers qui l'avoisinent</span> (page 143). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">139</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les parois du canal de Séleucie s'élèvent jusqu'à 40 mètres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">140</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les tombeaux de Séleucie s'étageaient sur le Kasios.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">141</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Alep une seule mosquée peut presque passer pour une &oelig;uvre d'art.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">142</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tout alentour d'Alep la campagne est déserte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">143</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifié.</span>
+<span class="ralign">144</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Balkis éveille, de loin et de haut, l'idée d'une taupinière</span> (page 147). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">145</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Stèle Hittite. L'artiste n'a exécuté qu'un premier ravalement</span> (page 148).
+<span class="ralign">145</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Église arménienne de Nisib; le plan en est masqué au dehors.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">146</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tell-Erfat est peuplé d'Yazides; on le reconnaît à la forme des habitations.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">147</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rive droite de l'Euphrate était couverte de stations romaines et byzantines.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">148</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indéfiniment</span> (page 148). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">149</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sérésat: village mixte d'Yazides et de Bédouins</span> (page 146). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">150</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Tcherkesses diffèrent des autres musulmans; sur leur personne, pas de haillons</span> (page 152). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">151</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ras-el-Aïn. Deux jours se passent, mélancoliques, en négociations</span> (page 155). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">152</span></p>
+
+<p><span class="smcap">J'ai laissé ma tente hors les murs devant Orfa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">153</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">154</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue générale d'Orfa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">155</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte arabe à Rakka</span> (page 152). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">156</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurés sont portés dans le bac à force de bras</span> (page 159). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">157</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bédouin.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">157</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restées debout.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">158</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Orfa: mosquée Ibrahim-Djami; les promeneurs flânent dans la cour et devant la piscine</span> (page 157). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">159</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont byzantin et arabe</span> (page 159). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">160</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mausolée d'Alif, orné d'une frise de têtes sculptées</span> (page 160). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">161</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mausolée de Théodoret, selon la légende, près de Cyrrhus.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">162</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taillée</span> (page 165). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">163</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit corps de légionnaires romains</span> (page 160). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">163</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trappe de Checkhlé: un grand édifice en pierres a remplacé les premières habitations</span> (page 166).
+<span class="ralign">164</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trappe de Checkhlé: la chapelle</span> (page 166). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">165</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Père Maronite</span> (page 168). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">166</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Acbès est situé au fond d'un grand cirque montagneux</span> (page 166). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">167</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trappe de Checkhlé: premières habitations des trappistes</span> (page 166). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">168</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA FRANCE AUX NOUVELLES-HÉBRIDES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. RAYMOND BEL</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Indigènes hébridais de l'île de Spiritu-Santo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">169</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">169</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">170</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une case de l'île de Spiritu-Santo et ses habitants.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">171</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'île Vaté, présente une rade magnifique.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">172</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageiv" name="pageiv"></a>(p. iv)</span> <span class="smcap">C'est à Port-Vila ou Franceville, dans l'île Vaté, que la France a un résident.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">173</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dieux indigènes ou Tabous.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">174</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les indigènes hébridais de l'île Mallicolo ont un costume et une physionomie moins sauvages que ceux de l'île Pentecôte.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">175</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pirogues de l'île Vao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">176</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes employés au service d'un bateau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">177</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un sous-bois dans l'île de Spiritu-Santo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">178</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un banquet de Français à Port-Vila (Franceville).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">179</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La colonie française de Port-Vila (Franceville).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">179</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rivière de Luganville.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">180</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ALBERT THOMAS</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba</span> (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">181</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La reine des cloches «Tsar Kolokol»</span> (page 180). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">181</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files dans les rues de Moscou</span> (page 183).
+<span class="ralign">182</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les paysannes en pèlerinage arrivées enfin à Moscou, la cité sainte</span> (page 182). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">183</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une chapelle où les passants entrent adorer les icônes</span> (page 183). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">184</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se découvrir</span> (page 185). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">185</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une porte du Kreml</span> (page 185). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">186</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui entourent la cité sainte</span> (page 185). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">187</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Deux villes dans le Kreml: celle du <span class="smcap">xv</span><sup>e</sup> siècle, celle d'Ivan, et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais</span> (page 190).
+<span class="ralign">188</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses créneaux, ses tours aux toits aigus</span> (page 183). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">189</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tout près de l'Assomption, les deux églises-s&oelig;urs se dressent: les Saints-Archanges et l'Annonciation</span> (page 186). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">189</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À l'extrémité de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis de ses clochers</span> (page 184). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">190</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Du haut de l'Ivan Véliki, la ville immense se découvre</span> (page 190). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">191</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un des isvotchiks qui nous mènent grand train à travers les rues de Moscou</span> (page 182).
+<span class="ralign">192</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchés moscovites, entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent là leurs produits</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">193</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'isvotchik a revêtu son long manteau bleu</span> (page 194). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">193</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire de Moscou à Tomsk.</span>
+<span class="ralign">194</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À côté d'une épicerie, une des petites boutiques où l'on vend le kvass, le cidre russe</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">195</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Et des Tatars offraient des étoffes étalées sur leurs bras</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">196</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Patients, résignés, les cochers attendent sous le soleil de midi</span> (page 194). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">197</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une cour du quartier ouvrier, avec l'icône protectrice</span> (page 196). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">198</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui relie la vieille ville à la nouvelle, la citadelle au marché</span> (page 204). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">199</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le marché étincelait dans son fouillis</span> (page 195). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">200</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Déjà la grande industrie pénètre: on rencontre à Moscou des ouvriers modernes</span> (page 195). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">201</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux</span> (page 204). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">202</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent, à tous les étages, autour de grandes cours</span> (page 196). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">203</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le char funèbre était blanc et doré</span> (page 194). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">204</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars, Tcherkesses</span> (page 208). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">205</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand châle</span> (page 214). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">205</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous avons traversé le grand pont qui mène à la foire</span> (page 205). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">206</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Au dehors, la vie de chaque jour s'étalait, pêle-mêle, à l'orientale</span> (page 207). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">207</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni</span> (page 206). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">208</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les rues, les petits marchands étaient innombrables</span> (page 207). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">209</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans une rue, c'étaient des coffres de toutes dimensions, peints de couleurs vives</span> (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">210</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Près de l'asile, nous sommes allés au marché aux cloches</span> (page 208). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">211</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques étaient pendues</span> (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">211</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans une autre rue, les charrons avaient accumulé leurs roues</span> (page 206). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">212</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchés des débarcadères ou des stations</span> (page 215). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">213</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Kreml de Kazan. C'est là que sont les églises et les administrations</span> (page 214). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">214</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur la berge, des tarantass étaient rangées</span> (page 216). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">215</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs</span> (page 213). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">216</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À presque toutes les gares il se forme spontanément un petit marché</span> (page 222). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">217</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la plaine</span> (page 221). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">217</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un petit fumoir, vitré de tous côtés, termine le train</span> (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">218</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les émigrants étaient là, pêle-mêle, parmi leurs misérables bagages</span> (page 226). (D'après une photographie de M. J. Cahen.)
+<span class="ralign">219</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les petits garçons du wagon-restaurant s'approvisionnent</span> (page 218). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">220</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Émigrants prenant leur maigre repas pendant l'arrêt de leur train</span> (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)
+<span class="ralign">221</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'ameublement du wagon-restaurant était simple, avec un bel air d'aisance</span> (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)
+<span class="ralign">222</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibérien.</span> (Photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">223</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'église, près de la gare de Tchéliabinsk, ne diffère des isbas neuves que par son clocheton</span> (page 225). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">224</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un train de constructeurs était remisé là, avec son wagon-chapelle</span> (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)
+<span class="ralign">225</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur la rive droite.</span> (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)
+<span class="ralign">226</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagev" name="pagev"></a>(p. v)</span> <span class="smcap">Un point d'émigration</span> (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)
+<span class="ralign">227</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants d'émigrants</span> (page 228). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">228</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un petit marché dans une gare du Transsibérien.</span> (Photographie de M. Legras.)
+<span class="ralign">229</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isolé</span> (page 230). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">229</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous sommes passés près d'une église à clochetons verts</span> (page 230). (Photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">230</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tomsk a groupé dans la vallée ses maisons grises et ses toits verts</span> (page 230). (Photographie de M. Brocherel.)
+<span class="ralign">231</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Après la débâcle de la Tome, près de Tomsk</span> (page 230). (D'après une photographie de M. Legras.)
+<span class="ralign">232</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chef de police demande quelques explications sur les passeports</span> (page 232). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">233</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cathédrale de la Trinité à Tomsk</span> (page 238). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">234</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tomsk: en revenant de l'église</span> (page 234). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">235</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tomsk n'était encore qu'un campement, sur la route de l'émigration</span> (page 231). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">236</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue de Tomsk, définie seulement par les maisons qui la bordent</span> (page 231). (Photographie de M. Brocherel.)
+<span class="ralign">237</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les cliniques de l'Université de Tomsk</span> (page 238). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">238</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les longs bâtiments blancs où s'abrite l'Université</span> (page 237). (Photographie extraite du «Guide du Transsibérien».)
+<span class="ralign">239</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La voiture de l'icône stationnait parfois</span> (page 230). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">240</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Flâneurs à la gare de Petropavlosk</span> (page 242). (D'après une photographie de M. Legras.)
+<span class="ralign">241</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les vallées de l'Oural, habitent encore des Bachkirs</span> (page 245). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">241</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un taillis de bouleaux entourait une petite mare.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">242</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les rivières roulaient une eau claire</span> (page 244). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">243</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La ligne suit la vallée des rivières</span> (page 243). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">244</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Comme toute l'activité commerciale semble frêle en face des eaux puissantes de la Volga!</span> (page 248.) (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">245</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bachkirs sculpteurs.</span> (D'après une photographie de M. Paul Labbé.)
+<span class="ralign">246</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À la gare de Tchéliabinsk, toujours des émigrants</span> (page 242). (D'après une photographie de M. J. Legras.)
+<span class="ralign">247</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel</span> (page 251). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">248</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Joie naïve de vivre, et mélancolie. &mdash; un petit marché du sud</span> (page 250). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">249</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un russe dans son vêtement d'hiver</span> (page 249). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">250</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans tous les villages russes, une activité humble, pauvre de moyens. &mdash; Marchands de poteries</span> (page 248). (D'après une photographie de M. G. Cahen.)
+<span class="ralign">251</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Là, au passage, un Kirghize sur son petit cheval</span> (page 242). (D'après une photographie de M. Thiébeaux.)
+<span class="ralign">252</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. GERSPACH</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse promenade.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">253</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte de la cathédrale Saint-Laurent de Lugano</span> (page 256). (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">253</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de San Salvatore.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">254</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La ville de Lugano descend en amphithéâtre jusqu'aux rives de son lac.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">255</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Lugano: faubourg de Castagnola.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">256</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cathédrale de Saint-Laurent: sa façade est décorée de figures de prophètes et de médaillons d'apôtres</span> (page 256). (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">257</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Saint-Roch: détail de la fresque de Luini à Sainte-Marie-des-Anges</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">258</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La passion: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges</span> (page 260). (Photographie Alinari)
+<span class="ralign">259</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Saint Sébastien: détail de la grande fresque de Luini à Sainte-Marie-des-Anges.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">260</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La madone, l'enfant Jésus et Saint Jean, par Luini, église Sainte-Marie-des-Anges</span> (page 260). (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">261</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Scène: fresque de Luini à l'église Sainte-Marie-des-Anges</span> (page 260).
+<span class="ralign">262</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.</span> (Photographie Alinari.)
+<span class="ralign">263</span></p>
+
+<p><span class="smcap">lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">264</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">SHANGHAÏ, LA MÉTROPOLE CHINOISE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. ÉMILE DESCHAMPS</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les quais sont animés par la population grouillante des Chinois</span> (page 266). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">265</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Acteurs du théâtre chinois.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">265</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Plan de Shanghaï.</span>
+<span class="ralign">266</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Shanghaï est sillonnée de canaux qui, à marée basse, montrent une boue noire et mal odorante.</span> (Photographie de M<sup>lle</sup> Hélène de Harven.)
+<span class="ralign">267</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Panorama de Shanghaï.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">268</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la ville chinoise, les «camelots» sont nombreux, qui débitent en plein vent des marchandises ou des légendes extraordinaires.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">269</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le poste de l'Ouest, un des quatre postes où s'abrite la milice de la Concession française</span> (page 272). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">270</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville chinoise de Shanghaï</span> (page 268).
+<span class="ralign">271</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment l'arrivée du client</span> (page 266). (Photographies de M<sup>lle</sup> H. de Harven.)
+<span class="ralign">271</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une maison de thé dans la cité chinoise.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">272</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les brouettes, qui transportent marchandises ou indigènes, ne peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions</span> (page 270). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">273</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La prison de Shanghaï se présente sous l'aspect d'une grande cage, à forts barreaux de fer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">274</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le parvis des temples dans la cité est toujours un lieu de réunion très fréquenté.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">275</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les murs de la cité chinoise, du côté de la Concession française.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">276</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La navigation des sampans sur le Ouang-Pô.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">277</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Aiguille de la pagode de Long-Hoa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">277</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">278</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle apparence</span> (page 282).
+<span class="ralign">279</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les jeunes Chinois flânent au soleil dans leur Cité.</span> (Photographies de M<sup>lle</sup> H. de Harven.)
+<span class="ralign">279</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur les quais du Yang-King-Pang s'élèvent des bâtiments, banques ou clubs, qui n'ont rien de chinois.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">280</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le quai de la Concession française présente, à toute heure du jour, la plus grande animation.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">281</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entrée de la pagode.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">282</span></p>
+
+<p><span class="smcap">«L'omnibus du pauvre» (wheel-barrow ou brouette) fait du deux à l'heure et coûte quelques centimes seulement.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">283</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">284</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai chinois de Tou-Ka-Dou.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">285</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagevi" name="pagevi"></a>(p. vi)</span> <span class="smcap">Chinoises de Shanghaï.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">286</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Village chinois aux environs de Shanghaï.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">287</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le charnier des enfants trouvés</span> (page 280). (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">288</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ÉDUCATION DES NÈGRES
+AUX ÉTATS-UNIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. BARGY</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">L'école maternelle de Hampton accueille et occupe les négrillons des deux sexes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">289</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: cours de travail manuel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">289</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Booker T. Washington, le leader de l'éducation des nègres aux États-Unis, fondateur de l'école de Tuskegee, en costume universitaire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">290</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de maçonnerie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">291</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de laiterie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">292</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours d'électricité.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">293</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de menuiserie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">294</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le salut au drapeau exécuté par les négrillons de l'Institut Hampton.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">295</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de chimie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">296</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">297</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de cosmographie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">298</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de botanique.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">299</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Institut Hampton: le cours de mécanique.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">300</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">À TRAVERS LA PERSE ORIENTALE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>le Major PERCY MOLESWORTH SYKES</i><br>
+<i>Consul général de S. M. Britannique au Khorassan.</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">301</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un poney persan et sa charge ordinaire.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">301</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur, d'Astrabad à Kirman.</span>
+<span class="ralign">302</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes persanes s'enveloppent la tête et le corps d'amples étoffes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">303</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravagé, une rivière presque à sec; au fond, des constructions à l'aspect de fortins.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">304</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus visités de l'Asie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">305</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cour principale du sanctuaire de Mechhed.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">306</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants nomades de la Perse orientale.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">307</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">308</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les préparatifs d'un campement dans le désert de Lout.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">309</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le désert de Lout n'est surpassé, en aridité, par aucun autre de l'Asie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">310</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Avant d'arriver à Kirman, nous avions à traverser la chaîne de Kouhpaia.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">311</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Rien n'égale la désolation du désert de Lout.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">312</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La communauté Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous souhaiter la bienvenue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">313</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un marchand de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">313</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le «dôme de Djabalia», ruine des environs de Kirman, ancien sanctuaire ou ancien tombeau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">314</span></p>
+
+<p><span class="smcap">À Kirman: le jardin qui est loué par le Consulat, se trouve à un mille au delà des remparts.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">315</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une avenue dans la partie ouest de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">316</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les gardes indigènes du Consulat anglais de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">317</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La plus ancienne mosquée de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">318</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Membres des cheikhis, secte qui en compte 7~000 dans la province de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">319</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix mosquées de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">320</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf, terrain de plaisance occupé par des jardins.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">321</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les environs de Kirman comptent quelques maisons de thé.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">322</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une «tour de la mort», où les Zoroastriens exposent les cadavres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">323</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">324</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le «Farma Farma».</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">325</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes du bourg d'Aptar, Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">325</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte du Makran.</span>
+<span class="ralign">326</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupées autour d'un fort.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">327</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des forts abandonnés rappellent l'ancienne puissance du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">328</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Chameliers brahmanes du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">329</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La passe de Fanoch, faisant communiquer la vallée du même nom et la vallée de Lachar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">330</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Musiciens ambulants du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">331</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une halte dans les montagnes du Makran.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">332</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Baloutches du district de Sarhad.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">333</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un fortin sur les frontières du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">334</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les montagnes du Makran: À des collines d'argile succèdent de rugueuses chaînes calcaires.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">335</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bureau du télégraphe sur la côte du Makran.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">336</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'oasis de Djalsk, qui s'étend sur 10 kilomètres carrés, est remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">337</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme Parsi du Baloutchistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">337</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte pour suivre les délimitations de la frontière perso-baloutche.</span>
+<span class="ralign">338</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous campâmes à Fahradj, sur la route de Kouak, dans une palmeraie.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">339</span></p>
+
+<p><span class="smcap">C'est à Kouak que les commissaires anglais et persans s'étaient donné rendez-vous.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">340</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le sanctuaire de Mahoun, notre première étape sur la route de Kouak.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">341</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Cour intérieure du sanctuaire de Mahoun.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">342</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le khan de Kélat et sa cour.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">343</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jardins du sanctuaire de Mahoun.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">344</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la vallée de Kalagan, près de l'oasis de Djalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">345</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Oasis de Djalsk: Des édifices en briques abritent les tombes d'une race de chefs disparue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">346</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indigènes de l'oasis de Pandjgour, à l'est de Kouak.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">347</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Camp de la commission de délimitation sur la frontière perso-baloutche.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">348</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement de la commission des frontières perso-baloutches.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">349</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Parsi de Yezd.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">349</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une séance d'arpentage dans le Seistan.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">350</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagevii" name="pagevii"></a>(p. vii)</span> <span class="smcap">Les commissaires persans de la délimitation des frontières perso-baloutches.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">351</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le delta du Helmand.</span>
+<span class="ralign">352</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sculptures sassanides de Persépolis.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">352</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un gouverneur persan et son état-major.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">353</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La passe de Buzi.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">354</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Gypsies du sud-est persan.</span>
+<span class="ralign">355</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur la lagune du Helmand.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">356</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Couple baloutche.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">357</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue de Yezd, par où nous passâmes pour rentrer à Kirman.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">358</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La colonne de Nadir s'élève comme un phare dans le désert.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">359</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Mosquée de Yezd.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">360</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">AUX RUINES D'ANGKOR<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses voûtes un peuple de divinités de pierre....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">361</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Emblème décoratif (art khmer).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">361</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte d'entrée de la cité royale d'Angkor-Tom, dans la forêt.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">362</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ce grand village, c'est Siem-Réap, capitale de la province.</span> (D'après une photographie)
+<span class="ralign">363</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une chaussée de pierre s'avance au milieu des étangs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">364</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la montagne sacrée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">365</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">366</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomètres de tour; c'est un long cloître.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">367</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Trois dômes hérissent superbement la masse formidable du temple d'Angkor-Wat.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">367</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Bas-relief du temple d'Angkor.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">368</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La forêt a envahi le second étage d'un palais khmer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">369</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le gouverneur réquisitionne pour nous des charrettes à b&oelig;ufs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">370</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La jonque du deuxième roi, qui a, l'an dernier, succédé à Norodom.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">371</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le palais du roi, à Oudong-la-Superbe.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">371</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sculptures de l'art khmer.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">372</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">EN ROUMANIE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Th. HEBBELYNCK</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">La petite ville de Petrozeny n'est guère originale; elle a, de plus, un aspect malpropre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">373</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Paysan des environs de Petrozeny et son fils.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">373</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte de Roumanie pour suivre l'itinéraire de l'auteur.</span>
+<span class="ralign">374</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vendeuses au marché de Targu-Jiul.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">375</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit à Targu-Jiul.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">376</span></p>
+
+<p><span class="smcap">C'est aux environs d'Arad que pour la première fois nous voyons des buffles domestiques.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">377</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Montagnard roumain endimanché.</span> (Cliché Anerlich.)
+<span class="ralign">378</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Derrière une haie de bois blanc s'élève l'habitation modeste.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">379</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous croisons des paysans roumains.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">379</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Costume national de gala, roumain.</span> (Cliché Cavallar.)
+<span class="ralign">380</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont conservé leur type et leurs m&oelig;urs.</span> (Photographie Anerlich.)
+<span class="ralign">381</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un rencontre près de Padavag d'immenses troupeaux de b&oelig;ufs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">382</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et sévères, sous le linge blanc.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">383</span></p>
+
+<p><span class="smcap">En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">384</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la vallée de l'Olt, les «castrinza» des femmes sont décorées de paillettes multicolores.</span>
+<span class="ralign">385</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le village de Slanic.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">385</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Roumaine du défilé de la Tour-Rouge.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">386</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La petite ville d'Horezu est charmante et animée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">387</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La perle de Curtea, c'est cette superbe église blanche, scintillante sous ses coupoles dorées.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">388</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une ferme près du monastère de Bistritza.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">389</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Entrée de l'église de Curtea.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">390</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les religieuses du monastère d'Horezu portent le même costume que les moines.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">391</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Devant l'entrée de l'église se dresse le baptistère de Curtea.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">392</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Au marché de Campolung.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">393</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'excursion du défilé de Dimboviciora est le complément obligé d'un séjour à Campolung.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">394</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans le défilé de Dimboviciora.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">395</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans les jardins du monastère de Curtea.</span>
+<span class="ralign">396</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sinaïa: le château royal, Castel Pelés, sur la montagne du même nom.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">397</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un enfant des Carpathes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">397</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">398</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue intérieure des mines de sel de Slanic.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">399</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Entre Campina et Sinaïa la route de voiture est des plus poétiques.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">400</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un coin de Campina.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">401</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les villas de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">402</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. &mdash; L'église du Spiritou Nou. &mdash; Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. &mdash; L'église métropolitaine. &mdash; L'Université. &mdash; Le palais Stourdza. &mdash; Un vieux couvent.</span> &mdash; (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">403</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le monastère de Sinaïa se dresse derrière les villas et les hôtels de la ville.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">404</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une des deux cours intérieures du monastère de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">405</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une demeure princière de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">406</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Busteni (les villas, l'église), but d'excursion pour les habitants de Sinaïa.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">407</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Slanic: un wagon de sel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">408</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">CROQUIS HOLLANDAIS<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Lud. GEORGES HAMÖN</i><br>
+<i>Photographies de l'auteur.</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">À la kermesse.</span>
+<span class="ralign">409</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi.</span>
+<span class="ralign">409</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des «boerin» bien prises en leurs justins marchent en roulant, un joug sur les épaules.</span>
+<span class="ralign">410</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa demeure de haut en bas.</span>
+<span class="ralign">410</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Emplettes familiales.</span>
+<span class="ralign">411</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les ménagères sont là, également calmes, lentes, avec leurs grosses jupes.</span>
+<span class="ralign">411</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune métayère de Middelburg.</span>
+<span class="ralign">412</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du marché conduit à un pont.</span>
+<span class="ralign">412</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une mère, songeuse, promenait son petit garçon.</span>
+<span class="ralign">413</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une famille hollandaise au marché de Middelburg.</span>
+<span class="ralign">414</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le marché de Middelburg: considérations sur la grosseur des betteraves.</span>
+<span class="ralign">415</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites.</span>
+<span class="ralign">416</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageviii" name="pageviii"></a>(p. viii)</span> <span class="smcap">Un septuagénaire appuyé sur son petit-fils me sourit bonassement.</span>
+<span class="ralign">417</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Roux en le décor roux, l'éclusier fumait sa pipe.</span>
+<span class="ralign">417</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le village de Zoutelande.</span>
+<span class="ralign">418</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bâches blanches.</span>
+<span class="ralign">419</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Aussi comme on l'aime, ce home.</span>
+<span class="ralign">420</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les filles de l'hôtelier de Wemeldingen.</span>
+<span class="ralign">421</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Il se campe près de son cheval.</span>
+<span class="ralign">421</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Je rencontre à l'orée du village un couple minuscule.</span>
+<span class="ralign">422</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La campagne hollandaise.</span>
+<span class="ralign">423</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du «molen».</span>
+<span class="ralign">423</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Par tous les sentiers, des marmots se juchèrent.</span>
+<span class="ralign">424</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le père Kick symbolisait les générations des Néerlandais défunts.</span>
+<span class="ralign">425</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues.</span>
+<span class="ralign">426</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'une entonna une chanson.</span>
+<span class="ralign">427</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.</span>
+<span class="ralign">428</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Famille hollandaise en voyage.</span>
+<span class="ralign">429</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ah! les moulins; leur nombre déroute l'esprit.</span>
+<span class="ralign">429</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les chariots enfoncés dans les champs marécageux sont enlevés par de forts chevaux.</span>
+<span class="ralign">430</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La digue de Westkapelle.</span>
+<span class="ralign">431</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les écluses ouvertes.</span>
+<span class="ralign">432</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les petits garçons rôdent par bandes, à grand bruit de sabots sonores....</span>
+<span class="ralign">433</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune mère à Marken.</span>
+<span class="ralign">433</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des peintres de tous les pays.</span>
+<span class="ralign">434</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Avec leurs figures rondes, épanouies de contentement, les petites filles de Volendam font plaisir à voir.</span>
+<span class="ralign">435</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout.</span>
+<span class="ralign">436</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les jeunes filles de Volendam sont coiffées du casque en dentelle, à forme de «salade» renversée.</span>
+<span class="ralign">437</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Deux pêcheurs accroupis au soleil, à Volendam.</span>
+<span class="ralign">438</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une lessive consciencieuse.</span>
+<span class="ralign">439</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.</span>
+<span class="ralign">440</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes de Volendam sont moins claquemurées en leur logis.</span>
+<span class="ralign">441</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vêtu d'un pantalon démesuré, le pêcheur de Volendam a une allure personnelle.</span>
+<span class="ralign">442</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un commencement d'idylle à Marken.</span>
+<span class="ralign">443</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les petites filles sont charmantes.</span>
+<span class="ralign">444</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">ABYDOS<br>
+dans les temps anciens et dans les temps modernes<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. E. AMELINEAU</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Le lac sacré d'Osiris, situé au sud-est de son temple, qui a été détruit.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">445</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Séti I<sup>er</sup> présentant des offrandes de pain, légumes, etc.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">445</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue d'Abydos.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">446</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Maison d'Abydos habitée par l'auteur, pendant les trois premières années.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">447</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le prêtre-roi rendant hommage à Séti I<sup>er</sup> (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">448</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Thot présentant le signe de la vie aux narines du roi Séti I<sup>er</sup> (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">449</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le dieu Thot purifiant le roi Séti I<sup>er</sup> (chambre annexe de la deuxième salle d'Osiris, mur sud).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">450</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue intérieure du temple de Ramsès II.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">451</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Séti I<sup>er</sup>.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">451</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple de Séti I<sup>er</sup>, mur est, pris du mur nord. Salle due à Ramsès II.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">452</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Temple de Séti I<sup>er</sup>, mur est, montrant des scènes diverses du culte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">453</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Table des rois Séti I<sup>er</sup> et Ramsès II, faisant des offrandes aux rois leurs prédécesseurs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">454</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue générale du temple de Séti I<sup>er</sup>, prise de l'entrée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">455</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Procession des victimes amenées au sacrifice (temple de Ramsès II).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">456</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE
+AUX MONTS CÉLESTES<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. JULES BROCHEREL</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Le bazar de Tackhent s'étale dans un quartier vieux et fétide.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">457</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un Kozaque de Djarghess.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">457</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire de Tachkent à Prjevalsk.</span>
+<span class="ralign">458</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les marchands de pain de Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">459</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">460</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un contrefort montagneux borde la rive droite du «tchou».</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">461</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le bazar de Prjevalsk, principale étape des caravaniers de Viernyi et de Kachgar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">462</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Couple russe de Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">463</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Arrivée d'une caravane à Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">464</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chef des Kirghizes et sa petite famille.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">465</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Notre djighite, sorte de garde et de policier.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">466</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le monument de Prjevalsky, à Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">467</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des têtes humaines, grossièrement sculptées, monuments funéraires des Nestoriens...</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">467</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants kozaques sur des b&oelig;ufs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">468</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un de nos campements dans la montagne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">469</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Montée du col de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">469</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans la vallée de Kizil-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">470</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire du voyage aux Monts Célestes.</span>
+<span class="ralign">470</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indigènes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">471</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Au sud du col s'élevait une blanche pyramide de glace.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">472</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée de Kizil-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">473</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le col de Karaguer, vallée de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">474</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur le col de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">475</span></p>
+
+<p><span class="smcap">J'étais enchanté des aptitudes alpinistes de nos coursiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">475</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le plateau de Saridjass, peu tourmenté, est pourvu d'une herbe suffisante pour les chevaux.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">476</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous passons à gué le Kizil-Sou.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">477</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Panorama du massif du Khan-Tengri.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">478</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Entrée de la vallée de Kachkateur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">479</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous baptisâmes Kachkateur-Tao, la pointe de 4~250 mètres que nous avions escaladée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">479</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée de Tomghent.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">480</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des Kirghizes d'Oustchiar étaient venus à notre rencontre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">481</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kirghize joueur de flûte.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">481</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le massif du Kizil-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">482</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Région des Monts Célestes.</span>
+<span class="ralign">482</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Kirghizes mènent au village une vie peu occupée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">483</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente glacée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">484</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vallée supérieure d'Inghiltchik.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">485</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pageix" name="pageix"></a>(p. ix)</span> <span class="smcap">Vallée de Kaende: l'eau d'un lac s'écoulait au milieu d'une prairie émaillée de fleurs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">486</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangèrent, avec leurs enfants, sur notre passage.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">487</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chirtaï de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">488</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous saluâmes la vallée de Kaende comme un coin de la terre des Alpes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">489</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes mariées de la vallée de Kaende, avec leur progéniture.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">490</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'élément mâle de la colonie vint tout l'après-midi voisiner dans notre campement.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">491</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un «aoul» kirghize.</span>
+<span class="ralign">492</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Yeux bridés, pommettes saillantes, nez épaté, les femmes de Kaende sont de vilaines Kirghizes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">493</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfant kirghize.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">493</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kirghize dressant un aigle.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">494</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Itinéraire du voyage aux Monts Célestes.</span>
+<span class="ralign">494</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Nous rencontrâmes sur la route d'Oustchiar un berger et son troupeau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">495</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'étaient, pour nous recevoir, assemblés sur une éminence.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">496</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le glacier de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">497</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende.</span>
+<span class="ralign">498</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">498</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Kirghizes de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">499</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le pic de Kaende s'élève à 6~000 mètres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">500</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La fille du chirtaï (chef) de Kaende, fiancée au kaltchè de la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">501</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le kaltchè (chef) de la vallée d'Irtach, l'heureux fiancé de la fille du chirtaï de Kaende.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">502</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le glacier de Kaende.</span>
+<span class="ralign">503</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">503</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Retour des champs.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">504</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes kirghizes de la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">505</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un chef de district dans la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">505</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une pyramide.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">506</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Célestes, emmenant leur famille avec leurs marchandises.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">507</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La vallée de Zououka, par où transitent les caravaniers de Viernyi à Kachgar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">508</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du même nom, fréquenté par les nomades qui se rendent à Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">509</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chaos des pics dans le Kara-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">510</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Étalon kirghize de la vallée d'Irtach et son cavalier.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">511</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Véhicule kirghize employé dans la vallée d'Irtach.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">511</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les roches plissées des environs de Slifkina, sur la route de Prjevalsk.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">512</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Campement kirghize, près de Slifkina.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">513</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme kirghize tannant une peau.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">514</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">515</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tombeau kirghize.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">516</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">L'ARCHIPEL DES FEROÉ<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>lle</sup> ANNA SEE</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">«L'espoir des Feroé» se rendant à l'école.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">517</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">517</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Thorshavn apparut, construite en amphithéâtre au fond d'un petit golfe.</span>
+<span class="ralign">518</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les fermiers de Kirkeb&oelig; en habits de fête.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">519</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les poneys feroïens et leurs caisses à transporter la tourbe.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">520</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les dénicheurs d'oiseaux se suspendent à des cordes armées d'un crampon.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">521</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des îlots isolés, des falaises de basalte ruinées par le heurt des vagues.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">522</span></p>
+
+<p><span class="smcap">On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont environ 6 mètres.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">523</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes feroïennes préparent la laine....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">524</span></p>
+
+<p><span class="smcap">On sale les morues.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">525</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Feroïen en costume de travail.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">526</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes portent une robe en flanelle tissée avec la
+laine qu'elles ont cardée et filée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">527</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Déjà mélancolique!...</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">528</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">PONDICHÉRY<br>
+chef-lieu de l'Inde française<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. G. VERSCHUUR</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Groupe de Brahmanes électeurs français.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">529</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Musicien indien de Pondichéry.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">529</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu compliqué.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">530</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La visite du marché est toujours une distraction utile pour le voyageur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">531</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Indienne en costume de fête.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">532</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Groupe de Brahmanes français.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">533</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La pagode de Villenour, à quelques kilomètres de Pondichéry.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">534</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Intérieur de la pagode de Villenour.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">535</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La Fontaine aux Bayadères.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">536</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Plusieurs rues de Pondichéry sont larges et bien bâties.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">537</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Étang de la pagode de Villenour.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">538</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Brahmanes français attendant la clientèle dans un bazar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">539</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La statue de Dupleix à Pondichéry.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">540</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">UNE PEUPLADE MALGACHE<br>
+LES TANALA DE L'IKONGO<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les populations souhaitent la bienvenue à l'étranger.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">541</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme d'Ankarimbelo.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">541</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte du pays des Tanala.</span>
+<span class="ralign">542</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les femmes tanala sont sveltes, élancées.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">543</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Panorama de Fort-Carnot.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">544</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">545</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un partisan tanala tirant à la cible à Fort-Carnot.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">546</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enfants tanala.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">547</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les hommes, tous armés de la hache.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">548</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creusé, et recouverts d'un drap.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">549</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le battage du riz.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">550</span></p>
+
+<p><span class="pagenum"><a id="pagex" name="pagex"></a>(p. x)</span> <span class="smcap">Une halte de partisans dans la forêt.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">551</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes des environs de Fort-Carnot.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">552</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les Tanala au repos perdent toute leur élégance naturelle.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">553</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une jeune beauté tanala.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">553</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste élégant et souple.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">554</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le chant du «e manenina», à Iaborano.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">555</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rue principale à Sahasinaka.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">556</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La danse est exécutée par des hommes, quelquefois par des femmes.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">557</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un danseur botomaro.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">558</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degré.</span> (D'après des photographies.)
+<span class="ralign">559</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tapant à coups redoublés sur un long bambou, les Tanala en tirent une musique étrange.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">560</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femmes tanala tissant un lamba.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">561</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le village et le fort de Sahasinaka s'élèvent sur les hauteurs qui bordent le Faraony.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">562</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un détachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">563</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Profil et face de femmes tanala.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">564</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">LA RÉGION DU BOU HEDMA<br>
+(sud tunisien)<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M. Ch. MAUMENÉ</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Les murailles de Sfax, véritable décor d'opéra....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">565</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Salem, le domestique arabe de l'auteur.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">565</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Carte de la région du Bou Hedma (sud tunisien).</span>
+<span class="ralign">566</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">567</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la fièvre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">568</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le cirque du Bou Hedma.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">569</span></p>
+
+<p><span class="smcap">L'oued Hadedj sort d'une étroite crevasse de la montagne.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">570</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'années.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">571</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un puits dans le défilé de Touninn.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">571</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sédentaires, qui cultivent oliviers et figuiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">572</span></p>
+
+<p><span class="smcap">De temps en temps la forêt de gommiers se révèle par un arbre.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">573</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le village de Mech; dans l'arrière-plan, le Bou Hedma.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">574</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le Khrangat Touninn (défile de Touninn), que traverse le chemin de Bir Saad à Sakket.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">575</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le puits de Bordj Saad.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">576</span></p>
+
+
+<p class="p2 center">DE TOLÈDE À GRENADE<br>
+<span class="smcap">Par</span> <i>M<sup>me</sup> JANE DIEULAFOY</i></p>
+
+
+<p><span class="smcap">Après avoir croisé des b&oelig;ufs superbes....</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">577</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Femme castillane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">577</span></p>
+
+<p><span class="smcap">On chemine à travers l'inextricable réseau des ruelles silencieuses.</span> (D après une photographie.)
+<span class="ralign">578</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La rue du Commerce, à Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">579</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un représentant de la foule innombrable des mendiants de Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">580</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entrées monumentales d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">581</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte du vieux palais de Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">582</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Fière et isolée comme un arc de triomphe, s'élève la merveilleuse Puerta del Sol.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">583</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail de sculpture mudejar dans le Transito.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">584</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">585</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Madrilène.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">586</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La porte de Visagra, construction massive remontant à l'époque de Charles Quint.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">587</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Tympan mudejar.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">588</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Des familles d'ouvriers ont établi leurs demeures près de murailles solides.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">589</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Castillane et Sévillane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">589</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Isabelle de Portugal, par le Titien (Musée du Prado).</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">590</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le palais de Pierre le Cruel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">591</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Statue polychrome du prophète Élie, dans l'église de Santo Tomé (auteur inconnu).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">592</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte du palais de Pierre le Cruel.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">593</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Portrait d'homme, par le Greco.</span> (Photographie Hauser y Menet, à Madrid.)
+<span class="ralign">594</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La cathédrale de Tolède.</span>
+<span class="ralign">595</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (église Santo Tomé).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">596</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le couvent de Santo Tomé conserve une tour en forme de minaret.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">597</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Les évêques Mendoza et Ximénès.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">598</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">599</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Prise de Melilla (cathédrale de Tolède).</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">600</span></p>
+
+<p><span class="smcap">C'est dans cette pauvre demeure que vécut Cervantès pendant son séjour à Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">601</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Saint François d'Assise, par Alonzo Cano, cathédrale de Tolède.</span>
+<span class="ralign">601</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte des Lions.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">602</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le cloître de San Juan de los Reyes apparaît comme le morceau le plus précieux et le plus fleuri de l'architecture gothique espagnole.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">603</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Ornements d'église, à Madrid.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">604</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte due au ciseau de Berruguete, dans le cloître de la cathédrale de Tolède.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">605</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une torea.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">606</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue intérieure de l'église de San Juan de Los Reyes.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">607</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Une rue de Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">608</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Porte de l'hôpital de Santa Cruz.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">609</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Sur les bords du Tage.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">610</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Escalier de l'hôpital de Santa Cruz.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">611</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail du plafond de la cathédrale.</span> (D'après une photographie)
+<span class="ralign">612</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Pont Saint-Martin à Tolède.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">613</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Guitariste castillane.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">613</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La «Casa consistorial», hôtel de ville.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">614</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Le «patio» des Templiers.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">615</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille légère.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">616</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Un coin de la Mosquée de Cordoue.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">617</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Chapelle de San Fernando, de style mudejar, élevée au <span class="pagenum"><a id="pagexi" name="pagexi"></a>(p. xi)</span> centre de la Mosquée de Cordoue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">618</span></p>
+
+<p><span class="smcap">La mosquée qui fait la célébrité de Cordoue, avec ses dix-neuf galeries hypostyles, orientées vers la Mecque.</span> (Photographie Lacoste, à Madrid.)
+<span class="ralign">619</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail de la chapelle de San Fernando.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">620</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Vue extérieure de la Mosquée de Cordoue, avec l'église catholique élevée en 1523, malgré les protestations des Cordouans.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">621</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Statue de Gonzalve de Cordoue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">622</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Statue de doña Maria Manrique, femme de Gonzalve
+de Cordoue.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">623</span></p>
+
+<p><span class="smcap">Détail d'une porte de la mosquée.</span> (D'après une photographie.)
+<span class="ralign">624</span></p>
+</div>
+
+
+<p class="p4"><a id="footnote1" name="footnote1"></a>
+<b>Note 1:</b> Les pages dont nous donnons ici la primeur aux lecteurs
+du <i>Tour du Monde</i> sont empruntées au livre encore inédit: NAPOLÉON,
+ROI DE L'ÎLE D'ELBE, que doit prochainement publier la librairie
+Hachette, et qui sera l'histoire complète et singulièrement vivante,
+reconstituée sur place par l'auteur, de cette période si peu connue de
+la vie impériale.<a href="#footnotetag1"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+<p><a id="footnote2" name="footnote2"></a>
+<b>Note 2:</b> Allusion aux mines de fer de l'île, dont nous parlerons
+tout à l'heure.<a href="#footnotetag2"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+<p><a id="footnote3" name="footnote3"></a>
+<b>Note 3:</b> <i>Suite. Voyez page 97.</i></p>
+
+<p>Les pages dont nous donnons ici la primeur aux lecteurs du <i>Tour du
+Monde</i> sont empruntées au livre encore inédit: NAPOLÉON ROI DE L'ÎLE
+D'ELBE, que doit prochainement publier la librairie Hachette, et qui
+sera l'histoire complète et singulièrement vivante, reconstituée sur
+place par l'auteur, de cette période si peu connue de la vie
+impériale.<a href="#footnotetag3"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+<p><a id="footnote4" name="footnote4"></a>
+<b>Note 4:</b> Il existe encore en Provence, dans les Pyrénées et parmi
+presque tous les pays du Midi, un assez grand nombre de ces ermites
+laïques, qui n'ont plus aucun caractère religieux, mais qui sont
+simplement chargés, par les communes ou par l'église, de la garde et
+de l'entretien de certains sanctuaires célèbres, en échange des menus
+bénéfices que les visiteurs et les pèlerins leur procurent. Les uns
+rentrent coucher chaque soir dans leur village, d'autres habitent
+l'ermitage même et s'accommodent, pour le restant de leurs jours, de
+ces solitudes tranquilles. Nous retrouverons un autre ermitage de ce
+genre à Monserrat.<a href="#footnotetag4"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+<p><a id="footnote5" name="footnote5"></a>
+<b>Note 5:</b> <i>Suite. Voyez pages 97 et 109.</i></p>
+
+<p>Les pages dont nous donnons ici la primeur aux lecteurs du <i>Tour du
+Monde</i> sont empruntées au livre encore inédit: NAPOLÉON, ROI DE L'ÎLE
+D'ELBE, que doit prochainement publier la librairie Hachette, et qui
+sera l'histoire complète et singulièrement vivante, reconstituée sur
+place par l'auteur, de cette période si peu connue de la vie
+impériale.<a href="#footnotetag5"><span class="small">[Retour au texte principal]</span></a></p>
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; Île d'Elbe, by Various
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; ÎLE D'ELBE ***
+
+***** This file should be named 29537-h.htm or 29537-h.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
+ http://www.gutenberg.org/2/9/5/3/29537/
+
+Produced by Carlo Traverso, Christine P. Travers and the
+Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
+(This file was produced from images generously made
+available by the Bibliothèque nationale de France
+(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
+
+
+Updated editions will replace the previous one--the old editions
+will be renamed.
+
+Creating the works from public domain print editions means that no
+one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
+permission and without paying copyright royalties. Special rules,
+set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
+copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
+protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project
+Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
+charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you
+do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
+rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose
+such as creation of derivative works, reports, performances and
+research. They may be modified and printed and given away--you may do
+practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
+subject to the trademark license, especially commercial
+redistribution.
+
+
+
+*** START: FULL LICENSE ***
+
+THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
+PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK
+
+To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
+distribution of electronic works, by using or distributing this work
+(or any other work associated in any way with the phrase "Project
+Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
+Gutenberg-tm License (available with this file or online at
+http://gutenberg.org/license).
+
+
+Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
+electronic works
+
+1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
+electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
+and accept all the terms of this license and intellectual property
+(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
+the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
+all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
+If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
+Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
+terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
+entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.
+
+1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
+used on or associated in any way with an electronic work by people who
+agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
+even without complying with the full terms of this agreement. See
+paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
+
+1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
+located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
+copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
+works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
+Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
+freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
+this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
+the work. You can easily comply with the terms of this agreement by
+keeping this work in the same format with its attached full Project
+Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
+
+1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
+what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in
+a constant state of change. If you are outside the United States, check
+the laws of your country in addition to the terms of this agreement
+before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
+creating derivative works based on this work or any other Project
+Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning
+the copyright status of any work in any country outside the United
+States.
+
+1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:
+
+1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate
+access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
+whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
+phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
+Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
+copied or distributed:
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
+from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
+posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
+and distributed to anyone in the United States without paying any fees
+or charges. If you are redistributing or providing access to a work
+with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
+work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
+through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
+Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
+1.E.9.
+
+1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
+with the permission of the copyright holder, your use and distribution
+must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
+terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
+to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
+permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
+
+1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
+License terms from this work, or any files containing a part of this
+work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
+
+1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
+electronic work, or any part of this electronic work, without
+prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
+active links or immediate access to the full terms of the Project
+Gutenberg-tm License.
+
+1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
+compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
+word processing or hypertext form. However, if you provide access to or
+distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
+"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
+posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
+you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
+copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
+request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
+form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
+License as specified in paragraph 1.E.1.
+
+1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
+performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
+unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
+
+1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
+access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
+that
+
+- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
+ the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
+ you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
+ owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
+ has agreed to donate royalties under this paragraph to the
+ Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
+- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
+Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
+
+1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
+effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
+public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
+collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
+works, and the medium on which they may be stored, may contain
+"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
+corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
+property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
+computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
+your equipment.
+
+1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
+of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
+Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
+Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
+liability to you for damages, costs and expenses, including legal
+fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
+LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
+PROVIDED IN PARAGRAPH F3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
+TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
+LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
+INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
+DAMAGE.
+
+1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
+defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
+receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
+written explanation to the person you received the work from. If you
+received the work on a physical medium, you must return the medium with
+your written explanation. The person or entity that provided you with
+the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit http://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including checks, online payments and credit card donations.
+To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ http://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
+
+
+</pre>
+
+</body>
+</html>
diff --git a/29537-h/images/img001.jpg b/29537-h/images/img001.jpg
new file mode 100644
index 0000000..58924d6
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img001.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img002.jpg b/29537-h/images/img002.jpg
new file mode 100644
index 0000000..6b9e893
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img002.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img003.jpg b/29537-h/images/img003.jpg
new file mode 100644
index 0000000..488157d
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img003.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img004.jpg b/29537-h/images/img004.jpg
new file mode 100644
index 0000000..ea797a6
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img004.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img005.jpg b/29537-h/images/img005.jpg
new file mode 100644
index 0000000..a105160
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img005.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img006.jpg b/29537-h/images/img006.jpg
new file mode 100644
index 0000000..32a9548
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img006.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img007.jpg b/29537-h/images/img007.jpg
new file mode 100644
index 0000000..87ddf23
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img007.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img008.jpg b/29537-h/images/img008.jpg
new file mode 100644
index 0000000..4fd0a0d
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img008.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img009.jpg b/29537-h/images/img009.jpg
new file mode 100644
index 0000000..e471704
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img009.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img010.jpg b/29537-h/images/img010.jpg
new file mode 100644
index 0000000..564392b
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img010.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img011.jpg b/29537-h/images/img011.jpg
new file mode 100644
index 0000000..cab2b62
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img011.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img012.jpg b/29537-h/images/img012.jpg
new file mode 100644
index 0000000..e268848
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img012.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img013.jpg b/29537-h/images/img013.jpg
new file mode 100644
index 0000000..190703a
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img013.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img014.jpg b/29537-h/images/img014.jpg
new file mode 100644
index 0000000..a2250d3
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img014.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img015.jpg b/29537-h/images/img015.jpg
new file mode 100644
index 0000000..3bbdf25
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img015.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img016.jpg b/29537-h/images/img016.jpg
new file mode 100644
index 0000000..cc994f9
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img016.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img017.jpg b/29537-h/images/img017.jpg
new file mode 100644
index 0000000..1241def
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img017.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img018.jpg b/29537-h/images/img018.jpg
new file mode 100644
index 0000000..8b1c8e7
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img018.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img019.jpg b/29537-h/images/img019.jpg
new file mode 100644
index 0000000..170cbfa
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img019.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img020.jpg b/29537-h/images/img020.jpg
new file mode 100644
index 0000000..a4ce955
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img020.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img021.jpg b/29537-h/images/img021.jpg
new file mode 100644
index 0000000..fe937d7
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img021.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img022.jpg b/29537-h/images/img022.jpg
new file mode 100644
index 0000000..5ff1668
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img022.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img023.jpg b/29537-h/images/img023.jpg
new file mode 100644
index 0000000..14fbeab
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img023.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img024.jpg b/29537-h/images/img024.jpg
new file mode 100644
index 0000000..e8c372f
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img024.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img025.jpg b/29537-h/images/img025.jpg
new file mode 100644
index 0000000..1136392
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img025.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img026.jpg b/29537-h/images/img026.jpg
new file mode 100644
index 0000000..dea0e57
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img026.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img028.jpg b/29537-h/images/img028.jpg
new file mode 100644
index 0000000..eb111e0
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img028.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img029.jpg b/29537-h/images/img029.jpg
new file mode 100644
index 0000000..daf56f5
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img029.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img030.jpg b/29537-h/images/img030.jpg
new file mode 100644
index 0000000..785b6f8
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img030.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img031.jpg b/29537-h/images/img031.jpg
new file mode 100644
index 0000000..a6a111b
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img031.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img032.jpg b/29537-h/images/img032.jpg
new file mode 100644
index 0000000..1cada1e
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img032.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img033.jpg b/29537-h/images/img033.jpg
new file mode 100644
index 0000000..9fdb4ec
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img033.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img034.jpg b/29537-h/images/img034.jpg
new file mode 100644
index 0000000..d3433dc
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img034.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img036.jpg b/29537-h/images/img036.jpg
new file mode 100644
index 0000000..b5b64f9
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img036.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img037.jpg b/29537-h/images/img037.jpg
new file mode 100644
index 0000000..d3bcc78
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img037.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img038.jpg b/29537-h/images/img038.jpg
new file mode 100644
index 0000000..0b782a1
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img038.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img039.jpg b/29537-h/images/img039.jpg
new file mode 100644
index 0000000..d5c1ee1
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img039.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img040.jpg b/29537-h/images/img040.jpg
new file mode 100644
index 0000000..85dfa8a
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img040.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img041.jpg b/29537-h/images/img041.jpg
new file mode 100644
index 0000000..b1537aa
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img041.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img042.jpg b/29537-h/images/img042.jpg
new file mode 100644
index 0000000..c63378d
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img042.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img043.jpg b/29537-h/images/img043.jpg
new file mode 100644
index 0000000..ad1ed51
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img043.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img044.jpg b/29537-h/images/img044.jpg
new file mode 100644
index 0000000..9bb7020
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img044.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img045.jpg b/29537-h/images/img045.jpg
new file mode 100644
index 0000000..ef27409
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img045.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img046.jpg b/29537-h/images/img046.jpg
new file mode 100644
index 0000000..7bc51cb
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img046.jpg
Binary files differ
diff --git a/29537-h/images/img047.jpg b/29537-h/images/img047.jpg
new file mode 100644
index 0000000..a3efc4e
--- /dev/null
+++ b/29537-h/images/img047.jpg
Binary files differ
diff --git a/LICENSE.txt b/LICENSE.txt
new file mode 100644
index 0000000..6312041
--- /dev/null
+++ b/LICENSE.txt
@@ -0,0 +1,11 @@
+This eBook, including all associated images, markup, improvements,
+metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be
+in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES.
+
+Procedures for determining public domain status are described in
+the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org.
+
+No investigation has been made concerning possible copyrights in
+jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize
+this eBook outside of the United States should confirm copyright
+status under the laws that apply to them.
diff --git a/README.md b/README.md
new file mode 100644
index 0000000..27bd122
--- /dev/null
+++ b/README.md
@@ -0,0 +1,2 @@
+Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for
+eBook #29537 (https://www.gutenberg.org/ebooks/29537)