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+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6 of 6)
+
+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17236]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+ ANTIQUITÉS D'HERCULANUM
+
+
+
+ GRAVÉES
+ PAR TH. PIROLI
+
+ AVEC
+ UNE EXPLICATION PAR S.-Ph. CHAUDÉ;
+
+ ET PUBLIÉES
+ PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
+
+
+
+ TOME VI.
+
+ LAMPES ET CANDÉLABRES.
+
+
+À PARIS
+
+
+ {PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;
+CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, rue de la Paix, maison
+ {Abbatiale Saint-Germain-des-Prés, n°. 1.
+
+
+
+ AN XIV. = 1806.
+
+
+
+AVERTISSEMENT
+
+
+
+Ce 6e volume, contenant les Lampes et les Candélabres, fait, dans notre
+division, la troisième partie des Antiquités d'Herculanum, et, dans
+des monumens plus simples, offre un degré d'intérêt qui le rend encore
+précieux après l'exposition des Peintures et des Bronzes. Les Lampes
+(_lucernæ_ ou _lychni_), consacrées par les besoins usuels et par la
+piété, se sont tellement multipliées, qu'il en est parvenu un grand
+nombre jusqu'à nous; les Antiquaires les ont divisées en plusieurs
+classes, sous les dénominations de _lampes sacrées, lampes domestiques_
+et _lampes sépulcrales_. Montfaucon observe judicieusement que, malgré
+ces distinctions, il serait très-difficile d'assigner à chacun de ces
+monumens sa classe particulière. En effet, celles que nous publions ont
+presque toutes été trouvées dans les maisons, et ne diffèrent pas des
+lampes sépulcrales publiées par Bellori ou par d'autres; il ne paraît
+même pas que celles qu'on allumait dans les temples, et qui devraient
+être proprement dites _sacrées_, soient absolument distinctes des
+autres; et il est vraisemblable qu'on se servait indifféremment de
+toutes dans les cérémonies religieuses et dans l'usage privé. La variété
+des formes et des emblêmes dépendait du caprice des artistes ou de la
+fantaisie de celui qui faisait fabriquer ces objets. On trouve dans
+les inscriptions, à _la Fortune domestique_, à _Jupiter domestique_,
+_Minerve domestique, etc._; c'est alors le signe d'une dévotion
+particulière, et on peut en dire autant de toutes les lampes qui portent
+la figure de quelque divinité; ce sont ces sortes de lampes que nous
+nommerons _sacrées_. Beaucoup d'autres sont relatives à la profession
+ou aux goûts de leurs possesseurs. Celles qui portent des figures de
+gladiateurs peuvent être considérées comme lampes sépulcrales; elles
+peuvent aussi se classer parmi celles destinées à éclairer les salles
+d'exercices des gladiateurs, et même les échoppes ou les boutiques des
+amphithéâtres, des théâtres et des cirques. Nous aurons soin, au
+reste, de ne point omettre, dans le cours de nos explications, les
+particularités plus ou moins curieuses qui peuvent jeter quelque jour
+sur les usages des anciens: si cette matière a été épuisée par une foule
+de savans auteurs, dont nous nous plaisons à répéter les opinions plutôt
+qu'à donner les nôtres, nous prions nos lecteurs de considérer que nous
+n'avons pour but que d'aider leur mémoire, en examinant avec eux les
+monumens dont nous leur offrons une copie fidelle.
+
+Les lampes étaient ordinairement de bronze ou de terre cuite, et l'on
+aura souvent occasion d'admirer, dans les lampes de cette dernière
+espèce, combien était répandu le sentiment du beau, et de se confirmer
+dans cette observation: que si des hommes ingénieux font la gloire de
+leur siècle, la gloire de ce même siècle conserve long-temps, parmi
+leurs successeurs, l'esprit dont les premiers furent animés, et fait
+revivre cet esprit après les nuits de la barbarie. On ne saurait donc
+trop applaudir aux efforts des artistes qui tendent, en profitant des
+exemples de l'antiquité, à répandre ce goût conservateur dans tout ce
+qui appartient aux besoins les plus familiers. Pour nous, nous croirons
+avoir peu fait pour les arts, si l'imitation par la gravure des objets
+précieux que la découverte d'Herculanum a rendus à la lumière, ne
+faisait naître, dans les productions du goût, des imitations plus
+solides et plus heureuses.
+
+
+
+ DES ANCIENNES VILLES
+ DÉTRUITES PAR LES ÉRUPTIONS DU VÉSUVE.
+
+
+L'origine d'_Herculanum_, ville d'Hercule, ou consacrée à Hercule,
+_Herculaneum sive Herculanium_ (_oppidum_), se perd dans la nuit des
+temps fabuleux. Si parmi les héros qui ont porté le nom d'Hercule, on
+suit les aventures de l'Hercule Thébain, on voit celui-ci s'arrêter,
+après avoir consommé de grands travaux en Italie, et se reposer dans _la
+Campagne heureuse_. Là il célèbre ses victoires en consacrant aux Dieux
+la dixième partie des dépouilles (_Dionys. Halic, l. I_), et fonde la
+petite ville qui porte son nom, à l'endroit où son navire avait fait sa
+station. Cette même ville est appelée par Pétrone, _Herculis Porticus_;
+d'où lui est venu, sans doute, son nom moderne de _Portici_. Avant la
+découverte d'Herculanum, personne n'avait su déterminer, avec précision,
+la situation de cette ancienne ville; il n'en restait pas même de trace
+sensible dans ce nom de _Portici_. Cette habitation royale à quatre
+milles environ de Naples, séparée de _Résina_ par une seule rue, cachait
+la ville antique sous ses fondemens. Ces deux villes sont presque
+de niveau avec la mer; en sorte que le sol d'Herculanum se trouve
+très-abaissé, ou qu'il faut que la mer se soit beaucoup élevée.
+Winckelmann, qui fait cette observation (_lettre au comte de Brühl_),
+croit à ce dernier phénomène. Il observe que sur les côtes de Hollande,
+la mer est manifestement plus haute que la terre; ce qui ne devait pas
+être avant que l'industrie humaine eût prescrit des limites à la mer.
+Les bâtimens d'Herculanum sont encore dans leur ancienne assiette;
+état tout-à-fait contraire à l'opinion qu'ils se soient affaissés. On a
+cherché à rendre raison du nom de _Résina_, en le faisant dériver de la
+_villa Retina_, dont parle Pline le jeune dans la lettre où il décrit
+l'éruption du Vésuve (_lib. VI, epist. 16_). Mais il paraît par le
+texte, malgré la diversité des leçons, que cette _villa_ était située
+près de _Misenum_, c'est-à-dire à environ douze milles du Vésuve, et
+qu'il n'y a aucun rapport de _Retina_ à _Resina_.
+
+La ville de _Pompéia_, qui subit le même sort qu'Herculanum, paraît
+avoir eu une commune origine. Son nom vient des pompes et fêtes
+d'Hercule (_Serv. in Æn. VIII, v. 662_). En écrivant _Pompéia_, dans le
+cours de cet ouvrage, nous avons suivi un usage vulgaire qui pourrait
+nous mériter un reproche. Les auteurs latins écrivent Pompeii, au
+pluriel; les Français conservent ordinairement la terminaison latine.
+Strabon dit _Pompeia_, et son traducteur, _Pompeiam, quam Sarnus
+præterfluit_. Cet exemple peut faire autorité en notre faveur. Les
+ruines de Pompéia se trouvent aujourd'hui sur le chemin de Salerne, près
+d'un village maritime, appelé _Torre dell'Annunziata_, à dix milles de
+Naples et six de Portici. L'emplacement qu'elles occupent est éloigné
+d'un demi-mille environ du cours actuel du _Sarnus_ (aujourd'hui
+_Sarno_), soit que cette différence ait pour cause les bouleversemens
+produits par les éruptions et les tremblemens de terre, soit que le port
+se trouvât situé à quelque distance de la ville; ce qui n'est point
+sans exemple. Cette situation favorable faisait de Pompéia l'entrepôt du
+commerce de _Nola_, de _Nuceria_ (_Nocerra_), et d'_Acerræ_ (_Acerra_).
+
+«Stabie (_Stabiæ_), dit Winckelmann, était située dans le terrain
+qu'occupe à présent _Gragnano_, et non comme le prétend Cluvier dans
+l'endroit où est aujourd'hui _Castell'-a-mare_, sur le bord de la mer.
+L'ancienne Stabie, suivant Gallien, en était éloignée de huit stades;
+ce qui s'accorda avec la situation que nous lui donnons. Cette ville fut
+détruite par Sylla dans la guerre des Marses; et du temps de Pline, on
+n'y voyait plus que des maisons de plaisance»; c'est le rivage où Pline
+l'ancien périt victime de son courage.
+
+Indépendamment de ces villes principales, tout le rivage était couvert
+d'habitations agréables qu'on bâtissait quelquefois jusque dans la
+mer, pour y trouver la fraîcheur que produit le mouvement des flots.
+La fertilité qui jaillissait des causes même de destruction, a, de tout
+temps, répandu sur ces lieux dangereux, un charme dont les événemens les
+plus désastreux n'ont pu détruire le prestige. Nous voyons encore de nos
+jours des jardins délicieux creusés dans la lave; à peine ces fleuves de
+marbre et de métaux fondus sont-ils refroidis, qu'on vient chercher sur
+leurs bords l'habitation qu'ils ont épargnée; on creuse leurs flancs
+pour découvrir le sol; on taille, on enlève leurs riches débris, pour
+construire des édifices, pour consolider des routes qui doivent être
+de nouveau abîmées par les torrens destructeurs, Le pavé des villes
+antiques mêmes était formé de laves. La première éruption dont
+l'histoire ait conservé le souvenir, est celle qui eut lieu la première
+année du règne de Titus, l'an 79 de l'ère chrétienne, celle à laquelle
+on a attribué la destruction totale des villes déterrées dans le siècle
+dernier. Avant l'époque dont nous venons de parler, les témoins nombreux
+qui annonçaient le voisinage d'un ennemi aussi redoutable que l'Ætna,
+semblaient être muets pour les habitans de ces contrées. Si la tradition
+des anciennes fureurs de quelques volcans avait été conservée par les
+poètes, elle était comme reléguée dans le domaine des fictions. La
+fable des Géans phlégréens, la description que Virgile fait des enfers,
+description qui nous guide encore aujourd'hui pas à pas sur les mêmes
+lieux, en renferment les traces les plus sensibles: mais il n'est
+question que des campagnes de Cumes; et l'on est surpris de voir
+l'auteur des Géorgiques parler de la fertilité du Vésuve, sans remonter
+à la cause dangereuse qui la produit, et qu'il semble tout-à-fait
+ignorer. Pline l'ancien, qui porta si loin ses recherches sur l'histoire
+naturelle, à qui l'incendie du Vésuve fut si funeste, parle deux fois de
+cette montagne célèbre par ses vins, sans paraître instruit de la nature
+sulphureuse du sol. Cette remarque n'avait point échappé à l'exact
+Strabon, qui parle d'ailleurs (_liv. V_) du sommet du Vésuve, comme
+d'un volcan éteint. Diodore de Sicile (_l. IV_), parle aussi des traces
+d'embrâsemens qu'offre la montagne, mais sans entrer dans aucun détail.
+
+Il est constant que ces apparences de la nature volcanique du Vésuve
+avaient peu frappé les anciens, et l'on voit que leurs plus habiles
+observateurs y avaient à peine fait attention. S'il est prouvé par
+l'ancien état du sol, mis à découvert dans les fouilles, qu'à une époque
+très-reculée le Vésuve s'était signalé par de grandes éruptions, il
+faut supposer qu'elles eurent lieu avant que ces contrées ne fussent
+habitées. Comment, en effet, le souvenir d'événemens aussi terribles se
+serait-il effacé de la mémoire des hommes? Ce souvenir ne se serait-il
+point, au contraire, perpétué par la tradition? Et cette tradition, les
+prêtres et les poètes, toujours amis du merveilleux, ne l'auraient-ils
+point avidement recueillie? En vain la cherche-t-on dans quelques poètes
+latins; un passage de Lucrèce (_liv. VI, v._ 747), où il est seulement
+question des eaux chaudes du mont Vésuve, ne fait point autorité. D.
+Marcello Venuti remarque même qu'on a fait subir à ce passage diverses
+corrections, pour y faire entrer le nom du volcan.
+
+On a cité, comme une autorité plus précise, ces vers de
+Valerius-Flaccus:
+
+ _Sic ubi prærupti tonuit cum fortè Vesevi
+ Hesperiæ lethalis apex._
+
+Et ceux-ci de Silius-Italicus:
+
+ _Sic ubi vi cæcâ tandem devictus ad astra
+ Evomuit pastos per sæcla Vesuvius ignes,
+ Et Pelago et terris fusa est vulcania pestis._
+
+Certes, il n'est pas possible de peindre avec plus de vérité l'effet
+des éruptions: mais sous le prétexte que Valerius-Flaccus écrivait
+sous Vespasien, à qui il dédia son poëme, et que Silius-Italicus vivait
+encore plus anciennement sous Néron, il ne faut point se persuader que
+ces deux poètes nous transmettent dans leurs vers d'anciennes traditions
+dont on ne trouve ailleurs aucunes traces. Si le premier a consacré les
+prémises de sa muse à Vespasien, il paraît constant qu'il est mort en
+88 sous Domitien, sans avoir terminé son poëme (Voyez _Dodwell, Annales
+Quintilianei_). Le second se trouvait consul lors de la mort de Néron,
+en l'an 68. On ignore quand il a cessé de vivre; mais on sait qu'il
+écrivit dans un âge avancé, et l'on convient que ses ouvrages en
+retiennent une sorte de faiblesse. Depuis l'époque de sa dignité
+consulaire jusqu'au temps de l'éruption, on ne compte que onze ans: il
+est donc très-probable que cet auteur était contemporain; et le passage
+cité plus haut nous paraît même une preuve que Silius-Italicus existait
+encore après l'événement désastreux arrivé sous Titus.
+
+Un fait singulier rapporté par Florus (_lib. III, cap. XX_), peut servir
+à prouver qu'il ne devait y avoir chez les anciens aucune idée de danger
+attachée au mont Vésuve. Spartacus, ce chef redoutable de la révolte des
+esclaves, s'était fait du sommet du Vésuve, une sorte de retraite et de
+citadelle. Assiégé et réduit à l'extrémité par les troupes de Clodius
+Glabrus, il descendit, suivi de ses compagnons, dans les entrailles
+du Vésuve, à l'aide de cordes d'osier; puis, suivant des routes
+souterraines, il sortit par une issue ignorée et tomba à l'improviste
+sur le camp de son ennemi, qui s'attendait peu à une pareille attaque.
+Si l'on doit ajouter foi à ce récit, voilà une époque où le volcan
+était entièrement éteint; c'est environ deux siècles avant la fameuse
+éruption: mais depuis cette éruption, plus de dix-sept siècles se sont
+écoulés sans que les flancs de ce gouffre se soient épuisés; et bien
+qu'un observateur moderne ait dit que le Vésuve tombe en vétusté, et
+qu'il tend à s'éteindre, qui sait combien de siècles doivent s'écouler
+encore, avant qu'un nouveau Spartacus puisse aller scruter ses
+entrailles! On est presque réduit aux conjectures, quand on veut
+rechercher quels sont les premiers peuples qui s'établirent autour du
+Vésuve. D'après les témoignages de Strabon (_liv. V_) et de Servius
+(_in Æn. VII_), les habitans du rivage et des pays arrosés par le
+Sarno, étaient connus sous le nom d'Osques, _Osci_; on attribuait-ce
+nom d'_Osci_, ou plutôt d'_Opici_, aux serpens dont abondait le pays,
+en grec, Of??. De-l par contraction, on avait dit _Opsci_ ou _Osci_.
+Capoue, qui fut de tout temps la capitale de cette région, se nommait
+_Vulturnia_, et, aussi _Osca_ ou _Opicia_. Cette étymologie, tirée
+du nom grec des serpens, est peut-être un peu forcée; mais l'origine
+grecque de ces peuples n'en doit pas moins être regardée comme
+constante. Servius, citant Conon, dit que cet ancien écrivain, «dans
+le livre qu'il a écrit sur l'Italie, raconte que des Pélasges et autres
+émigrans du Péloponnèse, abordèrent dans cet endroit de l'Italie, qui
+n'avait point encore de nom; qu'ils donnèrent celui de _Sarnus_ au
+fleuve dont ils habitèrent les rives, du nom d'un fleuve de leur patrie;
+qu'ils s'appelèrent eux-mêmes _Sarastes_, et que, parmi plusieurs
+autres villes, ils fondèrent _Nuceria_». De-là on peut conclure que
+les Pélasges commencèrent à combattre ou à se mêler avec les anciens
+Étrusques, maîtres du pays Osque. Le nom d'Étrusque est celui que les
+écrivains latins conservèrent aux habitans de ces contrées. Les Samnites
+s'étendirent dans leurs conquêtes jusqu'au cratère; mais ils ne purent
+s'y maintenir, et furent chassés par ceux du rivage. Ces nouveaux
+peuples, malgré leurs alliances avec leurs voisins, conservèrent des
+mœurs qui décelaient une origine moins barbare. Ils avaient apporté les
+usages et les arts de la Grèce, encore dans leur enfance; retranchés de
+la souche maternelle, ils conservèrent ce qu'ils avaient de sauvage, et,
+comme Grecs, demeurèrent bien loin de la politesse et du goût qui fit de
+leur première patrie, l'ornement et le modèle du monde entier. Chez eux
+donc se forma ce premier style de l'art qu'on nomma Étrusque chez les
+Romains, et dont l'imitation servit de leçon à ce peuple tout barbare.
+Une preuve de l'origine des mêmes peuples se trouve encore dans
+la dénomination de leurs magistrats, ainsi que le remarque Strabon
+lui-même. Les villes de proche en proche devinrent colonies romaines;
+mais par un privilège remarquable (celui des Municipes), les habitans
+conservèrent, en jouissant du droit de cité, la faculté de vivre sous
+leurs anciennes lois. Ainsi, les Herculaniens avaient des magistrats
+suprêmes, des _Démarques_, lesquels étaient peut-être les mêmes que les
+décemvirs Quinquennaux.
+
+Herculanum et Pompéia étaient deux villes florissantes et très-peuplées,
+si l'on en juge par les théâtres et les monumens publics découverts
+dans les fouilles. Winckelmann cite, à l'appui de la même opinion, une
+inscription curieuse trouvée sur le mur d'une maison à Herculanum. C'est
+une affiche pour la location des bains et des lieux où l'on donnait à
+boire et à manger, et que, pour le prix de _neuf cents sesterces_, on
+louait pour cinq ans. Une certaine Julia, fille de Spurius-Félix, en
+était la propriétaire LOCANTUR BALNEUM VENERIUM ET NONGENTUM TABERNÆ
+PERGULÆ, etc.
+
+Tout le monde connaît le récit que Pline le jeune fait, dans sa lettre à
+Tacite, de la terrible éruption qui coûta la vie à son oncle (_liv.
+VI. ép. 16_). L'auteur latin n'a rien exagéré; et quoique profondément
+affecté, il s'exprime avec cette énergique simplicité et cette austérité
+qui convient l'histoire. Dion-Cassius, dans une description plus
+pompeuse, s'exprime avec la chaleur d'un orateur, et nous peint tout le
+peuple d'Herculanum et de Pompéia, assis et abîmé dans le théâtre.
+Ce fut le 1er novembre, suivant Pline, et à une heure après midi, que
+l'explosion fit tout son effet: c'était l'heure où le peuple avait
+coutume de se rendre au théâtre; mais tout prouve aujourd'hui que Dion,
+qui vivait déjà loin de l'époque de l'événement, s'est laissé entraîner
+à une grande exagération. Si son récit était exact, n'aurait-on pas
+découvert un grand nombre de cadavres dans les fouilles? Or, on n'a
+pas trouvé un seul corps dans les théâtres; on n'en a même trouvé qu'un
+très-petit nombre dans les villes. Des ustensiles pesans, déterrés ç
+et là dans les campagnes, sont des traces sensibles de la fuite des
+habitans, et certainement ils ont eu le temps de se dérober au danger.
+On sait que des signes redoutables annoncent les éruptions: si les
+habitans ne pouvaient prévoir ce déluge de feux, le bruit et les
+secousses qui l'ont précédé, au rapport même de Dion-Cassius, et surtout
+le souvenir récent du tremblement de terre qui, selon Sénèque, avait
+renversé une partie de leurs villes sous Néron (en l'an 63), devaient
+les avertir de chercher leur salut en rase campagne ou sur la mer; il
+échappa sans doute au désastre un grand nombre de personnes. Chassés par
+ces malheurs, ou par d'autres qui suivirent, les habitans d'Herculanum
+se réfugièrent à Naples; ils y eurent un quartier séparé, et y vécurent,
+sous leurs lois: de-là, la dénomination de _Regio Herculaniensium_, ou
+_Herculanensis_, qui se trouve sur des inscriptions antiques. Ceux de
+Pompéia se réfugièrent à Nola. Voilà des faits qu'on ne peut révoquer
+en doute: mais quand eurent lieu ces émigrations et l'abandon total
+des deux villes? L'opinion vulgaire a voulu que ce fut après le
+premier désastre. Mais depuis peu on a mis en question si les villes
+d'Herculanum et de Pompéia n'ont pas subsisté encore longtemps après.
+D. Marcello Venuti avait cité une inscription consacrée, par la
+reconnaissance de la colonie d'Herculanum, à _L. Munatius Concessianus_
+pour l'avoir alimentée à ses frais dans un temps de disette[1].
+
+[Footnote 1: Voici cette inscription, qui mérite d'être rapportée tout
+au long:
+
+ L. MVNATIO. CONCESSIANO. V.P. PATRONO
+ COLONIAE. PRO MERITIS. EIVS. ERGA. CIVES
+ MVNIFICA. LARGITATE. OLIM HONOREM
+ DEVITVM. PRESTANTISSIMO. VIRO. PRAE
+ SENS. TEMPVS. EXEGIT. QVO. ETIAM. MVNA
+ TI. CONCESSIANI. FILII. SVI. DEMARCHIA.
+ CVMVLATIORE. SVMPTV. LIBERALITATIS
+ ABVNDANTIAM. VNIVERSIS. EXIBVIT. CIVIBVS
+ OB. QVAE. TESTIMONIA. AMORIS. SINCERISSI
+ MI. REG. PRIMARIA. SPLENDIDISSIMA
+ HERCVLANIENSIVM; PATRONO. MIRABILI
+ STATVAM. PONENDAM. DECREVIT.
+
+(Descriz. delle prime scoperte dell' antica città d'Ercolano. _Roma_,
+1478, _pag._ 28).]
+
+Le style de l'inscription se rapporte, suivant cet auteur même, aux bas
+siècles de l'empire; mais, embrassant l'opinion reçue, loin d'y voir une
+preuve de l'existence prolongée de la ville d'Herculanum, il applique le
+sens de cette inscription à l'établissement des Herculaniens réfugiés à
+Naples, dans un quartier qui prit leur nom. D. Venuti ne manquera pas
+de partisans qui partageront son opinion. En étudiant l'inscription, il
+paraît clair qu'elle a été faite à Naples: il y est question de _Regio_,
+et non pas de _Civitas Herculaniensium_; et cette expression de _Regio_
+est accompagnée des titres de _primaria_, _splendidissima_, lesquels
+établissent une sorte de comparaison entre plusieurs quartiers d'une
+même ville. Cette inscription, au rapport du Capaccio, historien
+napolitain, fut trouvée dans les environs de Naples (vers 1600), et
+transportée à Naples, dans l'église de St.-Antoine, abbé D. Venuti l'a
+vue et copiée. On ne sait pas précisément l'endroit où l'on fit cette
+découverte; cependant le Capaccio a cru très-positivement que c'était
+dans la situation même de l'ancienne Herculanum. «Nous avions, dit-il
+ignoré long-temps où cette ville fut située. Des paysans, fouillant un
+champ, trouvèrent quelques édifices voûtés, des pavés, des murs revêtus
+de marbres, et un grand nombre d'inscriptions qui donnèrent beaucoup
+de jour». Il parle ici de l'inscription que nous avons rapportée, et
+il ajoute: «Cette inscription devait être en grand honneur chez les
+Herculaniens; ils y reconnaissent la démarchie, la république et la
+protection d'un patron, espèce de gouvernement auquel leur république
+était assujétie».
+
+En donnant une grande attention au récit du Capaccio, on ne peut
+demeurer persuadé que le lieu de ces découvertes soit celui de la
+situation de l'antique Herculanum. Sans doute il l'avoisinait beaucoup,
+et on peut le considérer comme le quartier dans lequel les réfugiés,
+tout en appartenant à la ville de Naples, trouvèrent un asyle et
+reçurent de leurs nouveaux hôtes la protection et les honneurs qu'un
+peuple hospitalier se plaît accorder au malheur. Les Herculaniens
+durent, surtout, conserver leur régime et leurs lois, que les Romains
+avaient respectés, en les attachant à l'empire par le titre de colonie.
+
+M. Carletti et M. Ignarra, deux autres écrivains, font également
+rapporter l'inscription au quartier des Herculaniens dans la ville de
+Naples.
+
+Mais le dernier, dans une dissertation écrite en latin, établit une
+suite d'observations, qu'il fait concourir à prouver «qu'Herculanum n'a
+point dû cesser totalement d'exister à l'époque où, suivant l'opinion
+commune, il n'en resta plus de vestiges».
+
+M. Dutheil, membre de l'Institut national, fait l'examen de cette
+dissertation dans une lettre imprimée, adressée à M. Millin (_Paris,
+Didot jeune, 1804_). Il suit pas à pas le savant Napolitain, adopte son
+opinion, et la fortifie par ses propres réflexions. Il nous montre les
+Empereurs accordant une protection signalée aux malheureuses villes
+de la Campanie, et s'efforçant de les faire ressortir de leurs ruines.
+Elles avaient déjà éprouvé des dommages affreux par le tremblement de
+terre arrivé sous Néron. Vespasien prit un soin particulier de les
+faire réparer. Une inscription, trouvée à Pompéia, fixe la date du
+rétablissement du temple de Cybèle; elle répond à l'année 76. Ici,
+nous devons rapporter une réflexion que d'autres auteurs ont faite
+avec justesse: Ne serait-ce pas lors des écroulemens causés par le
+tremblement de terre, que le peuple fut surpris dans les théâtres
+d'Herculanum et de Pompéia? Il s'ensuivrait que Dion-Cassius, qui vivait
+dans IIIe siècle, aurait confondu ces deux époques en recueillant les
+traditions. Trois années s'écoulèrent depuis la restauration du temple
+de Cybèle, ce qui doit faire présumer celle du reste de la ville
+au moment de l'éruption, et Pompéia devait alors se trouver
+très-florissante.
+
+Titus, qui était dans la première année de son règne, signala dans cette
+occasion toute sa bienfaisance. Sans doute il ne resta point au-dessous
+de la munificence de Vespasien son père, prince entaché d'avarice. Aussi
+voyons-nous qu'il envoya des personnages consulaires dans la Campanie,
+pour réparer le désastre de cette province; qu'il fit répandre des
+secours puissans, et qu'il abandonna, au profit des malheureux, les
+biens dévolus au fisc par déshérence en cette même occasion. Quelque
+fût alors l'effet de ces secours, il fallut renoncer, comme il est bien
+prouvé, au plus grand nombre des habitations obstruées ou encombrées par
+la lave, par les cendres et par toutes les matières volcaniques. Ainsi,
+en faisant les fouilles modernes, on a pénétré dans des lieux qui ont
+été fermés à la lumière depuis cette fatale époque. Il est à remarquer
+que c'est dans ces mêmes lieux que furent trouvés des objets dont on a
+assigné, sans grand fondement, l'existence un âge moins reculé.
+Telle est, par exemple, la belle statue de _Nonius Balbus_; elle est
+accompagnée d'une inscription dont on a rapporté les caractères au
+siècle d'Adrien; mais le temps de cette inscription et de plusieurs
+autres semblables, n'est point prouvé postérieur à Titus, et la forme
+des caractères n'a rien d'assez décisif pour faire époque dans le court
+espace de temps qui s'écoule entre le règne de cet empereur et celui
+d'Adrien.
+
+Stace, qui vivait à Naples du temps de l'éruption, peint dans une épître
+adressée à Victorius-Marcellus (_Sylv. lib. IV_, 4), l'état même où
+plusieurs générations ont vu le site des villes détruites par le Vésuve:
+«Quand ces déserts se couvriront de verdure ou de moissons nouvelles,
+les races à venir croiront-elles fouler, sous leurs pieds, des peuples
+et des villes?»
+
+ _Credetne virum ventura propago,
+ Cum segetes iterùm, cum jam hæc deserta virebunt,
+ Infra urbes populosque premi?_
+
+Ces expressions semblent bien annoncer l'abandon total de ces lieux
+dévastés; mais on oppose le poète à lui-même. Dans une autre épître
+(_liv. III_, 5), il invite son épouse à venir jouir d'un aspect plus
+riant dans la même contrée. «La cîme du Vésuve, lui dit-il, la tempête
+de feu de la montagne furieuse n'a point tari la population des villes
+tremblantes; elles sont debout, habitées et florissantes».
+
+ _Non adeò Vesuvinus apex et flammea diri
+ Montis Hyems trepidas exhausit civibus urbes:
+ Stant populisque vigent._
+
+Si pourtant, d'après ces paroles consolantes, on se figure les villes
+détruites, se relevant du milieu de leurs débris; si on les voit pleines
+de citoyens qui jouissent tranquillement de la beauté du climat, ne
+donne-t-on pas un sens forcé aux expressions du poète? Parle-t-il
+d'ailleurs des villes mêmes d'Herculanum et de Pompéia? Il s'adresse à
+une épouse qui, dans sa frayeur, pouvait se représenter le Vésuve, comme
+inondant d'un fleuve de feu toutes les villes voisines; il la rassure,
+et lui promet un séjour agréable et tranquille près de cette montagne
+redoutée à Naples même, «asyle des doux loisirs et d'une paix
+inaltérable». Il ne manquait point non plus d'habitations délicieuses,
+situées autour du Vésuve, et qui n'étaient point exposées à ses ravages.
+Le poète en nomme plusieurs; ce sont là les villes qu'il faut entendre
+quand il dit qu'elles sont florissantes, malgré _la tempête de feu_;
+toutes en étaient assez éloignées pour n'avoir pas à craindre le sort
+d'Herculanum et de Pompéia.
+
+Il nous est donc impossible de nous représenter ces villes recouvrant
+leur ancienne splendeur, ou même reprenant une existence un peu
+remarquable. La circonstance la plus décisive contre l'opinion
+contraire, observe M. Visconti, est qu'aucun des nombreux monumens,
+déterrés dans ces ruines, ne porte des marques probables du temps
+postérieur à Titus. Un grand nombre porte des preuves d'un temps
+antérieur; on pourrait même ajouter qu'il n'existe pas de monument qui
+ne soit probablement antérieur à Néron, ou tout au plus de son temps.
+Cependant ces mêmes lieux ont pu être habités par de pauvres gens. La
+lampe chrétienne, que nous avons expliquée (_PL. XXIII de ce Volume_), en
+est le témoin presque unique. M. Dutheil cite, avec M. Ignarra, la
+table ou carte, dite de Peutinger, monument géographique qu'on
+croit postérieur au règne de Constantin. On y voit figurer les noms
+d'Herculanum et de Pompéia; mais, sous ces noms célèbres qui n'ont pu
+s'éteindre avec les anciennes villes, il ne peut être question que
+de petites bourgades, qui en ont pris la place. En suivant les mêmes
+auteurs dans leurs calculs, on voit disparaître toute population connue
+par les anciens noms, en l'an 471. «Sous cette année, le comte Marcellin
+fait mention d'une épouvantable éruption _qui couvrit de cendres toute
+la face de l'Europe_: ce sont ses termes; il ajoute qu'à Constantinople,
+on faisait annuellement commémoration de cet événement (_hujus metuendi
+Cineris_), le VIIIe des Ides de novembre. Cette éruption du volcan,
+arrivée en 471 (continue M. Dutheil en citant M. Ignarra), dût être
+la plus funeste de toutes; elle changea totalement la conformation du
+Vésuve. Anciennement, ce mont s'élevait, pour ainsi dire, à pic,
+n'ayant qu'un seul sommet, où on ne pouvait gravir que d'un côté et
+fort difficilement. Sa cîme offrait une espèce de plate-forme, presque
+par-tout unie, comme Strabon nous le dit (_page_ 257). Dion-Cassius
+nous apprend que les flammes sortaient du milieu de la cîme, et que les
+flancs au-dehors de la montagne, représentaient, en quelque sorte, un
+vaste amphithéâtre. Aujourd'hui il ne reste de ce cône qu'une petite
+portion regardant le nord, et séparée du cratère actuel».
+
+Cette dissertation est terminée par les conjectures de M. Ignarra
+sur les portiques d'Hercule, dont il est fait mention dans le roman
+satyrique, attribué _Petronius Arbiter_. Il ne faut point chercher
+le lieu ainsi désigné, ailleurs que dans l'emplacement de l'antique
+Herculanum. Les portiques du théâtre, élevés de plusieurs étages,
+suivant les règles de l'architecture, ont pu rester debout long-temps
+après la ruine de l'édifice. Fréquentés et demeurant seuls connus, on ne
+parla plus que des portiques; quand les portiques disparurent, leur nom
+survécut même à leur souvenir: de nos jours, il sert à désigner le même
+lieu, _Portici_.
+
+«M. Ignarra va plus loin, il soupçonne que dans le quinzième siècle,
+il pouvait rester quelques vestiges de ces portiques; il le conjecture
+d'après un passage de Sannazar. Ce poète, dans une de ses églogues,
+introduit le pêcheur Thelgon, assis sur le penchant de la colline,
+appelée _Mergellina_, en face du cratère de la montagne, et s'exprimant
+ainsi:
+
+ _Rupe sub hâc mecum sedit Galatea: videbam
+ Et Capreas, et quœ sirenum nomina servant
+ Rura procul_: veteres _aliâ de parte_ ruinas
+ Herculis _ambustâ signabat ab arce Vesevus_.
+
+Par ces mots _veteres ruinas Herculis_, le poète ne saurait guère avoir
+voulu désigner que les ruines des portiques d'Herculanum, déjà renversés
+de son temps, mais encore visibles.»
+
+En admettant cette conjecture assez plausible, nous voyons des signes
+extérieurs indiquer le tombeau d'Herculanum, presque jusqu'au siècle où
+cette ville antique fut découverte.
+
+On avait très-anciennement fait des recherches dans son sein; mais
+il paraît que le souvenir s'en était entièrement perdu. Les traces
+manifestes de ces fouilles se rencontrèrent avec les travaux de
+la découverte. Ce sont, dit Winckelmann, des conduits souterrains
+travaillés et creusés avec peine, et qui indiquent si clairement leur
+objet, qu'ils ne peuvent laisser de doutes sur leur destination. Le
+célèbre antiquaire rapporte une inscription qui semble désigner ces
+anciennes recherches; nous l'a copions d'après lui:
+
+ SIGNA TRANSLATA EX ABDITIS
+ LOCIS AD CELEBRITATEM
+ THERMARUM SEVERIANARUM
+ AUDENTIUS ÆMILIANUS V. C. CON.
+ CAMP. CONSTITUIT. DEDICARIQUE PRECEPIT. (_sic_)
+ CURANTE T. ANNONIO CRYSANTIO V. P.
+
+Cette expression _signa translata ex abditis locis_, ne peut convenir
+qu'à des statues tirées de villes ensevelies, et particulièrement
+d'Herculanum; ainsi l'inscription et les anciens conduits s'expliquent
+mutuellement. Il est question des bains de Sévère; ces bains ne sont
+connus que par l'inscription; il est très-probable qu'ils appartenaient
+à la ville de Naples, et que leur dénomination se rapporte à
+Septime-Sévère. Ainsi, à supposer que les anciennes fouilles aient eu
+lieu sous le règne de cet Empereur, l'époque peut en être fixée plus
+d'un siècle après la fameuse éruption.
+
+Les couches de l'attérissement montrent différentes époques auxquelles
+il a eu lieu. Herculanum ne fut point inondé tout-à-coup par des torrens
+de feu et de lave liquéfiée. Cette ville fut encombrée par une pluie de
+cendres brûlantes, dont la chaleur fut si grande, qu'elle réduisit
+en charbon les poutres des maisons et les objets combustibles; cette
+émission de cendres fut suivie, et peut-être immédiatement, de lavasses
+qui en firent une croute solide. On a même imaginé que l'eau de la mer,
+à la faveur des secousses de la terre, avait pénétré dans le gouffre qui
+l'avait ensuite vomie par torrens. On cite deux éruptions modernes où ce
+phénomène est raconté comme certain. En 1631 et 1698, l'absorption fut
+telle que le bassin du port se montra à sec un moment, et que les eaux
+et la lave, lancées par le Vésuve, se trouvèrent mêlées d'une quantité
+de coquillages de toute espèce. La lave a coulé depuis sur les cendres,
+et les a recouvertes de différentes couches. Par ce nom de lave (qui
+paraît venir de _lavare_, laver), que les anciens n'ont point employé,
+et pour lequel ils n'ont point eu d'équivalent, on entend le mélange des
+matières fondues, de soufre, de bitume, de minéraux et de pierres. Cette
+matière épaisse et visqueuse ne court point, comme ferait un torrent;
+elle coule lentement, comme ferait une pâte ou du verre fondu, et roule
+sur elle-même, enveloppée d'une colonne d'air brûlant, qui dessèche tout
+à une grande distance. Elle conserve sa chaleur assez long-temps pour
+arriver jusqu'à la mer où elle forme quelquefois de petits promontoires.
+La lave se fixe à mesure qu'elle perd sa chaleur, et devient dure
+comme le marbre, dont elle prend le poli et quelquefois les plus riches
+couleurs. C'est toujours vers Herculanum et dans le voisinage jusqu'à
+_Torre-del-Greco_, que la lave a dirigé son cours; elle n'a point coulé
+jusqu' Pompéia ni Stabie. Ces deux endroits sont couverts d'une cendre
+légère qu'on nomme dans le pays _Papamonte_; aussi les fouilles s'y
+font-elles avec plus de facilité, et les objets ensevelis s'y sont-ils
+mieux conservés.
+
+C'est au prince d'Elbeuf qu'on doit les premières fouilles qui
+conduisirent à la découverte d'Herculanum. Ce prince faisait bâtir une
+maison de plaisance sur le bord de la mer, à Portici. Instruit que des
+habitans de Resine, en voulant creuser un puits leurs frais, avaient
+trouvé quelques fragmens de beaux marbres; le prince, qui en cherchait
+pour faire faire du stuc, ordonna qu'on creusât ce même puits jusqu'à
+fleur d'eau. A peine avait-on fouillé le terrain latéralement, qu'on
+trouva quelques belles statues, et plus loin un grand nombre de
+colonnes, quelques-unes d'albâtre fleuri, mais la plupart de jaune
+antique, appartenant à un temple. Naples était alors sous la domination
+autrichienne; le vice-roi forma des prétentions sur les statues; elles
+furent envoyées à Vienne, et données au prince Eugène de Savoie: ceci
+se passait en 1711. La cour, se réservant un droit dont elle n'usa pas,
+défendit de faire des fouilles, et l'on demeura plus de trente ans sans
+y penser.
+
+Enfin, Charles, second fils du roi d'Espagne Philippe V, devenu
+possesseur du royaume de Naples, fit choix de la _villa_ de _Portici_
+pour maison de plaisance; il s'y trouvait au mois de décembre en 1738.
+Le puits subsistait encore; il avait été percé auprès du jardin des
+Grands-Augustins, et le hasard voulut qu'il se trouvât dirigé vers le
+milieu du théâtre qui aujourd'hui ne se trouve éclairé que par cette
+ouverture. Le roi ordonna qu'on continuât les fouilles; quelques
+fragmens d'une inscription en lettres onciales qu'expliqua D. Marcello
+Venuti, apprirent l'existence du théâtre. Venuti raconte qu'il
+dirigea ces premiers travaux, et il eut la gloire de faire cette belle
+découverte qui fut suivie de toutes les autres. Cet heureux succès
+engagea, en effet, à faire des recherches en d'autres endroits, et l'on
+découvrit bientôt la véritable situation de Stabie et celle de Pompéia,
+déjà indiquée par un vaste amphithéâtre dont les vestiges demeuraient
+visibles à la surface du sol.
+
+Nous avons exposé, dans le cours de cette collection, la plus grande
+partie des richesses tirées de ces villes ensevelies. Il n'entre point
+dans notre plan de parler de leurs édifices; nous renvoyons les curieux
+aux ouvrages que les éditeurs mêmes de ce recueil, MM. Piranesi, ont
+donnés sur ces matières. On trouve, dans la Collection de leurs œuvres,
+tous les détails du théâtre d'Herculanum; et ils publient au moment même
+où nous écrivons (1806), les édifices de Pompéia, gravés par eux sur les
+dessins de leur père.
+
+
+
+FIN DU 6e ET DERNIER VOLUME.
+
+
+
+
+[Illustration: VI page 34]
+
+
+
+PLANCHE I.
+(_P._ I, 2, _tome VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I On remarquera dans cette lampe, comme dans un grand nombre
+d'autres, l'anse dont la forme varie souvent, la languette où est le
+trou d'où sortait le lumignon; et enfin, dans le cercle, le trou qui
+servait à introduire l'huile, et qui s'écartait plus ou moins du centre,
+pour épargner les figures. Le sujet du médaillon est l'union des trois
+grandes Divinités. On voit Jupiter assis sur son trône, ayant la tête
+radiée, et tenant le sceptre et la foudre; à sa droite est Minerve,
+qu'on reconnaît au casque et à la lance; à sa gauche est Junon, tenant
+une corne d'abondance. Ces trois Divinités se trouvent souvent réunies
+dans les monumens, comme elles l'étaient dans le culte qu'on leur
+rendait à Rome, au Capitole; c'était en leur honneur qu'on célébrait
+les fameux jeux du cirque, institués par Tarquin-l'Ancien, dits les
+jeux romains ou les grands jeux. Ce triple culte paraît être passé des
+Toscans chez les Romains. Les villes Etrusques n'étaient point réputées
+_justes_, si elles n'avaient trois portes consacrées à Jupiter, à
+Junon et à Minerve. Les Grecs observaient aussi cette union; et dans
+le temple, où se rendaient les députés de la Phocide, on voyait Jupiter
+assis sur son trône, ayant Junon à sa droite, et Minerve à sa gauche.
+Pindare place Minerve à la droite, comme on le voit sur notre lampe, et
+dans dix autres du musée de Portici, situation également observée dans
+l'union des trois Divinités au Capitole.
+
+FIG. II. Cette lampe est percée pour deux mèches; l'ornement est une
+figure de Jupiter; près de lui est le sceptre, attribut de sa puissance
+souveraine, et qui désigne le roi des rois, comme l'ont appelé les
+poètes. Devant lui est l'aigle, ministre de la foudre, à qui le roi des
+Dieux accorda l'empire sur tous les oiseaux (_Hor. IV, Od._ 4). L'aigle
+est aussi, suivant Callimaque, le messager des augures du grand Jupiter
+(_Hym. in Jov._ 69). Ce fut l'aigle qui, dans le combat des Géans, lui
+présagea la victoire, et qui lui fournissait ses traits foudroyans;
+de-là l'image de l'aigle fut consacrée comme une enseigne militaire,
+prêtant un heureux auspice. Cette image a toujours plu aux ames
+guerrières, et nous la voyons servir encore de gage assuré pour la
+victoire, aux soldats du Héros du siècle où nous vivons.
+
+FIG. III. Cette autre lampe offre l'union des trois grandes Divinités
+égyptiennes, Isis y Harpocrates et Anubis. Isis et Harpocrates ont sur
+la tête la fleur du _lotus_; on reconnaît le fils d'Isis et d'Osiris
+au geste, qui exprime le silence. Isis tient le sistre, instrument qui,
+dans les cérémonies sacrées, exprimait le deuil et les lamentations de
+la Déesse cherchant son mari ou son fils. Anubis était fils d'Osiris et
+de Nephthys, sœur d'Isis; il l'accompagna dans la recherche de son fils
+Horus: c'est pour cela, ou pour être le compagnon, le gardien d'Isis
+et d'Osiris, qu'on l'a représenté avec une tête de chien. Il tient une
+palme et un caducée, selon la description d'Apulée (_Mét. XI, 961_). On
+confondait le Mercure Égyptien, _Taaut_, avec Anubis; de-là vient cette
+communauté du même symbole, du caducée. On sait, au reste, que dans les
+processions des fêtes Isiaques, un prêtre représentait Anubis en portant
+un masque de chien. Volusius, au rapport d'Appien, échappa sous ce
+déguisement, à la proscription triumvirale.
+
+FIG. IV. À la corne d'abondance, au timon que porte la figure exprimée
+sur cette lampe, on reconnaît la Fortune. Le timon, en donnant l'idée
+du gouvernement des affaires humaines, semble encore être l'emblème
+de l'instabilité: c'est dans ce sens qu'Artémidore a dit que celui
+qui rêvait de la Fortune avec le timon, devait demeurer en crainte:
+la Fortune a été quelquefois confondue avec la déesse Némésis,
+c'est-à-dire, la vengeance Dieux ou la justice. À ce titre, on peut la
+considérer comme présidant à ce mélange des biens et des maux, mystère
+incompréhensible de la sagesse divine. Nous ajouterons encore que toutes
+Divinités, influant sur la condition humaine, reproduisaient quelquefois
+sous le nom, l'image ou les emblêmes de la Fortune. Nous avons vu les
+attributs de la Fortune donnes à Isis, dans un beau bronze de ce recueil
+(_tom. V, pl. XIII_).
+
+[Illustration: VI page 39]
+
+
+
+PLANCHE II.
+(_P. 3, 4, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Les lampes représentées dans cette planche sont de terre cuite. Pour ne
+point nous répéter à chaque explication, nous prévenons nos lecteurs que
+nous ne ferons à l'avenir mention de la matière que lorsqu'elle changera
+de nature.
+
+FIG. I et II. La même lampe, plus remarquable par sa forme que par ses
+ornemens, est représentée de face et de profil.
+
+FIG. III. Deux Victoires aîlées soutiennent un bouclier entouré d'une
+couronne de chêne; on lit au milieu: OB CIVIS (_cives_) SERVATOS.
+Au-dessous est un autel orné de festons et d'une tête de bœuf, emblême
+des grands sacrifices. Aux côtés de l'autel s'élèvent les deux lauriers
+qui décoraient l'entrée de la maison d'Auguste sur le mont Palatin.
+Les écrivains du beau siècle de Rome font souvent mention de ces deux
+lauriers. D'après les observations de MM. _Visconti_ et _Marini_ sur cet
+emblême (_Museo Pio-Clem., tome IV, pl. dernière_), on peut croire que
+cette lampe a servi pour les fêtes des _Lares Viales_, les Dieux des
+quartiers de Rome, Dieux dont les fêtes se célébraient toujours avec
+celle du Génie d'Auguste. L'orthographe du mot _civis_ par I répond à ce
+même âge: et la couronne civique est fréquente avec la même inscription
+_ob civis servatos_, sur les revers des médailles de ce prince, qui
+était flatté de cette devise.
+
+FIG. IV. Lampes à deux mèches. Sur le manche sont deux poulets, dont
+l'un est à demi-effacé. Leur action, qui est de becqueter à terre,
+semble les désigner pour les poulets sacrés dont les Romains tiraient
+des augures. Le médaillon représente une Diane assise, tenant une
+branche à la main et ayant devant elle une biche qui la regarde.
+
+FIG. V. Lampe à une seule mèche; Hercule avec un autel. L'objet qui est
+posé sur cet autel a été expliqué par M. Visconti. C'est la grande coupe
+d'Hercule (_scyphus Herculaneus_) que ce héros avait reçue en présent
+du Soleil, et qui, selon la fable, avait, en certaine occasion, servi de
+bateau au fils d'Alcmène.
+
+[Illustration: T. VI page 42]
+
+
+
+PLANCHE III.
+(_P. 5,6, t. VIII de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Lampe à deux mèches fracturée. Un aigle déchire un lièvre sur
+lequel il vient de fondre. On trouve cet emblême sur plusieurs médailles
+des villes grecques de l'Italie et de la Sicile.
+
+FIG. II. On voit dans cette lampe Hercule, vainqueur du dragon qui
+gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides: d'un pied il écrase
+le nœud dont le monstre l'a enlacé, et il l'étouffe d'une seule main.
+La force prodigieuse du héros est habilement développée dans cette belle
+attitude. On retrouve la même action exprimée sur plusieurs médailles.
+
+FIG. III et IV. Cette lampe curieuse est un monument de l'antique usage
+des étrennes, qui remonte jusqu'au roi _Titus-Tatius_, ou du-moins
+jusqu' Numa. On se faisait des souhaits réciproques; on s'envoyait
+des présens (_strenœ_) différens de ceux dits _Xenia_, dons mutuels de
+l'hospitalité. Ces marques de bienveillance avaient lieu, comme encore
+de nos jours, le premier janvier; le second jour était _nefaste_; le
+troisième était en quelque sorte le plus solennel; c'était celui où
+l'on offrait des sacrifices, où l'on faisait des vœux publics pour la
+prospérité des empereurs. Ces fêtes étaient prolongées pendant presque
+tout le mois, et étaient désignées par _kalendes de janvier_. Dans des
+temps plus rapprochés, les chrétiens, qui avaient conservé l'usage des
+étrennes, y ajoutaient des divertissemens consistant en festins et
+en déguisemens sous l'habit de femme, et sous le masque de différens
+animaux, ce qu'on appelait _vetulam_ et _cervudum facere_. C'est de-là
+qu'on fait dériver l'origine du carnaval, dont les folies, commençant au
+mois de janvier, se rattachent à d'autres extravagances empruntées aux
+anciens. La figure principale de la lampe est une Victoire aîlée, tenant
+une palme et un bouclier, sur lequel on lit l'inscription _ANNUM NOVUM
+FAUSTUM FELICEM MIHI, que le nouvel an soit heureux pour moi!_ formule
+usitée, et celle dont on se saluait réciproquement dans ce jour de fête.
+Ce salut était au nombre des présages, heureux qu'on recueillait par
+l'ouie, _omina_; ceux qui frappaient la vue étaient appelés _monstra_.
+Par le mot MIHI, on voit que notre lampe était une étrenne que la
+personne se donnait à elle-même. Il est bon encore d'observer que, dans
+les souhaits et dans les prières pour la félicité, chacun avait coutume
+de se nommer le premier. Sur le fond du médaillon sont semés différens
+objets qu'on s'offrait en dons réciproques aux étrennes. La large
+feuille paraît représenter un éventail (_flabellum_); plus bas est
+une datte (_caryota_) renfermée dans sa gousse; une médaille où est
+représenté le signe de la bonne-foi ou de la concorde, deux mains unies
+et deux serpens formant caducée; une autre médaille, Victoire aîlée; de
+l'autre côté de la figure, une troisième médaille avec la double face
+de Janus, divinité qui présidait à la nouvelle année et au premier
+mois appelé _Januarius_ (Janvier) de son nom; un objet qu'on ne peut
+discerner; enfin, une espèce de paquet qui paraît représenter une masse
+de figues sèches (_caricœ_). Ces figues se transportaient dans des
+vases de terre, dont l'objet en question paraît avoir la forme,
+suivant l'expression de Martial, _torta meta_ (_XIII_, 28). On apprend
+effectivement par des passages recueillis dans les poètes, que les
+étrennes d'usage étaient des figues sèches, des dattes, des noix (et
+sous le nom de noix, il faut entendre plusieurs sortes de fruits), enfin
+des monnaies. Les dons d'argent n'avaient pas seulement lieu entre
+les particuliers; on en faisait aux empereurs et aux princes, dont on
+recevait de semblables dons de la main à la main. Dans la suite, le
+sénat fit offrir les monnaies l'empereur dans une patère d'or, par
+le préfet de la cité. Honorius fixa ces présens à une livre d'or,
+et l'empereur faisait distribuer aux magistrats et aux personnes de
+distinction, d'autres monnaies ou médailles, le plus souvent frappées à
+son image. On trouvera des lampes semblables à la nôtre, rapportées par
+Bellori (_Luc. sep. P. III, Tab. V_) et Passeri (_Luc. fic. P. I, Tab.
+VI_).
+
+FIG. V. Lampe à une seule mèche. Victoire aîlée, tenant une palme et
+une couronne, et posant sur un globe; c'est ainsi que la Victoire est
+ordinairement représentée sur les médailles.
+
+[Illustration: page 47]
+
+
+
+PLANCHE IV.
+(_P. 7, 8, t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Nous nous contentons de rapporter dans cette planche les médaillons
+de plusieurs lampes, dont la forme est peu curieuse; on y voit des
+gladiateurs en différentes attitudes. L'opinion que les mânes ou les
+dieux infernaux s'appaisaient par le sang humain, paraît avoir été
+l'origine des combats de gladiateurs, si l'on en juge par la coutume
+barbare d'immoler des prisonniers de guerre ou des esclaves dans les
+funérailles des princes et des grands. L'invention de ces combats est
+le plus communément attribuée aux étrusques, dont les monumens funèbres
+offrent souvent de telles représentations. Quoi qu'il en soit, le goût
+en fut porté jusqu'à la fureur chez les Romains, qui les admettaient
+comme un divertissement au milieu des festins. Non contens d'en jouir
+comme d'un spectacle, des hommes libres, des chevaliers, des sénateurs
+se plaisaient à s'y livrer. Les femmes même partagèrent cette fureur, et
+l'empereur Sévère fut obligé de rendre un édit pour leur interdire ces
+jeux sanglans. C'était le spectacle qui excitait le plus la curiosité du
+peuple. Les empereurs le faisaient principalement donner à l'ouverture
+des guerres, sans doute pour exciter le courage dans l'âme des soldats.
+Les occasions en étaient, au reste, très-fréquentes. Les magistrats,
+et sur-tout les édiles, faisaient donner des combats de gladiateurs, en
+prenant possession de leurs charges; mais ce spectacle paraît avoir
+été particulièrement consacré aux pompes funèbres, dans celles même
+de simples particuliers, qui le prescrivaient fréquemment par leurs
+testamens, et faisaient des legs ou des fondations pour qu'il fût
+renouvelé à chaque anniversaire. On peut donc considérer comme lampes
+sépulcrales, plusieurs de celles qui portent des images de gladiateurs.
+Ces figures ne sont point toujours un monument des combats exécutés en
+l'honneur des morts: l'image des cérémonies, qu'on n'avait pu exécuter,
+suffisait dans l'opinion religieuse pour appaiser les mânes.
+
+FIG. I. Gladiateur frappé à mort, et qui a abandonné ses armes.
+
+FIG. II Celui-ci, un genou en terre, semble attendre son adversaire,
+prêt à se couvrir de son bouclier et à frapper. Son casque est surmonté
+d'une aigrette; le vainqueur enlevait cette aigrette, et la montrait au
+peuple en signe de sa victoire: de-là Juvénal les appelle _Pinnirapi_.
+
+FIG. III. Le casque de celui-ci est hérissé de pointes; il est prêt à
+combattre et dans l'attitude proprement dite _status_, en garde.
+
+FIG. IV. Dans ce groupe, le vainqueur considère son ennemi renversé,
+comme pour s'assurer s'il est mort, prêt, sans doute, à l'action cruelle
+exprimée par _repetere_, lorsque le peuple, non content de voir
+couler le sang, demandait la mort du blessé, en criant au vainqueur de
+l'achever: ce que celui-ci confirmait au peuple en disant, après avoir
+frappé, _habet_.
+
+FIG. V. Ce jeune homme nu, tenant une lance et un petit bouclier
+(_parma_), pourrait ne pas être de l'espèce des gladiateurs, et exprimer
+ici un Génie de la guerre, ou celui du dieu Mars.
+
+FIG. VI. Le vainqueur paraît tendre la main au vaincu pour le secourir:
+cet acte d'humanité, que nous n'avons point encore vu exprimé dans
+d'autres monumens, rend notre lampe précieuse. C'était au peuple que le
+vaincu demandait la vie, en élevant le doigt en l'air. Nous voyons sans
+doute ici ces gladiateurs représentés au moment qui suit cette action.
+De cette coutume venait l'expression _ad digitum pugnare_, quand les
+deux champions convenaient de ne point se faire de quartier jusqu' ce
+signe.
+
+FIG. VII. Figure de mime, coiffé d'un bonnet pointu, armé d'un bouclier
+et d'un bâton fendu propre à faire du bruit; cette caricature pourrait
+donner à penser qu'on admettait quelquefois des bouffons dans les jeux
+des gladiateurs: on sait, au reste, que les mimes faisaient partie des
+pompes funèbres.
+
+FIG. VIII. Athlète armé de cestes pour le combat du Pugilat.
+
+
+[Illustration: page 62]
+
+
+
+PLANCHE V.
+(_P. 9, t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Dans cette lampe, un homme couché par terre saisit un taureau
+fougueux par les cornes: un cheval lancé au galop, la bride
+flottante sur le cou, est de l'autre côté. Ce groupe représente
+très-vraisemblablement la chasse du taureau, qui avait lieu dans les
+jeux du cirque. César, étant dictateur, donna le premier aux Romains
+le spectacle de cette chasse, inventée par les Thessaliens. Un cavalier
+poursuivait le taureau flanc à flanc, et lorsque l'animal était fatigué,
+il lui sautait sur le dos et le renversait à terre par les cornes.
+(_Plin. VIII_, 45.--_Suet. Claud._ 21.) Une ancienne épigramme peint
+vivement cette course, et représente le Thessalien jetant un nœud
+dans les cornes du taureau, qu'il fait plier et qu'il renverse en un
+clin-d'œil. (_Reiske. Anth._ 728.) Ici le cavalier étendu par terre,
+profite habilement de sa situation pour entraîner l'animal; l'ordonnance
+du groupe donne à penser que cet homme s'est élancé de son cheval sur le
+taureau, qu'il a glissé par le mouvement rapide de la course, et qu'il
+saisit la victoire avec présence d'esprit: il serait encore possible que
+cette situation fût un tour d'adresse. Ces sortes de jeux, qui se sont
+conservés dans nos provinces méridionales, et sur-tout en Espagne, se
+font pied comme à cheval, et donnent encore de nos jours l'occasion
+d'admirer ce que peut l'adresse contre la force.
+
+FIG. II. Cette autre lampe représente un quadrige en pleine course;
+suivant un exemple fréquent, les accessoires sont négligés et le char
+est représenté par une roue seulement. Le conducteur est vêtu d'une
+ample tunique resserrée par des bandes servant de ceinture; d'une main
+il agite son fouet, et de l'autre tient les rênes qui sont liées autour
+de son corps: cet usage avait pour but de s'assurer des chevaux, et de
+les gouverner avec plus de force; il mettait cependant très-souvent
+le conducteur en grand péril: c'est ainsi que Sophocle a peint Oreste;
+qu'Euripide, Ovide et Sénèque ont peint Hippolyte entraîné dans ces
+nœuds dangereux; c'est encore ce que notre divin Racine, qui avait une
+connaissance profonde de l'antiquité, a exprimé dans ce vers bien connu:
+
+Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé.
+
+[Illustration: 55]
+
+
+
+PLANCHE VI
+(_P. 10, II, t. V de l'Edition royale_).
+
+
+Fig. I. Le sujet de cette lampe vraiment curieuse est un coq avec une
+palme, qui dénote la victoire remportée par cet oiseau dans un combat.
+Les combats de coqs étaient célèbres dans la Grèce. Ælien rapporte que
+lorsque Thémistocle marchait contre les Perses, il fit remarquer à son
+armée deux coqs qui se battaient avec acharnement, animant ses soldats,
+par cet exemple, à combattre courageusement pour leur patrie; et qu'à
+cette occasion, une loi prescrivit que chaque année, dans un jour
+déterminé, on donnerait sur le théâtre d'Athènes, le spectacle d'un
+combat de coqs. Ces oiseaux avaient des maîtres pour les dresser (_avium
+lanistæ_). On leur faisait manger de l'ail pour les rendre plus ardens,
+et on armait leurs pattes d'éperons de fer; ce qui a donné lieu au
+proverbe grec, _lève l'éperon quand tu combats_. Les plus estimés
+étaient ceux de Rhodes et de Tanagra en Béotie. Les spectateurs
+s'intéressaient si vivement à la victoire de l'un des deux champions,
+qu'ils faisaient en leur faveur des gageures considérables, au point
+même de dissiper leur patrimoine, si l'on en croit Columelle (_VIII_,
+2.). Ces spectacles, dans son opinion, paraissaient avoir été plus
+propres aux anciens Grecs qu'aux Romains. Pline, du moins, en parlant de
+son temps, dit que tous les ans on donnait, à Pergame, un spectacle
+de coqs. Le coq combattant servait de signe pour les monnaies des
+Dardaniens; on voit un coq avec deux épis (peut-être deux palmes) sur
+une médaille de _Dardanis_ ou Troye (_Thes. Brit. tome_ I, p. 254); on
+le trouve avec la palme, comme dans notre lampe, sur une autre médaille
+d'Athènes (_Ibidem, pl._ 213). On donnait encore, dans la Grèce et à
+Rome, des combats de cailles, qui se signalaient aussi-bien que les
+coqs par leur courage et leur obstination. Les Anglais se montrent
+très-curieux de ces sortes de combats, et ne sont pas moins fous dans
+leurs gageures que ceux dont parle Columelle; ils ont pris le goût
+de ces jeux dans les Indes, où les grands en font un de leurs
+divertissemens. Un combat de coqs est le sujet d'une très-belle et
+curieuse gravure d'Earlom, ou l'on voit un coq, tenant pour le colonel
+Mordaunt, se battre victorieusement contre le champion d'un Nabab. On
+pourrait citer en plaisantant les combats de coqs qui se donnaient pour
+Auguste et pour Antoine. Le coq d'Auguste était toujours vainqueur.
+(_Plut. Vie d'Ant._)
+
+FIG. II. La cigogne qu'on voit sur cette lampe, est le symbole de la
+piété filiale, et, par cette raison, elle pourrait désigner une lampe
+sépulcrale; c'était aussi le symbole du printemps (_titulus tepidi
+temporis_): on voit la cigogne sur les médailles des familles _Antonia_
+et _Cœcilia_.
+
+FIG. III et V. Ces deux lampes, chacune à deux mèches, sont sans
+figures, mais elles méritent d'être remarquées pour leur forme, la
+beauté du travail, et le goût des ornemens.
+
+FIG. IV. Cette lampe, endommagée, et d'un travail assez grossier, est
+intéressante par le sujet qui représente Cybèle assise entre deux lions,
+et ayant auprès d'elle, d'un côté, le jeune _Atys_; de l'autre un arbre
+d'où pendent des tambours (_tympana_), et sur ses genoux, une clé ou un
+autre objet; sa tête est couronnée de tours. La plupart de ces objets
+se devinent pour être les attributs de la déesse, plutôt qu'ils ne se
+distinguent. On célébrait en l'honneur de Cybèle, dite la mère des Dieux
+ou la _grande mère_, outre les fêtes si fameuses, des fêtes de nuit dans
+l'intérieur des familles, de veillées (_pervigilia_). On pourrait dire
+avec quelque fondement, que les lampes qui représentent Cybèle et _Atys_
+ensemble, ou séparément, étaient consacrées à ces sortes de fêtes.
+
+[Illustration: 60]
+
+
+
+PLANCHE VII.
+(_P._ 11, 12, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. On voit sur cette lampe l'un de ces gladiateurs, dits,
+_Retiarii_, de leur manière de combattre. Le gladiateur _Retiarius_
+portait d'une main _des rets_, dont il cherchait à envelopper son
+adversaire; son arme principale était un harpon ou un trident; il avait
+quelquefois de plus un poignard ou une épée courte, comme on le voit
+ici; son vêtement était une tunique; il portait un bonnet (_pileus ou
+galerus_) qui devait laisser à découvert son visage, qu'il présentait
+avec affectation aux spectateurs. L'adversaire était désigné
+généralement par le nom de Gaulois, et plus particulièrement par
+celui de _Mirmillon_; c'est encore à celui-ci que paraît appartenir la
+dénomination de _Secutor_, employée par Suétone dans la description d'un
+combat, où un _Retiarius_, reprenant l'avantage, tue coups de trident
+les cinq ennemis vainqueurs de son parti (_Caligul._ 30). Ce combat
+bizarre était l'image d'une pêche, et, pour la rendre plus complète,
+le _Mirmillon_ portait sur son casque un poisson; et son ennemi, en le
+poursuivant, s'écriait: «J'en veux au poisson, je n'en veux point à toi:
+ô Gaulois, pourquoi me fuis-tu»? Juvénal, dans la 8e Satyre (_v._ 200
+_et suiv._), fait paraître un sénateur, _Gracchus_, s'exposant, sous
+le rôle d'un _Retiarius_ mal-habile, à une ignominie plus grave que des
+blessures: nulle part l'appareil de ce genre de combat n'est décrit avec
+plus de précision.
+
+FIG. II à VI. Lampe à trois mèches, en forme d'autel à trois pans, sur
+lequel pose une espèce de vase quadrangulaire; trois figures servent
+d'ornement à chaque face de l'autel. Dans l'une, on peut reconnaître
+Apollon; dans la seconde, le dieu Mars; et dans la troisième, la
+Fortune, désignée par le sceptre et la corne d'abondance, si ce n'est la
+Concorde, suivant ce que nous en avons dit propos de la _pl. II du
+tome V_. Ces Divinités sont, sans doute, réunies dans ce monument comme
+l'objet d'une dévotion particulière. Les détails que nous donnons de
+cette lampe curieuse la présentent sous tous les aspects. Le dessin
+au trait est le plan du pied sous lequel on lit _C. CORVINVS_, nom qui
+paraît être celui du fabricant.
+
+[Illustration: 63]
+
+
+
+PLANCHE VIII.
+(_P._ 13, 14, _de l'Édition royale_.)
+
+
+FIG, I et II. Lampe à quatorze mèches, en forme de barque. Les quatre
+traverses semblent exprimer les bancs des rameurs, proprement dits
+_transtra_.
+
+FIG. III et IV. La forme de cet ustensile a, paru peu appropriée à une
+lampe; cependant, et malgré la petitesse de son orifice, elle répugne
+encore plus à l'espèce de vase, dit _infundibulum_ ou _guttus_, à
+laquelle on a voulu la rapporter. Nous ne reconnaissons dans ce vase
+autre chose qu'une lampe, dont la mèche très-mince devait fournir une
+lumière de longue durée, destinée probablement éclairer un tombeau: le
+petit bassin qui est au milieu servait à introduire l'huile. La figure
+représente un gladiateur.
+
+FIG. V et VI. Cette lampe à douze mèches est d'une forme élégante
+et d'un bon travail. Deux branches de chêne avec les feuilles et des
+glands, en font l'ornement. Les couronnes de chêne sont très-fréquentes
+sur les lampes comme sur les médailles. On peut considérer les deux
+branches ou comme exprimant la récompense civique, ou comme un emblême
+relatif au culte de Jupiter et de Junon, Divinités protectrices des
+cités, et auxquelles le chêne était consacré.
+
+[Illustration: 66]
+
+
+
+PLANCHE IX.
+(_P._ 15, 16, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe à une seule mèche. Du milieu s'élève une anse avec un œil
+pour servir à la suspendre.
+
+FIG. II. Lampe, à douze mèches, semblable celle de la planche
+précédente.
+
+FIG. III. Celle-ci est remarquable par sa triple forme dont chacune a
+son récipient, sa bouche et son orifice, sans communication. La lampe
+du milieu figure une conque; les deux lampes latérales sont en forme
+de colombes ou d'oies; ce qui pourrait annoncer que cette espèce de
+candélabre servait aux veillées de Vénus ou de Priape. La séparation des
+récipients indiquerait qu'on allumait une mèche à mesure qu'une
+autre s'éteignait. On retrouve les traces de cet usage dans une jolie
+épigramme de l'Anthologie (_VII, ép._ 16) «Cléophantide tarde encore, et
+déjà, s'affaiblissant peu à peu, va s'éteindre la _troisième_ lumière:
+ah! pourquoi avec la lumière ne s'éteint point le feu qui me consume!
+combien de fois, combien ne m'a-t-elle pas juré par Vénus, qu'elle
+viendrait sur la brune! Mais la parjure se rit et des hommes et des
+Dieux».
+
+FIG. V et VI. Cette lampe produisant neuf lumières, est garnie de
+trois anses servant à la suspendre. Les masques qui en font l'ornement,
+indiquent qu'elle était destinée à un théâtre ou à une salle de festin.
+Martial désigne l'emploi de ces lampes dans les festins, sous la
+dénomination de _Polymixi_, à plusieurs lumignons. Si les lampes de
+métal étaient plus en usage dans les maisons aisées que celles de terre,
+ces dernières cependant n'étaient point dédaignées, et la délicatesse
+qui se fait remarquer dans l'exécution de la nôtre, prouve qu'on y
+mettait quelque prix.
+
+[Illustration: 69]
+
+
+
+PLANCHE X.
+(_P._ 17, 18, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Nous ne reconnaissons point, avec les Académiciens d'Herculanum,
+une chouette dans l'oiseau imprimé sur cette lampe; c'est plutôt un
+épervier, emblême du Soleil, ou de la divinité d'Osiris. Cet oiseau
+pourrait encore être considéré dans une lampe, comme augural. Il
+avait été désigné comme tel, et placé au premier rang par Phœnomoë,
+prophétesse du temple de Delphes; on en tirait des augures pour les
+mariages et pour la prospérité des troupeaux (_Pline, liv. X, chap._ 8).
+
+FIG II. Lampe remarquable seulement par l'entourage du médaillon et la
+finesse du travail.
+
+Les quatre autres lampes ont pour ornement différentes figures
+d'animaux qui, comme victimes, peuvent être l'expression d'une dévotion
+particulière envers la Divinité, à laquelle chacun d'eux est consacré.
+
+FIG. III. Une chèvre. On sacrifiait une chèvre blanche à Vénus
+populaire, et une chèvre noire Pluton. C'était aussi, suivant Servius,
+l'une des victimes qu'on offrait à Esculape.
+
+FIG. IV. Un lapin mangeant un raisin. Comme dévastateur des vignes, cet
+animal était, ainsi que le lièvre, consacré à Bacchus; c'est ce qui est
+formellement exprimé dans cette épigramme de l'Anthologie (_VI, cap._ 7,
+_ep._ 7). «Je vis un lièvre couché dans une vigne consacrée à Bacchus,
+et mangeant le raisin. J'avertis le vigneron, et celui-ci d'un coup
+de pierre écrasa la tête à l'animal, et, le prenant, dit tout joyeux:
+J'offre à-la-fois à Bacchus, la victime et le dédommagement». Les
+lièvres et les lapins étaient encore consacrés Vénus, aux Amours et à
+Diane.
+
+FIG. V. Un porc; c'était la victime particulière du dieu Silvain et des
+dieux Lares: on l'offrait aussi à Vénus, à Minerve, aux Dieux nuptiaux
+et à Priape.
+
+FIG. VI. Un daim, animal consacré à Diane. Les daims et les chevreaux
+appartiennent encore Bacchus et à ses suivans, à cause de leur
+pétulance.
+
+[Illustration 72]
+
+
+
+PLANCHE XI.
+(_P._ 19 _de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe de bronze à deux becs, d'une forme élégante et d'un
+travail précieux. Le corps de la lampe est orné d'arabesques; et l'anse,
+d'un feuillage en éventail. Il part de l'anse une petite chaîne qui
+vient se rattacher au pied de l'oie ou du cygne, groupé avec un petit
+génie prêt l'étouffer. Ce groupe, qui sert ici de couvercle, est,
+sans doute, l'emblême de la force de l'amour. La même action se trouve
+répétée dans plusieurs monumens antiques.
+
+FIG. II et III. Ces deux dessins représentent les plans de la même
+lampe, pris en dessus et en dessous, en ôtant le bouchon orné du petit
+groupe.
+
+[Illustration 74]
+
+
+
+PLANCHE XII.
+(_P._ 22, 40, _t. VIII de l'Edition royale_).
+
+
+Six lampes de terre cuite, dont nous donnons les médailles seulement.
+
+Fig. I et II. Diane ou la Lune caractérisée par le croissant, et Apollon
+ou le Soleil caractérisé par les rayons. Ces Divinités qui président à
+la lumière, ou leurs emblêmes, servent très-fréquemment d'ornemens aux
+lampes.
+
+Fig. III. Un Pégase grossièrement exprimé. Cet emblême convient à
+la lampe d'un poète: si la lampe est sépulcrale, le cheval aîlé fait
+allusion au transport des âmes dans l'Olympe, comme on le voit,
+dans quelques médailles et dans quelques pierres gravées, exprimer
+l'apothéose: telle est la médaille d'Antinoüs, sur laquelle Mercure
+guide Pégase portant au ciel cet autre Ganimède (_Passeri Gemm. astrif.
+t. III, p._ 115); telle est encore la gemme, où l'on voit Drusus
+Germanicus s'élevant au ciel sur le cheval ailé (_Spanh. de us. et
+prœest. Num. p._ 277).
+
+Fig. IV. Griffon, emblême du Soleil ou d'Apollon, comme le démontre,
+sans parler d'autres.
+
+_Tome VI_. LAMPES. monumens, la statue du musée Napoléon, salle des
+Saisons; cet emblème appartiendrait fort bien à un musicien. C'est ainsi
+que le Griffon que l'on voit dans un bas-relief de la villa Albani,
+désigne le talent de la femme d'un certain Hermias, à laquelle ce
+monument de la piété conjugale est consacré. (_Gaet. Marini. Marm. Alb._
+p. 78).
+
+Fig. V et VI. Une écrevisse et un bélier. On ne peut les considérer ici
+comme signes du Zodiaque: le bélier du Zodiaque est dans une attitude
+différente, et les anciens n'ont jamais donné la forme de l'écrevisse,
+mais toujours celle d'un crabe, au signe qui suit les gémeaux.
+
+Fig. VII et VIII. Lampe de bronze en forme de barque, et vue de face et
+de profil; l'anse est ornée d'un beau masque tragique, dont l'épaisse
+chevelure est frisée en anneaux ou cannelures; d'où l'on disait, les
+cheveux ainsi arrangés, _calamistrati_.
+
+[Illustration 77]
+
+
+
+PLANCHE XIII.
+(_P._ 23, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Fig. I et II. Trois poissons et un lion courant. Le lion pourrait être
+considéré comme un signe du Zodiaque: il serait moins heureux d'en dire
+autant des trois poissons.
+
+Fig. III et IV. Lampe de bronze. L'anse est ornée d'arabesques à jour,
+sur lesquels pose une chauve-souris, les aîles étendues. Le premier
+emblême qu'offre cet animal, est celui de l'approche de la nuit, et
+il est là comme pour avertir de chasser l'obscurité par la lumière des
+lampes. On pourrait encore voir, dans sa présence, une intention plus
+recherchée; il rappelle l'aventure des filles laborieuses de Minée, qui
+s'attirèrent le courroux de Bacchus pour avoir profané ses fêtes par le
+travail. Alors cette lampe devient sacrée, comme appartenant aux fêtes
+de Bacchus, et rappelant le respect qu'on doit à cette divinité. La
+chauve-souris peut encore servir d'emblème à l'amour du travail qui fuit
+le sommeil, ou bien à l'amour maternel; car cet oiseau étant le seul
+qui puisse offrir le lait à ses petits, il servait à exprimer dans les
+tableaux, la mère qui prenait ces tendres soins. Les lampes étaient au
+nombre des apophorètes, c'est-à-dire, des présens qui se faisaient dans
+les festins, aux saturnales et au nouvel an; et l'on peut penser que les
+personnes délicates savaient ajouter quelque prix à leurs dons par des
+emblèmes ou par des allusions ingénieuses.
+
+[Illustration 80]
+
+
+
+PLANCHE XIV.
+(_P._ 25, 26, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe de bronze à deux becs. L'anse est surmontée d'un masque.
+La forme convexe du couvercle donnerait à penser qu'il servait à un
+double usage, c'est-à-dire, à éteindre la lumière: quelques personnes
+avaient coutume, par une sorte de superstition, de laisser les lampes
+s'éteindre d'elles-mêmes; mais l'odeur désagréable qui se répand après
+l'extinction, et dont la malignité, selon Aristote, va jusqu'à produire
+l'avortement, détournait les gens éclairés de cette pratique incommode
+et dangereuse.
+
+FIG. II. Autre lampe de bronze, qui n'a rien de remarquable, si ce
+n'est le couvercle en forme de ces vases, dits _gutti_ ou _infundibula_,
+servant verser l'huile goutte à goutte.
+
+FIG. III. Cette lampe singulière prend sa forme principale d'une feuille
+de figuier, sur laquelle se déploient en arabesques des fleurs de
+lotus ou d'hyacinthe. Du milieu sort une demi-figure coiffée du bonnet
+phrygien, ayant à la main un _pedum_ ou un autre instrument, et tenant
+des fruits dans le pli forme sur son sein, par la draperie qui descend
+de son épaule: il serait difficile de rapporter la figure avec précision
+à quelque Divinité connue. Peut-être a-t-on eu l'intention d'exprimer
+Atis, Le favori de Cybèle, entouré des productions de la terre.
+
+FIG. IV. Cette lampe fracturée a pour sujet principal un masque scénique
+d'une grande beauté; les autres ornemens sont également finis et
+recherchés: on peut la ranger parmi les monumens bachiques. Les têtes
+de griffons qui paraissent aux côtés, conviennent à Bacchus; et, comme
+emblêmes du Soleil, désignent l'Orient, où le Dieu donna ses lois, et
+vit naître son culte.
+
+[Illustration 83]
+
+
+
+PLANCHE XV.
+(_P_, 27, 69, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe de terre à dix mèches. Elle est d'une si petite
+proportion, qu'on ne peut supposer qu'elle a été mise en usage. On
+trouve, dans les cabinets des amateurs, divers ustensiles remarquables
+comme celui-ci, par leur petitesse; et l'on doit se rappeler à
+cette occasion qu'on faisait chez les anciens, ainsi que parmi nous,
+l'imitation en petit d'une infinité d'objets pour amuser les enfans;
+ces présens avaient lieu principalement le jour natal, de la part des
+parens, des amis et même des serviteurs. Les poètes comiques nous ont
+aussi conservé la mémoire de ces usages (_Plaut. Bud. IV_, 4, _v_. 110).
+L'inscription qui est sous la lampe porte _C. TV. PRI._ qu'on peut lire
+_Caius TVllius PRIscus_ ou _PRImitivus_ ou _PRImus_; noms qui désignent,
+sans doute, le fabricant.
+
+FIG. II. Lampe à deux mèches en forme de poisson.
+
+FIG. II. Autre à quatre mèches, remarquable seulement par le croissant
+qui termine l'anse.
+
+FIG. II. Autre en forme d'oiseau grossièrement exprimé. Un trou sur le
+dos servait à introduire l'huile; à la place des ailes sont les godets
+pour placer les mèches. On reconnaît une colombe dans cet oiseau, qui
+peut signifier que la lampe est une de celles consacrées aux veillées de
+Vénus.
+
+FIG. II. Lampe de bronze. L'anse est ornée d'une tête de cheval; de la
+bouche part une chaîne qui se rattache à l'anneau d'un bouton fermant
+l'ouverture de la lampe; le support est un trépied à griffes de lion,
+orné d'une large feuille travaillée avec recherche.
+
+FIG. V. Autre lampe de bronze, dont l'anse se termine en tête de
+griffon. Elle a pour support un trépied élégant, dont le motif est
+l'union de trois dauphins, ayant dans la bouche une conque marine, et
+soutenant un disque avec leurs queues.
+
+[Illustration 86]
+
+
+
+PLANCHE XVI.
+(_P_. 28, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Lampe de bronze à trois becs, représentée de face et de profil; son
+couvercle a pour ornement une figure qui se tient en équilibre sur un
+seul pied. Le bonnet pointu dont ce baladin est coiffé, était propre
+aux mimes et aux danseurs; il porte une espèce de ceinture ou plutôt de
+caleçon, dite chez les Romains _subligar_ ou _subligaculum_; cette pièce
+de vêtement, que les hommes et les femmes employaient dans les bains,
+était particulièrement à l'usage de tous les acteurs, de peur que les
+yeux du public, dit Cicéron, ne fussent offensés par quelqu'accident
+contraire à la pudeur. Notre baladin tient dans sa main droite une
+chaîne où pend un instrument à pointe et à crochet, destiné à gouverner
+le lumignon. Le couvercle est tout-à-fait mobile, et la figure n'y tient
+elle-même que par une aiguille, et peut s'enlever à volonté. La
+lampe, ainsi ornée de la figure, paraît destinée à être posée sur un
+candélabre.
+
+[Illustration 88]
+
+
+
+PLANCHE XVII.
+(_P_. 29, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Sur cette lampe, on voit un jeune homme aîlé et coiffé
+d'un bonnet pointu, tenant un objet qu'on a pris pour un instrument
+champêtre, mais qui pourrait être aussi une espèce d'étendard
+(_vexillum_).
+
+FIG. II. Lampe à deux mèches, ayant pour ornement deux figures placées
+sur des piédestaux. Leur attitude est celle que nous avons considérée
+sur d'autres antiques, comme étant propre aux dieux Lares. Cette lampe
+était, sans doute, destinée brûler devant ces divinités domestiques.
+
+FIG. III. On voit dans celle-ci une tête d'éléphant assez mal figurée,
+mais dont on distingue bien les défenses et la trompe. La tête
+d'éléphant peut être l'emblème d'une victoire ou d'une conquête.
+
+FIG. IV. Lampe à deux mèches, caractérisée par le croissant et par la
+figure qui est celle de Diane, ou d'une nymphe de sa suite. La tête
+a une expression sévère; les cheveux négligés sont retenus par des
+bandelettes; l'épaule est nue; l'arc est traité avec le plus grand soin,
+et l'on remarque à l'extrémité, entre deux boutons, la place destinée à
+recevoir la corde.
+
+FIG. V. Le personnage vêtu d'une ample draperie et armé de thyrse, donne
+à cette lampe un caractère bachique.
+
+FIG. VI. Celle-ci, de la même forme que la quatrième, a pour sujet un
+Amour ou un Génie tenant deux pommes ou deux balles, trophées glorieux
+de la beauté, ou emblèmes des jeux de l'enfance.
+
+[Illustration 91]
+
+
+
+PLANCHE XVIII.
+(_P_. 30, 31, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+FIG. I et V. Dans ces deux lampes, on remarque le buste d'un jeune homme
+ou d'une jeune femme, ayant derrière elle un croissant dont les pointes
+s'élèvent au-dessus des épaules. Dans la première, on voit de plus un
+aigle posant sur un globe, et levant la tête vers les cieux. L'oiseau de
+Jupiter ne laisse aucun doute sur le sens de cet emblème qui exprime une
+apothéose, dont le personnage demeure inconnu. Cet honneur n'appartenait
+point exclusivement aux Empereurs: de simples citoyens le recevaient
+de la piété et de la vénération de leurs proches. Les médailles
+représentent les âmes déifiées dans la Lune, parce qu'une opinion
+religieuse admettait que cet astre devenait leur séjour (_Buonarotti
+Med. p._ 44 _à_ 46). Dans les médailles des deux Faustines, on voit la
+Lune au-dessous de la figure avec la légende _SIDERIBVS RECEPTA_,
+_reçue parmi les astres_. Ici la situation de la figure entre la Lune
+et l'aigle de Jupiter, semble exprimer que l'âme s'élève jusque dans
+l'Olympe. Les deux lampes peuvent se ranger dans la classe des lampes
+sépulcrales.
+
+FIG. II. Le Dauphin entrelacé avec le trident, consacre cette lampe à
+Neptune. On peut en dire autant de la Fig. VII.
+
+FIG. III. Un temple, deux dauphins et un dragon, ou monstre marin.
+Cette lampe pourrait être regardée comme un monument votif, consacré en
+reconnaissance d'un heureux voyage.
+
+FIG. IV. Cette figure symbolique posant sur deux dauphins, ayant la
+tête chargée d'ornemens peu distincts, peut représenter quelque divinité
+marine. Au caractère sinistre imprimé dans ses traits, nous ne sommes
+point éloignés d'y reconnaître l'image de Scylla.
+
+FIG. V. Un corbeau tenant une branche de laurier, emblême relatif à
+Apollon.
+
+FIG. VIII, IX et X. Lampe, ou plutôt espèce de lanterne qui devait se
+compléter par une garniture mobile. Nous en donnons la vue, la coupe
+et le plan; le cylindre qui part du fond était destiné recevoir le
+lumignon, comme l'atteste l'orifice noirci par la fumée; l'huile
+s'introduisait par l'un des côtés, et se répandait par un trou dans le
+récipient principal.
+
+[Illustration 94]
+
+
+
+PLANCHE XIX.
+(_P_. 32, 33 et 34, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+FIG. I. Cette lampe de terre, d'un dessin très médiocre, a pour sujet
+deux mains unies avec le caducée: c'est le signe bien connu de la
+concorde et de la bonne-foi. Ce symbole était devenu le plus usité pour
+exprimer l'alliance conjugale; après les guerres civiles, il servit
+d'étendard aux compagnies romaines, et l'on trouve souvent ce signe
+militaire sur les médailles avec l'épigraphe: _Concordia militum_.
+
+FIG. II. Bellori (_par. II, pl. XXIV_), et Montfaucon (_tom. V, pl.
+CXXIV_), rapportent une lampe absolument semblable à la nôtre, à
+l'exception que la flèche, dont la forme est ici très distincte, paraît
+être un thyrse chez ces auteurs. Ils ont vu, dans ce jeune homme, un
+suivant de Bacchus, prêt à frapper, ou menaçant un chien, qui s'élance
+sur lui; l'instrument noueux et recourbé est plutôt un bâton de chasse
+qu'une massue héroïque. Il faut corriger les dessins de Santi-Bartoli,
+ordinairement inexacts, par le nôtre, et reconnaître dans ce sujet
+Actæon, qui se défend de ses propres chiens, aux yeux desquels il
+paraissait être un cerf. Un sarcophage de la villa Borghèse représente
+Actæon presque dans la même attitude.
+
+FIG. III. Cette lampe en terre cuite est l'une des plus curieuses de la
+collection; posant sur une base, elle forme une espèce de candélabre. La
+figure principale représente le génie d'Hercule appuyé sur une massue;
+la peau du lion vient se nouer sur sa poitrine, et ses aîles étendues
+embrassent le corps de la lampe. La tête qui sert d'ornement à la base
+est un masque bachique orné de feuilles de vigne ou de lierre, avec des
+fleurs ou des corymbes. Hercule et Bacchus, dont la présence est ici
+rappelée par des symboles, sont deux Divinités souvent réunies dans le
+culte des anciens.
+
+FIG. IV. Cette lampe, d'un travail médiocre, ayant pour ornement quatre
+chiens en course, appartient au culte de Diane.
+
+[Illustration 97]
+
+
+
+PLANCHE XX.
+(_P._ 35, 36, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Les cinq premières figures sont les médaillons d'autant de lampes.
+
+FIG. I. Tête du dieu Pan, dont le caractère réside dans les cornes et
+les oreilles de bouc, et dans la barbe épaisse.
+
+FIG. II. Masque de satyre.
+
+FIG. III. Masque comique caractérisé par la largeur de la face,
+l'élévation des sourcils, et les cheveux roulés en couronne; coiffure
+propre aux valets sur la scène.
+
+FIG. IV. Masque de faune ou de silène; il est groupé avec une draperie,
+comme les masques le sont très-souvent dans les ouvrages de l'art.
+
+FIG. V. Masque tragique, comme on le voit par l'expression larmoyante
+et la chevelure en tresses relevées sur le front, et pendantes sur
+les côtés. La bouche fermée semble indiquer que c'est le masque d'un
+danseur, ceux des histrions ayant ordinairement la bouche ouverte.
+
+Les masques scéniques, dans les monumens funéraires, font allusion à la
+brièveté de la vie dans laquelle nous ne faisons qu'un rôle éphémère;
+les masques de faunes, de satyres et des Divinités champêtres,
+rappellent aussi les jouissances passagères que la mort inattendue
+vient terminer. Les anciens regardaient ces images multipliées comme un
+avertissement continuel de mettre à profit, pour la sagesse ou pour les
+plaisirs, les instans rapides et sans retour.
+
+FIG. VI à XIV. Sept lampes, dont deux sous les nos IX. et X, XII et
+XIII, sont représentées en deux dessins: ces lampes ne sont remarquables
+que par les inscriptions exprimées en relief sur le fond. On trouve
+ordinairement dans ces petits monumens, les noms au second cas, comme
+_VETILI_, _ATIMETI_, et il faut sous-entendre _ex officinâ_, _ex
+figlinâ_... de la fabrique ou de la tuilerie d'un tel. _ATIMETI_ est un
+surnom; il en est de même de _CELSI_ écrit en grec: _VETILI_ et _TITIN_,
+c'est-à-dire _Titinni_, sont des noms de famille. Les deux autres
+inscriptions, nos VIII et XI, sont moins claires, et pourraient contenir
+des abréviations. La dernière lampe porte pour signe l'empreinte de deux
+pieds humains, où l'on voit les inscriptions PVI et PVR. On a trouvé
+dans les fouilles d'Herculanum plus d'une vingtaine de lampes, avec
+l'empreinte de deux pieds ou d'un seul. On peut, avec quelque raison,
+considérer cette marque comme une espèce de cachet. On connaît des
+anneaux qui se distinguent par le même signe; c'est particulièrement
+le symbole de la possession et de la propriété: les lettres qui
+l'accompagnent en complètent le sens, en indiquant un nom, comme
+_Publius VIbius PURpuratus_, ou tout autre qui s'accorderait avec les
+mêmes initiales.
+
+[Illustration 101]
+
+
+
+PLANCHE XXI.
+(_P._ 38, 39 et 40, _t. VIII de l'Édition royale_.)
+
+
+Huit lampes de bronze, chacune de la même forme, avec une anse recourbée
+qui se termine par des têtes d'animaux. Ces figures peuvent exprimer une
+dévotion envers les Divinités auxquelles chacune d'elle est consacrée.
+Ainsi, le cygne se rapporte à Vénus, le cheval à Neptune, le dauphin au
+même Dieu ou à Apollon, la panthère à Bacchus, le lion à Cybèle. Le roi
+des animaux peut encore rappeler les exploits d'Hercule, ou s'offrir
+comme symbole de la force.
+
+[Illustration 103]
+
+
+
+PLANCHE XXII.
+(_P._ 44, 45, _t. VIII de l'Édition royale_.)
+
+
+FIG. I et II. Lampe de bronze vue de face et de profil, d'un beau
+travail et d'une forme élégante.
+
+FIG. III et IV. Autre lampe de bronze, avec un couvercle à charnière.
+Le principal ornement est une coquille qui forme l'anse; on y voit aussi
+deux pommes: ces divers emblèmes conviennent au culte de Vénus.
+
+FIG. V. Lampe de terre, comme le sont les deux autres. Le médaillon,
+orné d'un bel entourage, représente un lion à crinière flottante,
+assis pacifiquement comme un chien: ce lion peut offrir l'emblème de la
+modération.
+
+FIG. VI. On voit sur cette lampe un vaisseau, dont la proue est ornée
+d'une tête de panthère. Les anciens se plaisaient presque toujours à
+donner aux proues des vaisseaux la forme d'un animal, et c'était de-là
+que le navire tirait quelquefois son nom. Le petit bateau qui accompagne
+le bâtiment est de la même forme.
+
+FIG. VII. Cette lampe, assez semblable pour la forme à celle du n°. V,
+a pour ornement deux colombes posées sur les anses du même vase, et
+becquetant ensemble le même fruit ou la même feuille. Ces deux oiseaux
+semblent offrir l'emblême de l'union conjugale, dans laquelle tous
+les biens sont en commun. Ce symbole se rencontre fréquemment dans les
+monumens sépulcraux.
+
+[Illustration 106]
+
+
+
+PLANCHE XXIII.
+(_P._ 47, 48 et 49, _t. VIII de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Cette lampe de terre fracturée a pour entourage une couronne de
+feuilles, et porte au milieu du médaillon une croix enrichie de divers
+ornemens, comme seraient des pierreries: ce même signe se retrouve sur
+cinq lampes publiées par Arringhi (_Rom. Sotterr. lib. III_, 22), et sur
+trois autres rapportées par Delachausse (_ Mus. Rom. sect. V, tab. I et
+seq._). Il ne reste aucun doute que la croix représentée sur ces lampes
+ne soit le symbole du christianisme, qu'il ne faut pas confondre avec
+d'autres symboles égyptiens qui ont avec celui-ci quelque ressemblance.
+Le frêle monument que nous publions, trouvé dans les fouilles de
+Pompéia, serait l'un des plus anciens du christianisme, si l'on pouvait
+supposer que l'existence de cette lampe a précédé la destruction
+d'Herculanum par le Vésuve; mais c'est une circonstance dont il est
+permis de douter. M. Dutheil a lu l'Institut une savante dissertation,
+où il a prouvé que ces mêmes lieux ne cessèrent pas d'être habités dans
+les âges suivans, quoique les villes détruites n'aient jamais recouvré
+leur première splendeur, et que les traces en aient presqu'entièrement
+disparu sous les villes qui leur ont succédé. Ce fait expliquerait
+comment des monumens plus modernes peuvent se trouver confondus sous des
+ruines avec ceux des villes antiques de la Campanie.
+
+FIG. II. Lampe de terre d'un travail grossier, ornée d'un croissant et
+d'une tête de bœuf, dont cet ustensile emprunte toute la forme.
+Cette lampe peut offrir l'emblême des grands sacrifices, ou plutôt se
+rapporter au culte égyptien d'Isis, dont le croissant est le symbole, et
+à celui du bœuf Apis.
+
+FIG. III. Le bas-relief de cette lampe exprime deux figures nues
+penchées sur un cratère à hauteur d'appui; l'une, versant l'eau d'un
+vase dans le bassin, est sans contredit une esclave, tandis qu'on
+reconnaît dans la seconde la maîtresse attentive à l'exécution de ses
+ordres: il s'agit sans doute ici de soins relatifs à la toilette.
+
+FIG. IV et V. La même lampe en deux dessins; elle est à deux lumières
+opposées; du milieu s'élève une anse avec un œil pour la suspendre.
+
+FIG. VI et VII. Lampe de bronze en deux vues; elle est d'un bon travail;
+l'anse est formée par deux branches qui embrassent le flanc, et viennent
+se réunir à une feuille de lierre en éventail, d'où pend une chaîne avec
+le bouchon servant de couvercle.
+
+FIG. VIII et IX. Autre lampe de bronze d'une forme à-peu-près semblable,
+garnie de trois chaînes pour la suspendre. Sur la partie supérieure,
+on remarque un rat qui s'avance vers le lumignon; ce qui exprime
+ingénieusement l'avidité de ces buveurs d'huile, dont Minerve, dans
+la guerre des rats et des grenouilles, poëme attribué à Homère, refuse
+d'embrasser la cause, «parce que, dit-elle, ils me font de grands
+dégâts, qu'ils mangent mes couronnes, et rongent mes lampes pour en
+avoir l'huile».
+
+[Illustration 110]
+
+
+
+PLANCHE XXIV.
+(_P._ 51, _t. VIII de l'Édition royale_).
+
+
+Belle lampe de bronze à trois becs. Les trois dessins en offrent la
+vue sous deux aspects, avec la coupe au trait de l'un des trois becs,
+jusqu'au milieu du corps de la lampe. Les ornemens en sont recherchés et
+d'un travail élégant; ils consistent en trois masques et en guirlandes
+de feuillage tressées avec des bandelettes; trois chaînes qui
+s'attachent à chaque bec servaient à la suspendre; une quatrième chaîne
+s'attache le bouton qui ferme le trou du milieu.
+
+[Illustration 112]
+
+
+
+PLANCHE XXV.
+(_P._ 50, 52, _t. VIII de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I et II. Lampe de bronze garnie de chaînes pour la suspendre,
+représentée en deux dessins; elle est à deux becs, dont chacun est
+surmonté d'un aigle, les ailes étendues, et tenant la foudre dans ses
+serres, emblême qui semble annoncer que cet ustensile est consacré à
+Jupiter.
+
+FIG. III. Autre lampe de bronze à deux becs, ornée d'un masque sur les
+deux faces, et garnie de chaînes.
+
+FIG. IV. Lampe de bronze d'un bon travail; dans l'un des becs, est un
+lumignon trouvé avec la lampe même. La conservation d'une substance
+aussi périssable, intacte après un laps de dix-sept siècles, est une
+singularité qui rend ce monument extrêmement curieux. Il est vrai que ce
+lumignon n'a point été trouvé à la place qui lui convient, et où il est
+représenté; il était renfermé dans l'intérieur de la lampe, et la lampe
+se trouvait hermétiquement fermée par la cendre qui s'était condensée
+autour du bouchon et dans les ouvertures. La privation de l'air
+extérieur, et surtout de l'humidité, a permis, comme l'on sait,
+l'entière conservation d'objets très-corruptibles, sur-tout quand ces
+objets étaient renfermés dans des corps métalliques, ou quand ils
+y étaient adhérens; ainsi on a trouvé des bonnets de laine dans des
+casques de bronze, des morceaux de bois tenant à des poignées de métal,
+et des monnaies de bronze retenant encore la toile qui les enveloppait.
+La matière du lumignon est de lin non filé, mais en étoupe tortillée en
+deux branches, comme une corde imparfaite. Le lin paraît avoir été la
+matière le plus constamment employée à cet usage, dans une antiquité
+très-reculée. La culture du coton, très-anciennement en vigueur sur les
+confins de l'Égypte et de l'Arabie, suivant le témoignage de Pline (_L.
+XIX, I_), ne s'était guère répandue en Europe que quelques siècles après
+cet écrivain, par le moyen des Arabes qui l'introduisirent en Espagne.
+On se servait encore pour les lampes, de _papyrus_ et de bouillon-blanc.
+Le chanvre était d'un usage très-commun, mais il servait plus
+particulièrement pour les lanternes, où le lumignon devait avoir plus de
+fermeté.
+
+FIG. V et VI. Pincettes dont on se servait pour gouverner le lumignon.
+
+FIG. VII. Crochet faisant office de mouchettes.
+
+[Illustration 115]
+
+
+
+PLANCHE XXVI.
+(_P._ 53, 54, _t. VIII l'Edition royale_.)
+
+
+Les vases de bronze que nous donnons ici, nous ont paru appartenir au
+service des lampes, comme destinés à contenir de l'huile. En consultant
+les ornemens, on trouve cependant à ces vases un caractère bachique;
+nous nous bornons à en donner la description sans rien affirmer sur leur
+emploi.
+
+FIG. I. Ce dessin, au trait, offre le profil d'un vase pris du côté de
+l'anse, qui, dans celui-ci comme dans les suivans, fait le principal
+ornement. Cette anse est formée par la figure d'un jeune satyre posant
+sur un panier de raisin, et tenant dans chacune de ses mains une branche
+qui va, par-dessus son épaule, s'unir au bord du vase. Le corps du vase
+est absolument semblable à celui qu'on remarque sous le n° VII.
+
+FIG. II et III. Ce vase est plus simple dans sa forme et dans ses
+ornemens que le premier. L'anse est formée par une branche contournée,
+ornée de feuillures: elle se termine par un médaillon, d'où sort une
+tête de jeune homme, coiffée du bonnet phrygien.
+
+FIG. IV, V et VI. L'anse de ce vase a pour sujet un Hermès d'Hercule,
+proprement dit _Herméracle_, et se termine par une coquille. Le Dieu est
+sans barbe: la peau du lion est jetée sur son épaule, et ses bras
+sont enveloppés dans sa draperie. On rencontre des herméracles pareils
+exécutés en marbre: le musée Napoléon en possède plusieurs.
+
+FIG. VII, VIII et IX. Sur l'anse de ce vase est encore appliqué un
+Hermès offrant la figure d'un jeune suivant de Bacchus; ce demi-Dieu
+joue avec un lièvre, animal qui se trouve souvent dans les sujets
+bachiques. Les autres attributs qui terminent l'anse sont aussi tous
+bachiques; c'est le masque d'un jeune faune appliqué sur une peau de
+panthère dont on voit pendre les pattes.
+
+[Illustration 118]
+
+
+
+PLANCHE XXVII.
+(_P._ 55, 56, _t. VII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I, II et III. Coupe et profil d'un petit vase destiné à recevoir
+une lumière, dont l'effet était modéré par un couvercle à charnière,
+percé de plusieurs trous; cette lampe était une espèce de veilleuse.
+Sur le côté, on voit une petite anse. L'intérieur est rempli de plomb
+jusqu'à la hauteur désignée par la teinte, dans le premier dessin; ce
+qui donne au vase une assiette solide. Le cylindre indiqué dans la coupe
+est de laiton; il est mobile, et faisait, dans le vase, office de lampe.
+Le trait, n°. II, est celui d'un bassin, dans lequel on plaçait le vase
+par une attention de propreté.
+
+FIG. IV. Ce dessin représente une lanterne portative de forme
+cylindrique, et faite de cuivre jaune; les montans sont de métal
+fondu; le fond est soutenu par trois pieds en forme de boule. Le cercle
+supérieur est couronné par une calotte percée de quelques trous: cette
+calotte est mobile à volonté. Pour porter la lanterne fermée, la main
+devait embrasser les deux branches d'où pendent les chaînes, et qui
+servent de poignée. Pour ouvrir la lanterne, on élevait la branche
+supérieure qui faisait monter le couvercle par le moyen du clou qui joue
+dans la première branche, et de la chaîne attachée à ce clou. Sur le
+plateau du fond, pose la petite lampe de forme cylindrique: nous en
+donnons la coupe qui fait voir le lamperon où se plaçait le lumignon.
+Sur le sommet du couvercle, est une inscription en caractères pointés,
+que nous répétons au-dessus du dessin d'une manière plus lisible,
+quoique les lettres mal formées ne permettent pas de la déchiffrer
+parfaitement. On peut lire _TIBURTI CATUS, Tiburtius Catus_, et ces
+noms peuvent être ceux du fabricant. Si on lit _TIBURTl CATIS_, il
+se présente deux sens différens: l'un serait _TIBURTl CATl Sum_,
+_j'appartiens à Tiburtus Catus_; ce qui ne s'éloigne pas de la coutume
+qu'avaient les anciens d'indiquer de cette manière le maître d'objets ou
+d'êtres de nature à s'égarer; on trouve de semblables inscriptions sur
+des colliers de chiens, de cerfs et d'autres animaux, sur ceux même
+qu'on mettait au cou des esclaves; l'autre sens serait _TIBURTINUS CATI
+Servus, Tiburtinus esclave de Catus;_ et ce _Tiburtinus_ (nom d'esclave,
+rapporté par Gruter DCCCLXXXIV, n°. II), aurait eu l'emploi particulier
+de porter la lanterne devant son maître, _lanternarius_ ou _lampadarius
+servus_. La lanterne se trouve ici destituée de l'enveloppe transparente
+qui devait la compléter, comme le désignent précisément les deux bandes
+de métal fixées par des attaches à une petite distance des montans, et
+une pareille bande circulaire qui règne sur le fond. La matière le plus
+communément employée à cet usage paraît avoir été la corne; de-là vient
+que Plaute désigne une lanterne par le mot même de _cornu_ (_Amph. act_.
+I, I. 185). Pline dit à ce sujet que la meilleure corne était celle que
+donnait une espèce de bœufs sauvages qu'il nomme _uri_ (_l. XI._ 37). On
+ne manque point non plus d'autorités prises dans les écrits des anciens,
+pour avancer qu'on entourait encore les lanternes avec la peau des
+vessies, ou avec d'autres membranes, ainsi qu'avec de la toile frottée
+d'huile. On pourrait même soupçonner que la propriété du verre, adaptée
+au même usage, n'a pas été ignorée des anciens. Le premier des écrivains
+qui parle des fenêtres de verre, est Lactance, qui florissait sur la
+fin du troisième siècle: sans entrer à cet égard dans aucune discussion,
+nous nous contenterons de rapporter une autorité qui parle avec plus
+de force, c'est-à-dire, la conservation de quelques morceaux de verre
+trouvés à une fenêtre dans Pompéia, et déposés au musée de Portici.
+
+FIG. V. Nous ne suivons pas les académiciens d'Herculanum dans leurs
+recherches sur la véritable étymologie du mot _lanterna_, mais nous
+rapportons avec eux, comme très-curieux, quoiqu'étranger à la collection
+d'Herculanum, un monument trouvé dans un village près de Capoue: on voit
+par l'inscription, qu'il a été érigé par un certain _Marcus Hordionius
+Philargurus Labeo_ lanternier, à son épouse _Flavia Claudia Philumina_;
+outre le titre bien exprimé de la profession, _LANTERNARIUS_, on
+en trouve encore sur le monument le signe bien distinct, une petite
+lanterne entourée de son enveloppe.
+
+[Illustration 123]
+
+
+
+PLANCHE XXVIII.
+(_P._ 55, 58, _t. VI de l'Edition royale_).
+
+
+FIG. I, II et III. Trépieds en bronze qu'on peut regarder comme destinés
+à servir de support à des lampes. Nous n'avons rien à faire remarquer
+dans ces trois pièces, que les ornemens; la gravure les expose avec
+clarté.
+
+FIG. IV, V et VI. Lampe de bronze à une seule mèche; elle est
+remarquable par la queue pliante qui sert à la porter; la première
+partie de cette queue naît à la réunion de deux têtes d'oiseaux qui
+s'appliquent à la lampe; la seconde partie se termine en patte de
+lièvre; se pliant en dessus, elle s'arrête en dessous sur l'alignement
+de la première, qu'elle rencontre à angle droit.
+
+[Illustration 125]
+
+
+
+PLANCHE XXIX.
+(_P._ 61, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampadaire en bronze; il prend sa forme de deux troncs d'arbres
+qui s'élèvent sur une plinthe quarrée, portée par des pieds de bœuf; sur
+le sommet du tronc principal, est posé un disque ou plateau destiné à
+recevoir la lampe.
+
+FIG. II. Autre lampadaire de bronze avec son plateau; sa forme est
+prise d'une canne à nœuds, se divisant par le bas en branches qui font
+trépied.
+
+FIG. III et IV. Lampe de bronze d'un très beau travail, avec des
+ornemens recherchés. Elle pose sur un support en forme de trépied à
+griffes de lion, et orné de mascarons sur chaque face.
+
+[Illustration 127]
+
+
+
+PLANCHE XXX.
+(_P_. 62, 63, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Le support de cette lampe peut être mis au nombre des
+candélabres; c'est une colonne cannelée élevée sur une base; la base est
+formée de trois pattes de lion, et les pattes sont unies par un ornement
+en arabesques et des coquilles; le chapiteau est de fantaisie; dessus
+pose un vase à deux anses, lequel porte la lampe dont le couvercle est
+levé: le tout est de bronze et d'un travail élégant.
+
+FIG. II. Autre Lampe avec son support; il est formé d'un tronc d'arbre,
+orné de quelques feuilles et de glands. Le socle est fait au tour, et
+pose sur un trépied à griffes de lion.
+
+[Illustration 129]
+
+
+
+PLANCHE XXXI.
+(_P._ 64, _tome VIII de l'Edition royale._)
+
+
+Une figure grotesque sert de principal motif ce lampadaire; c'est une
+espèce de Silène, dont la physionomie, le geste et l'attitude ont
+une expression comique et théâtrale. Il a pour tout vêtement un court
+manteau jeté sur ses épaules; sa chaussure est le socque orné d'une
+languette; le perroquet perché au milieu des deux branches, n'est point
+sans rapport avec l'expression ridicule du personnage. Chaque branche du
+candélabre se termine par un plateau destiné à supporter les lampes. La
+figure pose sur une base quarrée à trois degrés, qui a pour support des
+griffes de lion, montées chacune sur de petits socles ronds.
+
+[Illustration 131]
+
+
+
+PLANCHE XXXII.
+(_P._ 65, _tome VIII de l'Edition royale._)
+
+
+Ce lampadaire a pour motif le tronc d'un chêne dépouillé et divisé en
+cinq branches, d'où pendent autant de lampes, toutes d'une forme assez
+simple. L'arbre est élevé sur une plinthe rectangulaire, ayant pour
+support des griffes de lion.
+
+[Illustration 133]
+
+
+
+PLANCHE XXXIII.
+(_P._ 66, 67, _t. VIII de l'Edition royale_).
+
+
+FIG I. La tige de ce lampadaire emprunte sa forme des plantes bulbeuses
+dont elle imite l'élégante souplesse dans ses contours. Les deux lampes,
+dans leur forme bizarre, imitent des limaçons, dont l'un est à moitié
+sorti de sa coquille. Ce n'est pas sans une sorte de convenance que cet
+insecte est ici rapproché d'une espèce de végétaux qui se plaisent dans
+les terrains humides. Le socle représente, en quelque sorte, un autel,
+étant entouré d'un feuillage en festons et orné d'un crâne de bœuf.
+La plinthe à griffes de lion est d'un travail précieux; sa surface est
+enrichie d'arabesques damasquinés en argent, comme le sont les ornemens
+de l'autel. Un semblable lampadaire pourrait être consacré à la nymphe
+d'une fontaine.
+
+FIG. II. Cet autre lampadaire, d'un travail également beau, est d'un
+style plus sévère. Une colonne cannelée en fait le motif. L'ornement du
+chapiteau tient par ses volutes à l'ordre ionique: mais il ne faut point
+chercher dans ces compositions de fantaisie, les proportions et les
+règles de l'art. Les artistes usaient sans réserve, dans ces sortes
+d'ouvrages, du droit de s'abandonner à leur imagination. Au milieu des
+volutes est un masque comique, et du sommet du chapiteau partent quatre
+rameaux en arabesques, qui servaient suspendre les lampes. Le dessin
+n'en montre que deux; le plan du chapiteau fait voir la distribution de
+tous les quatre.
+
+[Illustration 137]
+
+
+
+PLANCHE XXXIV.
+(_P_. 69, _tome VIII de l'Edition royale._)
+
+
+Ce lampadaire offre une composition agréable et animée. Sur une base
+quadrangulaire s'élève une colonne cannelée en spirales, qui ont peu de
+profondeur. Sur le chapiteau pose une tête couronnée d'une branche de
+lierre avec ses corymbes; c'est celle d'un esclave barbare caractérisé
+par les moustaches: elle sert elle-même de lampe, comme le montre le
+dessin pris de profil. On introduisait l'huile par le sommet, et de la
+bouche sortait le lumignon. Près de la colonne, sur un socle rond, est
+un enfant d'une expression naïve et dans une attitude gracieuse; dans
+le pouce de sa main gauche est passé un anneau qui réunit trois chaînes,
+deux servent à suspendre une lampe; à la troisième, qu'il relève de
+la main droite, pend un crochet propre à gouverner le lumignon. Cette
+seconde lampe prend sa forme d'un masque scénique orné de pampres.
+
+[Illustration 138]
+
+
+
+PLANCHE XXXV.
+(_P_. 68, 70 et 71, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I et III. Ces deux candélabres sont remarquables par leur mécanisme
+qu'on saisira facilement à l'inspection du dessin. Le pied est formé
+par trois traverses horizontales qui se démontent volonté. Le fût du
+candélabre pose sur un plateau qu'il traverse par un tenon fixé en
+dessous à l'aide d'une cheville; à partir de sa base, le fût s'élève en
+forme de pilastre, surmonté d'un Hermès à deux faces. Un vase faisant
+chapiteau pose sur la tête de chaque Hermès; ce vase couronné d'un
+plateau, où doit être placée la lampe, s'élève et s'abaisse volonté, au
+moyen d'une tige qui joue dans le pilastre, et qu'on arrête à la hauteur
+convenable avec une clef. La figure qui sert d'ornement au premier
+candélabre est celle de Jupiter; on la reconnaît au diadême et à la
+barbe épaisse et majestueuse. Au revers, la tête se fait remarquer par
+les cornes de Jupiter Ammon. L'Hermès de l'autre candélabre est celui
+de Persée, comme peut le faire penser la tête de Méduse et un instrument
+crochu qui représenterait la harpé. Sur l'autre face, le buste porte les
+attributs ordinaires du fils de Maïa, la bourse et le caducée.
+
+FIG. II. Lampadaire en forme de pilastre. La surface de la plinthe qui
+sert de base, est ornée d'arabesques damasquinés en bronze même. Il est
+à remarquer que, dans ce lampadaire comme dans tous les autres, et comme
+le démontre le dessin de la planche précédente, la tige n'est point
+située au milieu de la base, mais à l'une des extrémités; cette
+précaution avait, sans doute, pour but de ménager en avant une table
+commode, où l'on pouvait poser les vases à l'huile, ou d'autres
+ustensiles nécessaires au service des lampes.
+
+[Illustration 141]
+
+[Illustration 142]
+
+[Illustration 143]
+
+[Illustration 144]
+
+[Illustration 145]
+
+[Illustration 146]
+
+[Illustration 147]
+
+[Illustration 148]
+
+[Illustration 149]
+
+[Illustration 150]
+
+
+
+PLANCHES XXXVI--XLV.
+(_P_. 72, 93, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Nous avons précédemment désigné, par le nom de _lampadaire_, les
+instrumens propres à porter à-la-fois plusieurs lampes, suspendues: ces
+ustensiles ont le plus souvent la forme d'un tronc d'arbre, auquel on
+n'a laissé que quelques branches dépouillées de leurs feuilles. Cette
+invention nous offre l'imitation des arbres consacrés à un semblable
+usage, dans les fêtes champêtres. Les _candélabres_ destinés à porter
+une seule lumière ont une forme plus noble, mais qui doit sans doute
+aussi son origine à quelque usage familier. Le trait qui distingue
+particulièrement le candélabre est la canne ou le roseau qui servait à
+porter la pomme de pin ou la torche allumée: on a fixé le roseau dans
+le trépied qui la recevait momentanément; on a couronné la tige d'un
+disque, d'un calice ou d'un chapiteau. L'art s'est ainsi emparé d'une
+forme grossière; mais en l'embellissant, il a conservé la grâce qu'elle
+empruntait à la nature; dans le candélabre le plus orné, quelque
+chose rappelle toujours sa naissance. Souvent là tige est une colonne
+cannelée; imitation d'un faisceau de cannes. Si c'est une colonne lisse,
+sa légèreté s'éloigne de la proportion mâle de l'architecture. Peu-à-peu
+le luxe a déployé des ornemens plus recherchés; le disque destiné à
+porter la lampe a posé sur un chapiteau: celui-ci a pris la forme d'un
+vase, et le vase a reçu tous les ornemens qui lui conviennent; il a été
+embelli de feuilles de chênes et d'acanthe, de pampres, de bas-reliefs
+saillans, ou de travaux délicats à très-bas-relief. Ces ornemens furent
+prodigués sur la coupe et sur le disque, et jusque sur la cimaise de la
+tige. La richesse du travail ajouta encore un nouveau prix à l'élégance;
+le disque reçut de l'emploi des métaux, l'agrément des couleurs. Sa
+surface damasquinée offrit des feuillages et des arabesques rendus avec
+la délicatesse qui appartient à la peinture. Les pieds des candélabres
+eurent aussi des ornemens plus recherchés. La tige sembla naître d'une
+touffe de feuillage. Le trépied fut formé avec les pattes et les griffes
+de divers animaux, mais sur-tout du lion. Des feuilles interposées avec
+goût entre l'embranchement des pattes, servirent à les lier avec grâce:
+on sauva aussi la nudité de leur union, en y appliquant des roses ou
+des masques. Ce pied n'offrait pas un champ assez vaste pour recevoir
+beaucoup d'ornemens, il fallut y ajouter un disque dont le travail
+répondit à celui de la partie supérieure. On ne peut, de toutes ces
+observations, déduire une règle générale pour la composition des
+candélabres; il faut les ranger parmi les ouvrages qui permettent
+beaucoup la fantaisie et au goût de l'artiste. Un exemple récent prouve
+le parti qu'on peut tirer des beaux modèles de l'antiquité, en les
+appliquant à nos usages modernes; nous voulons parler des candélabres de
+fonte qui décorent le pont du Louvre, et qui servent, en supportant des
+lanternes, l'éclairer pendant la nuit.
+
+Les candélabres que nous publions, quelqu'élégans qu'ils soient, étaient
+d'un usage familier: l'art à porté plus loin ses inventions et la beauté
+d'exécution dans ceux qui étaient consacrés aux usages religieux. On
+peut voir ce que l'antiquité nous a laissé de plus admirable en ce
+genre, dans les œuvres de J.-B. Piranesi, et dans le _Musée Napoléon_,
+récemment publié par ses fils à Paris. M. Visconti, dans son musée
+_Pio-Clementino_, donne des notions très-intéressantes sur ces monumens
+religieux, dont nous n'avons point à offrir de modèles dans notre
+collection. Nous revenons donc aux candélabres dont nous avons exposé
+les dessins. Ils sont de bronze, à l'exception d'un très-petit nombre
+qui sont de fer; les ornemens sont de bas, ou très-bas-relief, sortis du
+jet de la fonte presqu'entièrement finis; en sorte qu'il a fallu peu de
+travail pour les polir. On ne trouve guère la trace de l'outil que dans
+les reliefs très-bas dont la tranche demandait à être marquée avec plus
+de profondeur. Pline nous apprend que les fabriques les plus célèbres
+étaient celles de Tarente et de l'île d'Égine. En commentant le passage
+de cet écrivain (_lib. LXIV_), il paraît que les premières excellaient
+pour la beauté de la forme; et les secondes, pour la délicatesse et
+le fini des ornemens: il serait difficile de décider auxquelles de ces
+fabriques il faut attribuer nos candélabres. Nous avons déjà parlé d'une
+magnifique habitation voisine d'Herculanum, dont le possesseur avait
+pris plaisir rassembler une grande quantité d'ouvrages de l'art des
+Grecs: c'est là qu'on trouva la plus grande partie des statues, et
+presque tous les bronzes de notre collection; c'est là aussi qu'on a
+trouvé ceux des candélabres dont le pied est couronné d'un disque. Cette
+circonstance pourrait faire penser qu'ils sont d'un travail grec, et
+plutôt des fabriques d'Égine, que de celles de Tarente.
+
+La _pl. XLV_ représente les chapiteaux de divers candélabres, dont nous
+ne donnons ni le fût, ni le pied, attendu que ces parties n'offrent
+qu'une répétition de ce qu'on voit dans les autres planches. (_XVIII,
+XIX_), et à l'aide des rapprochemens fournis par les connaissances des
+machines en usage de nos jours, parvenir à donner une idée des pressoirs
+qui complètent le cellier à l'huile de Stabie; c'est ce qu'on a essayé
+dans le plan _pl. XLIX_. Les renvois de ce plan suffiront pour le faire
+comprendre. Les voici en deux colonnes; dans la première, nous les
+exprimons en latin pour être plus agréables à ceux de nos lecteurs qui
+voudraient suivre le texte de Caton.
+
+A Pavimentum torcularii. A Pavé du cellier.
+
+B Pavimentum inter binos stipites. B Pavé entre les deux poteaux.
+
+C Parietes. C Murailles.
+
+D Vasa instructa juga II. D Vases accouplés.
+
+E Trapetes. E Meules.
+
+F Areæ. F Aires.
+
+G Canales. G Rigoles.
+
+H Lacus. H Bassins où se rendait l'huile.
+
+I Fora cum foraminibus. I Cuves avec des trous, où l'on
+ mettait égoûter les olives
+ triturées avant de les jeter sur le
+ pressoir.
+
+K Arbores. K Arbres jumeaux, ou un seul arbre
+ fendu dans lequel descendait la
+ poutre.
+
+L Stipites. L Poteaux.
+
+M Trabes planæ. M Madriers.
+
+N Trabeculæ vel tigni. N Soliveaux ou aiguilles.
+
+O Præla. O Poutre ou grand arbre du pressoir.
+
+P Laigulæ prœlorum. P Languettes des poutres.
+
+Q Sucula cum senis foraminibus. Q Treuil à six trous.
+
+
+
+[Illustration 156]
+
+[Illustration 157]
+
+[Illustration 158]
+
+[Illustration 159]
+
+
+
+PLANCHE XLVI.--XLIX.
+(_Préf. de l'Edition royale._)
+
+Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan et les détails d'un
+moulin ou pressoir à huile, découvert en 1779 à Gragnano, l'ancienne
+Stabie. Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera possible,
+les Académiciens d'Herculanum, dans l'explication qu'ils en ont donnée,
+et dans l'heureuse application qu'ils ont faite, de la description du
+pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir de Stabie.
+
+La _planche XLVI_ offre le plan général du pressoir avec trois coupes du
+cellier où il était situé, appelé par les anciens _cella olearia,
+cella torcularia_, ou bien d'un nom commun à la machine _torculum_ et
+_torcular_. La longueur de la pièce était de 46 pieds et demi romains
+antiques; la largeur, de 16 pieds un quart; le pavé entre les deux
+vasques portait 17 pieds un quart: il était formé avec un ciment, dont
+les murs étaient aussi revêtus à la hauteur de 5 pieds et demi[2].
+
+[Footnote 2: Nous employons la mesure romaine antique pour faciliter les
+rapprochemens avec le texte de Caton. Vérification faite sur plusieurs
+pieds romains conservés à Portici, cette mesure répond à-peu-près, à 11
+pouces du pied français; elle se divisait en 16 doigts.]
+
+
+La machine à presser les olives, indiquée dans le plan par la lettre G,
+est exposée en détail dans la _planche XLVII_:
+
+Elle est placée dans une cuve assez profonde, _fig._ I, et consiste en
+deux meules en forme de segment de sphère, qui se meuvent autour d'un
+cylindre. Les olives sont pressées entre la partie convexe de ces
+meules, et les parois de la cuve. Dans le cylindre, est un pivot qui
+recevait une barre; cette barre était assujétie par la plaque de fer
+qu'on voit dans le dessin des mêmes parties, pris en dessus, _fig._
+2; la barre traversait les deux meules percées, comme le montrent les
+_fig._ 3 et 4 Ce mécanisme est facile à saisir, et la _fig._ 5, dont
+nous renvoyons en note l'explication, le démontrera d'une manière
+satisfaisante[3]. Les dimensions des parties étant calculées, il s'est
+trouvé que le diamètre de la cuve, pris extérieurement, était de 3 pieds
+10 doigts, et l'épaisseur du bord, de 5 doigts; l'espace entre le bord
+et le cylindre, de 14 doigts. La meule a de diamètre 1 pied et 7 doigts;
+et de grosseur, 12 doigts et demi: chaque côté du trou des meules a,
+dans la partie convexe, un demi-pied, mais il se rétrécit du côté plat,
+et diminue jusqu'à 6 doigts et demi.
+
+[Footnote 3: Cette figure offre la construction géométrique de la
+machine, prise dans une coupe verticale qui passe par son axe. Sur
+la ligne horizontale AB, égale au demi-diamètre de la cuve en pierre,
+s'élève du point B, comme point central, la perpendiculaire CD qui
+représente l'axe. Prenons sur la ligne AB la portion AE égale à 5 doigts
+du pied romain antique, qui formera l'épaisseur du bord de la cuve;
+il reste la ligne BE pour rayon interne de la cuve. Tirons une ligne
+indéterminée HG, qui coupe perpendiculairement en deux parties égales,
+le rayon BE au point F.--Entre la ligne HG et l'axe de la cuve CD, à
+la distance de 2 doigts et demi, tirons la ligne IK parallèle à HG,
+laquelle donnera le côté du cylindre qui s'élève au milieu de la cuve,
+comme IB en désignera le rayon. Établissons la ligne LM parallèle à la
+ligne AB, et à la distance du tiers de EI, et nous aurons déterminé
+la situation de l'axe linéaire des meules. Le centre de la courbure de
+chacune d'elles, se trouvera au point N de la ligne LM, distante de
+L, de la huitième partie de BE; de ce centre, et avec le rayon NE,
+décrivons l'arc GEH qui s'arrête sur la corde GH, et nous aurons formé
+un segment de sphère qui constituera chacune des deux meules. Dans l'arc
+EG, prenons le point O distant de E d'une huitième partie de la ligne
+BE, ou donnant la même mesure que LN; de ce point, tirons par N la ligne
+indéterminée NO, sur laquelle nous prendrons le point P distant de N de
+2 doigts: ce point déterminera le centre de la concavité interne de la
+cuve, ayant pour rayon PO; enfin, prenant N pour centre avec le rayon NQ
+égal à LB, nous couperons la ligne CD, et le point de section Q fixera
+la hauteur du cylindre, dont la superficie plane sera parallèle au bord
+de la cuve.]
+
+Les _fig._ 6 _et_ 7 font voir de face et de côté, une portion d'un tube
+formé de deux plaques de fer appliquées l'une sur l'autre, lesquelles
+ont dû, sans doute, revêtir un morceau de bois que le temps avait tout
+consumé. On remarque, dans le tube, les pointes d'un grand nombre de
+clous qui y fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouvé dans le trou de
+l'une des meules, servait probablement de caisse au moyeu. Le fragment,
+_fig._ 8, est un anneau qui entourait l'extrémité du moyeu. Les _fig._
+9 _et_ 10 représentent le pivot enchâssé dans un tube et une plaque de
+fer: on a vu la situation de ces deux objets dans les _fig._ 1 _et_ 2.
+
+Caton-le-Censeur, dans son livre de _Re rusticâ_, donne la description
+d'un moulin ou pressoir olives, qu'on retrouve très-exactement dans la
+machine de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement curieux,
+on reproduit dans la _planche XLVIII_, la machine de Caton; on a suivi
+la construction qu'il en prescrit dans les chapitres 20, 21 et 22, et
+d'après les dimensions du plus petit pressoir, prises dans le chapitre
+135 (_Édit. de Math. Gesner_).
+
+La _fig._ 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement,
+c'est-à-dire la cuve, dite par Caton _trapetum_, et plus
+particulièrement _mortarium_. Au milieu on voit le cylindre
+(_miliarium_), lequel s'élève au-dessus des bords de la cuve. Sur le
+cylindre, est la barre (_cupa_) percée au milieu d'un trou où se trouve
+un tube de fer (_fistula ferrea_), par lequel passe le pivot (_columella
+ferrea_). Aux deux côtés opposés du noyau, sont les deux meules
+(_orbes_) qui sont fixées dans leur place par des chevilles de fer
+(_clavi_)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux
+trous (_foramina dextera sinistraque_). En dehors de ces trous, sont
+clouées ces petites plaques que Caton nomme _sublaminas pollulas
+et minutas_, et qui ont pour but d'empêcher que les trous ne
+s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (_cupæ minusculæ_),
+représentées dans la _fig._ 2, où la machine est dessinée en dessus.
+Dans les _fig._ 3 _et_ 4, on a l'une des roues de face et de profil: on
+y remarque le trou pour le passage de l'axe (_foramen orbis_), qui va
+en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne parle point de cette
+particularité que nous restituons d'après la machine de Stabie, et qui
+devait exister, afin que le moyeu (_modiolus_), restât bien ferme dans
+sa boîte. Cette différence est rendue sensible dans la _fig._ 5, qui
+montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre,
+ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessiné
+sous différens aspects, _fig._ 7, 8 _et_ 9. Enfin, la _fig._ 6
+représente la barre qu'on voit en place dans les _fig._ 1 _et_ 2; on a
+fait le noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et
+qu'il semble aussi ne devoir pas être autrement. Le dessous est garni
+d'une plaque de fer (_tabula ferrea_). La partie de la barre qui entre
+dans les moyeux, est revêtue de quatre plaques recourbées (_imbrices
+ferrei_), clouées avec de petits clous (_clavuli_); au bout de ces
+plaques, est un fer (_ferrum librarium_), qui embrasse la barre, et
+dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues,
+comme on le voit dans la _fig._ 1. Entre le clou et la roue, entre
+celle-ci et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles de fer
+(_armillæ ferreæ_), qu'on a tâché d'indiquer dans les _fig._ 1 _et_ 2.
+
+D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement comment le
+pressoir de Caton était mis en mouvement. Deux hommes placés à chaque
+extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre,
+et les deux meules qui se suivaient, écrasaient les olives contre
+les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant
+très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression, quand on
+observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton.
+Il paraît que les anciens écrivains de l'économie rustique, ont tous eu
+l'opinion que la trituration du noyau donnait à l'huile un mauvais goût
+(Voyez _Caton, cap._ 66--_Colum. lib._ 12, _cap._ 50_, _et autres_). On
+ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la précaution indiquée;
+l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les
+lampes, Caton parle lui-même de meules de rechange pour remplacer
+celles qui s'égrenaient: ce qui ne pouvait guère avoir lieu que quand
+on écrasait les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes sur
+la manière de construire un pressoir à olives, donne le détail de la
+dépense qu'il occasionnait; l'incertitude des érudits sur la valeur des
+signes employés dans ce passage, ne permet pas de le connaître à fond.
+Le même auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrières
+situées aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui,
+et de celles de Nola et de Pompéia. On a reconnu, en effet, que notre
+pressoir était d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation
+de cette ville, très-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo,
+jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment de la machine que nous avons
+essayé de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le
+plan et les coupes (_pl. XLVI_) les vestiges de deux autres machines ou
+pressoirs proprement dits, servant à exprimer l'huile des olives déjà
+triturées. Les deux vasques marquées HI sur le plan, ont dû faire partie
+de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé au
+mur, un bord ou marge marquée _a_, où il restait un conduit de plomb qui
+aboutissait à un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice
+du vase; la coupe en montre la forme inférieure sur la ligne AB, et la
+hauteur au-dessus du pavé sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque
+vase, s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface est un
+plan incliné; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs
+faisaient probablement l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont
+trois trous _d, e, f_, tous ayant un bord et une certaine profondeur
+(comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive à un petit
+souterrain _g_, indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait
+dans ce souterrain par le petit puits _h_. Chaque puits a un bord qui
+s'élève un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable
+autour du trou _f_. À l'un des trous _d_, on voit un creux en forme de
+niche, et enfin sur le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de
+fer, liés deux à deux, _i, i_. En combinant les traces du pressoir
+sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les vases de terre cuite, les
+conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on
+peut à l'aide de la description donnée par Caton (_cap._)
+
+[Illustration 168]
+
+
+
+PLANCHE L.
+
+_Carte pour servir à l'intelligence des découvertes d'Herculanum, de
+Pompéia, et des autres Villes antiques détruites par les éruptions du
+Vésuve._
+
+
+En publiant cette édition des antiquités d'Herculanum, nous avons cru
+devoir nous arrêter au même point où l'édition royale de Naples s'est
+trouvée suspendue. Un ouvragé de cette importance, commencé sur un si
+beau plan, ne demeurera point, sans doute, imparfait. Les statues en
+marbre, les ustensiles sacrés et domestiques, et d'autres antiquités,
+doivent former différentes classes, et fournir la matière de plusieurs
+autres volumes. Une grande partie de ces objets a été gravée pour
+l'édition originale; M. Piroli s'était mis en mesure d'en suivre la
+publication pas à pas; mais il a considéré qu'il serait indiscret de
+prévenir, pour ainsi dire furtivement, une entreprise digne d'être
+relevée et encouragée par l'auguste Souverain, devenu le possesseur de
+ces trésors et des mines non fouillées qui en récèlent encore d'aussi
+précieux. Nous partageons ce sentiment, et nous espérons que nos
+lecteurs, en appréciant notre retenue, nous sauront aussi quelque gré
+de l'empressement que nous mettrons à compléter notre édition, aussi-tôt
+que nous pourrons nous permettre de le faire.
+
+La carte que nous donnons ici ferme, en quelque sorte, le câdre que nous
+avons adopté.
+
+Elle montre la situation des villes antiques, détruites par le Vésuve,
+et desquelles nous avons eu occasion de parler dans cet ouvragé, comme
+du théâtre des découvertes. Il entre dans notre sujet de donner, sur
+ces mêmes villes, quelques notions historiques et géographiques; c'est
+l'objet de l'article qui termine ce volume.
+
+
+
+
+TABLE DES MATIÈRES
+CONTENUES
+Dans le 6e Volume des Antiquités d'Herculanum
+(LAMPES ET CANDÉLABRES).
+
+
+
+
+
+A
+
+ACTÆAON se défendant contre ses chiens,--Pl. 19, fig. II.
+
+AIGLE déchirant un lièvre.--Pl. 3, fig. I.
+
+ANIMAUX, (lampes ornées de figures ou de têtes d') emblèmes du culte de
+diverses divinités.--Pl. 10, fig. III, IV, V, VI; et Pl. 21.
+
+APOTHÉOSE, d'un personnage inconnu. (Lampes exprimant l').--Pl. 18, fig.
+I et V.
+
+B
+
+BAIN. (Deux personnages préparant un)--Pl. 23, fig. III.
+
+BALADIN. (Lampe dont le couvercle est surmonté d'une figure de)--Pl. 16.
+
+BARQUE. (Lampe en forme de).--Pl. 8, fig. I.
+
+BŒUF avec le _croissant_, emblême du culte égyptien.--Planch. 23, fig.
+II.
+
+C
+
+CALEÇON. _Voyez_ BALADIN.
+
+CANDÉLABRES à mécanisme, avec des figures en hermès.--Pl. 35.--_Autres_
+de diverses espèces.----Pl. 36 à 45.
+
+CARTE pour servir à l'intelligence de la découverte d'_Herculanum_, de
+_Pompéia_, et des autres villes anciennes, détruites par les éruptions
+du Vésuve.
+
+CHAÎNES. (Lampe de bronze suspendue avec des)--Pl. 24 et 25.
+
+CHAUVE-SOURIS. (Lampe de bronze ornée d'une)--Pl. 13, fig. III et IV.
+
+CHIENS DE CHASSE.--Pl. 19, fig. IV.
+
+CIGOGNE, symbole de la piété filiale.--Pl. 6, fig. II.
+
+COLOMBES.--Pl. 22. fig. VII.
+
+CONCORDE. (Symbole de la)--Pl. 19, fig. I.
+
+COQS. (Combat de)--Pl. 6, fig. I.
+
+COQUILLES, ornemens de lampes. Pl. 22, fig. III et IV.
+
+COURONNES de chêne, ornemens de lampes.--Pl. 8, fig. V.
+
+CROISSANT, emblème de Diane. Pl. 12, fig. I et II.
+
+CROIX. (Lampe curieuse, ornée d'une)--Pl. 23, fig. I.
+
+CYBÈLE et Attis.--Pl. 6, fig. III.
+
+D
+
+DAUPHINS sur des lampes consacrées à des divinités marines.--Pl. 18,
+fig. II, III et IV.
+
+DIANE.--pl. 17, fig. IV.
+
+DIEUX LARES des quartiers de Rome. (Lampe consacrée aux)--Pl. 2, fig.
+III.
+
+DIEUX LARES domestiques. (Lampe consacrée aux)--Pl. 17, fig. II.
+
+DIVINITÉS (Les trois grandes) réunies: Jupiter, Minerve et Junon. Pl. 1,
+fig. I.
+
+DIVINITÉS (Les trois grandes) égyptiennes: Isis, Osiris et Harpocrates.
+
+E
+
+ELÉPHANT sur une lampe, emblème d'une victoire.--Pl. 17, fig. III.
+
+EPERVIER, lampe augurale.--Pl. 10, fig. I.
+
+ETRENNES. (Lampe relative aux) Explication sur cet usage.--Pl. 3, fig.
+III et IV.
+
+F
+
+FIGUIER. (Lampe en forme de feuille de) avec une figure au milieu.--Pl.
+14, fig. III.
+
+FORTUNE.--Pl. 1, fig. IV.
+
+G
+
+GÉNIE tenant un étendard.--Pl. 17, fig. I.
+
+GÉNIE de la beauté.--Pl. 17, fig. VI.
+
+GLADIATEUR, dit _Retiarius_, armé d'un filet.--Pl. 7, fig. I.
+
+GLADIATEUR. (Plusieurs lampes représentant des)--Pl. 4.
+
+GRIFFON, symbole du Soleil.--Pl. 12, fig. IV; pl. 15, fig. V.
+
+GUTTUS, sorte de vase. (Lampe en forme de)--Pl. 8, fig. III et IV.
+
+H
+
+HERCULE avec sa grande coupe.--Pl. 2, fig. V.--vainqueur du Dragon qui
+gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides.--Pl. 3, fig. II.
+
+HERCULE. (Génie d')--Pl. 19, fig. II.
+
+I
+
+INSCRIPTIONS. (Lampes remarquables par des)--Pl. 20, fig. VI à XIV.
+
+JOUET d'enfant. (Petite lampe considérée comme un)--Pl. 15, fig. I.
+
+JUPITER. (Lampe consacrée à)--Pl. 1, fig. II.
+
+L
+
+LAMPES. Leurs différentes espèces. _Voyez_ l'Avertissement en tête du
+volume.
+
+LAMPADAIRES en bronzes.--Pl. 29,--_Autres_, portant des lampes.--Pl.
+30.--_Autre_, ayant pour motif une figure grotesque.--Pl. 31.
+--_Autres_, en forme de tronc d'arbre.--Pl. 32 et 33.--_Autre_, en
+forme de colonnes.--Pl. 33.--_Autre_, avec un enfant sur le même
+piédestal.--Pl. 24.
+
+LANTERNE, avec tous ses agrès.--Pl. 27.
+
+LION sur des lampes.--Pl. 13, fig. II; pl. 22, fig. V.
+
+LUMIGNON trouvé dans une lampe de bronze.--Pl. 25, fig. IV.
+
+M
+
+MASQUES. (Lampes ornées de)--Pl. 9, fig. V et VI; pl. 14, fig. I à IV;
+pl. 17, fig. V; pl. 20; pl. 22, fig. VII et VIII.
+
+MOULIN, ou Pressoir à huile, trouvé à Stabie. Plans et détails.--Pl. 46
+à 59.
+
+O
+
+OIE. (Lampe en forme d')--Pl. 9. fig. II.
+
+OIE étouffée par un génie. (Lampe de bronze, ayant pour ornement
+une)--Pl. 11.
+
+P
+
+PÉGASE, symbole d'Apollon.--Pl. 12, fig. III.
+
+POISSONS.--Pl. 13, fig. I; pl. 15, fig. II.
+
+POULETS SACRÉS.--Pl. 11, fig. IV.
+
+Q
+
+QUADRIGE en pleine course.--Pl. 5, fig. II.
+
+QUEUE pliante. (Lampe à)--Pl. 28, fig. IV à VI.
+
+R
+
+RAT sur une lampe de bronze.--Pl. 23, fig. VIII et IX.
+
+T
+
+TAUREAU. (Chasse au)--Pl. 5, fig. I.
+
+TRÉPIEDS en tronze, pour servir de support à des lampes.--Pl. 28, fig.
+I, II et III.
+
+V
+
+VAISSEAU. (Lampes en forme de)--Pl. 22, fig. VI.
+
+VASES pour le service des lampes, avec des anses très-ornées.--Pl. 26.
+
+VEILLEUSE. (Lampe faisant)--Pl. 18, fig. VIII, IX et X.
+
+VICTOIRES.--Pl. II, fig. III.
+
+VILLES _(Des anciennes) détruites par les éruptions du Vésuve;
+dissertation placée à la suite de la CARTE._--Pl. 50.
+
+
+
+_Fin de la Table._
+
+
+
+
+
+
+
+DE L'IMPRIMERIE DE LEBLANC.
+
+PLANCHES XXXVI et suivantes.
+
+
+
+AVERTISSEMENT.
+
+Les planches qui terminent cette livraison (nos XXXVI-XLII) et celles
+qui doivent commencer la livraison prochaine, ne sont point susceptibles
+d'une explication particulière. Nous relèverons ce qu'elles peuvent
+offrir d'intéressant, en examinant dans un seul article ce genre de
+monumens. Nous ne nous sommes point refusés à l'abondance des matières
+lorsque le fonds en était riche, comme il est arrivé dans ce même
+volume; et nous avons racheté d'avance le vide que nous sommes obligés
+de laisser ici. Nous aurons aussi occasion de nous étendre davantage
+à la fin de ce volume, le sixième de ceux que nous avons annoncés au
+public.
+
+
+(_Le Relieur supprimera ce feuillet._)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome VI.,
+(Vol. 6 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+***** This file should be named 17236-8.txt or 17236-8.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
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+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
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+used on or associated in any way with an electronic work by people who
+agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
+even without complying with the full terms of this agreement. See
+paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
+
+1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
+located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
+copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
+works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
+Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
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+
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+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
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+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
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+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6 of 6)
+
+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
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+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17236]
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+Language: French
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+Character set encoding: UTF-8
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+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+<h1>ANTIQUITÉS D'HERCULANUM.</h1>
+<br>
+
+
+
+<h4>GRAVÉES</h4>
+<h3>PAR TH. PIROLI</h3><br>
+
+<h4>AVEC</h4>
+<h3>UNE EXPLICATION PAR S.-PH. CHAUDÉ;</h3><br>
+
+<h4>ET PUBLIÉES</h4>
+<h3>PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.</h3>
+
+<br>
+<hr>
+
+<h2>TOME VI.</h2>
+
+<h3>LAMPES ET CANDÉLABRES.</h3>
+<hr>
+<br>
+
+
+<p>À PARIS</p>
+<br>
+
+
+<p>CHEZ:<br>
+PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;<br>
+LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison<br>
+Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.</p>
+<br><br>
+
+<h3>AN XIV. = 1806.</h3>
+<br><br>
+
+
+<h3>AVERTISSEMENT</h3>
+
+
+
+<p>Ce 6e volume, contenant les Lampes et les
+Candélabres, fait, dans notre division, la troisième
+partie des Antiquités d'Herculanum, et,
+dans des monumens plus simples, offre un
+degré d'intérêt qui le rend encore précieux
+après l'exposition des Peintures et des Bronzes.
+Les Lampes (<i>lucernæ</i> ou <i>lychni</i>), consacrées
+par les besoins usuels et par la piété, se sont
+tellement multipliées, qu'il en est parvenu un
+grand nombre jusqu'à nous; les Antiquaires les
+ont divisées en plusieurs classes, sous les dénominations
+de <i>lampes sacrées, lampes domestiques</i>
+et <i>lampes sépulcrales</i>. Montfaucon
+observe judicieusement que, malgré ces distinctions,
+il serait très-difficile d'assigner à chacun
+de ces monumens sa classe particulière. En
+effet, celles que nous publions ont presque
+toutes été trouvées dans les maisons, et ne diffèrent
+pas des lampes sépulcrales publiées par
+Bellori ou par d'autres; il ne paraît même pas
+que celles qu'on allumait dans les temples, et
+qui devraient être proprement dites <i>sacrées</i>,
+soient absolument distinctes des autres; et il est
+vraisemblable qu'on se servait indifféremment
+de toutes dans les cérémonies religieuses et dans
+l'usage privé. La variété des formes et des emblêmes
+dépendait du caprice des artistes ou de
+la fantaisie de celui qui faisait fabriquer ces
+objets. On trouve dans les inscriptions, à <i>la
+Fortune domestique</i>, à <i>Jupiter domestique</i>,
+<i>Minerve domestique, etc.</i>; c'est alors le signe
+d'une dévotion particulière, et on peut en dire
+autant de toutes les lampes qui portent la figure
+de quelque divinité; ce sont ces sortes de
+lampes que nous nommerons <i>sacrées</i>. Beaucoup
+d'autres sont relatives à la profession ou aux
+goûts de leurs possesseurs. Celles qui portent
+des figures de gladiateurs peuvent être considérées
+comme lampes sépulcrales; elles peuvent
+aussi se classer parmi celles destinées à éclairer
+les salles d'exercices des gladiateurs, et même
+les échoppes ou les boutiques des amphithéâtres,
+des théâtres et des cirques. Nous aurons soin,
+au reste, de ne point omettre, dans le cours
+de nos explications, les particularités plus ou
+moins curieuses qui peuvent jeter quelque jour
+sur les usages des anciens: si cette matière a
+été épuisée par une foule de savans auteurs,
+dont nous nous plaisons à répéter les opinions
+plutôt qu'à donner les nôtres, nous prions nos
+lecteurs de considérer que nous n'avons pour
+but que d'aider leur mémoire, en examinant
+avec eux les monumens dont nous leur offrons
+une copie fidelle.</p>
+
+<p>Les lampes étaient ordinairement de bronze
+ou de terre cuite, et l'on aura souvent occasion
+d'admirer, dans les lampes de cette dernière
+espèce, combien était répandu le sentiment du
+beau, et de se confirmer dans cette observation:
+que si des hommes ingénieux font la gloire de
+leur siècle, la gloire de ce même siècle conserve
+long-temps, parmi leurs successeurs, l'esprit
+dont les premiers furent animés, et fait revivre
+cet esprit après les nuits de la barbarie. On
+ne saurait donc trop applaudir aux efforts des
+artistes qui tendent, en profitant des exemples
+de l'antiquité, à répandre ce goût conservateur
+dans tout ce qui appartient aux besoins les plus
+familiers. Pour nous, nous croirons avoir peu
+fait pour les arts, si l'imitation par la gravure
+des objets précieux que la découverte d'Herculanum
+a rendus à la lumière, ne faisait naître,
+dans les productions du goût, des imitations
+plus solides et plus heureuses.</p>
+
+<h3>DES ANCIENNES VILLES<br>
+
+DÉTRUITES PAR LES ÉRUPTIONS DU VÉSUVE.</h3>
+
+
+<p>L'origine d'<i>Herculanum</i>, ville d'Hercule, ou
+consacrée à Hercule, <i>Herculaneum sive Herculanium</i>
+(<i>oppidum</i>), se perd dans la nuit des temps fabuleux.
+Si parmi les héros qui ont porté le nom d'Hercule,
+on suit les aventures de l'Hercule Thébain, on
+voit celui-ci s'arrêter, après avoir consommé de
+grands travaux en Italie, et se reposer dans <i>la Campagne
+heureuse</i>. Là il célèbre ses victoires en consacrant
+aux Dieux la dixième partie des dépouilles
+(<i>Dionys. Halic, l. I</i>), et fonde la petite ville qui
+porte son nom, à l'endroit où son navire avait fait sa
+station. Cette même ville est appelée par Pétrone,
+<i>Herculis Porticus</i>; d'où lui est venu, sans doute,
+son nom moderne de <i>Portici</i>. Avant la découverte
+d'Herculanum, personne n'avait su déterminer, avec
+précision, la situation de cette ancienne ville; il n'en
+restait pas même de trace sensible dans ce nom de
+<i>Portici</i>. Cette habitation royale à quatre milles environ
+de Naples, séparée de <i>Résina</i> par une seule rue,
+cachait la ville antique sous ses fondemens. Ces deux
+villes sont presque de niveau avec la mer; en sorte
+que le sol d'Herculanum se trouve très-abaissé, ou
+qu'il faut que la mer se soit beaucoup élevée. Winckelmann,
+qui fait cette observation (<i>lettre au comte
+de Brühl</i>), croit à ce dernier phénomène. Il observe
+que sur les côtes de Hollande, la mer est manifestement
+plus haute que la terre; ce qui ne devait pas
+être avant que l'industrie humaine eût prescrit des
+limites à la mer. Les bâtimens d'Herculanum sont
+encore dans leur ancienne assiette; état tout-à-fait
+contraire à l'opinion qu'ils se soient affaissés. On
+a cherché à rendre raison du nom de <i>Résina</i>, en
+le faisant dériver de la <i>villa Retina</i>, dont parle
+Pline le jeune dans la lettre où il décrit l'éruption
+du Vésuve (<i>lib. VI, epist. 16</i>). Mais il paraît par le
+texte, malgré la diversité des leçons, que cette <i>villa</i>
+était située près de <i>Misenum</i>, c'est-à-dire à environ
+douze milles du Vésuve, et qu'il n'y a aucun rapport
+de <i>Retina</i> à <i>Resina</i>.</p>
+
+<p>La ville de <i>Pompéia</i>, qui subit le même sort
+qu'Herculanum, paraît avoir eu une commune origine.
+Son nom vient des pompes et fêtes d'Hercule
+(<i>Serv. in Æn. VIII, v. 662</i>). En écrivant <i>Pompéia</i>,
+dans le cours de cet ouvrage, nous avons suivi un
+usage vulgaire qui pourrait nous mériter un reproche.
+Les auteurs latins écrivent Pompeii, au pluriel;
+les Français conservent ordinairement la terminaison
+latine. Strabon dit <i>Pompeia</i>, et son
+traducteur, <i>Pompeiam, quam Sarnus præterfluit</i>.
+Cet exemple peut faire autorité en notre faveur.
+Les ruines de Pompéia se trouvent aujourd'hui
+sur le chemin de Salerne, près d'un village maritime,
+appelé <i>Torre dell'Annunziata</i>, à dix milles
+de Naples et six de Portici. L'emplacement qu'elles
+occupent est éloigné d'un demi-mille environ du
+cours actuel du <i>Sarnus</i> (aujourd'hui <i>Sarno</i>), soit
+que cette différence ait pour cause les bouleversemens
+produits par les éruptions et les tremblemens
+de terre, soit que le port se trouvât situé à quelque
+distance de la ville; ce qui n'est point sans exemple.
+Cette situation favorable faisait de Pompéia l'entrepôt
+du commerce de <i>Nola</i>, de <i>Nuceria</i> (<i>Nocerra</i>),
+et d'<i>Acerræ</i> (<i>Acerra</i>).</p>
+
+<p>«Stabie (<i>Stabiæ</i>), dit Winckelmann, était située
+dans le terrain qu'occupe à présent <i>Gragnano</i>, et
+non comme le prétend Cluvier dans l'endroit où est
+aujourd'hui <i>Castell'-a-mare</i>, sur le bord de la mer.
+L'ancienne Stabie, suivant Gallien, en était éloignée
+de huit stades; ce qui s'accorda avec la situation que
+nous lui donnons. Cette ville fut détruite par Sylla
+dans la guerre des Marses; et du temps de Pline,
+on n'y voyait plus que des maisons de plaisance»;
+c'est le rivage où Pline l'ancien périt victime de
+son courage.</p>
+
+<p>Indépendamment de ces villes principales, tout
+le rivage était couvert d'habitations agréables qu'on
+bâtissait quelquefois jusque dans la mer, pour y
+trouver la fraîcheur que produit le mouvement des
+flots. La fertilité qui jaillissait des causes même de
+destruction, a, de tout temps, répandu sur ces lieux
+dangereux, un charme dont les événemens les plus
+désastreux n'ont pu détruire le prestige. Nous voyons
+encore de nos jours des jardins délicieux creusés
+dans la lave; à peine ces fleuves de marbre et de
+métaux fondus sont-ils refroidis, qu'on vient chercher
+sur leurs bords l'habitation qu'ils ont épargnée;
+on creuse leurs flancs pour découvrir le sol; on taille,
+on enlève leurs riches débris, pour construire des
+édifices, pour consolider des routes qui doivent être
+de nouveau abîmées par les torrens destructeurs,
+Le pavé des villes antiques mêmes était formé de
+laves. La première éruption dont l'histoire ait conservé
+le souvenir, est celle qui eut lieu la première
+année du règne de Titus, l'an 79 de l'ère chrétienne,
+celle à laquelle on a attribué la destruction totale
+des villes déterrées dans le siècle dernier. Avant
+l'époque dont nous venons de parler, les témoins
+nombreux qui annonçaient le voisinage d'un ennemi
+aussi redoutable que l'Ætna, semblaient être muets
+pour les habitans de ces contrées. Si la tradition des
+anciennes fureurs de quelques volcans avait été
+conservée par les poètes, elle était comme reléguée
+dans le domaine des fictions. La fable des Géans
+phlégréens, la description que Virgile fait des enfers,
+description qui nous guide encore aujourd'hui pas
+à pas sur les mêmes lieux, en renferment les traces
+les plus sensibles: mais il n'est question que des
+campagnes de Cumes; et l'on est surpris de voir l'auteur
+des Géorgiques parler de la fertilité du Vésuve,
+sans remonter à la cause dangereuse qui la produit,
+et qu'il semble tout-à-fait ignorer. Pline l'ancien, qui
+porta si loin ses recherches sur l'histoire naturelle,
+à qui l'incendie du Vésuve fut si funeste, parle deux
+fois de cette montagne célèbre par ses vins, sans
+paraître instruit de la nature sulphureuse du sol.
+Cette remarque n'avait point échappé à l'exact Strabon,
+qui parle d'ailleurs (<i>liv. V</i>) du sommet du Vésuve,
+comme d'un volcan éteint. Diodore de Sicile
+(<i>l. IV</i>), parle aussi des traces d'embrâsemens qu'offre
+la montagne, mais sans entrer dans aucun détail.</p>
+
+<p>Il est constant que ces apparences de la nature
+volcanique du Vésuve avaient peu frappé les anciens,
+et l'on voit que leurs plus habiles observateurs
+y avaient à peine fait attention. S'il est prouvé par
+l'ancien état du sol, mis à découvert dans les fouilles,
+qu'à une époque très-reculée le Vésuve s'était signalé
+par de grandes éruptions, il faut supposer
+qu'elles eurent lieu avant que ces contrées ne
+fussent habitées. Comment, en effet, le souvenir
+d'événemens aussi terribles se serait-il effacé de la
+mémoire des hommes? Ce souvenir ne se serait-il
+point, au contraire, perpétué par la tradition? Et
+cette tradition, les prêtres et les poètes, toujours amis
+du merveilleux, ne l'auraient-ils point avidement
+recueillie? En vain la cherche-t-on dans quelques
+poètes latins; un passage de Lucrèce (<i>liv. VI, v.</i> 747),
+où il est seulement question des eaux chaudes du
+mont Vésuve, ne fait point autorité. D. Marcello
+Venuti remarque même qu'on a fait subir à ce passage
+diverses corrections, pour y faire entrer le
+nom du volcan.</p>
+
+<p>On a cité, comme une autorité plus précise, ces
+vers de Valerius-Flaccus:</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p><i>Sic ubi prærupti tonuit cum fortè Vesevi</i></p>
+<p><i>Hesperiæ lethalis apex.</i></p>
+ </div> </div>
+
+<p>Et ceux-ci de Silius-Italicus:</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p><i>Sic ubi vi cæcâ tandem devictus ad astra</i></p>
+<p><i>Evomuit pastos per sæcla Vesuvius ignes,</i></p>
+<p><i>Et Pelago et terris fusa est vulcania pestis.</i></p>
+ </div> </div>
+
+<p>Certes, il n'est pas possible de peindre avec plus
+de vérité l'effet des éruptions: mais sous le prétexte
+que Valerius-Flaccus écrivait sous Vespasien, à qui
+il dédia son poëme, et que Silius-Italicus vivait encore
+plus anciennement sous Néron, il ne faut point
+se persuader que ces deux poètes nous transmettent
+dans leurs vers d'anciennes traditions dont on ne
+trouve ailleurs aucunes traces. Si le premier a consacré
+les prémises de sa muse à Vespasien, il paraît
+constant qu'il est mort en 88 sous Domitien, sans
+avoir terminé son poëme (Voyez <i>Dodwell, Annales
+Quintilianei</i>). Le second se trouvait consul lors de
+la mort de Néron, en l'an 68. On ignore quand il a
+cessé de vivre; mais on sait qu'il écrivit dans un âge
+avancé, et l'on convient que ses ouvrages en retiennent
+une sorte de faiblesse. Depuis l'époque de sa
+dignité consulaire jusqu'au temps de l'éruption, on
+ne compte que onze ans: il est donc très-probable
+que cet auteur était contemporain; et le passage cité
+plus haut nous paraît même une preuve que Silius-Italicus
+existait encore après l'événement désastreux
+arrivé sous Titus.</p>
+
+<p>Un fait singulier rapporté par Florus (<i>lib. III,
+cap. XX</i>), peut servir à prouver qu'il ne devait y
+avoir chez les anciens aucune idée de danger attachée
+au mont Vésuve. Spartacus, ce chef redoutable
+de la révolte des esclaves, s'était fait du sommet
+du Vésuve, une sorte de retraite et de citadelle.
+Assiégé et réduit à l'extrémité par les troupes de
+Clodius Glabrus, il descendit, suivi de ses compagnons,
+dans les entrailles du Vésuve, à l'aide de
+cordes d'osier; puis, suivant des routes souterraines,
+il sortit par une issue ignorée et tomba à l'improviste
+sur le camp de son ennemi, qui s'attendait peu
+à une pareille attaque. Si l'on doit ajouter foi à ce
+récit, voilà une époque où le volcan était entièrement
+éteint; c'est environ deux siècles avant la fameuse
+éruption: mais depuis cette éruption, plus
+de dix-sept siècles se sont écoulés sans que les flancs
+de ce gouffre se soient épuisés; et bien qu'un observateur
+moderne ait dit que le Vésuve tombe en
+vétusté, et qu'il tend à s'éteindre, qui sait combien
+de siècles doivent s'écouler encore, avant qu'un
+nouveau Spartacus puisse aller scruter ses entrailles!
+On est presque réduit aux conjectures, quand on
+veut rechercher quels sont les premiers peuples qui
+s'établirent autour du Vésuve. D'après les témoignages
+de Strabon (<i>liv. V</i>) et de Servius (<i>in Æn. VII</i>),
+les habitans du rivage et des pays arrosés par le
+Sarno, étaient connus sous le nom d'Osques, <i>Osci</i>;
+on attribuait-ce nom d'<i>Osci</i>, ou plutôt d'<i>Opici</i>, aux
+serpens dont abondait le pays, en grec, Of??. De-l
+par contraction, on avait dit <i>Opsci</i> ou <i>Osci</i>. Capoue,
+qui fut de tout temps la capitale de cette région,
+se nommait <i>Vulturnia</i>, et, aussi <i>Osca</i> ou <i>Opicia</i>.
+Cette étymologie, tirée du nom grec des serpens,
+est peut-être un peu forcée; mais l'origine grecque
+de ces peuples n'en doit pas moins être regardée
+comme constante. Servius, citant Conon, dit que
+cet ancien écrivain, «dans le livre qu'il a écrit sur
+l'Italie, raconte que des Pélasges et autres émigrans
+du Péloponnèse, abordèrent dans cet endroit de
+l'Italie, qui n'avait point encore de nom; qu'ils
+donnèrent celui de <i>Sarnus</i> au fleuve dont ils habitèrent
+les rives, du nom d'un fleuve de leur
+patrie; qu'ils s'appelèrent eux-mêmes <i>Sarastes</i>,
+et que, parmi plusieurs autres villes, ils fondèrent
+<i>Nuceria</i>». De-là on peut conclure que les Pélasges
+commencèrent à combattre ou à se mêler avec les
+anciens Étrusques, maîtres du pays Osque. Le nom
+d'Étrusque est celui que les écrivains latins conservèrent
+aux habitans de ces contrées. Les Samnites
+s'étendirent dans leurs conquêtes jusqu'au cratère;
+mais ils ne purent s'y maintenir, et furent chassés
+par ceux du rivage. Ces nouveaux peuples, malgré
+leurs alliances avec leurs voisins, conservèrent des
+mœurs qui décelaient une origine moins barbare.
+Ils avaient apporté les usages et les arts de la Grèce,
+encore dans leur enfance; retranchés de la souche
+maternelle, ils conservèrent ce qu'ils avaient de sauvage,
+et, comme Grecs, demeurèrent bien loin de la
+politesse et du goût qui fit de leur première patrie,
+l'ornement et le modèle du monde entier. Chez eux
+donc se forma ce premier style de l'art qu'on nomma
+Étrusque chez les Romains, et dont l'imitation servit
+de leçon à ce peuple tout barbare. Une preuve
+de l'origine des mêmes peuples se trouve encore
+dans la dénomination de leurs magistrats, ainsi que
+le remarque Strabon lui-même. Les villes de proche
+en proche devinrent colonies romaines; mais par
+un privilège remarquable (celui des Municipes), les
+habitans conservèrent, en jouissant du droit de cité,
+la faculté de vivre sous leurs anciennes lois. Ainsi, les
+Herculaniens avaient des magistrats suprêmes, des
+<i>Démarques</i>, lesquels étaient peut-être les mêmes
+que les décemvirs Quinquennaux.</p>
+
+<p>Herculanum et Pompéia étaient deux villes
+florissantes et très-peuplées, si l'on en juge par les
+théâtres et les monumens publics découverts dans
+les fouilles. Winckelmann cite, à l'appui de la même
+opinion, une inscription curieuse trouvée sur le
+mur d'une maison à Herculanum. C'est une affiche
+pour la location des bains et des lieux où l'on
+donnait à boire et à manger, et que, pour le prix
+de <i>neuf cents sesterces</i>, on louait pour cinq ans.
+Une certaine Julia, fille de Spurius-Félix, en était
+la propriétaire LOCANTUR BALNEUM VENERIUM ET
+NONGENTUM TABERNÆ PERGULÆ, etc.</p>
+
+<p>Tout le monde connaît le récit que Pline le
+jeune fait, dans sa lettre à Tacite, de la terrible
+éruption qui coûta la vie à son oncle (<i>liv. VI. ép. 16</i>).
+L'auteur latin n'a rien exagéré; et quoique profondément
+affecté, il s'exprime avec cette énergique
+simplicité et cette austérité qui convient
+l'histoire. Dion-Cassius, dans une description plus
+pompeuse, s'exprime avec la chaleur d'un orateur,
+et nous peint tout le peuple d'Herculanum et de
+Pompéia, assis et abîmé dans le théâtre. Ce fut
+le 1er novembre, suivant Pline, et à une heure
+après midi, que l'explosion fit tout son effet: c'était
+l'heure où le peuple avait coutume de se rendre
+au théâtre; mais tout prouve aujourd'hui que Dion,
+qui vivait déjà loin de l'époque de l'événement,
+s'est laissé entraîner à une grande exagération. Si
+son récit était exact, n'aurait-on pas découvert un
+grand nombre de cadavres dans les fouilles? Or,
+on n'a pas trouvé un seul corps dans les théâtres;
+on n'en a même trouvé qu'un très-petit nombre
+dans les villes. Des ustensiles pesans, déterrés ç
+et là dans les campagnes, sont des traces sensibles
+de la fuite des habitans, et certainement ils ont
+eu le temps de se dérober au danger. On sait que
+des signes redoutables annoncent les éruptions: si
+les habitans ne pouvaient prévoir ce déluge de
+feux, le bruit et les secousses qui l'ont précédé,
+au rapport même de Dion-Cassius, et surtout le
+souvenir récent du tremblement de terre qui,
+selon Sénèque, avait renversé une partie de leurs
+villes sous Néron (en l'an 63), devaient les
+avertir de chercher leur salut en rase campagne
+ou sur la mer; il échappa sans doute au désastre un
+grand nombre de personnes. Chassés par ces
+malheurs, ou par d'autres qui suivirent, les habitans
+d'Herculanum se réfugièrent à Naples; ils
+y eurent un quartier séparé, et y vécurent, sous
+leurs lois: de-là, la dénomination de <i>Regio Herculaniensium</i>,
+ou <i>Herculanensis</i>, qui se trouve sur
+des inscriptions antiques. Ceux de Pompéia se réfugièrent
+à Nola. Voilà des faits qu'on ne peut
+révoquer en doute: mais quand eurent lieu ces
+émigrations et l'abandon total des deux villes?
+L'opinion vulgaire a voulu que ce fut après le
+premier désastre. Mais depuis peu on a mis en
+question si les villes d'Herculanum et de Pompéia
+n'ont pas subsisté encore longtemps après. D.
+Marcello Venuti avait cité une inscription consacrée,
+par la reconnaissance de la colonie d'Herculanum,
+à <i>L. Munatius Concessianus</i> pour l'avoir alimentée
+à ses frais dans un temps de disette<a id="footnotetag1" name="footnotetag1"></a><a href="#footnote1"><sup>1</sup></a>.</p>
+
+<blockquote class="footnote"><a id="footnote1" name="footnote1"></a><b>Footnote 1: </b><a href="#footnotetag1">(return) </a><p>Voici cette inscription, qui mérite d'être rapportée tout au long:</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p>L. MVNATIO. CONCESSIANO. V.P. PATRONO</p>
+<p>COLONIAE. PRO MERITIS. EIVS. ERGA. CIVES</p>
+<p>MVNIFICA. LARGITATE. OLIM HONOREM</p>
+<p>DEVITVM. PRESTANTISSIMO. VIRO. PRAE</p>
+<p>SENS. TEMPVS. EXEGIT. QVO. ETIAM. MVNA</p>
+<p>TI. CONCESSIANI. FILII. SVI. DEMARCHIA.</p>
+<p>CVMVLATIORE. SVMPTV. LIBERALITATIS</p>
+<p>ABVNDANTIAM. VNIVERSIS. EXIBVIT. CIVIBVS</p>
+<p>OB. QVAE. TESTIMONIA. AMORIS. SINCERISSI</p>
+<p>MI. REG. PRIMARIA. SPLENDIDISSIMA</p>
+<p>HERCVLANIENSIVM; PATRONO. MIRABILI</p>
+<p>STATVAM. PONENDAM. DECREVIT.</p>
+ </div> </div>
+
+<p>(Descriz. delle prime scoperte dell' antica città d'Ercolano.
+<i>Roma</i>, 1478, <i>pag.</i> 28).</p></blockquote>
+
+<p>Le style de l'inscription se rapporte, suivant cet auteur
+même, aux bas siècles de l'empire; mais, embrassant
+l'opinion reçue, loin d'y voir une preuve de l'existence
+prolongée de la ville d'Herculanum, il applique
+le sens de cette inscription à l'établissement
+des Herculaniens réfugiés à Naples, dans un quartier
+qui prit leur nom. D. Venuti ne manquera
+pas de partisans qui partageront son opinion. En
+étudiant l'inscription, il paraît clair qu'elle a été
+faite à Naples: il y est question de <i>Regio</i>, et non
+pas de <i>Civitas Herculaniensium</i>; et cette expression
+de <i>Regio</i> est accompagnée des titres de <i>primaria</i>,
+<i>splendidissima</i>, lesquels établissent une sorte de
+comparaison entre plusieurs quartiers d'une même
+ville. Cette inscription, au rapport du Capaccio,
+historien napolitain, fut trouvée dans les environs
+de Naples (vers 1600), et transportée à Naples,
+dans l'église de St.-Antoine, abbé D. Venuti l'a vue
+et copiée. On ne sait pas précisément l'endroit où l'on
+fit cette découverte; cependant le Capaccio a cru
+très-positivement que c'était dans la situation même
+de l'ancienne Herculanum. «Nous avions, dit-il
+ignoré long-temps où cette ville fut située. Des
+paysans, fouillant un champ, trouvèrent quelques
+édifices voûtés, des pavés, des murs revêtus de
+marbres, et un grand nombre d'inscriptions qui
+donnèrent beaucoup de jour». Il parle ici de
+l'inscription que nous avons rapportée, et il ajoute:
+«Cette inscription devait être en grand honneur
+chez les Herculaniens; ils y reconnaissent la
+démarchie, la république et la protection d'un
+patron, espèce de gouvernement auquel leur
+république était assujétie».</p>
+
+<p>En donnant une grande attention au récit du
+Capaccio, on ne peut demeurer persuadé que le
+lieu de ces découvertes soit celui de la situation
+de l'antique Herculanum. Sans doute il l'avoisinait
+beaucoup, et on peut le considérer comme le
+quartier dans lequel les réfugiés, tout en appartenant
+à la ville de Naples, trouvèrent un asyle et
+reçurent de leurs nouveaux hôtes la protection et
+les honneurs qu'un peuple hospitalier se plaît
+accorder au malheur. Les Herculaniens durent, surtout,
+conserver leur régime et leurs lois, que les
+Romains avaient respectés, en les attachant à l'empire
+par le titre de colonie.</p>
+
+<p>M. Carletti et M. Ignarra, deux autres écrivains,
+font également rapporter l'inscription au quartier
+des Herculaniens dans la ville de Naples.</p>
+
+<p>Mais le dernier, dans une dissertation écrite en
+latin, établit une suite d'observations, qu'il fait concourir
+à prouver «qu'Herculanum n'a point dû
+cesser totalement d'exister à l'époque où, suivant
+l'opinion commune, il n'en resta plus de vestiges».</p>
+
+<p>M. Dutheil, membre de l'Institut national, fait
+l'examen de cette dissertation dans une lettre imprimée,
+adressée à M. Millin (<i>Paris, Didot jeune,
+1804</i>). Il suit pas à pas le savant Napolitain, adopte
+son opinion, et la fortifie par ses propres réflexions.
+Il nous montre les Empereurs accordant une protection
+signalée aux malheureuses villes de la Campanie,
+et s'efforçant de les faire ressortir de leurs
+ruines. Elles avaient déjà éprouvé des dommages
+affreux par le tremblement de terre arrivé sous
+Néron. Vespasien prit un soin particulier de les
+faire réparer. Une inscription, trouvée à Pompéia,
+fixe la date du rétablissement du temple de Cybèle;
+elle répond à l'année 76. Ici, nous devons rapporter
+une réflexion que d'autres auteurs ont faite avec justesse:
+Ne serait-ce pas lors des écroulemens causés
+par le tremblement de terre, que le peuple fut
+surpris dans les théâtres d'Herculanum et de Pompéia?
+Il s'ensuivrait que Dion-Cassius, qui vivait dans
+IIIe siècle, aurait confondu ces deux époques en
+recueillant les traditions. Trois années s'écoulèrent
+depuis la restauration du temple de Cybèle, ce qui
+doit faire présumer celle du reste de la ville au
+moment de l'éruption, et Pompéia devait
+alors se trouver très-florissante.</p>
+
+<p>Titus, qui était dans la première année de son
+règne, signala dans cette occasion toute sa bienfaisance.
+Sans doute il ne resta point au-dessous de
+la munificence de Vespasien son père, prince entaché
+d'avarice. Aussi voyons-nous qu'il envoya des
+personnages consulaires dans la Campanie, pour
+réparer le désastre de cette province; qu'il fit répandre
+des secours puissans, et qu'il abandonna, au
+profit des malheureux, les biens dévolus au fisc par
+déshérence en cette même occasion. Quelque fût
+alors l'effet de ces secours, il fallut renoncer, comme
+il est bien prouvé, au plus grand nombre des habitations
+obstruées ou encombrées par la lave, par les
+cendres et par toutes les matières volcaniques. Ainsi,
+en faisant les fouilles modernes, on a pénétré dans
+des lieux qui ont été fermés à la lumière depuis
+cette fatale époque. Il est à remarquer que c'est dans
+ces mêmes lieux que furent trouvés des objets dont
+on a assigné, sans grand fondement, l'existence
+un âge moins reculé. Telle est, par exemple, la belle
+statue de <i>Nonius Balbus</i>; elle est accompagnée d'une
+inscription dont on a rapporté les caractères au siècle
+d'Adrien; mais le temps de cette inscription et de
+plusieurs autres semblables, n'est point prouvé postérieur
+à Titus, et la forme des caractères n'a rien
+d'assez décisif pour faire époque dans le court espace
+de temps qui s'écoule entre le règne de cet
+empereur et celui d'Adrien.</p>
+
+<p>Stace, qui vivait à Naples du temps de l'éruption,
+peint dans une épître adressée à Victorius-Marcellus
+(<i>Sylv. lib. IV</i>, 4), l'état même où plusieurs générations
+ont vu le site des villes détruites par le Vésuve:
+«Quand ces déserts se couvriront de verdure
+ou de moissons nouvelles, les races à venir croiront-elles
+fouler, sous leurs pieds, des peuples et
+des villes?»</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p><i>Credetne virum ventura propago,</i></p>
+<p><i>Cum segetes iterùm, cum jam hæc deserta virebunt,</i></p>
+<p><i>Infra urbes populosque premi?</i></p>
+ </div> </div>
+
+<p>Ces expressions semblent bien annoncer l'abandon
+total de ces lieux dévastés; mais on oppose le poète
+à lui-même. Dans une autre épître (<i>liv. III</i>, 5), il
+invite son épouse à venir jouir d'un aspect plus riant
+dans la même contrée. «La cîme du Vésuve, lui
+dit-il, la tempête de feu de la montagne furieuse
+n'a point tari la population des villes tremblantes;
+elles sont debout, habitées et florissantes».</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p><i>Non adeò Vesuvinus apex et flammea diri</i></p>
+<p><i>Montis Hyems trepidas exhausit civibus urbes:</i></p>
+<p><i>Stant populisque vigent.</i></p>
+ </div> </div>
+
+<p>Si pourtant, d'après ces paroles consolantes, on se
+figure les villes détruites, se relevant du milieu de
+leurs débris; si on les voit pleines de citoyens qui
+jouissent tranquillement de la beauté du climat, ne
+donne-t-on pas un sens forcé aux expressions du
+poète? Parle-t-il d'ailleurs des villes mêmes d'Herculanum
+et de Pompéia? Il s'adresse à une épouse qui,
+dans sa frayeur, pouvait se représenter le Vésuve,
+comme inondant d'un fleuve de feu toutes les villes
+voisines; il la rassure, et lui promet un séjour agréable
+et tranquille près de cette montagne redoutée à Naples
+même, «asyle des doux loisirs et d'une paix
+inaltérable». Il ne manquait point non plus d'habitations
+délicieuses, situées autour du Vésuve, et
+qui n'étaient point exposées à ses ravages. Le poète
+en nomme plusieurs; ce sont là les villes qu'il faut
+entendre quand il dit qu'elles sont florissantes,
+malgré <i>la tempête de feu</i>; toutes en étaient assez
+éloignées pour n'avoir pas à craindre le sort d'Herculanum
+et de Pompéia.</p>
+
+<p>Il nous est donc impossible de nous représenter
+ces villes recouvrant leur ancienne splendeur, ou
+même reprenant une existence un peu remarquable.
+La circonstance la plus décisive contre l'opinion
+contraire, observe M. Visconti, est qu'aucun des
+nombreux monumens, déterrés dans ces ruines, ne
+porte des marques probables du temps postérieur
+à Titus. Un grand nombre porte des preuves d'un
+temps antérieur; on pourrait même ajouter qu'il
+n'existe pas de monument qui ne soit probablement
+antérieur à Néron, ou tout au plus de son temps.
+Cependant ces mêmes lieux ont pu être habités par
+de pauvres gens. La lampe chrétienne, que nous
+avons expliquée (<i>PL. XXIII de ce Volume</i>), en est
+le témoin presque unique. M. Dutheil cite, avec
+M. Ignarra, la table ou carte, dite de Peutinger,
+monument géographique qu'on croit postérieur au
+règne de Constantin. On y voit figurer les noms
+d'Herculanum et de Pompéia; mais, sous ces noms
+célèbres qui n'ont pu s'éteindre avec les anciennes
+villes, il ne peut être question que de petites bourgades,
+qui en ont pris la place. En suivant les mêmes
+auteurs dans leurs calculs, on voit disparaître toute
+population connue par les anciens noms, en l'an 471.
+«Sous cette année, le comte Marcellin fait mention
+d'une épouvantable éruption <i>qui couvrit de
+cendres toute la face de l'Europe</i>: ce sont ses
+termes; il ajoute qu'à Constantinople, on faisait
+annuellement commémoration de cet événement
+(<i>hujus metuendi Cineris</i>), le VIIIe des Ides de
+novembre. Cette éruption du volcan, arrivée en
+471 (continue M. Dutheil en citant M. Ignarra),
+dût être la plus funeste de toutes; elle changea
+totalement la conformation du Vésuve. Anciennement,
+ce mont s'élevait, pour ainsi dire, à pic,
+n'ayant qu'un seul sommet, où on ne pouvait gravir
+que d'un côté et fort difficilement. Sa cîme offrait
+une espèce de plate-forme, presque par-tout unie,
+comme Strabon nous le dit (<i>page</i> 257). Dion-Cassius
+nous apprend que les flammes sortaient du
+milieu de la cîme, et que les flancs au-dehors de
+la montagne, représentaient, en quelque sorte,
+un vaste amphithéâtre. Aujourd'hui il ne reste de
+ce cône qu'une petite portion regardant le nord,
+et séparée du cratère actuel».</p>
+
+<p>Cette dissertation est terminée par les conjectures
+de M. Ignarra sur les portiques d'Hercule, dont il est
+fait mention dans le roman satyrique, attribué
+<i>Petronius Arbiter</i>. Il ne faut point chercher le lieu
+ainsi désigné, ailleurs que dans l'emplacement de
+l'antique Herculanum. Les portiques du théâtre,
+élevés de plusieurs étages, suivant les règles de l'architecture,
+ont pu rester debout long-temps après
+la ruine de l'édifice. Fréquentés et demeurant seuls
+connus, on ne parla plus que des portiques; quand
+les portiques disparurent, leur nom survécut même
+à leur souvenir: de nos jours, il sert à désigner le
+même lieu, <i>Portici</i>.</p>
+
+<p>«M. Ignarra va plus loin, il soupçonne que dans
+le quinzième siècle, il pouvait rester quelques
+vestiges de ces portiques; il le conjecture d'après
+un passage de Sannazar. Ce poète, dans une de
+ses églogues, introduit le pêcheur Thelgon, assis
+sur le penchant de la colline, appelée <i>Mergellina</i>,
+en face du cratère de la montagne, et s'exprimant
+ainsi:</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p><i>Rupe sub hâc mecum sedit Galatea: videbam</i></p>
+<p><i>Et Capreas, et quœ sirenum nomina servant</i>/p>
+<p><i>Rura procul</i>: veteres <i>aliâ de parte</i> ruinas</p>
+<p>Herculis <i>ambustâ signabat ab arce Vesevus</i>.</p>
+ </div> </div>
+
+<p>Par ces mots <i>veteres ruinas Herculis</i>, le poète ne
+saurait guère avoir voulu désigner que les ruines
+des portiques d'Herculanum, déjà renversés de son
+temps, mais encore visibles.»</p>
+
+<p>En admettant cette conjecture assez plausible,
+nous voyons des signes extérieurs indiquer le tombeau
+d'Herculanum, presque jusqu'au siècle où cette
+ville antique fut découverte.</p>
+
+<p>On avait très-anciennement fait des recherches
+dans son sein; mais il paraît que le souvenir s'en
+était entièrement perdu. Les traces manifestes de
+ces fouilles se rencontrèrent avec les travaux de la
+découverte. Ce sont, dit Winckelmann, des conduits
+souterrains travaillés et creusés avec peine, et qui
+indiquent si clairement leur objet, qu'ils ne peuvent
+laisser de doutes sur leur destination. Le célèbre
+antiquaire rapporte une inscription qui semble désigner
+ces anciennes recherches; nous l'a copions
+d'après lui:</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p>SIGNA TRANSLATA EX ABDITIS</p>
+<p>LOCIS AD CELEBRITATEM</p>
+<p>THERMARUM SEVERIANARUM</p>
+<p>AUDENTIUS ÆMILIANUS V. C. CON.</p>
+<p>CAMP. CONSTITUIT. DEDICARIQUE PRECEPIT. (<i>sic</i>)</p>
+<p>CURANTE T. ANNONIO CRYSANTIO V. P.</p>
+ </div> </div>
+
+<p>Cette expression <i>signa translata ex abditis locis</i>,
+ne peut convenir qu'à des statues tirées de villes
+ensevelies, et particulièrement d'Herculanum; ainsi
+l'inscription et les anciens conduits s'expliquent mutuellement.
+Il est question des bains de Sévère; ces
+bains ne sont connus que par l'inscription; il est
+très-probable qu'ils appartenaient à la ville de Naples,
+et que leur dénomination se rapporte à Septime-Sévère.
+Ainsi, à supposer que les anciennes fouilles
+aient eu lieu sous le règne de cet Empereur, l'époque
+peut en être fixée plus d'un siècle après la fameuse
+éruption.</p>
+
+<p>Les couches de l'attérissement montrent différentes
+époques auxquelles il a eu lieu. Herculanum ne fut
+point inondé tout-à-coup par des torrens de feu et
+de lave liquéfiée. Cette ville fut encombrée par une
+pluie de cendres brûlantes, dont la chaleur fut si
+grande, qu'elle réduisit en charbon les poutres des
+maisons et les objets combustibles; cette émission
+de cendres fut suivie, et peut-être immédiatement,
+de lavasses qui en firent une croute solide. On a
+même imaginé que l'eau de la mer, à la faveur des secousses
+de la terre, avait pénétré dans le gouffre qui
+l'avait ensuite vomie par torrens. On cite deux éruptions
+modernes où ce phénomène est raconté comme
+certain. En 1631 et 1698, l'absorption fut telle que le
+bassin du port se montra à sec un moment, et que
+les eaux et la lave, lancées par le Vésuve, se trouvèrent
+mêlées d'une quantité de coquillages de toute
+espèce. La lave a coulé depuis sur les cendres, et
+les a recouvertes de différentes couches. Par ce nom
+de lave (qui paraît venir de <i>lavare</i>, laver), que les
+anciens n'ont point employé, et pour lequel ils n'ont
+point eu d'équivalent, on entend le mélange des
+matières fondues, de soufre, de bitume, de minéraux
+et de pierres. Cette matière épaisse et visqueuse
+ne court point, comme ferait un torrent; elle coule
+lentement, comme ferait une pâte ou du verre fondu,
+et roule sur elle-même, enveloppée d'une colonne
+d'air brûlant, qui dessèche tout à une grande distance.
+Elle conserve sa chaleur assez long-temps
+pour arriver jusqu'à la mer où elle forme quelquefois
+de petits promontoires. La lave se fixe à mesure
+qu'elle perd sa chaleur, et devient dure comme le
+marbre, dont elle prend le poli et quelquefois les
+plus riches couleurs. C'est toujours vers Herculanum
+et dans le voisinage jusqu'à <i>Torre-del-Greco</i>, que la
+lave a dirigé son cours; elle n'a point coulé jusqu'
+Pompéia ni Stabie. Ces deux endroits sont couverts
+d'une cendre légère qu'on nomme dans le pays <i>Papamonte</i>;
+aussi les fouilles s'y font-elles avec plus
+de facilité, et les objets ensevelis s'y sont-ils mieux
+conservés.</p>
+
+<p>C'est au prince d'Elbeuf qu'on doit les premières
+fouilles qui conduisirent à la découverte d'Herculanum.
+Ce prince faisait bâtir une maison de plaisance
+sur le bord de la mer, à Portici. Instruit que des
+habitans de Resine, en voulant creuser un puits
+leurs frais, avaient trouvé quelques fragmens de
+beaux marbres; le prince, qui en cherchait pour
+faire faire du stuc, ordonna qu'on creusât ce même
+puits jusqu'à fleur d'eau. A peine avait-on fouillé le
+terrain latéralement, qu'on trouva quelques belles
+statues, et plus loin un grand nombre de colonnes,
+quelques-unes d'albâtre fleuri, mais la plupart de
+jaune antique, appartenant à un temple. Naples
+était alors sous la domination autrichienne; le vice-roi
+forma des prétentions sur les statues; elles furent
+envoyées à Vienne, et données au prince Eugène
+de Savoie: ceci se passait en 1711. La cour, se réservant
+un droit dont elle n'usa pas, défendit de
+faire des fouilles, et l'on demeura plus de trente
+ans sans y penser.</p>
+
+<p>Enfin, Charles, second fils du roi d'Espagne Philippe
+V, devenu possesseur du royaume de Naples,
+fit choix de la <i>villa</i> de <i>Portici</i> pour maison de plaisance;
+il s'y trouvait au mois de décembre en 1738.
+Le puits subsistait encore; il avait été percé auprès
+du jardin des Grands-Augustins, et le hasard voulut
+qu'il se trouvât dirigé vers le milieu du théâtre qui
+aujourd'hui ne se trouve éclairé que par cette ouverture.
+Le roi ordonna qu'on continuât les fouilles;
+quelques fragmens d'une inscription en lettres onciales
+qu'expliqua D. Marcello Venuti, apprirent
+l'existence du théâtre. Venuti raconte qu'il dirigea
+ces premiers travaux, et il eut la gloire de faire cette
+belle découverte qui fut suivie de toutes les autres.
+Cet heureux succès engagea, en effet, à faire des
+recherches en d'autres endroits, et l'on découvrit
+bientôt la véritable situation de Stabie et celle de
+Pompéia, déjà indiquée par un vaste amphithéâtre
+dont les vestiges demeuraient visibles à la surface
+du sol.</p>
+
+<p>Nous avons exposé, dans le cours de cette collection,
+la plus grande partie des richesses tirées de ces
+villes ensevelies. Il n'entre point dans notre plan de
+parler de leurs édifices; nous renvoyons les curieux
+aux ouvrages que les éditeurs mêmes de ce recueil,
+MM. Piranesi, ont donnés sur ces matières. On trouve,
+dans la Collection de leurs œuvres, tous les détails
+du théâtre d'Herculanum; et ils publient au moment
+même où nous écrivons (1806), les édifices de Pompéia,
+gravés par eux sur les dessins de leur père.</p>
+
+<p>FIN DU 6e ET DERNIER VOLUME.</p>
+
+
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.033.png"></p>
+<h2>PLANCHE I.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> I, 2, <i>tome VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I On remarquera dans cette lampe, comme
+dans un grand nombre d'autres, l'anse dont la
+forme varie souvent, la languette où est le trou
+d'où sortait le lumignon; et enfin, dans le cercle,
+le trou qui servait à introduire l'huile, et qui s'écartait
+plus ou moins du centre, pour épargner
+les figures. Le sujet du médaillon est l'union des
+trois grandes Divinités. On voit Jupiter assis sur
+son trône, ayant la tête radiée, et tenant le sceptre
+et la foudre; à sa droite est Minerve, qu'on reconnaît
+au casque et à la lance; à sa gauche est
+Junon, tenant une corne d'abondance. Ces trois
+Divinités se trouvent souvent réunies dans les monumens,
+comme elles l'étaient dans le culte qu'on
+leur rendait à Rome, au Capitole; c'était en leur
+honneur qu'on célébrait les fameux jeux du cirque,
+institués par Tarquin-l'Ancien, dits les jeux romains
+ou les grands jeux. Ce triple culte paraît
+être passé des Toscans chez les Romains. Les villes
+Etrusques n'étaient point réputées <i>justes</i>, si elles
+n'avaient trois portes consacrées à Jupiter, à Junon
+et à Minerve. Les Grecs observaient aussi cette
+union; et dans le temple, où se rendaient les députés
+de la Phocide, on voyait Jupiter assis sur
+son trône, ayant Junon à sa droite, et Minerve
+à sa gauche. Pindare place Minerve à la droite,
+comme on le voit sur notre lampe, et dans dix
+autres du musée de Portici, situation également
+observée dans l'union des trois Divinités au Capitole.</p>
+
+<p>FIG. II. Cette lampe est percée pour deux mèches;
+l'ornement est une figure de Jupiter; près de lui
+est le sceptre, attribut de sa puissance souveraine,
+et qui désigne le roi des rois, comme l'ont appelé
+les poètes. Devant lui est l'aigle, ministre de la
+foudre, à qui le roi des Dieux accorda l'empire
+sur tous les oiseaux (<i>Hor. IV, Od.</i> 4). L'aigle est
+aussi, suivant Callimaque, le messager des augures
+du grand Jupiter (<i>Hym. in Jov.</i> 69). Ce fut l'aigle
+qui, dans le combat des Géans, lui présagea la
+victoire, et qui lui fournissait ses traits foudroyans;
+de-là l'image de l'aigle fut consacrée comme une enseigne
+militaire, prêtant un heureux auspice. Cette
+image a toujours plu aux ames guerrières, et nous
+la voyons servir encore de gage assuré pour la
+victoire, aux soldats du Héros du siècle où nous
+vivons.</p>
+
+<p>FIG. III. Cette autre lampe offre l'union des
+trois grandes Divinités égyptiennes, Isis y Harpocrates
+et Anubis. Isis et Harpocrates ont sur la tête
+la fleur du <i>lotus</i>; on reconnaît le fils d'Isis et
+d'Osiris au geste, qui exprime le silence. Isis tient
+le sistre, instrument qui, dans les cérémonies sacrées,
+exprimait le deuil et les lamentations de la
+Déesse cherchant son mari ou son fils. Anubis était
+fils d'Osiris et de Nephthys, sœur d'Isis; il l'accompagna
+dans la recherche de son fils Horus: c'est
+pour cela, ou pour être le compagnon, le gardien
+d'Isis et d'Osiris, qu'on l'a représenté avec une tête
+de chien. Il tient une palme et un caducée, selon
+la description d'Apulée (<i>Mét. XI, 961</i>). On confondait
+le Mercure Égyptien, <i>Taaut</i>, avec Anubis;
+de-là vient cette communauté du même symbole, du
+caducée. On sait, au reste, que dans les processions
+des fêtes Isiaques, un prêtre représentait Anubis
+en portant un masque de chien. Volusius, au rapport
+d'Appien, échappa sous ce déguisement, à la
+proscription triumvirale.</p>
+
+<p>FIG. IV. À la corne d'abondance, au timon que
+porte la figure exprimée sur cette lampe, on reconnaît
+la Fortune. Le timon, en donnant l'idée
+du gouvernement des affaires humaines, semble
+encore être l'emblème de l'instabilité: c'est dans ce
+sens qu'Artémidore a dit que celui qui rêvait de
+la Fortune avec le timon, devait demeurer en
+crainte: la Fortune a été quelquefois confondue
+avec la déesse Némésis, c'est-à-dire, la vengeance
+Dieux ou la justice. À ce titre, on peut la considérer
+comme présidant à ce mélange des biens
+et des maux, mystère incompréhensible de la sagesse
+divine. Nous ajouterons encore que toutes
+Divinités, influant sur la condition humaine,
+reproduisaient quelquefois sous le nom, l'image
+ou les emblêmes de la Fortune. Nous avons vu
+les attributs de la Fortune donnes à Isis, dans un
+beau bronze de ce recueil (<i>tom. V, pl. XIII</i>).</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.038.png"></p>
+<h2>PLANCHE II.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 3, 4, t. VI de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Les lampes représentées dans cette planche sont
+de terre cuite. Pour ne point nous répéter à chaque
+explication, nous prévenons nos lecteurs que nous
+ne ferons à l'avenir mention de la matière que
+lorsqu'elle changera de nature.</p>
+
+<p>FIG. I et II. La même lampe, plus remarquable
+par sa forme que par ses ornemens, est représentée
+de face et de profil.</p>
+
+<p>FIG. III. Deux Victoires aîlées soutiennent un
+bouclier entouré d'une couronne de chêne; on lit
+au milieu: OB CIVIS (<i>cives</i>) SERVATOS. Au-dessous
+est un autel orné de festons et d'une tête de bœuf,
+emblême des grands sacrifices. Aux côtés de l'autel
+s'élèvent les deux lauriers qui décoraient l'entrée
+de la maison d'Auguste sur le mont Palatin. Les
+écrivains du beau siècle de Rome font souvent
+mention de ces deux lauriers. D'après les observations
+de MM. <i>Visconti</i> et <i>Marini</i> sur cet emblême
+(<i>Museo Pio-Clem., tome IV, pl. dernière</i>),
+on peut croire que cette lampe a servi pour les
+fêtes des <i>Lares Viales</i>, les Dieux des quartiers de
+Rome, Dieux dont les fêtes se célébraient toujours
+avec celle du Génie d'Auguste. L'orthographe du
+mot <i>civis</i> par I répond à ce même âge: et la
+couronne civique est fréquente avec la même
+inscription <i>ob civis servatos</i>, sur les revers des
+médailles de ce prince, qui était flatté de cette
+devise.</p>
+
+<p>FIG. IV. Lampes à deux mèches. Sur le manche
+sont deux poulets, dont l'un est à demi-effacé.
+Leur action, qui est de becqueter à terre, semble
+les désigner pour les poulets sacrés dont les Romains
+tiraient des augures. Le médaillon représente une
+Diane assise, tenant une branche à la main et ayant
+devant elle une biche qui la regarde.</p>
+
+<p>FIG. V. Lampe à une seule mèche; Hercule avec
+un autel. L'objet qui est posé sur cet autel a été
+expliqué par M. Visconti. C'est la grande coupe
+d'Hercule (<i>scyphus Herculaneus</i>) que ce héros avait
+reçue en présent du Soleil, et qui, selon la fable,
+avait, en certaine occasion, servi de bateau au fils
+d'Alcmène.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.041.png"></p>
+<h2>PLANCHE III.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 5,6, t. VIII de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Lampe à deux mèches fracturée. Un aigle
+déchire un lièvre sur lequel il vient de fondre.
+On trouve cet emblême sur plusieurs médailles
+des villes grecques de l'Italie et de la Sicile.</p>
+
+<p>FIG. II. On voit dans cette lampe Hercule,
+vainqueur du dragon qui gardait les pommes d'or
+du jardin des Hespérides: d'un pied il écrase le
+nœud dont le monstre l'a enlacé, et il l'étouffe
+d'une seule main. La force prodigieuse du héros
+est habilement développée dans cette belle attitude.
+On retrouve la même action exprimée sur plusieurs
+médailles.</p>
+
+<p>FIG. III et IV. Cette lampe curieuse est un monument
+de l'antique usage des étrennes, qui remonte
+jusqu'au roi <i>Titus-Tatius</i>, ou du-moins jusqu'
+Numa. On se faisait des souhaits réciproques; on
+s'envoyait des présens (<i>strenœ</i>) différens de ceux
+dits <i>Xenia</i>, dons mutuels de l'hospitalité. Ces
+marques de bienveillance avaient lieu, comme
+encore de nos jours, le premier janvier; le second
+jour était <i>nefaste</i>; le troisième était en quelque
+sorte le plus solennel; c'était celui où l'on offrait
+des sacrifices, où l'on faisait des vœux publics pour
+la prospérité des empereurs. Ces fêtes étaient prolongées
+pendant presque tout le mois, et étaient
+désignées par <i>kalendes de janvier</i>. Dans des temps
+plus rapprochés, les chrétiens, qui avaient conservé
+l'usage des étrennes, y ajoutaient des divertissemens
+consistant en festins et en déguisemens sous l'habit
+de femme, et sous le masque de différens animaux,
+ce qu'on appelait <i>vetulam</i> et <i>cervudum facere</i>.
+C'est de-là qu'on fait dériver l'origine du carnaval,
+dont les folies, commençant au mois de janvier,
+se rattachent à d'autres extravagances empruntées
+aux anciens. La figure principale de la lampe est
+une Victoire aîlée, tenant une palme et un bouclier,
+sur lequel on lit l'inscription <i>ANNUM NOVUM
+FAUSTUM FELICEM MIHI, que le nouvel an
+soit heureux pour moi!</i> formule usitée, et celle
+dont on se saluait réciproquement dans ce jour de
+fête. Ce salut était au nombre des présages, heureux
+qu'on recueillait par l'ouie, <i>omina</i>; ceux qui
+frappaient la vue étaient appelés <i>monstra</i>. Par le
+mot MIHI, on voit que notre lampe était une
+étrenne que la personne se donnait à elle-même.
+Il est bon encore d'observer que, dans les souhaits
+et dans les prières pour la félicité, chacun avait
+coutume de se nommer le premier. Sur le fond du
+médaillon sont semés différens objets qu'on s'offrait
+en dons réciproques aux étrennes. La large feuille
+paraît représenter un éventail (<i>flabellum</i>); plus
+bas est une datte (<i>caryota</i>) renfermée dans sa
+gousse; une médaille où est représenté le signe
+de la bonne-foi ou de la concorde, deux mains
+unies et deux serpens formant caducée; une autre
+médaille, Victoire aîlée; de l'autre côté de la figure,
+une troisième médaille avec la double face de
+Janus, divinité qui présidait à la nouvelle année
+et au premier mois appelé <i>Januarius</i> (Janvier) de
+son nom; un objet qu'on ne peut discerner; enfin,
+une espèce de paquet qui paraît représenter une
+masse de figues sèches (<i>caricœ</i>). Ces figues se
+transportaient dans des vases de terre, dont l'objet
+en question paraît avoir la forme, suivant l'expression
+de Martial, <i>torta meta</i> (<i>XIII</i>, 28). On apprend
+effectivement par des passages recueillis
+dans les poètes, que les étrennes d'usage étaient
+des figues sèches, des dattes, des noix (et sous le
+nom de noix, il faut entendre plusieurs sortes de
+fruits), enfin des monnaies. Les dons d'argent n'avaient
+pas seulement lieu entre les particuliers; on
+en faisait aux empereurs et aux princes, dont on
+recevait de semblables dons de la main à la main.
+Dans la suite, le sénat fit offrir les monnaies
+l'empereur dans une patère d'or, par le préfet de
+la cité. Honorius fixa ces présens à une livre d'or,
+et l'empereur faisait distribuer aux magistrats et aux
+personnes de distinction, d'autres monnaies ou médailles,
+le plus souvent frappées à son image. On
+trouvera des lampes semblables à la nôtre, rapportées
+par Bellori (<i>Luc. sep. P. III, Tab. V</i>) et
+Passeri (<i>Luc. fic. P. I, Tab. VI</i>).</p>
+
+<p>FIG. V. Lampe à une seule mèche. Victoire aîlée,
+tenant une palme et une couronne, et posant sur
+un globe; c'est ainsi que la Victoire est ordinairement
+représentée sur les médailles.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.046.png"></p>
+<h2>PLANCHE IV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 7, 8, t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Nous nous contentons de rapporter dans cette
+planche les médaillons de plusieurs lampes, dont
+la forme est peu curieuse; on y voit des gladiateurs
+en différentes attitudes. L'opinion que les mânes
+ou les dieux infernaux s'appaisaient par le sang
+humain, paraît avoir été l'origine des combats de
+gladiateurs, si l'on en juge par la coutume barbare
+d'immoler des prisonniers de guerre ou des esclaves
+dans les funérailles des princes et des grands. L'invention
+de ces combats est le plus communément
+attribuée aux étrusques, dont les monumens funèbres
+offrent souvent de telles représentations.
+Quoi qu'il en soit, le goût en fut porté jusqu'à la
+fureur chez les Romains, qui les admettaient comme
+un divertissement au milieu des festins. Non contens
+d'en jouir comme d'un spectacle, des hommes
+libres, des chevaliers, des sénateurs se plaisaient
+à s'y livrer. Les femmes même partagèrent cette
+fureur, et l'empereur Sévère fut obligé de rendre
+un édit pour leur interdire ces jeux sanglans. C'était
+le spectacle qui excitait le plus la curiosité du
+peuple. Les empereurs le faisaient principalement
+donner à l'ouverture des guerres, sans doute pour
+exciter le courage dans l'âme des soldats. Les
+occasions en étaient, au reste, très-fréquentes. Les
+magistrats, et sur-tout les édiles, faisaient donner
+des combats de gladiateurs, en prenant possession
+de leurs charges; mais ce spectacle paraît avoir été
+particulièrement consacré aux pompes funèbres,
+dans celles même de simples particuliers, qui le
+prescrivaient fréquemment par leurs testamens, et
+faisaient des legs ou des fondations pour qu'il fût
+renouvelé à chaque anniversaire. On peut donc
+considérer comme lampes sépulcrales, plusieurs
+de celles qui portent des images de gladiateurs. Ces
+figures ne sont point toujours un monument des
+combats exécutés en l'honneur des morts: l'image
+des cérémonies, qu'on n'avait pu exécuter, suffisait
+dans l'opinion religieuse pour appaiser les mânes.</p>
+
+<p>FIG. I. Gladiateur frappé à mort, et qui a abandonné
+ses armes.</p>
+
+<p>FIG. II Celui-ci, un genou en terre, semble
+attendre son adversaire, prêt à se couvrir de son
+bouclier et à frapper. Son casque est surmonté
+d'une aigrette; le vainqueur enlevait cette aigrette,
+et la montrait au peuple en signe de sa victoire:
+de-là Juvénal les appelle <i>Pinnirapi</i>.</p>
+
+<p>FIG. III. Le casque de celui-ci est hérissé de
+pointes; il est prêt à combattre et dans l'attitude
+proprement dite <i>status</i>, en garde.</p>
+
+<p>FIG. IV. Dans ce groupe, le vainqueur considère
+son ennemi renversé, comme pour s'assurer s'il est
+mort, prêt, sans doute, à l'action cruelle exprimée
+par <i>repetere</i>, lorsque le peuple, non content de
+voir couler le sang, demandait la mort du blessé,
+en criant au vainqueur de l'achever: ce que celui-ci
+confirmait au peuple en disant, après avoir
+frappé, <i>habet</i>.</p>
+
+<p>FIG. V. Ce jeune homme nu, tenant une lance et
+un petit bouclier (<i>parma</i>), pourrait ne pas être
+de l'espèce des gladiateurs, et exprimer ici un
+Génie de la guerre, ou celui du dieu Mars.</p>
+
+<p>FIG. VI. Le vainqueur paraît tendre la main au
+vaincu pour le secourir: cet acte d'humanité, que
+nous n'avons point encore vu exprimé dans d'autres
+monumens, rend notre lampe précieuse. C'était
+au peuple que le vaincu demandait la vie, en élevant
+le doigt en l'air. Nous voyons sans doute ici
+ces gladiateurs représentés au moment qui suit
+cette action. De cette coutume venait l'expression
+<i>ad digitum pugnare</i>, quand les deux champions
+convenaient de ne point se faire de quartier jusqu'
+ce signe.</p>
+
+<p>FIG. VII. Figure de mime, coiffé d'un bonnet
+pointu, armé d'un bouclier et d'un bâton fendu
+propre à faire du bruit; cette caricature pourrait
+donner à penser qu'on admettait quelquefois des
+bouffons dans les jeux des gladiateurs: on sait,
+au reste, que les mimes faisaient partie des pompes
+funèbres.</p>
+
+<p>FIG. VIII. Athlète armé de cestes pour le combat
+du Pugilat.</p>
+
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.051.png"></p>
+<h2>PLANCHE V.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 9, t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Dans cette lampe, un homme couché par
+terre saisit un taureau fougueux par les cornes:
+un cheval lancé au galop, la bride flottante sur
+le cou, est de l'autre côté. Ce groupe représente
+très-vraisemblablement la chasse du taureau, qui
+avait lieu dans les jeux du cirque. César, étant
+dictateur, donna le premier aux Romains le spectacle
+de cette chasse, inventée par les Thessaliens.
+Un cavalier poursuivait le taureau flanc à flanc,
+et lorsque l'animal était fatigué, il lui sautait sur
+le dos et le renversait à terre par les cornes. (<i>Plin.
+VIII</i>, 45.&mdash;<i>Suet. Claud.</i> 21.) Une ancienne épigramme
+peint vivement cette course, et représente
+le Thessalien jetant un nœud dans les cornes du
+taureau, qu'il fait plier et qu'il renverse en un
+clin-d'œil. (<i>Reiske. Anth.</i> 728.) Ici le cavalier étendu
+par terre, profite habilement de sa situation pour
+entraîner l'animal; l'ordonnance du groupe donne
+à penser que cet homme s'est élancé de son cheval
+sur le taureau, qu'il a glissé par le mouvement
+rapide de la course, et qu'il saisit la victoire avec
+présence d'esprit: il serait encore possible que
+cette situation fût un tour d'adresse. Ces sortes
+de jeux, qui se sont conservés dans nos provinces
+méridionales, et sur-tout en Espagne, se font
+pied comme à cheval, et donnent encore de nos
+jours l'occasion d'admirer ce que peut l'adresse
+contre la force.</p>
+
+<p>FIG. II. Cette autre lampe représente un quadrige
+en pleine course; suivant un exemple fréquent,
+les accessoires sont négligés et le char est
+représenté par une roue seulement. Le conducteur
+est vêtu d'une ample tunique resserrée par des
+bandes servant de ceinture; d'une main il agite
+son fouet, et de l'autre tient les rênes qui sont
+liées autour de son corps: cet usage avait pour
+but de s'assurer des chevaux, et de les gouverner
+avec plus de force; il mettait cependant très-souvent
+le conducteur en grand péril: c'est ainsi
+que Sophocle a peint Oreste; qu'Euripide, Ovide
+et Sénèque ont peint Hippolyte entraîné dans ces
+nœuds dangereux; c'est encore ce que notre divin
+Racine, qui avait une connaissance profonde de
+l'antiquité, a exprimé dans ce vers bien connu:</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p>Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé.</p>
+ </div> </div>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.054.png"></p>
+<h2>PLANCHE VI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P. 10, II, t. V de l'Edition royale</i>).</p>
+
+
+<p>Fig. I. Le sujet de cette lampe vraiment curieuse
+est un coq avec une palme, qui dénote la victoire
+remportée par cet oiseau dans un combat. Les
+combats de coqs étaient célèbres dans la Grèce.
+Ælien rapporte que lorsque Thémistocle marchait
+contre les Perses, il fit remarquer à son armée
+deux coqs qui se battaient avec acharnement,
+animant ses soldats, par cet exemple, à combattre
+courageusement pour leur patrie; et qu'à cette occasion,
+une loi prescrivit que chaque année, dans
+un jour déterminé, on donnerait sur le théâtre
+d'Athènes, le spectacle d'un combat de coqs. Ces
+oiseaux avaient des maîtres pour les dresser (<i>avium
+lanistæ</i>). On leur faisait manger de l'ail pour les
+rendre plus ardens, et on armait leurs pattes d'éperons
+de fer; ce qui a donné lieu au proverbe grec,
+<i>lève l'éperon quand tu combats</i>. Les plus estimés
+étaient ceux de Rhodes et de Tanagra en Béotie.
+Les spectateurs s'intéressaient si vivement à la
+victoire de l'un des deux champions, qu'ils faisaient
+en leur faveur des gageures considérables,
+au point même de dissiper leur patrimoine, si l'on
+en croit Columelle (<i>VIII</i>, 2.). Ces spectacles,
+dans son opinion, paraissaient avoir été plus propres
+aux anciens Grecs qu'aux Romains. Pline, du
+moins, en parlant de son temps, dit que tous les
+ans on donnait, à Pergame, un spectacle de coqs.
+Le coq combattant servait de signe pour les monnaies
+des Dardaniens; on voit un coq avec deux
+épis (peut-être deux palmes) sur une médaille
+de <i>Dardanis</i> ou Troye (<i>Thes. Brit. tome</i> I,
+p. 254); on le trouve avec la palme, comme dans
+notre lampe, sur une autre médaille d'Athènes
+(<i>Ibidem, pl.</i> 213). On donnait encore, dans la
+Grèce et à Rome, des combats de cailles, qui se
+signalaient aussi-bien que les coqs par leur courage
+et leur obstination. Les Anglais se montrent
+très-curieux de ces sortes de combats, et ne sont
+pas moins fous dans leurs gageures que ceux dont
+parle Columelle; ils ont pris le goût de ces jeux
+dans les Indes, où les grands en font un de leurs
+divertissemens. Un combat de coqs est le sujet
+d'une très-belle et curieuse gravure d'Earlom, ou
+l'on voit un coq, tenant pour le colonel Mordaunt,
+se battre victorieusement contre le champion d'un
+Nabab. On pourrait citer en plaisantant les combats
+de coqs qui se donnaient pour Auguste et
+pour Antoine. Le coq d'Auguste était toujours vainqueur.
+(<i>Plut. Vie d'Ant.</i>)</p>
+
+<p>FIG. II. La cigogne qu'on voit sur cette lampe,
+est le symbole de la piété filiale, et, par cette raison,
+elle pourrait désigner une lampe sépulcrale;
+c'était aussi le symbole du printemps (<i>titulus tepidi
+temporis</i>): on voit la cigogne sur les médailles des
+familles <i>Antonia</i> et <i>Cœcilia</i>.</p>
+
+<p>FIG. III et V. Ces deux lampes, chacune à deux
+mèches, sont sans figures, mais elles méritent d'être
+remarquées pour leur forme, la beauté du travail,
+et le goût des ornemens.</p>
+
+<p>FIG. IV. Cette lampe, endommagée, et d'un travail
+assez grossier, est intéressante par le sujet qui
+représente Cybèle assise entre deux lions, et ayant
+auprès d'elle, d'un côté, le jeune <i>Atys</i>; de l'autre
+un arbre d'où pendent des tambours (<i>tympana</i>),
+et sur ses genoux, une clé ou un autre objet;
+sa tête est couronnée de tours. La plupart de ces
+objets se devinent pour être les attributs de la
+déesse, plutôt qu'ils ne se distinguent. On célébrait
+en l'honneur de Cybèle, dite la mère des Dieux
+ou la <i>grande mère</i>, outre les fêtes si fameuses, des
+fêtes de nuit dans l'intérieur des familles, de veillées
+(<i>pervigilia</i>). On pourrait dire avec quelque
+fondement, que les lampes qui représentent Cybèle
+et <i>Atys</i> ensemble, ou séparément, étaient
+consacrées à ces sortes de fêtes.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.059.png"></p>
+<h2>PLANCHE VII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 11, 12, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. On voit sur cette lampe l'un de ces gladiateurs,
+dits, <i>Retiarii</i>, de leur manière de combattre.
+Le gladiateur <i>Retiarius</i> portait d'une main
+<i>des rets</i>, dont il cherchait à envelopper son adversaire;
+son arme principale était un harpon ou un
+trident; il avait quelquefois de plus un poignard
+ou une épée courte, comme on le voit ici; son
+vêtement était une tunique; il portait un bonnet
+(<i>pileus ou galerus</i>) qui devait laisser à découvert
+son visage, qu'il présentait avec affectation aux
+spectateurs. L'adversaire était désigné généralement
+par le nom de Gaulois, et plus particulièrement
+par celui de <i>Mirmillon</i>; c'est encore à celui-ci que
+paraît appartenir la dénomination de <i>Secutor</i>, employée
+par Suétone dans la description d'un combat,
+où un <i>Retiarius</i>, reprenant l'avantage, tue
+coups de trident les cinq ennemis vainqueurs de
+son parti (<i>Caligul.</i> 30). Ce combat bizarre était
+l'image d'une pêche, et, pour la rendre plus complète,
+le <i>Mirmillon</i> portait sur son casque un poisson;
+et son ennemi, en le poursuivant, s'écriait:
+«J'en veux au poisson, je n'en veux point à toi:
+ô Gaulois, pourquoi me fuis-tu»? Juvénal, dans
+la 8e Satyre (<i>v.</i> 200 <i>et suiv.</i>), fait paraître un sénateur,
+<i>Gracchus</i>, s'exposant, sous le rôle d'un
+<i>Retiarius</i> mal-habile, à une ignominie plus grave
+que des blessures: nulle part l'appareil de ce genre
+de combat n'est décrit avec plus de précision.</p>
+
+<p>FIG. II à VI. Lampe à trois mèches, en forme
+d'autel à trois pans, sur lequel pose une espèce de
+vase quadrangulaire; trois figures servent d'ornement
+à chaque face de l'autel. Dans l'une, on peut
+reconnaître Apollon; dans la seconde, le dieu
+Mars; et dans la troisième, la Fortune, désignée
+par le sceptre et la corne d'abondance, si ce n'est
+la Concorde, suivant ce que nous en avons dit
+propos de la <i>pl. II du tome V</i>. Ces Divinités sont,
+sans doute, réunies dans ce monument comme
+l'objet d'une dévotion particulière. Les détails que
+nous donnons de cette lampe curieuse la présentent
+sous tous les aspects. Le dessin au trait est le plan
+du pied sous lequel on lit <i>C. CORVINVS</i>, nom
+qui paraît être celui du fabricant.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.062.png"></p>
+<h2>PLANCHE VIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 13, 14, <i>de l'Édition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG, I et II. Lampe à quatorze mèches, en forme
+de barque. Les quatre traverses semblent exprimer
+les bancs des rameurs, proprement dits <i>transtra</i>.</p>
+
+<p>FIG. III et IV. La forme de cet ustensile a, paru
+peu appropriée à une lampe; cependant, et malgré
+la petitesse de son orifice, elle répugne encore
+plus à l'espèce de vase, dit <i>infundibulum</i> ou <i>guttus</i>,
+à laquelle on a voulu la rapporter. Nous ne reconnaissons
+dans ce vase autre chose qu'une lampe,
+dont la mèche très-mince devait fournir une lumière
+de longue durée, destinée probablement
+éclairer un tombeau: le petit bassin qui est au
+milieu servait à introduire l'huile. La figure représente
+un gladiateur.</p>
+
+<p>FIG. V et VI. Cette lampe à douze mèches est
+d'une forme élégante et d'un bon travail. Deux
+branches de chêne avec les feuilles et des glands,
+en font l'ornement. Les couronnes de chêne sont
+très-fréquentes sur les lampes comme sur les médailles.
+On peut considérer les deux branches ou
+comme exprimant la récompense civique, ou
+comme un emblême relatif au culte de Jupiter
+et de Junon, Divinités protectrices des cités, et
+auxquelles le chêne était consacré.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.065.png"></p>
+<h2>PLANCHE IX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 15, 16, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Lampe à une seule mèche. Du milieu s'élève
+une anse avec un œil pour servir à la suspendre.</p>
+
+<p>FIG. II. Lampe, à douze mèches, semblable
+celle de la planche précédente.</p>
+
+<p>FIG. II. Celle-ci est remarquable par sa triple
+forme dont chacune a son récipient, sa bouche et
+son orifice, sans communication. La lampe du milieu
+figure une conque; les deux lampes latérales
+sont en forme de colombes ou d'oies; ce qui pourrait
+annoncer que cette espèce de candélabre servait
+aux veillées de Vénus ou de Priape. La séparation
+des récipients indiquerait qu'on allumait
+une mèche à mesure qu'une autre s'éteignait. On
+retrouve les traces de cet usage dans une jolie
+épigramme de l'Anthologie (<i>VII, ép.</i> 16) «Cléophantide
+tarde encore, et déjà, s'affaiblissant peu
+à peu, va s'éteindre la <i>troisième</i> lumière: ah!
+pourquoi avec la lumière ne s'éteint point le feu
+qui me consume! combien de fois, combien ne
+m'a-t-elle pas juré par Vénus, qu'elle viendrait
+sur la brune! Mais la parjure se rit et des hommes et des Dieux».</p>
+
+<p>FIG. V et VI. Cette lampe produisant neuf lumières,
+est garnie de trois anses servant à la suspendre.
+Les masques qui en font l'ornement, indiquent
+qu'elle était destinée à un théâtre ou à une
+salle de festin. Martial désigne l'emploi de ces
+lampes dans les festins, sous la dénomination de
+<i>Polymixi</i>, à plusieurs lumignons. Si les lampes
+de métal étaient plus en usage dans les maisons
+aisées que celles de terre, ces dernières cependant
+n'étaient point dédaignées, et la délicatesse qui
+se fait remarquer dans l'exécution de la nôtre,
+prouve qu'on y mettait quelque prix.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.068.png"></p>
+<h2>PLANCHE X.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 17, 18, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Nous ne reconnaissons point, avec les Académiciens
+d'Herculanum, une chouette dans l'oiseau
+imprimé sur cette lampe; c'est plutôt un
+épervier, emblême du Soleil, ou de la divinité
+d'Osiris. Cet oiseau pourrait encore être considéré
+dans une lampe, comme augural. Il avait été désigné
+comme tel, et placé au premier rang par
+Phœnomoë, prophétesse du temple de Delphes;
+on en tirait des augures pour les mariages et
+pour la prospérité des troupeaux (<i>Pline, liv. X,
+chap.</i> 8).</p>
+
+<p>FIG II. Lampe remarquable seulement par l'entourage
+du médaillon et la finesse du travail.</p>
+
+<p>Les quatre autres lampes ont pour ornement
+différentes figures d'animaux qui, comme victimes,
+peuvent être l'expression d'une dévotion particulière
+envers la Divinité, à laquelle chacun d'eux est
+consacré.</p>
+
+<p>FIG. III. Une chèvre. On sacrifiait une chèvre
+blanche à Vénus populaire, et une chèvre noire
+Pluton. C'était aussi, suivant Servius, l'une des victimes
+qu'on offrait à Esculape.</p>
+
+<p>FIG. IV. Un lapin mangeant un raisin. Comme
+dévastateur des vignes, cet animal était, ainsi que
+le lièvre, consacré à Bacchus; c'est ce qui est formellement
+exprimé dans cette épigramme de l'Anthologie
+(<i>VI, cap.</i> 7, <i>ep.</i> 7). «Je vis un lièvre
+couché dans une vigne consacrée à Bacchus, et
+mangeant le raisin. J'avertis le vigneron, et celui-ci
+d'un coup de pierre écrasa la tête à l'animal,
+et, le prenant, dit tout joyeux: J'offre à-la-fois
+à Bacchus, la victime et le dédommagement».
+Les lièvres et les lapins étaient encore consacrés
+Vénus, aux Amours et à Diane.</p>
+
+<p>FIG. V. Un porc; c'était la victime particulière
+du dieu Silvain et des dieux Lares: on l'offrait
+aussi à Vénus, à Minerve, aux Dieux nuptiaux et
+à Priape.</p>
+
+<p>FIG. VI. Un daim, animal consacré à Diane. Les
+daims et les chevreaux appartiennent encore
+Bacchus et à ses suivans, à cause de leur pétulance.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.071.png"></p>
+<h2>PLANCHE XI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 19 <i>de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Lampe de bronze à deux becs, d'une
+forme élégante et d'un travail précieux. Le corps
+de la lampe est orné d'arabesques; et l'anse, d'un
+feuillage en éventail. Il part de l'anse une petite
+chaîne qui vient se rattacher au pied de l'oie ou
+du cygne, groupé avec un petit génie prêt
+l'étouffer. Ce groupe, qui sert ici de couvercle, est,
+sans doute, l'emblême de la force de l'amour. La
+même action se trouve répétée dans plusieurs monumens
+antiques.</p>
+
+<p>FIG. II et III. Ces deux dessins représentent
+les plans de la même lampe, pris en dessus et
+en dessous, en ôtant le bouchon orné du petit
+groupe.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.073.png"></p>
+<h2>PLANCHE XII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 22, 40, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>).</p>
+
+
+<p>Six lampes de terre cuite, dont nous donnons les
+médailles seulement.</p>
+
+<p>Fig. I et II. Diane ou la Lune caractérisée par le
+croissant, et Apollon ou le Soleil caractérisé par
+les rayons. Ces Divinités qui président à la lumière,
+ou leurs emblêmes, servent très-fréquemment d'ornemens
+aux lampes.</p>
+
+<p>Fig. III. Un Pégase grossièrement exprimé. Cet
+emblême convient à la lampe d'un poète: si la
+lampe est sépulcrale, le cheval aîlé fait allusion au
+transport des âmes dans l'Olympe, comme on le
+voit, dans quelques médailles et dans quelques
+pierres gravées, exprimer l'apothéose: telle est la
+médaille d'Antinoüs, sur laquelle Mercure guide
+Pégase portant au ciel cet autre Ganimède (<i>Passeri
+Gemm. astrif. t. III, p.</i> 115); telle est encore la
+gemme, où l'on voit Drusus Germanicus s'élevant
+au ciel sur le cheval ailé (<i>Spanh. de us. et prœest.
+Num. p.</i> 277).</p>
+
+<p>Fig. IV. Griffon, emblême du Soleil ou d'Apollon,
+comme le démontre, sans parler d'autres.</p>
+
+<p><i>Tome VI</i>. LAMPES.
+monumens, la statue du musée Napoléon, salle
+des Saisons; cet emblème appartiendrait fort bien
+à un musicien. C'est ainsi que le Griffon que l'on
+voit dans un bas-relief de la villa Albani, désigne
+le talent de la femme d'un certain Hermias, à laquelle
+ce monument de la piété conjugale est consacré.
+(<i>Gaet. Marini. Marm. Alb.</i> p. 78).</p>
+
+<p>Fig. V et VI. Une écrevisse et un bélier. On ne
+peut les considérer ici comme signes du Zodiaque:
+le bélier du Zodiaque est dans une attitude différente,
+et les anciens n'ont jamais donné la forme
+de l'écrevisse, mais toujours celle d'un crabe, au
+signe qui suit les gémeaux.</p>
+
+<p>Fig. VII et VIII. Lampe de bronze en forme de
+barque, et vue de face et de profil; l'anse est ornée
+d'un beau masque tragique, dont l'épaisse chevelure
+est frisée en anneaux ou cannelures; d'où l'on
+disait, les cheveux ainsi arrangés, <i>calamistrati</i>.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.076.png"></p>
+<h2>PLANCHE XIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 23, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Fig. I et II. Trois poissons et un lion courant. Le
+lion pourrait être considéré comme un signe du
+Zodiaque: il serait moins heureux d'en dire autant
+des trois poissons.</p>
+
+<p>Fig. III et IV. Lampe de bronze. L'anse est ornée
+d'arabesques à jour, sur lesquels pose une chauve-souris,
+les aîles étendues. Le premier emblême
+qu'offre cet animal, est celui de l'approche de la
+nuit, et il est là comme pour avertir de chasser
+l'obscurité par la lumière des lampes. On pourrait
+encore voir, dans sa présence, une intention plus
+recherchée; il rappelle l'aventure des filles laborieuses
+de Minée, qui s'attirèrent le courroux de
+Bacchus pour avoir profané ses fêtes par le travail.
+Alors cette lampe devient sacrée, comme appartenant
+aux fêtes de Bacchus, et rappelant le respect
+qu'on doit à cette divinité. La chauve-souris peut
+encore servir d'emblème à l'amour du travail qui
+fuit le sommeil, ou bien à l'amour maternel; car
+cet oiseau étant le seul qui puisse offrir le lait à ses
+petits, il servait à exprimer dans les tableaux, la
+mère qui prenait ces tendres soins. Les lampes
+étaient au nombre des apophorètes, c'est-à-dire,
+des présens qui se faisaient dans les festins, aux
+saturnales et au nouvel an; et l'on peut penser que
+les personnes délicates savaient ajouter quelque
+prix à leurs dons par des emblèmes ou par des
+allusions ingénieuses.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.079.png"></p>
+<h2>PLANCHE XIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 25, 26, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Lampe de bronze à deux becs. L'anse est
+surmontée d'un masque. La forme convexe du couvercle
+donnerait à penser qu'il servait à un double
+usage, c'est-à-dire, à éteindre la lumière: quelques
+personnes avaient coutume, par une sorte de superstition,
+de laisser les lampes s'éteindre d'elles-mêmes;
+mais l'odeur désagréable qui se répand
+après l'extinction, et dont la malignité, selon Aristote,
+va jusqu'à produire l'avortement, détournait
+les gens éclairés de cette pratique incommode et
+dangereuse.</p>
+
+<p>FIG. II. Autre lampe de bronze, qui n'a rien de
+remarquable, si ce n'est le couvercle en forme
+de ces vases, dits <i>gutti</i> ou <i>infundibula</i>, servant
+verser l'huile goutte à goutte.</p>
+
+<p>FIG. III. Cette lampe singulière prend sa forme
+principale d'une feuille de figuier, sur laquelle
+se déploient en arabesques des fleurs de lotus ou
+d'hyacinthe. Du milieu sort une demi-figure coiffée
+du bonnet phrygien, ayant à la main un <i>pedum</i>
+ou un autre instrument, et tenant des fruits dans
+le pli forme sur son sein, par la draperie qui descend
+de son épaule: il serait difficile de rapporter
+la figure avec précision à quelque Divinité connue.
+Peut-être a-t-on eu l'intention d'exprimer Atis, Le
+favori de Cybèle, entouré des productions de la
+terre.</p>
+
+<p>FIG. IV. Cette lampe fracturée a pour sujet principal
+un masque scénique d'une grande beauté;
+les autres ornemens sont également finis et recherchés:
+on peut la ranger parmi les monumens bachiques.
+Les têtes de griffons qui paraissent aux
+côtés, conviennent à Bacchus; et, comme emblêmes
+du Soleil, désignent l'Orient, où le Dieu donna
+ses lois, et vit naître son culte.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.082.png"></p>
+<h2>PLANCHE XV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>, 27, 69, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Lampe de terre à dix mèches. Elle est
+d'une si petite proportion, qu'on ne peut supposer
+qu'elle a été mise en usage. On trouve, dans les cabinets
+des amateurs, divers ustensiles remarquables
+comme celui-ci, par leur petitesse; et l'on doit se
+rappeler à cette occasion qu'on faisait chez les anciens,
+ainsi que parmi nous, l'imitation en petit
+d'une infinité d'objets pour amuser les enfans; ces
+présens avaient lieu principalement le jour natal,
+de la part des parens, des amis et même des serviteurs.
+Les poètes comiques nous ont aussi conservé
+la mémoire de ces usages (<i>Plaut. Bud. IV</i>,
+4, <i>v</i>. 110). L'inscription qui est sous la lampe porte
+<i>C. TV. PRI.</i> qu'on peut lire <i>Caius TVllius PRIscus</i>
+ou <i>PRImitivus</i> ou <i>PRImus</i>; noms qui désignent,
+sans doute, le fabricant.</p>
+
+<p>FIG. II. Lampe à deux mèches en forme de poisson.</p>
+
+<p>FIG. II. Autre à quatre mèches, remarquable seulement
+par le croissant qui termine l'anse.</p>
+
+<p>FIG. II. Autre en forme d'oiseau grossièrement
+exprimé. Un trou sur le dos servait à introduire
+l'huile; à la place des ailes sont les godets pour
+placer les mèches. On reconnaît une colombe dans
+cet oiseau, qui peut signifier que la lampe est une
+de celles consacrées aux veillées de Vénus.</p>
+
+<p>FIG. II. Lampe de bronze. L'anse est ornée d'une
+tête de cheval; de la bouche part une chaîne qui
+se rattache à l'anneau d'un bouton fermant l'ouverture
+de la lampe; le support est un trépied à griffes
+de lion, orné d'une large feuille travaillée avec
+recherche.</p>
+
+<p>FIG. V. Autre lampe de bronze, dont l'anse se
+termine en tête de griffon. Elle a pour support un
+trépied élégant, dont le motif est l'union de trois
+dauphins, ayant dans la bouche une conque marine,
+et soutenant un disque avec leurs queues.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.085.png"></p>
+<h2>PLANCHE XVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 28, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Lampe de bronze à trois becs, représentée de
+face et de profil; son couvercle a pour ornement
+une figure qui se tient en équilibre sur un seul
+pied. Le bonnet pointu dont ce baladin est coiffé,
+était propre aux mimes et aux danseurs; il porte
+une espèce de ceinture ou plutôt de caleçon, dite
+chez les Romains <i>subligar</i> ou <i>subligaculum</i>; cette
+pièce de vêtement, que les hommes et les femmes
+employaient dans les bains, était particulièrement
+à l'usage de tous les acteurs, de peur que les
+yeux du public, dit Cicéron, ne fussent offensés
+par quelqu'accident contraire à la pudeur. Notre
+baladin tient dans sa main droite une chaîne où
+pend un instrument à pointe et à crochet, destiné
+à gouverner le lumignon. Le couvercle est tout-à-fait
+mobile, et la figure n'y tient elle-même
+que par une aiguille, et peut s'enlever à volonté.
+La lampe, ainsi ornée de la figure, paraît destinée
+à être posée sur un candélabre.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.087.png"></p>
+<h2>PLANCHE XVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 29, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Sur cette lampe, on voit un jeune homme
+aîlé et coiffé d'un bonnet pointu, tenant un objet
+qu'on a pris pour un instrument champêtre, mais
+qui pourrait être aussi une espèce d'étendard
+(<i>vexillum</i>).</p>
+
+<p>FIG. II. Lampe à deux mèches, ayant pour ornement
+deux figures placées sur des piédestaux. Leur
+attitude est celle que nous avons considérée sur
+d'autres antiques, comme étant propre aux dieux
+Lares. Cette lampe était, sans doute, destinée
+brûler devant ces divinités domestiques.</p>
+
+<p>FIG. III. On voit dans celle-ci une tête d'éléphant
+assez mal figurée, mais dont on distingue bien les
+défenses et la trompe. La tête d'éléphant peut être
+l'emblème d'une victoire ou d'une conquête.</p>
+
+<p>FIG. IV. Lampe à deux mèches, caractérisée par
+le croissant et par la figure qui est celle de Diane,
+ou d'une nymphe de sa suite. La tête a une expression
+sévère; les cheveux négligés sont retenus par
+des bandelettes; l'épaule est nue; l'arc est traité
+avec le plus grand soin, et l'on remarque à l'extrémité,
+entre deux boutons, la place destinée à recevoir
+la corde.</p>
+
+<p>FIG. V. Le personnage vêtu d'une ample draperie
+et armé de thyrse, donne à cette lampe un caractère
+bachique.</p>
+
+<p>FIG. VI. Celle-ci, de la même forme que la quatrième,
+a pour sujet un Amour ou un Génie tenant
+deux pommes ou deux balles, trophées glorieux
+de la beauté, ou emblèmes des jeux de l'enfance.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.090.png"></p>
+<h2>PLANCHE XVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 30, 31, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+<p>FIG. I et V. Dans ces deux lampes, on remarque
+le buste d'un jeune homme ou d'une jeune femme,
+ayant derrière elle un croissant dont les pointes
+s'élèvent au-dessus des épaules. Dans la première,
+on voit de plus un aigle posant sur un globe, et
+levant la tête vers les cieux. L'oiseau de Jupiter ne
+laisse aucun doute sur le sens de cet emblème qui
+exprime une apothéose, dont le personnage demeure
+inconnu. Cet honneur n'appartenait point
+exclusivement aux Empereurs: de simples citoyens
+le recevaient de la piété et de la vénération de leurs
+proches. Les médailles représentent les âmes déifiées
+dans la Lune, parce qu'une opinion religieuse
+admettait que cet astre devenait leur séjour (<i>Buonarotti
+Med. p.</i> 44 <i>à</i> 46). Dans les médailles des
+deux Faustines, on voit la Lune au-dessous de la
+figure avec la légende <i>SIDERIBVS RECEPTA</i>,
+<i>reçue parmi les astres</i>. Ici la situation de la figure
+entre la Lune et l'aigle de Jupiter, semble exprimer
+que l'âme s'élève jusque dans l'Olympe. Les deux
+lampes peuvent se ranger dans la classe des lampes
+sépulcrales.</p>
+
+<p>FIG. II. Le Dauphin entrelacé avec le trident,
+consacre cette lampe à Neptune. On peut en dire
+autant de la Fig. VII.</p>
+
+<p>FIG. III. Un temple, deux dauphins et un dragon,
+ou monstre marin. Cette lampe pourrait être
+regardée comme un monument votif, consacré en
+reconnaissance d'un heureux voyage.</p>
+
+<p>FIG. IV. Cette figure symbolique posant sur deux
+dauphins, ayant la tête chargée d'ornemens peu
+distincts, peut représenter quelque divinité marine.
+Au caractère sinistre imprimé dans ses traits, nous
+ne sommes point éloignés d'y reconnaître l'image
+de Scylla.</p>
+
+<p>FIG. V. Un corbeau tenant une branche de laurier,
+emblême relatif à Apollon.</p>
+
+<p>FIG. VIII, IX et X. Lampe, ou plutôt espèce de
+lanterne qui devait se compléter par une garniture
+mobile. Nous en donnons la vue, la coupe et le
+plan; le cylindre qui part du fond était destiné
+recevoir le lumignon, comme l'atteste l'orifice noirci
+par la fumée; l'huile s'introduisait par l'un des
+côtés, et se répandait par un trou dans le récipient
+principal.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.093.png"></p>
+<h2>PLANCHE XIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 32, 33 et 34, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+<p>FIG. I. Cette lampe de terre, d'un dessin très
+médiocre, a pour sujet deux mains unies avec
+le caducée: c'est le signe bien connu de la concorde
+et de la bonne-foi. Ce symbole était devenu
+le plus usité pour exprimer l'alliance conjugale;
+après les guerres civiles, il servit d'étendard aux
+compagnies romaines, et l'on trouve souvent ce
+signe militaire sur les médailles avec l'épigraphe:
+<i>Concordia militum</i>.</p>
+
+<p>FIG. II. Bellori (<i>par. II, pl. XXIV</i>), et Montfaucon
+(<i>tom. V, pl. CXXIV</i>), rapportent une
+lampe absolument semblable à la nôtre, à l'exception
+que la flèche, dont la forme est ici très distincte,
+paraît être un thyrse chez ces auteurs. Ils
+ont vu, dans ce jeune homme, un suivant de
+Bacchus, prêt à frapper, ou menaçant un chien,
+qui s'élance sur lui; l'instrument noueux et recourbé
+est plutôt un bâton de chasse qu'une
+massue héroïque. Il faut corriger les dessins de
+Santi-Bartoli, ordinairement inexacts, par le nôtre,
+et reconnaître dans ce sujet Actæon, qui se défend
+de ses propres chiens, aux yeux desquels il paraissait
+être un cerf. Un sarcophage de la villa
+Borghèse représente Actæon presque dans la même
+attitude.</p>
+
+<p>FIG. III. Cette lampe en terre cuite est l'une
+des plus curieuses de la collection; posant sur une
+base, elle forme une espèce de candélabre. La
+figure principale représente le génie d'Hercule appuyé
+sur une massue; la peau du lion vient se
+nouer sur sa poitrine, et ses aîles étendues embrassent
+le corps de la lampe. La tête qui sert
+d'ornement à la base est un masque bachique orné
+de feuilles de vigne ou de lierre, avec des fleurs
+ou des corymbes. Hercule et Bacchus, dont la
+présence est ici rappelée par des symboles, sont
+deux Divinités souvent réunies dans le culte des
+anciens.</p>
+
+<p>FIG. IV. Cette lampe, d'un travail médiocre,
+ayant pour ornement quatre chiens en course,
+appartient au culte de Diane.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.096.png"></p>
+<h2>PLANCHE XX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 35, 36, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Les cinq premières figures sont les médaillons
+d'autant de lampes.</p>
+
+<p>FIG. I. Tête du dieu Pan, dont le caractère
+réside dans les cornes et les oreilles de bouc, et
+dans la barbe épaisse.</p>
+
+<p>FIG. II. Masque de satyre.</p>
+
+<p>FIG. III. Masque comique caractérisé par la largeur
+de la face, l'élévation des sourcils, et les
+cheveux roulés en couronne; coiffure propre aux
+valets sur la scène.</p>
+
+<p>FIG. IV. Masque de faune ou de silène; il est
+groupé avec une draperie, comme les masques le
+sont très-souvent dans les ouvrages de l'art.</p>
+
+<p>FIG. V. Masque tragique, comme on le voit par
+l'expression larmoyante et la chevelure en tresses
+relevées sur le front, et pendantes sur les côtés.
+La bouche fermée semble indiquer que c'est le
+masque d'un danseur, ceux des histrions ayant
+ordinairement la bouche ouverte.</p>
+
+<p>Les masques scéniques, dans les monumens funéraires,
+font allusion à la brièveté de la vie dans
+laquelle nous ne faisons qu'un rôle éphémère; les
+masques de faunes, de satyres et des Divinités
+champêtres, rappellent aussi les jouissances passagères
+que la mort inattendue vient terminer. Les
+anciens regardaient ces images multipliées comme
+un avertissement continuel de mettre à profit,
+pour la sagesse ou pour les plaisirs, les instans
+rapides et sans retour.</p>
+
+<p>FIG. VI à XIV. Sept lampes, dont deux sous
+les nos IX. et X, XII et XIII, sont représentées
+en deux dessins: ces lampes ne sont remarquables
+que par les inscriptions exprimées en relief sur
+le fond. On trouve ordinairement dans ces petits
+monumens, les noms au second cas, comme <i>VETILI</i>,
+<i>ATIMETI</i>, et il faut sous-entendre <i>ex officinâ</i>,
+<i>ex figlinâ</i>... de la fabrique ou de la tuilerie
+d'un tel. <i>ATIMETI</i> est un surnom; il en est de
+même de <i>CELSI</i> écrit en grec: <i>VETILI</i> et <i>TITIN</i>,
+c'est-à-dire <i>Titinni</i>, sont des noms de famille.
+Les deux autres inscriptions, nos VIII et XI, sont
+moins claires, et pourraient contenir des abréviations.
+La dernière lampe porte pour signe l'empreinte
+de deux pieds humains, où l'on voit les
+inscriptions PVI et PVR. On a trouvé dans les
+fouilles d'Herculanum plus d'une vingtaine de lampes,
+avec l'empreinte de deux pieds ou d'un seul.
+On peut, avec quelque raison, considérer cette
+marque comme une espèce de cachet. On connaît
+des anneaux qui se distinguent par le même signe;
+c'est particulièrement le symbole de la possession
+et de la propriété: les lettres qui l'accompagnent
+en complètent le sens, en indiquant un nom,
+comme <i>Publius VIbius PURpuratus</i>, ou tout autre
+qui s'accorderait avec les mêmes initiales.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.100.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 38, 39 et 40, <i>t. VIII de l'Édition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Huit lampes de bronze, chacune de la même
+forme, avec une anse recourbée qui se termine
+par des têtes d'animaux. Ces figures peuvent exprimer
+une dévotion envers les Divinités auxquelles
+chacune d'elle est consacrée. Ainsi, le cygne se
+rapporte à Vénus, le cheval à Neptune, le dauphin
+au même Dieu ou à Apollon, la panthère
+à Bacchus, le lion à Cybèle. Le roi des animaux
+peut encore rappeler les exploits d'Hercule, ou
+s'offrir comme symbole de la force.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.102.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 44, 45, <i>t. VIII de l'Édition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I et II. Lampe de bronze vue de face et de
+profil, d'un beau travail et d'une forme élégante.</p>
+
+<p>FIG. III et IV. Autre lampe de bronze, avec un
+couvercle à charnière. Le principal ornement est
+une coquille qui forme l'anse; on y voit aussi deux
+pommes: ces divers emblèmes conviennent au
+culte de Vénus.</p>
+
+<p>FIG. V. Lampe de terre, comme le sont les deux
+autres. Le médaillon, orné d'un bel entourage,
+représente un lion à crinière flottante, assis pacifiquement
+comme un chien: ce lion peut offrir
+l'emblème de la modération.</p>
+
+<p>FIG. VI. On voit sur cette lampe un vaisseau,
+dont la proue est ornée d'une tête de panthère. Les
+anciens se plaisaient presque toujours à donner
+aux proues des vaisseaux la forme d'un animal, et
+c'était de-là que le navire tirait quelquefois son
+nom. Le petit bateau qui accompagne le bâtiment
+est de la même forme.</p>
+
+<p>FIG. VII. Cette lampe, assez semblable pour la
+forme à celle du n°. V, a pour ornement deux
+colombes posées sur les anses du même vase, et
+becquetant ensemble le même fruit ou la même
+feuille. Ces deux oiseaux semblent offrir l'emblême
+de l'union conjugale, dans laquelle tous les biens
+sont en commun. Ce symbole se rencontre fréquemment
+dans les monumens sépulcraux.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.105.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 47, 48 et 49, <i>t. VIII de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Cette lampe de terre fracturée a pour
+entourage une couronne de feuilles, et porte au
+milieu du médaillon une croix enrichie de divers
+ornemens, comme seraient des pierreries: ce même
+signe se retrouve sur cinq lampes publiées par
+Arringhi (<i>Rom. Sotterr. lib. III</i>, 22), et sur trois
+autres rapportées par Delachausse (<i> Mus. Rom.
+sect. V, tab. I et seq.</i>). Il ne reste aucun doute
+que la croix représentée sur ces lampes ne soit
+le symbole du christianisme, qu'il ne faut pas confondre
+avec d'autres symboles égyptiens qui ont
+avec celui-ci quelque ressemblance. Le frêle monument
+que nous publions, trouvé dans les fouilles
+de Pompéia, serait l'un des plus anciens du christianisme,
+si l'on pouvait supposer que l'existence
+de cette lampe a précédé la destruction d'Herculanum
+par le Vésuve; mais c'est une circonstance
+dont il est permis de douter. M. Dutheil a lu
+l'Institut une savante dissertation, où il a prouvé
+que ces mêmes lieux ne cessèrent pas d'être habités
+dans les âges suivans, quoique les villes détruites
+n'aient jamais recouvré leur première splendeur,
+et que les traces en aient presqu'entièrement
+disparu sous les villes qui leur ont succédé.
+Ce fait expliquerait comment des monumens plus
+modernes peuvent se trouver confondus sous des
+ruines avec ceux des villes antiques de la Campanie.</p>
+
+<p>FIG. II. Lampe de terre d'un travail grossier,
+ornée d'un croissant et d'une tête de bœuf, dont
+cet ustensile emprunte toute la forme. Cette lampe
+peut offrir l'emblême des grands sacrifices, ou
+plutôt se rapporter au culte égyptien d'Isis, dont
+le croissant est le symbole, et à celui du bœuf
+Apis.</p>
+
+<p>FIG. III. Le bas-relief de cette lampe exprime
+deux figures nues penchées sur un cratère à hauteur
+d'appui; l'une, versant l'eau d'un vase dans le
+bassin, est sans contredit une esclave, tandis qu'on
+reconnaît dans la seconde la maîtresse attentive
+à l'exécution de ses ordres: il s'agit sans doute
+ici de soins relatifs à la toilette.</p>
+
+<p>FIG. IV et V. La même lampe en deux dessins;
+elle est à deux lumières opposées; du milieu s'élève
+une anse avec un œil pour la suspendre.</p>
+
+<p>FIG. VI et VII. Lampe de bronze en deux vues;
+elle est d'un bon travail; l'anse est formée par
+deux branches qui embrassent le flanc, et viennent
+se réunir à une feuille de lierre en éventail, d'où
+pend une chaîne avec le bouchon servant de couvercle.</p>
+
+<p>FIG. VIII et IX. Autre lampe de bronze d'une
+forme à-peu-près semblable, garnie de trois chaînes
+pour la suspendre. Sur la partie supérieure, on
+remarque un rat qui s'avance vers le lumignon;
+ce qui exprime ingénieusement l'avidité de ces
+buveurs d'huile, dont Minerve, dans la guerre des
+rats et des grenouilles, poëme attribué à Homère,
+refuse d'embrasser la cause, «parce que, dit-elle,
+ils me font de grands dégâts, qu'ils mangent mes
+couronnes, et rongent mes lampes pour en avoir
+l'huile».</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.109.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 51, <i>t. VIII de l'Édition royale</i>).</p>
+
+
+<p>Belle lampe de bronze à trois becs. Les trois
+dessins en offrent la vue sous deux aspects, avec
+la coupe au trait de l'un des trois becs, jusqu'au
+milieu du corps de la lampe. Les ornemens en sont
+recherchés et d'un travail élégant; ils consistent en
+trois masques et en guirlandes de feuillage tressées
+avec des bandelettes; trois chaînes qui s'attachent
+à chaque bec servaient à la suspendre;
+une quatrième chaîne s'attache le bouton qui ferme
+le trou du milieu.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.111.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 50, 52, <i>t. VIII de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>FIG. I et II. Lampe de bronze garnie de chaînes
+pour la suspendre, représentée en deux dessins;
+elle est à deux becs, dont chacun est surmonté
+d'un aigle, les ailes étendues, et tenant la foudre
+dans ses serres, emblême qui semble annoncer que
+cet ustensile est consacré à Jupiter.</p>
+
+<p>FIG. III. Autre lampe de bronze à deux becs,
+ornée d'un masque sur les deux faces, et garnie
+de chaînes.</p>
+
+<p>FIG. IV. Lampe de bronze d'un bon travail; dans
+l'un des becs, est un lumignon trouvé avec la
+lampe même. La conservation d'une substance aussi
+périssable, intacte après un laps de dix-sept siècles,
+est une singularité qui rend ce monument extrêmement
+curieux. Il est vrai que ce lumignon n'a
+point été trouvé à la place qui lui convient, et où
+il est représenté; il était renfermé dans l'intérieur
+de la lampe, et la lampe se trouvait hermétiquement
+fermée par la cendre qui s'était condensée
+autour du bouchon et dans les ouvertures. La
+privation de l'air extérieur, et surtout de l'humidité,
+a permis, comme l'on sait, l'entière conservation
+d'objets très-corruptibles, sur-tout quand ces objets
+étaient renfermés dans des corps métalliques, ou
+quand ils y étaient adhérens; ainsi on a trouvé
+des bonnets de laine dans des casques de bronze,
+des morceaux de bois tenant à des poignées de
+métal, et des monnaies de bronze retenant encore
+la toile qui les enveloppait. La matière du lumignon
+est de lin non filé, mais en étoupe tortillée
+en deux branches, comme une corde imparfaite.
+Le lin paraît avoir été la matière le plus constamment
+employée à cet usage, dans une antiquité
+très-reculée. La culture du coton, très-anciennement
+en vigueur sur les confins de l'Égypte et de l'Arabie,
+suivant le témoignage de Pline (<i>L. XIX, I</i>),
+ne s'était guère répandue en Europe que quelques
+siècles après cet écrivain, par le moyen des Arabes
+qui l'introduisirent en Espagne. On se servait encore
+pour les lampes, de <i>papyrus</i> et de bouillon-blanc.
+Le chanvre était d'un usage très-commun,
+mais il servait plus particulièrement pour les lanternes,
+où le lumignon devait avoir plus de fermeté.</p>
+
+<p>FIG. V et VI. Pincettes dont on se servait pour
+gouverner le lumignon.</p>
+
+<p>FIG. VII. Crochet faisant office de mouchettes.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.114.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 53, 54, <i>t. VIII l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Les vases de bronze que nous donnons ici, nous
+ont paru appartenir au service des lampes, comme
+destinés à contenir de l'huile. En consultant les
+ornemens, on trouve cependant à ces vases un caractère
+bachique; nous nous bornons à en donner
+la description sans rien affirmer sur leur emploi.</p>
+
+<p>FIG. I. Ce dessin, au trait, offre le profil d'un
+vase pris du côté de l'anse, qui, dans celui-ci
+comme dans les suivans, fait le principal ornement.
+Cette anse est formée par la figure d'un jeune
+satyre posant sur un panier de raisin, et tenant
+dans chacune de ses mains une branche qui va,
+par-dessus son épaule, s'unir au bord du vase.
+Le corps du vase est absolument semblable à celui
+qu'on remarque sous le n° VII.</p>
+
+<p>FIG. II et III. Ce vase est plus simple dans sa
+forme et dans ses ornemens que le premier. L'anse
+est formée par une branche contournée, ornée de
+feuillures: elle se termine par un médaillon, d'où
+sort une tête de jeune homme, coiffée du bonnet
+phrygien.</p>
+
+<p>FIG. IV, V et VI. L'anse de ce vase a pour sujet
+un Hermès d'Hercule, proprement dit <i>Herméracle</i>,
+et se termine par une coquille. Le Dieu est sans
+barbe: la peau du lion est jetée sur son épaule,
+et ses bras sont enveloppés dans sa draperie. On
+rencontre des herméracles pareils exécutés en marbre:
+le musée Napoléon en possède plusieurs.</p>
+
+<p>FIG. VII, VIII et IX. Sur l'anse de ce vase est
+encore appliqué un Hermès offrant la figure d'un
+jeune suivant de Bacchus; ce demi-Dieu joue
+avec un lièvre, animal qui se trouve souvent dans
+les sujets bachiques. Les autres attributs qui terminent
+l'anse sont aussi tous bachiques; c'est le
+masque d'un jeune faune appliqué sur une peau
+de panthère dont on voit pendre les pattes.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.117.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 55, 56, <i>t. VII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I, II et III. Coupe et profil d'un petit vase
+destiné à recevoir une lumière, dont l'effet était
+modéré par un couvercle à charnière, percé de
+plusieurs trous; cette lampe était une espèce de
+veilleuse. Sur le côté, on voit une petite anse.
+L'intérieur est rempli de plomb jusqu'à la hauteur
+désignée par la teinte, dans le premier dessin; ce
+qui donne au vase une assiette solide. Le cylindre
+indiqué dans la coupe est de laiton; il est mobile,
+et faisait, dans le vase, office de lampe. Le trait,
+n°. II, est celui d'un bassin, dans lequel on plaçait
+le vase par une attention de propreté.</p>
+
+<p>FIG. IV. Ce dessin représente une lanterne portative
+de forme cylindrique, et faite de cuivre
+jaune; les montans sont de métal fondu; le fond
+est soutenu par trois pieds en forme de boule.
+Le cercle supérieur est couronné par une calotte
+percée de quelques trous: cette calotte est mobile
+à volonté. Pour porter la lanterne fermée, la main
+devait embrasser les deux branches d'où pendent
+les chaînes, et qui servent de poignée. Pour ouvrir
+la lanterne, on élevait la branche supérieure qui
+faisait monter le couvercle par le moyen du clou
+qui joue dans la première branche, et de la chaîne
+attachée à ce clou. Sur le plateau du fond, pose
+la petite lampe de forme cylindrique: nous en
+donnons la coupe qui fait voir le lamperon où
+se plaçait le lumignon. Sur le sommet du couvercle,
+est une inscription en caractères pointés,
+que nous répétons au-dessus du dessin d'une manière
+plus lisible, quoique les lettres mal formées
+ne permettent pas de la déchiffrer parfaitement.
+On peut lire <i>TIBURTI CATUS, Tiburtius Catus</i>,
+et ces noms peuvent être ceux du fabricant. Si
+on lit <i>TIBURTl CATIS</i>, il se présente deux
+sens différens: l'un serait <i>TIBURTl CATl Sum</i>,
+<i>j'appartiens à Tiburtus Catus</i>; ce qui ne s'éloigne
+pas de la coutume qu'avaient les anciens d'indiquer
+de cette manière le maître d'objets ou d'êtres
+de nature à s'égarer; on trouve de semblables
+inscriptions sur des colliers de chiens, de cerfs
+et d'autres animaux, sur ceux même qu'on mettait
+au cou des esclaves; l'autre sens serait <i>TIBURTINUS
+CATI Servus, Tiburtinus esclave de Catus;</i>
+et ce <i>Tiburtinus</i> (nom d'esclave, rapporté par
+Gruter DCCCLXXXIV, n°. II), aurait eu l'emploi
+particulier de porter la lanterne devant son maître,
+<i>lanternarius</i> ou <i>lampadarius servus</i>. La lanterne se
+trouve ici destituée de l'enveloppe transparente qui
+devait la compléter, comme le désignent précisément
+les deux bandes de métal fixées par des
+attaches à une petite distance des montans, et
+une pareille bande circulaire qui règne sur le fond.
+La matière le plus communément employée à cet
+usage paraît avoir été la corne; de-là vient que
+Plaute désigne une lanterne par le mot même de
+<i>cornu</i> (<i>Amph. act</i>. I, I. 185). Pline dit à ce sujet
+que la meilleure corne était celle que donnait une
+espèce de bœufs sauvages qu'il nomme <i>uri</i> (<i>l. XI.</i>
+37). On ne manque point non plus d'autorités
+prises dans les écrits des anciens, pour avancer
+qu'on entourait encore les lanternes avec la peau
+des vessies, ou avec d'autres membranes, ainsi
+qu'avec de la toile frottée d'huile. On pourrait
+même soupçonner que la propriété du verre,
+adaptée au même usage, n'a pas été ignorée des
+anciens. Le premier des écrivains qui parle des
+fenêtres de verre, est Lactance, qui florissait sur
+la fin du troisième siècle: sans entrer à cet égard
+dans aucune discussion, nous nous contenterons
+de rapporter une autorité qui parle avec plus de
+force, c'est-à-dire, la conservation de quelques
+morceaux de verre trouvés à une fenêtre dans
+Pompéia, et déposés au musée de Portici.</p>
+
+<p>FIG. V. Nous ne suivons pas les académiciens
+d'Herculanum dans leurs recherches sur la véritable
+étymologie du mot <i>lanterna</i>, mais nous
+rapportons avec eux, comme très-curieux, quoiqu'étranger
+à la collection d'Herculanum, un monument
+trouvé dans un village près de Capoue:
+on voit par l'inscription, qu'il a été érigé par un
+certain <i>Marcus Hordionius Philargurus Labeo</i> lanternier,
+à son épouse <i>Flavia Claudia Philumina</i>;
+outre le titre bien exprimé de la profession,
+<i>LANTERNARIUS</i>, on en trouve encore sur le
+monument le signe bien distinct, une petite lanterne
+entourée de son enveloppe.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.122.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 55, 58, <i>t. VI de l'Edition royale</i>).</p>
+
+
+<p>FIG. I, II et III. Trépieds en bronze qu'on peut
+regarder comme destinés à servir de support à des
+lampes. Nous n'avons rien à faire remarquer dans
+ces trois pièces, que les ornemens; la gravure les
+expose avec clarté.</p>
+
+<p>FIG. IV, V et VI. Lampe de bronze à une seule
+mèche; elle est remarquable par la queue pliante
+qui sert à la porter; la première partie de cette
+queue naît à la réunion de deux têtes d'oiseaux qui
+s'appliquent à la lampe; la seconde partie se termine
+en patte de lièvre; se pliant en dessus, elle
+s'arrête en dessous sur l'alignement de la première,
+qu'elle rencontre à angle droit.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.124.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 61, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Lampadaire en bronze; il prend sa forme
+de deux troncs d'arbres qui s'élèvent sur une
+plinthe quarrée, portée par des pieds de bœuf;
+sur le sommet du tronc principal, est posé un
+disque ou plateau destiné à recevoir la lampe.</p>
+
+<p>FIG. II. Autre lampadaire de bronze avec son
+plateau; sa forme est prise d'une canne à nœuds,
+se divisant par le bas en branches qui font trépied.</p>
+
+<p>FIG. III et IV. Lampe de bronze d'un très beau
+travail, avec des ornemens recherchés. Elle pose
+sur un support en forme de trépied à griffes de
+lion, et orné de mascarons sur chaque face.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.126.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 62, 63, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I. Le support de cette lampe peut être mis
+au nombre des candélabres; c'est une colonne cannelée
+élevée sur une base; la base est formée de
+trois pattes de lion, et les pattes sont unies par un
+ornement en arabesques et des coquilles; le chapiteau
+est de fantaisie; dessus pose un vase à deux
+anses, lequel porte la lampe dont le couvercle est
+levé: le tout est de bronze et d'un travail élégant.</p>
+
+<p>FIG. II. Autre Lampe avec son support; il est
+formé d'un tronc d'arbre, orné de quelques feuilles
+et de glands. Le socle est fait au tour, et pose sur
+un trépied à griffes de lion.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.128.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXXI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 64, <i>tome VIII de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Une figure grotesque sert de principal motif
+ce lampadaire; c'est une espèce de Silène, dont
+la physionomie, le geste et l'attitude ont une expression
+comique et théâtrale. Il a pour tout vêtement
+un court manteau jeté sur ses épaules; sa
+chaussure est le socque orné d'une languette; le
+perroquet perché au milieu des deux branches,
+n'est point sans rapport avec l'expression ridicule
+du personnage. Chaque branche du candélabre se
+termine par un plateau destiné à supporter les
+lampes. La figure pose sur une base quarrée à trois
+degrés, qui a pour support des griffes de lion,
+montées chacune sur de petits socles ronds.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.130.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXXII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 65, <i>tome VIII de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce lampadaire a pour motif le tronc d'un chêne
+dépouillé et divisé en cinq branches, d'où pendent
+autant de lampes, toutes d'une forme assez simple.
+L'arbre est élevé sur une plinthe rectangulaire,
+ayant pour support des griffes de lion.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.132.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXXIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P.</i> 66, 67, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>).</p>
+
+
+<p>FIG I. La tige de ce lampadaire emprunte sa
+forme des plantes bulbeuses dont elle imite l'élégante
+souplesse dans ses contours. Les deux lampes,
+dans leur forme bizarre, imitent des limaçons,
+dont l'un est à moitié sorti de sa coquille. Ce n'est
+pas sans une sorte de convenance que cet insecte
+est ici rapproché d'une espèce de végétaux qui se
+plaisent dans les terrains humides. Le socle représente,
+en quelque sorte, un autel, étant entouré
+d'un feuillage en festons et orné d'un crâne de
+bœuf. La plinthe à griffes de lion est d'un travail
+précieux; sa surface est enrichie d'arabesques damasquinés
+en argent, comme le sont les ornemens
+de l'autel. Un semblable lampadaire pourrait être
+consacré à la nymphe d'une fontaine.</p>
+
+<p>FIG. II. Cet autre lampadaire, d'un travail également
+beau, est d'un style plus sévère. Une colonne
+cannelée en fait le motif. L'ornement du
+chapiteau tient par ses volutes à l'ordre ionique:
+mais il ne faut point chercher dans ces compositions
+de fantaisie, les proportions et les règles de
+l'art. Les artistes usaient sans réserve, dans ces
+sortes d'ouvrages, du droit de s'abandonner à leur
+imagination. Au milieu des volutes est un masque
+comique, et du sommet du chapiteau partent
+quatre rameaux en arabesques, qui servaient
+suspendre les lampes. Le dessin n'en montre que
+deux; le plan du chapiteau fait voir la distribution
+de tous les quatre.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.135.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXXIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 69, <i>tome VIII de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce lampadaire offre une composition agréable et
+animée. Sur une base quadrangulaire s'élève une
+colonne cannelée en spirales, qui ont peu de profondeur.
+Sur le chapiteau pose une tête couronnée
+d'une branche de lierre avec ses corymbes; c'est
+celle d'un esclave barbare caractérisé par les moustaches:
+elle sert elle-même de lampe, comme le
+montre le dessin pris de profil. On introduisait
+l'huile par le sommet, et de la bouche sortait le
+lumignon. Près de la colonne, sur un socle rond,
+est un enfant d'une expression naïve et dans une
+attitude gracieuse; dans le pouce de sa main gauche
+est passé un anneau qui réunit trois chaînes, deux
+servent à suspendre une lampe; à la troisième,
+qu'il relève de la main droite, pend un crochet
+propre à gouverner le lumignon. Cette seconde
+lampe prend sa forme d'un masque scénique orné
+de pampres.</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.137.png"></p>
+<h2>PLANCHE XXXV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 68, 70 et 71, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>FIG. I et III. Ces deux candélabres sont remarquables
+par leur mécanisme qu'on saisira facilement
+à l'inspection du dessin. Le pied est formé par
+trois traverses horizontales qui se démontent
+volonté. Le fût du candélabre pose sur un plateau
+qu'il traverse par un tenon fixé en dessous à l'aide
+d'une cheville; à partir de sa base, le fût s'élève
+en forme de pilastre, surmonté d'un Hermès à deux
+faces. Un vase faisant chapiteau pose sur la tête de
+chaque Hermès; ce vase couronné d'un plateau,
+où doit être placée la lampe, s'élève et s'abaisse
+volonté, au moyen d'une tige qui joue dans le
+pilastre, et qu'on arrête à la hauteur convenable
+avec une clef. La figure qui sert d'ornement au
+premier candélabre est celle de Jupiter; on la reconnaît
+au diadême et à la barbe épaisse et majestueuse.
+Au revers, la tête se fait remarquer par les
+cornes de Jupiter Ammon. L'Hermès de l'autre
+candélabre est celui de Persée, comme peut le
+faire penser la tête de Méduse et un instrument
+crochu qui représenterait la harpé. Sur l'autre
+face, le buste porte les attributs ordinaires du fils
+de Maïa, la bourse et le caducée.</p>
+
+<p>FIG. II. Lampadaire en forme de pilastre. La
+surface de la plinthe qui sert de base, est ornée
+d'arabesques damasquinés en bronze même. Il est
+à remarquer que, dans ce lampadaire comme dans
+tous les autres, et comme le démontre le dessin de
+la planche précédente, la tige n'est point située
+au milieu de la base, mais à l'une des extrémités;
+cette précaution avait, sans doute, pour but de
+ménager en avant une table commode, où l'on
+pouvait poser les vases à l'huile, ou d'autres ustensiles
+nécessaires au service des lampes.</p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.140.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.141.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.142.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.143.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.144.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.145.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.146.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.147.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.148.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.149.png"></p>
+
+<h2>PLANCHES XXXVI&mdash;XLV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>P</i>. 72, 93, <i>t. VIII de l'Edition royale</i>.)</p>
+
+
+<p>Nous avons précédemment désigné, par le nom
+de <i>lampadaire</i>, les instrumens propres à porter
+à-la-fois plusieurs lampes, suspendues: ces ustensiles
+ont le plus souvent la forme d'un tronc d'arbre,
+auquel on n'a laissé que quelques branches dépouillées
+de leurs feuilles. Cette invention nous
+offre l'imitation des arbres consacrés à un semblable
+usage, dans les fêtes champêtres. Les <i>candélabres</i>
+destinés à porter une seule lumière ont
+une forme plus noble, mais qui doit sans doute
+aussi son origine à quelque usage familier. Le trait
+qui distingue particulièrement le candélabre est la
+canne ou le roseau qui servait à porter la pomme
+de pin ou la torche allumée: on a fixé le roseau
+dans le trépied qui la recevait momentanément;
+on a couronné la tige d'un disque, d'un calice
+ou d'un chapiteau. L'art s'est ainsi emparé d'une
+forme grossière; mais en l'embellissant, il a conservé
+la grâce qu'elle empruntait à la nature; dans
+le candélabre le plus orné, quelque chose rappelle
+toujours sa naissance. Souvent là tige est une colonne
+cannelée; imitation d'un faisceau de cannes.
+Si c'est une colonne lisse, sa légèreté s'éloigne de
+la proportion mâle de l'architecture. Peu-à-peu le
+luxe a déployé des ornemens plus recherchés; le
+disque destiné à porter la lampe a posé sur un
+chapiteau: celui-ci a pris la forme d'un vase,
+et le vase a reçu tous les ornemens qui lui conviennent;
+il a été embelli de feuilles de chênes
+et d'acanthe, de pampres, de bas-reliefs saillans,
+ou de travaux délicats à très-bas-relief. Ces ornemens
+furent prodigués sur la coupe et sur le disque,
+et jusque sur la cimaise de la tige. La
+richesse du travail ajouta encore un nouveau prix
+à l'élégance; le disque reçut de l'emploi des métaux,
+l'agrément des couleurs. Sa surface damasquinée
+offrit des feuillages et des arabesques rendus
+avec la délicatesse qui appartient à la peinture.
+Les pieds des candélabres eurent aussi des ornemens
+plus recherchés. La tige sembla naître d'une touffe
+de feuillage. Le trépied fut formé avec les pattes
+et les griffes de divers animaux, mais sur-tout du
+lion. Des feuilles interposées avec goût entre l'embranchement
+des pattes, servirent à les lier avec
+grâce: on sauva aussi la nudité de leur union,
+en y appliquant des roses ou des masques. Ce
+pied n'offrait pas un champ assez vaste pour recevoir
+beaucoup d'ornemens, il fallut y ajouter
+un disque dont le travail répondit à celui de la
+partie supérieure. On ne peut, de toutes ces observations,
+déduire une règle générale pour la
+composition des candélabres; il faut les ranger
+parmi les ouvrages qui permettent beaucoup
+la fantaisie et au goût de l'artiste. Un exemple
+récent prouve le parti qu'on peut tirer des beaux
+modèles de l'antiquité, en les appliquant à nos
+usages modernes; nous voulons parler des candélabres
+de fonte qui décorent le pont du Louvre,
+et qui servent, en supportant des lanternes,
+l'éclairer pendant la nuit.</p>
+
+<p>Les candélabres que nous publions, quelqu'élégans
+qu'ils soient, étaient d'un usage familier: l'art
+à porté plus loin ses inventions et la beauté d'exécution
+dans ceux qui étaient consacrés aux usages
+religieux. On peut voir ce que l'antiquité nous a
+laissé de plus admirable en ce genre, dans les
+œuvres de J.-B. Piranesi, et dans le <i>Musée Napoléon</i>,
+récemment publié par ses fils à Paris. M. Visconti,
+dans son musée <i>Pio-Clementino</i>, donne des notions
+très-intéressantes sur ces monumens religieux,
+dont nous n'avons point à offrir de modèles dans
+notre collection. Nous revenons donc aux candélabres
+dont nous avons exposé les dessins. Ils sont
+de bronze, à l'exception d'un très-petit nombre
+qui sont de fer; les ornemens sont de bas, ou
+très-bas-relief, sortis du jet de la fonte presqu'entièrement
+finis; en sorte qu'il a fallu peu de travail
+pour les polir. On ne trouve guère la trace de
+l'outil que dans les reliefs très-bas dont la tranche
+demandait à être marquée avec plus de profondeur.
+Pline nous apprend que les fabriques les
+plus célèbres étaient celles de Tarente et de l'île
+d'Égine. En commentant le passage de cet écrivain
+(<i>lib. LXIV</i>), il paraît que les premières excellaient
+pour la beauté de la forme; et les secondes, pour
+la délicatesse et le fini des ornemens: il serait difficile
+de décider auxquelles de ces fabriques il
+faut attribuer nos candélabres. Nous avons déjà
+parlé d'une magnifique habitation voisine d'Herculanum,
+dont le possesseur avait pris plaisir
+rassembler une grande quantité d'ouvrages de l'art
+des Grecs: c'est là qu'on trouva la plus grande
+partie des statues, et presque tous les bronzes de
+notre collection; c'est là aussi qu'on a trouvé ceux
+des candélabres dont le pied est couronné d'un
+disque. Cette circonstance pourrait faire penser
+qu'ils sont d'un travail grec, et plutôt des fabriques
+d'Égine, que de celles de Tarente.</p>
+
+<p>La <i>pl. XLV</i> représente les chapiteaux de divers
+candélabres, dont nous ne donnons ni le fût,
+ni le pied, attendu que ces parties n'offrent qu'une
+répétition de ce qu'on voit dans les autres planches.
+(<i>XVIII, XIX</i>), et à l'aide des rapprochemens
+fournis par les connaissances des machines en usage
+de nos jours, parvenir à donner une idée des pressoirs
+qui complètent le cellier à l'huile de Stabie;
+c'est ce qu'on a essayé dans le plan <i>pl. XLIX</i>.
+Les renvois de ce plan suffiront pour le faire comprendre.
+Les voici en deux colonnes; dans la
+première, nous les exprimons en latin pour être
+plus agréables à ceux de nos lecteurs qui voudraient
+suivre le texte de Caton.</p>
+
+<table cellpadding="2" cellspacing="0" border="0"
+ style="width: 100%; text-align: left;" summary="null">
+ <tbody>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">A<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Pavimentum torcularii.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Pavé du cellier.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">B<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Pavimentum inter binos stipites.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Pavé entre les deux poteaux.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">C<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Parietes.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Murailles.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">D<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Vasa instructa juga II.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Vases accouplés.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">E<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Trapetes.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Meules.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">F<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Areæ.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Aires.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">G<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Canales.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Rigoles.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">H<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Lacus.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Bassins où se rendait l'huile.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">I<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Fora cum foraminibus.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Cuves avec des trous, où l'on mettait égoûter les olives triturées avant de les jeter sur le pressoir.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">K<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Arbores.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Arbres jumeaux, ou un seul arbre fendu dans lequel descendait la poutre.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">L<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Stipites.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Poteaux.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">M<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Trabes planæ.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Madriers.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">N<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Trabeculæ vel tigni.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Soliveaux ou aiguilles.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">O<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Præla.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Poutre ou grand arbre du pressoir.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">P<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Laigulæ prœlorum.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Languettes des poutres.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ <tr>
+ <td style="vertical-align: top; width: 10%;">Q<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Sucula cum senis foraminibus.<br>
+ </td>
+ <td style="vertical-align: top; width: 45%;">Treuil à six trous.<br>
+ </td>
+ </tr>
+ </tbody>
+</table>
+
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.155.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.156.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.157.png"></p>
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/174.158.png"></p>
+
+<h2>PLANCHE XLVI.&mdash;XLIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>Préf. de l'Edition royale.</i>)</p>
+
+<p>Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan
+et les détails d'un moulin ou pressoir à huile, découvert
+en 1779 à Gragnano, l'ancienne Stabie.
+Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera
+possible, les Académiciens d'Herculanum, dans
+l'explication qu'ils en ont donnée, et dans l'heureuse
+application qu'ils ont faite, de la description
+du pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir
+de Stabie.</p>
+
+<p>La <i>planche XLVI</i> offre le plan général du
+pressoir avec trois coupes du cellier où il était
+situé, appelé par les anciens <i>cella olearia, cella
+torcularia</i>, ou bien d'un nom commun à la machine
+<i>torculum</i> et <i>torcular</i>. La longueur de la
+pièce était de 46 pieds et demi romains antiques;
+la largeur, de 16 pieds un quart; le pavé entre
+les deux vasques portait 17 pieds un quart: il était
+formé avec un ciment, dont les murs étaient aussi
+revêtus à la hauteur de 5 pieds et demi<a id="footnotetag2" name="footnotetag2"></a><a href="#footnote2"><sup>2</sup></a>.</p>
+
+<blockquote class="footnote"><a id="footnote2" name="footnote2"></a><b>Footnote 2: </b><a href="#footnotetag2">(return) </a><p>Nous employons la mesure romaine antique pour faciliter les rapprochemens
+avec le texte de Caton. Vérification faite sur plusieurs pieds
+romains conservés à Portici, cette mesure répond à-peu-près, à 11
+pouces du pied français; elle se divisait en 16 doigts.</p></blockquote>
+
+
+<p>La machine à presser les olives, indiquée dans
+le plan par la lettre G, est exposée en détail dans
+la <i>planche XLVII</i>:</p>
+
+<p>Elle est placée dans une cuve assez profonde,
+<i>fig.</i> I, et consiste en deux meules en forme de
+segment de sphère, qui se meuvent autour d'un
+cylindre. Les olives sont pressées entre la partie
+convexe de ces meules, et les parois de la cuve.
+Dans le cylindre, est un pivot qui recevait une
+barre; cette barre était assujétie par la plaque de
+fer qu'on voit dans le dessin des mêmes parties,
+pris en dessus, <i>fig.</i> 2; la barre traversait les deux
+meules percées, comme le montrent les <i>fig.</i> 3 et 4
+Ce mécanisme est facile à saisir, et la <i>fig.</i> 5, dont
+nous renvoyons en note l'explication, le démontrera
+d'une manière satisfaisante<a id="footnotetag3" name="footnotetag3"></a><a href="#footnote3"><sup>3</sup></a>. Les dimensions
+des parties étant calculées, il s'est trouvé que
+le diamètre de la cuve, pris extérieurement, était
+de 3 pieds 10 doigts, et l'épaisseur du bord, de
+5 doigts; l'espace entre le bord et le cylindre,
+de 14 doigts. La meule a de diamètre 1 pied et
+7 doigts; et de grosseur, 12 doigts et demi: chaque
+côté du trou des meules a, dans la partie convexe,
+un demi-pied, mais il se rétrécit du côté
+plat, et diminue jusqu'à 6 doigts et demi.</p>
+
+
+
+<blockquote class="footnote"><a id="footnote3" name="footnote3"></a><b>Footnote 3: </b><a href="#footnotetag3">(return) </a><p>Cette figure offre la construction géométrique de la machine, prise
+dans une coupe verticale qui passe par son axe. Sur la ligne horizontale
+AB, égale au demi-diamètre de la cuve en pierre, s'élève du point B,
+comme point central, la perpendiculaire CD qui représente l'axe. Prenons
+sur la ligne AB la portion AE égale à 5 doigts du pied romain antique,
+qui formera l'épaisseur du bord de la cuve; il reste la ligne BE pour
+rayon interne de la cuve. Tirons une ligne indéterminée HG, qui coupe
+perpendiculairement en deux parties égales, le rayon BE au point F.&mdash;Entre
+la ligne HG et l'axe de la cuve CD, à la distance de 2 doigts
+et demi, tirons la ligne IK parallèle à HG, laquelle donnera le côté
+du cylindre qui s'élève au milieu de la cuve, comme IB en désignera
+le rayon. Établissons la ligne LM parallèle à la ligne AB, et à la
+distance du tiers de EI, et nous aurons déterminé la situation de l'axe
+linéaire des meules. Le centre de la courbure de chacune d'elles, se trouvera
+au point N de la ligne LM, distante de L, de la huitième partie de
+BE; de ce centre, et avec le rayon NE, décrivons l'arc GEH qui
+s'arrête sur la corde GH, et nous aurons formé un segment de sphère
+qui constituera chacune des deux meules. Dans l'arc EG, prenons le
+point O distant de E d'une huitième partie de la ligne BE, ou donnant la
+même mesure que LN; de ce point, tirons par N la ligne indéterminée
+NO, sur laquelle nous prendrons le point P distant de N
+de 2 doigts: ce point déterminera le centre de la concavité interne de la
+cuve, ayant pour rayon PO; enfin, prenant N pour centre avec le
+rayon NQ égal à LB, nous couperons la ligne CD, et le point de
+section Q fixera la hauteur du cylindre, dont la superficie plane sera
+parallèle au bord de la cuve.</p></blockquote>
+
+
+
+<p>Les <i>fig.</i> 6 <i>et</i> 7 font voir de face et de côté, une
+portion d'un tube formé de deux plaques de fer
+appliquées l'une sur l'autre, lesquelles ont dû, sans
+doute, revêtir un morceau de bois que le temps
+avait tout consumé. On remarque, dans le tube,
+les pointes d'un grand nombre de clous qui y
+fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouvé dans
+le trou de l'une des meules, servait probablement
+de caisse au moyeu. Le fragment, <i>fig.</i> 8, est un
+anneau qui entourait l'extrémité du moyeu. Les
+<i>fig.</i> 9 <i>et</i> 10 représentent le pivot enchâssé dans
+un tube et une plaque de fer: on a vu la situation
+de ces deux objets dans les <i>fig.</i> 1 <i>et</i> 2.</p>
+
+<p>Caton-le-Censeur, dans son livre de <i>Re rusticâ</i>,
+donne la description d'un moulin ou pressoir
+olives, qu'on retrouve très-exactement dans la machine
+de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement
+curieux, on reproduit dans la <i>planche
+XLVIII</i>, la machine de Caton; on a suivi la
+construction qu'il en prescrit dans les chapitres
+20, 21 et 22, et d'après les dimensions du plus
+petit pressoir, prises dans le chapitre 135 (<i>Édit.
+de Math. Gesner</i>).</p>
+
+<p>La <i>fig.</i> 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement,
+c'est-à-dire la cuve, dite par Caton
+<i>trapetum</i>, et plus particulièrement <i>mortarium</i>. Au
+milieu on voit le cylindre (<i>miliarium</i>), lequel s'élève
+au-dessus des bords de la cuve. Sur le cylindre,
+est la barre (<i>cupa</i>) percée au milieu d'un trou
+où se trouve un tube de fer (<i>fistula ferrea</i>), par
+lequel passe le pivot (<i>columella ferrea</i>). Aux deux
+côtés opposés du noyau, sont les deux meules
+(<i>orbes</i>) qui sont fixées dans leur place par des chevilles
+de fer (<i>clavi</i>)> enfin, dans le noyau qui se
+trouve entre les roues, sont deux trous (<i>foramina
+dextera sinistraque</i>). En dehors de ces trous, sont
+clouées ces petites plaques que Caton nomme <i>sublaminas
+pollulas et minutas</i>, et qui ont pour but
+d'empêcher que les trous ne s'agrandissent, lorsqu'on
+y fiche les petites barres (<i>cupæ minusculæ</i>),
+représentées dans la <i>fig.</i> 2, où la machine est
+dessinée en dessus. Dans les <i>fig.</i> 3 <i>et</i> 4, on a l'une
+des roues de face et de profil: on y remarque le
+trou pour le passage de l'axe (<i>foramen orbis</i>), qui
+va en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne
+parle point de cette particularité que nous restituons
+d'après la machine de Stabie, et qui devait
+exister, afin que le moyeu (<i>modiolus</i>), restât bien
+ferme dans sa boîte. Cette différence est rendue
+sensible dans la <i>fig.</i> 5, qui montre la coupe de
+toute la machine: on voit au milieu le cylindre,
+ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris
+en long et dessiné sous différens aspects, <i>fig.</i> 7,
+8 <i>et</i> 9. Enfin, la <i>fig.</i> 6 représente la barre qu'on
+voit en place dans les <i>fig.</i> 1 <i>et</i> 2; on a fait le
+noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine
+de Stabie, et qu'il semble aussi ne devoir pas
+être autrement. Le dessous est garni d'une plaque
+de fer (<i>tabula ferrea</i>). La partie de la barre qui
+entre dans les moyeux, est revêtue de quatre
+plaques recourbées (<i>imbrices ferrei</i>), clouées avec
+de petits clous (<i>clavuli</i>); au bout de ces plaques,
+est un fer (<i>ferrum librarium</i>), qui embrasse la barre,
+et dans lequel est un trou pour y ficher la cheville
+qui retient les roues, comme on le voit dans
+la <i>fig.</i> 1. Entre le clou et la roue, entre celle-ci
+et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles
+de fer (<i>armillæ ferreæ</i>), qu'on a tâché d'indiquer
+dans les <i>fig.</i> 1 <i>et</i> 2.</p>
+
+<p>D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement
+comment le pressoir de Caton était mis
+en mouvement. Deux hommes placés à chaque
+extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le
+pivot du cylindre, et les deux meules qui se suivaient,
+écrasaient les olives contre les parois de la
+cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant
+très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression,
+quand on observait dans la situation des
+roues la distance prescrite par Caton. Il paraît
+que les anciens écrivains de l'économie rustique,
+ont tous eu l'opinion que la trituration du noyau
+donnait à l'huile un mauvais goût (Voyez <i>Caton,
+cap.</i> 66&mdash;<i>Colum. lib.</i> 12, <i>cap.</i> 50, <i>et autres</i>). On
+ne doit point en conclure qu'on prenait toujours
+la précaution indiquée; l'huile plus commune
+pouvait trouver son usage, sur-tout pour les lampes,
+Caton parle lui-même de meules de rechange
+pour remplacer celles qui s'égrenaient: ce qui ne
+pouvait guère avoir lieu que quand on écrasait
+les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes
+sur la manière de construire un pressoir à olives,
+donne le détail de la dépense qu'il occasionnait;
+l'incertitude des érudits sur la valeur des signes
+employés dans ce passage, ne permet pas de le
+connaître à fond. Le même auteur nous apprend
+qu'on tirait des meules des carrières situées aux
+environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui,
+et de celles de Nola et de Pompéia.
+On a reconnu, en effet, que notre pressoir était
+d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation
+de cette ville, très-au-dessus des terrains de
+Civita et de Rapillo, jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment
+de la machine que nous avons essayé
+de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera
+dans le plan et les coupes (<i>pl. XLVI</i>)
+les vestiges de deux autres machines ou pressoirs
+proprement dits, servant à exprimer l'huile des
+olives déjà triturées. Les deux vasques marquées
+HI sur le plan, ont dû faire partie de ces pressoirs.
+Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé
+au mur, un bord ou marge marquée <i>a</i>, où il restait
+un conduit de plomb qui aboutissait à un grand
+vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice du
+vase; la coupe en montre la forme inférieure sur
+la ligne AB, et la hauteur au-dessus du pavé
+sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque vase,
+s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface
+est un plan incliné; celui de droite est recouvert
+d'une tuile: ces massifs faisaient probablement
+l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont trois
+trous <i>d, e, f</i>, tous ayant un bord et une certaine
+profondeur (comme on le voit dans les deux sections
+CD, EF) qui arrive à un petit souterrain <i>g</i>,
+indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait
+dans ce souterrain par le petit puits <i>h</i>.
+Chaque puits a un bord qui s'élève un peu au-dessus
+du plan de la vasque: on voit un bord
+semblable autour du trou <i>f</i>. À l'un des trous <i>d</i>,
+on voit un creux en forme de niche, et enfin sur
+le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de
+fer, liés deux à deux, <i>i, i</i>. En combinant les traces
+du pressoir sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les
+vases de terre cuite, les conduits en plomb, les trous,
+leur communication avec un souterrain, on peut
+à l'aide de la description donnée par Caton (<i>cap.</i>)</p>
+
+<br><br>
+<p class="mid"><a href="images/174.167l.png"><img alt="" border="0" src="images/174.167s.png"><br>(Cliquer pour agrandir)</a></p>
+<h2>PLANCHE XL.</h2>
+
+<p><i>Carte pour servir à l'intelligence des découvertes
+d'Herculanum, de Pompéia, et des autres Villes
+antiques détruites par les éruptions du Vésuve.</i></p>
+
+
+<p>En publiant cette édition des antiquités d'Herculanum,
+nous avons cru devoir nous arrêter au même
+point où l'édition royale de Naples s'est trouvée suspendue.
+Un ouvragé de cette importance, commencé
+sur un si beau plan, ne demeurera point,
+sans doute, imparfait. Les statues en marbre, les
+ustensiles sacrés et domestiques, et d'autres antiquités,
+doivent former différentes classes, et fournir
+la matière de plusieurs autres volumes. Une grande
+partie de ces objets a été gravée pour l'édition originale;
+M. Piroli s'était mis en mesure d'en suivre
+la publication pas à pas; mais il a considéré qu'il
+serait indiscret de prévenir, pour ainsi dire furtivement,
+une entreprise digne d'être relevée et encouragée
+par l'auguste Souverain, devenu le possesseur
+de ces trésors et des mines non fouillées qui
+en récèlent encore d'aussi précieux. Nous partageons
+ce sentiment, et nous espérons que nos lecteurs,
+en appréciant notre retenue, nous sauront aussi
+quelque gré de l'empressement que nous mettrons
+à compléter notre édition, aussi-tôt que nous pourrons
+nous permettre de le faire.</p>
+
+<p>La carte que nous donnons ici ferme, en quelque
+sorte, le câdre que nous avons adopté.</p>
+
+<p>Elle montre la situation des villes antiques, détruites
+par le Vésuve, et desquelles nous avons eu
+occasion de parler dans cet ouvragé, comme du
+théâtre des découvertes. Il entre dans notre sujet
+de donner, sur ces mêmes villes, quelques notions
+historiques et géographiques; c'est l'objet de l'article
+qui termine ce volume.</p>
+
+<br><br>
+
+
+
+<h3>TABLE DES MATIÈRES<br>
+
+CONTENUES<br>
+
+Dans le 6e Volume des Antiquités d'Herculanum<br>
+
+(LAMPES ET CANDÉLABRES).</h3>
+
+<br>
+
+
+
+<p>A</p>
+
+<p><b>ACTÆAON</b> se défendant contre ses
+chiens,&mdash;Pl. 19, fig. II.</p>
+
+<p><b>AIGLE</b> déchirant un lièvre.&mdash;Pl. 3,
+fig. I.</p>
+
+<p><b>ANIMAUX</b>, (lampes ornées de figures
+ou de têtes d') emblèmes du culte
+de diverses divinités.&mdash;Pl. 10,
+fig. III, IV, V, VI; et Pl. 21.</p>
+
+<p><b>APOTHÉOSE</b>, d'un personnage inconnu.
+(Lampes exprimant l').&mdash;Pl.
+18, fig. I et V.</p>
+
+
+
+
+<p>B</p>
+
+<p><b>BAIN</b>. (Deux personnages préparant
+un)&mdash;Pl. 23, fig. III.</p>
+
+<p><b>BALADIN</b>. (Lampe dont le couvercle
+est surmonté d'une figure de)&mdash;Pl.
+16.</p>
+
+<p><b>BARQUE</b>. (Lampe en forme de).&mdash;Pl.
+8, fig. I.</p>
+
+<p><b>BŒUF</b> avec le <i>croissant</i>, emblême
+du culte égyptien.&mdash;Planch. 23,
+fig. II.</p>
+
+
+
+
+<p>C</p>
+
+<p><b>CALEÇON</b>. <i>Voyez</i> BALADIN.</p>
+
+<p><b>CANDÉLABRES</b> à mécanisme, avec
+des figures en hermès.&mdash;Pl. 35.&mdash;<i>Autres</i>
+de diverses espèces.&mdash;&mdash;Pl.
+36 à 45.</p>
+
+<p><b>CARTE</b> pour servir à l'intelligence
+de la découverte d'<i>Herculanum</i>,
+de <i>Pompéia</i>, et des autres villes
+anciennes, détruites par les éruptions
+du Vésuve.</p>
+
+<p><b>CHAÃŽNES</b>. (Lampe de bronze suspendue
+avec des)&mdash;Pl. 24 et 25.</p>
+
+<p><b>CHAUVE-SOURIS</b>. (Lampe de bronze
+ornée d'une)&mdash;Pl. 13, fig. III
+et IV.</p>
+
+<p><b>CHIENS DE CHASSE</b>.&mdash;Pl. 19, fig. IV.</p>
+
+<p><b>CIGOGNE</b>, symbole de la piété filiale.&mdash;Pl.
+6, fig. II.</p>
+
+<p><b>COLOMBES</b>.&mdash;Pl. 22. fig. VII.</p>
+
+<p><b>CONCORDE</b>. (Symbole de la)&mdash;Pl.
+19, fig. I.</p>
+
+<p><b>COQS</b>. (Combat de)&mdash;Pl. 6, fig. I.</p>
+
+<p><b>COQUILLES</b>, ornemens de lampes.
+Pl. 22, fig. III et IV.</p>
+
+<p><b>COURONNES</b> de chêne, ornemens
+de lampes.&mdash;Pl. 8, fig. V.</p>
+
+<p><b>CROISSANT</b>, emblème de Diane.
+Pl. 12, fig. I et II.</p>
+
+<p><b>CROIX</b>. (Lampe curieuse, ornée
+d'une)&mdash;Pl. 23, fig. I.</p>
+
+<p><b>CYBÈLE</b> et Attis.&mdash;Pl. 6, fig. III.</p>
+
+
+
+
+<p>D</p>
+
+<p><b>DAUPHINS</b> sur des lampes consacrées
+à des divinités marines.&mdash;Pl.
+18, fig. II, III et IV.</p>
+
+<p><b>DIANE</b>.&mdash;pl. 17, fig. IV.</p>
+
+<p><b>DIEUX LARES</b> des quartiers de
+Rome. (Lampe consacrée aux)&mdash;Pl.
+2, fig. III.</p>
+
+<p><b>DIEUX LARES</b> domestiques. (Lampe
+consacrée aux)&mdash;Pl. 17, fig. II.</p>
+
+<p><b>DIVINITÉS</b> (Les trois grandes) réunies:
+Jupiter, Minerve et Junon.
+Pl. 1, fig. I.</p>
+
+<p><b>DIVINITÉS</b> (Les trois grandes)
+égyptiennes: Isis, Osiris et Harpocrates.</p>
+
+
+
+
+<p>E</p>
+
+<p><b>ELÉPHANT</b> sur une lampe, emblème
+d'une victoire.&mdash;Pl. 17,
+fig. III.</p>
+
+<p><b>EPERVIER</b>, lampe augurale.&mdash;Pl.
+10, fig. I.</p>
+
+<p><b>ETRENNES</b>. (Lampe relative aux)
+Explication sur cet usage.&mdash;Pl.
+3, fig. III et IV.</p>
+
+
+
+
+<p>F</p>
+
+<p><b>FIGUIER</b>. (Lampe en forme de
+feuille de) avec une figure au
+milieu.&mdash;Pl. 14, fig. III.</p>
+
+<p><b>FORTUNE</b>.&mdash;Pl. 1, fig. IV.</p>
+
+
+
+
+<p>G</p>
+
+
+<p><b>GÉNIE</b> tenant un étendard.&mdash;Pl.
+17, fig. I.</p>
+
+<p><b>GÉNIE</b> de la beauté.&mdash;Pl. 17,
+fig. VI.</p>
+
+<p><b>GLADIATEUR</b>, dit <i>Retiarius</i>, armé
+d'un filet.&mdash;Pl. 7, fig. I.</p>
+
+<p><b>GLADIATEUR</b>. (Plusieurs lampes
+représentant des)&mdash;Pl. 4.</p>
+
+<p><b>GRIFFON</b>, symbole du Soleil.&mdash;Pl.
+12, fig. IV; pl. 15, fig. V.</p>
+
+<p><b>GUTTUS</b>, sorte de vase. (Lampe en
+forme de)&mdash;Pl. 8, fig. III et IV.</p>
+
+
+
+
+<p>H</p>
+
+
+<p><b>HERCULE</b> avec sa grande coupe.&mdash;Pl.
+2, fig. V. &mdash;vainqueur du Dragon qui
+gardait les pommes d'or du jardin
+des Hespérides.&mdash;Pl. 3, fig. II.</p>
+
+<p><b>HERCULE</b>. (Génie d')&mdash;Pl. 19,
+fig. II.</p>
+
+
+
+
+<p>I</p>
+
+<p><b>INSCRIPTIONS</b>. (Lampes remarquables par des)&mdash;Pl.
+20, fig. VI
+à XIV.</p>
+
+
+
+
+<p>J</p>
+
+<p><b>JOUET</b> d'enfant. (Petite lampe considérée
+comme un)&mdash;Pl. 15,
+fig. I.</p>
+
+<p><b>JUPITER</b>. (Lampe consacrée à)&mdash;Pl.
+1, fig. II.</p>
+
+
+
+
+<p>L</p>
+
+<p><b>LAMPES</b>. Leurs différentes espèces.
+<i>Voyez</i> l'Avertissement en tête du
+volume.</p>
+
+<p><b>LAMPADAIRES</b> en bronzes.&mdash;Pl. 29,&mdash;<i>Autres</i>,
+portant des lampes.&mdash;Pl. 30.&mdash;<i>Autre</i>,
+ayant pour motif une figure grotesque.&mdash;Pl. 31.&mdash;<i>Autres</i>,
+en forme de tronc d'arbre.&mdash;Pl. 32 et 33. &mdash;<i>Autre</i>,
+en forme de colonnes.&mdash;Pl. 33.&mdash;<i>Autre</i>,
+avec un enfant sur le même
+piédestal.&mdash;Pl. 24.</p>
+
+<p><b>LANTERNE</b>, avec tous ses agrès.&mdash;Pl.
+27.</p>
+
+<p><b>LION</b> sur des lampes.&mdash;Pl. 13,
+fig. II; pl. 22, fig. V.</p>
+
+<p><b>LUMIGNON</b> trouvé dans une lampe
+de bronze.&mdash;Pl. 25, fig. IV.</p>
+
+<p>M</p>
+
+<p><b>MASQUES</b>. (Lampes ornées de)&mdash;Pl.
+9, fig. V et VI; pl. 14, fig. I
+à IV; pl. 17, fig. V; pl. 20; pl. 22,
+fig. VII et VIII.</p>
+
+<p><b>MOULIN</b>, ou Pressoir à huile, trouvé
+à Stabie. Plans et détails.&mdash;Pl. 46
+à 59.</p>
+
+
+
+
+<p>O</p>
+
+<p><b>OIE</b>. (Lampe en forme d')&mdash;Pl. 9.
+fig. II.</p>
+
+<p><b>OIE</b> étouffée par un génie. (Lampe
+de bronze, ayant pour ornement
+une)&mdash;Pl. 11.</p>
+
+
+
+
+<p>P</p>
+
+
+<p><b>PÉGASE</b>, symbole d'Apollon.&mdash;Pl.
+12, fig. III.</p>
+
+<p><b>POISSONS</b>.&mdash;Pl. 13, fig. I; pl. 15,
+fig. II.</p>
+
+<p><b>POULETS SACRÉS</b>.&mdash;Pl. 11, fig. IV.</p>
+
+
+
+
+<p>Q</p>
+
+<p><b>QUADRIGE</b> en pleine course.&mdash;Pl.
+5, fig. II.</p>
+
+<p><b>QUEUE</b> pliante. (Lampe à)&mdash;Pl. 28,
+fig. IV à VI.</p>
+
+
+
+
+<p>R</p>
+
+<p><b>RAT</b> sur une lampe de bronze.&mdash;Pl.
+23, fig. VIII et IX.</p>
+
+
+
+
+<p>T</p>
+
+<p><b>TAUREAU</b>. (Chasse au)&mdash;Pl. 5,
+fig. I.</p>
+
+<p><b>TRÉPIEDS</b> en tronze, pour servir
+de support à des lampes.&mdash;Pl. 28,
+fig. I, II et III.</p>
+
+
+
+
+<p>V</p>
+
+<p><b>VAISSEAU</b>. (Lampes en forme de)&mdash;Pl.
+22, fig. VI.</p>
+
+<p><b>VASES</b> pour le service des lampes,
+avec des anses très-ornées.&mdash;Pl.
+26.</p>
+
+<p><b>VEILLEUSE</b>. (Lampe faisant)&mdash;Pl.
+18, fig. VIII, IX et X.</p>
+
+<p><b>VICTOIRES</b>.&mdash;Pl. II, fig. III.</p>
+
+<p><b>VILLES</b> (Des anciennes) détruites
+par les éruptions du Vésuve; dissertation
+placée à la suite de la
+CARTE.&mdash;Pl. 50.</p>
+
+
+
+<h3><i>Fin de la Table.</i></h3>
+<br><br>
+
+
+
+
+
+
+<p class="sml">DE L'IMPRIMERIE DE LEBLANC.</p>
+
+<p class="sml">PLANCHES XXXVI et suivantes.</p>
+
+
+
+<h5>AVERTISSEMENT.</h5>
+
+<p class="sml">Les planches qui terminent cette livraison (nos XXXVI-XLII)
+et celles qui doivent commencer la livraison prochaine,
+ne sont point susceptibles d'une explication particulière. Nous
+relèverons ce qu'elles peuvent offrir d'intéressant, en examinant
+dans un seul article ce genre de monumens. Nous ne nous
+sommes point refusés à l'abondance des matières lorsque le
+fonds en était riche, comme il est arrivé dans ce même volume;
+et nous avons racheté d'avance le vide que nous sommes obligés
+de laisser ici. Nous aurons aussi occasion de nous étendre davantage
+à la fin de ce volume, le sixième de ceux que nous avons
+annoncés au public.</p>
+
+
+<p class="sml">(<i>Le Relieur supprimera ce feuillet.</i>)</p>
+<br><br>
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome VI.,
+(Vol. 6 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
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+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
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+
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+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
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+works.
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+Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
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