summaryrefslogtreecommitdiff
path: root/17235-8.txt
diff options
context:
space:
mode:
authorRoger Frank <rfrank@pglaf.org>2025-10-15 04:50:38 -0700
committerRoger Frank <rfrank@pglaf.org>2025-10-15 04:50:38 -0700
commitb441e0a4cf9099a50b533034bf5e1d37c0135dfe (patch)
treeafa888d859eaf08dc5e095b1e927d95e5419f226 /17235-8.txt
initial commit of ebook 17235HEADmain
Diffstat (limited to '17235-8.txt')
-rw-r--r--17235-8.txt2302
1 files changed, 2302 insertions, 0 deletions
diff --git a/17235-8.txt b/17235-8.txt
new file mode 100644
index 0000000..02fb151
--- /dev/null
+++ b/17235-8.txt
@@ -0,0 +1,2302 @@
+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome V., (Vol. 5
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome V., (Vol. 5 of 6)
+
+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17235]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
+
+
+
+
+
+
+
+ ANTIQUITÉS D'HERCULANUM
+
+
+
+ GRAVÉES
+ PAR TH. PIROLI
+
+ AVEC
+ UNE EXPLICATION PAR S.-PH. CHAUDÉ;
+
+ ET PUBLIÉES
+ PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
+
+
+ TOME V.
+
+ BRONZES.--TOME II
+
+
+
+À PARIS
+
+ {PIRANESI, Frères, place du Tribunal, n°. 1354;
+CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire maison
+ { Abbatiale Saint-Germain-des-Prés, n°. 1121.
+
+
+
+ AN XIV. = 1805.
+
+
+
+[Illustration:]
+
+
+
+PLANCHE I.
+(_Pl 2, 3, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Nous suivons un ordre naturel en commençant la suite des figures
+entières par les Divinités. Jupiter, le souverain des Dieux, doit
+paraître le premier; on le reconnaît facilement à ce caractère donné de
+grandeur et de majesté, à sa chevelure touffue, à sa barbe épaisse et
+profonde, et au foudre dont il reste un fragment dans sa main droite.
+Tout le nu du bras gauche est une restauration moderne. L'artiste, par
+imitation de quelques statues antiques, n'a mis dans la main du Dieu
+qu'une portion du sceptre. Le sceptre est donné avec raison à Jupiter,
+comme l'un de ses principaux attributs. Quelques fois ce n'est qu'un
+long bâton (_hasta_) marque d'honneur des premiers rois: souvent il
+est surmonté d'un aigle, d'un petit globe ou d'un fleuron. Ovide
+peint Jupiter appuyé sur un sceptre d'ivoire (_Mét._ I. 180.). Les
+Pythagoriciens croyaient ce sceptre, de bois de cyprès, arbre consacré
+à la mort qui sert de passage à l'immortalité. Le sceptre seul était
+quelquefois l'emblème de Jupiter, et c'est dans ce sens redoutable qu'on
+l'employait dans les alliances et les traités de paix (_Serv._ 12. _Œn._
+206.)
+
+On s'est dispensé de donner ici quatre autres petites figures de Jupiter
+qui suivent celle-ci dans l'édition royale.
+
+FIG. II. Cette idole, de style étrusque, ayant sur la tête un voile
+et une couronne radiée, paraîtrait, avec assez de vraisemblance,
+représenter Junon. Elle tient une pomme ou plutôt une grenade, fruit
+mystérieux consacré à Junon _Argive_. Sous ce nom, Junon avait un temple
+fameux fondé par Jason, chez les Toscans, dans le Picentin. La grenade
+que Philostrate croit révérée comme un symbole de fécondité, était aussi
+un attribut de Vénus _Genitrix_. On sait que, sous ce titre, Vénus,
+était souvent confondue avec Junon.
+
+FIG. I.--Hauteur, 7 p°.
+FIG. II.--1 P. 5 lig.
+
+[Illustration:]
+
+
+
+PLANCHE II
+(_P. 4, 5, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+FIG. I. On retrouve encore dans ce bronze le style étrusque. Cette
+dénomination de style étrusque ou toscan, peut, comme nous l'avons
+observé ailleurs, se rapporter au style grec antérieur Phidias. Les
+Etrusques n'ont fait que copier ce style primitif; de là on a donné à
+ce style le nom de _tuscanicus_. A remarquer seulement la couronne
+surmontée de petites pommes, et la corne d'abondance, on serait porté
+à reconnaître ici une figure de Pomone; mais la réunion de tous les
+attributs paraît peu lui convenir. Ce n'est pas non plus une Junon; les
+rapports qu'on a essayé de trouver entre cette Déesse et la figure, ne
+sont pas exacts. Une Déesse avec la corne d'abondance et avec la patère,
+est constamment désignée sur les médailles par le nom de _Concordia_,
+en grec _Homonoia_. La patère signifie les libations et les rites sacrés
+qui avaient lieu dans les alliances; la corne d'abondance signifie les
+biens qui sont l'effet de la concorde et de la paix. Les globules de la
+couronne paraissent représenter des gemmes; l'un des bracelets en est
+orné, l'autre est un _ophis_; les pendans d'oreilles sont d'une forme
+particulière. L'habillement se termine vers le cou par une espèce de
+collet, ornement qui en paraît détaché. Tous ces détails ramènent encore
+l'idée des richesses produites par la concorde.
+
+FIG. II. _Pallas_ tenant une patère, et dans l'attitude de s'appuyer sur
+une lance qui manque. Ce bronze, d'un excellent travail, reçoit encore
+un nouveau prix de l'argent, habilement employé former les écailles de
+l'égide, les ornemens du cimier, les boutons de l'habit, l'anneau, les
+yeux, et les ongles des pieds et des mains. Les draperies, dont les
+plis sont de la plus grande élégance, se rapportent à la description que
+Pausanias fait de la statue de Pallas à Athènes. Cette Déesse prenait
+le nom de _Pallas_ de ce qu'elle était sortie toute armée du cerveau
+de Jupiter: sous le nom de _Minerve_, c'était la fille de la Mémoire,
+l'intelligence suprême ou la sagesse, cette force secrète avec laquelle
+la nature agit d'elle-même et produit tout, suivant l'explication
+d'Athénagore (_in Apolog. p. 209_); c'est ce que signifiait cette
+inscription posée dans le temple de Saïs en Égypte, où elle était
+adorée: «Je suis tout ce qui fut, ce qui est, ce qui sera, et nul mortel
+n'a encore soulevé mon voile». (PLUT, _De Is. et Os._).
+
+FIG. I.--Hauteur, 9 p°.
+FIG. II.--Hauteur, 7 p°. 6 lig.
+
+[Illustration]
+
+
+
+PLANCHE III.
+(_P. 6, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+La finesse du travail, la grâce et la vérité de la pose, nous ont engagé
+a présenter cette petite statue de _Pallas_ sous un double aspect.
+La main gauche élevée devait tenir la pique. On avait cherché, dans
+l'isolement de l'index, une intention, une expression religieuse qu'on a
+remarquée, avec plus de justesse, dans quelques autres statues antiques.
+Si ce mouvement était ici l'effet d'un geste déterminé, il ne serait pas
+donné à la main gauche. La naissance de Minerve est le plus bel emblême
+que la Mythologie nous offre de la sagesse ou de la Providence divine;
+c'est par excellence «la seule fille d'un seul père». (_Arist. Hym. in
+Min._). »L'auteur, le souverain de l'univers, n'avait point d'égale en
+dignité avec qui il pût la créer; il se recueillit en lui-même et de
+soi-même, l'engendra et l'enfanta». La Déesse porte sur une patère la
+chouette, l'un de ses attributs distinctifs. La patère, dans la main
+d'une Divinité, annonce qu'elle est favorable, et l'oiseau symbolique
+semble désigner particulièrement que ses faveurs se répandent sur
+son peuple d'Athènes. Phidias, pour flatter le peuple, n'avait point
+dédaigné d'exposer la chouette à la vénération publique avec là statue
+de Minerve.
+
+Hauteur, 5 p°. 5 lig.
+
+[Illustration]
+
+
+
+PLANCHE IV.
+(_P. 7, 8, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+FIG. I. _Minerve_ tenant une chouette dans la main. C'est ainsi qu'on
+représentait la Déesse sous le nom d'_Archegetis_ (conductrice ou plutôt
+auteur de l'origine). La chouette, emblême de la vigilance et de la
+prudence, d'attribut de la divinité protectrice d'Athènes, était devenue
+en quelque sorte le symbole du peuple même. La figure de cet oiseau
+était frappée sur les monnaies; elle servait de marque et de sceau
+public, et, dans la main de Minerve, signifiait la ville protégée par
+elle.
+
+FIG. II. _Pallas_ tenant sa lance d'une manière offensive. On peut la
+considérer ici comme vengeresse.
+
+FIG. III. Autre _Pallas_ d'un très-bon travail. Il manque la main
+droite, et probablement la lance.
+
+FIG. IV. Autre _Minerve_, curieuse par le cimier aîlé qu'elle porte sur
+la tête. On trouve sur quelques gemmes des figures de Minerve avec
+des aîles au cimier, emblême de la vélocité et d'une irrésistible
+impétuosité. L'égide de côté se rapporte au même sens; la Déesse la
+porte toujours ainsi lorsqu'elle est aîlée. Le casque de Minerve est
+aîlé sur presque toutes les médailles d'argent de la République Romaine.
+Les Etrusques donnaient aussi des aîles leurs Minerves, quelques fois
+sur le cimier, quelques fois aux épaules; ici le cimier a la forme du
+bonnet phrygien. On le voit de même dans un vase étrusque publié par
+Demster (_tome I, pl. 30 et 32_).
+
+Hauteur de chaque Figure, 3 p°. 4 lig.
+
+[Illustration]
+
+
+
+PLANCHE V.
+(_P. 9, 10, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+FIG. I. On peut, avec beaucoup de vraisemblance, reconnaître un Neptune
+dans cette petite statue d'un très-bon travail, et dont la base est
+enrichie d'ornemens en argent. C'est dans cet aspect féroce, dans ces
+cheveux hérissés, dans cette barbe touffue, dans cette large poitrine,
+dans cette complexion ferme et robuste, qu'il faut chercher les traits
+qui caractérisent le Dieu souverain des mers. Les poètes appelaient les
+hommes farouches et cruels, les fils de Neptune, comme ils disaient fils
+de Jupiter, les hommes magnanimes et généreux; la mer était l'image de
+la violence et de la fureur. Neptune, au-lieu du trident, son attribut
+distinctif, porte ici une longue lance pointue, dans laquelle on peut
+reconnaître cet instrument nautique désigné sous le nom de _contus_, qui
+servait à sonder les rivages et à dégager les vaisseaux. Pausanias (_VI,
+25_) en parlant d'une statue de Neptune jeune, en Elide, dit que le
+Dieu était appuyé de ses deux mains sur une lance; on voyait encore
+à Athènes, au rapport du même auteur (_I, 2_) la statue de Neptune
+combattant à cheval une lance à la main. On a déduit de ce témoignage
+et de quelques passages pris dans les poètes, que l'antiquité honorait
+_Neptune équestre_, en reconnaissance de l'art de dompter les chevaux,
+art inventé par ce Dieu. Mais, sans avoir recours à des applications
+forcées, il nous suffira de faire remarquer ici que la figure parle
+d'elle-même, et que d'ailleurs on trouve dans le bronze l'indication
+d'une pièce transversale qui formait probablement le trident endommagé
+par le temps.
+
+FIG. II. Victoire portant un trophée, monument étrusque, comme le
+démontrent le style et les ornemens de la figure. Les Toscans décoraient
+leur Victoire de colliers, différant en cela des Grecs et des Romains
+qui leur donnaient la palme pour attribut. Les bracelets à gemmes,
+les colliers et les couronnes radiées étaient la parure des divinités
+étrusques; celle-ci porte en écharpe une tresse où paraissent des
+feuilles et des croissans: nous avons déjà remarqué ces croissans comme
+servant d'ornemens aux harnais des chevaux (_Peint, tom. II, pl. 44_).
+La chaussure fermée est encore du costume. La Victoire est ici sans
+aîles, comme on la représentait à Athènes et dans l'Élide.
+
+FIG. I.--Hauteur, 8 p°.
+
+FIG. II.--Hauteur, 7 p°. 9 lig.
+
+[Illustration]
+
+
+
+PLANCHE VI.
+(_P. 11, 12, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Ce bronze d'une grande beauté, que nous donnons sous deux aspects
+différens, représente une Diane chasseresse avec ses attributs les
+plus distincts. Ses cheveux soigneusement relevés, sont retenus par de
+longues tresses qui se terminent sur le sommet de la tête en forme de
+croissant. Son vêtement est l'habit succinct; relevé dans la ceinture,
+il la recouvre, et, retombant à double étage, il s'arrête au-dessus
+du genou: on croit reconnaître, dans le bronze, ces rayures qui font
+appeler par Callimaque la robe de Diane, _robe rayée_; la peau d'une
+bête fauve lui ceint la taille et prête aussi un ornement à ses
+brodequins; cette chaussure est étroitement lacée et garnie de boutons,
+c'est l'_endromide_ des chasseurs. La Déesse est dans l'attitude de
+décocher une flèche.
+
+Cette figure de Diane est suivie, dans l'édition royale, de quatre
+autres petites qui offrent peu d'intérêt, et que nous nous dispensons de
+rapporter ici.
+
+Hauteur, I P. 5 lig.
+
+[Illustration 21]
+
+
+
+PLANCHE VII.
+(_P. 14, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+On peut dire ce petit bronze d'un fini précieux et d'une délicatesse
+exquise; il représente une Vénus appuyée du bras gauche sur un tronc
+autour duquel s'enlace un Dauphin, tandis que de la main droite la
+Déesse s'apprête à ôter ou à remettre sa sandale. Elle porte au bras
+un large bracelet, et au bas des jambes l'ornement dit _periscélis_.
+La grâce et la beauté de cette figure rappelle les plus beaux modèles;
+l'action annonce Vénus au bain; c'est le motif que saisit Praxitèle pour
+excuser l'innovation hardie de représenter sans voile la plus belle des
+Divinités: un exemple si favorable pour faire briller les ressources de
+l'art, fut suivi par tous les grands maîtres et par leurs imitateurs.
+Le Dauphin placé près de Vénus rappelle le mythe de sa naissance. Cette
+allégorie n'est nulle part mieux exprimée que dans la belle statue
+dite la _Vénus de Médicis_, où l'on voit sur le Dauphin les deux Amours
+présens sa naissance, Himeros et Eros. Le Dauphin désigne donc par-tout
+Vénus _aphrodite_ ou marine. On peut encore étendre plus loin l'emblème
+de ce poisson, de tous le plus sensible à la volupté; comme le ramier,
+il connaît les douceurs de l'union conjugale (_Pline. IX_, 8.); il
+quitte les grottes profondes pour venir à la surface des eaux entendre
+une voix mélodieuse, et suivre les humains; c'est enfin dans l'empire de
+Neptune, le messager des affaires amoureuses, et sa figure brille parmi
+les constellations célestes, par la reconnaissance d'Amphitrite (_Igin.
+Astr. poet. II._ 17.)
+
+Hauteur, 5 p°.
+
+[Illustration 24]
+
+
+
+PLANCHE VIII.
+
+
+FIG. I. VÉNUS, d'une exécution précieuse. Près d'elle est un vase
+couvert d'une draperie qu'elle soulève. On voit souvent placés près de
+Vénus, ces sortes de vases, assez grands, qu'on a mal-à-propos confondus
+avec les albâtres servant à contenir des parfums. Il est peu d'amateurs
+d'antiquités qui ne possèdent de ces petits flacons nommés albâtres,
+de la matière dont ils étaient primitivement formés, faits ensuite de
+toutes sortes de pierres précieuses, de terre cuite même, et d'or et
+d'argent. On peut encore en prendre une idée par la comparaison que fait
+Pline de ces flacons, à des perles taillées en forme de poire, et à des
+boutons de rose. Les grands vases ne sont autre chose que des aiguières
+(_hydriæ_); donnés comme attribut distinctif à Vénus, ils rappellent ces
+soins délicats qui entretiennent l'éclat de la beauté, comme la rosée
+nourrit la fraîcheur des filles du printemps.
+
+FIG. II. Autre Vénus. Elle est occupée à arranger ses cheveux;
+une draperie qui paraît avoir glissé par négligence, s'est arrêtée
+au-dessous de la ceinture.
+
+Nous omettons trois petites figures de la même Divinité, peu
+intéressantes.
+
+Hauteur de chaque Figure, 5 p°. 3 lig.
+
+[Illustration 26]
+
+
+
+PLANCHE IX.
+(_P. 18, 23, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Un jeune homme nu, le casque en tête, sans aucun autre ornement
+ni attribut. Les mains sont placées de sorte qu'elles paraissent avoir
+tenu quelque objet, peut-être une lance; la poitrine large et relevée
+est un signe de force. L'opinion la plus vraisemblable est que cette
+figure représente le dieu Mars. Nous l'avons déjà vu nu et imberbe
+dans une peinture (_tome III, pl. 15_). Nous avons aussi fait quelques
+remarques sur un casque ras assez semblable à celui-ci (_Bronz. t. IV,
+pl. 43_). Eschyle distingue Mars par ce seul nom, _la Divinité au
+casque d'or_. Il faut considérer ici le casque, seul attribut donné à
+ce bronze, comme celui du Dieu de la guerre. Parmi les différens surnoms
+donnés cette Divinité, on remarque celui d'_Enyalius_; sous ce nom,
+quelques Mythologues ont cru retrouver une autre Divinité; un fils du
+dieu Mars, adoré ou confondu avec celui-ci.
+
+FIG. II. Ce bronze également précieux par le travail et la rareté,
+représente un Cabire, que l'on reconnaît au fer ou ciseau qu'il tient
+à la main, et principalement au bonnet pointu qui lui est propre. Nous
+avons eu occasion de parler de ces Divinités dans les peintures (_tome
+III, pl. 23_). Quoique leur culte mystérieux ait été universellement
+répandu, leurs images sont extrêmement rares. De toutes les recherches
+qui ont été faites à leur sujet, on peut déduire qu'il s'était établi
+sous le patronage des Cabires, une sorte de confrérie ou de société
+philantropique, dont l'esprit dérivait du respect qu'inspiré l'utilité
+des arts mécaniques. Les attributs des Cabires étaient le bonnet pointu
+et le marteau de Vulcain. On retrouve l'esprit de cette société dans
+tous les âges, il s'est du-moins perpétué chez les modernes dans
+différentes institutions, et, en remontant à son origine, on le voit
+sortir des montagnes de la Phrygie, dites Cabires, c'est-à-dire du sein
+des peuples les plus anciens qui soient connus par l'histoire profane.
+Les mystères cabiriques étaient proprement dits _samothraciens_ de l'île
+de Samothrace, où régnait le culte des Cabires, et où se faisaient les
+initiations.
+
+FIG. I.--Hauteur, 9 p°. 6 lig.
+
+FIG. II.--Hauteur, 8 p°. 6 lig.
+
+[Illustration 29]
+
+
+
+PLANCHE X.
+(_P. 19, t. V de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Pallas. Il lui manque la main droite, et la lance ou un autre
+instrument qu'elle tenait de la gauche.
+
+FIG. II. Apollon tenant son carquois fermé et son arc débandé, signe de
+clémence et de faveur, comme nous avons déjà eu occasion de l'observer
+ailleurs.
+
+FIG. III. Hercule avec la peau du lion et la massue.
+
+FIG. IV. Esculape avec une patère et le serpent entortillé à son bâton.
+
+Ces quatre Divinités appartiennent à la médecine. On sait qu'Apollon en
+fut l'inventeur, et qu'Esculape son fils en fit un art. Hercule était le
+médecin des Messéniens dans toutes leurs maladies (_Arist. in Hert. p.
+61._); il était surnommé _Alexicacus_ (qui repousse les maux). Dans une
+inscription, il est appelé _Salutifer_ (_Muratori, LXII, 9.--LXV. 5._).
+
+Minerve avait des temples dans la Grèce sous le nom d'_Ophthalmitis_
+et d'_Hygea_, et à Rome sous le nom de _Medica_: on indique encore les
+ruines de ce dernier temple.
+
+Hauteur de chaque Figure, 3 p°. 10 lig.
+
+[Illustration 31]
+
+
+
+PLANCHE XI.
+(_P. 20, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Cette figure d'Hercule joint le mérite de la conservation au mérite de
+l'exécution. La peau du lion, la massue, servent moins encore à la faire
+reconnaître, que le caractère imprimé à ce bronze. Nous avons déjà
+fait remarquer combien les anciens observaient religieusement, dans
+les images de leurs Dieux, la physionomie une fois reçue: «d'un aspect
+terrible, d'une taille élevée, robuste, nerveux, les cheveux crépus,
+le teint basané, le nez aquilin et des yeux d'azur lançant une flamme
+foudroyante,» tel est le portrait d'Hercule, tracé par les écrivains;
+ces mêmes traits se retrouvent facilement dans tous les monumens de la
+peinture, de la sculpture et de la statuaire.
+
+Ce bronze est actuellement dans le Cabinet de S.M. l'Impératrice et
+Reine, à la Malmaison. Les proportions de cette statue sont un peu
+lourdes.
+
+Hauteur, 2 pieds 2 pouces.
+
+[Illustration 33]
+
+
+
+PLANCHE XII.
+(_P. 24, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Ce bronze précieux par la beauté du travail et par sa rareté, représente
+une jeune femme qui, de la pointe de ses pieds réunis, se tient debout
+sur un globe. Cette seule indication toute particulière, semble suffire
+pour faire reconnaître la Fortune. Souvent on voit cette inconstante
+Déesse représentée avec une roue ou un globe auprès d'elle, et
+quelques fois sous le nom de _Redux_, avec le globe à la main. Nous ne
+connaissons point de monumens où elle soit posée sur le globe; mais cet
+emblème se retrouve dans d'anciennes traditions et d'anciens écrits.
+Dans le tableau de Cébès, la Fortune est ainsi décrite: «Quelle est
+cette femme qui paraît être comme une aveugle et une furieuse, et qui
+se tient debout sur une pierre ronde?--C'est la Fortune non-seulement
+aveugle, mais encore folle et sourde, et cet attribut dévoile bien sa
+nature.--Quel est-il cet attribut?--De rester debout sur une pierre
+ronde.--Eh! qu'est-ce que cela signifie?--Qu'aucun de ses dons n'est
+sincère ni stable, et que la chute sera profonde et cruelle à qui osera
+se fier à elle». C'est cette _pierre ronde_ des anciens artistes que
+leurs successeurs ont remplacé par une roue. L'antiquité du symbole
+reproduit dans ce bronze, peut faire penser qu'il est d'ouvrage
+étrusque. L'union des jambes si agréablement motivée, s'accorde avec
+cette opinion, confirmée par le collier de gemmes et de rayons.
+Cette figure pourrait être la déesse _Nortia_ des Toscans, reconnue
+communément pour être la même que la Fortune. Ses cheveux sont
+rassemblés sans recherche dans un nœud fixé derrière la tête; une
+tunique courte sans manches, soutenue sur les épaules par deux agraffes;
+une seconde tunique tombant sur les pieds, forment son vêtement
+souple et léger; d'une main elle tient avec grâce l'un des bouts de la
+première; de l'autre, elle soulève un pan de la seconde, et les plis
+cèdent, sur tout son corps, l'aspérité des formes de la jeunesse. C'est
+encore l'image de la Fortune Vierge, décrite par Varron, et revêtue de
+deux robes ondoyantes.
+
+Le globe sur lequel pose la figure, est orné d'un feston de feuilles de
+laurier: cette particularité fait douter M. Viscontí de l'explication
+donnée. Ce globe ne serait-il pas une cortine, un couvercle de trépied,
+et la danseuse ne serait-elle pas la prêtresse de Delphes, saisie de
+l'inspiration du Dieu?
+
+Hauteur, 1 pied 1 pouce 6 lig.
+
+[Illustration 36]
+
+
+
+PLANCHE XIII.
+(_P. 25, 26, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Cette Fortune, ouvrage d'un excellent artiste, se présente, avec ses
+attributs les plus connus, le timon et la corne d'abondance. Elle porte
+de plus, sur la tête, le groupe des symboles qui appartiennent à Isis,
+la fleur du lotus (ciselée en argent), les plumes, le _modius_ ou
+boisseau. Nous avons déjà fait remarquer (_Tome IV, pl. III_) que la
+Fortune partageait avec la Divinité des Égyptiens, les emblêmes de
+l'abondance; et en effet, Apulée (_Met. XI_) ne fait d'Isis et de
+la Fortune qu'une même Divinité; mais c'est, pour emprunter ses
+expressions, «cette Fortune clairvoyante qui, de l'éclat de sa lumière,
+illumine tous les autres Dieux», Déesse opposée à la Déesse aveugle, la
+divine Providence elle-même. On sait combien les opinions sur la Fortune
+ont été variées; les uns lui ont donné l'empire de toutes les choses
+accidentelles; les autres, des choses suivies, qui dépendent de l'ordre
+de l'univers soumis à l'immuable destin. Elle était adorée comme versant
+ses influences sur les sexes, les ordres de l'état, les villes, les
+nations entières et les souverains qui les gouvernent: de-là les temples
+élevés à la Fortune virile, à celle des femmes (_Muliebris_), à la
+Fortune équestre, à la Fortune d'Antium, de Préneste, à la Fortune du
+peuple Romain, à celle d'Auguste; on honorait jusqu'à la Fortune de
+la journée. Nous croyons pouvoir nous dispenser de rapporter plusieurs
+petites figures de la Fortune, qui suivent dans l'édition originale
+celle que nous donnons ici en deux dessins. Ce beau bronze réunit tout
+ce qui peut satisfaire la curiosité. Nous ferons encore remarquer
+le bracelet en forme de serpent; il ne paraît pas ici un ornement
+ordinaire. Symbole de la santé, symbole de la Divinité chez les
+Égyptiens, on le voit encore attribué à d'autres images de la Fortune.
+On admirera l'élégance et la belle distribution des plis de la draperie;
+l'écharpe dentelée qui forme un nœud sur la poitrine, se rencontre
+souvent dans les figures d'Isis. Enfin, cette belle figure peut être
+considérée comme l'emblème le plus complet de la Divinité qui préside à
+la félicité humaine.
+
+Hauteur: 1 P. 2 p°.
+
+[Illustration 39]
+
+
+
+PLANCHE XIV.
+(_P. 29, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Les connaisseurs ont regardé cette statue comme l'ouvrage en bronze
+le plus précieux et le plus parfait qui reste de l'antiquité, digne
+en quelque sorte d'entrer en comparaison avec les chefs-d'œuvre de la
+sculpture en marbre. Pline, parmi les nombreuses statues en bronze les
+plus estimées de son temps, cite les Mercures de Polyclète, de Naucydès,
+de Cephissodore et de Pisicrate; c'est une chose vraîment remarquable
+que, de tant de fameuses statues de bronze de Polyclète, de Silanion, de
+Pythagoras, de Lysippe et d'autres excellens statuaires, aucune ne soit
+parvenue jusqu'à nous. On doit, sans-doute, en attribuer la cause aux
+incendies, aux saccages dont les cités, et Rome particulièrement, furent
+si fréquemment la proie, et sur-tout à l'avidité des barbares qui ne
+voyaient que du métal dans les œuvres du génie; le marbre, inutile pour
+eux, fut plus respecté, et des merveilles de l'art qui ont survécu à
+tant de nations, font encore aujourd'hui la gloire de celles qui les
+possèdent. Ce Mercure, ainsi que d'autres monumens plus fragiles, que
+nous avons déjà exposés, n'a dû sa conservation qu'à l'engloutissement
+d'une cité toute entière, qui, après plusieurs siècles, rend toutes ses
+richesses à la terre d'où elle avait été effacée. Oh! combien il est
+consolant pour le génie qui tend à l'immortalité de voir par quels
+miracles dans tout l'univers la gloire des arts échappe encore au temps
+destructeur!
+
+Trouvé à _Portici_, le 3 août 1758.
+
+Hauteur, 4 Pieds.
+
+[Illustration 42]
+
+
+
+PLANCHE XV.
+(_P. 31, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Voici la même statue de Mercure que nous offrons sur un autre point
+de vue. Les aîles au talon, se trouvant le seul attribut de la
+figure, auraient pu la faire prendre pour l'image de Persée, si de la
+comparaison des monumens, il ne résultait une opinion bien établie en
+faveur du messager des Dieux. On voit dans Béger (_Thes. Brand, t. III,
+p. 236_) une figure semblable assise sur un rocher, n'ayant pour tout
+attribut que les talonnières et une bourse à la main, qui ne peut
+convenir à Persée. Notre Mercure tient dans la main droite un fragment
+qui paraît appartenir au caducée ou à la verge avec laquelle le Dieu
+conduisait les ames aux enfers. L'état de repos ne paraît pas convenir
+à ce messager si bien employé; cependant ce choix d'attitude, quoique
+rare, n'est pas sans exemple; Pausanias (_II, 3_) fait mention d'une
+statue de bronze que possédaient les Corinthiens, représentant Mercure
+assis, ayant à ses côtés un bélier. Béger donne encore une très
+rare médaille de Tibère, où l'on voit au revers Mercure assis sur un
+promontoire; l'antiquaire observe qu'en Afrique, sur le _promontoire
+de Mercure_, était située la ville de _Clupea_, à laquelle appartient
+peut-être cette médaille. On élevait des temples sur les promontoires,
+et on y consacrait des statues de Mercure; on regardait, sans doute, ces
+lieux comme un point de repos pour le divin messager. Ainsi Virgile le
+peint se reposant sur le mont Atlas, et de-là se précipitant vers les
+flots comme un oiseau (_Æn. IV, p. 252_). Le poète l'appelle _Cyllénius_
+du mont Cyllène en Arcadie, où Mercure était né; ce lieu lui était cher,
+et peut encore servir à motiver la pose où il est ici représenté. Nous
+devons observer que le rocher est moderne; on n'a point trouvé la
+pierre ou le bronze antique qui servait d'appui à la figure; mais la
+restauration paraît suffisamment justifiée par toute l'attitude.
+
+Hauteur, 4 Pieds.
+
+[Illustration 45]
+
+
+
+PLANCHE XVI.
+(_P. 35, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+On reste indécis, après avoir examiné ce bronze, s'il représente
+Mercure ou Persée; les attributs du Dieu et du Héros peuvent aisément se
+confondre. On voit le plus souvent Mercure coiffé du chapeau, ou Pétase
+aîlé, rarement le fils de Danaé porte ce chapeau: cependant c'est
+quelquefois son seul attribut, et quelquefois le fils de Maïa n'en a pas
+d'autre que les talonnières. Béger a publié un Mercure avec le
+diadème (_Th. Brand. t. III, p. 236_). Cet ornement qu'on remarque ici
+paraîtrait devoir plutôt appartenir au roi d'Argos. La figure portait,
+sans doute, quelque objet qui l'aurait fait reconnaître d'une manière
+plus assurée: à considérer le mouvement de la main repliée, on pourrait
+présumer que l'objet qu'elle renfermait était rond; si l'on suppose que
+c'était une pomme, il faut se décider en faveur de Mercure apportant
+au berger Pâris la pomme qu'il doit décerner, pour prix de la beauté, à
+l'une des trois Déesses.
+
+Ce superbe bronze se voit actuellement à la Malmaison, dans le Cabinet
+de S.M. l'Impératrice et Reine.
+
+Hauteur, 2 P. 8 p°.
+
+[Illustration 47]
+
+
+
+PLANCHE XVII.
+(_P. 36, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+La beauté, la délicatesse des formes, mieux encore que le thyrse,
+font reconnaître dans cet excellent bronze, une figure de Bacchus. Ses
+cheveux longs et relevés avec une sorte de négligence appartiennent
+encore à ce même caractère de mollesse: «Toujours semblable à lui-même,
+ses traits répondent à sa nature; parmi les garçons c'est une fille,
+parmi les filles c'est un garçon; parmi les adultes il est imberbe; il
+charme toujours (_Arist. H. in Bacc. p. 53_)». Sa main élevée avec grâce
+paraît devoir tenir un vase. Ce Bacchus rappelle celui du tome II des
+peintures, pl. 33.
+
+Hauteur, 1 P. 4 p°.
+
+[Illustration 49]
+
+
+
+PLANCHE XVIII.
+(_P. 38, t. VI de l'Edition royale._)
+
+Nous avons déjà eu occasion de faire remarquer les traits
+caractéristiques auxquels on peut distinguer entre eux les Faunes, les
+Satyres et les Silènes, dont les attributs ont été souvent confondus.
+(Voyez _Peint, tom. I, pl. 16._). Ce bronze représente un Faune, dont
+l'action vive et pétulante fait le caractère; comme un air sauvage,
+le front étroit, les oreilles longues et la queue au bas du dos, en
+désignent l'espèce: la queue est sur-tout leur signe distinctif. On
+rencontre souvent, dans les monumens bachiques, ces figures exprimant
+la joie folle et emportée de l'ivresse. Les Faunes représentaient les
+antiques et sauvages habitans des campagnes et des forets. Vêtus de la
+dépouille des bêtes fauves, laissant à ces peaux les parties saillantes,
+comme les oreilles, les pattes et la queue, l'imagination a pris plaisir
+à confondre cet extérieur bizarre avec leurs personnes; c'est ainsi
+qu'on se forma l'idée des Centaures, en voyant les premiers hommes à
+cheval. Ces images enfantées par la peur ou par la superstition, furent
+consacrées par le langage métaphorique des poètes, et ce qui demeura,
+pour les sages de l'antiquité, un emblême ingénieux du dérèglement des
+passions, fut, pour le vulgaire, l'objet d'un culte extravagant. Tous
+les êtres monstrueux dont on forma la suite de Bacchus, se perpétuèrent
+encore dans l'imagination par les représentations théâtrales; et les
+poètes se servirent adroitement, et souvent avec trop de licence, de ces
+personnages, pour répandre à pleines mains le sel de leurs sarcasmes.
+C'est cet abus choquant dans un siècle plus poli, qu'Horace a combattu
+en réglant le caractère convenable aux Faunes introduits sur la scène
+(_Art. poét. 244._).
+
+Hauteur, 8 p°.
+
+[Illustration 52]
+
+
+
+PLANCHE XIX.
+(_P. 40, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Ce beau bronze représente encore un jeune Faune; assis sur un tas
+de pierres, un bras replié sur la tête, l'autre pendant, il est dans
+l'abandon du sommeil. Outre les cornes naissantes, il a sous le cou deux
+excroissances de chair en forme de _figues_, semblables à celles qu'on
+remarque quelquefois dans les chevreaux; ce signe est commun aux Faunes
+et aux Satyres. Delà est venu, chez les Latins, le nom de _Ficarius
+Faunus_ donné au dieu Faune.
+
+Hauteur, 3 P. 6 p°.
+
+[Illustration 54]
+
+
+
+PLANCHE XX.
+(_P. 41, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Ce bronze, d'un goût et d'un fini précieux, représente un Marsyas, ou,
+pour s'exprimer plus généralement, un Silène; la couronne de lierre
+(dont les feuilles sont en argent); les oreilles de chèvre, seul signe
+qui s'écarte de la nature humaine, le front chauve, la barbe épaisse, et
+la maturité de l'âge qui se fait sentir dans le visage et dans tout le
+corps, tout concourt à le caractériser. La position des mains et des
+doigts, la contraction de la bouche et les plis du front indiquent qu'il
+jouait de la flûte, quoique l'instrument soit perdu. Le socque qu'il a
+sous le pied droit paraît destiné marquer la mesure, et c'est peut-être
+le _Crupèze_ décrit par Pollux (_VII, 87_) dont les Béotiens se
+servaient habilement, et qui les faisait appeler _Crupezophores_.
+
+Hauteur, 10 pouces.
+
+[Illustration 56]
+
+
+
+PLANCHE XXI.
+(_P. 42, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Ce bronze est compté parmi les plus belles statues du Musée Royal; c'est
+un Silène ou un Faune étendu sur une peau de bête fauve, et appuyé
+sur une outre. L'abandon de l'ivresse ne peut être rendu avec plus de
+vérité, et la nature de ce suivant de Bacchus a permis à l'artiste de
+la montrer, pour ainsi-dire, dans toute sa nudité. Il est encore bien
+caractérisé par le diadême et les corymbes, par les oreilles pointues et
+les deux excroissances qui lui pendent sous le cou. Anacréon (_Od. 38_)
+se compare à Silène, qui, quoique vieux, boit et danse à l'égal des
+jeunes gens, et qui, pour sceptre, tient une outre au-lieu de la férule.
+Si notre Silène ne s'est point fait un sceptre de son outre, il s'en
+fait un coussin digne de son trône et de sa joyeuse indolence.
+
+Hauteur, 4 P. 6 p°.
+
+[Illustration 58]
+
+
+
+PLANCHE XXII.
+(_P. 43, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+Nous donnons un second dessin du Silène ivre, qui fait le sujet de la
+planche précédente. On saisira mieux, dans celui-ci, toute l'expression
+et le geste remarquable que fait le personnage bachique avec les doigts
+de la main droite. L'index déployé, il presse le doigt du milieu sur le
+pouce pour produire ce claquement, signe de mépris et d'insouciance. Ce
+jeu des doigts était une circonstance remarquable dans la célèbre statue
+de Sardanapale, décrite par Aristobule, chez Athénée (_XII, 7_). La
+statue en marbre de ce roi voluptueux était élevée sur son tombeau;
+il faisait ce même geste; dans l'inscription on lisait: _Mange, bois,
+divertis-toi_; et le geste semblait dire: Tout le reste ne vaut pas
+cela.
+
+Hauteur, 4 P. 6 p°.
+
+[Illustration 60]
+
+
+
+PLANCHE XXIII.
+(_P. 44, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+Cette figure curieuse servait à la décoration d'une fontaine, découverte
+dans les fouilles de Portici au mois de décembre 1754; elle tenait le
+milieu parmi dix autres plus petites, toutes servant au dégorgement des
+eaux. Le vieux Faune ou Silène, comme on voudra l'appeler, couronné de
+lierre, la barbe divisée en longues moustaches, est à cheval, d'un air
+très-sérieux, sur une outre qu'il tient par les oreilles, et dont la
+large bouche donnait passage à l'eau. Il se tient en bon écuyer, le
+corps droit et les jambes pendantes, approchant du ventre de sa monture,
+ses talons armés d'une chaussure grossière. Ces figures bachiques
+étaient souvent employées à répandre les eaux des fontaines. Le caprice
+de l'artiste en variait à son gré les intentions. Si l'on voulait
+supposer ici quelque intention allégorique, on pourrait rappeler le
+proverbe grec: «Le vin est un bon cheval pour qui a du chemin à faire»;
+mais il faudrait penser aussi que le bon Silène croit tenir entre les
+jambes une outre plus généreuse, et qui épanche autre chose que le
+trésor des nymphes.
+
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
+[Illustration 62]
+
+
+
+PLANCHE XXIV.
+(_P. 45, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Comme le précédent, ce Faune ou Silène faisait partie de la décoration
+dont nous avons parlé; couronné de lierre, ayant des oreilles de chèvre,
+la barbe longue et bouclée, sa corpulente virilité n'a rien de plus
+gracieux. L'eau s'épanchait de l'outre sur laquelle il s'appuie. De
+l'usage fréquent de ces figures était dérivé le nom de _Silanus_ (le
+même que _Silenus_) pour exprimer le tuyau d'une fontaine.
+
+Hauteur, 11 pouces 7 lignes.
+
+[Illustration 64]
+
+
+
+PLANCHE XXV.
+(_P. 46, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Autre Faune de la même fontaine. On remarque en lui les mêmes attributs
+bachiques, les mêmes signes de virilité, exprimés dans ses compagnons.
+Cette poitrine large, hérissée de poils, ne désigne pas seulement une
+nature robuste et sauvage, c'est aussi l'emblème des qualités généreuses
+qui suivent une forte complexion, le courage, la prudence et la sagesse.
+Homère et les anciens poètes se plaisent, dans leur langage mâle
+et naïf, à peindre les grands cœurs sous cette rude enveloppe. Si
+l'observation n'a point d'application pour ces figures muettes et
+grotesques, on pourra cependant se souvenir que le masque de Silène en
+est, pour ainsi-dire, le type, et que ce précepteur de Bacchus est l'un
+des premiers sages de l'antiquité. Notre Faune caresse une panthère qui
+vomissait de l'eau; un autre Faune semblable lui servait de pendant.
+
+Hauteur, 1 pied 8 lignes.
+
+[Illustration 66]
+
+
+
+>PLANCHE XXVI.
+(_P. 47 et suiv, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Les quatre enfans ou génies que nous rassemblons dans cette planche,
+faisaient encore partie de la décoration de la fontaine; les instrumens
+qu'ils portent servaient à en répandre les eaux.
+
+Dans le premier, on reconnaît un petit Faune d'un aspect gracieux; les
+cornes commencent naître sur son front; d'une main, il tient une corne,
+vase à boire; de l'autre, un petit outre. On faisait des outres de
+la peau de divers animaux, et de différentes dimensions; les plus
+portatives se nommèrent d'abord chez les grecs _ascoi_, ensuite
+_flascoi_, flacons. Parmi les vases antiques, dits improprement
+étrusques, on en trouve beaucoup qui ont conservé la forme de ce vase
+primitif qu'ils ont remplacé.
+
+Les deux autres Génies s'appuient sur un masque supporté par une
+petite colonne. L'arrangement des cheveux dans ces Génies, mérite
+quelqu'attention: c'est une coiffure qui appartient l'enfance; elle se
+nommait vulgairement _scorpion_, de la forme que prenait la touffe de
+cheveux liés sur le sommet du front, lorsque les pointes se divisaient
+en deux boucles: les Athéniens l'appelaient aussi _crobilos_, quand la
+touffe n'offrait qu'une seule pointe conique, ressemblant à une pomme de
+pin. On remarque cette même coiffure dans les images de la jeunesse, sur
+les médailles. Nous pourrions considérer ces enfans comme des génies de
+Fleuves. Les Fleuves n'étaient pas toujours représentés sous la figure
+d'un vieillard barbu. Le fleuve Agrigente en Sicile, le fleuve Melès de
+Smyrne, se montraient sous l'aspect d'un enfant riant et gracieux: les
+médailles nous offrent souvent les Fleuves sous cette image agréable.
+On sait encore que les jeunes garçons étaient chéris des nymphes;
+elles enlevèrent Hylas; elles prirent soin de l'enfance de Jupiter, de
+Bacchus, de Pan, d'Aristée, d'Énée, et de plusieurs autres. L'enfance
+près des eaux est du-moins un emblême ingénieux de leur fécondité.
+
+Des deux autres enfans, l'un tient un dauphin sous le bras, l'autre
+porte sur l'épaule un vase, proprement dit _hydria_.
+
+Hauteur, 1 P. 2 p°.
+
+[Illustration 69]
+
+
+
+PLANCHE XXVII.
+(_P. 52, t. VI de l'Edition royale._)
+
+
+FIG. I. On peut reconnaître un _Dieu Lare_ dans cette figure de style
+étrusque. Les images certaines des Lares, qui présidaient aux quartiers
+de Rome, et que plusieurs bas-reliefs, accompagnés d'inscriptions, nous
+ont fait connaître, ne nous laissent aucun doute sur le véritable sujet
+de ce bronze. Toutes les collections et les cabinets des curieux en
+possèdent de semblables, mais ordinairement plus petites. La corne
+d'abondance est le symbole de la bonté de ces divinités domestiques et
+locales; la patère paraît demander des libations et recommander leur
+culte; l'habit succinct les présente comme des ministres des grands
+Dieux, employés sans cesse à parcourir la terre et à y répandre
+leurs bienfaits. M. Visconti, dans ses savantes explications du musée
+Pio-Clémentin (_t. IV, pl. dernière_) a fixé le caractère qu'offrent les
+images des dieux Lares: nous aurons occasion d'en parler encore au
+sujet de la planche suivante. La robe gonflée par le vent est une
+particularité qui semble indiquer que la divinité protectrice est en
+grand mouvement ou placée dans un vestibule: on remarque encore une
+draperie qui lui pend sur l'épaule, et dont une partie lui sert de
+ceinture; c'est une espèce de _palliolum_ ou petit manteau. La chaussure
+est le socque proprement dit: c'est le soulier qui ne passait pas la
+cheville du pied, et qui, étant en Italie la chaussure la plus commune,
+est devenue l'emblème de la comédie; sur le soulier est une languette
+destinée à recouvrir les attaches: c'est ce qui donne lieu à une
+plaisanterie d'un poète comique, rapportée par Athénée, et qui, de nos
+jours, ne paraîtra pas d'un bon sel, «que les femmes ont de la langue
+jusque sur leurs souliers». (_Ath. XV, 6. p. 677_).
+
+
+FIG. II. Ce bronze, d'un excellent travail, représente un Echanson,
+proprement dit _Pocillateur_, tenant d'une main un _rhyton_, terminé en
+forme d'animal, et de l'autre une coupe. L'habit succinct est relatif à
+ses fonctions, et le reste de son ajustement rappelle ce que dit Pétrone
+d'un bel enfant qui servait à table dans le festin de Trimalchion,
+couvert des attributs de Bacchus; c'est précisément ce qu'on remarque
+ici dans les brodequins passés sur les souliers, dans le diadème, dans
+les feuilles et les corymbes de lierre, et sur-tout dans les cornes
+postiches.
+
+FIG. I.--Hauteur, 1 P. 11 p°.
+
+FIG. II.--Hauteur, 1 P. 2 p°.
+
+[Illustration 72]
+
+
+
+PLANCHE XXVIII.
+(_P. 54, 55, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+La première de ces figures tenant un _rhyton_ et une patère, ayant une
+couronne et l'habit succinct, est un dieu Lare; l'autre, plus richement
+vêtue, la tête ceinte d'une bandelette dont les bouts retombent sur les
+épaules, paraît être un _Camille_ ou ministre des sacrifices. Les images
+des dieux Lares n'étaient pas seulement placées dans les carrefours,
+dans les vestibules et les pièces intérieures des maisons, elles
+servaient encore à décorer les buffets et les tables mêmes; quand elles
+ont cette destination, on ne les voit guère sans quelqu'attribut de
+Bacchus; et le plus commun, le plus caractéristique est précisément le
+_rhyton_, ce vase primitif. L'usage suivi dans les festins servirait
+encore appuyer cette opinion, si elle n'avait pour elle l'autorité de
+plusieurs monumens connus. «Après le premier service, on enlevait les
+tables, on jetait au feu tous les restes; un enfant appelait les Dieux
+propices; on apportait de nouvelles tables couvertes de fruits et de
+vases de vin; on posait les dieux Lares sur la table; quelquefois on les
+promenait dans la salle en les donnant à baiser aux convives; ensuite
+on portait les saluts au bon Génie ou Bacchus, aux autres Dieux, et aux
+hommes qu'on voulait honorer» (_Serv. in Æn. liv. 730.--Petron. cap.
+60_). Le respect qu'on portait à ces Dieux familiers, témoins de toutes
+les actions privées et secrètes, était peut-être le sentiment religieux
+le plus profond. On peut en voir une preuve dans le soin que fait
+prendre Virgile au vieux Anchise, de sauver ses dieux Lares de sa ville
+embrâsée, comme son plus cher trésor.
+
+FIG. I.--Hauteur, 5 pouces 6 lignes.
+
+FIG. II.--Hauteur, 5 pouces 10 lignes.
+
+[Illustration 75]
+
+
+
+PLANCHE XXIX.
+(_P. 56, 57 t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Ce bronze, d'un excellent travail, représente un beau
+jeune homme qu'on reconnaîtra facilement encore pour un Camille ou
+_Pocillateur_ sacré. Il porte un sceau (_situla_) et un éventail
+formé de plumes, qui désignent ses fonctions; il a l'habit succinct à
+demi-manches; ses cheveux arrangés avec soin, sont ornés d'une couronne
+dont les bandelettes retombent sur les épaules. Sa figure est d'une
+grande beauté, et donne penser que, suivant l'usage rapporté par
+Athénée, il a été choisi dans la fleur de la jeunesse pour porter les
+choses sacrées. Les prêtres et les ministres du culte devaient être
+exempts de toute imperfection; ceux qui approchaient les Dieux devaient
+leur plaire par un extérieur agréable: c'était un noble hommage qu'on
+faisait à la Divinité de ses propres dons. «En effet, la beauté est le
+plus riche de nos biens, le plus agréable aux Dieux et aux hommes; tous
+les autres font naître l'envie et produisent des ennemis; la beauté se
+concilie la bienveillance de tous (_Dion. Chris. Or. XXIX_), à moins
+qu'il n'en soit quelquefois autrement parmi les femmes (_Luc. in
+char._). Le beau n'est autre chose que ce qui plaît, et ce qui déplaît
+n'est pas beau (_Xenoph. in conv._).» Cette passion du beau était, chez
+les anciens, un sentiment religieux, et nous voyons, par leurs ouvrages,
+combien ce sentiment a élevé et fécondé leur génie.
+
+FIG. II. Ce bronze paraît être d'un bon style étrusque. C'est encore
+un Camille ou un _Pocillateur_; son action seule peut déterminer son
+caractère; les palmes tournées vers le ciel conviennent au moment de la
+prière, il tourne sur la pointe des pieds, et on peut supposer que ce
+personnage exécute une danse religieuse. Cette action pourrait aussi
+convenir au danseur d'un banquet; les cheveux bouclés en longs anneaux
+(_calamistrati_) appartiennent à un personnage de cette profession.
+
+Il paraît que cette dernière figure avait une coupe ou une patère dans
+la main gauche.
+
+FIG. I.--Hauteur, 8 p°. 4 lig.
+
+Fie. II.--Hauteur, 8 pouces.
+
+[Illustration 78]
+
+
+
+PLANCHE XXX.
+(_P. 58, 59, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Nous réunissons, dans une seule planche, ces deux excellentes statues de
+bronze, qui, opposées l'une à l'autre, forment une action parfaite. Ce
+sont deux lutteurs en présence qui rassemblent leurs forces dans une
+pose étudiée, tout prêts à s'attaquer. La description que fait
+Héliodore (_X, p. 505_) de Théagène s'apprêtant à la lutte, s'adapte
+merveilleusement au sujet. «Théagène, dit-il, prit de la poussière, s'en
+frotta les bras et les épaules tout humides de sueur; ensuite, étendant
+les deux bras en avant, affermi sur les pieds, les genoux un peu pliés,
+courbant et voûtant le dos et les épaules, fléchissant le cou d'un côté;
+enfin, renforçant et rassemblant toutes les parties de son corps,
+il attendait avec impatience le moment de la lutte». En voyant nos
+athlètes, on retrouve tous les traits de cette vive peinture. Leur
+beauté répond à l'idée qu'on se forme, d'après les écrits des anciens,
+des jeunes gens dont la force, la grâce et l'agilité s'étaient
+développées dans les exercices de la gymnastique, et notamment de la
+palestre, qui avait pour but de faire valoir tous les avantages du
+corps. Aucune de leurs formes n'est altérée par l'effort de leur vigueur
+concentrée, c'est en cela que réside la perfection de cet art: qu'on les
+anime, la force ou l'adresse décidera de la victoire; mais le spectateur
+est content, et l'esprit satisfait ne demande rien au-delà de ces belles
+poses.
+
+Ces deux figures, de grandeur naturelle, ont été trouvées ensemble
+dans les fouilles de Portici, en 1754; et comme ces sortes de statues
+servaient de décoration aux gymnases, on est porté à croire que
+celles-ci ont décoré le gymnase d'Herculanum. Il n'y avait presque
+point de ville grecque qui n'eût un gymnase. Celui de Naples était très
+antique et très-célèbre, et une ville aussi florissante qu'Herculanum
+n'a pas dû être privée d'un tel monument.
+
+FIG. I.--Hauteur, 4 P. 7 p°.
+
+FIG. II.--Hauteur, 3 P. 2 p°.
+
+[Illustration 81]
+
+
+
+PLANCHE XXXI.
+(_P. 60, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Cette petite statue déjà précieuse par le travail, le deviendrait encore
+davantage, si, parmi les héros auxquels conviennent ses attributs,
+on pouvait déterminer celui qu'elle représente. Le pied posé sur une
+pierre, le genou plié, le coude appuyé sur le genou, la tête levée et
+le regard fixe, son attitude, expriment le repos et l'attention. Cette
+attitude de choix se trouve répétée dans quelques monumens antiques.
+Rien dans les formes n'appartient au beau idéal; c'est l'expression
+naïve de la nature. Le diadême, les cornes de taureau qui paraissent sur
+sa tête, la chlamide héroïque, semblent être une espèce d'apothéose en
+faveur du personnage. Nous avons déjà eu occasion de faire remarquer que
+les cornes de taureau étaient l'emblème de la force et de la puissance;
+nous les avons vu faire partie d'une armure dans un trophée. Démétrius
+Poliocerte est représenté dans quelques médailles avec des cornes de
+taureau, soit par allusion à son habileté, comme inventeur de machines
+guerrières, soit par imitation des attributs de Bacchus, dont il
+affectait de suivre les traces. On voit aussi dans les médailles,
+Alexandre avec des cornes de bélier, en mémoire de Jupiter Ammon, dont
+il voulait passer pour fils, on voit Lysimaque et Magas paraître dans
+leurs images avec le même signe. Dans un oracle antique rapporté par
+Pausanias (_X, 15_), Attale, roi de Pergame, vainqueur des Gaulois, est
+nommé _fils du taureau_. Séleucus Nicator (ou vainqueur) fondateur du
+royaume et de la race des Séleucides, s'était rendu célèbre par un acte
+de vigueur et de force digne des temps héroïques; seul il avait pris et
+rapporté à l'autel un taureau sauvage qui s'était échappé d'un sacrifice
+offert par Alexandre. Les Athéniens lui érigèrent, en mémoire de cette
+prouesse, une statue de bronze avec des cornes de taureau (_Lib. in
+Antioch. p. 351. Paus. I, 16._); et c'est ainsi que le représentent
+ses médailles. On penche à voir ce prince dans notre bronze, et l'on
+rapporte son attitude au moment où il prend les augures sur le mont
+Casius pour la fondation de Séleucie, ou sur le mont Sylphius pour la
+fondation d'Antioche. La trop grande jeunesse du héros représenté dans
+ce bronze, est la circonstance seule, mais bien remarquable, qui paraît
+s'opposer à cette dernière explication.
+
+Hauteur, 1 pied.
+
+[Illustration 84]
+
+[Illustration 85]
+
+
+
+PLANCHES XXXII et XXXIII.
+(_P. 51, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+On reconnaîtra facilement Alexandre-le-Grand dans cette statue équestre
+de petite proportion, que nous donnons sous un double aspect. On a pour
+comparaison la tête en marbre placée dans le musée Napoléon, et un assez
+grand nombre de pierres gravées et de médailles, quoique ces derniers
+monumens ne puissent pas être regardés comme contemporains de l'illustre
+conquérant. L'empereur Caracalla, qui voulut se faire passer pour
+un autre Alexandre, prit soin d'en renouveler la mémoire, en faisant
+élever, dans tous les temples, des statues à double face, comme celles
+de Janus, présentant sa tête d'un côté, et de l'autre celle du Héros. La
+nôtre, aussi belle que rare, est l'ouvrage d'un excellent artiste, ou
+du moins une copie faite avec la plus grande habileté sur un précieux
+original. On sait qu'Alexandre, par une fierté digne de sa grandeur, ne
+voulut point permettre de retracer son image à d'autres qu'à Apelles,
+en peinture, à Pyrgotélès en pierres fines, et à Lysippe en bronze. Le
+statuaire représenta son illustre modèle dans toutes ses actions, en
+le prenant à l'enfance; «lui seul, dit Plutarque (_De fort. Alex.,
+Or. II_), il sut exprimer dans le bronze le caractère d'Alexandre, sa
+beauté, et en-même-temps son courage, tandis que les autres artistes,
+ne voulant imiter l'inflexion de son cou, la vivacité et la placidité
+de ses yeux, ne savaient point conserver cet aspect viril et d'un
+lion». Voilà le trait principal qui distinguait Alexandre et le rendait
+supérieur aux autres hommes, quoique d'une taille médiocre. Il avoit le
+front élevé, les yeux bien fendus et brillans, le nez aquilin, les joues
+gracieusement colorées, les cheveux blonds et bouclés; une sorte de
+négligence n'ôtait rien en lui, à une certaine majesté qui résultait
+d'une exacte proportion des parties du corps; il portait la tête penchée
+sur l'épaule gauche, comme dans l'habitude de regarder le ciel; c'est
+ce que Lysippe avait saisi avec tant d'habileté, et une épigramme de
+l'Anthologie en conserve aussi la vive expression (_IV, 8, ép. 87_).
+«Lysippe a rendu l'audace d'Alexandre et toute sa beauté. Quelle force
+n'a pas ce bronze! les yeux tournés vers le ciel, il semble dire: la
+terre est à moi; ô Jupiter! règne dans le ciel». Il serait hors de
+propos de parler ici des faits glorieux qui ont signalé la carrière
+de notre Héros; l'histoire en est assez connue: comme nos observations
+doivent se borner aux monumens que nous expliquons, nous rappellerons
+seulement les dates qui fixent une époque célèbre dans l'histoire des
+arts. On place la naissance d'Alexandre l'an Ier de la 106e olympiade,
+le 6 du mois _hécatombéon_, qui revient au 20 juillet de l'an 356 avant
+J.-C., vers l'an 400 de la fondation de Rome, la nuit même que le temple
+de Diane à Ephèse fut incendié. Les historiens sont moins d'accord sur
+l'époque précise de sa mort; tous conviennent qu'il mourut peine âgé de
+33 ans, vers l'an Ier de la 114e olympiade, qui revient à l'an 324 avant
+J.-C. Cette courte vie parut remplie d'un tel bonheur qu'on s'en forma
+une idée superstitieuse, d'après laquelle ceux qui portaient l'image
+d'Alexandre, croyaient devoir réussir dans toutes leurs entreprises; on
+sait qu'Auguste lui-même se servait de cette image pour cachet. Cette
+opinion a contribué à en multiplier les copies.
+
+Nous revenons à l'examen de notre beau bronze; l'artiste, en
+représentant le Héros combattant à cheval, la tête nue, a, sans
+doute, voulu conserver tous les traits et le caractère de la tête,
+en-même-temps qu'il démontre l'intrépidité du guerrier. Il est armé
+d'une épée, et cette épée rappelle le fer admirable par sa trempe et sa
+légèreté, présent du Roi des Citiéens, et dont Plutarque le représente
+armé la bataille d'_Arbelle_; cet auteur fait aussi mention d'un riche
+ceinturon, ouvrage antique d'Hélicon, présent de la ville de Rhodes;
+le Roi en porte un sur sa cuirasse. Sur son épaule est suspendue
+la chlamide macédonienne, différente de l'ancien manteau des temps
+héroïques, dit _Chlaina_, en ce qu'elle est plus large par le bas.
+Pompée, qui trouva la chlamide d'Alexandre parmi les richesses de
+Mithridate, en fit l'un des plus beaux ornemens de son triomphe. Cette
+chlamide est encore célèbre, en ce que l'architecte Dinocrates en donna,
+par adulation, la forme au plan d'Alexandrie. Le cheval, richement
+harnaché, offre, dans sa tête animée, dans son large poitrail, l'idée du
+fameux Bucéphale; il se trouve _rassemblé_ par l'arrêt que le héros
+lui imprime, prêt à foudroyer un ennemi; l'attitude donnée au héros est
+aussi hardie que savante.
+
+Trouvé à _Portici_ en 1761.
+
+FIG. I.--Hauteur, 1 P. 6 p°.
+
+FIG. II.--Hauteur, _idem._
+
+[Illustration 90]
+
+[Illustration 91]
+
+
+
+PLANCHES XXXIV et XXXV
+(_P. 63, 64, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Une Amazone à cheval, prête à lancer un javelot, est le sujet de ce
+bronze dont nous donnons un double dessin. Quelques auteurs ont regardé
+l'histoire des Amazones comme fabuleuse: elle est liée à l'histoire des
+temps héroïques; sous ce rapport, elle appartient aux arts; et, sans
+entrer dans les discussions des critiques, nous devons la considérer
+comme consacrée par les monumens. Cette nation de femmes guerrières
+semble s'éteindre ou se perdre dans l'obscurité, après sa reine
+Thalestris qui se présenta à Alexandre pour avoir une postérité d'une si
+belle source: c'est, en effet, l'époque où les progrès des sciences et
+des lumières mettent un terme aux belles fictions dont s'emparait le
+génie de la poésie et des arts. _Marpésie_ est leur première reine
+en Scythie; elle eut quatre filles célèbres, _Orithye_, _Antiope_,
+_Melanippe_ et _Hippolyte_. Hercule pénétra dans leur pays en l'absence
+d'Orithye; il désarma Melanippe, arracha à Antiope sa ceinture,
+sauve-garde ou symbole de la virginité dont les Amazones étaient
+extrêmement jalouses. Hippolyte fut prisonnière de Thésée qui l'épousa;
+la vengeance arma ses compagnes; de-là cette célèbre guerre des Amazones
+dans l'Attique, guerre qui devint l'objet des fameuses peintures du
+Pécile à Athènes. Après Orithye régna Penthésilée, qui fut tuée par
+Achille au siège de Troie: ce combat est représenté sur les pierres
+gravées. L'un des plus beaux ouvrages de Phidias était son Amazone
+appuyée sur une longue lance. Dans un vase grec admirable, du cabinet
+de M. Durand, illustré par MM. Visconti et Millin, on voit Hippolyte
+à cheval, armée de la lance, combattant contre Thésée. L'arme la plus
+ordinaire des Amazones est la hache à deux tranchans; on les voit aussi
+avec l'arc et le javelot comme dans notre bronze même. Presque tous les
+Grecs s'accordent à dire que les Amazones se brûlaient la mamelle droite
+pour être plus habiles à tirer de l'arc, et que leur nom dérivait de
+cette mutilation. On voit, malgré cela, dans les monumens, les Amazones
+avec la mamelle droite bien entière, mais découverte, comme on le
+remarque ici. L'arme défensive de ces guerrières était le bouclier
+échancré en forme de croissant (_pelta_). La nôtre porte un cothurne qui
+ne revêt qu'une partie de la jambe, et qui laisse le pied à découvert.
+Son vêtement est la robe courte avec la ceinture. Son attitude est
+pleine d'aisance; elle manie son cheval avec dextérité, et le coursier
+impétueux obéit bien à la main qui le guide. Le harnais est composé
+d'une selle plate à laquelle tient le poitrail, d'une large sangle, et
+d'une bride complète avec le mors. Ce grouppe est d'une belle exécution.
+
+Trouvé dans les premières fouilles de Portici.
+
+FIG. I.--Hauteur, 9 pouces. FIG. II.--Hauteur, _idem._
+
+[Illustration 95]
+
+
+
+PLANCHE XXXVI.
+(_P. 66, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Ce beau cheval de bronze est le seul morceau entier et bien conservé,
+d'un quadrige découvert en 1736 dans les fouilles de Résine, près le
+théâtre. On sait que les quadriges se plaçaient en l'honneur des dieux,
+ainsi que des généraux qui avaient bien mérité de la patrie, sur le
+sommet des temples et des arcs-de-triomphe, dans le _forum_ et dans
+les lieux les plus remarquables d'une cité: il est vraisemblable que
+celui-ci décorait le portique du théâtre. La caisse du char était d'un
+excellent travail: nous donnons dans la planche suivante trois figures
+qui servaient d'ornement à cette caisse.
+
+Ce cheval, dont la conservation a paru merveilleuse au milieu du
+désastre qui a mis en pièces ses compagnons, a été placé au milieu de la
+cour du Musée royal de Portici, avec cette inscription imitée de celle
+qu'on lisait en Elide, au rapport de Pausanias, sur une colonne de
+bois, seule échappée de l'incendie du palais d'Enomaiis, embrâsé par la
+foudre:
+
+ EX QVADRIGA ÆNEA
+ SPLENDIDISSIMA
+ CVM SVIS JVGALIBVS
+ COMMINVTA AC DISSIPATA
+ SVPERSTES ECCE EGO VNVS
+ RESTO
+ NONNISI REGIA CVRA
+ REPOSITIS APTE SEXCENTIS
+ IN QVÆ VESVVIVS ME
+ ABSYRTI
+ INSTAR DISCERPSERAT
+ MEMBRIS.
+
+Hauteur, 7 pieds.
+
+[Illustration 98]
+
+
+
+PLANCHE XXXVII.
+(_P. 67, 68 et 69, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Les trois figures réunies dans cette planche sont de bas-relief, et
+servaient d'ornement à la caisse du char dont nous avons fait mention
+dans l'explication précédente.
+
+FIG. I. _Junon Reine_, dont l'attribut distinctif est ici la couronne
+radiée. L'expression sérieuse de la figure, l'austérité du costume,
+conviennent encore au caractère de cette Déesse, mais sur-tout
+l'agencement de cet ample manteau qui vient lui former un voile sur la
+tête. On sait que cette coiffure était celle des matrones, et on la voit
+très-souvent donnée, sur les médailles, aux images de Junon. Les manches
+de la tunique sont fermées par un rang de fibules, ornement qui n'est
+pas rare dans les monumens antiques.
+
+FIG. II. _Jupiter imberbe_. Cette figure n'est pas celle d'Apollon,
+comme les Académiciens d'Herculanum penchaient à le croire; elle n'en
+a aucun des attributs; la forme de la chevelure et le jet du manteau
+conviennent à Jupiter; la draperie d'Apollon, dans les figures
+demi-nues, est une chlamyde. L'attitude est celle que nous présente un
+grand nombre d'images de Jupiter; la foudre était dans la main droite,
+la patère dans la gauche: on voit presque toujours Jupiter avec une
+barbe majestueuse et touffue; mais on l'adorait aussi comme enfant,
+adolescent et jeune homme: on le trouve imberbe dans quelques monumens
+assez rares à-la-vérité. Cette privation de la barbe est surtout
+reconnue par le nom d'_Axur_, sous lequel Jupiter était révéré chez les
+Grecs et chez les Romains. Ici il se présente, selon l'opinion de M.
+Visconti, une raison de plus pour représenter ce Dieu sans barbe; c'est
+que l'intention de l'artiste peut avoir été d'offrir, sous l'emblême
+de la Divinité, quelqu'empereur romain. Nous en verrons un exemple
+authentique dans la _planche XLIII_ de ce volume. On pourrait,
+peut-être, également retrouver une princesse romaine, dans la figure de
+Junon.
+
+FIG. III. La tête de ce _dieu Mars_ est évidemment un portrait romain,
+et vient à l'appui de notre première conjecture. Les Romains n'ont que
+rarement représenté ce Dieu à demi-nu, avec la chlamyde seule, la lance
+à la main et le casque en tête: leurs médailles lui donnent la cuirasse,
+et l'offrent tout armé, à-peu-près comme il est ici.
+
+FIG. I.--Hauteur, 2 P. 1 p°.
+
+FIG II. et III.--Hauteur, 2 P. 1 p°. 8 lig.
+
+[Illustration 101]
+
+
+
+PLANCHE XXXVIII.
+(_P. 71, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Les Canephores dont nous avons déjà parlé dans le Ier volume de cet
+ouvrage, étaient, à proprement parler, de jeunes Athéniennes qui, dans
+les fêtes de Minerve, portaient dans des corbeilles des objets sacrés
+et peu connus: on a donné ensuite ce nom à celles qui, dans les fêtes
+de Bacchus et de Cérés, portaient aussi les cistes mystiques et les
+corbeilles où étaient renfermées les offrandes et les choses destinées
+aux sacrifices. Le développement que donnait aux grâces naturelles du
+corps l'attitude et le mouvement de ces femmes religieuses, choisies
+parmi les plus nobles et les plus belles d'une cité, offrait des modèles
+aux artistes qui se plaisaient à les répéter. Les objets que doivent
+porter ces figures manquent souvent dans les monumens, soit par les
+ravages du temps, soit par une négligence des artistes. Le nom de
+Canephores ou de Cistophores, porteuses de corbeilles ou de cistes
+mystiques, semble être devenu un nom de convention, leurs fonctions
+pouvant être de porter tout autre objet, comme un vase, une aiguière,
+et leur dénomination variant alors chez les anciens Grecs, suivant les
+attributs. Ainsi Pline a nommé _la Canephore_ une statue de Scopas; et
+Cicéron décrit, sous le même nom, deux statues de bronze, ouvrage de
+Polyclète, volées par Verrès. Celle que nous avons sous les yeux porte
+les cheveux longs, arrangés avec soin, resserrés sur les épaules avec
+un ruban, et frisés par le bout en longs anneaux; cette particularité
+la distingue des ménades et des pleureuses dans les fêtes d'Adonis, qui
+portaient leurs cheveux longs et épars, les unes en signe de fureur, les
+autres en signe de deuil; son vêtement qui lui laisse les bras nus, est
+composé d'une tunique longue et d'un _peplum_.
+
+Trouvée, ainsi que les suivantes, dans les fouilles de Portici.
+
+Hauteur, 5 P. 8 p°.
+
+[Illustration 104]
+
+
+
+PLANCHE XXXIX.
+(_P. 70, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Les Canephores étaient assistées dans les processions par des
+personnages d'un rang inférieur. Les étrangers qui formaient à Athènes
+une classe à part, sous la dénomination d'_Epelydes_, n'étaient admis
+aux sacrifices qu'en faveur de ce service; les hommes portaient des
+vases, leurs femmes une _hydria_ ou aiguière, et leurs filles un
+parasol, un siège pliant ou d'autres ustensiles. Ils payaient un
+certain tribut pour ces privilèges, qui étaient plutôt une marque de
+bienveillance que d'orgueil de la part des Athéniens. En rapportant cet
+usage, qui pourrait expliquer quelque figure antique, nous n'en ferons
+point d'application à ces deux figures; les ranger dans la classe des
+Epelydes, ce serait donner une conjecture trop hasardée, et que ne peut
+motiver suffisamment la situation de leurs mains. Il n'y a aucun motif
+qui porte penser ici aux cérémonies des Panathénées, et nous nous
+bornons à considérer ces figures comme de jeunes femmes employées à une
+pompe ou cérémonie religieuse.
+
+FIG. I.--Hauteur, 5 P.
+
+FIG. II.--Hauteur, 4 P. 9 p°.
+
+[Illustration 106]
+
+
+
+PLANCHE XL.
+(_P. 78, 74, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Nous donnons deux dessins de cette statue pour faire voir l'ajustement
+du petit _peplum_, espèce de manteau particulièrement à l'usage des
+femmes, qui descendait jusqu'à la ceinture, et s'attachait sur les
+épaules avec des agraffes. Cet habillement laissait les bras découverts,
+et quand la tunique était sans manches, comme dans ce bronze, on disait
+de ce costume, _aller à la dorique_. Cet usage était celui des filles de
+Sparte, qu'une humeur austère semblait plutôt défendre, que ne faisaient
+les voiles de la pudeur. Un étranger s'écriait en voyant passer une
+Spartiate: Ah! quel beau bras!--Mais il n'est pas public, répondit-elle.
+Quand les tuniques avaient des manches, on appelait le vêtement à
+l'ïonienne; c'était la mode suivie à Athènes. Ce bronze nous paraît
+représenter une Canephore, ou une femme qui s'apprête pour une cérémonie
+religieuse. Ses cheveux flottent en longs anneaux sur son cou, et sa
+tête est ceinte d'un riche diadême.
+
+Hauteur, 5 P. 5 p°.
+
+[Illustration 108]
+
+
+
+PLANCHE XLI.
+(_P. 76, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Le costume de cette figure semble la ranger dans la même classe que
+les précédentes; il est cependant plus riche. Le diadème qui ceint sa
+chevelure ondoyante est parsemé de pierreries, représentées dans le
+bronze par des ornemens relevés en argent; c'est la couronne que Virgile
+donne aux princesses royales (_Æn. I, 659._) Les bouts du diadème sont
+réunis et cachés par un nœud formé avec les cheveux; la tresse employée
+à cet usage laisse à découvert le milieu du cou, sur lequel flotte avec
+élégance le reste des cheveux divisés en boucles. La tunique longue
+est ornée par le bas d'un bord couronné de rayons; les mêmes rayons se
+trouvent répétés au bas du manteau, dessus et au revers. Cette femme,
+qui est une prêtresse ou un personnage de grande distinction, paraît
+occupée d'une cérémonie sacrée, à laquelle on doit attribuer la pose
+remarquable dans laquelle elle étend les deux bouts de son manteau. Le
+bout qui enveloppe la main gauche, dont on distingue les doigts, indique
+que l'étoffe est transparente.
+
+Hauteur, 5 P. 2 p°.
+
+[Illustration 110]
+
+
+
+PLANCHE XLII.
+(_P. 76, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Le petit _peplum_ des femmes grecques n'était pas toujours succinct;
+il avait quelquefois des aîles qui descendaient jusqu'aux talons. Dans
+notre bronze, on voit le manteau court par devant, tomber par derrière
+jusqu'à terre. C'est une prêtresse ou une femme représentée dans une
+action religieuse. L'attitude des mains renversées et tournées vers le
+ciel, pourrait se rapporter à la prière; mais elle n'est cependant pas
+assez prononcée pour qu'on y reconnaisse absolument cet acte de piété.
+La prière se trouve indiquée sans équivoque dans d'autres figures
+de femmes, auxquelles Pline a donné le nom d'_adorantes_, et dont M.
+Visconti a indiqué dans ses œuvres plusieurs copies antiques: un
+objet que tiendrait la figure entre ses mains, comme une bandeau sacré
+(_vitta_ ou _infula_) pourrait aussi expliquer son attitude. Les figures
+précédentes sont pieds nus; celle-ci porte une espèce de sandales pour
+chaussure.
+
+Hauteur, 3 P. 10 p°.
+
+[Illustration 112]
+
+
+
+PLANCHE XLIII.
+(_P. 77, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Le sceptre et la foudre caractérisent ce beau bronze de proportion
+colossale, pour une statue de Jupiter, et c'est _Auguste_, le maître du
+monde, dont les traits sont ici divinisés avec les attributs du maître
+des Dieux. Tous les poètes contemporains ont appelé Auguste _dieu_ ou
+_divin_. Il eut de son vivant même, dans les provinces de l'empire, des
+temples et des prêtres comme une divinité. On doit être peu surpris de
+le voir paraître ici avec les emblêmes de la puissance de Jupiter. Il
+faut attribuer cette idée au respect qu'imprimait sa puissance,
+qui parut surnaturelle à tout l'univers soumis. Dans les médailles
+d'Auguste, les mêmes signes, une étoile et la couronne radiée sont les
+marques de l'apothéose; dans ces médailles, quoique frappées après sa
+mort, on le voit représenté avec les traits de la jeunesse, quand il est
+surnommé _Divus_. Qu'il soit imberbe, lorsqu'il paraît sous la figure
+de Jupiter, il n'y a rien de contraire aux traits caractéristiques de
+la divinité, comme nous l'avons fait remarquer dans une explication
+précédente, _pl. XXXVII_ de ce volume. Notre Auguste porte une bague au
+doigt annulaire de la main gauche. On donnait l'anneau aux figures des
+rois et des héros; nous l'avons vu au doigt de Thésée (_tome I, pl. V_);
+il est plus rare de le trouver au doigt d'une divinité: l'anneau de
+la statue porte pour signe la forme du _lituus_, ou bâton augural. Les
+empereurs romains étaient revêtus de la dignité d'augures. Ce bronze
+fut trouvé en 1741, dans les fouilles de Résine; il était placé dans un
+temple ou plutôt dans un _forum_, qu'on peut supposer avoir été la cour
+de la basilique augustale d'Herculanum (_curia basilicæ augustæ_): on
+sait que Naples possédait un monument consacré sous ce titre. La statue
+était placée au milieu de l'édifice; c'est ce qu'on appelait _templum
+tenere_, expression qu'on retrouve dans Virgile à propos même d'Auguste
+(_Georg. III, 16_). On doit encore attribuer à cette situation la
+proportion colossale de la statue.
+
+Hauteur, 9 Pieds.
+
+[Illustration 115]
+
+
+
+PLANCHE XLIV.
+(_P. 78, t. VI de l'Édition royale_)
+
+
+Cette autre statue colossale, érigée en l'honneur de l'empereur
+_Claude_, est d'un excellent travail, et fut trouvée avec celle
+d'Auguste dans le même lieu. Auguste est représenté comme une divinité,
+et Claude comme un héros; c'est ce qui paraît par la nudité totale du
+corps et le sceptre ou bâton de lance (_hasta pura_) sur laquelle il
+s'appuie. Le bâton de lance était originairement un prix décerné à la
+valeur par les généraux romains (_Polybe VI, 37_); il devint ensuite un
+signe d'honneur: on remarque ce signe sur les médailles qu'Auguste fit
+frapper en l'honneur de ses petits-fils, Lucius et Caïus Cæsar, princes
+de la jeunesse. Le bâton de lance et la nudité distinguaient les statues
+héroïques auxquelles les jeunes gens des gymnases servaient de modèles,
+et qu'on nommait du nom d'Achille, achilleæ (_Plin. XXXIV, 5._)
+L'empereur porte au doigt annulaire une bague avec le signe du _lituus_,
+comme dans le premier bronze. L'inscription qu'on a trouvée sur une lame
+de bronze qui revêtissait la base sur laquelle la statue était posée,
+confirme les rapprochemens que l'on peut faire de la tête avec les
+traits connus de Claude. Voici l'inscription telle qu'elle est figurée
+sur la base, avec les lettres suppléées pour en donner le sens parfait:
+
+TIberio. CLAVDIO. DRVSI. Filio. CAISARI. AVGVSTo.
+GERMANICO. PONTIFici. MAXimo. TRibunitia. PotesTate.
+VIII. ImPeratori XVI. COnsuli IIII. PatRi. PATRIæ. ceNSori.
+EX TESTAMENTO.... mESSI. Lucii Filii Marci Nepotis
+SENECÆ. MILITis. COHORtis. XIII. VRBANÆ ET
+DEDICATioNI. EIVS. LEGAVIT MVNICIPIBus SINGVLIS.
+HS. IIII. Nummos.
+
+On voit par-là que ce bronze a été érigé en vertu du testament d'un
+certain _Messius_, soldat de la treizième cohorte de la garde de Rome
+(urbanæ), lequel avait légué pour la dédicace de la statue quatre
+sesterces (environ 16 sous de notre monnaie) par tête de chacun de ses
+concitoyens. Ce legs de quatre sesterces par tête était la libéralité
+assez ordinairement en usage pour la dédicace des statues, comme
+l'attestent plusieurs inscriptions; elle contribuait aux frais d'un
+repas public, ou servait à des largesses qui en tenaient lieu sous
+le nom de _sportulæ_: l'inscription, en énumérant les dignités de
+l'empereur, détermine aussi l'époque du monument qu'on peut rapporter à
+la 6e année de son règne, l'an 802 de Rome, et 49 de l'ère vulgaire.
+
+Hauteur, 8 P. 6 p°.
+
+[Illustration 118]
+
+
+
+PLANCHE XLV.
+(_P. 79, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+En s'attachant à la ressemblance qu'offre la tête de cette belle statue
+avec les images connues de _Néron-Claudius-Drusus_, on y reconnaîtra,
+avec quelque certitude, cet illustre personnage représenté en habit de
+sacrificateur. L'usage des Romains était de se couvrir la tête dans les
+sacrifices, sans doute pour se recueillir en présence de la divinité,
+et pour ne pas entendre des mots qui pouvaient être de mauvais augure,
+_malè ominata verba_. Comme ils allaient tête nue quand ils étaient
+vêtus de la toge, ils se servaient d'un pan même de la robe pour se
+couvrir; cette remarque est confirmée par les médailles, et quelques
+monumens: l'un des plus beaux que nous puissions citer, est la statue en
+marbre du sacrificateur, au musée Napoléon, salle des Romains. L'anneau
+que porte Drusus a pour signe le bâton augural (_lituus_) et confirme
+le caractère sous lequel nous envisageons cette statue, et la dignité
+d'augure dans la personne du prince. Aucun écrivain ne fait mention de
+cette dignité, et nous n'en connaissons aucun monument. Drusus, fils de
+Tibère-Claude-Néron et de Livie, était né trois mois après le mariage de
+Livie avec Auguste, qui avait forcé son mari à la répudier. Auguste ne
+se prévalut point du don que lui faisait la fortune, suivant le proverbe
+qui se répandit à cette occasion: «Aux hommes heureux, il vient des fils
+après trois mois». Le fils de Livie fut renvoyé à Néron. Drusus reçut
+de ses victoires sur les Germains le nom de _Germanicus_, qui, par le
+décret du sénat, devint le nom propre de son fils aîné; il couvrit de
+gloire une courte vie. Sa beauté personnelle, l'aménité de ses mœurs,
+lui gagnaient tous les cœurs. Juste envers lui-même et envers les
+autres, il sut se faire et se conserver des amis (_Vell. Pater. II,
+97_), et laissa une mémoire aussi recommandable par ses vertus privées,
+que par ses vertus guerrières.
+
+Les draperies sont traitées avec un art admirable. Trouvé dans les
+fouilles de Résine, en 1741.
+
+Hauteur, 8 P. 10 pouces.
+
+[Illustration: 121]
+
+
+
+PLANCHE XLVI.
+(_P. 80, t. VI de l'Édition royale_).
+
+
+Ce bronze offre quelque ressemblance avec les médailles d'_Antonia_,
+fille de Marc-Antoine, nièce d'Auguste par sa sœur Octavie, et femme de
+Néron-Drusus, princesse vertueuse et digne de son illustre époux; elle
+fut mère de Germanicus, de l'empereur Claude et de Liville, femme du
+second Drusus, qu'elle força à mourir de faim pour avoir empoisonné
+son époux. Elle-même, dans sa vieillesse, fut forcée par son petit-fils
+Caligula, à périr de ce genre de mort, suivant Dion, et par le poison,
+suivant Suétone. Si les traits de ce bronze n'appartiennent pas à cette
+princesse, il paraît du-moins par une inscription détachée, trouvée dans
+les fouilles de Résine, qu'elle eut une statue à Herculanum. La coiffure
+est celle que lui donnent les médailles. Une main étendue, l'autre à
+demi-fermée, elle devait porter quelques attributs comme une divinité.
+Nous avons vu que ces honneurs étaient souvent accordés aux empereurs,
+aux impératrices et aux princes et princesses de leur sang. Sur quelques
+médailles, on voit Antonia sous la figure de Cérès, couronnée d'épis;
+sur d'autres, on voit Faustine tenant une pomme, avec la légende à
+_Venus-Augusta_: c'est encore ainsi qu'on croit reconnaître Julie, fille
+d'Auguste, dans la Cérès du musée Napoléon. L'anneau dont nous donnons
+la figure à part, sur la même planche, porte un chaton où l'on remarque
+un creux: cette gravure offre la figure d'un pavot; ce qui peut faire
+conjecturer que les attributs de Cérès distinguaient cette statue
+d'Antonia, à-moins que le creux n'indique la place d'une pierre
+précieuse, incrustée jadis dans le chaton.
+
+[Illustration: 124]
+
+
+
+PLANCHE XLVII.
+(_P. 81, t. VI de l'Édition royale_.)
+
+
+On peut ranger cette statue, plus grande que nature, et d'un bon
+travail, parmi les sujets inconnus. Elle fut découverte à Résine en
+1741, près du lieu où était la statue de Vespasien, et on trouva dans
+le voisinage, parmi un grand nombre de débris de statues de marbre et
+de bronze, deux inscriptions, dont l'une portait: DOMITIÆ. CN.
+F. DOMITIANI. CÆSARIS. D. D.; et l'autre, FLAVIÆ. DOMITILLÆ.....
+VESPASIANI. CÆSAR. Mais ces inscriptions détachées ne peuvent servir
+d'autorité pour reconnaître dans notre bronze quelque femme de la
+famille de Vespasien, quand on ne trouve dans les monumens aucun
+rapprochement à faire à l'appui de cette opinion. Cette figure voilée
+avec une partie de son manteau ou _palla_, a, par le costume, quelque
+rapport avec deux statues en marbre du musée Napoléon, salle des
+Romains, connues sous la dénomination de vestales ou de matrones. La
+nôtre porte un anneau ayant pour signe la forme du _lituus_. Cette
+particularité remarquable nous montre que le sujet doit être une matrone
+de la plus grande distinction, honorée du sacerdoce, et révérée comme
+une flaminique, sorte de prêtresses qui se multipliaient à mesure que,
+par l'apothéose des Césars, on peuplait le ciel de nouvelles divinités.
+
+Hauteur, 6 P. 8 p°.
+
+[Illustration 127]
+
+
+
+PLANCHE XLVIII.
+(_P. 82, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Il faut encore compter cette statue de bronze parmi les sujets inconnus;
+elle est plus grande que nature et d'une belle exécution. La partie de
+la draperie qui vient former un voile sur la tête, est une restauration
+moderne. Découverte avec la précédente dans les fouilles de Résine, on
+n'a pu lui rapporter avec succès une inscription trouvée quelque temps
+auparavant dans le même lieu, et appartenant à un monument consacré
+à Agrippine, fille de Germanicus, et mère de Néron: c'est
+vraisemblablement une prêtresse ou une femme de distinction, représentée
+par adulation sous un caractère sacré. L'anneau qu'on remarque à la
+seconde phalange de l'index de la main droite, était d'un usage répandu,
+et qui, selon Pline, s'étendait jusqu'aux simulacres des Dieux; il ne
+donne aucun éclaircissement sur la figure. Cet usage paraît avoir
+été particulièrement réservé aux femmes; les hommes, en le suivant,
+s'exposaient au reproche de se montrer efféminés. L'anneau était souvent
+le gage d'une promesse solennelle; entre deux amans, c'était celui de la
+fidélité. Celle qui avait donné ou qui s'était laissé ravir son anneau,
+se croyait religieusement engagée à de plus tendres faveurs; aussi les
+jeunes gens cherchaient-ils souvent à surprendre ce gage fortuné. C'est
+ainsi qu'Horace exhortait son jeune ami à faire ce larcin, dans les jeux
+de la veillée, au doigt méchamment opiniâtre d'une jeune fille (_I.
+Od. IX._) Celles qui voulaient se bien défendre portaient, sans doute,
+l'anneau à la troisième phalange, et peut-être les plus indulgentes
+auront-elles introduit l'usage de le porter à la seconde. Cet usage,
+un peu libre dans le principe, ayant une fois passé en mode, a pu être
+adopté comme une élégance par les femmes les plus sévères.
+
+Hauteur, 5 P. 11 p°.
+
+[Illustration 130]
+
+
+
+PLANCHE XLIX.
+(_P. 83, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Cette statue excède les proportions humaines; le sujet nous en est
+inconnu, et nous nous bornerons à en considérer le mérite comme ouvrage
+de l'art. La beauté du travail brille sur-tout dans l'agencement des
+draperies; toute la figure respire un air de gravité qui semble convenir
+à un personnage sacré; la situation des mains se rapporte à quelque
+cérémonie, et semble ranger, selon l'opinion de M. Visconti, cette
+statue parmi celles que Pline désigne sous le nom d'_Adorantes_, femmes
+en prière. Nous avons déjà fait la même remarque à l'égard de la statue
+expliquée _pl. XLII_ de ce volume. Nous ajouterons que l'on voit des
+statues érigées aux épouses des Empereurs romains, dans cette même
+attitude. Telle est la Livie du musée du Vatican, trouvée à Otricoli,
+qui fait le pendant de la statue d'Auguste voilé, c'est-à-dire, en habit
+de sacrificateur. Si la physionomie de la tête ne laisse pas reconnaître
+ici une Impératrice, ce sera quelque femme de l'une des familles
+les plus nobles et les plus puissantes de la Campanie, telles que la
+_Calatoria, Mammia, Nonia, etc._
+
+Cette figure porte, comme la précédente, un anneau à l'extrémité de
+l'index de la main gauche.
+
+Hauteur, 6 P. 2 pouces.
+
+[Illustration 132]
+
+
+
+PLANCHE L.
+(_P. 84, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+L'inscription gravée sur la base de cette belle statue, nous apprend
+qu'elle a été érigée à _Marcus Calatorius, fils de Marcus Quartio, par
+les citoyens et les habitans, à leurs frais_. Quand le public décernait
+une statue, c'était lui qui en faisait les frais par une contribution
+qui était ordinairement d'un as par tête. Souvent celui qui recevait
+cet honneur faisait remise de la dépense; ce qui s'exprimait par
+cette formule assez fréquente dans les inscriptions: _Honore contentus
+impensam remisit._ Notre personnage a au-dessous de l'œil une verrue,
+défaut qui, selon un passage d'Horace (_I. Sat. V, 60._) paraîtrait
+avoir été commun dans la Campanie; il est revêtu de la toge et porte
+un anneau avec le signe du _lituus_, qui se rapporte, ainsi que nous
+l'avons dit, à quelque dignité sacerdotale. La main gauche est pliée
+comme si elle tenait un volume, attribut qui désigne souvent un orateur,
+un homme de lettres ou un magistrat. L'inscription ne fait mention
+d'aucune dignité; et nous devons avertir que le bras, ayant été trouvé
+séparément parmi plusieurs autres débris de statues, pourrait fort bien,
+quoiqu'il s'adapte avec justesse à la proportion colossale du corps, ne
+pas lui appartenir, et qu'on ne peut tirer aucune induction en faveur
+de la figure, ni de l'anneau, ni du volume supposé: la tête même est
+rapportée, elle était détachée; mais il n'y a point de doute qu'elle
+n'appartienne au buste. La tête d'Auguste était de rapport comme
+celle-ci, et, quoique adhérente à la statue, elle s'en détacha par la
+dissolution de la soudure, lorsqu'elle eut été exposée au soleil. On
+changeait souvent les têtes des statues. Nous en avons un exemple fameux
+dans le colosse de Néron, auquel l'empereur Commode fit enlever la tête
+pour y substituer la sienne. De-là vint, parmi les artistes, l'usage de
+faire les statues de manière que l'on pût facilement enlever les têtes
+et les remplacer par de nouvelles. La connaissance de ce fait doit
+engager à apporter une grande attention dans l'examen des monumens
+antiques, et peut servir à expliquer l'opposition ou le peu d'accord qui
+se rencontre quelquefois entre les attributs et la figure.
+
+Trouvée à Résine en 1743.
+
+Hauteur, 6 P. 6 pouces.
+
+[Illustration 135]
+
+
+
+PLANCHE LI.
+(_P. 85, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Le sujet de ce bronze, de même proportion que le précédent, auquel il
+ne cède point en perfection, se fait également connaître par une
+inscription: _A Lucius Mammius Maximus Augustal, les citoyens et
+les habitons, à leurs frais._ La famille _Mammia_ paraît, par
+les inscriptions recueillies Herculanum, avoir été l'une des plus
+distinguées de la cité; elle était entrée par adoption dans la famille
+_Annia_, très-considérée à Rome, à Naples, et dans toute la Campanie.
+On apprend encore, par les mêmes autorités, que notre Lucius Mammius
+Maximus vivait vers les dernières années de Claude, et qu'il devait être
+riche, ayant élevé des statues à l'impératrice Livie, à Germanicus,
+à Antonia, mère de Claude, et à Agrippine, épouse de cet empereur. La
+dignité, exprimée par le titre d'_Augustal_, était un sacerdoce institué
+par Tibère, en l'honneur d'Auguste (_Sodales Augustales_), conféré
+par le sort à des personnes d'un rang distingué dans Rome. On en créa
+ensuite dans toutes les villes de l'Italie et de l'empire, en l'honneur
+de tous les Empereurs: c'était dans l'origine une charge, militaire
+créée par Auguste lui-même, et sous ce rapport, les augustaux étaient
+inférieurs aux décurions: sous le rapport religieux, ils formaient un
+ordre distingué, exerçant une jurisdiction dans les choses sacrées, et
+ayant une place assignée dans les spectacles publics: c'est ce qu'on
+relève de diverses inscriptions publiées par Muratori (_MMXXV, 3,_ et
+_CCCCLXXV, 3_); Gruter (_CCXV, 2_); Fabretti (_Insc. C. 3, n. 324, p.
+170._) etc. Notre personnage porte un anneau dont la pierre est sans
+incision. Cette statue, trouvée avec la précédente, dont elle forme le
+pendant, était dans son intégrité, à l'exception de l'avant-bras droit
+qui s'en trouvait détaché, mais qui lui appartient.
+
+Hauteur, 6 P. 6 pouces.
+
+[Illustration 138]
+
+
+
+PLANCHE LII.
+(_P. 90, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+À ses grosses lèvres et à son nez écrasé, on reconnaît, dans cette
+petite figure, un Éthiopien, ou du-moins un homme de quelqu'une de
+ces nations africaines, que les anciens confondaient, à raison de leur
+ressemblance entr'elles, et de leur voisinage. Ces nations fournissaient
+le monde de saltimbanques, qui faisaient métier de leur souplesse et
+de leur adresse. On les appelait dans les festins pour servir de
+divertissement. Lucien peint ainsi un petit homme difforme, dansant,
+faisant mille contorsions, récitant des vers avec des gestes ridicules,
+et affectant la prononciation égyptienne. Celui-ci représente la même
+action; il a pour vêtement une espèce de chemise sans manches, qu'Arrien
+donne pour vêtement aux Indiens (_Hist. Ind. 16, p. 380._)
+
+Hauteur, 6 pieds.
+
+[Illustration 140]
+
+
+
+PLANCHE LIII.
+(_Vignettes p. 9, 11 et 3, 413, 414 de l'Édit. royale._)
+
+
+Les trois petites statues équestres réunies dans cette planche, sont
+de bas-relief. Trouvées avec les débris du char dont nous avons
+fait mention pl. 36 de ce volume, il est vraisemblable qu'elles lui
+appartenaient comme ornement. L'une représente un vieillard qu'on
+reconnaît pour un Belge ou pour un ancien Gaulois; un barbare, suivant
+l'expression romaine. Son costume est bien celui que décrit Strabon
+(_VI, p. 196:_) «Les cheveux longs; au lieu de la tunique, un habit
+court à manches, descendant jusqu'aux reins; les culottes ou pantalons
+(_braccæ_)»; d'où vint à la Gaule le nom particulier de _braccata_. Le
+cheval qu'il monte n'a, comme celui du premier cavalier, aucune espèce
+de harnais. Son maître le gouverne de la voix, ou par la pression des
+genoux; quelques peuples se servaient, à cet effet, d'une baguette:
+c'était l'usage des Numides, des Gètes, et en général des Indiens.--La
+troisième figure se rapporte parfaitement à ce que dit Agathias,
+historien grec (_liv. III_), du costume des Francs: «La poitrine et les
+épaules nues, ayant des pantalons qui remontent jusqu'aux hanches,
+et leur couvrent les jambes».--Le second cavalier est un guerrier
+en costume grec ou romain; son casque est orné d'un panache ou autre
+ornement écarté en forme de fleur: il est revêtu d'une cuirasse et d'une
+saie à trois rangs; ses jambes sont couvertes de brodequins; sa chlamyde
+volante annonce la rapidité de la course; sa main élevée est supposée
+tenir une lance ou une autre arme; son cheval a sur le dos un double
+tapis.--Le cheval isolé a un harnais qui fait en-même-temps sangle et
+poitrail; ce harnais qu'on remarque sur beaucoup de chevaux antiques,
+semble avoir précédé l'invention de la bride, et avoir servi de moyen
+pour retenir ou attacher le cheval. On trouve, dans des figures de la
+colonne Trajane, quelques rapports sensibles avec celles que nous venons
+de décrire.
+
+FIG. I.--Hauteur, 4 pouces.
+
+FIG. II.--Hauteur, 4 pouces 6 lig.
+
+FIG. III.--Hauteur, 5 pouces.
+
+FIG. IV.--Hauteur, 5 pouces.
+
+[Illustration 143]
+
+
+
+PLANCHE LIV.
+(_Préface de l'Édition royale, page 9._)
+
+
+Ce bronze curieux n'est point un produit des fouilles d'Herculanum ni
+des environs; mais il a mérité une place parmi les monumens les plus
+précieux rassemblés au musée de Portici. Il fut trouvé, en 1764, dans
+l'île d'_Elbe_, sur les confins du territoire de Rio, entre Longone et
+Porto-Ferrajo, dans l'ancien port, célèbre sous le nom d'_Argo_,
+qu'on croit avoir été ainsi appelé du vaisseau des Argonautes qui y
+relâchèrent dans leur voyage. On reconnaît, dans ce bronze, le style
+étrusque pris l'époque la plus reculée, se rapprochant, dans sa
+simplicité et dans sa timidité, du style égyptien, dont le caractère
+principal est d'accoler au corps les bras et les jambes, et d'unir les
+doigts des pieds et des mains, souvent d'une longueur démesurée. Ce
+rapport qu'offre le goût dans les arts apportés en Italie par les
+Colonies grecques, avec le goût des Égyptiens, est le monument le plus
+irrécusable qui décèle la source des premières inventions, quoique la
+Grèce, ingénieuse et jalouse, en ait fait disparaître la trace par la
+perfection qui, d'un art humain, a fait un art presque divin. La toge
+qui sert d'habit à la figure, était propre aux Toscans auxquels les
+Romains l'ont depuis empruntée. Elle était, dans l'origine, étroite
+et ouverte; elle enveloppait le corps, et, laissant libres le bras
+et l'épaule droite, elle revenait sur l'épaule gauche. _Toga picta_
+exprimait l'ornement en broderie, qu'on appelait _peint_ à cause de
+sa perfection; cet ornement est tracé avec soin sur notre bronze. Les
+sandales sont aussi une chaussure tout-à-fait étrusque. Le sujet de ce
+bronze, peu facile à déterminer, est vraisemblablement une idole qui
+correspond au lieu où elle a été trouvée. On croit que l'île d'Elbe,
+nommée _Ilva_ par les Latins, _Æthalia_ par les Grecs, a été habitée
+par une Colonie de la ville de _Populonia_, sur la côte opposée de
+l'Étrurie. Si la Colonie apporta le culte de ses dieux, dont les
+principaux paraissent avoir été Minerve, Mercure et Vulcain, ce dernier
+fut probablement le plus honoré dans l'île d'Elbe, dont la richesse est
+toute entière dans ses mines: il serait donc possible que cette figure
+fût celle de Vulcain ou d'un Cabire.
+
+Hauteur, 10 p°. 7 lignes.
+
+
+Fin du cinquième Volume et des Bronzes.
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome V.,
+(Vol. 5 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+***** This file should be named 17235-8.txt or 17235-8.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
+ https://www.gutenberg.org/1/7/2/3/17235/
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
+
+
+Updated editions will replace the previous one--the old editions
+will be renamed.
+
+Creating the works from public domain print editions means that no
+one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
+permission and without paying copyright royalties. Special rules,
+set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
+copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
+protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project
+Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
+charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you
+do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
+rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose
+such as creation of derivative works, reports, performances and
+research. They may be modified and printed and given away--you may do
+practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
+subject to the trademark license, especially commercial
+redistribution.
+
+
+
+*** START: FULL LICENSE ***
+
+THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
+PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK
+
+To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
+distribution of electronic works, by using or distributing this work
+(or any other work associated in any way with the phrase "Project
+Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
+Gutenberg-tm License (available with this file or online at
+https://gutenberg.org/license).
+
+
+Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
+electronic works
+
+1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
+electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
+and accept all the terms of this license and intellectual property
+(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
+the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
+all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
+If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
+Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
+terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
+entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.
+
+1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
+used on or associated in any way with an electronic work by people who
+agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
+even without complying with the full terms of this agreement. See
+paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
+
+1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
+located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
+copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
+works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
+Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
+freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
+this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
+the work. You can easily comply with the terms of this agreement by
+keeping this work in the same format with its attached full Project
+Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.
+
+1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
+what you can do with this work. Copyright laws in most countries are in
+a constant state of change. If you are outside the United States, check
+the laws of your country in addition to the terms of this agreement
+before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
+creating derivative works based on this work or any other Project
+Gutenberg-tm work. The Foundation makes no representations concerning
+the copyright status of any work in any country outside the United
+States.
+
+1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:
+
+1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate
+access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
+whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
+phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
+Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
+copied or distributed:
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
+from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
+posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
+and distributed to anyone in the United States without paying any fees
+or charges. If you are redistributing or providing access to a work
+with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
+work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
+through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
+Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
+1.E.9.
+
+1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
+with the permission of the copyright holder, your use and distribution
+must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
+terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked
+to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
+permission of the copyright holder found at the beginning of this work.
+
+1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
+License terms from this work, or any files containing a part of this
+work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
+
+1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
+electronic work, or any part of this electronic work, without
+prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
+active links or immediate access to the full terms of the Project
+Gutenberg-tm License.
+
+1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
+compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
+word processing or hypertext form. However, if you provide access to or
+distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
+"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
+posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
+you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
+copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
+request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
+form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
+License as specified in paragraph 1.E.1.
+
+1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
+performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
+unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
+
+1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
+access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
+that
+
+- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
+ the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
+ you already use to calculate your applicable taxes. The fee is
+ owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
+ has agreed to donate royalties under this paragraph to the
+ Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments
+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
+- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
+electronic work or group of works on different terms than are set
+forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
+Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the
+Foundation as set forth in Section 3 below.
+
+1.F.
+
+1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
+effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
+public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
+collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
+works, and the medium on which they may be stored, may contain
+"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
+corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
+property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
+computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
+your equipment.
+
+1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
+of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
+Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
+Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
+liability to you for damages, costs and expenses, including legal
+fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
+LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
+PROVIDED IN PARAGRAPH F3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
+TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
+LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
+INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
+DAMAGE.
+
+1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
+defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
+receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
+written explanation to the person you received the work from. If you
+received the work on a physical medium, you must return the medium with
+your written explanation. The person or entity that provided you with
+the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at https://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit https://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: https://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ https://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.