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+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome II., (Vol. 2
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome II., (Vol. 2 of 6)
+
+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17232]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
+
+
+
+
+
+
+
+ ANTIQUITÉS D'HERCULANUM.
+
+ GRAVÉES
+ PAR TH. PIROLI
+
+ ET PUBLIÉES
+ PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
+
+
+ PEINTURES.
+
+ TOME II.
+
+
+À PARIS
+
+ {PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;
+CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison
+ {Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.
+
+
+ AN XII. = 1804.
+
+
+
+PLANCHE I.
+
+
+Le Dieu de la poésie est représenté assis sur un trône, et jouissant de
+ce calme heureux, ami des vers et de l'imagination. Toute son attitude
+caractérise le repos, sur-tout ce bras replié sur sa tête, ainsi qu'on
+le voit dans plusieurs monumens antiques; sa main droite repose sur une
+lyre à onze cordes; une longue draperie retombe avec négligence de son
+épaule, glisse le long de son corps, et, laissant nu toute la partie
+supérieure, vient se rassembler sur ses cuisses. Le Dieu est couronné de
+lauriers, et près de lui s'élève un rameau de cet arbre qu'il chérit. Ce
+rameau rappelle l'usage des chanteurs qui tenaient à la main une
+branche de laurier quand ils ne s'accompagnaient pas sur la lyre,
+de-là l'expression proverbiale chez les Grecs, _chanter au laurier_;
+la branche de laurier pourrait aussi avoir trait aux purifications
+religieuses auxquelles présidait Apollon. Le peintre a peut-être voulu
+représenter ici _Apollon Musagètes_, le guide des Muses; c'est du-moins
+l'attribut que nous lui donnons ici, en lui faisant précéder les Muses,
+la tête de ce volume.
+
+Cette peinture et les suivantes, d'égale proportion, furent trouvées
+ensemble dans les fouilles de Résine, en 1755; les ornemens qu'on voit
+au bas, sont indépendans des sujets.
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 11 p°. 2 lig.--Largeur, _idem_.
+
+
+
+PLANCHE II.
+
+
+Après Apollon, Considéré comme Dieu des arts et de la poésie, se
+présentent les Muses, ces aimables divinités auxquelles ont sacrifié les
+beaux génies de l'antiquité, et dont le culte a été transmis fidèlement
+jusqu'à nous. Le divin Homère, leur premier favori, les reconnaît au
+nombre de neuf; Hésiode les nomme dans l'ordre suivant, que nous avons
+adopté: _Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Erato,
+Polymnie, Uranie et Calliope_. On a varié souvent dans les attributs qui
+conviennent à chacune d'elles; aucun monument ne fait mieux autorité que
+les peintures précieuses de l'antique Herculanum; les inscriptions dont
+chaque figure est accompagnée fixent toutes les incertitudes; c'est un
+mérite très-rare, et qui rachète quelques légères négligences qu'on a
+pu remarquer dans quelques unes d'entr'elles; ces incorrections ont fait
+penser que l'artiste n'en était pas l'inventeur, mais qu'il les avait
+copiées d'après d'excellens originaux. En remontant à une plus haute
+antiquité, ou en supposant des modèles arrêtés, on accorderait ces
+figures un degré d'authenticité encore plus précieux. Quoi qu'il en
+soit, cette suite est vraîment inappréciable. On ne doit pas chercher
+dans les couleurs des draperies, des intentions particulières pour
+chacune de ces divinités; c'est plutôt l'effet du caprice qu'une
+allusion mystérieuse. On remarquera, avec plus de justesse, que les
+tuniques longues (_talares_), l'agencement modeste des draperies et
+l'expression douce qui règne dans les traits des Muses, conviennent aux
+_chastes_ Sœurs. Cette précieuse collection, envoyée en présent par
+le roi de Naples, orne actuellement le cabinet de l'Impératrice, à la
+Malmaison.
+
+La planche que nous avons sous les yeux offre la figure de _Clio_; on
+lit son nom et ses fonctions sur le volume à demi-roulé qu'elle tient
+à la main (CLIO, L'HISTOIRE). Au volume est attachée une petite feuille
+qui paraît destinée à porter le titre de l'ouvrage. La petite cassette
+cylindrique (_scrinium_) remplie de rouleaux, nous apprend que les
+bibliothèques étaient composées de semblables cassettes. Catulle y fait
+allusion, en disant qu'il n'en avait emporté qu'une seule à la campagne.
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 11 p°. 2 lig.--Largeur, _idem_.
+
+
+
+PLANCHE III.
+
+
+Nous sommes privés de la figure d'_Euterpe_ qui, dans l'ordre adopté,
+aurait dû suivre celle de _Clio_: Les injures du temps l'avaient
+tellement altérée, qu'il fut impossible de la sauver et même de la
+reconnaître; nous l'aurions vue sans doute, fidelle ses fonctions,
+appliquée à jouer des deux flûtes.
+
+La Muse que nous donnons ici, est désignée par l'inscription qu'on lit à
+ses pieds (THALIE, LA COMÉDIE); elle est couronnée et porte sur sa tête
+une coiffe de couleur verte. _Thalie_ et _Melpomène_ sont les seules
+qui portent cette coiffure dans ce recueil. Notre Thalie est vêtue d'une
+tunique verte, bordée de rouge, et dont les manches arrivent jusqu'aux
+poignets, d'un manteau à franges (_Palla fimbriata_) et d'un petit
+corset rouge à manches courtes. On remarque, sur-tout, la petite pièce
+de pourpre en quarré long, attachée sur le devant du manteau, et qui
+paraît être une de ces _tesseræ_, pièces de rapport sur les habits
+grecs. Le masque comique et le _pedum_ ou bâton pastoral que porte la
+Muse, correspondent à l'art auquel elle préside, et à la signification
+du mot comédie, _chant de-village_, ennobli par ses succès, et que
+Ménandre, Plaute et Térence ont rendu digne d'amuser les citoyens les
+plus instruits de la Grèce et de Rome. Le _pedum_ est aussi un symbole
+de la poésie pastorale et bucolique laquelle cette Muse préside,
+suivant la remarque de M. Visconti. Le masque, d'après la description
+de _Pollux,_ 1. IV, § 149, pourrait désigner l'un de ces valets, dits
+_conducteurs ou principaux,_ qui menaient l'intrigue de la pièce. Thalie
+signifie _fleurie,_ ou, dans une autre acception également suivie,
+quoique prise d'une métaphore, signifie _gaie, joyeuse_. Cette dernière
+acception convient mieux aux fonctions de Thalie.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.
+
+
+
+PLANCHE IV.
+
+
+L'inscription qu'on lit en grec au-dessous de cette figure la fait
+connaître avec précision (MELPOMENE, LA TRAGÉDIE). Le peintre, sans
+s'arrêter aux diverses opinions qui balancent entre cette Muse, Euterpe
+et Terpsichore, l'empire de la scène tragique, paraît s'être attaché au
+sentiment qui lui a paru le mieux fondé ou le plus généralement reçu
+de son temps; c'est aussi celui qui a prévalu. La Muse a la tête ceinte
+d'un voile, d'une bandelette et d'une couronne; elle est vêtue d'une
+tunique blanche qui lui recouvre les pieds, et dont les manches
+s'arrêtent aux coudes, d'un manteau ou grand _peplum_ de même couleur
+attaché en ceinture, et d'une autre tunique plus courte. On peut
+remarquer que les tuniques des acteurs tragiques devaient couvrir les
+pieds, à l'effet de cacher les cothurnes dont la semelle épaisse de
+plusieurs pouces relevait la taille de l'acteur: cette chaussure est
+visible dans le bas-relief représentant les neuf Muses, qui est passé du
+Capitole au Musée Napoléon. Notre Melpomène s'appuie de la main droite
+sur une massue, et dans la gauche, elle tient un masque tragique. La
+massue semble allusive aux actions des héros qui font le sujet de la
+poésie tragique, et rappelle Hercule et ses imitateurs, qui se rendirent
+célèbres dans l'antiquité.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.
+
+
+
+PLANCHE V.
+
+
+Cette Muse préside à la poésie lyrique, ainsi que l'exprime
+l'inscription grecque (TERPSICHORE, LA LYRE). Les chants poétiques et
+les sons harmonieux de son instrument guident les danses sacrées; de son
+nom de Terpsichore, _qui se plaît à la danse._ Le chœur des danseurs se
+portait autour de l'autel, de la droite à la gauche, pour exprimer le
+mouvement de l'Univers d'orient en occident, et revenait de la gauche
+à la droite pour figurer le mouvement des planètes d'occident en
+orient (_Luc. de Salt_.) Ainsi, l'ode était divisée en strophe et en
+anti-strophe, qui répondaient dans le chant à ces deux mouvemens.
+Les hymnes d'Apollon se chantaient en dansant au son de la lyre ou
+_cithare_. Aussi Pindare les appelle-t-il _puissans par la lyre_. Celle
+que porte notre Muse est montée de sept cordes et se termine par une
+écaille de tortue; c'est la lyre citée par Horace (_testudo_), celle
+inventée par le jeune Mercure, et décrite avec des détails si précieux
+dans un hymne Homérique. La Muse est vêtue d'une tunique longue, de
+couleur changeante, n'ayant que la manche gauche comme pour laisser
+plus de liberté au bras droit; son manteau est bleu, et sa chevelure est
+retenue par une bandelette et une couronne de laurier.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.
+
+
+
+PLANCHE VI.
+
+
+Cette peinture est une des plus belles, des plus délicates et des plus
+parfaites qui soient sorties des fouilles de la Campanie. Il semble que
+le peintre ait voulu employer tout son art et se surpasser lui-même, en
+représentant sous des traits si aimables cette Muse consacrée à l'Amour
+et qui lui doit son nom; il l'a sans doute invoquée; inspiré et plein
+d'elle même, il a retracé son image. Elle est vêtue d'une tunique rose
+avec une bordure bleue; son manteau, d'une teinte verdâtre, voltige
+agréablement derrière elle, forme sur le devant des plis en forme de
+ceinture, et retombe avec grâce en accusant ses formes; une tresse de
+cheveux s'échappe sous sa couronne de laurier; elle est attentive aux
+sons qu'elle tire de son instrument; elle en touche les cordes d'une
+main avec le _plectrum_ ou l'archet, de l'autre avec ses doigts
+délicats; cet instrument, garni de neuf cordes, a par le haut la forme
+de la lyre connue, mais il s'alonge par le bas et présente, comme dans
+la lyre dite _testudo_, un creux qui donne plus de valeur aux sons.
+L'inscription (_ERATO PSALTRIAN_) signifie les fonctions de cette Muse
+accoutumée à accompagner avec le jeu des instruments à cordes, les
+danses les plus voluptueuses. C'est ce que les Grecs entendent par le
+mot _psallein_; et en effet, les danses nuptiales étaient du ressort
+d'_Erato_. Le manteau qui voltige sur ses épaules indique peut-être que
+la Muse réunit au son de sa lyre, des mouvemens réglés par l'art de la
+danse, et cadencés sur la musique.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.
+
+
+
+PLANCHE VII.
+
+
+Polymnie semble être ici la Muse de la pantomime; son attitude, son
+doigt sur la bouche, indiquent le silence et la méditation. «Muettes
+rivales de la voix, les mains de Polymnie retraçaient des images
+sensibles; silencieuse et prudente, cette mère de la danse expliquait
+avec ses gestes une figure ingénieuse». Ce passage de _Nonnus_
+(_Dionys., v._ V. 140 _et suiv._) et l'opinion de Cassiodore (_I.
+ép._ 20) prouvent la justesse de l'intention du peintre. L'inscription
+(POLYMNIE, LA FABLE) en donne aussi l'explication. Cette fille de la
+mémoire, qui lui doit particulièrement son nom, selon l'étymologie prise
+de l'orthographe que nous suivons ici, conserve le souvenir des actions
+héroïques et de l'histoire des Dieux, et vient les exposer aux hommes,
+dans son silence éloquent et ingénieux; C'est à ce motif qu'elle a
+dû, chez les Romains, le surnom de _Musa tacita_; mais comme la
+gesticulation faisait partie de l'instruction des orateurs qui doivent
+accompagner, avec les gestes les plus convenables, le débit de leurs
+harangues, il est arrivé que, par une espèce de contradiction apparente,
+la _Muse silencieuse_ est devenue aussi la Muse de l'éloquence et de
+l'art oratoire.
+
+Une tunique verte et un manteau bleu forment le vêtement de cette
+Polymnie.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Larg. 11 p°. 2 lig.
+
+
+
+PLANCHE VIII.
+
+
+Uranie, qui tire son nom du ciel, préside à la connaissance des corps
+célestes, de leurs mouvemens et de leurs influences. Le globe qu'elle
+tient d'une main et la verge (_radius_) avec laquelle elle semble
+l'indiquer, sont des attributs qui se retrouvent dans tous les monumens
+où cette Muse est représentée. Ces symboles si connus ont sans doute
+paru suffisans au peintre pour le dispenser de donner une inscription à
+sa figure. Uranie est vêtue d'une tunique jaune, à manches courtes, et
+d'un manteau bleu; ses cheveux sont arrangés avec soin; elle porte des
+bracelets. Comme _Clio_, elle est assise sur un _hémicycle_; ce siége,
+favorable à l'application et à l'étude, ne paraît pas donné sans
+intention ces deux Muses.
+
+SUJET PRINCIPAL--Hauteur, 11 p°. 2 lig.--Largeur, _idem._
+
+
+
+PLANCHE IX.
+
+
+Calliope, la Muse de la poésie héroïque, quoique placée la dernière dans
+la suite d'Hésiode, paraît mériter la préséance par sa dignité et son
+excellence sur ses compagnes. Homère et Virgile revendiquent pour elle
+la première place; c'est elle qu'ils ont invoquée quand ils appellent,
+le premier la _Déesse_, le second la _Muse_, qui doit leur dévoiler les
+anciens événemens. C'est _Calliope_ qu'Horace fait descendre du ciel
+quand il va chanter les Dieux; on la reconnaît ici à son attitude pleine
+de noblesse, au volume qu'elle tient de ses deux mains, à l'inspiration
+qui règne dans ses traits, au doigt levé qui semble accompagner son
+récit. L'inscription (CALLIOPE, LE POÈME) précise l'intention du peintre
+sans la rendre plus claire; la Muse est couronnée du lierre et de ses
+fruits, couronne ordinaire des poètes. Ses draperies, de la plus grande
+élégance, répondent à la dignité de son caractère; une longue tunique
+sans manches lui recouvre les pieds, une seconde descend au-dessous du
+genou, et son manteau qui retombe sur son bras vient se nouer avec grace
+vers le milieu du corps. Le rouleau ou volume se trouve quelquefois
+entre les mains de sa sœur Clio; mais les anciens artistes ont donné le
+plus souvent pour symbole distinctif, à Calliope, les tablettes cirées
+ou _pugillaria_, lorsque ses images ne sont accompagnées d'aucune
+inscription. M. Visconti a relevé fort ingénieusement le rapport plus
+particulier que les tablettes cirées ont avec les ouvrages en vers;
+elles donnent la facilité d'effacer l'écrit, de corriger ou d'améliorer
+les expressions. Le rouleau de parchemin ou de _papyrus_ est par
+conséquent plus propre à Clio, qui écrit l'histoire en prose, qu'à
+Calliope, dont le style épique demande le plus grand soin.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.
+
+
+
+PLANCHE X.
+
+
+La franchise et la pureté du dessin, l'accord harmonieux des couleurs
+et la grâce qui brille dans ces figures, charment les amateurs; mais
+la curiosité est ici moins satisfaite que le goût. Les rayons qui
+environnent la tête des deux premières figures, indiquent des Divinités;
+la troisième, qui porte pour couronne une branche d'olivier, serait
+une nymphe; elle dévoile ses charmes en étendant sa draperie; l'une des
+divinités la fixe avec attention, tandis que l'autre est distraite; une
+divinité champêtre, dont les formes se confondent avec le rocher, paraît
+préciser la scène par sa présence et s'y intéresser. Sont-ce les trois
+Gorgones dont Euryalé et Steno étaient immortelles à l'exclusion de
+Méduse avec Atlas changé en rocher? Est-ce l'aventure de Callisto et de
+Jupiter, qui prend la figure de Diane pour tromper cette nymphe, et
+qui se trouve ici sous les deux figures, suivant quelques exemples
+semblables, dans les monumens antiques? N'est-ce pas aussi la réunion du
+Soleil, de la Lune et de l'Aurore, enfans du vieux Hypérion. On remarque
+dans les trois figures une ressemblance qui ne rend pas l'explication
+plus facile.
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 2 P.--Largeur, 2 P. 6 p°.
+
+
+
+PLANCHE XI.
+
+
+On regrette souvent, en admirant les beaux ouvrages de l'antiquité, de
+ne pouvoir en retrouver le sujet. La perte de la tradition nous rend
+plus nécessaire le secours des symboles et des accessoires; quand
+il sont obscurs et mal conservés, on risque de se perdre dans des
+explications plus ingénieuses que vraisemblables. On trouve, dans cette
+charmante peinture, quelques rapports avec une fable d'Apollonius de
+Rhodes (_Arg. III, v. 7 et suiv._); mais on ne voit dans les personnages
+aucun des attributs qui conviennent aux Déesses qui font le sujet de la
+fable. Le poète raconte la visite que Junon et Pallas, protectrices de
+Jason, firent à Vénus, pour obtenir son secours en faveur du héros, dans
+sa périlleuse entreprise. Les Déesses trouvent la Reine des Amours sous
+un portique, occupée à tresser ses beaux, cheveux qui tombent sur ses
+épaules; Vénus, en faisant accueil aux Déesses, rassemble dans sa main
+ses cheveux encore en désordre, et demeure, pendant la conversation,
+dans l'attitude gracieuse que rappelle notre tableau; cette attitude
+peut bien aussi n'exprimer que le repos et l'attention. Le vase est trop
+grand pour être le vase aux parfums, qui accompagne assez ordinairement
+la figure de Vénus; c'est plutôt l'urne d'une nymphe. La figure qui est
+debout, le coude appuyé sur la base d'une colonne, est noble et sévère;
+elle parle, et ses traits sont pleins de vie. La troisième figure est
+remarquable par sa belle simplicité; elle est enveloppée toute entière
+dans son manteau; sa main levée et rapprochée du menton, d'accord avec
+l'expression de ses traits, indique une grande attention. Son siège a un
+marche-pied, et, plus élevé que celui du premier personnage, il rappelle
+une convenance d'usage dans l'antiquité. Quel que soit le sujet de
+cette rare peinture, on ne peut trop en admirer la belle ordonnance, le
+sentiment de convenance qui y règne, l'unité d'intérêt, le bon goût des
+draperies et l'harmonie des teintes.
+
+Hauteur, 1 P. 10 p°.--Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.
+
+
+
+PLANCHE XII.
+
+
+Cette peinture se classe au premier rang, parmi celles recueillies dans
+les fouilles, pour le mérite de la composition et de l'expression; mais
+la médiocrité de l'exécution a fait penser que ce pouvait être la copie
+de quelque excellent original. Le sujet paraît être l'éducation de
+_Bacchus_; la scène peut indiquer le mont _Meros_, que ce Dieu a rendu
+célèbre dans l'Inde. On voit les trois nymphes qui ont pris soin de son
+enfance; la plus apparente presque nue, avec une peau de chèvre qui lui
+traverse l'épaule, et une couronne de feuillage, se fait remarquer par
+une attitude pittoresque et gracieuse; elle présente un raisin au jeune
+Dieu, que le vieux Silène élève dans ses bras; l'enfant tend ses deux
+mains avec vivacité pour le saisir, et rappelle heureusement l'invention
+du vin, qui lui est attribuée de cette manière. Aux pieds de Silène, est
+son âne étendu et endormi, couronné de feuillage et portant un bât
+ou une espèce de selle assez semblable aux nôtres; plus loin est une
+panthère qui lèche un _tympanum_ garni de grelots; sur le côté, on voit
+Mercure presque nu, assis sur un tonneau ou fût de colonne, touchant
+sa lyre de la main gauche, et tenant de la droite un archet et un autre
+objet difficile à reconnaître; il est coiffé du pégase aîlé; un Satyre
+est prêt à détacher sa chaussure aîlée (_talaria_), mais il est distrait
+par l'action du jeune Dieu. Mercure, inventeur de la lyre (_testudo_)
+et du langage, se trouve heureusement réuni avec les nourrices et
+l'instituteur de Bacchus. Il fait encore, avec convenance, partie de
+la scène, comme ayant apporté l'enfant aux trois nymphes, afin qu'elles
+prissent soin de son éducation.
+
+Hauteur, 3 P. 2 p°. 8 lig.--Largeur, 2 P. 5 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XIII.
+
+
+Ce sujet, expliqué par d'autres monumens antiques, est la lutte de Pan
+et de Cupidon. Le vieux Silène, maître et juge du combat, tient la palme
+destinée au vainqueur. En considérant ces deux figures comme les
+Génies de l'Amour et de la Nature, on trouve le sens de cette fiction
+ingénieuse. Sans doute l'Amour sera vainqueur et ne fera point mentir
+son ancienne devise, _omnia vincit Amor_; déjà le maître nous révèle la
+faiblesse de l'adversaire, en paraissant prêt à le soutenir; l'Amour est
+sans armes et n'a besoin que de sa propre force. Bacchus, dont le dieu
+Pan fut l'ami et le compagnon, témoin du combat, sourit aux efforts des
+deux champions. Couronné de pampres et de raisins, chaussé de cothurnes
+jaunes, il tient sa longue pique ornée d'une touffe de feuillage avec un
+ruban rouge, et armé d'un fer. Dans la suite, il changea ce fer en une
+pomme de pin, ou l'enveloppa dans des feuilles de lierre et de pampre,
+pour rendre moins dangereuses les fureurs de ses suivans. L'arme prit
+alors le nom de _thyrse_. Le Dieu, dans l'attitude du repos, a laissé
+glisser son manteau couleur de pourpre, et se montre à demi-nu. Derrière
+lui est une jeune femme vêtue de blanc et coiffée à la grecque avec un
+diadême d'or; ce costume qui appartient à une princesse, semble désigner
+Ariadne; elle ornait d'un ruban le sceptre du jeune Dieu, et s'est
+arrêtée pour donner son attention à la scène.
+
+Cette peinture intéressante fut trouvée à Résine en 1747.
+
+Hauteur, 2 P.--Largeur, 1 P. 9 p°.
+
+
+
+PLANCHE XIV.
+
+
+Ariadne abandonnée dans l'île de Naxos, célébrée par les beaux vers
+d'Ovide et de Catulle, revit encore dans les belles peintures de la
+Campanie; cette touchante aventure est le sujet du tableau que
+nous avons sous les yeux, et fait celui des deux suivans, avec des
+circonstances différentes. La composition de ce premier est d'une belle
+simplicité. La malheureuse amante vient de se réveiller; elle écarte le
+voile qui la couvrait pendant son fatal sommeil; elle voit s'éloigner à
+pleines voiles le vaisseau qui emporte l'ingrat Thésée. La figure
+dont le mouvement annonce le commandement, paraît être celle du héros
+fugitif. On ne voit que l'arrière du vaisseau; il est garni de deux
+timons assez souvent en usage chez les anciens; on y retrouve ce
+plancher, dit _catastroma_, saillant en dehors, et qui était destiné à
+faciliter le combat et la descente des gens de guerre. Le sommet de la
+poupe, dit _aplustre_, est orné d'un fleuron en forme de queue d'oiseau;
+cet ornement est relatif à la forme totale du navire, dont la proue
+figurait ordinairement une tête d'oie, et tout le corps, celui de ce
+même oiseau qui paraît en avoir fourni le modèle. En revenant à la belle
+abandonnée, nous remarquerons le collier, les bracelets et le cercle
+d'or (_periscelis_) qu'elle porte au bas de la jambe, parure de
+distinction; le matelas, les coussins amoncelés dont les ornemens
+indiquent la richesse; et la draperie blanche qui lui sert de
+couverture. L'expression de la figure est d'une grande beauté, et se
+trouve fidèlement retracée dans Catulle (_De Nup. Pel. et Theb._)
+
+Du bord où vient mourir l'onde retentissante,
+Tu vois fuir ton Thésée, ô malheureuse amante!
+Que d'un trouble mortel tu sens ton cœur atteint!
+Sur ton front pâlissant le désespoir est peint;
+Ton œil n'est point trompé; d'un trop pénible songe,
+L'aurore ne vient point dissiper le mensonge.
+C'est toi, te voilà seule, et de ces bords affreux
+L'onde emporte l'ingrat échappé de tes nœuds.
+Triste enfant de Minos! sans couleur, haletante,
+Dans le marbre glacé telle est une bacchante.
+Tes blonds cheveux épars sont le jouet des vents;
+Ton jeune sein franchit ses liens impuissans;
+Ce voile à ton insu te laisse à demi-nue,
+Et les pleurs sans couler sont tremblans dans ta vue.
+
+PH. CH.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°.--Largeur, 1 P. 2 p°. 6 lig.
+
+
+
+PLANCHE XV.
+
+
+Ariadne à son réveil, comme dans le tableau précédent, voit fuir
+Thésée qui l'abandonne, demi-nue, dans une attitude semblable, parée
+de bracelets, d'un riche collier et de pendans. Elle est accompagnée de
+deux figures; l'une est l'Amour pleurant, tenant son arc et ses traits
+renversés; l'autre une Divinité aîlée, qui prend une part très-vive à
+la scène, en indiquant d'un air menaçant le vaisseau qui s'éloigne. Les
+voiles en sont d'une teinte obscure, et rappellent l'oubli funeste qui
+causa la perte d'Égée, père du héros. Cette Divinité aîlée pourrait être
+_Némésis_, déesse implacable et vengeresse des torts des amans. C'est
+à ce titre et avec ces attributs qu'elle avait des statues à Smyrne,
+au rapport de Pausanias (_lib. I, 33_). La vivacité de son mouvement
+s'accorde avec cette explication, et peut faire allusion à la fatalité
+attachée à ces voiles obscures. Le timon qu'on voit sur le rivage est un
+témoin de la précipitation du héros.
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 1 P. 6 p°.--Largeur, _idem_.
+
+
+
+PLANCHE XVI.
+
+
+Ariadne, tranquille encore, goûte les douceurs du sommeil; elle est
+couchée sur un matelas à l'ombre d'une tente, la tête appuyée sur un
+oreiller blanc, les cheveux retenus par une bandelette et les bras parés
+de bracelets. Rarement une peinture antique, un monument ne se retrouve
+pas dans quelques passages des anciens: «Vois, dit _Philostrate_, vois
+Ariadne, ou plutôt le sommeil lui-même; à moitié nue; vois son sein, son
+cou renversé, sa gorge délicate; son aisselle droite est découverte,
+sa main gauche s'appuie sur la draperie, afin que le vent ne puisse
+pas dévoiler ce qui doit rester caché». Faible obstacle pour le satyre
+audacieux qui expose cette beauté aux regards du jeune Dieu de Naxos.
+«Tu ne seras pas long-temps abandonnée; tu te trouveras seule à ton
+réveil, cette joyeuse troupe sera partie; tu dois verser des pleurs,
+ainsi le veut l'Amour: mais le jeune Dieu reviendra et tu seras
+consolée». Bacchus en effet se retira, suivant le récit de Nonnus
+(_Dionys., XLVII, v. 271 et suiv._), et ne revint que lorsque la belle
+eut bien pleuré la trahison du héros. Le Dieu s'appuie sur son père
+nourricier, le vieux Silène, tel que le peint Lucien (_in Baccho_):
+«ramassé dans sa petite taille, gras et pansu, les narines ouvertes,
+etc.». De l'autre côté, un objet plus gracieux, Cupidon, l'entraîne
+vers Ariadne, vive image de la force de l'amour, que nous retrouverons
+répétée dans une autre peinture. Dans un coin du tableau, au-dessus des
+rochers, paraît un petit Satyre, qui considère aussi la belle dormeuse.
+Dans le lointain, on distingue une Bacchante portant une corbeille ou
+plutôt le van mistique, et plusieurs personnages formant le cortège. Le
+mérite de la composition, très-supérieur à celui de l'exécution, peut
+faire penser que ce tableau est la copie d'un excellent original.
+
+Hauteur, 1 P. 10 p°. 4 lig.--Largeur, 1 P. 7 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XVII.
+
+
+Cette peinture est l'une de celles de la collection où brillent le plus
+la finesse de l'art, la grâce du dessin et la beauté du coloris; c'est
+l'ouvrage d'une excellente main: mais il est à regretter que le sujet
+en demeure obscur et incertain. Ce personnage debout, appuyé sur un
+pilastre ou sur un autel, est une Divinité assez clairement caractérisée
+par l'auréole qui rayonne autour de sa tête; la délicatesse de ses
+traits et de ses formes le fait reconnaître pour le fils de Latone.
+«Toujours jeune et gracieux, jamais le plus léger duvet n'ombragea
+la lèvre d'Apollon, pas même celui qui naît sur la lèvre d'une jeune
+fille». (_Call. H. in Ap. v. 36_). Son arc débandé en signe de paix ou
+de faveur, son carquois fermé, ses cheveux blonds et longs, ceints
+d'une bandelette, cette longue chlamyde de pourpre, s'accordent avec ses
+attributs, quoique les brodequins jaunes, remontant à mi-jambe, ne se
+rencontrent pas fréquemment dans ses images. La figure assise sur un
+siége d'une belle forme, est vêtue d'une tunique très-fine, agraffée sur
+le bras; un manteau d'un jaune doré la recouvre avec élégance, sa main
+droite en a rejeté une partie, et la tunique qui a glissé laisse à
+découvert l'épaule, une partie du sein et du bras: on pourrait supposer
+une intention dans cette négligence; l'abandon de l'attitude et
+l'inclinaison de la tête semblent indiquer un sentiment de soumission;
+l'expression du visage n'est point la tristesse, c'est plutôt un
+léger contentement mêlé de pudeur; ces cheveux longs, la couronne de
+feuillage, le rameau de laurier que porte cette jeune femme, toutes ces
+circonstances annoncent une initiée à la science de la divination. On
+pourrait penser que le peintre a voulu représenter _Cassandre_ qui en
+reçoit le don d'Apollon, pour prix des faveurs qu'elle lui a promises:
+c'est plus probablement la _Pythie_ ou la _Sibylle_ frappée d'une
+crainte religieuse à l'aspect du Dieu qui l'inspire. Le collier d'or
+formé de chaînons que porte la figure, est un ornement remarquable.
+Il se trouvait dans le fond du tableau une troisième figure tellement
+altérée, qu'on n'a pu la distinguer, peut-être eût-elle jeté plus de
+jour sur ce sujet mystérieux.
+
+La frise représente des Amours ou Génies jouant ou combattant avec des
+sangliers et une panthère.
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 1 P. 3 p°. 8 lig.--Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.
+
+
+
+PLANCHE XVIII.
+
+(_XIX de l'Édition royale._)
+
+
+La dispute d'Apollon et de Marsyas, et le supplice affreux auquel ce
+malheureux chanteur fut condamné par le jugement des Muses, sont assez
+célèbres dans la Mythologie. On voit ici le Dieu vainqueur, couronné,
+assis sur un siége orné d'un coussin, tenant sa lyre d'une main, et de
+l'autre l'archet (_plectrum_). Une Muse est à ses côtés et tient une
+guirlande dont elle est prête à parer la lyre; elle est vêtue d'une
+tunique brodée, ouvrage phrygien qui rappelle le lieu de la scène. Le
+jeune Olympe, portant une simple chlamyde et coiffé du bonnet phrygien,
+se jette aux pieds du Dieu pour implorer la grâce de son maître. Le
+bourreau, dont les habits tiennent au costume des barbares, attend,
+le couteau à la main, l'ordre d'exercer son ministère; il considère sa
+victime, l'infortuné Marsyas, déjà dépouillé et attaché à un arbre. Si
+le coloris répondait, dans cette peinture, à la beauté de la composition
+et à l'expression des figures, on pourrait la compter parmi les plus
+belles de la collection.
+
+Hauteur, 6 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P. 5 p°. 9 lig.
+
+
+
+PLANCHE XIX.
+
+(_XX de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture représente un Chœur bachique, tels qu'ils avaient lieu
+dans les fêtes du Dieu, pendant les sacrifices et autour des temples. La
+première figure assise joue des deux flûtes; la seconde des _crotales_;
+le vieillard prend le caractère d'un Silène et joue du _tympanum_; la
+quatrième figure tient une lyre, et la vieille assise sur un tabouret
+garni d'un coussin, est une prêtresse de celles dites _Géraires_. Ses
+cheveux sont enveloppés d'un linge (_mitra_); sa tunique est à longues
+manches; elle porte d'une main une patère, de l'autre une feuille
+qui paraît être la _nymphée_, servant d'aspersoir dans les cérémonies
+religieuses. Souvent les anciens donnaient cette forme aux éventails
+(_flabella_) dont ils se servaient pour exciter le feu sacré. Les
+trois jeunes femmes ont des tuniques à franges, ornement de luxe et de
+cérémonie; la joueuse de flûte porte une coiffe qui lui couvre le cou,
+et qui pourrait faire partie de l'espèce de cape propre à sa profession;
+la prêtresse seule est chaussée; les autres personnages ont les pieds
+nus. Cette distinction est fondée peut-être sur l'âge et la dignité de
+la prêtresse.
+
+Cette peinture et les sept qui suivent furent trouvées dans les fouilles
+de Portici.
+
+Hauteur, 6 p°. 3 lig.--Largeur, 1 P. 4 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XX.
+
+(_XXI de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture représente le départ d'une Procession bachique; la marche
+s'ouvre par une jeune fille jouant des deux flûtes; vient ensuite une
+femme portant d'une main le vase pour les libations, dit _guttum_ ou
+_gutturnium_, parce qu'il laissait échapper la liqueur goutte à goutte;
+elle porte dans l'autre main une corbeille ornée de rubans; elle est
+suivie d'une autre femme qui porte un coffre contenant les symboles
+mystérieux de Bacchus, ou bien peut-être l'_arche sacrée_, allusive à
+la naissance de ce Dieu, ou à sa statue forgée par Vulcain, et qui échut
+dans le partage des dépouilles de Troie, au grec _Eurypyle_. Le jeune
+homme presque nu, assis sur un siége d'une forme remarquable et tenant
+un sceptre, paraît être le directeur de la cérémonie. La femme appuyée
+sur un pilastre, et qui converse avec lui, peut être une des _géraires_
+ou la reine du sacrifice.
+
+Hauteur, 6 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P. 4 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXI.
+(_XXII et XXIII de l'Édition royale._)
+
+
+Ces deux tableaux sont encore relatifs aux mystères de _Bacchus_. Dans
+le premier, le jeune homme presque nu, assis et portant un thyrse, est
+le Dieu lui-même. Il paraît recevoir les offrandes que deux Prêtresses
+ou Bacchantes couronnées lui présentent; le geste de la main, déployant
+trois doigts, est marqué par les anciens, comme l'un de ceux dont
+on accompagnait la parole. Le jeune homme debout, vêtu d'une simple
+chlamyde, porte une bandelette et un thyrse; c'est peut-être _Ampelus_,
+jeune favori du Dieu des vendanges. La femme élégamment drapée et
+couronnée, est peut-être une _Hiérophantesse_ ou l'une des nourrices du
+dieu Thébain.
+
+L'autre tableau, qui fait le pendant du premier, représente la Déesse
+que les Latins appelaient _Libera_, et que les Grecs ont souvent
+confondue avec _Proserpine_, fille de Cérès et compagne de Bacchus, dans
+les cérémonies les plus mystérieuses. La femme largement drapée, dans
+l'attitude du repos, souvent répétée dans les monumens, peut être
+Cérès, sa mère; le Génie des mystères, un flambeau à la main, paraît lui
+indiquer sa fille qui est de retour des royaumes sombres. La jeune fille
+recouverte d'un grand manteau, portant un thyrse environné de rubans ou
+de bandelettes, paraît être l'_Initiée_ laquelle on destine la couronne
+qui se voit dans les mains de la Déesse. Une autre figure semble en
+marche pour aller déposer des offrandes sur un autel, comme dans le
+premier tableau.
+
+CHAQUE SUJET.--Hauteur, 5 p°. 3 lig.--Largeur, 1 P. 4 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXII.
+
+
+Le premier de ces tableaux représente les Noces d'un jeune Héros; il
+a une épée à la main. Cupidon l'escorte et le présente à l'épouse,
+assistée d'une autre femme qui s'appelait _Pronuba_ par les Latins,
+et qui remettait la nouvelle mariée entre les bras de son époux. Deux
+autres femmes préparent une assiette pleine d'offrandes à poser sur
+l'autel des Dieux qui président aux mariages. Il n'y a pas assez de
+données pour déterminer le héros, dont les noces sont représentées dans
+ce tableau.
+
+Le second représente les Mystères de Bacchus, que l'on appelait
+_Ityphalliques_, et où l'on considérait ce Dieu comme l'une des
+divinités qui présidaient la génération. Sous ce point de vue, les deux
+tableaux ont quelques rapports entre eux. La première figure assise,
+coiffée d'un bandeau dont les bouts retombent sur les épaules, vêtue
+d'une tunique _talaire_ à longues manches, de couleur violette, et d'un
+manteau agraffé sur l'épaule, fait le geste connu du silence; suit un
+vieillard debout, couronné de feuillages, portant une tunique rouge,
+également _talaire_, et un manteau; il tient la main sur la poitrine et
+paraît pénétré d'une crainte religieuse et de respect. Ces deux figures
+sont probablement celles du _Hiérophante_ et de la _Hiérophantesse_. La
+figure d'enfant, vêtu de la chlamyde qui revient couvrir mystérieusement
+la poitrine, la tête couronnée et le thyrse à la main, est celle de
+Bacchus; il tient un vase sacré, d'une forme singulière, peut-être
+destiné aux ablutions. Un signe remarquable par son exagération et
+célèbre dans ces mystères, désigne la figure plutôt pour une statue que
+pour un personnage. La femme voilée porte un serpent, symbole révéré des
+orgies.
+
+CHAQUE SUJET.--Hauteur, 5 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P. 4 p°. 6 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXIII.
+(_XXVI et XXVII de l'Édition royale._)
+
+
+La première planche rassemble deux fragmens de Peinture, dont le second
+est trop altéré pour donner lieu à aucune explication. Le premier
+représente une Femme coiffée d'un bandeau, dont les bouts retombent
+sur ses épaules, parée de pendans et de bracelets, et vêtue d'une ample
+draperie; elle reçoit des mains d'une jeune fille une ceinture ou un
+collier que l'état de la peinture n'a pas permis de bien distinguer.
+La feuille de _nymphée_ qu'elle tient à la main, et dont on se servait
+comme d'aspersoir, semble désigner une prêtresse; on aperçoit encore les
+jambes nues d'un jeune homme qui doit être couché ou prosterné.
+
+Dans la seconde planche, on voit une figure de Bacchus assise, tenant un
+thyrse rustique et un petit sceptre; deux prêtresses portant des objets
+relatifs au culte, et plus loin un petit autel avec un thyrse. Cette
+peinture s'est aussi trouvée fort endommagée.
+
+CHAQUE SUJET.--Hauteur, 5 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P. 4 p°. 7 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXIV.
+(_XXIX de l'Édition royale_).
+
+
+Prêtresses de Bacchus ou de Cérès, toutes les deux vêtues de tuniques
+violettes, et couronnées de feuillages; la première tient un _tympanum_
+garni de grelots, une corbeille de feuilles nouvelles, et des
+bandelettes; la seconde porte une patère et une branche fleurie en forme
+de massue, peut-être une tige de _férule_; elles pourraient l'une et
+l'autre se préparer aux _thalysies_, sacrifice où l'on offrait à Bacchus
+et à Cérès les prémices de la terre, pendant les fêtes _Haloënnes_ ou
+des _Aires_.
+
+Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig.--Largeur, 3 P. 2 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXV.
+(_XXX de l'Édition royale._)
+
+
+La figure de femme, qui fait l'un de ces deux sujets, est remarquable
+par la grâce de la pose et par la beauté du dessin. Ses draperies jetées
+largement laissent à demi-nu une partie du sein et le bras droit; elle
+porte une chevelure qui, aux Académiciens de Naples, a paru postiche;
+ils ont cru voir des plumes sur la tête de cette figure; mais peut-être
+ne sont-ce que des fleurs et des bouts de rubans. Elle tient de la main
+droite un instrument fort long, et qui semble, par sa forme, destiné
+porter un flambeau; de l'autre main, elle soutient un tube surmonté d'un
+aigle: on a cru voir, avec peu de vraisemblance, que c'était une trompe;
+ce pourrait être une partie des montans d'un siége ou trône portatif
+d'argent.
+
+Le second personnage couronné de lierre, vêtu d'un simple _pallium_,
+ayant des souliers qui couvrent entièrement le pied, et qui, sans cette
+couronne, à sa barbe bouclée, à sa physionomie pensive, paraîtrait un
+philosophe, n'est probablement qu'un poète, auteur des drames ou des
+hymnes qui faisaient partie de la fête à laquelle ces figures paraissent
+faire allusion.
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 1 P. 5 p°. 7 lig.--Largeur, 1 P.
+
+
+
+PLANCHE XXVI.
+(_XXXIV de l'Édition royale._)
+
+
+La première de ces figures représente un Hermaphrodite. Il relève avec
+grâce une longue draperie blanche posée sur sa tête; cette draperie
+retombe sur son bras gauche et la cuisse droite, en laissant à découvert
+les formes qui le font reconnaître. Son attitude est pleine de mollesse,
+et il porte cette feuille que nous avons déjà remarquée, employée
+quelquefois comme aspersoir et souvent comme éventail (_flabellum_):
+elle paraît destinée ici à ce dernier usage. Cette feuille, d'un jaune
+roux, pourrait se rapporter à l'espèce de lierre nommée par Pline
+(_XXIV_, 10) _cissos erythranos_; elle pourrait aussi appartenir une
+espèce de nymphæa. La fable de la nymphe _Salmacis_ (_vide_ OVID. _Met.
+IV._) explique parfaitement le sens mystérieux que les anciens
+donnaient ces figures d'Androgynes; leur imagination, vive et brillante,
+personnifiait toutes les passions et se plaisait à en voir répéter
+les images. La figure d'Hermaphrodite décorait ordinairement les bains
+communs à l'un et l'autre sexe, et rappelait, dans ce lieu, l'allégorie
+de sa naissance.
+
+La seconde figure, posant sur un ornement, qui paraît une partie de
+chapiteau ionique dessiné sur le côté, et soutenant un fût d'une forme
+capricieuse, est elle-même un ornement d'architecture. C'est un _Atlas_,
+suivant la dénomination des Grecs; un _Télamon_, suivant celle des
+Latins. Les figures de femme ainsi employées prennent le nom de
+_Cariatides_ (_vide_ VITR. _IV_, 10). La nudité de cette figure,
+la couronne, le rameau, le disque, la draperie jetée sur le bras,
+conviennent particulièrement un _Camille_ ou Ministre des sacrifices.
+Les attributs des Télamons ou des Cariatides varient selon le caprice du
+décorateur, ou suivant le genre d'édifice auquel ils sont destinés.
+
+CHAQUE SUJET.--Hauteur, 8 p°.--Largeur, 11 p°..
+
+
+
+PLANCHE XXVII.
+(_XXXVII de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture offre une Décoration au milieu de laquelle est un
+personnage qui peut représenter un _Camille_ ou Ministre de sacrifice.
+Il porte un rameau, peut-être allusif aux lustrations, et une corbeille
+qui peut contenir les restes du sacrifice, que les servans recueillaient
+avec soin, comme ayant la vertu de conserver la santé. Ses pieds et ses
+jambes sont revêtus de bandes de lin (_fasciæ crurales_) quelquefois en
+usage chez les Romains. Le jeune bouc de couleur rouge qu'on voit sur
+une table de marbre avancée, paraît placé là comme la statue de cet
+animal, et annoncer que le lieu est consacré à Bacchus. Sous les pieds
+du jeune homme est un tableau où l'on voit un léopard poursuivant un
+jeune cerf. Tout est capricieux dans cette Décoration; et, comme nous
+l'avons déjà observé, on ne doit supposer au peintre d'autre
+intention que celle de couvrir agréablement une surface par des sujets
+dionysiaques.
+
+Hauteur, 1 P. 10 p°..--Largeur, 1 P. 6 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXVIII.
+(_XL de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture représente une Victoire. Les poètes et les peintres la
+dépeignent aîlée, telle qu'on la voit ici, pour exprimer sa rapidité
+ou son inconstance; c'est à son inconstance que fait allusion cette
+épigramme de l'Anthologie à l'occasion d'une statue de la Victoire,
+frappée de la foudre à Rome:
+
+«La Victoire a perdu ses aîles, et ne pourra jamais
+s'éloigner de toi».
+
+Cette Victoire est vêtue d'une large tunique blanche; ses cheveux
+arrangés sur le sommet de la tête voltigent derrière elle; elle a le
+bras gauche passé dans un bouclier enlevé à l'ennemi, ou symbole des
+trophées; elle porte à la main une couronne de chêne, telle qu'on
+la voit sur les médailles des Empereurs, avec la légende _ob cives
+servatos_. Les feuilles de cette couronne sont brillantées d'or
+pur, qu'on voit quelquefois employé comme couleur dans ces peintures
+antiques.
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 7 lig.--Largeur, 10 p°. 8 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXIX.
+(_XLII de l'Édition royale._)
+
+
+La franchise du pinceau, l'agrément du coloris répondent, dans ces deux
+peintures, à la simplicité et à la vivacité de la composition. Deux
+Satyres velus et barbus, le front armé de longues cornes, se battent à
+coups de tête contre des boucs. On voit dans Béger (_Th. Br. p._ 154)
+une pierre gravée qui représente un Panisque en semblable combat.
+L'inclination libidineuse de ces animaux révérés chez les Égyptiens,
+comme symboles de la nature productive, aussi-bien que celle de leurs
+antagonistes, semble offrir la rivalité pour cause de ce combat. Nos
+Satyres résisteront mieux, sans doute, que le jeune Sybarite Cratis,
+qui, au rapport d'Ælien (_H. A. VI_, 42.) expia ses bizarres amours,
+victime de la jalousie de son dur et fier rival. Ils ont les bras
+repliés sur le dos, et combattent généreusement à armes égales: cette
+circonstance peut encore donner l'idée d'un jeu occasionné par les fêtes
+de Bacchus.
+
+CHAQUE SUJET.--Hauteur, 8 p°.--Largeur, 11 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXX.
+(_LIX de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture curieuse représente une Cérémonie et un sacrifice suivant
+le rite égyptien. Le feu sacré s'enflamme sur l'autel à quatre cornes,
+dont la forme se retrouve dans un grand nombre de médailles et de
+monumens. Sur la marche de l'autel, on remarque les Ibis, oiseaux sacrés
+chez les Égyptiens. Tous les personnages sont en action et tiennent
+des sistres ou différens instrumens du même genre, tels que celui
+formé d'une chaîne de quatre anneaux et un autre composé d'une aiguille
+servant d'axe à un cercle garni de grelots. La figure la plus apparente
+du bas du tableau, est celle d'une femme à genoux, la tête ceinte d'une
+couronne et dans l'attitude de faire une offrande; elle est vêtue d'une
+tunique blanche et d'un manteau rouge, dont une partie, retombant sur
+l'épaule, est ornée de franges, habillement qu'on remarque dans les
+cérémonies religieuses des Égyptiens. Derrière elle est un jeune homme,
+tenant un sistre et une branche, ayant la tête rase, nu jusqu'à la
+ceinture, et du reste enveloppé d'une draperie blanche; c'est le costume
+particulier des prêtres. Un autre costume remarquable est celui du
+personnage qui danse au sommet des degrés; il est d'une teinte brune,
+barbu et revêtu d'un habit succinct de couleur violette, qui ne couvre
+que le buste, en forme de cuirasse, habit qui convient un dieu guerrier
+et conquérant, comme l'était _Osiris_. Ce personnage paraît faire le
+sujet principal du tableau; ce n'est probablement qu'un prêtre, dans
+l'habit d'Osiris sortant du temple, au milieu du bruit des acclamations
+et des instrumens sacrés, et qui, peut-être, comme celui de Juvénal,
+joue l'_Anubis_ et se moque de la superstitieuse crédulité de ses
+dévots. La scène se passe à l'entrée d'un temple, ou, pour mieux dire,
+dans le _peribolos_ ou enceinte extérieure, comme l'annoncent les deux
+colonnes, les cinq degrés et l'épistyle; chaque colonne est ceinte d'une
+guirlande de lierre, plante consacrée à Osiris, et décorée d'une branche
+de palmier; au milieu est suspendue une couronne de feuillage. Tous les
+personnages sont pieds nus en signe de respect. Les ordres grecs, la
+structure du temple et le palmier qui domine le mur latéral, semblent
+désigner que cette solemnité se passe Alexandrie.
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 2 P. 3 p°. 6 lig.--Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXXI
+(_LX de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture, qui fait le pendant de la précédente, trouvée avec
+elle dans les fouilles de _Portici_, retrace une solemnité en l'honneur
+d'Isis, divinité qu'on ne séparait pas d'Osiris, son époux et son frère.
+Sur le devant est l'autel orné d'une guirlande; un prêtre excite le feu
+sacré avec un éventail, semblable à ceux encore en usage de nos jours;
+près de lui est un autre ministre vêtu d'une tunique blanche, étroite et
+à longues manches, tenant un long bâton et un autre instrument en
+forme de sceptre, attribut appartenant aux héraults des cérémonies
+(Hieroceryces); au pied des degrés est un autre ministre tenant un
+instrument semblable et un sistre. Les assistans sont rangés sur deux
+files; en tête et d'un côté est un joueur de flûte, et de l'autre, deux
+personnages consacrés au culte; onze degrés conduisent au parvis du
+temple; de chaque côté, sur un grand appui, est un Sphinx, la tête
+surmontée d'une feuille de _lotus_; une balustrade ferme l'entrée du
+temple. Le chef des prêtres, le _Prophête_, est revêtu d'une tunique
+_talaire_, et d'une sorte de mante à franges dans laquelle il enveloppe
+ses mains pour porter l'_hydria_, le vase à l'eau, symbole de la Déesse
+même, offert à l'adoration du peuple. Deux figures se voient sur le même
+plan; l'une, qui paraît un prêtre, a la tête rase, et porte une draperie
+au-dessous du sein; il joue du sistre, et semble regarder l'autre
+figure: celle-ci est une femme habillée en Isis, revêtue de longs habits
+et d'une chlamyde peinte de diverses couleurs; elle a les cheveux longs
+et porte un sistre et un seau, telle que nous voyons la Déesse dans
+plusieurs monumens postérieurs à la conquête d'Alexandre. On remarque
+les _Ibis_ au pied de l'autel comme dans le sujet précédent. L'instant
+de la cérémonie paraît être celui où le prêtre congédiait l'assistance,
+en offrant à sa vénération le vase sacré avant de fermer le temple.
+(_Vide. Clem. Alex. Str. v._ p. 633).
+
+SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 2 P. 3 p°. 6 lig.--Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXXII.
+(_I, t. III de l'Édition royale._)
+
+L'inspiration et la divinité règnent dans cette belle figure d'Apollon.
+Le Dieu se repose et médite de nouveaux chants; sa tête est environnée
+d'un cercle lumineux (_nimbus_); ses cheveux flottans sont ceints d'une
+couronne de laurier; une chlamyde violette, attachée sur les épaules,
+laisse en liberté son bras droit et découvre une partie de ce beau corps
+où brille la jeunesse; sa lyre, appuyée sur un autel recouvert d'une
+draperie, conserve sa forme primitive et encore grossière: la lyre fut
+d'abord formée d'une tête de taureau dépouillée; les cornes servaient de
+montans pour soutenir la traverse où venaient s'attacher les cordes; le
+_plectrum_, que nous nommons archet, était un véritable pied de chèvre,
+et sa forme antique rappelle son origine. Cette peinture fut trouvée à
+_Portici_ avec la suivante.
+
+Hauteur, 2 P. 6 lig.--Largeur, 1 P. 6 p°. 7 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXXIII.
+(_II, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Une jeunesse éternelle est également l'apanage d'Apollon et de Bacchus;
+elle brille dans cette figure réunie à une mollesse, à une grâce
+charmante. Le Dieu du vin est couronné du lierre et de sa fleur, une
+double bandelette forme un diadême sur son front; appuyé d'un bras sur
+son autel, il élève l'autre négligemment en tenant un vase d'or d'une
+forme agréable, et dont les anses, qui remontent du pied jusqu'au bord,
+semblent désigner le vase appelé _carchesium_; ses cheveux bouclés
+retombent sur son cou; une draperie, d'un blanc jaune, glisse de son
+épaule sur l'autel et vient à peine envelopper une partie de la cuisse.
+La nudité des figures d'Apollon et de Bacchus n'est, sans doute, qu'un
+hommage rendu à la beauté de leurs formes. Fulgence (_II, 15, l. 7_)
+y cherche un sens mystique, en observant qu'on représente Bacchus la
+poitrine nue, soit parce que l'ivresse rejette les voiles de la pudeur,
+soit parce qu'elle découvre les secrets du cœur. Le Dieu porte un thyrse
+formé d'une longue canne armée d'un fer de lance, ornée de bandelettes
+et d'une touffe de feuillage.
+
+Hauteur, 2 P. 6 lig.--Largeur, 1 P. 6 p°. 7 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXXIV.
+(_III, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+L'aventure connue de la Lune et d'Endymion (les modernes disent, avec
+peu d'exactitude, de Diane et d'Endymion), fait le sujet de cette
+peinture. Le beau chasseur est mollement abandonné ce profond sommeil
+qui l'a rendu célèbre, faveur qu'il demanda au maître des Dieux, suivant
+une fable; punition qu'il en reçut, suivant une autre, pour avoir, comme
+Ixion, osé devenir amoureux de Junon. Ici le beau jeune homme ne recevra
+aucune punition, si le sommeil ne le prive pas de ses sens. Une Déesse
+descend du ciel, conduite par Cupidon; la Lune, Sélène elle-même, a
+quitté le char brillant de son astre; son ample manteau, de couleur
+changeante, voltige autour d'elle; elle paraît demi-nue; ses cheveux,
+arrangés avec soin sur le front et détachés derrière la tête, sont
+agités par l'air; sa tête est rayonnante, ses bras sont parés de
+bracelets. Entraînée par l'amour, sa démarche est timide et retenue;
+elle s'avance sur la pointe des pieds, dans la crainte d'éveiller le
+beau chasseur: «Ô Déesse! seule heureuse en tes ardeurs discrètes, le
+beau chasseur ne s'éveillera pas». Tout son corps cède à la langueur
+d'un repos parfait; ses doigts glissent le long de ses dards paisibles.
+Si pourtant on en croit les récits recueillis par Pausanias (_V, 1_)
+le beau dormeur donna cinquante filles à la Déesse. Une bandelette ou
+diadème ceint ses cheveux, ornement donné, peut-être ici, au roi d'Elis.
+Nous ne chercherons point le sens que plusieurs auteurs anciens ont
+supposé à cette fable ingénieuse. Le sommeil d'Endymion était passé en
+proverbe: mais soit que ce personnage n'ait été qu'un chasseur qui se
+reposait, le jour, des courses nocturnes; soit que, le premier, il ait
+observé le cours de la Lune, la fiction mythologique a trop de charmes
+pour la détruire, et nous l'adopterons avec les poètes et les peintres.
+De nos jours l'un de nos artistes s'en est sur-tout emparé avec succès.
+Qui n'a pas admiré ce tableau de M. _Girodet_, où Endymion est endormi à
+l'ombre d'un épais feuillage? Ce n'est point la figure de la Déesse qui
+descend du ciel, c'est elle-même dans toute sa puissance; rassemblée
+toute entière dans ses rayons amoureux, elle perce à travers les
+branches que Cupidon vient d'écarter en sa faveur, et se précipite en
+flots de lumière sur la bouche du tranquille dormeur. Un si bel
+exemple prouve que rien n'est épuisé, et que les sources du génie sont
+intarissables.
+
+
+Hauteur, 2 P. 2 p°.--Largeur, 1 P. 10 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXXV.
+(_IV, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture est aussi précieuse par le sujet qu'elle représente, que
+par sa beauté. Voilà le fameux bélier envoyé par la nymphe Néphelé pour
+sauver les enfans qu'elle avait eus d'Athamas, poursuivis par la
+jalouse Ino. La malheureuse _Hellé_ vient de tomber dans les flots; elle
+implore, de la voix et de la main, le secours de son frère, _Phrixus_
+emporté par le bélier qui fuit rapidement sur la plaine liquide. Phrixus
+a tendu en vain une main secourable à cette fille infortunée, elle va
+disparaître et laisser son nom à cette mer perfide, pour monument de son
+malheur. L'_Hellespont_ rappellera sa triste aventure au voyageur qui
+passera le détroit entre Sestos et Abydos. Phrixus immolera le bélier à
+Jupiter, sur les bords du Phase; ce fameux bélier, placé dans le ciel,
+brillera parmi les astres, et sa riche toison deviendra un jour le sujet
+de l'expédition des Argonautes et la conquête de Jason. Cette toison est
+représentée blanche. Il faut donc croire, avec Apollonius (_II. 1147_)
+que la toison devint d'or par l'attouchement de Mercure.
+
+Cette peinture fut trouvée à _Civita_, en 1760.
+
+Hauteur, 1 P. 9 p°.--Largeur, 1 P. 2 p°. 7 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXXVI.
+(_V, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture, dont le champ est vert, représente une Nymphe vêtue
+d'une tunique jaune. Ses cheveux blonds sont tressés avec soin autour
+d'un diadême; elle a les pieds nus, elle paraît marcher et cueillir en
+passant une fleur sur la tige qui s'élève auprès d'elle; elle porte
+une corne d'abondance où l'on voit quelques fleurs; c'est l'une des
+_Heures_, compagnes de l'Aurore ou de Flore, cueillant les fleurs
+qu'elle sèmera sur son passage; ou bien c'est _Chloris_ elle-même,
+l'amante, l'épouse de Zéphir, régnant dans son empire. Ces Divinités
+sont représentées vêtues d'habits teints de vives couleurs empruntées
+des fleurs même. L'habillement de cette Nymphe prend le nom particulier
+de _crocota_, du _crocus_ ou safran dont elle est teinte.
+
+Cette peinture fut trouvée à _Gragnano_, en 1759.
+
+Hauteur, 1 P. 2 p°.--Largeur, 10 p°.
+
+
+
+PLANCHE XXXVII.
+(_VI, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Parmi les rapports que cette peinture pouvait offrir avec quelques
+traits de l'histoire héroïque, les Académiciens de Naples paraissent
+s'être attachés particulièrement à la reconnaissance d'Ulysse et de
+Pénélope. Cependant le costume du jeune guerrier devait écarter cette
+idée, et semble devoir fixer toutes les incertitudes. Comment ne pas
+reconnaître le beau _Pâris_ dans cet habit phrygien qui s'éloigne en
+tout du costume grec, et qui est tel que nous l'ont décrit Euripide et
+Virgile! Ce bonnet, bien différent du bonnet marin que Polygnote avait
+approprié à Ulysse; la tunique à longues manches, les pantalons formant
+des plis sur les jambes désignent aussi, dans les monumens, ce favori
+de Vénus; ces armes lui appartiennent; c'est l'arc, ce sont les flêches,
+ces flêches qui tueront Achille. Au-lieu d'Ulysse et de Pénélope, M.
+_Visconti_ voit ici, avec plus de vraisemblance, Pâris séduisant Hélène.
+L'épouse de Ménélas paraît dans ce combat de l'Amour et de la Pudeur,
+qu'Ovide a retracé dans ses Héroïdes, qu'un artiste grec a exprimé dans
+un bas-relief publié par Winckelmann, et éclairci par des inscriptions
+grecques. Ces yeux baissés et ce doigt levé annoncent encore
+l'incertitude; le fils de Priam semble vouloir la dissiper; il présente
+la main ouverte en signe de bonne foi. La princesse est assise sur
+un siége d'un beau travail et orné d'un marche-pied, circonstance qui
+désigne toujours une personne de distinction. Ses cheveux blonds, en
+partie relevés, laissent échapper de longues tresses sur ses épaules;
+elle est vêtue d'une tunique couleur d'or et d'un manteau violet. La
+négligence qu'on remarque dans l'arrangement de ses cheveux et de ses
+draperies, semble annoncer l'accès facile que l'hospitalité donne à son
+séducteur auprès d'elle. Cette peinture remarquable par la finesse et
+la vérité de l'expression, par la pose des figures et le costume, fut
+trouvée à _Gragnano_ en 1759.
+
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P.
+
+
+
+PLANCHE XXXVIII
+(_VII, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture ingénieuse est vulgairement désignée sous le nom de _la
+Marchande d'Amours_. En s'arrêtant à cette dénomination, on admirera
+l'esprit de la composition et la délicatesse avec laquelle elle est
+rendue. Si l'on veut faire honneur à son auteur, d'un sens mystérieux,
+tenant aux opinions des anciens sur l'Amour, on consultera leurs livres
+avec nous, et l'on trouvera que ces trois Génies peuvent représenter
+l'Amour dans ses différens états, le _besoin_, le _désir_ et la
+_possession_. Ce sont les trois Amours de Scopas, _Eros_, _Himeros_ et
+_Pothos_. C'est encore, si l'on veut, l'Amour céleste, l'Amour terrestre
+et leur frère, participant de l'un et de l'autre, suivant Apulée. La
+mère et la nourrice de l'Amour, suivant Platon, _Penia_ (_l'Indigence_)
+sera caractérisée dans cette femme qui paraît disposer des Génies. Ses
+cheveux mal soignés, la coiffe (_mitra_) coiffure commune et négligée,
+la chaussure grossière, la tunique étroite et sur-tout les demi-manches
+(_brachialia_) annoncent une femme pauvre et de condition basse ou
+servile. La jeune femme assise, vêtue d'un habit bleu céleste et d'une
+tunique verte, avec des bracelets et une chaussure couleur d'or, le
+front couvert par le bandeau qui retient ses blondes tresses, sera
+Vénus, la Déesse de la Beauté; celle qu'on voit derrière elle, vêtue
+d'une draperie violette, sera sa compagne fidelle, _Pitho_ ou _Suada_,
+Déesse de la Persuasion, qui attire et gagne tous les cœurs. L'un des
+Amours, entre les genoux de Vénus, jouit du bonheur parfait dans la
+contemplation de la beauté, c'est le charme de la _possession_; un autre
+que Penia tire de sa prison, tend les bras à Vénus prêt à s'élancer
+dans ceux de la Déesse, c'est l'ardeur du _désir_; le troisième, encore
+engourdi dans sa cage, commence à s'animer; il bat les ailes, et le
+_besoin_ d'aimer et d'être heureux l'avertit de l'existence. C'est ainsi
+que l'ingénieux système de Platon (Voy. _le Banquet_) peut servir à
+expliquer cette peinture précieuse; mais comme ce sujet appartient
+aux Amours, quiconque reconnaît leur empire peut les consulter pour en
+pénétrer le mystère.
+
+
+Hauteur, 1 P. 3 p°.--Largeur, 1 P. 7 p°. 5 lig.
+
+
+
+PLANCHE XXXIX.
+(_IX, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Ce Cygne à bonnes fortunes est le grand Jupiter; la belle abusée n'est
+point Léda; ce cercle lumineux qui rayonne autour de sa tête annonce une
+divinité, c'est la déesse _Némésis_. Jupiter n'a pu vaincre sa sévérité,
+il a eu recours à la ruse. La tendre Vénus, sous la forme d'un aigle, a
+poursuivi cet oiseau craintif; la Déesse lui donne asyle dans ses
+bras; elle a quitté sa couche en désordre, et ce lit aux pieds dorés,
+recouvert de draperies, sera complice du sommeil perfide qui va la
+livrer, sans défense, à cet oiseau devenu trop audacieux. De cette
+surprise naîtra l'œuf merveilleux; Mercure le déposera dans le sein de
+Léda, et de cet œuf sortira la fameuse Hélène, dont l'épouse de Tindare
+ne sera que la nourrice.
+
+On peut regarder les poètes comme les pères de la fable. Dans leur
+langage sublime, ils personnifiaient les passions, et la superstition
+du vulgaire se créait des Divinités à la place des images du
+discours. Cette fable (et c'est l'opinion de M. _Visconti_, fondée sur
+_Pausanias_) paraît avoir pris sa source dans les expressions de quelque
+ancien poète qui, pour exprimer l'enchaînement des malheurs dont la
+funeste beauté d'_Hélène_ avait rempli la Grèce et l'Asie, avait dit
+que cette princesse était fille de _Némésis_ ou de l'_indignation_ des
+Dieux.
+
+Hauteur, 2 P. 1 p°. 5 lig.--Largeur, 1 P. 6 p°. 7 lig.
+
+
+
+PLANCHE XL.
+(_XI, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Qui ne reconnaît pas les trois Grâces, n'est pas digne de leurs faveurs.
+Voici les trois sœurs de l'Amour, les compagnes inséparables de Vénus.
+De ces Divinités dérivent les bienfaits et la reconnaissance, commerce
+généreux qu'exprime leur union. (_Seneca de Benef_. I. 3). Ce sont elles
+qui font le charme de la beauté; par elles, la beauté plaît en voulant
+toujours plaire: heureuse condescendance qui rapporte incessamment de
+nouveaux tributs. «Eh! quelle chose peut jamais être agréable à l'homme
+sans les Grâces! elles embellissent tout; elles permettent les plaisirs
+et défendent les excès; amies de la paix, elles défendent sur-tout
+l'ivresse; elles caressent le sage qui leur sacrifie; elles se montrent
+nues, car toute Grâce rejette l'ornement». Autrefois elles allaient
+vêtues (_Pausanias_. IX. 35); l'Amour leur déroba leurs vêtemens pendant
+qu'elles étaient au bain (_Anth. IV_. 19. _ép._. 24); mais la décence
+leur sert toujours de voile; elles sont en présence de Vénus, telles
+qu'on les voit ici. Ces filles aux belles tresses et toujours fleuries,
+forment un nœud indissoluble. (_Hom. Pind. Hor._) Thalie, opposée aux
+regards, enchaîne ses deux sœurs, et ses deux sœurs, qui s'offrent de
+face, lui font un collier de leurs bras. (_Pithœus V et. ép. ib. IV.
+Albricus. cap. V._). Ainsi, dans ce groupe enchanteur, l'œil embrasse
+la beauté sous tous les aspects. L'une des Grâces tient une pomme, les
+autres des rameaux et des fleurs: la pomme appartient à Vénus et aux
+Amours; les fleurs, les feuillages et les fruits sont donnés souvent
+aux Grâces dans les monumens, et peuvent faire allusion à leur ancienne
+signification. Elles n'étaient pas, dans la Mythologie primitive,
+différentes des Saisons. On ne comptait que trois Saisons dans les
+climats et dans les temps qui ont vu naître les fables; et ces filles de
+l'année sont, pour la terre et pour tous les vivans, les Ministres des
+Grâces du ciel.
+
+Hauteur, 1 P. 7 p°.--Largeur, 1 P. 3 p°. 10 lig.
+
+
+
+PLANCHE XLI.
+(_XII, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture curieuse semble se rapporter l'aventure de _Mercure_ avec
+la déesse _Mania_ ou la nymphe _Lara_. Cette nymphe indiscrète révéla
+Junon les amours de Jupiter et de Juturne; le maître des Dieux la punit
+en lui arrachant la langue, et la confia à Mercure pour la conduire aux
+enfers. Le messager s'en rendit amoureux, et la séduisit en passant dans
+un bois; la nymphe devint mère des deux Lares. On reconnaît le divin
+messager à ses brodequins aîlés, aux deux aîles qui prennent naissance
+sur son front, comme on le voit dans plusieurs monumens antiques, et à
+la baguette qui désigne sa puissance sur les ombres. L'épée posée sur
+un rocher est aussi un attribut de ce Dieu; l'artiste s'est seulement
+écarté de la tradition, en ne la représentant pas de cette forme
+recourbée qui avait fait donner le nom de _harpé_ à cette épée du fils
+de Maia. Les deux têtes couronnées de feuillages, dont l'une est sur la
+branche d'un arbre, et l'autre sur un pieu au-dessous des figures,
+sont, sans doute, encore relatives à une autre opinion religieuse;
+elles semblent représenter ces têtes feintes (_oscilla_) qu'Hercule fit
+substituer aux victimes en abolissant les sacrifices humains: ces signes
+se suspendaient aux arbres et sur des perches. La nymphe, parée d'un
+diadême d'or, d'un collier et de pendans formés de perles, s'appuie
+sur Mercure et semble l'écouter avec faveur; son attitude est pleine
+d'abandon et convient au repos qu'on cherche après une longue course;
+une draperie couleur de laque forme tout son vêtement; le Dieu la
+soulève et en rend la plus grande partie inutile. Le groupe est plein
+de grâce, et le site agreste et sauvage ajoute à la beauté de la
+composition.
+
+Hauteur, 1 P. 8 p°. 5 lig.--Largeur, 1 P. 5 p°. 7 lig.
+
+
+
+PLANCHE XLII.
+(_XIII, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture dont le champ est bleu, représente une jeune et belle
+Femme vêtue d'une tunique longue de couleur changeante, et d'un manteau
+rouge qui voltige derrière elle; ses cheveux blonds sont relevés avec
+soin; ses bras sont parés de bracelets d'or; elle porte un arc détendu
+et une flêche ou plutôt un dard. Comme Diane, ou comme une nymphe de
+sa suite, on la voit l'épaule découverte, le sein et le bras nus. Ces
+habits longs, cependant, conviennent peu à une chasseresse. Diane, avec
+l'arc et les flêches, n'est pas toujours représentée dans l'appareil
+de la chasse; alors elle est armée pour punir les villes impies ou
+les femmes qui ont mérité sa colère: on pourrait rapporter cette idée
+l'intention du peintre; peut-être aussi ne doit-on voir, dans cette
+figure, qu'une nymphe, qui la Déesse a remis ses armes pour en prendre
+soin.
+
+Hauteur, 1 P. 2 p°. 1 lig.--Largeur, 9 p°. 9 lig.
+
+
+
+PLANCHE XLIII.
+(_XIV, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture fut l'une des premières découvertes qu'offrirent
+les fouilles de Résine; elle se trouvait détachée du mur. Sa grande
+antiquité et sa beauté la rendent également curieuse; il est regretter
+qu'elle soit endommagée en plusieurs endroits. Le sanglier, dont on ne
+voit que la hure et les pattes, peut faire soupçonner qu'elle a quelque
+rapport avec la fameuse chasse de Calydon, et principalement avec la
+guerre qui éclata entre les Curètes et les Étoliens pour ces glorieuses
+dépouilles. _Méléagre_, suivant le récit d'Homère (_Ill. IX_) faisait
+triompher les Étoliens; le héros, irrité des imprécations d'_Althœa_, sa
+mère, dont il avait tué les frères, s'obstina à ne plus combattre; les
+Étoliens vaincus implorèrent son secours: «leurs vieillards le priaient
+en supplians, et lui députaient les prêtres les plus révérés». Méléagre,
+après avoir résisté toutes les instances, se laissa toucher par les
+larmes de _Cléopâtre_, son épouse. Le vieillard debout, vêtu d'une
+draperie qui passe en écharpe sous le bras droit, ayant pour chaussure
+des semelles attachées avec de minces courroies, serait le député des
+Étoliens; la coiffure qui lui couvre la tête, peut désigner un prêtre;
+le bâton long, qui n'est autre chose que le sceptre antique, l'anneau
+qu'il porte un doigt de la main gauche, sont des marques de dignité.
+L'inclinaison de la tête dans celui-ci annonce un suppliant. Le
+vieillard assis, qui l'écoute avec intérêt, serait le roi _Œnée_, père
+de Méléagre; il s'appuie sur un sceptre; il a pour vêtement la chlamyde
+rejetée en arrière, selon le costume héroïque. La peinture dégradée ne
+permet point de distinguer l'action du jeune homme écoutant une belle
+femme largement drapée; c'est, sans doute, le prince, se laissant
+fléchir par Cléopâtre, son épouse. Le chien de chasse armé d'un
+collier à pointes acérées, la tête tournée vers lui, semble le désigner
+ingénieusement.
+
+Hauteur, 2 P. 7 p°. 5 lig.--Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.
+
+
+
+PLANCHE XLIV.
+(_XV, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Plusieurs Héros de l'antiquité se signalèrent par leur pudeur, et
+devinrent célèbres par les dangers auxquels la fureur d'une amante
+dédaignée les exposa. _Bellerophon_, insensible aux feux de l'épouse
+de Prœtus, Sténobée ou Antée, suivant Homère, fut accusé par elle, et
+vainquit la redoutable chimère qu'il eut à combattre. _Pélée_, le père
+du grand Achille, fameux par sa lance, respectant l'hospitalité, refusa
+de répondre aux voeux d'Astydamie, épouse d'Acaste, roi d'Iolchos; les
+Dieux l'armèrent contre les bêtes féroces, auxquelles il fut exposé, et
+la vertu fut encore sauvée. Mais le généreux _Hippolyte_, célébré
+chez les anciens par Euripide et Sénèque, chez nous, par notre Racine,
+exemple et victime de la vertu la plus pure, eut contre lui les fureurs
+d'une marâtre méprisée, d'un père irrité et d'un Dieu trop prompt à
+accomplir l'imprécation paternelle. C'est ce jeune Héros même qui nous
+paraît faire le sujet de la peinture antique. La détestable _Œnone_
+remplit son lâche ministère. _Phèdre_ assise sur un trône d'un beau
+travail, avec un marche-pied, le front orné d'un bandeau richement
+brodé, paraît à demi-vêtue; elle ajuste sa tunique sur l'épaule gauche;
+son bras droit repose sur le dossier de son siége, recouvert d'une
+draperie bleue qui paraît être son manteau; elle détourne la tête,
+et laisse lire sur son visage l'attention, la honte et la colère. Le
+pudique Hippolyte, vêtu de la simple chlamyde héroïque qui retombe
+derrière les épaules, témoigne sa surprise et ses refus par le geste de
+la main droite; c'est ce noble maintien, ce front où
+
+ Brille de la vertu le sacré caractère.
+
+Il porte la lance, arme célèbre des Héros. Un jeune écuyer, vêtu d'un
+habit succinct, paraît au-dehors tenant un cheval par la bride; ce qui
+fait allusion à la passion du fils de Thésée pour les coursiers et
+pour la chasse. La bride du cheval est telle qu'on la remarque dans la
+colonne Trajane, et semblable celle en usage de nos jours. Le poitrail
+est orné d'un croissant, peut-être formé de la dent d'un animal sauvage,
+suivant quelques auteurs, Le cheval porte une housse qui tenait lieu de
+selle aux anciens.
+
+La seconde peinture (_XVIII, t. III de l'Édit. roy._) représente une
+Néréide se jouant avec un taureau marin; ses cheveux sont arrangés
+avec soin et ornés d'une bandelette entrelacée de petites feuilles. Le
+mouvement du taureau est plein de pétulance; la nymphe l'embrasse et le
+regarde avec familiarité.
+
+Sujet PRINCIPAL.--Hauteur, 2 P. 2 p°. 5 lig.--Largeur, 2 P. 7 p°.
+
+
+
+PLANCHE XLV.
+(_XVI, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Cette peinture représente une Néréide portée par un cheval marin,
+qu'elle guide avec des rênes. Son manteau, enflé par le vent, est d'un
+rouge obscur, et fait briller la carnation délicate de son corps. Ce
+manteau, qu'elle retient avec grâce par un bout, rappelle l'image que
+Philostrate donne de _Galatée_ (_II Im. XVIII_). La nymphe porte des
+cercles d'or aux poignets et au bas des jambes; ses cheveux blonds
+voltigent sur ses épaules, et le cordon des rênes vient former une
+croix sur sa poitrine: la souplesse de son corps répond parfaitement au
+mouvement de la course. La couleur du cheval marin est eau de mer:
+on appelait ces monstres _Hippocampi_, de leur désinence en queue de
+poisson _Campa_.
+
+Hauteur, 1 P. 6 p°.--Largeur, 2 P. 2 p°. 4 lig.
+
+
+
+PLANCHE XLVI.
+(_XVII, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Ce monstre marin, couleur eau de mer, tacheté de marques rondes et
+obscures, peut s'appeler une panthère marine. La nymphe qu'il porte,
+mollement étendue sur sa croupe, .le dos nu et le sein voilé d'une
+draperie légère agitée par le vent. Ses cheveux blonds relevés en
+tresses, ses bracelets, ses pendans, formés de perles, annoncent le soin
+de la parure, Dans une attitude charmante, elle verse d'un vase d'or,
+dans une patère, une liqueur que le monstre lèche et savoure: sans-doute
+c'est la liqueur de Bacchus, agréable à la panthère qui lui est
+consacrée, et que la Néréide traite avec complaisance dans l'empire de
+Neptune: «Vous êtes les premières, dit Orphée aux filles de Nérée, qui
+avez enseigné les mystères augustes du divin Bacchus et de la chaste
+Proserpine»; mais en se rappelant qu'_Ino_, la tante et la nourrice de
+Bacchus, reçut l'immortalité parmi les filles de Nérée, on pourrait la
+reconnaître dans cette nymphe. Cette peinture, sur champ rouge ainsi que
+la précédente, lui servait de pendant, et fut trouvée avec elle dans les
+fouilles de _Gragnano_ en 1760.
+
+Hauteur, 1 P. 6 p°.--Largeur, 2 P. 2 p°. 4 lig.
+
+
+
+PLANCHE XLVII.
+(_XXIII, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Le costume de cette figure qui se montre demi-nue, ses cheveux ceints
+d'une couronne de lierre, et dont une partie retombe sur ses épaules, la
+lyre dont elle touche les cordes, pourraient faire reconnaître dans
+ce personnage, une de ces joueuses de cithare dissolues, qui étaient
+admises dans les festins. Sa pose droite et resserrée, l'ornement
+qu'elle porte sur la tête, ne démontrent, à parler raisonnablement,
+qu'une figure de décoration, une cariatide peinte à caprice. Cette
+observation semble ôter toute probabilité à l'opinion de ceux qui ont
+voulu reconnaître, dans cette _Citharistria_, une Sapho, ou une des
+Muses.
+
+Hauteur, 1 P. 10 p°. 5 lig.--Larg. 1 P. 4 p°. 2 lig.
+
+
+
+PLANCHE XLVIII.
+(_XXIV, t. III de l'Édition royale._)
+
+
+Ces deux figures semblent avoir quelque rapport entr'elles; toutes deux
+sont peintes sur un fond blanc. La première représente un jeune Homme
+n'ayant pour vêtemens qu'une tunique ronde, agraffée sur l'épaule
+droite, nommée par Apulée (_Met. X_) Ephebica; ses cheveux sont noués
+par derrière avec un ruban, et il tient un vase d'or de ses deux mains.
+L'autre jeune Homme, ayant un habillement semblable, porte d'une main
+une couronne d'or _radiée_; de l'autre un éventail formé de plumes, dont
+la baguette et les cercles qui la fixent sont couleur d'or: ces deux
+figures paraissent en mouvement, et rappellent les beaux enfans
+qui servaient dans les festins. L'éventail de plumes est décrit par
+plusieurs poètes: les plus riches étaient formés de plumes de paon
+(_Prop. II, El. XVIII_, 59.--_Claud. in Eutr. I_, 109); les mignons s'en
+servaient pour rafraîchir l'air autour de leurs maîtres. La couronne
+radiée était en usage dans les noces.
+
+CHAQUE SUJET.--Hauteur, 1 P. 5 lig.--Largeur, 8 p°. 3 lig.
+
+
+FIN DU SECOND VOLUME.
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome II.,
+(Vol. 2 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+***** This file should be named 17232-8.txt or 17232-8.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
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+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
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+produced from images generously made available by the
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+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
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+set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
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+Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
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+such as creation of derivative works, reports, performances and
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+works. See paragraph 1.E below.
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+is also defective, you may demand a refund in writing without further
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+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
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+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
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+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
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+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
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+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
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+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
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+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
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+ Dr. Gregory B. Newby
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+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
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+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
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+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
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+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
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+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
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+Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
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+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
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+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
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+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome II., (Vol. 2
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
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+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
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+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome II., (Vol. 2 of 6)
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+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
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+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17232]
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+Language: French
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+Character set encoding: UTF-8
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+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
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+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
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+</pre>
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+
+<h1>ANTIQUITÉS D'HERCULANUM.</h1>
+<br>
+
+
+
+<h4>GRAVÉES</h4>
+<h3>PAR TH. PIROLI</h3><br>
+
+<h4>ET PUBLIÉES</h4>
+<h3>PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.</h3>
+
+<br>
+<hr>
+
+
+<h2>TOME II.</h2>
+<h3>PEINTURES.</h3>
+<hr>
+<br>
+
+
+<p>À PARIS</p>
+<br>
+
+
+<p>CHEZ:<br>
+PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;<br>
+LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison<br>
+Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.</p>
+<br><br>
+
+
+<h3>AN XII. = 1804.</h3>
+
+
+
+<br><br>
+<h2>PLANCHE I.</h2>
+
+
+<p>Le Dieu de la poésie est représenté assis sur un
+trône, et jouissant de ce calme heureux, ami des
+vers et de l'imagination. Toute son attitude caractérise
+le repos, sur-tout ce bras replié sur sa tête,
+ainsi qu'on le voit dans plusieurs monumens antiques;
+sa main droite repose sur une lyre à onze cordes;
+une longue draperie retombe avec négligence de
+son épaule, glisse le long de son corps, et, laissant
+nu toute la partie supérieure, vient se rassembler
+sur ses cuisses. Le Dieu est couronné de lauriers,
+et près de lui s'élève un rameau de cet arbre
+qu'il chérit. Ce rameau rappelle l'usage des chanteurs
+qui tenaient à la main une branche de
+laurier quand ils ne s'accompagnaient pas sur la
+lyre, de-là l'expression proverbiale chez les Grecs,
+<i>chanter au laurier</i>; la branche de laurier pourrait
+aussi avoir trait aux purifications religieuses auxquelles
+présidait Apollon. Le peintre a peut-être
+voulu représenter ici <i>Apollon Musagètes</i>, le guide
+des Muses; c'est du-moins l'attribut que nous lui
+donnons ici, en lui faisant précéder les Muses,
+la tête de ce volume.</p>
+
+<p>Cette peinture et les suivantes, d'égale proportion,
+furent trouvées ensemble dans les fouilles de Résine,
+en 1755; les ornemens qu'on voit au bas, sont
+indépendans des sujets.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 11 p°. 2 lig.&mdash;Largeur, <i>idem</i>.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.002.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE II.</h2>
+
+
+
+<p>Après Apollon, Considéré comme Dieu des arts
+et de la poésie, se présentent les Muses, ces aimables
+divinités auxquelles ont sacrifié les beaux génies
+de l'antiquité, et dont le culte a été transmis
+fidèlement jusqu'à nous. Le divin Homère, leur
+premier favori, les reconnaît au nombre de neuf;
+Hésiode les nomme dans l'ordre suivant, que nous
+avons adopté: <i>Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène,
+Terpsichore, Erato, Polymnie, Uranie et Calliope</i>.
+On a varié souvent dans les attributs qui conviennent
+à chacune d'elles; aucun monument ne fait mieux
+autorité que les peintures précieuses de l'antique
+Herculanum; les inscriptions dont chaque figure
+est accompagnée fixent toutes les incertitudes; c'est
+un mérite très-rare, et qui rachète quelques légères
+négligences qu'on a pu remarquer dans quelques
+unes d'entr'elles; ces incorrections ont fait penser
+que l'artiste n'en était pas l'inventeur, mais qu'il
+les avait copiées d'après d'excellens originaux. En
+remontant à une plus haute antiquité, ou en
+supposant des modèles arrêtés, on accorderait
+ces figures un degré d'authenticité encore plus
+précieux. Quoi qu'il en soit, cette suite est vraîment
+inappréciable. On ne doit pas chercher dans les
+couleurs des draperies, des intentions particulières
+pour chacune de ces divinités; c'est plutôt l'effet
+du caprice qu'une allusion mystérieuse. On remarquera,
+avec plus de justesse, que les tuniques longues
+(<i>talares</i>), l'agencement modeste des draperies
+et l'expression douce qui règne dans les traits des
+Muses, conviennent aux <i>chastes</i> Sœurs. Cette précieuse
+collection, envoyée en présent par le roi de
+Naples, orne actuellement le cabinet de l'Impératrice,
+à la Malmaison.</p>
+
+<p>La planche que nous avons sous les yeux offre la
+figure de <i>Clio</i>; on lit son nom et ses fonctions sur
+le volume à demi-roulé qu'elle tient à la main (CLIO,
+L'HISTOIRE). Au volume est attachée une petite feuille
+qui paraît destinée à porter le titre de l'ouvrage.
+La petite cassette cylindrique (<i>scrinium</i>) remplie
+de rouleaux, nous apprend que les bibliothèques
+étaient composées de semblables cassettes. Catulle
+y fait allusion, en disant qu'il n'en avait emporté
+qu'une seule à la campagne.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 11 p°. 2 lig.&mdash;Largeur, <i>idem</i>.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.005.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE III.</h2>
+
+
+<p>Nous sommes privés de la figure d'<i>Euterpe</i> qui,
+dans l'ordre adopté, aurait dû suivre celle de <i>Clio</i>:
+Les injures du temps l'avaient tellement altérée,
+qu'il fut impossible de la sauver et même de la reconnaître;
+nous l'aurions vue sans doute, fidelle
+ses fonctions, appliquée à jouer des deux flûtes.</p>
+
+<p>La Muse que nous donnons ici, est désignée par
+l'inscription qu'on lit à ses pieds (THALIE, LA COMÉDIE);
+elle est couronnée et porte sur sa tête une
+coiffe de couleur verte. <i>Thalie</i> et <i>Melpomène</i> sont
+les seules qui portent cette coiffure dans ce recueil.
+Notre Thalie est vêtue d'une tunique verte, bordée
+de rouge, et dont les manches arrivent jusqu'aux
+poignets, d'un manteau à franges (<i>Palla fimbriata</i>)
+et d'un petit corset rouge à manches courtes. On
+remarque, sur-tout, la petite pièce de pourpre en
+quarré long, attachée sur le devant du manteau, et
+qui paraît être une de ces <i>tesseræ</i>, pièces de rapport
+sur les habits grecs. Le masque comique et le <i>pedum</i>
+ou bâton pastoral que porte la Muse, correspondent
+à l'art auquel elle préside, et à la signification
+du mot comédie, <i>chant de-village</i>, ennobli
+par ses succès, et que Ménandre, Plaute et Térence
+ont rendu digne d'amuser les citoyens les plus instruits
+de la Grèce et de Rome. Le <i>pedum</i> est aussi
+un symbole de la poésie pastorale et bucolique
+laquelle cette Muse préside, suivant la remarque
+de M. Visconti. Le masque, d'après la description
+de <i>Pollux,</i> 1. IV, § 149, pourrait désigner l'un de
+ces valets, dits <i>conducteurs ou principaux,</i> qui
+menaient l'intrigue de la pièce. Thalie signifie
+<i>fleurie,</i> ou, dans une autre acception également
+suivie, quoique prise d'une métaphore, signifie <i>gaie,
+joyeuse</i>. Cette dernière acception convient mieux
+aux fonctions de Thalie.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.&mdash;Largeur, 11 p°. 2 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.008.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE IV.</h2>
+
+
+<p>L'inscription qu'on lit en grec au-dessous de cette
+figure la fait connaître avec précision (MELPOMENE,
+LA TRAGÉDIE). Le peintre, sans s'arrêter aux diverses
+opinions qui balancent entre cette Muse, Euterpe
+et Terpsichore, l'empire de la scène tragique, paraît
+s'être attaché au sentiment qui lui a paru le mieux
+fondé ou le plus généralement reçu de son temps;
+c'est aussi celui qui a prévalu. La Muse a la tête
+ceinte d'un voile, d'une bandelette et d'une couronne;
+elle est vêtue d'une tunique blanche qui lui
+recouvre les pieds, et dont les manches s'arrêtent
+aux coudes, d'un manteau ou grand <i>peplum</i> de
+même couleur attaché en ceinture, et d'une autre
+tunique plus courte. On peut remarquer que les
+tuniques des acteurs tragiques devaient couvrir les
+pieds, à l'effet de cacher les cothurnes dont la semelle
+épaisse de plusieurs pouces relevait la taille
+de l'acteur: cette chaussure est visible dans le bas-relief
+représentant les neuf Muses, qui est passé du
+Capitole au Musée Napoléon. Notre Melpomène
+s'appuie de la main droite sur une massue, et dans
+la gauche, elle tient un masque tragique. La massue
+semble allusive aux actions des héros qui font le
+sujet de la poésie tragique, et rappelle Hercule et ses
+imitateurs, qui se rendirent célèbres dans l'antiquité.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.&mdash;Largeur, 11 p°. 2 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.011.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE V.</h2>
+
+
+<p>Cette Muse préside à la poésie lyrique, ainsi que
+l'exprime l'inscription grecque (TERPSICHORE, LA
+LYRE). Les chants poétiques et les sons harmonieux
+de son instrument guident les danses sacrées; de
+son nom de Terpsichore, <i>qui se plaît à la danse.</i> Le
+chœur des danseurs se portait autour de l'autel, de
+la droite à la gauche, pour exprimer le mouvement
+de l'Univers d'orient en occident, et revenait de la
+gauche à la droite pour figurer le mouvement des
+planètes d'occident en orient (<i>Luc. de Salt</i>.) Ainsi,
+l'ode était divisée en strophe et en anti-strophe, qui
+répondaient dans le chant à ces deux mouvemens.
+Les hymnes d'Apollon se chantaient en dansant au
+son de la lyre ou <i>cithare</i>. Aussi Pindare les appelle-t-il
+<i>puissans par la lyre</i>. Celle que porte notre
+Muse est montée de sept cordes et se termine par
+une écaille de tortue; c'est la lyre citée par Horace
+(<i>testudo</i>), celle inventée par le jeune Mercure, et
+décrite avec des détails si précieux dans un hymne
+Homérique. La Muse est vêtue d'une tunique longue,
+de couleur changeante, n'ayant que la manche
+gauche comme pour laisser plus de liberté au bras
+droit; son manteau est bleu, et sa chevelure est retenue
+par une bandelette et une couronne de laurier.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.&mdash;Largeur, 11 p°. 2 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.013.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE VI.</h2>
+
+
+<p>Cette peinture est une des plus belles, des plus
+délicates et des plus parfaites qui soient sorties des
+fouilles de la Campanie. Il semble que le peintre
+ait voulu employer tout son art et se surpasser
+lui-même, en représentant sous des traits si aimables
+cette Muse consacrée à l'Amour et qui lui doit
+son nom; il l'a sans doute invoquée; inspiré et
+plein d'elle même, il a retracé son image. Elle
+est vêtue d'une tunique rose avec une bordure
+bleue; son manteau, d'une teinte verdâtre, voltige
+agréablement derrière elle, forme sur le devant
+des plis en forme de ceinture, et retombe avec
+grâce en accusant ses formes; une tresse de cheveux
+s'échappe sous sa couronne de laurier; elle est
+attentive aux sons qu'elle tire de son instrument;
+elle en touche les cordes d'une main avec le
+<i>plectrum</i> ou l'archet, de l'autre avec ses doigts
+délicats; cet instrument, garni de neuf cordes, a par
+le haut la forme de la lyre connue, mais il s'alonge
+par le bas et présente, comme dans la lyre dite
+<i>testudo</i>, un creux qui donne plus de valeur aux
+sons. L'inscription (<i>ERATO PSALTRIAN</i>) signifie les
+fonctions de cette Muse accoutumée à accompagner
+avec le jeu des instruments à cordes, les danses
+les plus voluptueuses. C'est ce que les Grecs
+entendent par le mot <i>psallein</i>; et en effet, les danses
+nuptiales étaient du ressort d'<i>Erato</i>. Le manteau
+qui voltige sur ses épaules indique peut-être que
+la Muse réunit au son de sa lyre, des mouvemens
+réglés par l'art de la danse, et cadencés sur la
+musique.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.&mdash;Largeur, 11 p°. 2 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.015.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE VII.</h2>
+
+
+<p>Polymnie semble être ici la Muse de la pantomime;
+son attitude, son doigt sur la bouche, indiquent
+le silence et la méditation. «Muettes rivales
+de la voix, les mains de Polymnie retraçaient
+des images sensibles; silencieuse et prudente,
+cette mère de la danse expliquait avec ses gestes
+une figure ingénieuse». Ce passage de <i>Nonnus</i>
+(<i>Dionys., v.</i> V. 140 <i>et suiv.</i>) et l'opinion de Cassiodore
+(<i>I. ép.</i> 20) prouvent la justesse de l'intention
+du peintre. L'inscription (POLYMNIE, LA FABLE)
+en donne aussi l'explication. Cette fille de la
+mémoire, qui lui doit particulièrement son nom,
+selon l'étymologie prise de l'orthographe que nous
+suivons ici, conserve le souvenir des actions héroïques
+et de l'histoire des Dieux, et vient les exposer aux
+hommes, dans son silence éloquent et ingénieux;
+C'est à ce motif qu'elle a dû, chez les Romains,
+le surnom de <i>Musa tacita</i>; mais comme la gesticulation
+faisait partie de l'instruction des orateurs
+qui doivent accompagner, avec les gestes les plus
+convenables, le débit de leurs harangues, il est
+arrivé que, par une espèce de contradiction apparente,
+la <i>Muse silencieuse</i> est devenue aussi la
+Muse de l'éloquence et de l'art oratoire.</p>
+
+<p>Une tunique verte et un manteau bleu forment
+le vêtement de cette Polymnie.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.&mdash;Larg. 11 p°. 2 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.018.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE VIII.</h2>
+
+
+<p>Uranie, qui tire son nom du ciel, préside à la
+connaissance des corps célestes, de leurs mouvemens
+et de leurs influences. Le globe qu'elle tient
+d'une main et la verge (<i>radius</i>) avec laquelle elle
+semble l'indiquer, sont des attributs qui se retrouvent
+dans tous les monumens où cette Muse est
+représentée. Ces symboles si connus ont sans doute
+paru suffisans au peintre pour le dispenser de donner
+une inscription à sa figure. Uranie est vêtue
+d'une tunique jaune, à manches courtes, et d'un
+manteau bleu; ses cheveux sont arrangés avec soin;
+elle porte des bracelets. Comme <i>Clio</i>, elle est assise
+sur un <i>hémicycle</i>; ce siége, favorable à l'application
+et à l'étude, ne paraît pas donné sans intention
+ces deux Muses.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL&mdash;Hauteur, 11 p°. 2 lig.&mdash;Largeur, <i>idem.</i></p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.021.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE IX.</h2>
+
+
+<p>Calliope, la Muse de la poésie héroïque, quoique
+placée la dernière dans la suite d'Hésiode, paraît
+mériter la préséance par sa dignité et son excellence
+sur ses compagnes. Homère et Virgile revendiquent
+pour elle la première place; c'est elle qu'ils ont
+invoquée quand ils appellent, le premier la <i>Déesse</i>,
+le second la <i>Muse</i>, qui doit leur dévoiler les anciens
+événemens. C'est <i>Calliope</i> qu'Horace fait descendre
+du ciel quand il va chanter les Dieux; on la reconnaît
+ici à son attitude pleine de noblesse, au volume
+qu'elle tient de ses deux mains, à l'inspiration qui
+règne dans ses traits, au doigt levé qui semble accompagner
+son récit. L'inscription (CALLIOPE, LE
+POÈME) précise l'intention du peintre sans la rendre
+plus claire; la Muse est couronnée du lierre et de
+ses fruits, couronne ordinaire des poètes. Ses draperies,
+de la plus grande élégance, répondent à la
+dignité de son caractère; une longue tunique sans
+manches lui recouvre les pieds, une seconde descend
+au-dessous du genou, et son manteau qui
+retombe sur son bras vient se nouer avec grace vers
+le milieu du corps. Le rouleau ou volume se
+trouve quelquefois entre les mains de sa sœur
+Clio; mais les anciens artistes ont donné le plus
+souvent pour symbole distinctif, à Calliope, les
+tablettes cirées ou <i>pugillaria</i>, lorsque ses images
+ne sont accompagnées d'aucune inscription. M. Visconti
+a relevé fort ingénieusement le rapport plus
+particulier que les tablettes cirées ont avec les
+ouvrages en vers; elles donnent la facilité d'effacer
+l'écrit, de corriger ou d'améliorer les expressions.
+Le rouleau de parchemin ou de <i>papyrus</i> est par
+conséquent plus propre à Clio, qui écrit l'histoire
+en prose, qu'à Calliope, dont le style épique demande
+le plus grand soin.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.&mdash;Largeur, 11 p°. 2 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.023.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE X.</h2>
+
+
+<p>La franchise et la pureté du dessin, l'accord
+harmonieux des couleurs et la grâce qui brille
+dans ces figures, charment les amateurs; mais la
+curiosité est ici moins satisfaite que le goût. Les
+rayons qui environnent la tête des deux premières
+figures, indiquent des Divinités; la troisième, qui
+porte pour couronne une branche d'olivier, serait
+une nymphe; elle dévoile ses charmes en étendant
+sa draperie; l'une des divinités la fixe avec attention,
+tandis que l'autre est distraite; une divinité champêtre,
+dont les formes se confondent avec le rocher,
+paraît préciser la scène par sa présence et s'y
+intéresser. Sont-ce les trois Gorgones dont Euryalé
+et Steno étaient immortelles à l'exclusion de Méduse
+avec Atlas changé en rocher? Est-ce l'aventure de
+Callisto et de Jupiter, qui prend la figure de Diane
+pour tromper cette nymphe, et qui se trouve ici
+sous les deux figures, suivant quelques exemples
+semblables, dans les monumens antiques? N'est-ce
+pas aussi la réunion du Soleil, de la Lune et de
+l'Aurore, enfans du vieux Hypérion. On remarque
+dans les trois figures une ressemblance qui ne
+rend pas l'explication plus facile.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 2 P.&mdash;Largeur, 2 P. 6 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.026.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XI.</h2>
+
+
+<p>On regrette souvent, en admirant les beaux
+ouvrages de l'antiquité, de ne pouvoir en retrouver
+le sujet. La perte de la tradition nous rend plus
+nécessaire le secours des symboles et des accessoires;
+quand il sont obscurs et mal conservés, on
+risque de se perdre dans des explications plus
+ingénieuses que vraisemblables. On trouve, dans
+cette charmante peinture, quelques rapports avec
+une fable d'Apollonius de Rhodes (<i>Arg. III, v. 7 et
+suiv.</i>); mais on ne voit dans les personnages aucun
+des attributs qui conviennent aux Déesses qui font
+le sujet de la fable. Le poète raconte la visite
+que Junon et Pallas, protectrices de Jason, firent
+à Vénus, pour obtenir son secours en faveur
+du héros, dans sa périlleuse entreprise. Les Déesses
+trouvent la Reine des Amours sous un portique,
+occupée à tresser ses beaux, cheveux qui tombent
+sur ses épaules; Vénus, en faisant accueil aux
+Déesses, rassemble dans sa main ses cheveux
+encore en désordre, et demeure, pendant la conversation,
+dans l'attitude gracieuse que rappelle
+notre tableau; cette attitude peut bien aussi n'exprimer
+que le repos et l'attention. Le vase est
+trop grand pour être le vase aux parfums, qui
+accompagne assez ordinairement la figure de Vénus;
+c'est plutôt l'urne d'une nymphe. La figure qui est
+debout, le coude appuyé sur la base d'une colonne,
+est noble et sévère; elle parle, et ses traits sont pleins
+de vie. La troisième figure est remarquable par
+sa belle simplicité; elle est enveloppée toute entière
+dans son manteau; sa main levée et rapprochée
+du menton, d'accord avec l'expression de ses
+traits, indique une grande attention. Son siège
+a un marche-pied, et, plus élevé que celui du
+premier personnage, il rappelle une convenance
+d'usage dans l'antiquité. Quel que soit le sujet
+de cette rare peinture, on ne peut trop en admirer
+la belle ordonnance, le sentiment de convenance
+qui y règne, l'unité d'intérêt, le bon goût des
+draperies et l'harmonie des teintes.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 10 p°.&mdash;Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.028.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XII.</h2>
+
+
+<p>Cette peinture se classe au premier rang, parmi
+celles recueillies dans les fouilles, pour le mérite
+de la composition et de l'expression; mais la médiocrité
+de l'exécution a fait penser que ce pouvait
+être la copie de quelque excellent original. Le sujet
+paraît être l'éducation de <i>Bacchus</i>; la scène peut
+indiquer le mont <i>Meros</i>, que ce Dieu a rendu célèbre
+dans l'Inde. On voit les trois nymphes qui ont
+pris soin de son enfance; la plus apparente presque
+nue, avec une peau de chèvre qui lui traverse
+l'épaule, et une couronne de feuillage, se fait remarquer
+par une attitude pittoresque et gracieuse; elle
+présente un raisin au jeune Dieu, que le vieux
+Silène élève dans ses bras; l'enfant tend ses deux
+mains avec vivacité pour le saisir, et rappelle heureusement
+l'invention du vin, qui lui est attribuée
+de cette manière. Aux pieds de Silène, est son âne
+étendu et endormi, couronné de feuillage et portant
+un bât ou une espèce de selle assez semblable
+aux nôtres; plus loin est une panthère qui lèche
+un <i>tympanum</i> garni de grelots; sur le côté, on voit
+Mercure presque nu, assis sur un tonneau ou fût de
+colonne, touchant sa lyre de la main gauche, et
+tenant de la droite un archet et un autre objet difficile
+à reconnaître; il est coiffé du pégase aîlé; un
+Satyre est prêt à détacher sa chaussure aîlée (<i>talaria</i>),
+mais il est distrait par l'action du jeune Dieu. Mercure,
+inventeur de la lyre (<i>testudo</i>) et du langage,
+se trouve heureusement réuni avec les nourrices et
+l'instituteur de Bacchus. Il fait encore, avec convenance,
+partie de la scène, comme ayant apporté
+l'enfant aux trois nymphes, afin qu'elles prissent
+soin de son éducation.</p>
+
+<p>Hauteur, 3 P. 2 p°. 8 lig.&mdash;Largeur, 2 P. 5 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.031.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XIII.</h2>
+
+
+<p>Ce sujet, expliqué par d'autres monumens antiques,
+est la lutte de Pan et de Cupidon. Le vieux
+Silène, maître et juge du combat, tient la palme
+destinée au vainqueur. En considérant ces deux
+figures comme les Génies de l'Amour et de la Nature,
+on trouve le sens de cette fiction ingénieuse.
+Sans doute l'Amour sera vainqueur et ne fera point
+mentir son ancienne devise, <i>omnia vincit Amor</i>;
+déjà le maître nous révèle la faiblesse de l'adversaire,
+en paraissant prêt à le soutenir; l'Amour est
+sans armes et n'a besoin que de sa propre force.
+Bacchus, dont le dieu Pan fut l'ami et le compagnon,
+témoin du combat, sourit aux efforts des
+deux champions. Couronné de pampres et de raisins,
+chaussé de cothurnes jaunes, il tient sa longue
+pique ornée d'une touffe de feuillage avec un ruban
+rouge, et armé d'un fer. Dans la suite, il changea
+ce fer en une pomme de pin, ou l'enveloppa dans
+des feuilles de lierre et de pampre, pour rendre
+moins dangereuses les fureurs de ses suivans. L'arme
+prit alors le nom de <i>thyrse</i>. Le Dieu, dans l'attitude
+du repos, a laissé glisser son manteau couleur de
+pourpre, et se montre à demi-nu. Derrière lui est
+une jeune femme vêtue de blanc et coiffée à la
+grecque avec un diadême d'or; ce costume qui
+appartient à une princesse, semble désigner Ariadne;
+elle ornait d'un ruban le sceptre du jeune Dieu, et
+s'est arrêtée pour donner son attention à la scène.</p>
+
+<p>Cette peinture intéressante fut trouvée à Résine
+en 1747.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P.&mdash;Largeur, 1 P. 9 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.034.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XIV.</h2>
+
+
+<p>Ariadne abandonnée dans l'île de Naxos, célébrée
+par les beaux vers d'Ovide et de Catulle, revit encore
+dans les belles peintures de la Campanie;
+cette touchante aventure est le sujet du tableau
+que nous avons sous les yeux, et fait celui des deux
+suivans, avec des circonstances différentes. La composition
+de ce premier est d'une belle simplicité.
+La malheureuse amante vient de se réveiller; elle
+écarte le voile qui la couvrait pendant son fatal
+sommeil; elle voit s'éloigner à pleines voiles le
+vaisseau qui emporte l'ingrat Thésée. La figure
+dont le mouvement annonce le commandement,
+paraît être celle du héros fugitif. On ne voit que
+l'arrière du vaisseau; il est garni de deux timons
+assez souvent en usage chez les anciens; on y retrouve
+ce plancher, dit <i>catastroma</i>, saillant en
+dehors, et qui était destiné à faciliter le combat
+et la descente des gens de guerre. Le sommet de
+la poupe, dit <i>aplustre</i>, est orné d'un fleuron en
+forme de queue d'oiseau; cet ornement est relatif
+à la forme totale du navire, dont la proue figurait
+ordinairement une tête d'oie, et tout le corps, celui
+de ce même oiseau qui paraît en avoir fourni le
+modèle. En revenant à la belle abandonnée, nous
+remarquerons le collier, les bracelets et le cercle
+d'or (<i>periscelis</i>) qu'elle porte au bas de la jambe,
+parure de distinction; le matelas, les coussins
+amoncelés dont les ornemens indiquent la richesse;
+et la draperie blanche qui lui sert de couverture.
+L'expression de la figure est d'une grande beauté,
+et se trouve fidèlement retracée dans Catulle (<i>De
+Nup. Pel. et Theb.</i>)</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p class="i2">Du bord où vient mourir l'onde retentissante,</p>
+<p class="i2">Tu vois fuir ton Thésée, ô malheureuse amante!</p>
+<p class="i2">Que d'un trouble mortel tu sens ton cœur atteint!</p>
+<p class="i2">Sur ton front pâlissant le désespoir est peint;</p>
+<p class="i2">Ton œil n'est point trompé; d'un trop pénible songe,</p>
+<p class="i2">L'aurore ne vient point dissiper le mensonge.</p>
+<p class="i2">C'est toi, te voilà seule, et de ces bords affreux</p>
+<p class="i2">L'onde emporte l'ingrat échappé de tes nœuds.</p>
+<p class="i2">Triste enfant de Minos! sans couleur, haletante,</p>
+<p class="i2">Dans le marbre glacé telle est une bacchante.</p>
+<p class="i2">Tes blonds cheveux épars sont le jouet des vents;</p>
+<p class="i2">Ton jeune sein franchit ses liens impuissans;</p>
+<p class="i2">Ce voile à ton insu te laisse à demi-nue,</p>
+<p class="i2">Et les pleurs sans couler sont tremblans dans ta vue.</p>
+ </div><div class="stanza">
+<p class="i30"> PH. CH.</p>
+ </div> </div>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°.&mdash;Largeur, 1 P. 2 p°. 6 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.037.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XV.</h2>
+
+
+<p>Ariadne à son réveil, comme dans le tableau
+précédent, voit fuir Thésée qui l'abandonne,
+demi-nue, dans une attitude semblable, parée de
+bracelets, d'un riche collier et de pendans. Elle est
+accompagnée de deux figures; l'une est l'Amour
+pleurant, tenant son arc et ses traits renversés;
+l'autre une Divinité aîlée, qui prend une part très-vive
+à la scène, en indiquant d'un air menaçant le
+vaisseau qui s'éloigne. Les voiles en sont d'une teinte
+obscure, et rappellent l'oubli funeste qui causa la
+perte d'Égée, père du héros. Cette Divinité aîlée
+pourrait être <i>Némésis</i>, déesse implacable et vengeresse
+des torts des amans. C'est à ce titre et avec
+ces attributs qu'elle avait des statues à Smyrne, au
+rapport de Pausanias (<i>lib. I, 33</i>). La vivacité de
+son mouvement s'accorde avec cette explication, et
+peut faire allusion à la fatalité attachée à ces voiles
+obscures. Le timon qu'on voit sur le rivage est un
+témoin de la précipitation du héros.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 1 P. 6 p°.&mdash;Largeur, <i>idem</i>.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.040.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XVI.</h2>
+
+
+<p>Ariadne, tranquille encore, goûte les douceurs du
+sommeil; elle est couchée sur un matelas à l'ombre
+d'une tente, la tête appuyée sur un oreiller blanc,
+les cheveux retenus par une bandelette et les bras
+parés de bracelets. Rarement une peinture antique,
+un monument ne se retrouve pas dans quelques
+passages des anciens: «Vois, dit <i>Philostrate</i>, vois
+Ariadne, ou plutôt le sommeil lui-même; à moitié
+nue; vois son sein, son cou renversé, sa gorge
+délicate; son aisselle droite est découverte, sa main
+gauche s'appuie sur la draperie, afin que le vent
+ne puisse pas dévoiler ce qui doit rester caché».
+Faible obstacle pour le satyre audacieux qui expose
+cette beauté aux regards du jeune Dieu de Naxos. «Tu
+ne seras pas long-temps abandonnée; tu te trouveras
+seule à ton réveil, cette joyeuse troupe sera partie;
+tu dois verser des pleurs, ainsi le veut l'Amour:
+mais le jeune Dieu reviendra et tu seras consolée».
+Bacchus en effet se retira, suivant le récit de Nonnus
+(<i>Dionys., XLVII, v. 271 et suiv.</i>), et ne revint que
+lorsque la belle eut bien pleuré la trahison du
+héros. Le Dieu s'appuie sur son père nourricier,
+le vieux Silène, tel que le peint Lucien (<i>in Baccho</i>):
+«ramassé dans sa petite taille, gras et pansu, les
+narines ouvertes, etc.». De l'autre côté, un objet
+plus gracieux, Cupidon, l'entraîne vers Ariadne,
+vive image de la force de l'amour, que nous retrouverons
+répétée dans une autre peinture. Dans un
+coin du tableau, au-dessus des rochers, paraît un
+petit Satyre, qui considère aussi la belle dormeuse.
+Dans le lointain, on distingue une Bacchante portant
+une corbeille ou plutôt le van mistique, et plusieurs
+personnages formant le cortège. Le mérite de la
+composition, très-supérieur à celui de l'exécution,
+peut faire penser que ce tableau est la copie d'un
+excellent original.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 10 p°. 4 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 7 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.042.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XVII.</h2>
+
+
+<p>Cette peinture est l'une de celles de la collection
+où brillent le plus la finesse de l'art, la grâce du
+dessin et la beauté du coloris; c'est l'ouvrage d'une
+excellente main: mais il est à regretter que le sujet
+en demeure obscur et incertain. Ce personnage
+debout, appuyé sur un pilastre ou sur un autel, est
+une Divinité assez clairement caractérisée par l'auréole
+qui rayonne autour de sa tête; la délicatesse
+de ses traits et de ses formes le fait reconnaître pour
+le fils de Latone. «Toujours jeune et gracieux,
+jamais le plus léger duvet n'ombragea la lèvre
+d'Apollon, pas même celui qui naît sur la lèvre
+d'une jeune fille». (<i>Call. H. in Ap. v. 36</i>). Son
+arc débandé en signe de paix ou de faveur, son
+carquois fermé, ses cheveux blonds et longs, ceints
+d'une bandelette, cette longue chlamyde de pourpre,
+s'accordent avec ses attributs, quoique les
+brodequins jaunes, remontant à mi-jambe, ne se
+rencontrent pas fréquemment dans ses images. La
+figure assise sur un siége d'une belle forme, est vêtue
+d'une tunique très-fine, agraffée sur le bras; un
+manteau d'un jaune doré la recouvre avec élégance,
+sa main droite en a rejeté une partie, et la tunique
+qui a glissé laisse à découvert l'épaule, une partie
+du sein et du bras: on pourrait supposer une intention
+dans cette négligence; l'abandon de l'attitude
+et l'inclinaison de la tête semblent indiquer un
+sentiment de soumission; l'expression du visage
+n'est point la tristesse, c'est plutôt un léger contentement
+mêlé de pudeur; ces cheveux longs, la couronne
+de feuillage, le rameau de laurier que porte
+cette jeune femme, toutes ces circonstances annoncent
+une initiée à la science de la divination. On
+pourrait penser que le peintre a voulu représenter
+<i>Cassandre</i> qui en reçoit le don d'Apollon, pour prix
+des faveurs qu'elle lui a promises: c'est plus probablement
+la <i>Pythie</i> ou la <i>Sibylle</i> frappée d'une crainte
+religieuse à l'aspect du Dieu qui l'inspire. Le collier
+d'or formé de chaînons que porte la figure, est un
+ornement remarquable. Il se trouvait dans le fond
+du tableau une troisième figure tellement altérée,
+qu'on n'a pu la distinguer, peut-être eût-elle jeté
+plus de jour sur ce sujet mystérieux.</p>
+
+<p>La frise représente des Amours ou Génies jouant
+ou combattant avec des sangliers et une panthère.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 1 P. 3 p°. 8 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.045.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XIX de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La dispute d'Apollon et de Marsyas, et le supplice
+affreux auquel ce malheureux chanteur fut condamné
+par le jugement des Muses, sont assez célèbres
+dans la Mythologie. On voit ici le Dieu vainqueur,
+couronné, assis sur un siége orné d'un coussin,
+tenant sa lyre d'une main, et de l'autre l'archet
+(<i>plectrum</i>). Une Muse est à ses côtés et tient une
+guirlande dont elle est prête à parer la lyre; elle
+est vêtue d'une tunique brodée, ouvrage phrygien
+qui rappelle le lieu de la scène. Le jeune Olympe,
+portant une simple chlamyde et coiffé du bonnet
+phrygien, se jette aux pieds du Dieu pour implorer
+la grâce de son maître. Le bourreau, dont les habits
+tiennent au costume des barbares, attend, le couteau
+à la main, l'ordre d'exercer son ministère; il considère
+sa victime, l'infortuné Marsyas, déjà dépouillé et
+attaché à un arbre. Si le coloris répondait, dans cette
+peinture, à la beauté de la composition et à l'expression
+des figures, on pourrait la compter parmi
+les plus belles de la collection.</p>
+
+<p>Hauteur, 6 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 5 p°. 9 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.048.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XX de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture représente un Chœur bachique,
+tels qu'ils avaient lieu dans les fêtes du Dieu, pendant
+les sacrifices et autour des temples. La première
+figure assise joue des deux flûtes; la seconde
+des <i>crotales</i>; le vieillard prend le caractère d'un
+Silène et joue du <i>tympanum</i>; la quatrième figure
+tient une lyre, et la vieille assise sur un tabouret
+garni d'un coussin, est une prêtresse de celles dites
+<i>Géraires</i>. Ses cheveux sont enveloppés d'un linge
+(<i>mitra</i>); sa tunique est à longues manches; elle
+porte d'une main une patère, de l'autre une feuille
+qui paraît être la <i>nymphée</i>, servant d'aspersoir dans
+les cérémonies religieuses. Souvent les anciens donnaient
+cette forme aux éventails (<i>flabella</i>) dont ils
+se servaient pour exciter le feu sacré. Les trois jeunes
+femmes ont des tuniques à franges, ornement de
+luxe et de cérémonie; la joueuse de flûte porte une
+coiffe qui lui couvre le cou, et qui pourrait faire
+partie de l'espèce de cape propre à sa profession; la
+prêtresse seule est chaussée; les autres personnages
+ont les pieds nus. Cette distinction est fondée peut-être
+sur l'âge et la dignité de la prêtresse.</p>
+
+<p>Cette peinture et les sept qui suivent furent trouvées
+dans les fouilles de Portici.</p>
+
+<p>Hauteur, 6 p°. 3 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 4 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.050.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXI de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture représente le départ d'une Procession
+bachique; la marche s'ouvre par une jeune
+fille jouant des deux flûtes; vient ensuite une femme
+portant d'une main le vase pour les libations, dit
+<i>guttum</i> ou <i>gutturnium</i>, parce qu'il laissait échapper
+la liqueur goutte à goutte; elle porte dans l'autre
+main une corbeille ornée de rubans; elle est suivie
+d'une autre femme qui porte un coffre contenant
+les symboles mystérieux de Bacchus, ou bien peut-être
+l'<i>arche sacrée</i>, allusive à la naissance de ce
+Dieu, ou à sa statue forgée par Vulcain, et qui échut
+dans le partage des dépouilles de Troie, au grec
+<i>Eurypyle</i>. Le jeune homme presque nu, assis sur
+un siége d'une forme remarquable et tenant un
+sceptre, paraît être le directeur de la cérémonie.
+La femme appuyée sur un pilastre, et qui converse
+avec lui, peut être une des <i>géraires</i> ou la reine du
+sacrifice.</p>
+
+<p>Hauteur, 6 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 4 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.052.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXII et XXIII de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ces deux tableaux sont encore relatifs aux mystères
+de <i>Bacchus</i>. Dans le premier, le jeune homme presque
+nu, assis et portant un thyrse, est le Dieu lui-même.
+Il paraît recevoir les offrandes que deux
+Prêtresses ou Bacchantes couronnées lui présentent;
+le geste de la main, déployant trois doigts, est marqué
+par les anciens, comme l'un de ceux dont on accompagnait
+la parole. Le jeune homme debout, vêtu
+d'une simple chlamyde, porte une bandelette et un
+thyrse; c'est peut-être <i>Ampelus</i>, jeune favori du
+Dieu des vendanges. La femme élégamment drapée
+et couronnée, est peut-être une <i>Hiérophantesse</i> ou
+l'une des nourrices du dieu Thébain.</p>
+
+<p>L'autre tableau, qui fait le pendant du premier,
+représente la Déesse que les Latins appelaient <i>Libera</i>,
+et que les Grecs ont souvent confondue avec
+<i>Proserpine</i>, fille de Cérès et compagne de Bacchus,
+dans les cérémonies les plus mystérieuses. La femme
+largement drapée, dans l'attitude du repos, souvent
+répétée dans les monumens, peut être Cérès, sa
+mère; le Génie des mystères, un flambeau à la main,
+paraît lui indiquer sa fille qui est de retour des
+royaumes sombres. La jeune fille recouverte d'un
+grand manteau, portant un thyrse environné de
+rubans ou de bandelettes, paraît être l'<i>Initiée</i>
+laquelle on destine la couronne qui se voit dans les
+mains de la Déesse. Une autre figure semble en
+marche pour aller déposer des offrandes sur un
+autel, comme dans le premier tableau.</p>
+
+<p>CHAQUE SUJET.&mdash;Hauteur, 5 p°. 3 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 4 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.054.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXII.</h2>
+
+
+<p>Le premier de ces tableaux représente les Noces
+d'un jeune Héros; il a une épée à la main. Cupidon
+l'escorte et le présente à l'épouse, assistée d'une
+autre femme qui s'appelait <i>Pronuba</i> par les Latins,
+et qui remettait la nouvelle mariée entre les bras de
+son époux. Deux autres femmes préparent une assiette
+pleine d'offrandes à poser sur l'autel des Dieux qui
+président aux mariages. Il n'y a pas assez de données
+pour déterminer le héros, dont les noces sont
+représentées dans ce tableau.</p>
+
+<p>Le second représente les Mystères de Bacchus, que
+l'on appelait <i>Ityphalliques</i>, et où l'on considérait ce
+Dieu comme l'une des divinités qui présidaient
+la génération. Sous ce point de vue, les deux
+tableaux ont quelques rapports entre eux. La première
+figure assise, coiffée d'un bandeau dont les
+bouts retombent sur les épaules, vêtue d'une tunique
+<i>talaire</i> à longues manches, de couleur violette, et
+d'un manteau agraffé sur l'épaule, fait le geste connu
+du silence; suit un vieillard debout, couronné de
+feuillages, portant une tunique rouge, également
+<i>talaire</i>, et un manteau; il tient la main sur la poitrine
+et paraît pénétré d'une crainte religieuse et de
+respect. Ces deux figures sont probablement celles
+du <i>Hiérophante</i> et de la <i>Hiérophantesse</i>. La figure
+d'enfant, vêtu de la chlamyde qui revient couvrir
+mystérieusement la poitrine, la tête couronnée et le
+thyrse à la main, est celle de Bacchus; il tient
+un vase sacré, d'une forme singulière, peut-être
+destiné aux ablutions. Un signe remarquable par son
+exagération et célèbre dans ces mystères, désigne
+la figure plutôt pour une statue que pour un personnage.
+La femme voilée porte un serpent, symbole
+révéré des orgies.</p>
+
+<p>CHAQUE SUJET.&mdash;Hauteur, 5 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 4 p°. 6 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.057.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXVI et XXVII de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La première planche rassemble deux fragmens
+de Peinture, dont le second est trop altéré pour
+donner lieu à aucune explication. Le premier représente
+une Femme coiffée d'un bandeau, dont les
+bouts retombent sur ses épaules, parée de pendans
+et de bracelets, et vêtue d'une ample draperie; elle
+reçoit des mains d'une jeune fille une ceinture ou
+un collier que l'état de la peinture n'a pas permis
+de bien distinguer. La feuille de <i>nymphée</i> qu'elle
+tient à la main, et dont on se servait comme d'aspersoir,
+semble désigner une prêtresse; on aperçoit
+encore les jambes nues d'un jeune homme qui doit
+être couché ou prosterné.</p>
+
+<p>Dans la seconde planche, on voit une figure de
+Bacchus assise, tenant un thyrse rustique et un petit
+sceptre; deux prêtresses portant des objets relatifs
+au culte, et plus loin un petit autel avec un thyrse.
+Cette peinture s'est aussi trouvée fort endommagée.</p>
+
+<p>CHAQUE SUJET.&mdash;Hauteur, 5 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 4 p°. 7 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.060.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXIX de l'Édition royale</i>).</p>
+
+
+<p>Prêtresses de Bacchus ou de Cérès, toutes les
+deux vêtues de tuniques violettes, et couronnées
+de feuillages; la première tient un <i>tympanum</i> garni
+de grelots, une corbeille de feuilles nouvelles, et
+des bandelettes; la seconde porte une patère et
+une branche fleurie en forme de massue, peut-être
+une tige de <i>férule</i>; elles pourraient l'une et
+l'autre se préparer aux <i>thalysies</i>, sacrifice où l'on
+offrait à Bacchus et à Cérès les prémices de la terre,
+pendant les fêtes <i>Haloënnes</i> ou des <i>Aires</i>.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 3 P. 2 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.062.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXX de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La figure de femme, qui fait l'un de ces deux
+sujets, est remarquable par la grâce de la pose et
+par la beauté du dessin. Ses draperies jetées largement
+laissent à demi-nu une partie du sein et le
+bras droit; elle porte une chevelure qui, aux Académiciens
+de Naples, a paru postiche; ils ont cru
+voir des plumes sur la tête de cette figure; mais
+peut-être ne sont-ce que des fleurs et des bouts de
+rubans. Elle tient de la main droite un instrument
+fort long, et qui semble, par sa forme, destiné
+porter un flambeau; de l'autre main, elle soutient
+un tube surmonté d'un aigle: on a cru voir, avec
+peu de vraisemblance, que c'était une trompe; ce
+pourrait être une partie des montans d'un siége
+ou trône portatif d'argent.</p>
+
+<p>Le second personnage couronné de lierre, vêtu
+d'un simple <i>pallium</i>, ayant des souliers qui couvrent
+entièrement le pied, et qui, sans cette couronne,
+à sa barbe bouclée, à sa physionomie pensive, paraîtrait
+un philosophe, n'est probablement qu'un
+poète, auteur des drames ou des hymnes qui faisaient
+partie de la fête à laquelle ces figures paraissent
+faire allusion.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 1 P. 5 p°. 7 lig.&mdash;Largeur, 1 P.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.064.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXXIV de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La première de ces figures représente un Hermaphrodite.
+Il relève avec grâce une longue draperie
+blanche posée sur sa tête; cette draperie retombe
+sur son bras gauche et la cuisse droite, en laissant
+à découvert les formes qui le font reconnaître. Son
+attitude est pleine de mollesse, et il porte cette feuille
+que nous avons déjà remarquée, employée quelquefois
+comme aspersoir et souvent comme éventail
+(<i>flabellum</i>): elle paraît destinée ici à ce dernier usage.
+Cette feuille, d'un jaune roux, pourrait se rapporter
+à l'espèce de lierre nommée par Pline (<i>XXIV</i>, 10)
+<i>cissos erythranos</i>; elle pourrait aussi appartenir
+une espèce de nymphæa. La fable de la nymphe
+<i>Salmacis</i> (<i>vide</i> OVID. <i>Met. IV.</i>) explique parfaitement
+le sens mystérieux que les anciens donnaient
+ces figures d'Androgynes; leur imagination, vive et
+brillante, personnifiait toutes les passions et se plaisait
+à en voir répéter les images. La figure d'Hermaphrodite
+décorait ordinairement les bains communs
+à l'un et l'autre sexe, et rappelait, dans ce lieu,
+l'allégorie de sa naissance.</p>
+
+<p>La seconde figure, posant sur un ornement, qui
+paraît une partie de chapiteau ionique dessiné
+sur le côté, et soutenant un fût d'une forme capricieuse,
+est elle-même un ornement d'architecture.
+C'est un <i>Atlas</i>, suivant la dénomination des Grecs;
+un <i>Télamon</i>, suivant celle des Latins. Les figures
+de femme ainsi employées prennent le nom de
+<i>Cariatides</i> (<i>vide</i> VITR. <i>IV</i>, 10). La nudité de cette
+figure, la couronne, le rameau, le disque, la draperie
+jetée sur le bras, conviennent particulièrement
+un <i>Camille</i> ou Ministre des sacrifices. Les attributs
+des Télamons ou des Cariatides varient selon le
+caprice du décorateur, ou suivant le genre d'édifice
+auquel ils sont destinés.</p>
+
+<p>CHAQUE SUJET.&mdash;Hauteur, 8 p°.&mdash;Largeur, 11 p°..</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.066.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXXVII de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture offre une Décoration au milieu
+de laquelle est un personnage qui peut représenter
+un <i>Camille</i> ou Ministre de sacrifice. Il porte un
+rameau, peut-être allusif aux lustrations, et une
+corbeille qui peut contenir les restes du sacrifice,
+que les servans recueillaient avec soin, comme
+ayant la vertu de conserver la santé. Ses pieds et
+ses jambes sont revêtus de bandes de lin (<i>fasciæ
+crurales</i>) quelquefois en usage chez les Romains.
+Le jeune bouc de couleur rouge qu'on voit sur une
+table de marbre avancée, paraît placé là comme la
+statue de cet animal, et annoncer que le lieu est
+consacré à Bacchus. Sous les pieds du jeune homme
+est un tableau où l'on voit un léopard poursuivant
+un jeune cerf. Tout est capricieux dans cette Décoration;
+et, comme nous l'avons déjà observé, on
+ne doit supposer au peintre d'autre intention que
+celle de couvrir agréablement une surface par des
+sujets dionysiaques.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 10 p°..&mdash;Largeur, 1 P. 6 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.069.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XL de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture représente une Victoire. Les
+poètes et les peintres la dépeignent aîlée, telle
+qu'on la voit ici, pour exprimer sa rapidité ou son
+inconstance; c'est à son inconstance que fait allusion
+cette épigramme de l'Anthologie à l'occasion
+d'une statue de la Victoire, frappée de la foudre
+à Rome:</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p class="i2">«La Victoire a perdu ses aîles, et ne pourra jamais</p>
+<p class="i4">s'éloigner de toi».</p>
+ </div> </div>
+
+<p>Cette Victoire est vêtue d'une large tunique blanche;
+ses cheveux arrangés sur le sommet de la
+tête voltigent derrière elle; elle a le bras gauche
+passé dans un bouclier enlevé à l'ennemi, ou
+symbole des trophées; elle porte à la main une
+couronne de chêne, telle qu'on la voit sur les
+médailles des Empereurs, avec la légende <i>ob cives
+servatos</i>. Les feuilles de cette couronne sont brillantées
+d'or pur, qu'on voit quelquefois employé
+comme couleur dans ces peintures antiques.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 7 lig.&mdash;Largeur, 10 p°. 8 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.071.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XLII de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>La franchise du pinceau, l'agrément du coloris
+répondent, dans ces deux peintures, à la simplicité
+et à la vivacité de la composition. Deux Satyres
+velus et barbus, le front armé de longues cornes,
+se battent à coups de tête contre des boucs. On voit
+dans Béger (<i>Th. Br. p.</i> 154) une pierre gravée qui
+représente un Panisque en semblable combat. L'inclination
+libidineuse de ces animaux révérés chez
+les Égyptiens, comme symboles de la nature productive,
+aussi-bien que celle de leurs antagonistes,
+semble offrir la rivalité pour cause de ce combat.
+Nos Satyres résisteront mieux, sans doute, que le
+jeune Sybarite Cratis, qui, au rapport d'Ælien
+(<i>H. A. VI</i>, 42.) expia ses bizarres amours, victime
+de la jalousie de son dur et fier rival. Ils
+ont les bras repliés sur le dos, et combattent généreusement
+à armes égales: cette circonstance
+peut encore donner l'idée d'un jeu occasionné par
+les fêtes de Bacchus.</p>
+
+<p>CHAQUE SUJET.&mdash;Hauteur, 8 p°.&mdash;Largeur, 11 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.073.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>LIX de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture curieuse représente une Cérémonie
+et un sacrifice suivant le rite égyptien. Le
+feu sacré s'enflamme sur l'autel à quatre cornes,
+dont la forme se retrouve dans un grand nombre
+de médailles et de monumens. Sur la marche
+de l'autel, on remarque les Ibis, oiseaux sacrés
+chez les Égyptiens. Tous les personnages sont en
+action et tiennent des sistres ou différens instrumens
+du même genre, tels que celui formé d'une chaîne
+de quatre anneaux et un autre composé d'une
+aiguille servant d'axe à un cercle garni de grelots.
+La figure la plus apparente du bas du tableau, est
+celle d'une femme à genoux, la tête ceinte d'une
+couronne et dans l'attitude de faire une offrande;
+elle est vêtue d'une tunique blanche et d'un manteau
+rouge, dont une partie, retombant sur l'épaule,
+est ornée de franges, habillement qu'on remarque
+dans les cérémonies religieuses des Égyptiens.
+Derrière elle est un jeune homme, tenant un sistre
+et une branche, ayant la tête rase, nu jusqu'à la
+ceinture, et du reste enveloppé d'une draperie
+blanche; c'est le costume particulier des prêtres.
+Un autre costume remarquable est celui du personnage
+qui danse au sommet des degrés; il est
+d'une teinte brune, barbu et revêtu d'un habit
+succinct de couleur violette, qui ne couvre que le
+buste, en forme de cuirasse, habit qui convient
+un dieu guerrier et conquérant, comme l'était <i>Osiris</i>.
+Ce personnage paraît faire le sujet principal du
+tableau; ce n'est probablement qu'un prêtre, dans
+l'habit d'Osiris sortant du temple, au milieu du
+bruit des acclamations et des instrumens sacrés, et
+qui, peut-être, comme celui de Juvénal, joue
+l'<i>Anubis</i> et se moque de la superstitieuse crédulité
+de ses dévots. La scène se passe à l'entrée d'un
+temple, ou, pour mieux dire, dans le <i>peribolos</i> ou
+enceinte extérieure, comme l'annoncent les deux
+colonnes, les cinq degrés et l'épistyle; chaque
+colonne est ceinte d'une guirlande de lierre, plante
+consacrée à Osiris, et décorée d'une branche de
+palmier; au milieu est suspendue une couronne de
+feuillage. Tous les personnages sont pieds nus en
+signe de respect. Les ordres grecs, la structure du
+temple et le palmier qui domine le mur latéral,
+semblent désigner que cette solemnité se passe
+Alexandrie.</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 2 P. 3 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.075.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>LX de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture, qui fait le pendant de la précédente,
+trouvée avec elle dans les fouilles de <i>Portici</i>,
+retrace une solemnité en l'honneur d'Isis,
+divinité qu'on ne séparait pas d'Osiris, son époux et
+son frère. Sur le devant est l'autel orné d'une guirlande;
+un prêtre excite le feu sacré avec un éventail,
+semblable à ceux encore en usage de nos
+jours; près de lui est un autre ministre vêtu d'une
+tunique blanche, étroite et à longues manches,
+tenant un long bâton et un autre instrument en
+forme de sceptre, attribut appartenant aux héraults
+des cérémonies (Hieroceryces); au pied des degrés
+est un autre ministre tenant un instrument semblable
+et un sistre. Les assistans sont rangés sur
+deux files; en tête et d'un côté est un joueur de
+flûte, et de l'autre, deux personnages consacrés au
+culte; onze degrés conduisent au parvis du temple;
+de chaque côté, sur un grand appui, est un
+Sphinx, la tête surmontée d'une feuille de <i>lotus</i>;
+une balustrade ferme l'entrée du temple. Le chef
+des prêtres, le <i>Prophête</i>, est revêtu d'une tunique
+<i>talaire</i>, et d'une sorte de mante à franges dans
+laquelle il enveloppe ses mains pour porter l'<i>hydria</i>,
+le vase à l'eau, symbole de la Déesse même, offert
+à l'adoration du peuple. Deux figures se voient sur
+le même plan; l'une, qui paraît un prêtre, a la tête
+rase, et porte une draperie au-dessous du sein; il
+joue du sistre, et semble regarder l'autre figure:
+celle-ci est une femme habillée en Isis, revêtue de
+longs habits et d'une chlamyde peinte de diverses
+couleurs; elle a les cheveux longs et porte un sistre
+et un seau, telle que nous voyons la Déesse dans
+plusieurs monumens postérieurs à la conquête
+d'Alexandre. On remarque les <i>Ibis</i> au pied de
+l'autel comme dans le sujet précédent. L'instant de
+la cérémonie paraît être celui où le prêtre congédiait
+l'assistance, en offrant à sa vénération le vase
+sacré avant de fermer le temple. (<i>Vide. Clem. Alex.
+Str. v.</i> p. 633).</p>
+
+<p>SUJET PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 2 P. 3 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.078.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>I, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+<p>L'inspiration et la divinité règnent dans cette
+belle figure d'Apollon. Le Dieu se repose et médite
+de nouveaux chants; sa tête est environnée d'un
+cercle lumineux (<i>nimbus</i>); ses cheveux flottans
+sont ceints d'une couronne de laurier; une chlamyde
+violette, attachée sur les épaules, laisse en
+liberté son bras droit et découvre une partie de ce
+beau corps où brille la jeunesse; sa lyre, appuyée
+sur un autel recouvert d'une draperie, conserve sa
+forme primitive et encore grossière: la lyre fut
+d'abord formée d'une tête de taureau dépouillée;
+les cornes servaient de montans pour soutenir la
+traverse où venaient s'attacher les cordes; le <i>plectrum</i>,
+que nous nommons archet, était un véritable
+pied de chèvre, et sa forme antique rappelle son
+origine. Cette peinture fut trouvée à <i>Portici</i> avec la
+suivante.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 6 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 6 p°. 7 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.081.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>II, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Une jeunesse éternelle est également l'apanage
+d'Apollon et de Bacchus; elle brille dans cette figure
+réunie à une mollesse, à une grâce charmante. Le
+Dieu du vin est couronné du lierre et de sa fleur,
+une double bandelette forme un diadême sur son
+front; appuyé d'un bras sur son autel, il élève
+l'autre négligemment en tenant un vase d'or d'une
+forme agréable, et dont les anses, qui remontent
+du pied jusqu'au bord, semblent désigner le vase
+appelé <i>carchesium</i>; ses cheveux bouclés retombent
+sur son cou; une draperie, d'un blanc jaune, glisse
+de son épaule sur l'autel et vient à peine envelopper
+une partie de la cuisse. La nudité des figures
+d'Apollon et de Bacchus n'est, sans doute, qu'un
+hommage rendu à la beauté de leurs formes. Fulgence
+(<i>II, 15, l. 7</i>) y cherche un sens mystique, en
+observant qu'on représente Bacchus la poitrine nue,
+soit parce que l'ivresse rejette les voiles de la pudeur,
+soit parce qu'elle découvre les secrets du cœur. Le
+Dieu porte un thyrse formé d'une longue canne
+armée d'un fer de lance, ornée de bandelettes et
+d'une touffe de feuillage.</p>
+
+
+<p>Hauteur, 2 P. 6 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 6 p°. 7 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.083.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>III, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>L'aventure connue de la Lune et d'Endymion
+(les modernes disent, avec peu d'exactitude, de
+Diane et d'Endymion), fait le sujet de cette peinture.
+Le beau chasseur est mollement abandonné
+ce profond sommeil qui l'a rendu célèbre, faveur
+qu'il demanda au maître des Dieux, suivant une
+fable; punition qu'il en reçut, suivant une autre,
+pour avoir, comme Ixion, osé devenir amoureux
+de Junon. Ici le beau jeune homme ne recevra aucune
+punition, si le sommeil ne le prive pas de ses
+sens. Une Déesse descend du ciel, conduite par
+Cupidon; la Lune, Sélène elle-même, a quitté le
+char brillant de son astre; son ample manteau, de
+couleur changeante, voltige autour d'elle; elle
+paraît demi-nue; ses cheveux, arrangés avec soin
+sur le front et détachés derrière la tête, sont agités
+par l'air; sa tête est rayonnante, ses bras sont parés
+de bracelets. Entraînée par l'amour, sa démarche
+est timide et retenue; elle s'avance sur la pointe
+des pieds, dans la crainte d'éveiller le beau chasseur:
+«Ô Déesse! seule heureuse en tes ardeurs discrètes,
+le beau chasseur ne s'éveillera pas». Tout son corps
+cède à la langueur d'un repos parfait; ses doigts
+glissent le long de ses dards paisibles. Si pourtant
+on en croit les récits recueillis par Pausanias (<i>V, 1</i>)
+le beau dormeur donna cinquante filles à la Déesse.
+Une bandelette ou diadème ceint ses cheveux, ornement
+donné, peut-être ici, au roi d'Elis. Nous
+ne chercherons point le sens que plusieurs auteurs
+anciens ont supposé à cette fable ingénieuse. Le sommeil
+d'Endymion était passé en proverbe: mais soit
+que ce personnage n'ait été qu'un chasseur qui se
+reposait, le jour, des courses nocturnes; soit que, le
+premier, il ait observé le cours de la Lune, la fiction
+mythologique a trop de charmes pour la détruire,
+et nous l'adopterons avec les poètes et les peintres.
+De nos jours l'un de nos artistes s'en est sur-tout
+emparé avec succès. Qui n'a pas admiré ce tableau
+de M. <i>Girodet</i>, où Endymion est endormi à l'ombre
+d'un épais feuillage? Ce n'est point la figure de la
+Déesse qui descend du ciel, c'est elle-même dans
+toute sa puissance; rassemblée toute entière dans ses
+rayons amoureux, elle perce à travers les branches
+que Cupidon vient d'écarter en sa faveur, et se précipite
+en flots de lumière sur la bouche du tranquille
+dormeur. Un si bel exemple prouve que rien
+n'est épuisé, et que les sources du génie sont intarissables.</p>
+
+
+<p>Hauteur, 2 P. 2 p°.&mdash;Largeur, 1 P. 10 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.085.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>IV, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture est aussi précieuse par le sujet
+qu'elle représente, que par sa beauté. Voilà le
+fameux bélier envoyé par la nymphe Néphelé pour
+sauver les enfans qu'elle avait eus d'Athamas, poursuivis
+par la jalouse Ino. La malheureuse <i>Hellé</i> vient
+de tomber dans les flots; elle implore, de la voix
+et de la main, le secours de son frère, <i>Phrixus</i>
+emporté par le bélier qui fuit rapidement sur la
+plaine liquide. Phrixus a tendu en vain une main
+secourable à cette fille infortunée, elle va disparaître
+et laisser son nom à cette mer perfide, pour monument
+de son malheur. L'<i>Hellespont</i> rappellera sa
+triste aventure au voyageur qui passera le détroit
+entre Sestos et Abydos. Phrixus immolera le bélier
+à Jupiter, sur les bords du Phase; ce fameux bélier,
+placé dans le ciel, brillera parmi les astres, et sa
+riche toison deviendra un jour le sujet de l'expédition
+des Argonautes et la conquête de Jason.
+Cette toison est représentée blanche. Il faut donc
+croire, avec Apollonius (<i>II. 1147</i>) que la toison
+devint d'or par l'attouchement de Mercure.</p>
+
+<p>Cette peinture fut trouvée à <i>Civita</i>, en 1760.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 9 p°.&mdash;Largeur, 1 P. 2 p°. 7 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.088.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>V, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture, dont le champ est vert, représente
+une Nymphe vêtue d'une tunique jaune. Ses
+cheveux blonds sont tressés avec soin autour d'un
+diadême; elle a les pieds nus, elle paraît marcher
+et cueillir en passant une fleur sur la tige qui s'élève
+auprès d'elle; elle porte une corne d'abondance où
+l'on voit quelques fleurs; c'est l'une des <i>Heures</i>, compagnes
+de l'Aurore ou de Flore, cueillant les fleurs
+qu'elle sèmera sur son passage; ou bien c'est <i>Chloris</i>
+elle-même, l'amante, l'épouse de Zéphir, régnant
+dans son empire. Ces Divinités sont représentées
+vêtues d'habits teints de vives couleurs empruntées
+des fleurs même. L'habillement de cette Nymphe
+prend le nom particulier de <i>crocota</i>, du <i>crocus</i> ou
+safran dont elle est teinte.</p>
+
+<p>Cette peinture fut trouvée à <i>Gragnano</i>, en 1759.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 2 p°.&mdash;Largeur, 10 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.090.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>VI, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Parmi les rapports que cette peinture pouvait
+offrir avec quelques traits de l'histoire héroïque,
+les Académiciens de Naples paraissent s'être attachés
+particulièrement à la reconnaissance d'Ulysse
+et de Pénélope. Cependant le costume du jeune
+guerrier devait écarter cette idée, et semble devoir
+fixer toutes les incertitudes. Comment ne pas reconnaître
+le beau <i>Pâris</i> dans cet habit phrygien
+qui s'éloigne en tout du costume grec, et qui est
+tel que nous l'ont décrit Euripide et Virgile! Ce
+bonnet, bien différent du bonnet marin que Polygnote
+avait approprié à Ulysse; la tunique à longues
+manches, les pantalons formant des plis sur les
+jambes désignent aussi, dans les monumens, ce
+favori de Vénus; ces armes lui appartiennent; c'est
+l'arc, ce sont les flêches, ces flêches qui tueront
+Achille. Au-lieu d'Ulysse et de Pénélope, M. <i>Visconti</i>
+voit ici, avec plus de vraisemblance, Pâris
+séduisant Hélène. L'épouse de Ménélas paraît dans
+ce combat de l'Amour et de la Pudeur, qu'Ovide
+a retracé dans ses Héroïdes, qu'un artiste grec a
+exprimé dans un bas-relief publié par Winckelmann,
+et éclairci par des inscriptions grecques. Ces
+yeux baissés et ce doigt levé annoncent encore
+l'incertitude; le fils de Priam semble vouloir la dissiper;
+il présente la main ouverte en signe de bonne
+foi. La princesse est assise sur un siége d'un beau
+travail et orné d'un marche-pied, circonstance qui
+désigne toujours une personne de distinction. Ses
+cheveux blonds, en partie relevés, laissent échapper
+de longues tresses sur ses épaules; elle est vêtue d'une
+tunique couleur d'or et d'un manteau violet. La
+négligence qu'on remarque dans l'arrangement de
+ses cheveux et de ses draperies, semble annoncer
+l'accès facile que l'hospitalité donne à son séducteur
+auprès d'elle. Cette peinture remarquable par
+la finesse et la vérité de l'expression, par la pose
+des figures et le costume, fut trouvée à <i>Gragnano</i>
+en 1759.</p>
+
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°. 6 lig.&mdash;Largeur, 1 P.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.092.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>VII, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture ingénieuse est vulgairement désignée
+sous le nom de <i>la Marchande d'Amours</i>.
+En s'arrêtant à cette dénomination, on admirera
+l'esprit de la composition et la délicatesse avec
+laquelle elle est rendue. Si l'on veut faire honneur
+à son auteur, d'un sens mystérieux, tenant aux opinions
+des anciens sur l'Amour, on consultera leurs
+livres avec nous, et l'on trouvera que ces trois
+Génies peuvent représenter l'Amour dans ses différens
+états, le <i>besoin</i>, le <i>désir</i> et la <i>possession</i>.
+Ce sont les trois Amours de Scopas, <i>Eros</i>, <i>Himeros</i>
+et <i>Pothos</i>. C'est encore, si l'on veut, l'Amour céleste,
+l'Amour terrestre et leur frère, participant
+de l'un et de l'autre, suivant Apulée. La mère et
+la nourrice de l'Amour, suivant Platon, <i>Penia</i>
+(<i>l'Indigence</i>) sera caractérisée dans cette femme
+qui paraît disposer des Génies. Ses cheveux mal
+soignés, la coiffe (<i>mitra</i>) coiffure commune et négligée,
+la chaussure grossière, la tunique étroite et
+sur-tout les demi-manches (<i>brachialia</i>) annoncent
+une femme pauvre et de condition basse ou servile.
+La jeune femme assise, vêtue d'un habit bleu
+céleste et d'une tunique verte, avec des bracelets
+et une chaussure couleur d'or, le front couvert par
+le bandeau qui retient ses blondes tresses, sera
+Vénus, la Déesse de la Beauté; celle qu'on voit
+derrière elle, vêtue d'une draperie violette, sera
+sa compagne fidelle, <i>Pitho</i> ou <i>Suada</i>, Déesse de la
+Persuasion, qui attire et gagne tous les cœurs.
+L'un des Amours, entre les genoux de Vénus, jouit
+du bonheur parfait dans la contemplation de la
+beauté, c'est le charme de la <i>possession</i>; un autre
+que Penia tire de sa prison, tend les bras à Vénus
+prêt à s'élancer dans ceux de la Déesse, c'est l'ardeur
+du <i>désir</i>; le troisième, encore engourdi dans
+sa cage, commence à s'animer; il bat les ailes, et
+le <i>besoin</i> d'aimer et d'être heureux l'avertit de
+l'existence. C'est ainsi que l'ingénieux système de
+Platon (Voy. <i>le Banquet</i>) peut servir à expliquer
+cette peinture précieuse; mais comme ce sujet
+appartient aux Amours, quiconque reconnaît leur
+empire peut les consulter pour en pénétrer le
+mystère.</p>
+
+
+<p>Hauteur, 1 P. 3 p°.&mdash;Largeur, 1 P. 7 p°. 5 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.095.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XXXIX.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>IX, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce Cygne à bonnes fortunes est le grand Jupiter;
+la belle abusée n'est point Léda; ce cercle lumineux
+qui rayonne autour de sa tête annonce une
+divinité, c'est la déesse <i>Némésis</i>. Jupiter n'a pu
+vaincre sa sévérité, il a eu recours à la ruse. La
+tendre Vénus, sous la forme d'un aigle, a poursuivi
+cet oiseau craintif; la Déesse lui donne asyle
+dans ses bras; elle a quitté sa couche en désordre,
+et ce lit aux pieds dorés, recouvert de draperies,
+sera complice du sommeil perfide qui va la livrer,
+sans défense, à cet oiseau devenu trop audacieux.
+De cette surprise naîtra l'œuf merveilleux; Mercure
+le déposera dans le sein de Léda, et de cet œuf
+sortira la fameuse Hélène, dont l'épouse de Tindare
+ne sera que la nourrice.</p>
+
+<p>On peut regarder les poètes comme les pères
+de la fable. Dans leur langage sublime, ils personnifiaient
+les passions, et la superstition du vulgaire
+se créait des Divinités à la place des images du
+discours. Cette fable (et c'est l'opinion de M. <i>Visconti</i>,
+fondée sur <i>Pausanias</i>) paraît avoir pris sa
+source dans les expressions de quelque ancien
+poète qui, pour exprimer l'enchaînement des malheurs
+dont la funeste beauté d'<i>Hélène</i> avait rempli
+la Grèce et l'Asie, avait dit que cette princesse
+était fille de <i>Némésis</i> ou de l'<i>indignation</i> des Dieux.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 1 p°. 5 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 6 p°. 7 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.098.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XL.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XI, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Qui ne reconnaît pas les trois Grâces, n'est pas
+digne de leurs faveurs. Voici les trois sœurs de
+l'Amour, les compagnes inséparables de Vénus.
+De ces Divinités dérivent les bienfaits et la reconnaissance,
+commerce généreux qu'exprime leur
+union. (<i>Seneca de Benef</i>. I. 3). Ce sont elles qui
+font le charme de la beauté; par elles, la beauté
+plaît en voulant toujours plaire: heureuse condescendance
+qui rapporte incessamment de nouveaux
+tributs. «Eh! quelle chose peut jamais être agréable
+à l'homme sans les Grâces! elles embellissent tout;
+elles permettent les plaisirs et défendent les excès;
+amies de la paix, elles défendent sur-tout l'ivresse;
+elles caressent le sage qui leur sacrifie; elles se
+montrent nues, car toute Grâce rejette l'ornement».
+Autrefois elles allaient vêtues (<i>Pausanias</i>. IX. 35);
+l'Amour leur déroba leurs vêtemens pendant qu'elles
+étaient au bain (<i>Anth. IV</i>. 19. <i>ép.</i>. 24); mais la
+décence leur sert toujours de voile; elles sont en
+présence de Vénus, telles qu'on les voit ici. Ces
+filles aux belles tresses et toujours fleuries, forment
+un nœud indissoluble. (<i>Hom. Pind. Hor.</i>) Thalie,
+opposée aux regards, enchaîne ses deux sœurs,
+et ses deux sœurs, qui s'offrent de face, lui font
+un collier de leurs bras. (<i>Pithœus V et. ép. ib. IV.
+Albricus. cap. V.</i>). Ainsi, dans ce groupe enchanteur,
+l'œil embrasse la beauté sous tous les aspects.
+L'une des Grâces tient une pomme, les autres des
+rameaux et des fleurs: la pomme appartient à Vénus
+et aux Amours; les fleurs, les feuillages et les fruits
+sont donnés souvent aux Grâces dans les monumens,
+et peuvent faire allusion à leur ancienne
+signification. Elles n'étaient pas, dans la Mythologie
+primitive, différentes des Saisons. On ne comptait
+que trois Saisons dans les climats et dans les temps
+qui ont vu naître les fables; et ces filles de l'année
+sont, pour la terre et pour tous les vivans, les Ministres
+des Grâces du ciel.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 7 p°.&mdash;Largeur, 1 P. 3 p°. 10 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.101.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XII, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture curieuse semble se rapporter
+l'aventure de <i>Mercure</i> avec la déesse <i>Mania</i> ou la
+nymphe <i>Lara</i>. Cette nymphe indiscrète révéla
+Junon les amours de Jupiter et de Juturne; le
+maître des Dieux la punit en lui arrachant la langue,
+et la confia à Mercure pour la conduire aux
+enfers. Le messager s'en rendit amoureux, et la
+séduisit en passant dans un bois; la nymphe devint
+mère des deux Lares. On reconnaît le divin messager
+à ses brodequins aîlés, aux deux aîles qui
+prennent naissance sur son front, comme on le voit
+dans plusieurs monumens antiques, et à la baguette
+qui désigne sa puissance sur les ombres. L'épée
+posée sur un rocher est aussi un attribut de ce Dieu;
+l'artiste s'est seulement écarté de la tradition, en
+ne la représentant pas de cette forme recourbée
+qui avait fait donner le nom de <i>harpé</i> à cette
+épée du fils de Maia. Les deux têtes couronnées
+de feuillages, dont l'une est sur la branche d'un
+arbre, et l'autre sur un pieu au-dessous des figures,
+sont, sans doute, encore relatives à une autre opinion
+religieuse; elles semblent représenter ces têtes
+feintes (<i>oscilla</i>) qu'Hercule fit substituer aux victimes
+en abolissant les sacrifices humains: ces signes
+se suspendaient aux arbres et sur des perches. La
+nymphe, parée d'un diadême d'or, d'un collier et
+de pendans formés de perles, s'appuie sur Mercure
+et semble l'écouter avec faveur; son attitude est
+pleine d'abandon et convient au repos qu'on cherche
+après une longue course; une draperie couleur de
+laque forme tout son vêtement; le Dieu la soulève
+et en rend la plus grande partie inutile. Le groupe
+est plein de grâce, et le site agreste et sauvage
+ajoute à la beauté de la composition.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 8 p°. 5 lig.&mdash;Largeur, 1 P. 5 p°. 7 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.104.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XIII, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture dont le champ est bleu, représente
+une jeune et belle Femme vêtue d'une tunique
+longue de couleur changeante, et d'un manteau
+rouge qui voltige derrière elle; ses cheveux blonds
+sont relevés avec soin; ses bras sont parés de bracelets
+d'or; elle porte un arc détendu et une flêche
+ou plutôt un dard. Comme Diane, ou comme une
+nymphe de sa suite, on la voit l'épaule découverte,
+le sein et le bras nus. Ces habits longs,
+cependant, conviennent peu à une chasseresse.
+Diane, avec l'arc et les flêches, n'est pas toujours
+représentée dans l'appareil de la chasse; alors elle
+est armée pour punir les villes impies ou les femmes
+qui ont mérité sa colère: on pourrait rapporter
+cette idée l'intention du peintre; peut-être aussi ne
+doit-on voir, dans cette figure, qu'une nymphe,
+qui la Déesse a remis ses armes pour en prendre
+soin.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 2 p°. 1 lig.&mdash;Largeur, 9 p°. 9 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.107.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XIV, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture fut l'une des premières découvertes
+qu'offrirent les fouilles de Résine; elle se
+trouvait détachée du mur. Sa grande antiquité et
+sa beauté la rendent également curieuse; il est
+regretter qu'elle soit endommagée en plusieurs endroits.
+Le sanglier, dont on ne voit que la hure et
+les pattes, peut faire soupçonner qu'elle a quelque
+rapport avec la fameuse chasse de Calydon, et
+principalement avec la guerre qui éclata entre les
+Curètes et les Étoliens pour ces glorieuses dépouilles.
+<i>Méléagre</i>, suivant le récit d'Homère (<i>Ill. IX</i>) faisait
+triompher les Étoliens; le héros, irrité des imprécations
+d'<i>Althœa</i>, sa mère, dont il avait tué les
+frères, s'obstina à ne plus combattre; les Étoliens
+vaincus implorèrent son secours: «leurs vieillards le
+priaient en supplians, et lui députaient les prêtres
+les plus révérés». Méléagre, après avoir résisté
+toutes les instances, se laissa toucher par les larmes
+de <i>Cléopâtre</i>, son épouse. Le vieillard debout,
+vêtu d'une draperie qui passe en écharpe sous le
+bras droit, ayant pour chaussure des semelles attachées
+avec de minces courroies, serait le député
+des Étoliens; la coiffure qui lui couvre la tête, peut
+désigner un prêtre; le bâton long, qui n'est autre
+chose que le sceptre antique, l'anneau qu'il porte
+un doigt de la main gauche, sont des marques de
+dignité. L'inclinaison de la tête dans celui-ci annonce
+un suppliant. Le vieillard assis, qui l'écoute
+avec intérêt, serait le roi <i>Œnée</i>, père de Méléagre;
+il s'appuie sur un sceptre; il a pour vêtement la
+chlamyde rejetée en arrière, selon le costume héroïque.
+La peinture dégradée ne permet point de
+distinguer l'action du jeune homme écoutant une
+belle femme largement drapée; c'est, sans doute,
+le prince, se laissant fléchir par Cléopâtre, son
+épouse. Le chien de chasse armé d'un collier à pointes
+acérées, la tête tournée vers lui, semble le désigner
+ingénieusement.</p>
+
+<p>Hauteur, 2 P. 7 p°. 5 lig.&mdash;Largeur, 2 P. 2 p°. 3 lig.</p>
+
+
+
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.109.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLIV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XV, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Plusieurs Héros de l'antiquité se signalèrent par
+leur pudeur, et devinrent célèbres par les dangers
+auxquels la fureur d'une amante dédaignée les exposa.
+<i>Bellerophon</i>, insensible aux feux de l'épouse
+de Prœtus, Sténobée ou Antée, suivant Homère,
+fut accusé par elle, et vainquit la redoutable chimère
+qu'il eut à combattre. <i>Pélée</i>, le père du grand
+Achille, fameux par sa lance, respectant l'hospitalité,
+refusa de répondre aux voeux d'Astydamie,
+épouse d'Acaste, roi d'Iolchos; les Dieux l'armèrent
+contre les bêtes féroces, auxquelles il fut exposé,
+et la vertu fut encore sauvée. Mais le généreux
+<i>Hippolyte</i>, célébré chez les anciens par Euripide et
+Sénèque, chez nous, par notre Racine, exemple et
+victime de la vertu la plus pure, eut contre lui les
+fureurs d'une marâtre méprisée, d'un père irrité et
+d'un Dieu trop prompt à accomplir l'imprécation
+paternelle. C'est ce jeune Héros même qui nous
+paraît faire le sujet de la peinture antique. La détestable
+<i>Œnone</i> remplit son lâche ministère. <i>Phèdre</i>
+assise sur un trône d'un beau travail, avec un
+marche-pied, le front orné d'un bandeau richement
+brodé, paraît à demi-vêtue; elle ajuste sa tunique
+sur l'épaule gauche; son bras droit repose sur le
+dossier de son siége, recouvert d'une draperie bleue
+qui paraît être son manteau; elle détourne la tête,
+et laisse lire sur son visage l'attention, la honte et
+la colère. Le pudique Hippolyte, vêtu de la simple
+chlamyde héroïque qui retombe derrière les épaules,
+témoigne sa surprise et ses refus par le geste de la
+main droite; c'est ce noble maintien, ce front où</p>
+
+<div class="poem"> <div class="stanza">
+<p class="i2">Brille de la vertu le sacré caractère.</p>
+ </div> </div>
+
+<p>Il porte la lance, arme célèbre des Héros. Un jeune
+écuyer, vêtu d'un habit succinct, paraît au-dehors
+tenant un cheval par la bride; ce qui fait allusion
+à la passion du fils de Thésée pour les coursiers et
+pour la chasse. La bride du cheval est telle qu'on la
+remarque dans la colonne Trajane, et semblable
+celle en usage de nos jours. Le poitrail est orné
+d'un croissant, peut-être formé de la dent d'un animal
+sauvage, suivant quelques auteurs, Le cheval
+porte une housse qui tenait lieu de selle aux anciens.</p>
+
+<p>La seconde peinture (<i>XVIII, t. III de l'Édit. roy.</i>)
+représente une Néréide se jouant avec un taureau
+marin; ses cheveux sont arrangés avec soin et ornés
+d'une bandelette entrelacée de petites feuilles. Le
+mouvement du taureau est plein de pétulance; la
+nymphe l'embrasse et le regarde avec familiarité.</p>
+
+<p>Sujet PRINCIPAL.&mdash;Hauteur, 2 P. 2 p°. 5 lig.&mdash;Largeur, 2 P. 7 p°.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.112.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLV.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XVI, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Cette peinture représente une Néréide portée
+par un cheval marin, qu'elle guide avec des rênes.
+Son manteau, enflé par le vent, est d'un rouge
+obscur, et fait briller la carnation délicate de son
+corps. Ce manteau, qu'elle retient avec grâce par
+un bout, rappelle l'image que Philostrate donne
+de <i>Galatée</i> (<i>II Im. XVIII</i>). La nymphe porte
+des cercles d'or aux poignets et au bas des jambes;
+ses cheveux blonds voltigent sur ses épaules, et
+le cordon des rênes vient former une croix sur sa
+poitrine: la souplesse de son corps répond parfaitement
+au mouvement de la course. La couleur
+du cheval marin est eau de mer: on appelait ces
+monstres <i>Hippocampi</i>, de leur désinence en queue
+de poisson <i>Campa</i>.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 6 p°.&mdash;Largeur, 2 P. 2 p°. 4 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.115.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLVI.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XVII, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ce monstre marin, couleur eau de mer, tacheté
+de marques rondes et obscures, peut s'appeler une
+panthère marine. La nymphe qu'il porte, mollement
+étendue sur sa croupe, .le dos nu et le sein
+voilé d'une draperie légère agitée par le vent. Ses
+cheveux blonds relevés en tresses, ses bracelets,
+ses pendans, formés de perles, annoncent le soin
+de la parure, Dans une attitude charmante, elle
+verse d'un vase d'or, dans une patère, une liqueur
+que le monstre lèche et savoure: sans-doute c'est
+la liqueur de Bacchus, agréable à la panthère qui
+lui est consacrée, et que la Néréide traite avec
+complaisance dans l'empire de Neptune: «Vous êtes
+les premières, dit Orphée aux filles de Nérée,
+qui avez enseigné les mystères augustes du divin
+Bacchus et de la chaste Proserpine»; mais en se
+rappelant qu'<i>Ino</i>, la tante et la nourrice de Bacchus,
+reçut l'immortalité parmi les filles de Nérée, on
+pourrait la reconnaître dans cette nymphe. Cette
+peinture, sur champ rouge ainsi que la précédente,
+lui servait de pendant, et fut trouvée avec elle
+dans les fouilles de <i>Gragnano</i> en 1760.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 6 p°.&mdash;Largeur, 2 P. 2 p°. 4 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.117.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2 class="mid">PLANCHE XLVII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXIII, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Le costume de cette figure qui se montre
+demi-nue, ses cheveux ceints d'une couronne de
+lierre, et dont une partie retombe sur ses épaules,
+la lyre dont elle touche les cordes, pourraient faire
+reconnaître dans ce personnage, une de ces joueuses
+de cithare dissolues, qui étaient admises dans
+les festins. Sa pose droite et resserrée, l'ornement
+qu'elle porte sur la tête, ne démontrent, à parler
+raisonnablement, qu'une figure de décoration, une
+cariatide peinte à caprice. Cette observation semble
+ôter toute probabilité à l'opinion de ceux qui ont
+voulu reconnaître, dans cette <i>Citharistria</i>, une
+Sapho, ou une des Muses.</p>
+
+<p>Hauteur, 1 P. 10 p°. 5 lig.&mdash;Larg. 1 P. 4 p°. 2 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.119.png"></p>
+
+
+<br>
+<h2>PLANCHE XLVIII.</h2>
+
+<p class="mid">(<i>XXIV, t. III de l'Édition royale.</i>)</p>
+
+
+<p>Ces deux figures semblent avoir quelque rapport
+entr'elles; toutes deux sont peintes sur un fond
+blanc. La première représente un jeune Homme
+n'ayant pour vêtemens qu'une tunique ronde,
+agraffée sur l'épaule droite, nommée par Apulée
+(<i>Met. X</i>) Ephebica; ses cheveux sont noués par
+derrière avec un ruban, et il tient un vase d'or
+de ses deux mains. L'autre jeune Homme, ayant
+un habillement semblable, porte d'une main une
+couronne d'or <i>radiée</i>; de l'autre un éventail formé
+de plumes, dont la baguette et les cercles qui la
+fixent sont couleur d'or: ces deux figures paraissent
+en mouvement, et rappellent les beaux enfans qui
+servaient dans les festins. L'éventail de plumes est
+décrit par plusieurs poètes: les plus riches étaient
+formés de plumes de paon (<i>Prop. II, El. XVIII</i>,
+59.&mdash;<i>Claud. in Eutr. I</i>, 109); les mignons s'en
+servaient pour rafraîchir l'air autour de leurs maîtres.
+La couronne radiée était en usage dans les noces.</p>
+
+<p>CHAQUE SUJET.&mdash;Hauteur, 1 P. 5 lig.&mdash;Largeur, 8 p°. 3 lig.</p>
+<p class="mid"><img alt="" src="images/124.121.png"></p>
+
+
+<br><br><br>
+
+<p>FIN DU SECOND VOLUME.</p>
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome II.,
+(Vol. 2 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
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+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
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