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Les gens accoutumés à être flattés prennent +aisément pour chagrin, pour âpreté et pour excès, ce qui n'est que la +vérité toute pure. C'est la trahir que de ne vous la montrer pas dans +toute son étendue. Dieu est témoin que la personne qui vous parle le fait +avec un cœur plein de zèle, de respect, de fidélité et d'attendrissement +sur tout ce qui regarde votre véritable intérêt. + +[Note 1: Les indices historiques mentionnés dans la lettre à Louis XIV +laissent présumer qu'elle fut écrite en 1694. Fénelon était alors +précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV.] + +Vous êtes né, Sire, avec un cœur droit et équitable; mais ceux qui vous +ont élevé ne vous ont donné pour science de gouverner que la défiance, la +jalousie, l'éloignement de la vertu, la crainte de tout mérite éclatant, +le goût des hommes souples et rampants, la hauteur et l'attention à votre +seul intérêt. + +Depuis environ trente ans, vos principaux ministres ont ébranlé et +renversé toutes les anciennes maximes de l'Etat, pour faire monter +jusqu'au comble votre autorité qui était devenue la leur parce qu'elle +était dans leurs mains. On n'a plus parlé de l'Etat ni des règles; on n'a +parlé que du Roi et de son bon plaisir. On a poussé vos revenus et vos +dépenses à l'infini. On vous a élevé jusqu'au ciel, pour avoir effacé, +disait-on, la grandeur de tous vos prédécesseurs ensemble, c'est-à-dire +pour avoir appauvri la France entière, afin d'introduire à la cour un luxe +monstrueux et incurable. Ils ont voulu vous élever sur les ruines de +toutes les conditions de l'Etat, comme si vous pouviez être grand en +ruinant tous vos sujets, sur qui votre grandeur est fondée. Il est vrai +que vous avez été jaloux de l'autorité, peut-être même trop, dans les +choses extérieures; mais, pour le fond, chaque ministre a été le maître +dans l'étendue de son administration. Vous avez cru gouverner, parce que +vous avez réglé les limites entre ceux qui gouvernent. Ils ont bien montré +au public leur puissance, et on ne l'a que trop sentie. Ils ont été durs, +hautains, injustes, violents, de mauvaise foi. Ils n'ont connu d'autre +règle, ni pour l'administration du dedans de l'Etat, ni pour les +négociations étrangères, que de menacer, que d'écraser, que d'anéantir +tout ce qui leur résistait. Ils ne vous ont parlé que pour écarter de vous +tout mérite qui pouvait leur faire ombrage. Ils vous ont accoutumé à +recevoir sans cesse des louanges outrées qui vont jusqu'à l'idolâtrie, et +que vous auriez dû, pour votre honneur, rejeter avec indignation. On a +rendu votre nom odieux, et toute la nation française insupportable à tous +nos voisins. On n'a conservé aucun ancien allié, parce qu'on n'a voulu que +des esclaves. On a causé depuis plus de vingt ans des guerres sanglantes. +Par exemple, Sire, on fit entreprendre à Votre Majesté, en 1672, la guerre +de Hollande pour votre gloire et pour punir les Hollandais qui avaient +fait quelque raillerie, dans le chagrin où on les avait mis en troublant +les règles de commerce établies par le cardinal de Richelieu. Je cite en +particulier cette guerre, parce qu'elle a été la source de toutes les +autres. Elle n'a eu pour fondement qu'un motif de gloire et de vengeance, +ce qui ne peut jamais rendre une guerre juste; d'où il s'ensuit que toutes +les frontières que vous avez étendues par cette guerre, sont injustement +acquises dans l'origine. Il est vrai, Sire, que les traités de paix +subséquents semblent couvrir et réparer cette injustice, puisqu'ils vous +ont donné les places conquises; mais une guerre injuste n'en est pas moins +injuste, pour être heureuse. Les traités de paix signés par les vaincus ne +sont point signés librement. On signe le couteau sur la gorge; on signe +malgré soi, pour éviter de plus grandes pertes; on signe comme on donne sa +bourse quand il la faut donner ou mourir. Il faut donc, Sire, remonter +jusqu'à cette origine de la guerre de Hollande, pour examiner devant Dieu +toutes vos conquêtes. + +Il est inutile de dire qu'elles étaient nécessaires à votre Etat: le bien +d'autrui ne nous est jamais nécessaire. Ce qui nous est véritablement +nécessaire, c'est d'observer une exacte justice. Il ne faut pas même +prétendre que vous soyez en droit de retenir toujours certaines places, +parce qu'elles servent à la sûreté de vos frontières. C'est à vous à +chercher cette sûreté par de bonnes alliances, par votre modération, ou +par des places que vous pouvez fortifier derrière; mais enfin, le besoin +de veiller à notre sûreté ne nous donne jamais un titre de prendre la +terre de notre voisin. Consultez là-dessus des gens instruits et droits; +ils vous diront que ce que j'avance est clair comme le jour. + +En voilà assez, Sire, pour reconnaître que vous avez passé votre vie +entière hors du chemin de la vérité et de la justice, et par conséquent +hors de celui de l'Evangile. Tant de troubles affreux qui ont désolé toute +l'Europe depuis plus de vingt ans, tant de sang répandu, tant de scandales +commis, tant de provinces saccagées, tant de villes et de villages mis en +cendres, sont les funestes suites de cette guerre de 1672, entreprise pour +votre gloire et pour la confusion des faiseurs de gazettes et de médailles +de Hollande. Examinez, sans vous flatter, avec des gens de bien si vous +pouvez garder tous ce que vous possédez en conséquence des traités +auxquels vous avez réduit vos ennemis par une guerre si mal fondée. + +Elle est encore la vraie source de tous les maux que la France souffre. +Depuis cette guerre, vous avez toujours voulu donner la paix en maître, et +imposer des conditions, au lieu de les régler avec équité et modération. +Voilà ce qui fait que la paix n'a pu durer. Vos ennemis, honteusement +accablés, n'ont songé qu'à se relever et qu'à se réunir contre vous. +Faut-il s'en étonner? Vous n'avez pas même demeuré dans les termes de +cette paix que vous aviez donnée avec tant de hauteur. En pleine paix, +vous avez fait la guerre et des conquêtes prodigieuses. Vous avez établi +une Chambre des réunions[2], pour être tout ensemble juge et partie: +c'était ajouter l'insulte et la dérision à l'usurpation et à la violence. +Vous avez cherché dans le traité de Westphalie des termes équivoques pour +surprendre Strasbourg. Jamais aucun de vos ministres n'avait osé, depuis +tant d'années, alléguer ces termes dans aucune négociation, pour montrer +que vous eussiez la moindre prétention sur cette ville. Une telle conduite +a réuni et animé toute l'Europe contre vous. Ceux mêmes qui n'ont pas osé +se déclarer ouvertement souhaitent du moins avec impatience votre +affaiblissement et votre humiliation, comme la seule ressource pour la +liberté et pour le repos de toutes les nations chrétiennes. Vous qui +pouviez, Sire, acquérir tant de gloire solide et paisible à être le père +de vos sujets et l'arbitre de vos voisins, on vous a rendu l'ennemi commun +de vos voisins, et on vous expose à passer pour un maître dur dans votre +royaume. + +[Note 2: Voir la préface de Henri Guillemin dans le livre intitulé "LETTRE +A LOUIS XIV" publié par les Editions Ides et Calendes, Collection du +Sablier, 1961, Neuchâtel, Suisse.] + +Le plus étrange effet de ces mauvais conseils est la durée de la ligue +formée contre vous. Les alliés aiment mieux faire la guerre avec perte que +de conclure la paix avec vous, parce qu'ils sont persuadés, sur leur +propre expérience, que cette paix ne serait point une paix véritable, que +vous ne la tiendriez non plus que les autres, et que vous vous en +serviriez pour accabler séparément sans peine chacun de vos voisins dès +qu'ils se seraient désunis. Ainsi, plus vous êtes victorieux, plus ils +vous craignent et se réunissent pour éviter l'esclavage dont ils se +croient menacés. Ne pouvant vous vaincre, ils prétendent du moins vous +épuiser à la longue. Enfin ils n'espèrent plus de sûreté avec vous qu'en +vous mettant dans l'impuissance de leur nuire. Mettez-vous, Sire, un +moment en leur place, et voyez ce que c'est que d'avoir préféré son +avantage à la justice et à la bonne foi. + +Cependant vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui +ont été jusqu'ici si passionnés pour vous, meurent de faim. La culture des +terres est presque abandonnée; les villes et la campagne se dépeuplent; +tous les métiers languissent et ne nourrissent plus les ouvriers. Tout +commerce est anéanti. Par conséquent vous avez détruit la moitié des +forces réelles du dedans de votre Etat, pour faire et pour défendre de +vaines conquêtes au dehors. Au lieu de tirer de l'argent de ce pauvre +peuple, il faudrait lui faire l'aumône et le nourrir. La France entière +n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provision. Les magistrats +sont avilis et épuisés. La noblesse, dont tout le bien est en décret, ne +vit que de lettres d'Etat. Vous êtes importuné de la foule des gens qui +demandent et qui murmurent. C'est vous-même, Sire, qui vous êtes attiré +tous ces embarras; car, tout le royaume ayant été ruiné, vous avez tout +entre vos mains, et personne ne peut plus vivre que de vos dons. Voilà ce +grand royaume si florissant sous un roi qu'on nous dépeint tous les jours +comme les délices du peuple, et qui le serait en effet si les conseils +flatteurs ne l'avaient point empoisonné. + +Le peuple même (il faut tout dire), qui vous a tant aimé, qui a eu tant de +confiance en vous, commence à perdre l'amitié, la confiance, et même le +respect. Vos victoires et vos conquêtes ne le réjouissent plus; il est +plein d'aigreur et de désespoir. La sédition s'allume peu à peu de toutes +parts. Ils croient que vous n'avez aucune pitié de leurs maux, que vous +n'aimez que votre autorité et votre gloire. Si le Roi, dit-on, avait un +cœur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur +donner du pain, et à les faire respirer après tant de maux, qu'à garder +quelques places de la frontière, qui causent la guerre? Quelle réponse à +cela, Sire? Les émotions populaires, qui étaient inconnues depuis si +longtemps, deviennent fréquentes[3]. Paris même, si près de vous, n'en est +pas exempt. Les magistrats sont contraints de tolérer l'insolence des +mutins, et de faire couler sous main quelque monnaie pour les apaiser; +ainsi on paye ceux qu'il faudrait punir. Vous êtes réduit à la honteuse et +déplorable extrémité, ou de laisser la sédition impunie et de l'accroître +par cette impunité, ou de faire massacrer avec inhumanité des peuples que +vous mettez au désespoir en leur arrachant, par vos impôts pour cette +guerre, le pain qu'ils tâchent de gagner à la sueur de leurs visages. + +Mais, pendant qu'ils manquent de pain, vous manquez vous-même d'argent, et +vous ne voulez pas voir l'extrémité où vous êtes réduit. Parce que vous +avez toujours été heureux, vous ne pouvez vous imaginer que vous cessiez +jamais de l'être. Vous craignez d'ouvrir les yeux; vous craignez d'être +réduit à rabattre quelque chose de votre gloire. Cette gloire, qui +endurcit votre cœur, vous est plus chère que la justice, que votre propre +repos, que la conservation de vos peuples, qui périssent tous les jours de +maladies causées par la famine, enfin que votre salut éternel incompatible +avec cette idole de gloire. + +Voilà, Sire, l'état où vous êtes. Vous vivez comme ayant un bandeau fatal +sur les yeux; vous vous flattez sur les succès journaliers, qui ne +décident rien, et vous n'envisagez point d'une vue générale le gros des +affaires, qui tombe insensiblement sans ressource. Pendant que vous prenez, +dans un rude combat, le champ de bataille et le canon de l'ennemi, +pendant que vous forcez les places, vous ne songez pas que vous combattez +sur un terrain qui s'enfonce sous vos pieds, et que vous allez tomber +malgré vos victoires. + +Tout le monde le voit et personne n'ose vous le faire voir. Vous le verrez +peut-être trop tard. Le vrai courage consiste à ne se point flatter, et à +prendre un parti ferme sur la nécessité. Vous ne prêtez volontiers +l'oreille, Sire, qu'à ceux qui vous flattent de vaines espérances. Les +gens que vous estimez les plus solides sont ceux que vous craignez et que +vous évitez le plus. Il faudrait aller au devant de la vérité, puisque +vous êtes roi, presser les gens de vous la dire sans adoucissement, et +encourager ceux qui sont trop timides. Tout au contraire, vous ne cherchez +qu'à ne point approfondir; mais Dieu saura bien enfin lever le voile qui +vous couvre les yeux, et vous montrer ce que vous évitez de voir. Il y a +longtemps qu'il tient son bras levé sur vous; mais il est lent à vous +frapper, parce qu'il a pitié d'un prince qui a été toute sa vie obsédé de +flatteurs, et parce que, d'ailleurs, vos ennemis sont aussi les siens. +Mais il saura bien séparer sa cause juste d'avec la vôtre, qui ne l'est +pas, et vous humilier pour vous convertir; car vous ne serez chrétien que +dans l'humiliation. Vous n'aimez point Dieu; vous ne le craignez même que +d'une crainte d'esclave; c'est l'enfer, et non pas Dieu, que vous +craignez. Votre religion ne consiste qu'en superstitions, en petites +pratiques superficielles. Vous êtes comme les Juifs dont Dieu dit: +_Pendant qu'ils m'honorent des lèvres, leur cœur est loin de moi_. Vous +êtes scrupuleux sur des bagatelles, et endurci sur des maux terribles. +Vous n'aimez que votre gloire et votre commodité. Vous rapportez tout à +vous, comme si vous étiez le Dieu de la terre, et que tout le reste n'eût +été créé que pour vous être sacrifié. C'est, au contraire, vous que Dieu +n'a mis au monde que pour votre peuple. Mais, hélas! vous ne comprenez +point ces vérités; comment les goûteriez-vous? Vous ne connaissez point +Dieu, vous ne l'aimez point, vous ne le priez point du cœur, et vous ne +faites rien pour le connaître. + +Vous avez un archevêque[3] corrompu, scandaleux, incorrigible, faux, malin, +artificieux, ennemi de toute vertu, et qui fait gémir tous les gens de +bien. Vous vous en accommodez, parce qu'il ne songe qu'à vous plaire par +ses flatteries. Il y a plus de vingt ans qu'en prostituant son honneur, il +jouit de votre confiance. Vous lui livrez les gens de bien, vous lui +laissez tyranniser l'Eglise, et nul prélat vertueux n'est traité aussi +bien que lui. + +[Note 3: voir l'ouvrage cité ci-dessus dans la note 2.] + +Pour votre confesseur[3], il n'est pas vicieux, mais il craint la solide +vertu, et il n'aime que les gens profanes et relâchés; il est jaloux de +son autorité, que vous avez poussée au-delà de toutes les bornes. Jamais +confesseurs des rois n'avaient fait seuls les évêques, et décidé de toutes +les affaires de conscience. Vous êtes seul en France, Sire, à ignorer +qu'il ne sait rien, que son esprit est court et grossier, et qu'il ne +laisse pas d'avoir son artifice avec cette grossièreté d'esprit. Les +jésuites même le méprisent et sont indignés de le voir si facile à +l'ambition ridicule de sa famille. Vous avez fait d'un religieux un +ministre d'Etat. Il ne se connaît point en hommes, non plus qu'en autre +chose. Il est la dupe de tous ceux qui le flattent et lui font de petits +présents. Il ne doute ni n'hésite sur aucune question difficile. Un autre +très droit et très éclairé n'oserait décider seul. Pour lui, il ne craint +que d'avoir à délibérer avec des gens qui sachent les règles. Il va +toujours hardiment, sans craindre de vous égarer; il penchera toujours au +relâchement et à vous entretenir dans l'ignorance. Du moins, il ne +penchera aux partis conformes aux règles que quand il craindra de vous +scandaliser. Ainsi, c'est un aveugle qui en conduit un autre, et, comme +dit Jésus-Christ, _ils tomberont tous deux dans la fosse_. + +Votre archevêque et votre confesseur vous ont jeté dans les difficultés de +l'affaire de la régale, dans les mauvaises affaires de Rome; ils vous ont +laissé engager par M. de Louvois dans celle de Saint-Lazare[3], et vous +auraient laissé mourir dans cette injustice si M. de Louvois eût vécu plus +que vous. + +On avait espéré, Sire, que votre conseil vous tirerait de ce chemin si +égaré; mais votre conseil n'a ni force ni vigueur pour le bien. Du moins +Mme de M. et M. le D. de B.[3] devaient-ils se servir de votre confiance +en eux pour vous détromper; mais leur faiblesse et leur timidité les +déshonorent et scandalisent tout le monde. La France est aux abois; +qu'attendent-ils pour vous parler franchement? Que tout soit perdu? +Craignent-ils de vous déplaire? Ils ne vous aiment donc pas, car il faut +être prêt à fâcher ceux qu'on aime, plutôt que de les flatter ou de les +trahir par son silence. A quoi sont-ils bons, s'ils ne vous montrent pas +que vous devez restituer les pays qui ne sont pas à vous, préférer la vie +de vos peuples à une fausse gloire, réparer les maux que vous avez faits à +l'Eglise, et songer à devenir un vrai chrétien avant que la mort vous +surprenne? Je sais bien que, quand on parle avec cette liberté chrétienne, +on court risque de perdre la faveur des rois; mais votre faveur leur +est-elle plus chère que votre salut? Je sais bien aussi qu'on doit vous +plaindre, vous consoler, vous soulager, vous parler avec zèle, douceur et +respect; mais enfin il faut dire la vérité. Malheur, malheur à eux s'ils +ne la disent pas, et malheur à vous si vous n'êtes pas digne de +l'entendre! Il est honteux qu'ils aient votre confiance sans fruit depuis +tant de temps. C'est à eux à se retirer si vous êtes trop ombrageux et si +vous ne voulez que des flatteurs autour de vous. Vous demanderez peut-être, +Sire, qu'est-ce qu'ils doivent vous dire; le voici: ils doivent vous +représenter qu'il faut vous humilier sous la puissante main de Dieu, si +vous ne voulez qu'il vous humilie; qu'il faut demander la paix, et expier +par cette honte toute la gloire dont vous avez fait votre idole; qu'il +faut rejeter les conseils injustes des politiques flatteurs; qu'enfin il +faut rendre au plus tôt à vos ennemis, pour sauver l'Etat, des conquêtes +que vous ne pouvez d'ailleurs retenir sans injustice. N'êtes-vous pas trop +heureux, dans vos malheurs, que Dieu fasse finir les prospérités qui vous +ont aveuglé, et qu'il vous contraigne de faire des restitutions +essentielles à votre salut, que vous n'auriez jamais pu vous résoudre à +faire dans un état paisible et triomphant? + +La personne qui vous dit ces vérités, Sire, bien loin d'être contraire à +vos intérêts, donnerait sa vie pour vous voir tel que Dieu vous veut, et +elle ne cesse de prier pour vous. + + +FIN + + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Lettre à Louis XIV +by François de Salignac de La Mothe Fénelon et Henri Guillemin + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 13914 *** |
