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diff --git a/11132-0.txt b/11132-0.txt new file mode 100644 index 0000000..8084165 --- /dev/null +++ b/11132-0.txt @@ -0,0 +1,5979 @@ +*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 11132 *** + +ANNALES DE L'HISTOIRE DE FRANCE À L'ÉPOQUE CAROLINGIENNE + +ROBERT Ier + +ET + +RAOUL DE BOURGOGNE + +ROIS DE FRANCE + +(923-936) + +PAR + +PH. LAUER + + +1910 + +Cet ouvrage forme le 188e fascicule de la Bibliothèque des Hautes +Études + + + + +AVANT-PROPOS + + +Cet opuscule est destiné à combler la lacune qui existait entre les +ouvrages sur les règnes de Charles le Simple et de Louis d'Outre-Mer, +parus dans la série des _Annales de l'histoire de France à l'époque +carolingienne_ entreprises sur l'initiative d'Arthur Giry[1]. L'étude +que M.W. Lippert a consacrée à Raoul, dans une thèse écrite et publiée +en Allemagne[2], n'était pas accessible à tous, et, malgré sa très +réelle valeur, devait être rectifiée, modifiée ou complétée sur plus +d'un point, principalement en ce qui concerne la topographie, la +diplomatique et les affaires de Lorraine. + +Les identifications des noms de lieux, comme par exemple celles de +_Donincum_ avec Doullens (Somme) et de _Calaus mons_ avec +Chaumont-le-Bois (Côte-d'Or), étaient évidemment à réformer, ainsi que +je l'ai montré dans mes notes des _Annales de Flodoard_. Les +cartulaires n'avaient pas été tous connus, ainsi ceux de Stavelot, de +Saint-Étienne de Limoges; et les chartes de Saint-Hilaire de Poitiers +publiées par Rédet n'avaient pas été utilisées. Plusieurs des +dépouillements relatifs aux éditions des diplômes royaux étaient ou +incomplets ou devenus insuffisants par suite des publications +postérieures. Divers passages d'annales ou de chroniques n'étaient pas +analysés ou commentés d'une manière satisfaisante; enfin certains +textes avaient été omis, comme les _Annales Nivernenses_. Mais ce qui +rendait surtout désirable un nouveau travail, c'était la conception +même du rôle politique de Raoul à l'extérieur, que ni Kalckstein ni +Lippert n'avaient bien nettement dégagé. En Lorraine et dans le +royaume de Provence, ce souverain a visiblement fait des efforts pour +étendre l'influence française et il s'est servi de son frère Boson, +possessionné à la fois dans les vallées de la Meuse et du Rhône, pour +parvenir à ses fins. C'est sous son règne que se pose nettement la +question de savoir si le roi de France succédera ou non aux rois de +Lorraine et de Provence. Les droits incontestables de Raoul sur ce +dernier royaume et sa puissante position en Bourgogne, à proximité de +la Lorraine, semblaient le désigner pour recueillir ces héritages, +mais sa situation même d'adversaire de Charles le Simple, le +descendant direct des Carolingiens, lui fit visiblement un tort +immense à en juger par les résultats obtenus. Ajoutez à cela la lutte +acharnée contre les Normands et l'hostilité de ses propres vassaux. +Tel est le point de vue que nous nous sommes efforcé de mettre +davantage en lumière. + +Nous n'avons pas non plus négligé de souligner certains détails de +nature à éclairer un peu des faits enveloppés d'obscurité, ainsi +l'antagonisme entre la famille comtale de Dijon et les Robertiens ou +les causes d'union et de rupture entre Herbert de Vermandois et Hugues +le Grand. On ne s'est occupé des antécédents de Robert Ier ou de la +personnalité et des actes de Charles le Simple que dans la mesure où +cela était nécessaire au récit des événements, M. Eckel ayant déjà +traité à fond ces questions. + +Il n'y avait pas ici place pour une bibliographie du genre de celles +qui sont en tête des volumes relatifs à Louis d'Outre-Mer et à Charles +le Simple; elle eût trop ressemblé à ces dernières. Nous avons préféré +mettre à la suite des livres nouveaux, cités en note, les indications +bibliographiques indispensables. Du reste, on s'est efforcé de ne pas +abuser des citations. Ainsi on ne trouvera guère mentionnées les +oeuvres de K. von Kalckstein[3], Lippert, Waitz[4], Eckel[5] et mon +édition des _Annales de Flodoard_[6], auxquelles il eût été facile de +multiplier les renvois. Mais les sources sont toujours indiquées, avec +leurs éditions quand il y a lieu. Je me permettrai de renvoyer, en ce +qui les concerne, à ma bibliographie du _Règne de Louis +d'Outre-Mer_[7], pour tout ce qui pourrait paraître insuffisant[8]. + +On n'est pas entré non plus dans l'étude diplomatique des actes, qui +trouvera sa place avec l'édition des diplômes royaux dans la +collection des _Chartes et diplômes_ publiée par l'Académie des +Inscriptions et Belles-Lettres, mais on en a naturellement tiré parti +au point de vue historique. + +Nous espérons que, malgré ses imperfections, le présent travail pourra +contribuer à faire mieux connaître un moment intéressant dans cette +période mouvementée de la décadence carolingienne et de +l'établissement du régime féodal. + +FOOTNOTES: + +[Footnote 1: M. Labande qui s'était d'abord chargé de la rédaction des +Annales du règne de Raoul a bien voulu y renoncer en ma faveur. Je +tiens à le remercier ici en même temps que MM. Pfister et L. Halphen +qui ont lu ce travail, l'un en manuscrit, l'autre en épreuves, et +m'ont très obligeamment communiqué leurs critiques.] + +[Footnote 2: _Geschichte des westfränkisch en Reiches unter König +Rudolf (Inaugural-Dissertation der Universität Leipzig)_. Leipzig, +1885, in-8, 126 pp. et sous le titre: _König Rudolf von Frankreich_. +Leipzig, 1886.] + +[Footnote 3: _Geschichte des Französichen Königthums unter den ersten +Capelingern_. I. _Der Kampf der Robertiner und Karolinger_. Leipzig, +1877, in-8.] + +[Footnote 4: _Jahrbücher des deutschen Reiches unter König Heinrich +I_. 3e éd. Leipzig, 1885, in-8.] + +[Footnote 5: _Charles le Simple_. Paris, 1899, in-8 (_Bibliothèque de +l'École des hautes études_, fasc. 124).] + +[Footnote 6: _Les Annales de Flodoard_. Paris, 1906, in-8 (_Collection +de textes pour servir à l'étude et à l'enseignement de l'histoire_).] + +[Footnote 7: _Le règne de Louis IV d'Outre-Mer_ (_Bibliothèque de +l'École des hautes études_, fasc. 127, p. xxi et suiv.)] + +[Footnote 8: Il faudra cependant y ajouter, pour mémoire, l'étrange +dissertation d'Aimé Guillon de Montléon, _Raoul ou Rodolphe, devenu +roi de France l'an 923, ne serait-il pas le même personnage que +Rodolphe II, roi de Bourgogne Transjurane, et d'où vient que le +cinquième de nos rois, du nom de Charles, n'est pas appelé Charles V? +Dissertation historique_. Paris, 1827, in-8, 124 pp., tabl., 3 pl. Cf. +la critique de Daunou dans _Journal des savants_, année 1828, p. +93-102.--Et on peut mettre au même rang la «Vie de Rodolphe, roi de +France, tirée de tous les bons auteurs par Jean Munier, avocat du roi +ès cours royales d'Autun» (n° 16487 du P. Lelong) conservée dans le +manuscrit de la Bibliothèque nationale fr. 4629, p. 89. C'est un +chapitre des _Recherches sur les anciens comtes d'Autun_ de Jean +Munier (m. 1635), où l'auteur se préoccupe surtout de réfuter les +«calomnies» mises en circulation par Jean de Serres sur Raoul, dans le +célèbre _Inventaire général de l'histoire de France depuis Pharamond +jusques à présent, illustré par la conférence de l'Église et de +l'Empire_ (Paris, 1600, 3 vol. in-8) qui eut quatorze éditions (la +dernière en 1660).] + + + + +ROBERT Ier + +ET + +RAOUL DE BOURGOGNE + +ROIS DE FRANCE + + + + +CHAPITRE PREMIER + + +ROBERT DUC DE FRANCE ET RAOUL DUC DE BOURGOGNE. + + +Robert, fils de Robert le Fort, est en réalité un personnage un peu +effacé, tant la puissante figure de son frère, le roi Eudes, lui a +fait ombrage. Pendant tout le règne de celui-ci, il le seconda +fidèlement[9], et à sa mort, en 898, il recueillit sa succession comme +«duc et marquis» de France. A ce titre, il prêta l'hommage à Charles +le Simple[10] qui le traita d'abord avec beaucoup d'égards, ainsi +qu'il apparaît par les diplômes royaux des années 904, 915 et 918[11]. +Mais dès l'an 900, un premier froissement avait eu lieu entre eux. +Manassès, vassal du duc de Bourgogne, Richard le Justicier, s'était +permis, dans une conversation avec le roi, de tenir sur Robert des +propos jugés injurieux par ce dernier. Robert quitta la cour pendant +quelque temps[12]. Il semble cependant qu'il rentra en faveur vers +903, époque à laquelle il sollicita et obtint des diplômes pour ses +abbayes de Saint-Germain-des-Prés, Saint-Martin de Tours et +Saint-Denis[13]. Il accompagna même, cette année, le roi en Alsace, ce +qui l'empêcha de secourir la ville de Tours assiégée par les +Normands[14]. Bientôt il prit sa revanche à la bataille de Chartres +(20 juillet 911)[15], et, selon la légende, c'est lui qui servit de +parrain à Rollon[16]. Dix ans plus tard, après une campagne contre les +Normands de la Loire, il imita l'exemple de son suzerain en cédant aux +pirates une partie de la Bretagne et le pays de Nantes[17]. Quand on +se rappelle la formidable puissance matérielle dont il disposait[18], +on est étonné qu'il n'ait pas essayé de s'emparer de la couronne +aussitôt après le décès de son frère. S'il ne l'a pas fait, c'est +uniquement à cause de l'accord qui venait d'intervenir l'année +précédente entre Eudes et Charles[19], car ses bons rapports avec la +maison de Flandre et ses alliances avec les familles de Vermandois et +de Bourgogne lui auraient singulièrement facilité l'accès au trône. + +Raoul était fils de Richard le Justicier, comte d'Autun devenu duc de +Bourgogne sous le règne d'Eudes, qui avait écrasé les Normands à la +bataille d'Argenteuil en Tonnerrois (28 décembre 898). Il se trouvait +être, du chef de son père, neveu de Boson, roi de Provence, par +l'impératrice Richilde, soeur de Richard, neveu de Charles le Chauve, +et, par sa mère Adélaïde, neveu du roi de Bourgogne jurane Rodolphe +1er[20]. + +Suivant une légende accréditée postérieurement, il aurait été tenu sur +les fonts baptismaux par le roi Charles le Simple lui-même[21]; mais +Charles, étant né en 879, ne devait pas être beaucoup plus âgé que son +prétendu filleul. Ce dernier est, en effet, déjà témoin dans un acte +de 901, et l'on sait que les exemples de témoins au-dessous de douze +ans sont exceptionnels[22]. + +Raoul avait une soeur, Ermenjart, qui épousa Gilbert de Dijon[23], et +deux frères cadets, Hugues le Noir et Boson qui, comme lui, ne +jouèrent aucun rôle politique actif du vivant de leur père[24]. Leur +trace ne se retrouve que dans les souscriptions de chartes. C'est, +semble-t-il, Raoul qui souscrit un arrêt de Richard relatif à +Saint-Bénigne de Dijon, datant des dix dernières années du IXe siècle; +en tout cas c'est bien lui qui figure dans un acte de Richard en +faveur de l'abbaye de Montiéramey, du 21 décembre 901, où il est +qualifié de «fils de Richard»[25]. Peut-être aussi est-ce lui et son +frère Boson qui signent une donation de l'impératrice Richilde à +l'abbaye de Gorze[26]. Les trois frères sont témoins dans une charte +de concession octroyée par Richard à l'abbaye de Saint-Bénigne de +Dijon[27] et paraissent remplir un rôle moins effacé au tribunal +comtal d'après une charte en faveur de l'église d'Autun rédigée et +scellée au nom de Raoul, agissant comme mandataire de son père +(Pouilly, 5 septembre 916)[28]. Raoul intervient aussi dans un acte +délivré en 918 par l'évêque d'Autun, Walon, avec l'assentiment du duc +de Bourgogne[29]. + +Les fils de Richard portèrent simultanément le titre de comte. Après +la mort de son père, Raoul continue à s'intituler de même, ainsi qu'on +le voit dans une charte de donation de sa mère Adélaïde, relative à +des biens sis en Varais (Autun, 24 avril 922)[30] + +Des premiers actes de Raoul comme duc de Bourgogne, on ne connaît +guère que la prise de Bourges[31]. Mais il règne beaucoup d'obscurité +sur les circonstances qui accompagnèrent cet événement. On trouve +mentionné: en 916 un incendie de Bourges, en 918 une prise de +possession éphémère de la ville par Guillaume, neveu de Guillaume Ier +d'Aquitaine, et en 924 une cession de la ville et du Berry par Raoul, +devenu roi, à Guillaume, moyennant l'hommage[32]. Le duc de France +Robert avait, paraît-il, aidé Raoul à s'emparer de Bourges, mais on ne +saurait décider si ce fut en 916 ou entre 916 et 918, ou encore plus +tard. Raoul s'était en effet allié à la puissante famille des ducs de +France, suzeraine de tout le pays au nord de la Loire, en épousant la +propre fille de Robert, Emma, princesse douée d'une rare intelligence +et d'une mâle énergie[33]. + +Charles le Simple témoignait aussi des égards à Raoul en souvenir de +son père, dont il avait â maintes reprises éprouvé le loyalisme. Il +semble même qu'en prescrivant à l'abbé de Saint-Martial de Limoges, +Étienne (élu en 920), d'élever deux fortes tours pour résister à +Guillaume d'Aquitaine, il prenait ouvertement le parti de Raoul[34]. + +Robert l'emporta néanmoins, car dans sa lutte contre Charles, nous +voyons Hugues le Noir, frère du roi Raoul, lui amener des recrues +bourguignonnes pour coopérer avec les forces des grands vassaux à la +lutte contre les troupes royales. Toutefois, après l'armistice +intervenu à la fin de l'année 922, les Bourguignons s'étaient +définitivement retirés[35]. + +Pour bien comprendre leur rentrée en scène et finalement l'élection de +Raoul comme roi, il est nécessaire de jeter un coup d'oeil rapide en +arrière et de se rappeler l'état politique de la France à cette +époque, ainsi que les principaux événements qui venaient de marquer le +règne de Charles le Simple. + + + +FOOTNOTES: + +[Footnote 9: Favre, _Eudes_, p. 78, 95-96, 147, 156, 161, 165, 192.] + +[Footnote 10: _Ann. Vedast._, a. 898.] + +[Footnote 11: Il l'appelle son «très cher» (_admodum dilectus_), son +«très fidèle», le «conseil et l'auxiliaire de son royaume» (_regni et +consilium et juvamen_). Pélicier, _Cartul. du chapitre de l'église +cathédrale de Châlons-sur-Marne_, p. 31; _Recueil des historiens de +France_, IX, 523, 536.] + +[Footnote 12: _Ann. Vedast._, a. 900.] + +[Footnote 13: _Recueil des historiens de France_, IX, p. 495-499.] + +[Footnote 14: Ibid., p. 499. Eckel, p.68.] + +[Footnote 15: _Cartul. de Saint-Père de Chartres_, éd. B. Guérard +(Paris, 1840), I, p. 46-47.] + +[Footnote 16: Dudon de Saint-Quentin, _De moribus_, I. II, c. 30.] + +[Footnote 17: Flod., _Ann_., a. 921: «... Britanniam ipsis +[Normannis], quam vastaverant, cum Namnetico pago concessit +[Rotbertus].» Cf. Dudon de Saint-Quentin, éd. Lair, p. 69, n. 4.] + +[Footnote 18: Voy. Favre, _Eudes_, p. 12; Eckel, _Charles le Simple_, +p. 34; F. Lot, _Études sur le règne de Hugues Capet_ (Paris, 1903, +in-8), p. 187.] + +[Footnote 19: _Ann. Vedast._, a. 897; Favre, _Eudes_, p. 191; Eckel, +_Charles le Simple_, p. 26.] + +[Footnote 20: On sait toute l'importance attachée à ce titre de neveu +dans les traditions de famille franques. Pour saisir plus clairement +ces parentés il suffit de parcourir la généalogie suivante: + + +Conrad, comte d'Auxerre Thierry, comte d'Autun + | | +--------------------- ------------------------------- + | | | | | +Rodolphe Ier Adélaïde ép. Richard Boson Richilde ép. Charles + roi de le Justicier roi de Provence le Chauve +Bourgogne (m. 921) (879-887) +(888-911) + | | | | +Rodolphe II RAOUL. Louis l'Aveugle Louis II le Bègue +roi d'Arles en 933 ép. Emma, | fils d'Ermentrude + (m. 937) fille de Robert Charles-Constantin ép. 1° Ansgarde + | duc de France comte de Vienne 2° Adélaïde +Conrad le Pacifique en 931 + ép. Mathilde, | +fille de Louis d'Outre-Mer ---------------------------- + | | + 1° Louis III Carloman 2° Charles + (880-882) (880-881) le simple + (893-922)] + +[Footnote 21: _Hist. Francor. Senon. (M.G.h., Scr._, IX, 366); Richard +le Poitevin, _Chron. (Recueil des historiens de France_, IX, 23).] + +[Footnote 22: La majorité était de 12 ans chez les Saliens et de 15 +ans chez les Ripuaires. Cf. Glasson, _Hist. du droit et des instit. de +la France_, II, p. 291.] + +[Footnote 23: Eckel, p. 40.] + +[Footnote 24: _Chron. S. Benigni Div. (Rec. des historiens de France_, +VIII, 241; éd. Bougaud et Garnier, p. 115).] + +[Footnote 25: D'Arbois de Jubainville, _Hist. des comtes de +Champagne_, I, p. 450, pr. n° 17; _Cartulaire de Montiéramey_, éd. Ch. +Lalore (Troyes, 1890, in-8), p. 18, n° 12.] + +[Footnote 26: _Recueil des historiens de France_, IX, 665; _Cartulaire +de l'abbaye de Gorze_, publ. p. A. d'Herbomez (_Mettensia_, II), p. +159, n° 87.] + +[Footnote 27: _Chron. S. Benigni Divion. (Rec. des historiens de +France_, VIII, 242; éd. Bougaud et Garnier, p. 119).] + +[Footnote 28: _Cartulaire de l'église d'Autun_, publ. par A. de +Charmasse (Autun, 1865) n° 22. Il ne faut pas, semble-t-il, vouloir le +reconnaître dans un _Rodolphus comes_ qui figure avec beaucoup +d'autres comtes lorrains dans un diplôme de Charles le Simple en +faveur de l'abbaye de Prüm, daté de la même année (_Recueil des +historiens de France_, IX, 526).] + +[Footnote 29: _Cartulaire de l'église d'Autun, n° 23._] + +[Footnote 30: Ibid., n° 9, 10.] + +[Footnote 31: Flodoard, _Annales_, a. 924; _Ann. Masciac._, a. 919 +(_M.G.h., Scr._, III, 169); _Histoire de Languedoc_, nouv. éd., II, +251; III, 95. Voy. aussi F. Lot, _Hugues Capet_, p. 190, n. 3.] + +[Footnote 32: _Hist. de Languedoc, loc. cit._] + +[Footnote 33: A. de Barthélemy, _Les origines de la maison de France +(Revue des questions historiques_, VII p. 123). On prétend aussi +qu'une autre fille de Robert, dont on ignore le nom, aurait épousé son +oncle Herbert II. Cf. Eckel, p. 35, qui la désigne à tort comme, +«cousine» d'Herbert II.] + +[Footnote 34: Adémar de Chabannes, _Commemoratio_, éd. Duplès-Agier, +p. 3; Ch. de Lasteyrie, _L'abbaye de Saint-Martial de Limoges_ (Paris, +1901, gr. in-8), P. 58-59.] + +[Footnote 35: Flod., _Ann._, a. 922.] + + + + +CHAPITRE II + + +LES ÉLECTIONS DE ROBERT ET DE RAOUL. + + +Peu après la mort de Louis III, le vainqueur de Saucourt, et celle de +Carloman, son frère, le royaume franc de l'ouest, la France, comme on +l'appelle désormais dans nos histoires, et les divers pays qui en +dépendaient, ne tardèrent pas à se morceler sous l'influence du +développement de la féodalité et la menace perpétuelle des invasions +normandes. La Bretagne devint en fait indépendante avec les ducs Alain +et Juhel-Bérenger, la Provence avec Boson et la Bourgogne avec +Rodolphe Ier. Le reste de la France, démembré en une infinité de +fiefs, répartis dans les trois duchés de «France»[36], de Bourgogne et +d'Aquitaine, fut enfin divisé en deux camps ennemis par la question de +dévolution de la couronne. + +A la suite de la tentative malheureuse de restauration de l'empire +carolingien, qui échoua piteusement à cause de l'incapacité de Charles +le Gros, une partie des grands feudataires français, ressuscitant leur +droit d'élection tombé en désuétude depuis longtemps, choisit pour roi +le comte Eudes, fils de Robert le Fort, tandis que d'autres restaient +fidèles au représentant de la dynastie carolingienne, un enfant en bas +âge, Charles, fils posthume du roi Louis le Bègue, issu de son mariage +avec Adélaïde[37]. Des années de luttes suivirent. Eudes régna, mais à +sa mort, Charles, auquel le surnom de Simple a été attribué par ses +contemporains, fut reconnu dans toute la France, à l'exception des +pays qui s'étaient constitués en états indépendants. + +La cession d'une partie des rives de la basse Seine, aux pirates +normands, compagnons de Rollon, ne peut être considérée comme un +affaiblissement de la puissance royale, quoi qu'en aient dit la +plupart des historiens, qui ont coutume de flétrir la mémoire de +Charles le Simple principalement pour ce motif. On ne saurait non plus +suivre d'autres critiques qui, se plaçant à un point de vue +diamétralement opposé, ont voulu l'envisager comme un acte d'habile +politique. En réalité, Charles ne pouvait agir autrement devant +l'indifférence profonde des grands vassaux, qui lui refusaient toute +aide effective pour combattre l'invasion; et sa puissance n'en fut +nullement amoindrie, puisque le territoire concédé était un +démembrement du «duché de France», qu'il en conserva la suzeraineté et +trouva même par la suite un concours inattendu auprès de ses nouveaux +vassaux[38]. + +Presque en même temps que cette cession eut lieu l'acquisition de la +suzeraineté sur la Lorraine, précieuse à bien des points de vue. Elle +reconstituait un tout brisé par le singulier partage de Verdun et +fournissait à la dynastie austrasienne un solide point d'appui en son +pays d'origine. + +L'autonomie féodale s'était à tel point développée que pour trouver un +soutien effectif, le roi Charles en était réduit à rechercher +l'alliance des grands dignitaires de l'Église, comme l'archevêque de +Reims, ou d'hommes de naissance obscure, d'origine lorraine, comme +Haganon[39]. + +La première rébellion contre le pouvoir royal éclata en 920. Charles +fit preuve au cours de ces difficiles circonstances d'une fermeté +remarquable. L'archevêque de Reims, Hervé, réussit à sauver le +monarque et le seconda si bien qu'il se trouva bientôt affermi au +point de pouvoir remplacer l'évêque élu de Liège, Hilduin, son ennemi, +par Richer, abbé de Prüm, son partisan. Le traité de Bonn, signé le +1er novembre avec Henri l'Oiseleur, auquel Charles avait eu affaire +près de Pfeddersheim, dans le pays de Worms, mit fin à cette première +période de troubles[40]. + +Bientôt de nouvelles difficultés surgirent. Le 31 août 921 mourut le +duc de Bourgogne Richard le Justicier, qui était, avec le marquis +Robert, le plus puissant des grands vassaux, mais aussi l'un des +hommes les plus capables du royaume[41]. Il avait lutté +victorieusement contre les Normands, et avait toujours su gouverner +avec autorité ses vastes domaines, ne craignant pas de résister aux +empiétements des puissances ecclésiastiques, séculières ou régulières, +et allant même jusqu'à s'emparer par la force des biens d'Église, +comme du reste presque tous les princes laïques de son temps, quand la +nécessité s'en présentait. Charles perdit en lui un fidèle partisan: +s'il n'en avait reçu aucun secours dans le dernier conflit avec les +grands, il avait du moins rencontré de son côté une bienveillante +neutralité, et il semblait même que celle-ci dût un jour ou l'autre se +changer en coopération effective. La mort de Richard bouleversa la +face des choses. Son fils Raoul qui avait épousé Emma, fille du +marquis Robert, fut attiré dans le parti des mécontents par son +beau-père qui en était le chef. Pour comble de malheur, Charles vit +encore l'archevêque de Reims, d'abord condamné à l'inaction par une +grave maladie pendant les troubles de 922, abandonner ensuite +totalement sa cause, sans que nous puissions démêler la raison +véritable de cette défection. + +La concession de l'abbaye de Chelles[42] faite par le roi à Haganon +détermina un nouveau soulèvement. Charles avait enlevé l'abbaye à sa +tante Rohaut qui était devenue belle-mère de Hugues, fils de +Robert[43]. Cet acte revêtait le double caractère d'une spoliation et +d'une menace. C'était une dépendance arrachée au coeur même des +domaines patrimoniaux de Robert et donnée comme poste d'observation et +de combat à un ennemi haï et méprisé. Une nouvelle période +d'hostilités s'ensuivit. Les opérations eurent lieu en Rémois, +Laonnais et Soissonnais, et se réduisirent à des incursions de part et +d'autre, à des pillages et à des incendies. A plusieurs reprises, +Charles s'enfuit, avec Haganon, jusqu'en Lorraine, et en revint avec +des troupes fraîches levées parmi les éléments hostiles au duc ou les +vassaux ecclésiastiques. Le duc de Lorraine, Gilbert, le duc de +Bourgogne Raoul, enfin l'archevêque de Reims Hervé s'étaient rangés du +côté du marquis Robert[44]. + +Après la défaite de Laon, Charles fut contraint, par suite de la +dispersion totale de son armée, de chercher à nouveau un refuge au +delà de la Meuse. Les rebelles profitèrent de l'absence du Carolingien +pour secouer définitivement sa suzeraineté en se choisissant un roi +parmi eux. Le 29 juin 922, le marquis Robert fut élu roi à Reims par +les grands vassaux laïques et ecclésiastiques, puis couronné le +lendemain, un dimanche, à Saint-Remy, par l'archevêque de Sens +Gautier, le même qui avait déjà couronné le roi Eudes[45]. +L'archevêque de Reims, Hervé, alors gravement malade, mourut trois +jours après, et son successeur Séulf, choisi sous l'influence des +révoltés, prit aussitôt une attitude nettement opposée à Charles[46]. + +La lutte reprit de plus belle. Robert la transporta en Lorraine. Son +fils Hugues marcha sur Chièvremont, que Charles assiégeait, et le +contraignit à lever le siège[47]. Au début de 923, Robert eut +l'habileté de se ménager une entrevue, sur les bords de la Roer, avec +le roi de Germanie Henri Ier qui, au mépris du traité de Bonn, noua +des relations amicales avec l'usurpateur. Robert parvint à obtenir +d'une fraction des Lorrains un armistice qui devait se prolonger +jusqu'en octobre[48]. Puis il rentra en France, où il congédia les +contingents bourguignons, ne gardant que peu d'hommes sous les armes. + +Charles ne perdit point de temps. Mettant à profit l'instant de répit +que lui laissait la trêve, il s'occupa hâtivement de lever en Lorraine +de nouvelles recrues, et aussitôt qu'il eut réussi à constituer une +armée assez puissante, rompant l'armistice, il traversa la Meuse, +marcha rapidement sur Attigny et de là contre Robert qui séjournait à +Soissons. Il arriva sur l'Aisne le 14 juin. Le lendemain, un dimanche, +vers la sixième heure, au moment où les hommes de Robert ne +s'attendant plus à être attaqués prenaient tranquillement leur repas, +les Lorrains passèrent la rivière et une bataille décisive eut lieu +dans la plaine voisine de l'abbaye de Saint-Médard de Soissons. Les +troupes de Robert ralliées à la hâte se battirent avec l'énergie du +désespoir. Le combat fut si violent que de part et d'autre les pertes +furent considérables. Robert qui luttait vaillamment au plus fort de +la mêlée, tomba frappé à mort par le comte Foubert, porte-enseigne +royal, qui le reconnut à sa longue barbe, et il fut achevé par les +lances de ses adversaires. Cette fin inattendue de «l'usurpateur» jeta +le désordre dans les rangs de ses partisans, et la victoire du roi +légitime semblait dès lors assurée quand parut, tout à coup, une armée +conduite par Hugues le Grand et Herbert de Vermandois. Un changement +complet s'opéra; les Lorrains lâchèrent pied et se retirèrent en +désordre[49]. + +Charles était vaincu par les grands vassaux qui restaient unis dans +leur rébellion, malgré la mort inopinée de leur chef. Il essaya +cependant de se créer des intelligences parmi ses adversaires, +espérant que leur obstination se trouverait peut-être brisée par la +difficulté de remplacer Robert. Il envoya des messagers à Herbert, à +Séulf et à quelques autres seigneurs pour les engager à le reconnaître +de nouveau comme suzerain. Peine perdue. Les rebelles inébranlables +persévérèrent dans leur ligue contre le Carolingien. Ils appelèrent à +leur aide le duc de Bourgogne, Raoul, qui se décida à revenir en +«France» à la tête d'une puissante armée (fin juillet). + +Charles abandonné de ses plus puissants vassaux du nord, se tourna +vers ses nouveaux sujets, les seuls qui parussent lui demeurer +fidèles, les Normands. Il envoya des messages jusqu'à Rögnvald, qui +dominait sur l'estuaire de la Loire. Les pirates se montrèrent +immédiatement prêts à saisir un si beau prétexte pour recommencer +leurs incursions et piller tout le plat pays. + +Afin de les arrêter dès le début et de les empêcher d'opérer leur +jonction avec Charles et les Lorrains, les grands vassaux vinrent +s'établir sur les bords de l'Oise. Charles n'eut plus qu'à se retirer +au delà de la Meuse[50]. Les rebelles profitèrent de cette nouvelle +absence, comme l'année précédente, pour élire un roi de leur choix. On +pouvait hésiter entre Hugues, fils du roi Robert et neveu du roi +Eudes, Herbert de Vermandois, descendant du Carolingien Bernard +d'Italie, et Raoul de Bourgogne, gendre de Robert, allié aux rois de +Bourgogne et de Provence. Le chroniqueur Aimoin a donné plus tard des +explications évidemment inadmissibles sur les causes qui amenèrent à +écarter les deux premiers candidats, mais elles aident néanmoins à +discerner des raisons plus plausibles[51]. Hugues avait été jusque-là +un peu éclipsé par son père et son élection eût été un retour à +l'hérédité en faveur d'une nouvelle famille royale. Herbert s'était +toujours montré perfide, rapace, sans aucun respect pour les principes +féodaux ou religieux de son temps; enfin il était en hostilité avec +Baudoin de Flandre qui avait fait assassiner son père. Raoul se +recommandait à la fois par la droiture de son caractère et par la +puissance matérielle dont il disposait. Il était en excellents termes +avec le clergé; récemment encore les moines fugitifs de Montiérender +avaient trouvé un asile auprès de lui, en Bourgogne[52]. D'autre part +les grands vassaux avaient absolument besoin de s'assurer son +concours, sans lequel--on l'avait vu sous Richard le Justicier--ils ne +pouvaient rien entreprendre contre le Carolingien; et ses domaines +étaient suffisamment éloignés pour que Hugues et Herbert n'eussent pas +à en prendre ombrage ni à craindre pour leur propre sécurité. Du récit +de l'historien Raoul le Chauve (_Glaber_), postérieur de près d'un +siècle, on peut inférer, avec une certaine apparence de vérité, que le +choix fut hésitant, surtout entre Hugues et Raoul, et que +l'intervention d'Emma, femme de Raoul et soeur de Hugues, finit par +amener un accord[53]. + +Le dimanche 13 juillet 923, Raoul fut proclamé roi à l'unanimité par +les grands réunis à Soissons, et couronné aussitôt à Saint-Médard par +l'archevêque de Sens, Gautier, ce «faiseur de rois», qui avait déjà +consacré successivement Eudes et Robert[54]. + +Cependant les esprits superstitieux vivement impressionnés par la mort +imprévue du «puissant marquis» Robert, sur le champ de bataille de +Soissons, envisageaient cette catastrophe comme une sorte de «jugement +de Dieu»[55]. L'archevêque Séulf réunit à Reims un synode des évêques +de sa province, vers la fin du mois suivant (après le 27 août), pour +examiner la situation. Les évêques de Cambrai, Laon, Noyon, Senlis et +Soissons y assistèrent en personne. Il fut décidé qu'une pénitence +générale serait imposée à tous ceux qui avaient pris part au combat +impie où les deux rois s'étaient trouvés en présence. La pénitence +devait durer trois ans. Pendant le premier carême, ils devaient +s'abstenir d'entrer à l'église. Les vendredis, toute l'année, et, en +outre, pendant le carême et les semaines précédant la Saint-Jean et la +Noël, les lundis et mercredis, un jeûne très rigoureux (au pain, à +l'eau et au sel) leur fut imposé[56]. Que ces prescriptions sévères +n'aient pas été observées à la lettre, surtout par les seigneurs qui, +sous prétexte de maladie ou de service d'ost, pouvaient s'en faire +dispenser moyennant des aumônes, cela n'est point douteux; mais il +n'en est pas moins vrai que ces mesures prises par le haut clergé du +nord, pour fragiles qu'elles nous paraissent, sont curieuses à +enregistrer, parce qu'elles décèlent la préoccupation bien nette +d'empêcher une nouvelle guerre civile et le désir d'assurer pour +l'instant le pouvoir à l'usurpateur Raoul, tout en laissant régner en +paix le roi Charles sur ses provinces demeurées fidèles. + +Une telle solution était bien difficile a obtenir avec le caractère du +Carolingien et la turbulence des grands vassaux, sans cesse prêts à +saisir la moindre occasion pour augmenter leur puissance aux dépens de +leurs voisins. + +L'élection de Raoul était l'oeuvre d'un parti peu nombreux. Les grands +vassaux ecclésiastiques de France et même de Bourgogne suivaient à +contre-coeur la détermination de leurs suzerains immédiats. La +Normandie, la Bretagne et surtout l'Aquitaine restèrent théoriquement +soumises à Charles, sans toutefois prendre les armes pour défendre sa +cause. En Lorraine, le duc Gilbert se tenait sur la plus grande +réserve: seul le comte Boson osa se déclarer pour Raoul, son frère. +Quelques-uns des diplômes délivrés par Charles sont accordés à Guy de +Girone qui se trouvait auprès de lui, en Rémois, au moment le plus +critique de la guerre civile[57]. Ainsi la Marche d'Espagne restait +fermement attachée au descendant de Charlemagne[58]. + +En réalité, sous le dévoûment apparent des grands vassaux du midi au +roi Charles se cachait un profond sentiment d'égoïsme: tout en se +donnant les allures de défenseurs de la légitimité dynastique +méconnue,--en faveur de laquelle, du reste, ils se gardaient bien +d'intervenir effectivement,--ils saisissaient l'occasion favorable +pour fortifier et développer leur autonomie naissante. C'était la +tactique habituelle des seigneurs méridionaux, dont plusieurs auraient +été cependant de force à se mesurer avec un Herbert ou un Raoul. En +dépit de leur prétendu loyalisme, ils avaient longtemps refusé de +reconnaître Charles après la mort d'Eudes; ils agirent encore de même, +plus tard, vis-à-vis de Louis d'Outre-Mer et de Lothaire, sans souci +de la question de légitimité. + +Les documents diplomatiques conservés permettent, par leurs dates, de +donner un peu de précision à l'époque où Raoul fut reconnu dans les +différentes régions de la France. + +En Bourgogne, la reconnaissance eut lieu immédiatement. Dès le mois de +novembre, l'évêque d'Autun Anselme fait une donation à son église +«pour l'âme du roi Raoul», et le roi intervient dans l'acte afin de +l'approuver et d'en fortifier l'autorité[59]. Il existe bien des +lacunes dans la série des chartes de l'abbaye de Cluny qui concernent +surtout les comtés de Mâcon, Châlon et Autun: ce n'est qu'en 924 que +commence la série des actes datés de l'an du règne de Raoul. Cette +série s'étend de la 2e à la 13e année[60]. Sens, dont l'archevêque +Gautier avait couronné Raoul, dut être une des cités les plus +favorables au nouveau roi. Il en fut probablement de même pour Dijon +et Auxerre, leurs vicomtes étant en relations étroites avec la famille +ducale[61]. + +Beaucoup de Lorrains prêtèrent, comme Boson, l'hommage à Raoul, dans +l'automne de l'année 923. On le sait expressément pour Metz et Verdun. +Toutefois le duc Gilbert et l'archevêque de Trèves Roger refusèrent de +faire leur soumission[62]. + +L'archevêché de Reims était entièrement tombé sous la domination +d'Herbert de Vermandois, qui empêcha Séulf de répondre aux démarches +que Charles essaya de faire auprès de lui[63]. La province de Reims, +le Vermandois, Amiens, Troyes, les comtés de Brie et de Provins +reconnurent donc Raoul; le comte de Laon, Roger, et l'évêque de +Soissons, Abbon, l'ancien chancelier de Robert, se rallièrent aussi à +lui[64]. + +Les habitants des vastes domaines du «marquis» Hugues furent +assurément des premiers à accepter le nouveau souverain. A Tours, par +exemple, dès le 18 décembre 923, on datait des années du règne de +Raoul[65]. Pour Chartres, il existe un acte de la 8e année de +Raoul[66]; pour Saint-Benoît-sur-Loire, des chartes de la 2e et de la +10e année de Raoul[67]; pour Angers une charte privée de la 2e année +et une donation du comte Foulques, de la 7e année[68]; pour Blois, +nous possédons un diplôme de Raoul lui-même de l'année 924, délivré à +Laon, sur la requête du comte «palatin» Thibaud[69]; enfin pour Paris +une charte du vicomte Thion datée de la 3e année[70]. + +Les Normands demeurèrent fidèles au Carolingien: nous le savons par +l'hostilité qu'ils déployèrent contre Raoul. Mais il ne subsiste +aucune charte qui nous le confirme. La Bretagne en pleine anarchie +subissait leur influence. Le cartulaire de Redon, si riche en actes du +IXe siècle, ne fournit malheureusement aucune date intéressante pour +le début du Xe siècle. + +En Berry, nous avons déjà eu l'occasion d'en toucher un mot à propos +de la prise de Bourges, Raoul dut être reconnu presque aussitôt, et +Guillaume d'Aquitaine qui fit défection au début finit, on le verra, +par se soumettre. + +Le Poitou paraît être resté fidèle à Charles, d'après certains +documents[71]; il y existe cependant des actes datés des années du +règne de Raoul depuis la 1ère et la 3e jusqu'à la 11e[72] et l'évêque +de Poitiers, Frotier II, s'assura de l'assentiment de Raoul en même +temps que de celui de Guillaume Tête d'Étoupe, pour donner tous ses +biens à l'abbaye de Saint-Cyprien[73]. Le Limousin hésite comme le +Poitou dont il dépendait[74]. Vers 930 le vicomte de Turenne Adémar +fit approuver son testament par le roi Raoul[75]. + +A Tulle, au contraire, on reconnut immédiatement le roi Raoul qui fut +appelé, plusieurs fois à intervenir dans les réformes de l'abbaye +Saint-Martin[76]. Les chartes sont échelonnées entre la 6e et la 13e +année: elles ont donc bien 923 comme point de départ[77]. Dans le +cartulaire de Beaulieu, les derniers actes de l'époque de Raoul sont +datés de sa 10e année de règne[78]. Une charte de 932 (indiction 5) +porte la 7e année du règne, ce qui nous ramène pour le début à l'année +925 ou 926. Il en est de même en Quercy, où une charte du vicomte de +Cahors, Frotard, pour Aurillac, datée de 930, porte la 7e année du +règne. Mais les chartes de l'abbaye de Moissac, allant jusqu'à la 11e +année du règne, amènent à supposer un point de départ antérieur à +926[79]. Cela nous prouve qu'il y eut bien des erreurs dans ces +calculs d'années, et on peut se demander si parfois on ne prenait pas +l'an réel du règne, compté depuis l'élection ou le couronnement, sans +tenir compte de la date de reconnaissance dans la région. Le duc +d'Aquitaine Guillaume portait aussi le titre de comte d'Auvergne, et +son frère Affré ou Effroi (_Acfredus_) était avoué de la célèbre +abbaye de Brioude: tous deux furent des adversaires acharnés de Raoul. +Quelques chartes gardent de curieuses traces de cet état d'esprit: le +nom de Charles y est cité comme celui du roi légitime, tandis que +Raoul est flétri comme usurpateur. Les actes de Brioude montrent que +Raoul ne fut reconnu partout dans la région qu'entre décembre 926 et +octobre 927[80]. + +A côté des pièces où Raoul est si malmené, la plupart des autres +portent les dates de son règne et la série s'étend depuis juillet de +la 1re année jusqu'en octobre de la 13e[81]. + +Les comtés de Velay et de Gévaudan dépendant de l'Auvergne suivirent +la politique du duc d'Aquitaine. + +Tels sont les pays où l'on ne fit pas une opposition systématique à +Raoul, et où, sauf exceptions, on le reconnut avant même la mort du +roi Charles. Dans le reste du royaume on persista à considérer le +règne de Charles comme se poursuivant, et on continua même après sa +mort, à compter les années de son règne: ainsi dans la Marche +d'Espagne[82]. + +En Languedoc, le comte de Toulouse, Raimond-Pons, son frère Ermengaud, +comte de Rouergue, et en Gascogne Loup Aznar ne firent leur soumission +qu'en 932. De nombreuses chartes de Narbonne, Elne, Béziers, Nîmes, +Rodez, Vabres et Conques constatent l'interrègne[83]. + +L'attitude des petits vassaux dont les fiefs secondaires n'ont pas été +cités, faute de textes, dut se régler sur celle de leurs suzerains +immédiats ou de leurs voisins puissants, autour desquels ils +gravitaient. + +Raoul devenu roi n'investit personne des fonctions de duc en +Bourgogne. Il s'occupa toujours lui-même de ses domaines personnels, +de son duché et de ses comtés d'Autun, d'Avallon et de Lassois[84]. +C'était là qu'il trouvait le plus solide point d'appui de son pouvoir, +car la royauté n'était plus guère qu'une ombre de souveraineté. Le +domaine royal que Raoul avait recueilli était extrêmement restreint: +quelques résidences dans le nord, comme Compiègne et Attigny, avec les +palais de Laon et de Reims. Des biens du fisc il semble qu'il ne +restait presque plus rien[85]. Aussi les ressources de Raoul +furent-elles principalement dans son duché, et ses sujets bourguignons +formèrent-ils toujours le noyau de son armée, que les contingents des +grands vassaux venaient très irrégulièrement encadrer. Enfin c'est en +Bourgogne qu'il séjourna de préférence quand la tâche compliquée et +astreignante qui lui incombait le lui permit, et c'est là +naturellement qu'il se rendit tout d'abord de Soissons, aussitôt après +son sacre[86]. + + + + + +FOOTNOTES: + +[Footnote 36: Nous employons ici ce terme dans son sens territorial +restreint. Ainsi entendu, il désigne la _Francia_, au nord de la +Seine, plus les domaines propres du _dux Francorum_ compris entre +Seine et Loire. Cf. Favre, _Eudes_, p. 228, et surtout Pfister, +_Études sur le règne de Robert le Pieux (Bibl. de l'École des +hautes-études_, fasc. 64, 1885), p. 131 et suiv.; P. Viollet, _Hist. +des instit. polit. et admin. de la France_, I, p. 456.] + +[Footnote 37: _Ann. Bertin._, a. 862; Réginon, _Chron._ a. 878; +Flodoard, _Hist. eccl. Rem._, III, 19; Eckel, P. 1-2.] + +[Footnote 38: Eckel, p. 85.] + +[Footnote 39: Flod., _Ann_., a. 920: «quem de mediocribus potentem +fecerat [Karolus]»; _Hist. eccl. Rem_., IV, 15; Richer, 1, 15.] + +[Footnote 40: Flod., _Ann_., a. 920.] + +[Footnote 41: Il fut inhumé le 1er septembre à Sainte-Colombe de Sens, +en la chapelle de Saint-Symphorien. _Ann. S. Benigni Divion. (M.G.h., +Scr._, V, 40); _Hist. Francor. Senon._ (ibid., IX, 366); _Ann. S. +Columbae Senon._ (ibid., I, 104); _Chron. S. Petri Vivi Senon._ (Duru, +_Bibl. hist. de l'Yonne_, II, 481); _Chron. S. Maxentii_, éd. +Marchegay et Mabille, _Chron. des églises d'Anjou_, p. 375; Flod., +_Ann._, a. 921.] + +[Footnote 42: Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Lagny.] + +[Footnote 43: Flod., _Ann._, a. 922. Rohaut ne mourut que le 22 mars +925. Cf. _Obituaires de la province de Sens_, éd. A. Molinier et +Longnon (_Recueil des historiens de France_, in-4), t. I, pp. xx, 254, +312 et 345.] + +[Footnote 44: Flod., _loc. cit._] + +[Footnote 45: Flod., _Ann._, a. 922; _Hist. Francor. Senon., Ann. S. +Columbae Senon., Ann. S. Germani Parisiens., Ann. Lobienses, Ann. +Masciacenses (M.G.h., Scr._, IX, 366; I, 104; III, 167; XIII, 233; +III, 170); Adémar de Chabannes (_Chron._, III, 22, texte du ms. C², +éd. Chavanon, p. 142) décrit la scène d'abandon du roi selon la forme +«par jet de fétu». Richer (_Hist._, I, 40-41) prête un rôle important +en cette circonstance à Gilbert. Cf. A. Luchaire, _Hist. des instit. +monarchiques_, 2e éd., I, p. 8; Fustel de Coulanges, _Hist. des +instit. polit. de la France. Les transformations de la royauté pendant +l'époque carolingienne_, p. 700.] + +[Footnote 46: Flod., ibid. et _Hist. eccl. Rem._, IV, 17,] + +[Footnote 47: Flod., _loc. cit._] + +[Footnote 48: Flod., _Ann._, a. 923] + +[Footnote 49: Flodoard (_Ann._, a. 923), Richer (_Hist._, I, 45 et 46) +et Folcuin (_Gesta abbat. Sith._, c. 109, _M.G.h., Scr._, XIII, 625) +fournissent les détails du récit. La date est donnée par les sources +suivantes: _Ann. S. Columbae Senon.; Hist. Francor. Senon.; Ann. S. +Benigni Divion._, a. 922 (_M.G.h., Scr._, I, 104; IX,: 366; V, 40); +_Necrol. Autissiodor_. (_Mém. concernant l'hist. d'Auxerre_, II, pr., +p. 252); _Necrolog. beati Martini Turon_. (éd. Nobilleau, Tours, 1875, +p. 25).--Hugues de Flavigny, _Chron. Virdun._, a. 923, et Hugues de +Fleury, _Modernorum Francor. reg. actus_, c. 3 (_M.G.h., Scr._, VIII, +358, IX, 381), dérivent de Flodoard. Voy. aussi par ordre d'intérêt: +_Miracula S. Benedicti_, I. II, c. 3; _Genealogiae Fasniacenses; Ann. +S. Quintini Verom.; Ann. Lobienses_ («Dei juditio Rothbertus +Occubuit»); _Ann. Prum._ (id.); _Ann. S. Maximi Treverensis_, a. 923; +_Ann. Virdun._, a. 1001; _Ann. Laubienses et Leodienses_, a. 921; +_Ann. Musciacenses_, a. 922 («rebellavit Rotbertus»); _Ann. S. Medardi +Suession._, a. 922; _Ann. Floriac._, a. 917 (_M.G.h., Scr._, IX, 375, +XIII, 253, XVI, 507, XIII, 233, XV, 1292, IV, 6-8, 16, III, 170, XXVI, +320, 11, 254) et Widukind, I, 30 (éd. Waitz, p. 23) qui n'apportent +aucun détail; Adémar de Chabannes (texte du ms. C), III, 22 (éd. +Chavanon, p. 142) mentionne l'anecdote du comte Foubert, _signifier_ +royal; le _Conlin. Reginon._, a. 922 (éd. Kurze, p. 156), fait périr +Robert de la main de Charles; Odoran, _Chron._, a. 922 (_Recueil des +historiens de France_, VIII, 237), n'ajoute rien aux autres sources +sénonaises citées; Rodulf. Glab., 1, c. 2. §6 et III, c. 9, §39 (éd. +Prou, p. 8 et 88), fait mourir Robert dans une bataille livrée aux +Saxons. Richer, avec son exagération habituelle, prétend que plus de +18.000 combattants restèrent sur le champ de bataille. Sur le +caractère légendaire des récits de la bataille de Soissons, voy. +Kalckstein, _op. cit._, p. 482 (Excurs IV) et _Louis d'Outre-Mer_, p. +295.] + +[Footnote 50: Flod., _Ann._, a. 923.] + +[Footnote 51: Aimoin, _Miracula S. Rened._, II, 3 (éd. de Certain, P. +99).] + +[Footnote 52: _Liber de diversis casibus coenobii Dervensis_ (_Acta +sanctor. ord. S. Bened._, saec. II, p. 846).] + +[Footnote 53: Rodulf. Glab., _Hist._, I, 2 (éd. M. Prou, p. 7-8).] + +[Footnote 54: Flod., _Ann._, a. 923; _Ann. S. Medardi Suession._, a. +922; _Ann. S. Columb. Senon._, a. 923; _Hist. Francor. Senon._, a. +922; Folcuin, _Gesta abbat. Sith._, c. 101 (_M.G.h., Scr._, XIII, +623); _Ann. Blandin._, a. 925; _Ann. Floriac._, a. 917 (_M.G.h., +Scr._, II, 24, II, 254). Cf. les sources angevines: _Ann. Vindocia._, +a. 921; Rainald. Andegav. _Ann._, a. 921; _Ann. S. Florentii_, a. 920 +(éd. Halphen, _Recueil d'annales angevines_, pp. 57, 84, 115). _Ann. +Nivernenses_, a. 924 (_M.G.h., Scr._, XIII, 89). Voy. aussi Godefroy, +_Cérémonial_ (2e éd.), t. 1, p. 413, et A. Luchaire, _Hist. des +instit. monarchiques_, I, p.11.] + +[Footnote 55: Même dans les _Miracles de saint Benoît_, écrits au +coeur des possessions patrimoniales de Robert, on voit sa conduite à +l'égard de Charles qualifiée de «nefaria temeritas» et même de +«perfidia» (Lib. II, c. 3, éd. de Certain, p. 99). Le Continuateur de +Réginon (_Chron._, a. 922, éd. Kurze, p. 457) s'exprime aussi en ces +termes: «Karolus tamen ori _sacrilego_ Ruodberti ita lancea infixit, +ut diffissa lingua cervicis posteriora penetraret.»] + +[Footnote 56: _Concil. Rem._ (_Recueil des historiens de France_, IX, +324).] + +[Footnote 57: _Recueil des historiens de France_, IX, 554-556, n° +87-89; _Marca Hispanica_, append., col, 842 et 843; _Hist. de +Languedoc_, nouv. éd., V, p. 143, n° 46.] + +[Footnote 58: Nous n'avons pas ici à retracer les tableaux de +géographie historique féodale qu'on trouvera dans Eckel, p. 32 et +suiv., Poster, _Robert le Pieux_, p. 130, Lot, _Fidèles ou vassaux_, +passim, et, du même, _Études sur le règne de Hugues Capet_, p. 187 et +suiv.] + +[Footnote 59: _Gallia christiana_, XII, _instr._, col. 485: «praedicto +rege Rodulpho laudante et omni sua auctoritate corroborante».] + +[Footnote 60: _Recueil des chartes de Cluny_, I (Paris, 1876), nos +231, 233 à 236, etc. Le n° 232 mentionne Robert comme roi, et le no +243 (juin 924) Charles le Simple. cf. aussi _Cartulaire de +Saint-Vincent de Mâcon_ (Mâcon, 1864), I, no, 8, 38, 310, 314, 480, +496, 501, et les diplômes de Raoul pour Autun, Châlon et Langres +(_Recueil des historiens de France_, IX, 562-565, 569).] + +[Footnote 61: _Vita S. Vicentii_ (_Recueil des historiens de France_, +IX, 131; _Acta Sanctor. Boll., Januar. 1_, P. 813); Duchesne, _Hist. +généal. de la maison de Vergy_, I, P. 40.] + +[Footnote 62: Flod., _Ann._, a. 923.] + +[Footnote 63: Flod., ibid.] + +[Footnote 64: Flod., _Ann._, a. 927.] + +[Footnote 65: Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_ +(Paris, 1866), n° 129.] + +[Footnote 66: _Cartulaire de Saint-Père de Chartres_, I, n° 3.] + +[Footnote 67: _Recueil des chartes de Saint-Benoît-sur-Loire_, publ. +par M. Prou et Vidier (Paris, 1900) n° XL, XLI et XLII.] + +[Footnote 68: _Cartulaire de Saint-Aubin d'Angers_ publ. par Bertrand +de Broussillon (_Doc. hist. sur l'Anjou_, I, 1903), n° XXXVI et +CLXXVII; _Cartulaire noir de la cathédrale d'Angers_, publ. par le +chanoine Urseau (ibid., V, 1908), n° 33.] + +[Footnote 69: _Recueil des historiens de France_, IX, 566; _Gall. +christ._, VIII, _instr._, 412; D. Noël Mars, _Hist. du royal monastère +de Saint-Lomer de Blois_, publ. p. A. Dupré (Blois, 1869, in-8), p. +99. Ce diplôme concerne la cession de l'église Saint-Lubin au +monastère et la translation des reliques de saint Calais. Sa forme est +insolite; s'il n'est pas faux, il a été certainement refait. Cf. J. +Depoin, _Études préparatoires à l'histoire des familles palatines_, +dans _Revue des Études historiques_, année 1908, p. 578.] + +[Footnote 70: R. de Lasteyrie, _Cartulaire général de Paris_, n°63.] + +[Footnote 71: Besly, _Hist. des comtes de Poitou_ (Paris, 1647), pr., +p. 221 (charte d'Èbles pour l'abbaye de Noaillé, datée de la 26e année +de Charles), 225 (charte d'Adelelmus pour Sainte-Radegonde avec la +curieuse date suivante: «a, III regni Radulfi regis, Karolo cum suis +infidelibus merite captus (sic)», orig., Bibl. nat., nouv. acq. lat. +2306, fol. 2); R. de Listeyrie, _Étude sur les comtes et vicomtes de +Limoges antérieurs à l'an mil_, p. 114 et A. Richard, _Chartes de +l'abbaye de Saint-Maixent (Arch. hist. du Poitou_, XVI, 1886), n° XI +(charte ainsi datée: «Data in mense aprilis, anno XXX, quando fuit +Karolus detentus cum suis infidelibus»); _Cartul. de l'abbaye de +Saint-Cyprien de Poitiers_; (ibid., III, 1874), nos 236, 237, 240; +_Documents de Saint-Hilaire de Poitiers_ publ. p. L. Rédet (_Mém. de +la Soc. des Antiquaires de l'Ouest_, XIV, 1847, n° XIV, année 26 de +Charles).] + +[Footnote 72: Besly, _op. cit._, p. 237; _Chartes de Saint-Maixent_, +nos X et XII; _Cartul. de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers_, nos +92, 124, 301, 337, 528. Une curieuse charte de l'abbaye de Noaillé (au +diocèse de Poitiers) porte la date: «anno III Radulfi regis quando +Karolus in custodia tenebatur». Baluze, _Capitular. reg. Francor_. II, +append., col. 1532. La même formule se lit encore dans une charte de +Saint-Hilaire de Poitiers (_Doc. de Saint-Hilaire de Poitiers_, loc. +cit.), n° XV. Voy. aussi A. Richard, _Hist. des comtes de Poitou_, t. +I (Paris 1903), p. 63-65.] + +[Footnote 73: _Gall. christ._, II, instr., col. 328; _Cartul. de +l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers_, nos 3 et 4.] + +[Footnote 74: _Cartul. de Saint-Étienne de Limoges_ (Bibl. nat. ms. +lat. 9193), p. 125 154, 158 et 269.] + +[Footnote 75: Baluze, _Hist. Tutelensis_, col. 338.] + +[Footnote 76: Diplôme du 13 décembre 933 (_Recueil des historiens de +France_, IX, 578)] + +[Footnote 77: Baluze, _Hist. Tutelensis_, append., col. 323-365.] + +[Footnote 78: _Cartulaire de l'abbaye de Beaulieu_ (Paris, 1859), nos +38, 44, 48, 66, 72, 108, 144, 167; Justel, _Hist. généal. de la maison +de Turenne_ (Paris, 1645), pr., p. 9.] + +[Footnote 79: Moulenq, _Doc. historiques sur le Tarn-et-Garonne_ +(Montauban, 1879), I, 291.] + +[Footnote 80: _Cartulaire de Saint-Julien de Brioude_, éd. Doniol +(Clermont-Ferrand, 1863), nos 39, 315, 327; _Cartul. de Sauxillanges_, +éd. Doniol (ibid., 1864), no 13; Baluze, _Hist. généal. de la maison +d'Auvergne_, pr., p. 19-21; _Capitular. reg. Francor._, II, col. 1531, +1534. Cf. A. Bruel, _Essai sur la chronologie du cartulaire de +Brioude_ (_Bibl. de l'École des Chartes_, 6e série, t. II, 1866, p. +477.) Voici le texte de trois de ces dates: «VI. id. dec. anno IIII +quo infideles Franci principem suum Karolum propria sede exturbaverunt +et Rodulfum elegerunt, Rotberto interfecto.» (éd. Doniol, p. 330)--«v. +id. oct. anno v. quando Franci deinhonestaverunt regem suum Karolum et +contra legem sibi Radulfum elegerunt in regem.» (Bruel, _loc. cit._, +p. 495)--«mense octobrio, anno v regnante Rodulfo rege Francorum et +Aquitanorum.» (éd. Doniol, p. 79),--Cf. J. Depoin, _Une expertise de +Mabillon_ dans _Mélanges et doc. publ. à l'occasion du 2e centenaire +de la mort de Mabillon_, P. 138.] + +[Footnote 81: _Cartul. de Brioude_, nos 2, 16, 104, 112, 153, 169, +186; _Cartul. de Sauxillanges_, nos 218, 774.] + +[Footnote 82: _Marca Hispanica_, append., nos 70, 71; _Le règne de +Louis IV d'Outre-Mer_, p. 306. Quelques chartes de cette région sont +datées «après la mort du roi Eudes»] + +[Footnote 83: _Hist. de Languedoc_, nouv. éd., V, nos 50 à 52, 55 a, +55b, 57 a 63; _Cartulaire de l'abbaye de Conques_, éd. G. Desjardins +(Paris, 1879), nos 5, 92, 121, 143, 231, 291; Ménard, _Hist. de +Nîmes_, I, pr., p. 19 (charte datée de l'année 30 de Charles, après la +mort du roi Eudes). L'évêque d'Elne, Wadaldus, date une charte de 931: +«Facta scriptura donationis sub die IIII. id. april. anno II. quod +obiit Karolus filius Ludovici regis, Xpisto regnante et regem +expectante» (Baluze, _Capitul._, t. II, col. 1536).] + +[Footnote 84: Sur le caractère et la nature du pouvoir ducal en +Bourgogne, voy. Ch. Seignobos, _Le régime féodal en Bourgogne jusqu'en +1360_ (Paris, 1882, in-8°), p. 156 et suiv.] + +[Footnote 85: Sur les domaines possédés par Charles le Simple, voy. +Eckel, p. 42.] + +[Footnote 86: Flod., _Ann._, a. 923.] + + + + +CHAPITRE III + +LA CAPTIVITÉ DE CHARLES LE SIMPLE, +LA GUERRE NORMANDE ET LA PERTE DE LA LORRAINE. + + +Le roi Charles ayant vu échouer ses démarches auprès de ses vassaux +rebelles, se tournait du côté du roi de Germanie, Henri Ier, avec +lequel il avait entamé, dès 921, des négociations bientôt interrompues +par la révolte des grands. Il espérait que la nouvelle de la mort de +son dangereux adversaire, Robert, déciderait peut-être Henri à traiter +avec lui et même à lui procurer un secours effectif. Il envoya des +députés en Germanie avec des présents, au nombre desquels se +trouvaient des reliques de saint Denis considérées comme ayant une +valeur inestimable. Henri accueillit bien les envoyés de Charles, mais +ne promit nullement d'intervenir en sa faveur: il se borna à ne pas +nouer de relations avec Raoul[87]. + +Là-dessus Charles reçut inopinément une députation d'Herbert de +Vermandois, conduite par le propre cousin de celui-ci, le comte +Bernard[88]. D'après Richer,[89] qui donne évidemment l'esprit du +discours des envoyés, Herbert faisait déclarer à Charles qu'il ne +s'était uni à ses ennemis que bien malgré lui, et que voyant à présent +une occasion favorable pour tout réparer, il lui demandait de venir le +joindre sans grande escorte, afin de n'éveiller aucun soupçon. + +Charles, à bout de ressources, fut enchanté de ce revirement soudain +d'un vassal puissant, qui l'avait aidé jadis. Il accueillit avec +empressement la proposition inespérée des députés. Qu'on ne l'accuse +point à la légère de faiblesse ou de simplicité. Il était très +possible qu'Herbert, d'origine carolingienne et par là d'autant plus +sujet à un retour de loyalisme, devenu mécontent ou jaloux de Raoul, +voulût profiter du séjour de celui-ci en Bourgogne pour faire échec à +un rival bien autrement dangereux qu'un suzerain affaibli. Au surplus, +Bernard et ses acolytes étaient, dit-on, de bonne foi. S'ils +trompèrent Charles c'est qu'ils avaient été trompés eux-mêmes par +Herbert. Celui-ci aurait, dit-on, jugé préférable de laisser ignorer +ses vrais desseins à ses propres créatures. + +Charles prit donc le chemin de Saint-Quentin avec les députés du comte +de Vermandois. A peine mis en présence d'Herbert, il fut appréhendé et +conduit sous bonne garde au donjon de Château-Thierry. Quant aux gens +de sa suite, trop peu nombreux pour résister, ils furent renvoyés sans +être inquiétés[90]. + +Ce lâche guet-apens préparé par Herbert à son suzerain légitime, le +descendant de Charlemagne, produisit une pénible impression sur les +contemporains. L'écho s'en retrouve dans les textes relativement +nombreux qui y font allusion. Les versions diffèrent sur la date de la +capture (placée parfois avant l'élection de Raoul), sur l'ordre des +séjours du roi dans ses prisons de Saint-Quentin, Château-Thierry et +Péronne, mais elles sont toutes unanimes, même les plus brèves, pour +flétrir en termes énergiques l'acte d'Herbert[91]. Il y avait là un +abus trop injustifié de ruse perfide et de force brutale pour que, +même en ce siècle de fer, l'opinion générale n'en fût point émue. On +voyait recommencer pour Charles les humiliations de son aïeul Louis le +Pieux. Aussi trouve-t-on appliquées à Herbert, dans les textes, les +épithètes suivantes: «traître plein de perfidie, menteur le plus +fourbe, le dernier des infidèles et des indignes, le plus mauvais des +seigneurs français, l'instigateur de tous les maux»; la note +dramatique ne manque pas dans plusieurs récits de sa mort, où l'on +voit poindre l'idée d'un châtiment céleste exprimée par les +circonstances légendaires dont ils sont agrémentés[92]. + +Les historiens modernes n'ont jamais essayé sinon de justifier la +conduite d'Herbert, du moins de la concilier avec les pratiques +tolérées alors par les usages entre belligérants. Il est clair, en +effet, que si l'acte sans précédent du comte de Vermandois révoltait +l'opinion--et on en relève la trace certaine--c'est qu'il était +considéré comme un attentat brutal au droit de légitimité dès lors +établi, un crime de lèse-majesté envers la personne sacrée du suzerain +à qui fidélité avait été jurée. Comment se fait-il que des seigneurs +puissants et indépendants comme Hugues le Grand et surtout Raoul de +Bourgogne ne s'y soient pas opposés et n'aient pas contraint Herbert à +se dessaisir de la personne de ce fantôme de roi, qui était plus +redoutable pour eux entre les mains de l'intrigant comte de Vermandois +qu'en liberté? Il y a là un de ces faits historiques difficiles à +expliquer parce qu'ils résultent d'un concours extraordinairement +complexe de circonstances et d'influences morales déterminant, dans +les rapports politiques, une tension anormale qui aboutit presque +fatalement à des mesures extrêmes. Il ne faut pas, toutefois, oublier +qu'Herbert était arrière-petit-fils de l'infortuné Bernard d'Italie, +la victime du bisaïeul de Charles le Simple, Louis le Pieux, entre +les mains duquel il était tombé à la faveur d'un guet-apens analogue à +celui qui nous occupe[93]. + +On peut se demander si Herbert II, imbu des traditions de famille si +vivaces à cette époque, ne saisit point cette occasion pour la maison +de Vermandois d'exercer son «droit de vengeance» sur la branche +carolingienne régnante. Celle-ci l'avait évincée, en effet, de la +succession à l'empire et ensuite frappée par un acte de sauvagerie +inouï. Or le droit de vengeance privée est parmi les vieilles coutumes +germaniques une de celles qui étaient les plus ancrées dans les moeurs +au moyen âge, puisqu'on en trouve encore des traces jusqu'au XVe +siècle[94]. Charlemagne en s'associant son second fils Louis le Pieux, +au détriment de sa descendance aînée, avait causé de funestes +rivalités dans sa famille[95]. + +On pouvait donc, dans l'entourage de Raoul, considérer l'attitude +d'Herbert comme moins inique et on le faisait d'autant plus volontiers +qu'on était fort satisfait d'avoir vu le comte de Vermandois accepter +un suzerain bourguignon. Et Hugues le Grand, en outre, dont le père +avait succombé en luttant contre Charles, ne pouvait être mécontent du +sort d'un suzerain contre lequel il devait nécessairement nourrir des +idées de revanche. + +A côté de l'attentat commis sur la personne de Charles, il y a lieu de +signaler la tentative qu'aurait faite Herbert pour s'emparer du jeune +Louis, son fils, si l'on admet le témoignage de Richer. Dans un +passage de la chronique de cet historien, le roi Louis rapporte +lui-même, au concile d'Ingelheim (en 948), qu'il a été soustrait aux +mains d'Herbert, caché dans une botte de foin par des serviteurs, et +qu'ainsi il a pu gagner l'Angleterre avec sa mère Ogive, fille du roi +anglo-saxon Édouard Ier l'Ancien[96]. Le récit de Richer ne mérite +toutefois qu'une confiance très limitée. On y remarque une singulière +confusion entre Hugues et Herbert, et on ne s'explique pas comment +Ogive restée en Lorraine avec son fils aurait eu besoin de le cacher +pour l'emmener en Angleterre, puisqu'elle n'avait pas à traverser les +domaines du comte de Vermandois. Il faudrait supposer que celui-ci eût +machiné quelque complot pour obtenir de se faire livrer l'enfant. + +La famille de Charles comprenait encore, outre ce fils, quatre filles +de sa seconde femme Frérone et quatre enfants naturels[97]. Leurs +prétentions n'étaient nullement redoutables; ils ne furent pas +inquiétés. + +Herbert se rendit immédiatement après la capture de Charles, en +Bourgogne, auprès de Raoul[98]. Il sentait la nécessité de se +justifier aux yeux de celui-ci et de le gagner à sa politique. +Bientôt, en effet, le pape Jean X intervint en faveur du roi déchu, +probablement sous l'influence de l'empereur Bérenger qui s'était déjà +montré favorable à Charles, en 921, lors de l'occupation de l'évêché +de Liège. Jean X réclamait, sous menace d'excommunication, la +réintégration de Charles sur le trône[99]. La mort de Bérenger, +survenue le 7 avril 921[100], atténua sans doute le zèle du souverain +pontife qui finit par s'incliner devant le fait accompli, lorsque +plusieurs années de règne eurent affermi la souveraineté de Raoul. + +Les Normands avaient pris les armes à l'appel de Charles. Ils +entrèrent enfin en campagne. Le roi-de-mer Rögnvald, chef de la +colonie scandinave qui depuis des années dominait sur l'estuaire de la +Loire, mécontent sans doute des concessions illusoires que lui avait +faites Robert[101] et obéissant d'ailleurs aux messages antérieurs de +Charles, avait pris le commandement des Normands de Rollon établis sur +les bords de la basse Seine, et fait irruption en «France», en passant +l'Oise. Un premier échec que lui infligèrent les vassaux du comte de +Vermandois, aidés de plusieurs seigneurs du nord de la France, les +comtes Raoul de Gouy et Enjorren de Leuze[102], n'eut d'autre effet +que de le pousser à de plus graves dévastations. Une nouvelle défaite +qu'il essuya en luttant contre le comte d'Arras, Alleaume, le +contraignit cependant à reculer. Les pillages n'en continuèrent pas +moins. Hugues se décida enfin à demander assistance à son beau-frère +le roi Raoul. + +Celui-ci accourut à Compiègne, en plein pays envahi, avec ses troupes. +Les contingents fournis par l'archévêque Séulf, par Herbert et les +autres vassaux étant venus le joindre, il se sentit assez fort pour +passer de la défensive à l'offensive. Il pénétra en Normandie, au delà +de l'Epte, et par représailles ravagea tout le pays, en chassant +devant lui les bandes pillardes[103]. Cette pointe hardie en avant +démontrait à la fois la valeur militaire du nouveau roi et son désir +bien arrêté de régner autrement que de nom. La lutte contre les +Normands était assurément le meilleur moyen de s'attacher les +populations qui avaient eu tant à souffrir des incursions des pirates, +par suite de l'indifférence ou de l'impuissance apathique de certains +rois carolingiens. Cependant Raoul ne pouvait s'attarder à +pourchasser une poignée de brigands, quand la plupart des seigneurs +lorrains, qui jusqu'alors avaient sans cesse lutté pour Charles, +désespérant de sa cause, depuis sa captivité, envoyaient un message +pour offrir de faire leur soumission. Il était urgent de répondre à +leurs propositions conciliantes et avantageuses, si l'on ne voulait +pas en perdre le bénéfice et voir ce pays échapper de nouveau à la +France. Raoul réunit donc les grands vassaux qui l'entouraient pour +prendre conseil, et il fut décidé que ceux-ci continueraient seuls la +poursuite des fuyards tandis que lui-même se rendrait immédiatement en +Lorraine[104]. + +Raoul s'arrêta d'abord sur la frontière, à Monzon. L'évêque de Metz +Guerri vint l'y trouver et le décida à marcher avec lui sur +Saverne[105], où le roi de Germanie Henri Ier avait laissé une +garnison. Le siège dura une bonne partie de l'automne et se termina +par la capitulation des gens d'Henri Ier qui, ne se voyant pas +secourus par leur suzerain, comme ils y avaient compté, se résolurent +à livrer des otages.[106] + +En revenant à Laon, Raoul trouva la reine Emma qui, de sa propre +autorité, venait de se faire consacrer reine par l'archevêque de Reims +Séulf. Ce fait décèle à la fois l'ambition et l'esprit d'initiative de +la fille du roi Robert[107]: sachant la vie de son mari en danger dans +le voyage sur territoire lorrain, elle avait pris ses précautions pour +être assurée de jouer un rôle en cas de malheur. + +Un certain nombre de seigneurs lorrains, et non des moindres, avaient +préféré se tourner du côté du roi de Germanie plutôt que de +reconnaître celui qu'ils considéraient comme un usurpateur. Le duc +Gilbert et l'archevêque de Trèves appelèrent Henri Ier en Lorraine: +celui-ci accourut aussitôt et, passant le Rhin, commença le pillage du +pays, comptant sur de nouvelles défections. L'effet produit fut tout +le contraire: malgré la réputation d'inconstance des Lorrains, il n'y +eut guère d'autre défection que celle d'Otton, fils de Ricoin, ennemi +personnel de Raoul[108]. La nouvelle que le roi de France se +disposait à marcher contre l'envahisseur avec une puissante armée, +recrutée tant en France qu'en Bourgogne, décida Henri à mettre son +butin en sûreté sur l'autre rive du Rhin. Il se hâta de conclure avec +les Lorrains un armistice jusqu'au Ier octobre de l'année suivante, +emmenant avec lui de nombreux otages et des troupeaux entiers capturés +entre Rhin et Moselle.[109] + +L'influence française était prépondérante dans le pays, surtout vers +la partie méridionale. Guerri de Metz s'empara de Saverne dont il fit +raser le château-fort, et à la mort de l'évêque de Verdun, Dadon, +Raoul donna l'évêché à un certain Hugues auquel Séulf conféra la +prêtrise[110]. Les Lorrains paraissaient accepter avec un certain +enthousiasme la souveraineté bourguignonne, qui pouvait leur sembler +un acheminement vers l'autonomie et un retour à leur prépondérance +éphémère de jadis, au temps du «royaume de Lothaire Ier». + +Cependant Hugues et Herbert, secondés par l'archevêque de Reims Séulf, +avaient protégé contre les Normands leurs domaines de la rive gauche +de l'Oise au moyen d'une armée de couverture. Il n'y eut pas de +rencontre décisive, mais des irruptions suivies de pillages, de chaque +côté. On finit par entamer des pourparlers où les conditions d'une +paix définitive furent discutées: on parla d'étendre à l'ouest le long +de la mer, jusque vers le Cotentin, les limites du territoire concédé +à Rollon, sur les deux rives de la Seine inférieure. Enfin un +armistice fut conclu jusqu'au milieu de mai 924. Les Normands +donnaient des otages, et en retour on achetait encore honteusement, +comme par le passé, leur inaction, moyennant un lourd tribut. L'argent +nécessaire devait être fourni à l'aide d'une sorte de taxe personnelle +extraordinaire (_pecunia collaticia_)[111]. + +Pourquoi ce retour aux anciennes humiliations, après une campagne de +début si brillante? Ce changement subit et un peu déconcertant au +premier abord paraît dû à la nécessité où était Raoul d'en finir au +plus vite avec la question normande pour se trouver complètement libre +d'agir en Aquitaine. + +Tout le Midi, à peu d'exceptions près, persistait dans son attitude +hostile à l'égard du nouveau roi et refusait absolument de le +reconnaître. Raoul n'entendait pas renoncer à ses droits de +suzeraineté et il voulait profiter, dès le début, de son succès sur +les Normands ainsi que du prestige que lui donnait la soumission +inespérée de la Lorraine, pour entrer en contact avec les opposants et +les contraindre par l'intimidation, ou au besoin par la force, à +l'obéissance. + +L'armée royale entra si soudainement en campagne que le duc +d'Aquitaine, Guillaume II, eut à peine le temps d'organiser la +résistance. Le roi était déjà en Autunois, suivi d'innombrables +vassaux, et son avant-garde atteignait la Loire, quand Guillaume parut +sur la rive opposée. Ainsi les deux adversaires étaient en présence, +séparés seulement par le cours du fleuve. Une telle situation était +celle qu'à cette époque on recherchait surtout pour les entrevues, par +mesure de sécurité: des négociations commencèrent aussitôt. Les +émissaires faisaient la navette d'une rive à l'autre. Le soir venu, +Guillaume se décida enfin, à la faveur de la nuit, à faire le premier +pas pour hâter une solution. Muni d'un sauf-conduit, il passa le +fleuve et se rendit à cheval au camp de Raoul. Celui-ci l'attendait +également à cheval. Dès que Guillaume fut en présence du roi, il sauta +en bas de sa monture, pour le saluer comme son suzerain, et Raoul lui +répondit en lui donnant l'accolade. Ce cérémonial symbolique ratifiait +l'échange préalable de promesses, et la conclusion définitive de la +paix fut remise à une seconde entrevue qui eut lieu le lendemain. La +condition mise par Guillaume à sa soumission était la restitution du +Berry que Raoul avait occupé. Une suspension d'armes de huit jours fut +décidée pour permettre aux Aquitains d'approuver cet accord, et au +bout du délai, la paix fut conclue formellement et +définitivement[112]. + +Raoul paraît alors avoir tenu à Autun, puis à Châlon, une véritable +cour plénière, dont le rôle politique est certain, encore que nous +n'en ayons point de preuves matérielles. La reine Emma était venu le +joindre[113], avec un grand nombre de puissants feudataires français, +l'archevêque de Reims, Séulf, les évêques de Troyes, Anseïs[114], de +Soissons, Abbon (qui remplissait les fonctions de chancelier avec +Rainard pour notaire), le marquis Hugues, le comte Herbert de +Vermandois. Les vassaux bourguignons étaient naturellement au complet: +le frère du roi, Hugues, les comtes Walon et Gilbert, fils du comte +Manassès, les abbés de Saint-Martin d'Autun, Eimon[115], et de +Tournus, Hervé[116], le prévôt de Saint-Symphorien d'Autun, +Hermoud[117]. Plusieurs hauts personnages aquitains avaient en outre +accompagné le duc Guillaume, par exemple l'évêque du Puy Allard[118]. +Enfin on vit venir le régent du royaume de Provence pour l'empereur +Louis l'Aveugle, Hugues, qui prit part aux discussions de cette sorte +de plaid[119]. + +Tous ceux qui s'étaient montrés les premiers fidèles à Raoul reçurent +des libéralités. Herbert eut Péronne, qui devint sa principale +forteresse[120], Hugues reçut le Mans, Séulf obtint de Hugues de +Provence, grâce à l'intercession royale, la restitution des domaines +épiscopaux situés en Lyonnais, dont Hervé s'était vu dépouiller[121]. + +La présence de Hugues de Provence s'explique probablement par le désir +de conjurer au moyen d'une bonne entente toute cause de conflit +ultérieur avec le roi de France, à raison des prétentions possibles de +ce dernier à la suzeraineté sur le royaume du sud-est: le mariage de +Boson, frère de Raoul, avec la propre nièce de Hugues, Berthe, future +comtesse d'Arles et d'Avignon, scella cet accord. La confirmation par +Raoul des biens d'un monastère sis en Viennois et en Provence, à +Vaison et Fréjus, ne prouve pas nécessairement qu'il ait revendiqué +des droits sur ces pays, car souvent il arrivait qu'un abbé sollicitât +de plusieurs souverains la confirmation de ses titres, afin d'en +augmenter la force probante en cas de contestation[122]. + +Raoul ne distribuait pas seulement ses faveurs aux grands vassaux. +Toute une série de diplômes de cette année 924, donnés en Bourgogne en +faveur d'abbayes ou d'églises, nous sont parvenus. Le premier, pour +Saint-Symphorien, est daté d'Autun même, le 29 février[123]; les +suivants ont été donnés à Châlon-sur-Saône. Le 6 avril, Saint-Martin +d'Autun obtenait la confirmation de ses privilèges, avec de nouvelles +libéralités[124]. Le 8, l'évêque du Puy se faisait concéder, sur +l'intervention de Guillaume d'Aquitaine, comte de Velay, les droits +attachés au comté de la ville du Puy, notamment celui de battre +monnaie[125]. Le 9 enfin, le monastère de Tournus obtenait +confirmation de ses dépendances situées en Chalonnais[126]. + +Si Raoul était généreux envers ses vassaux fidèles, il se montrait par +contre impitoyable à l'égard de ceux qui, par leur turbulence, +suscitaient des querelles intestines. Le vicomte d'Auxerre, +Rainard,--frère de l'ennemi du roi Robert, Manassès de Dijon,--qui +avait si souvent molesté les évêques de sa cité, s'était permis, sans +motif apparent, d'occuper la forteresse de Mont-Saint-Jean[127], et +refusait de la rendre malgré toutes les sommations. Raoul intervint et +confia le siège de la place à un groupe de seigneurs bourguignons au +nombre desquels se trouvaient, avec son frère Hugues, les propres +neveux du rebelle: Walon et Gilbert de Dijon. Ces derniers, au bout de +quelque temps, purent décider leur oncle à envoyer son fils en otage +au roi. Ils intervinrent ensuite auprès de Raoul, pour que celui-ci +voulût bien recevoir Rainard et lui accorder un armistice. Le roi y +consentit et s'éloigna, laissant pour surveiller la place ceux qui +avaient échangé les serments d'usage avec Rainard. Puis un peu plus +tard, dans le courant de l'année, il revint et força Rainard à +abandonner Mont-Saint-Jean, dont il reprit possession[128]. + +En Lorraine aussi, des luttes féodales avaient éclaté. Gilbert se +brouilla avec son beau-frère Bérenger, comte du _pagus Lommensis_, et +son propre frère Renier; il ouvrit ensuite la lutte contre eux et le +comte de Cambrai, Isaac, leur allié. Des pillages réciproques +s'ensuivirent. Comme le roi de Germanie était retenu en Saxe par une +invasion hongroise, Gilbert chercha à se rapprocher de Raoul pour en +obtenir l'appui et envoya des députés lui annoncer sa soumission. Mais +le caractère inconstant de Gilbert le rendait, au dire de l'historien +Flodoard, si suspect et si odieux à Raoul, que celui-ci ne voulut +tenir aucun compte de ces nouvelles propositions d'hommage. Un plaid +réuni à Attigny décida même qu'une expédition serait faite en Lorraine +pour soumettre les seigneurs qui n'avaient pas encore reconnu la +suzeraineté du nouveau roi[129].Malheureusement, sur ces entrefaites, +Raoul tomba gravement malade. Une amélioration passagère de son état +fut suivie d'une rechute tellement violente qu'il se fit transporter +dans un état presque désespéré à Saint-Remy, pour implorer +l'assistance de l'apôtre des Francs. L'idée de ce pèlerinage est fort +intéressante à examiner au point de vue psychologique: il est clair +que Raoul doutait un peu de la légitimité de sa royauté et qu'il +voulait calmer ses scrupules de conscience, en se mettant sous la +protection du saint dont il considérait l'archevêque de Reims comme le +mandataire, dans la cérémonie du sacre. Il est probable que l'exemple +récent de la mort de Robert le hantait. Aussi disposa-t-il par +testament de presque tous ses biens en faveur du monastère de +Saint-Remy et de diverses abbayes de France et de Bourgogne, n'en +réservant qu'une bien faible part à la reine Emma[130]. + +Au bout de quatre semaines, sa guérison était complète, mais il +n'était pas encore suffisamment rétabli pour entreprendre une campagne +en Lorraine. Henri l'Oiseleur était aussi, à son tour, tombé malade +sur les frontières slaves, dans le courant de l'été. L'occasion eût +été extrêmement favorable, mais Raoul avait encore besoin de repos. De +Reims il se rendit d'abord à Soissons, puis en Bourgogne[131]. + +Avant son départ, il avait chargé Hugues, Herbert et Séulf de conclure +la paix projetée avec les Normands. Ceux-ci profitèrent de +l'incapacité de rien entreprendre, où se trouvait alors le roi, pour +se montrer exigeants. Ils demandèrent à nouveau l'extension de leur +fief «outre Seine» et Hugues dut se résigner à leur abandonner le +Maine qu'il venait de recouvrer et le Bessin[132]. A ce prix ils +consentirent à conclure une paix définitive ... au moins en +apparence[133]. + +Vers ce temps-là, en octobre 924, un synode fut réuni à Trosly[134] +pour juger le différend survenu entre le comte de Cambrai, Isaac, et +son évêque Étienne. Isaac était allé jusqu'à prendre et incendier un +château épiscopal. Le clergé rémois s'en émut, et le synode où furent +admis plusieurs pairs laïques du comte de Cambrai, notamment le comte +de Vermandois, contraignit Isaac à s'amender et à faire publiquement +pénitence[135]. Quand les fonctions civiles et ecclésiastiques +n'étaient pas réunies entre les mêmes mains, le clergé avait le plus +souvent, grâce à sa discipline, le dernier mot dans la lutte contre +les seigneurs, toujours rivaux entre eux. + +Cette même année, une horde de Hongrois passa les Alpes, après avoir +pillé l'Italie et brûlé Pavie (le 12 mars). Le roi de Bourgogne +Rodolphe II et Hugues de Provence ne purent arrêter les envahisseurs, +mais ils les harcelèrent en les suivant à distance et réussirent à les +cerner un instant dans les défilés alpestres. Parvenus à s'échapper, +les Hongrois passèrent le Rhône et se rendirent en Gothie. Une +épidémie de dysenterie se déclara fort à propos dans leurs rangs, et +le comte de Toulouse, Raimond-Pons III n'eut pas de peine à disperser +et à achever les débris de leurs bandes[136]. + +Rögnvald, chef des Normands de la Loire, avait pris part aux +expéditions conduites en France par les Normands de la Seine. La +raison de cette hostilité persistante ne ressort pas clairement des +textes, mais il semble bien que ce soit la non-exécution des promesses +de cession du comté de Nantes et de la Bretagne faites par Robert en +921[137]. Celui-ci avait effectivement cédé ces pays à Rögnvald: or +cette apparente libéralité n'avait pas eu de résultat. Il est évident +qu'en abandonnant la Bretagne ou l'une de ses parties, Robert n'avait +renoncé qu'à des droits théoriques contestables, puisqu'il ne +possédait point ce pays, et sa mort survenue sur ces entrefaites avait +achevé de réduire à néant la valeur problématique de ses promesses. La +comparaison avec les Normands de la Seine qui, eux, avaient su non +seulement obtenir mais accroître la donation de Charles le Simple, +décida vraisemblablement la reprise des hostilités. Exclu des +négociations grâce à l'habileté des seigneurs français, Rögnvald, +mécontent de ses échecs successifs, voulut une revanche éclatante. + +A la tête d'une nombreuse armée, il remonta le cours de la Loire en +pillant la rive gauche du fleuve. Les deux seigneurs riverains, Hugues +et Guillaume, craignant pour leurs possessions, entrèrent, chacun +séparément, en pourparlers avec lui. Ces négociations sont obscures. +Il semble que le viking se soit contenté d'exiger le libre passage à +travers des pays déjà épuisés pour se rendre dans la riche Bourgogne, +encore intacte, dont le duc-roi s'était montré naguère un ardent +antagoniste des Normands de la Seine et avait porté la guerre sur leur +territoire. Son but paraît avoir été de montrer à l'«usurpateur» Raoul +que si les Normands de la Seine avaient accepté de déposer les armes, +lui, Rögnvald, n'ayant point reçu satisfaction, n'était nullement +disposé à imiter leur exemple, qu'il entendait faire chèrement payer +sa retraite et que l'éloignement de la Bourgogne ne suffisait pas pour +la mettre à l'abri des représailles normandes. + +La témérité d'une pareille tentative explique peut-être la facilité +avec laquelle Hugues et Guillaume laissèrent l'ennemi se diriger, sans +l'inquiéter, sur la Bourgogne, en l'absence de Raoul, alors retenu +dans la France du nord. Il est surprenant que ces deux puissants +vassaux se soient résolus par égoïsme et indifférence, à laisser +piller les domaines de leur suzerain. Il faut peut-être supposer une +tactique de leur part pour tendre un piège aux Normands; sinon on ne +pourrait y voir qu'une lâcheté contraire à leurs devoirs féodaux. On +en jugera d'ailleurs par ce qui suivit. + +Tandis que Rögnvald pénétrait dans la Bourgogne, pillant tout sur son +passage, les comtes Garnier de Sens, Manassès de Dijon, avec les +évêques Josselin de Langres et Anseïs de Troyes, prévenus peut-être +sous main par le marquis Hugues, avaient rassemblé leurs vassaux. Ces +seigneurs se portèrent à la rencontre des Normands qui se retiraient +vers la France du nord, chargés de butin. Le choc eut lieu sur les +confins du Gâtinais, à Chalmont, le 6 décembre. La lutte fut acharnée. +Il s'agissait pour les Normands d'assurer leur retraite, et les +Bourguignons étaient décidés à leur faire expier les ravages qu'ils +avaient faits chez eux. Huit cents Normands restèrent, dit-on, sur la +place. Du côté bourguignon, le comte Garnier ayant eu son cheval tué +sous lui fut pris et mis à mort. Enfin l'évêque Anseïs, qui se battait +vaillamment à la tête de ses gens, fut grièvement blessé. Le reste de +l'armée normande continua vers le nord jusqu'aux rives de la Seine, +puis s'arrêta pour camper, probablement dans la région voisine du +confluent de l'École[138]. + +Dans l'intervalle, le roi Raoul complètement rétabli, mis au courant +de ce qui se passait, n'avait pas perdu un instant. Ayant réuni à la +hâte les vassaux de l'église de Reims, il les entraîna à sa suite avec +l'évêque de Soissons, Abbon, quelques autres amis dévoués et même +Herbert de Vermandois, qui resta prudemment à l'arrière-garde, +toujours prêt à tirer parti des événements. Dès qu'il s'approcha de la +Bourgogne, de nombreux hommes d'armes vinrent du duché remplir auprès +de lui leur service d'ost. Il marcha avec ces forces directement vers +le camp ennemi et un combat s'engagea aussitôt entre les fantassins +des contingents français et les Normands, qui s'étaient avancés à +leur rencontre. Pendant l'action, l'avant-garde française, la première +ardeur passée, s'aperçut que le gros de l'armée qui entourait le roi +ne bougeait pas et que personne n'y mettait pied à terre pour +combattre. Les Normands, d'autre part, faiblissaient, après quelques +pertes, et se trouvaient contraints de regagner leurs retranchements. +L'avant-garde française se retira alors jusqu'à environ deux ou trois +milles des lignes ennemies et s'établit en cercle d'investissement +tout autour. D'autre part, Hugues était sur la rive opposée de la +Seine et y avait pris position juste en face des Normands. La +situation de ceux-ci semblait désespérée. On attendait seulement les +bateaux qui devaient venir de Paris pour les attaquer de toutes parts +et donner l'assaut à leur camp, même du côté du fleuve. La lutte +promettait d'être décisive Rögnvald était pris au piège où sa témérité +l'avait conduit. Mais les assiégeants perdirent trop de temps à +attendre les navires parisiens qui ne venaient pas. Tout à coup le +rusé Normand sortit de son camp sans être aperçu, parvint à traverser +par surprise les lignes ennemies, où il avait pu pratiquer des +intelligences, et gagnant une forêt voisine, réussit à s'évader avec +tous les siens[139]. + +Ainsi Rögnvald sut éviter par un coup d'audace, que la lenteur des +opérations des coalisés rendit possible, la sanglante défaite ou la +honteuse capitulation à l'une ou à l'autre desquelles il paraissait +irrémédiablement acculé. Et maintenant l'aventureux et habile viking +gagnait rapidement les bords de la Loire, à travers la forêt +d'Orléans, avec les survivants de ses intrépides guerriers, échappés +comme par miracle du cercle de fer dont ils avaient été un instant +entourés. + +Les coalisés stupéfaits de la soudaineté de cette fuite ne se +hasardèrent pas à poursuivre dans les bois un ennemi brave jusqu'à la +témérité, satisfaits de lui avoir infligé de très sérieuses pertes et +une terrible leçon. + +Peut-être est-ce au cours de cette retraite mémorable que les +sectateurs d'Odin pénétrèrent dans l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. +Le continuateur d'Aimoin raconte, en effet, sans donner de date, que +les moines s'enfuirent lors du passage de Rögnvald, emportant leurs +précieuses reliques. Le récit des scènes de sauvagerie qui se +déroulèrent dans le monastère pendant le séjour qu'y fit Rögnvald, +celui de sa vision et du châtiment final qui l'atteignit à son retour, +ont été consignés en termes émus dans les écrits monastiques[140]. On +conserva longtemps, à Saint-Benoît, le souvenir de l'étrange abbatial +du célèbre viking: on donna même son nom à une tête d'homme, en +marbre, encastrée dans la muraille septentrionale de l'église[141]. + +La dislocation de l'armée des coalisés eut lieu rapidement. Elle était +complète dès le mois de février. En mars, Gilbert de Lorraine entama +des pourparlers avec les seigneurs français malgré son échec de +l'année précédente[142]. Il eut une entrevue avec Herbert qui était +l'âme de ces négociations, et celui-ci réussit à gagner de nouveau le +marquis Hugues. Sur les instances de ces puissants vassaux, le roi +Raoul consentit enfin à recevoir l'hommage de Gilbert. Il en fixa le +lieu à Cambrai, au cours d'un plaid qu'il y devait tenir. + +Pour des motifs inconnus,--peut-être des raisons de méfiance ou +d'amour-propre,--les Lorrains ne parurent pas à Cambrai, et il fallut +que Raoul s'avançât à leur rencontre jusqu'à la Meuse La cérémonie de +l'hommage eut lieu sur les rives du fleuve, et Otton, fils de Ricoin, +lui-même, l'ennemi de Boson, jura fidélité au frère de son adversaire. +Seuls les archevêques de Trèves et de la cité lointaine de Cologne +continuèrent de s'abstenir[143]. C'était la seconde fois depuis le +commencement du siècle, qu'un roi de France recevait la soumission +effective du duché de Lorraine. + +Raoul dut presque aussitôt quitter précipitamment le pays. Les +Normands de la Seine rompirent le traité conclu en 924, soit excités +par Rögnvald lui-même, soit simplement désireux de venger une défaite +normande par laquelle ils pouvaient se considérer comme moralement +atteints, et ils profitèrent de l'absence momentanée de Raoul. Ils +envahirent tout à coup l'Amiénois et le Beauvaisis. Amiens fut menacé, +et bientôt un terrible incendie s'y déclara par suite de l'imprudence +des habitants, trop pressés de fuir. Arras subit le même sort. A Noyon +se produisit une véritable résistance: les bourgeois, avec l'aide des +habitants du faubourg incendié, entreprirent une sortie qui leur valut +la reprise d'une partie du faubourg[144]. + +Mais durant ces brigandages, le territoire des Normands, situé sur les +rives de la Seine, fut tout à coup envahi, des deux côtés à la fois, +par les habitants du Bessin et ceux du Parisis, vassaux de Hugues le +Grand. Le Vexin et une partie du Roumois furent pillés et incendiés. +Cette heureuse diversion produisit le résultat attendu. Les Normands +retournèrent en hâte à la défense de leurs foyers. Herbert venait +d'ailleurs d'apparaître sur les bords de l'Oise avec quelques +cavaliers réunis à grand'peine, à cause de la rareté du fourrage, et +il occupait une position fortement retranchée de manière à barrer à +l'ennemi l'entrée de ses domaines. + +Dans leur retraite, les Normands furent poursuivis et harcelés par le +comte de Ponthieu Helgaud et d'autres seigneurs des régions côtières +septentrionales[145]. + +En quittant la Lorraine, Raoul s'était rendu à Laon, où le 6 avril, +sur la demande du comte Roger, il confirma à l'abbaye de Saint-Amand +les donations de ses prédécesseurs[146], puis il avait gagné la +Bourgogne: le 30 mai il s'arrêtait à Arciat, sur la Saône, avec +Josselin, évêque de Langres, et le comte Manassès, pour renouveler les +concessions de ses prédécesseurs à Saint-Bénigne de Dijon[147], et au +mois de juillet, à Autun, où il concéda par la tradition du couteau, +sur la demande de sa mère Adélaïde et de son vassal Unizon, le fief de +son fidèle Adon aux chanoines de Saint-Symphorien d'Autun, pour le +donner en précaire à son fidèle Aldric[148]. + +Il se hâta de réunir ses vassaux bourguignons, que l'idée d'une +revanche contre les Normands devait nécessairement séduire, et il +proclama le ban et l'arrière-ban, c'est-à-dire la levée en masse, par +toute la France, de manière à porter un coup décisif aux anciens +pirates, voisins turbulents, encore peu accoutumés à la vie +sédentaire. Cette fois de nombreuses recrues vinrent des pays +maritimes du nord: les comtes Helgaud de Ponthieu, Allou de Boulogne +et à leur tête Arnoul, marquis de Flandre. Herbert amena les vassaux +de l'église de Reims qu'il commandait[149] + +Cependant Rollon avait pris des mesures pour résister à l'invasion de +ses domaines, en renforçant de mille hommes envoyés de Rouen la place +d'Eu, située près de la mer, aux extrêmes confins septentrionaux. +C'est en effet sur ce point que se concentrèrent les premiers efforts +de l'attaque. D'après Richer, le roi Raoul dirigeait en personne les +combattants[150]. Les ouvrages avancés furent vite enlevés et les murs +d'enceinte pris d'assaut. Enfin le château fort lui-même tomba au +pouvoir des Français. Ceux-ci avides de vengeance et décidés à mettre +fin, par un exemple, aux entreprises de leurs infatigables +adversaires, incendièrent la place et passèrent au fil de l'épée toute +la population mâle. Quelques Normands parvinrent toutefois à +s'échapper et se réfugièrent dans une petite île de la Brêle, voisine +du rivage. Les Français les y poursuivirent, s'emparèrent de l'île +avec plus de peine encore que de la place d'Eu et commencèrent un +nouveau massacre. Les derniers survivants, perdant tout espoir, après +avoir défendu vaillamment leur vie, se jetèrent à l'eau: plusieurs +furent engloutis par les flots et ceux qui nagèrent jusqu'à la terre +ferme furent tués en abordant au rivage. Plusieurs enfin voyant qu'on +ne leur faisait point quartier se donnèrent eux-mêmes la mort, selon +la coutume scandinave, pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi[151]. +L'extrême férocité de cette guerre s'explique par l'état +d'exaspération où en étaient arrivées des populations si longtemps +éprouvées par les fureurs dévastatrices d'un ennemi rapace, cruel et +insaisissable. La conquête de Rollon était sérieusement menacée. Les +Français à leur tour s'emparèrent d'un énorme butin, mais ils ne +poussèrent pas plus avant. Raoul établit son camp en Beauvaisis avec +les Bourguignons et le marquis Hugues, de manière à protéger le pays +contre tout essai de revanche[152]. + + +À quelque temps de là, vers la fin d'août, Hugues, de retour à Paris, +conclut avec les Normands un accord, dans le genre de celui de 924, +afin d'assurer l'intégrité de ses domaines: il avait à craindre des +représailles contre les habitants du Bessin et du Parisis. Personne ne +devait être bien sincère dans ces négociations. Hugues ne pouvait se +méprendre sur les intentions des Normands: ils voulaient s'assurer le +calme dans leurs foyers pour exercer leur vengeance contre Arnoul de +Flandre, Helgaud et les Français du nord dont ils avaient eu tout +particulièrement à souffrir dans la dernière affaire. Ils stipulèrent +donc que les domaines des fils de Baudoin II le Chauve, Arnoul de +Flandre et Allou, comte de Boulogne-Térouanne, de Raoul de Gouy et +d'Helgaud de Ponthieu, resteraient en dehors de l'arrangement. Ils +n'avaient pas eu de peine à ranimer la rivalité latente entre Hugues +de France et les puissants feudataires flamands, arrière-petits-fils +de Charles le Chauve par leur grand'mère paternelle Judith, mais il +était évident qu'aussitôt après l'expédition projetée contre ces +derniers, viendrait le tour des vassaux du duc de France[153]. + +La défaite des Normands à Eu, suivant de près l'échec de Rögnvald à +Chalmont, fit renaître un peu de confiance parmi les populations. Les +communautés monastiques, qui s'étaient enfuies devant les +envahisseurs, reprirent avec leurs reliques, le chemin de leurs +monastères abandonnés: ainsi les moines de Saint-Maur-des-Fossés[154] +et de Saint-Berchaire ou Montiérender[155]. Les premiers étaient déjà +revenus du Lyonnais vers le 23 août. Raoul avait témoigné une +bienveillance toute spéciale à l'égard des moines de Montiérender, en +leur accordant asile et protection dans son duché. Il s'était assuré +ainsi leur appui, qui lui avait déjà servi lors de son élévation au +trône; et en les rapatriant, il acquit de nouveaux titres à leur +reconnaissance. + +Tandis que la lutte contre les Normands était poussée avec vigueur, le +roi de Germanie, Henri, franchissant le Rhin, avait enlevé de vive +force aux hommes de Gilbert la forteresse de Zülpich et s'était +bientôt retiré après s'être fait livrer des otages par le duc[156]. De +retour en Lorraine, vers la fin de l'année, il parvint à décider tous +les feudataires à lui prêter l'hommage[157]. Seul l'évêque de Metz, +Witger, fit quelque résistance, mais il fut contraint par la force à +se soumettre[158]. + +Le propre frère de Raoul, Boson, fut obligé de faire comme les autres +et de reconnaître la suzeraineté du roi de Germanie. À Verdun l'évêque +Hugues, installé par Raoul, dut céder son poste à Bernoin, neveu de +l'évêque Dadon: ce remplacement ne pouvait être qu'agréable aux +Lorrains, puisque Bernoin appartenait à une famille indigène[159]. + +Le changement si subit survenu en Lorraine, à la suite de la prise de +Zülpich, un an à peine après une soumission en apparence définitive, +doit s'expliquer par l'absence trop prolongée du roi et son +incapacité, en face du péril normand, d'affermir son pouvoir en un +pays où le régime féodal, déjà fortement implanté, rendait toute +souveraineté presque illusoire, où toute menace un peu sérieuse devait +nécessairement amener des défections. + +Ces événements arrivés avec une rapidité prodigieuse décidèrent pour +un certain temps du sort de la Lorraine. Désormais le nom du roi de +Germanie apparaîtra d'une façon constante dans les dates des actes +passés en la région. Il ne faudrait pas, cependant, aller jusqu'à +dire, comme on l'a fait[160], que la Lorraine est dès lors, sous +Gilbert, fils de Renier Ier et gendre d'Henri Ier, un «duché allemand» +rattaché pour de «longs siècles» à la Germanie. Les événements du +règne de Louis d'Outre-Mer et de Lothaire donnent un démenti à ces +généralisations un peu trop absolues. + +Au moment où Raoul aurait eu besoin de toute sa liberté pour agir au +dehors, son attention fut retenue par l'affaire de l'archevêché de +Reims, qui devait être par la suite grosse de conséquences au point de +vue de la situation intérieure du royaume. Séulf vint à mourir +subitement le 1er septembre 925, et le bruit courut qu'il était +victime du poison du comte de Vermandois[161]. Il avait, en effet, +commis l'imprudence de promettre sa succession au plus jeune des fils +d'Herbert, Hugues, un enfant en bas âge. Séulf laissait le souvenir +d'un homme de haute valeur intellectuelle: disciple du célèbre Remy +d'Auxerre, il était versé dans toutes les connaissances de son +temps[162]. Il avait reçu du pape confirmation de ses prérogatives +métropolitaines, et s'était montré fort apte à remplir les multiples +devoirs de prélat féodal, tout ensemble ecclésiastiques et laïques: +ainsi il avait fortifié Saint-Remy en même temps qu'embelli la +cathédrale de Reims[163], et plus d'une fois, quittant l'office, +s'était mis à la tête des vassaux de l'église pour les conduire à +l'ost du roi. Quoique tombé sous la dépendance d'Herbert, dès la +première année de son pontificat, il avait toujours fait montre d'un +loyalisme à toute épreuve envers Raoul. + +Aussitôt la nouvelle connue, Herbert parut à Reims, où il avait des +intelligences parmi les vassaux et les clercs du diocèse. Grâce à +l'appui de l'évêque de Soissons, Abbon, et à celui de l'évêque de +Châlons, Beuves, il fit élire comme successeur désigné de Séulf, +Hugues, son fils, âgé de cinq ans à peine, puis il alla trouver Raoul, +en Bourgogne, et se fit charger par lui de l'administration +intérimaire du temporel de l'archevêché[164]. Le roi avait mis comme +première condition à son assentiment le respect des personnes et des +biens de l'évêché, et s'était refusé à reconnaître Hugues comme +régulièrement intronisé, tant qu'il n'aurait pas atteint l'âge +nécessaire pour recevoir l'ordination canonique. Abbon se rendit à +Rome, afin de solliciter du pape Jean X son approbation générale pour +les actes d'Herbert, et pour lui-même l'investiture provisoire des +fonctions archiépiscopales, en qualité de vicaire. Il l'obtint[165]. +Tout cédait devant l'habileté puissante du comte de Vermandois. Il y +eut cependant quelques mécontents. L'historien Flodoard fut de leur +nombre et cela lui coûta la prébende qu'il avait reçue de l'archevêque +Hervé. D'autres récalcitrants furent traités encore plus mal. Herbert +n'hésita pas à user de violence, même vis-à-vis du clergé, et deux +ecclésiastiques furent tués par ses gens au cours des troubles, dans +le cloître des chanoines[166]. + +D'autre part, les Normands ne tardèrent pas à vouloir tirer vengeance +de l'effroyable massacre d'Eu. Ils ravagèrent avec leur flotte le +littoral du Boulonnais, concentrèrent une nouvelle armée et envahirent +l'Artois. Raoul se tenait encore sur ses gardes. Il opéra sa jonction +avec Herbert et les seigneurs des régions côtières du nord, et réussit +à cerner l'ennemi non loin, semble-t-il, de Fauquembergue[167]. +Malheureusement l'armée française avait été obligée de se diviser. Une +nuit les Normands, à la faveur de l'obscurité, sortirent soudain du +défilé boisé, où ils se trouvaient enfermés, et vinrent fondre à +l'improviste sur le camp royal. Plusieurs tentes furent brûlées et le +roi faillit être pris. Herbert, qui campait à quelque distance, sut +accourir juste à point pour témoigner un dévoûment intéressé à son +suzerain, et les agresseurs furent repoussés après une lutte acharnée, +où ils laissèrent onze cents morts sur la place. Les Français de leur +côté furent grandement éprouvés: le vaillant comte de Ponthieu, +Helgaud, périt dans la mêlée, et le roi Raoul lui-même grièvement +blessé fut contraint de regagner Laon. Malgré leur échec, les Normands +purent ainsi pousser leurs dévastations jusqu'aux confins de la +Lorraine, en Porcien[168]. + +Vers le même temps, aux environs de Pâques, les Hongrois rôdaient près +de là, dans le pays de Voncq[169], où ils auraient pu se rencontrer +avec les Normands. A leur approche, les habitants et le clergé +désertaient les campagnes, les moines cherchaient avec leurs reliques +un refuge à l'abri des murailles romaines des cités épiscopales de +Metz, Toul et Reims, ou encore dans des lieux inaccessibles, fortifiés +par la nature. Ainsi furent portées à Reims les reliques de saint Remy +et de sainte Vaubourg d'Attigny. Les Hongrois jetèrent dans l'est la +même terreur que les Sarrasins dans le midi ou les Normands dans +l'ouest: le pillage des riches monastères et des campagnes +florissantes, jusque-là épargnés, fut considéré par les populations +comme un châtiment céleste [170]. + +Les difficultés s'étaient accumulées autour de Raoul avec une +incroyable rapidité. Lui blessé, et par conséquent condamné pour un +temps assez long au repos, les Normands et les Hongrois livraient au +pillage les environs de Laon et de Reims. Enhardi par les embarras +d'un suzerain qu'il n'avait reconnu que contraint et forcé, le duc +d'Aquitaine fit défection. Un de ses frères, probablement Affré, se +jeta sur Nevers et y prit une attitude telle que Raoul, craignant pour +son duché de Bourgogne [171], se hâta de transiger avec les Normands: +il leur acheta la paix moyennant une forte indemnité réunie à l'aide +d'un impôt spécial (_exactio pecuniae collaticiae_) levé sur la +France septentrionale et la Bourgogne. Les Hongrois disparurent +heureusement, aussi vite qu'ils étaient venus. + +A peine remis de sa blessure, Raoul prit le commandement d'une armée +franco-bourguignonne, et, accompagné d'Herbert de Vermandois, se +dirigea sur Nevers. Il ne s'y attarda pas, se bornant à se faire +livrer des otages [172], car son objectif était avant tout la +soumission de Guillaume d'Aquitaine. Il pénétra sur les domaines de ce +dernier et le harcela sans trêve, jusqu'à ce que la nouvelle d'un +retour offensif des Hongrois vint le contraindre à se replier sur son +duché. Ces envahisseurs passaient avec la rapidité d'un ouragan. Il +était presque impossible de les atteindre pour les combattre: pendant +deux années consécutives ils reparaissent, sans qu'il soit question +d'une seule rencontre dans les textes [4]. + +Raoul séjourna le 10 décembre à Sens, où à la prière du comte de +Troyes, Richard, et de l'évêque Anseïs, il confirma les privilèges et +possessions de l'abbaye de Montiéramey[174]. + +Il traversait une période d'échecs. Un mariage de son beau-frère +Hugues lui profita plus que ses expéditions indécises: le duc de +France épousa Eadhild, fille d'Édouard Ier l'Ancien, roi des +Anglo-Saxons, la propre soeur d'Ogive, femme de Charles le +Simple[175]. Cette alliance avait certainement un caractère politique: +Hugues, par cette union princière, se posait nettement en rival +d'Herbert pour recueillir la succession éventuelle de Raoul. L'appui +des Anglo-Saxons lui était désormais assuré et par suite, à Raoul, +contre Herbert, le geôlier de Charles le Simple. Dans une curieuse +précaire du chapitre de Saint-Martin de Tours, où l'on voit paraître à +la fois l'abbé Hugues et sa soeur la reine Emma, la date donnée +d'après le calcul des années du règne de Raoul porte la mention de la +captivité de Charles[176]. Il semble que ce soit là l'indice d'une +détente et d'un revirement en faveur du Carolingien. + + + + + + +FOOTNOTES: + +[Footnote 87: Widukind, _Rev. gestar. saxonicar._, 1. I, c. 33 (éd. +Waitz, p. 26). On peut se demander si les reliques de saint Denis, +dont il est ici question, ne sont pas à identifier avec celles qui ont +été conservées à Saint-Erameran de Ratisbonne au XIe siècle. Cf. +Lauer, _Le trésor du Sancta Sanctorum_ (_Monuments Piol_ publ. par +l'Acad. des Inscr., t. XV, 1906, p. 126).] + +[Footnote 88: Il s'agit peut-être du comte de Senlis de ce nom, qu'on +voit figurer dans le _De Moribus_ de Dudon de Saint-Quentin, +précisément avec un rôle de diplomate. Voy. _Le règne de Louis IV +d'Outre-Mer_, p. 5, n. 2.] + +[Footnote 89: Richer, _Hist._, 1, 47.] + +[Footnote 90: Les rares détails que nous ayons sont fournis par les +sources suivantes: Flod., _Ann._, a. 923; Richer, I, 47; Rodulf. +Glaber, I, 1, § 5 (éd. Prou, p. 6-7); Folcuin, _Gesta abbat. Sith._, +c. 101 (_M.G.h., Scr._, XIII, 625-626). La légende apparaît dans +l'_Hist. Walciodor. mon._, c. 5 (ibid., XIV, 507), et Jocundus, +_Translatio S. Serratii_, c. 14 (ibid., XII, 99). Les autres textes +mentionnent le fait en l'appréciant parfois sévèrement. Ce sont, dans +l'ordre de publication des _Monumenta Germaniae historica: Domus +carolingicae genealogia; Ann. S. Maximi Trerer._, a. 923; _Ann. +Laubiens._, a. 922; _Ann. Leod._, a. 922; _Ann. Elnon. min._, a. 922; +_Ann. Blandin._, a. 922; Hugues de Flavigny, _Chron.; Genealogia +comitum Buloniensium; Hist. Francor. Senon.; Miracula S. Benedicti_; +Hugues de Fleury, _Modernor. reg. actus_, c. 3; _Ann. Lobienses_, a. +924; _Genealogiae Karolorum; Ann. Prum._, a. 923; _Ann. S. Quintini +Verom._, a. 923; Aubry de Trois-Fontaines, Chron. (_M.G.h., Scr._, II, +312, IV, 6, 16; V, 19 et 25; VIII, 358; IX, 300, 366, 375, 381; XIII, +232, 247, 251, 252; XV, 1292; XVI, 507; XXIII, 757). Citons encore +pour mémoire: Odoran, Chron. (_Recueil des histor. de France_, VIII, +237); _Magnum_ et _Breve Chron. Turon._, a. 922 (éd. Salmon, p. 110 et +184). Widukind (I, 29) fait une confusion en attribuant à Hugues la +prise de Charles. Cf. Thietmar, I, 13 (_M.G.h., Scr._, III, 741).] + +[Footnote 91: _Ann. Einsidlenses_ (_M.G.h., Scr._, III, 141); _Ann. +Floriac. breves_ (ibid., XIII, 87); _Breve Chron. Tornacense (Recueil +des historiens de France_, VIII, 285), etc. Voy. la note précédente.] + +[Footnote 92: Voy. _Appendice_ et _Le règne de Louis IV d'Outre-Mer_, +p. 94.] + +[Footnote 93: Rappelons brièvement les circonstances: Pépin d'Italie, +fils aîné de Charlemagne, laissa un fils, Bernard, qui revendiqua +l'empire contre son oncle Louis le Pieux. Au moment où ce dernier +marchait sur l'Italie pour le châtier, des émissaires envoyés par +l'impératrice Ermenjart persuadèrent à Bernard de passer en France en +lui promettant sous serment toute sûreté pour sa personne. Bernard, +suivi de ses complices, alla trouver l'empereur à Châlon-sur-Saône et +implora à genoux son pardon. On le conduisit à Aix-la-Chapelle, où son +procès fut instruit et jugé. Bernard fut condamné à mort, mais Louis +commua la peine en privation de la vue. Ce terrible arrêt fut exécuté +si brutalement que trois jours après Bernard expira (le 17 avril 818) +à 19 ans, laissant un fils, Pépin, qui fut père d'Herbert Ier, comte +de Vermandois.] + +[Footnote 94: G. Valat, _Poursuite privée et composition pécuniaire +dans l'ancienne Bourgogne_ (Dijon, 1907, in-8°); Ch. Petit-Dutaillis, +_Les moeurs populaires et le droit de vengeance dans les Pays-Bas au +XVe siècle_ (Paris, 1909, in-8°).] + +[Footnote 95: Ce sont peut-être aussi ces droits éventuels de la +maison de Vermandois à l'empire qui ont empêché le roi de Germanie de +soutenir la candidature d'Herbert II au trône.] + +[Footnote 96: Richer, _Hist._, II, 73 (éd. Waitz, p. 75): «Me vero +parvum in fasciculo farraginis a meis dissimulatum in partes +transmarinas et prope in Rifeos fugere compulit.»] + +[Footnote 97: Witger, _Geneal. Arnalfi_ (_M.G.h., Scr._, IX, 303). +Voy. _Le règne de Louis IV d'Outre-Mer_, p. 10.] + +[Footnote 98: Flod., _Ann._, a. 923.] + +[Footnote 99: Flod., _Ann._, a. 928; _Hist. eccl. Rem._, IV, 21; +Richer, I, 54.] + +[Footnote 100: Flod., _Ann._, a. 924; _Necrolog. Modiciense_; +Liudprand, _Antapodosis_, II, 71 (éd. Dümmler, p. 52, n. 2).] + +[Footnote 101: Voy. plus haut, p. 2.] + +[Footnote 102: Voy. Flod., _Ann._, a. 923, éd. Lauer, p. 15, n. 4 et +p. 46, n. 1.] + +[Footnote 103: Flod., _Ann._, a. 923.] + +[Footnote 104: Flod., ibid.] + +[Footnote 105: L'Alsace faisait encore partie du royaume de Lorraine. +Cf. Parisot, _Le royaume de Lorraine_, p. 592-593.] + +[Footnote 106: Flod., ibid.] + +[Footnote 107: Flod., ibid.; Hugues de Flavigny, _Chron._, a. 923 +(d'après Flodoard).] + +[Footnote 108: C'est le propre frère de Raoul, Boson, qui avait tué +Ricoin malade dans son lit, le 14 mars 923, pour s'emparer de Verdun. +Parisot, _Le royaume de Lorraine_ (Paris, 1899), pp. 663 et 667. Le 19 +septembre 923, Raoul était encore reconnu comme roi à Toul, ainsi que +le prouve une charte de l'évêque Josselin (_Mém. de la Soc. d'archéol. +lorr._, XII, 133; Parisot, _op. cit._, p. 662, n. 5); mais il résulte +d'une autre charte du même qu'Henri Ier, y fut reconnu entre le 16 +octobre 923 et le 14 octobre 924 (Bibl. de Nancy, ms. 77, fol. 42; +Calmet., _Hist. de Lorraine_, 1re éd., I, pr., col. CCCXIV). Cf. J. +Depoin, _Études sur le Luxembourg à l'époque carolingienne_ (extr. de +_Ons Hemecht_, année 1909).] + +[Footnote 109: Flod., _Ann._, a. 923.] + +[Footnote 110: Flod., ibid.] + +[Footnote 111: Flod., _Ann._, a. 923.] + +[Footnote 112: Flod., _Ann._, a. 924.] + +[Footnote 113: Elle intervient dans un diplôme du 6 avril 924 en +faveur de Saint-Martin d'Autun. Bulliot, _Essai hist. sur l'abbaye de +Saint-Martin d'Autun_ (Autun, 1849), I, p. 164; 11, p. 24, no 10.] + +[Footnote 114: Il figure comme impétrant avec Adson dans un diplôme du +29 février 924, en faveur de Saint-Symphorien d'Autun. Thiroux, _Hist. +des comtes d'Autun_, p. 118.] + +[Footnote 115: Cf. Bulliot, _loc. cit._] + +[Footnote 116: Chifflet, _Hist. de l'abbaye de Tournus_, p. 275; +Poupardin, _Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert_ +(Paris, 1905, in-8), p. 120, no 27.] + +[Footnote 117: Cf. Thiroux, _loc. cit._] + +[Footnote 118: _Hist. de Languedoc_, nouv. éd., V, p. 146, n° 49.] + +[Footnote 119: Flod., _Ann._, a. 924. Diplômes de Raoul datés d'Autun, +le 29 février, et de Châlon, les 6, 8 et 9 avril 924. _Recueil des +historiens de France_, IX, 562-565.] + +[Footnote 120: Flod., _loc. cit._; Em. Coët, _Hist. de la ville de +Roye_, t. I, p. 32.] + +[Footnote 121: Flod., _Ann._, a. 924.] + +[Footnote 122: Diplôme du 6 avril 924. _Recueil des historiens de +France_, IX, 563; Bulliot, _Essai sur l'abbaye de Saint-Martin +d'Autun_, I, 164; II, 24. Sur le mariage de Boson, voy. G. de +Manteyer, _La Provence du premier au douzième siècle_ (Paris, 1908, +in-8), p. 158-159; Poupardin, _Le royaume de Bourgogne_, p. 59, 69 et +282, n. 5; du même, _Le royaume de Provence_, p. 232, 240, 338 et +394.] + +[Footnote 123: _Recueil des historiens de France_, IX, 562; _Gall. +christ._, IV, instr., 372; Thiroux, _loc. cit._] + +[Footnote 124: _Rec. des histor. de Fr._, IX, 563, et Bulliot, _loc. +cit._] + +[Footnote 125: _Recueil des historiens de France_, XI, p. 564, et +_Hist. de Languedoc_, nouv. éd., V, p. 146, n° 49; VIII, 387, 416 +(_Numismatique de la province de Languedoc_). Les monnaies épiscopales +portèrent le nom de Raoul.--Cf. M. Prou, _Catal. des monnaies +françaises de la Bibliothèque nationale. Les monnaies carolingiennes_ +(Paris, 1896), p. Lvi, Lxx, 107 (n° 772).] + +[Footnote 126: Ibid., p. 565, et Chifflet, _Hist. de Tournus, loc. +cit._] + +[Footnote 127: Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Pouilly-en-Auxois.] + +[Footnote 128: Flod., _Ann._, a. 924, passim.] + +[Footnote 129: Flod., _Ann._] + +[Footnote 130: Flod., ibid., a. 924.] + +[Footnote 131: Flod., ibid.] + +[Footnote 132: Le comté du Maine semble avoir fait partie autrefois +des domaines de Robert. Cf. Eckel, p. 36-37.] + +[Footnote 133: Flod., _Ann._, a. 924; Dudon de Saint-Quentin, _De +moribus_, éd. Lair, introd., p. 66. Cette cession du Maine ne fut sans +doute pas complètement exécutée ou bien elle fut rendue impossible, +car on voit, dans la suite, ce pays disputé entre l'Anjou et la +Normandie. Cf. Lot, _Hugues Capet_, p. 197-198.] + +[Footnote 134: Trosly-Loire, Aisne, arr. de Laon, cant. de +Coucy-le-Château.] + +[Footnote 135: Flod., _Ann._, a. 924.] + +[Footnote 136: Flod., _Ann._, a. 924; _Chron. Nemaus._, a. 925 +(_M.G.h., Scr._, III, 219); _Hist. de Languedoc_, III, 99, 100.] + +[Footnote 137: Voy. plus haut, p. 2.] + +[Footnote 138: Flod., _Ann._, a. 925; Richer, I, c. 49.--Pour +l'identification de _Mons Calaus_ avec Chalmont (Seine-et-Marne, arr. +de Melun, comm. de Fleury-en-Bière), voy. _Les Annales de Flodoard_, +éd. Lauer, p. 26, n. 6.] + +[Footnote 139: Flod., _Ann._, a. 925.] + +[Footnote 140: _Miracul. S. Bened._, II, 2 (éd. de Certain, p. 96-98): +«Igitur innumerae Nortmannorum phalanges, super quas Rainaldus regnum +obtinuerat, quampluribus longis usae navibus, usque ad superiora +Ligeris percursantes, cuncta devastant. Tandem ad coenobium ter beati +Deoque dilecti Benedicti, quod Floriacum dicitur, Rainaldus cum suis +attingens, vacuum habitatoribus cunctisque necessariis offendit rebus, +domibus duntaxat exceptis; siquidem monachi cum corpore semper +nominandi patris nostri Benedicti ad tutiora se contulerant loca, +Lamberto tune abbate piae sollicitudinis erga eos curam gerente. +Perveniens ergo inibi rex memoratus, et ex captivis resciscens quorum +hominum foret talis habitatio, dormitorium fratrum suae metationis +delegit sedem; in quo varia, utpote paganus, dum patraret flagitia, +una noctium, quiescenti ei sanctus astitit Benedictus duobus comitatus +monachis, unus, ut ipsi Rainaldo videbatur, medie artatis robore +praeditus, alteri puerilis inerat habitudo. Beatissimus autem pater, +niveam capite canitiem praeferens, baculum vero manu, ita jacentem +allocutus est adversarium: «Quid, inquiens, te, Rainalde, offendi, +quod me meosque a propriis perturbas sedibus? sed mihi deinceps curae +erit, et te ab incoeptis inhibere, et famulis Christi, ossibus quoque +una meis, optatam quietem reformare.» His dictis, ligno, quod manu +gerebat, incurvo caput jam expergefacti regis contingens, +praenuntiavit terminum ejus vitae in proximo adfuturum, sicque +recessit. Turbatus hac visione Rainaldus, satellites magna ad +auxiliandum sibi voce inclamat. Quibus accurrentibus et quid pateretur +percunctantibus: «Quidam, inquit, monachus, non alter, ut aestimo, +quam ille hujus tutor loci senex Benedictus, baculo verticem tangens +meum, mortem minitando, dolorem mihi ingessit ingentem.» Jubet +confestim cunctos pervasa domicilia deserere, nativumque solum +repetere, cum quibus ipse profectus, ut patriam attigit, crebro +debilitatus cruciatu vita discessit; tantaque, subito moriente eo, +ventorum procella inhorruit, ut non solum culmina tectorum, verum +etiam eminentium subrueret moles arborum; captivorum vincula soluta; +equi seu reliqua jumenta infra duodecim et eo amplius milliaria a +Rothomagensi urbe ad pastum deducta, disruptis compedibus, in diversa +fugerunt. Corporis ejus tumulo pyramidem superaedificatam validissimo +accepimus terrae motu subversam, ac ejus cadaver tellurem a suo +rejecisse sinu; quod culeo cum lapidum mole insutum in Sequanam est +demersum, quandoquidem humo non poterat contineri tectum. Hoc interitu +memoria nefandi abolita fuisset hominis, ni vetustas Floriacensium +incolarum, curiosa futurorum, marmoream ejus capitis fingere +curavisset effigiem, quae nunc in ultima parte parietis ecclesiae +sanctae Dei genitricis Mariae ac famuli ejus Benedicti, septentrionem +versus, inserta perspicitur, quatenus et praesentes et secuturi omnes +agnoscerent, interventu eorumdem sanctorum, omnipotens Deus qualem +quantamque exercuerit in suis adversariis vindictae severitatem. Adeo +denique haec ultio Nortmannicam in posterum perterrefecit temeritatem, +ut prae caeteris Galliae sanctis beatissimum revereantur patrem +nostrum Benedictum.»] + +[Footnote 141: Voy. la note précédente, _in fine_, et Rocher, _Hist. +de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire_ (Orléans, 1865, in-8), p. 108 +et 499.] + +[Footnote 142: Flod., _Ann._, a. 925.] + +[Footnote 143: Flod., _Ann._, a. 925.] + +[Footnote 144: Flod., ibid.; A. Lefranc, _Hist. de la ville de Noyon +et de ses institutions_ (_Bibl. de l'École des hautes études_, fasc. +75, 1887), p. 18; Peigné-Delacourt, _Les Normands dans le Noyonnais_ +(Noyon, 1868, in-8, p. 36.)] + +[Footnote 145: Flod., _Ann._, a. 925.] + +[Footnote 146: _Recueil des historiens de France_, IX, 566. La +rédaction de ce diplôme présente des particularités qui ont été +relevées par N. de Wailly, _Élém. de paléographie_, I, 358.] + +[Footnote 147: Diplôme du 30 mai 925 dans _Recueil des historiens de +France_, IX, 569 (à l'année 926), d'après Pérard, _Recueil de pièces +servant à l'hist. de Bourgogne_, p. 162. On ne peut identifier +_Artiaco villa supra fluvium Ararim_ avec Arcy (Saône-et-Loire, arr. +de Charolles, canton de Marcigny, comm. de Vindecy), cette localité +n'étant pas sur la Saône. M.-P. Gautier qui vient de rééditer le +diplôme d'après l'original (_Étude sur un diplôme de Robert le Pieux_ +dans le _Moyen Age_, t. XXII, 1909, p. 281) identifie _Artiaco villa_ +avec Arsoncourt. C'est plutôt Arciat, Saône-et-Loire, arr. de Mâcon, +cant. de La Chapelle-de-Guinchay, comm. de Crèches-sur-Saône.] + +[Footnote 148: Il avait visité l'église Saint-Symphorien, suivi d'une +pompeuse escorte. Les chanoines profitèrent de l'occasion pour se +faire accorder diverses concessions. Le diplôme fut souscrit par +Adélaïde, mère de Raoul, et par un certain nombre de seigneurs +bourguignons présents, appartenant à la famille comtale de Dijon. +Thiroux, _Hist. des comtes d'Autun_, p. 119.] + +[Footnote 149: Flod., _Ann._, a. 925.] + +[Footnote 150: Richer, _Hist_., I, c. 50.] + +[Footnote 151: Flod., _Ann_., a. 925. Richer (I, 50) prétend que +Rollon périt au cours de ces combats. Cf. Dudon de Saint-Quentin, _De +moribus_, éd. Lair, introd., p. 77.] + +[Footnote 152: Flod., ibid.] + +[Footnote 153: Flod., _Ann_., a. 925.] + +[Footnote 154: Charte de Thion, vicomte de Paris (23 août 925) dans +Mabillon, _Ann_. _Bened_., III, 384.] + +[Footnote 155: _Liber de diversis casibus coenobii Dervensis_ +(Mabillon, _Acta SS. ord. S. Bened._, saec. II, col. 846-847).] + +[Footnote 156: Flod., _Ann_., a. 925; Waitz, _Heinrich I_, p. 81.] + +[Footnote 157: Flod., ibid.] + +[Footnote 158: _Contin. Reginon._, a. 923.] + +[Footnote 159: Flod., _Ann._, a. 926; _Ann. Virdun._ (_M.G.h., Scr._, +IV, 8); _Hist. episcopor. Virdun. cont._ (_Scr._, IV, 45); _Ann. S. +Benigni Divion._ (_Scr._, IV, 8); Hugues de Flavigny, _Chron._ +(_Scr._, VIII, 358).] + +[Footnote 160: Parisot, _Le royaume de Lorraine_, p. 675; K. Wittich, +_Die Enlstehung des Herzogthums Lothringen_ (Göttingen, 1862, in-8), +p. 114; _Recueil des chartes de l'abbaye de Stavelot-Malmédy_, éd. +Halkin et Roland (_Acad. roy. de Belgique_, Bruxelles, 1909), n° 56 +(charte de 926, datée de l'an 4 du règne d'Henri Ier); _Cartulaire de +Gorze_, éd. d'Herbomez, n° 92 (charte de 933, datée de l'an 8 du règne +d'Henri Ier, en Lorraine); Wauters, _Table chronologique des chartes +et diplômes impr. concernant l'hist. de Belgique_, t. I, p. 340 +(charte du duc Gilbert, datée de DCCCCXXVIII, _anno vero V domini +Henrici serenissimi regis super regnum quondam Lotharii, indictione +I_). Dès 924 on datait des années d'Henri Ier à Trèves et à Stavelot +(Wauters, _op. cit._, t. I, p. 338).] + +[Footnote 161: Flod., _Ann._, a. 925; _Hist. eccl. Rem._, IV, 19 et +35.] + +[Footnote 162: Flod., _Hist. eccl. Rem_., IV, 18.] + +[Footnote 163: Flod., ibid.] + +[Footnote 164: Flod., _Hist. eccl. Rem_., IV, 19.] + +[Footnote 165: Jaffé-Löwenfeld, _Regesta pontif. roman_., no 3570 (17 +février 926).] + +[Footnote 166: Flod., _Hist. eccl. Rom._, IV, 20 et 35; Richer, I, +55.] + +[Footnote 167: Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer. Il semble, en effet, +qu'il faille identifier la bataille livrée par Raoul aux Normands, en +Artois, d'après Flodoard, avec le combat de Fauquembergue, mentionné +par Folcuin dans les _Gesta abbatum Sithiensium_, c. 101 (M.G.h., +_Scr._, XIII, 626).] + +[Footnote 168: Flod., _Ann._, a. 926.] + +[Footnote 169: Ardennes, arr. de Vouziers, cant. d'Attigny.] + +[Footnote 170: Flod., _Hist. eccl. Rom._, IV, 21; _Miracula S. Apri_, +c. 22; _Miracula S. Basoli_, c. 7 (M.G.h., _Scr._, IV, 517); _Ann. S. +Vincentii Mett._. (Scr., III 157); _Gesta episcopor. Mettens_. (Scr., +X, 541); _Miracula S. Deicoli_ (Duchesne, Scr., III, 422); _Polypl. +Virdunense_ (Scr., IV, 38); charte de Saint-Maximin de Trèves (926) +dans Reyer, _Millelrhein. Urkandenbach_ (Coblentz, 1860), t. I, n° +167: «... depopulantibus Agarenis pene totum regnum Belgicae +Galliae».--Voy. aussi Dussieux, _Invasions des Hongrois_, p. 11.] + +[Footnote 171: Flod., _Ann._, a. 920; _Hist. de Languedoc_, nouv. éd. +III, 101.] + +[Footnote 172: R. de Lespinasse, _Le Nivernais et les comtes de +Nevers_, t l. I (Paris, 1909, in-8), p. 173. Il existe une monnaie de +Nevers à l'effigie de Raoul. Soultrail. _Essai sur la numismatique +nivernaise_ (Paris, 1854, in 4), p. 20] + +[173][Footnote 173: 4. Flod., _Ann._, a. 926; _Ann. Augienses_ (M.G. +h., Scr., II, 68); Ekkehard, _Casas S. Galli_ (Scr., II, 110). Voy. +Waitz, Heinrich I, p. 88.] + +[Footnote 174: A. Giry, _Études carolingiennes_, dans les _Études +d'histoire du moyen âge dédiées à Gabriel Monod_ (Paris, 1896, in-8), +p. 134, n° 26; Nicolas Vignier, _Bibl. historiale_, t. II (1588, +in-fol.), p. 551.] + +[Footnote 175: Flod., _Ann._, a. 926, _in fine._ Voy. W.G. Searle, +_Anglo-saxon bishops, kings and nobles_ (Cambridge, 1899, in-8), p. +346.] + +[Footnote 176: Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_, +n° CIII (130).] + + + + +CHAPITRE IV + +LA LUTTE CONTRE HERBERT DE VERMANDOIS. + +PREMIÈRE PÉRIODE. + +Dès la fin de l'année 926, éclata la rupture prévue depuis longtemps +entre Raoul et Herbert, dont le rôle, même lorsqu'il était en +apparence dévoué au roi, était en réalité fort équivoque. Le comté de +Laon devint vacant par suite du décès de Roger, partisan dévoué de +Raoul[177]. Herbert avait déjà mis la main sur Péronne en 924, et sur +Reims, depuis la mort de Séulf (925): il voulut profiter de la mort de +Roger pour s'installer à Laon. Fidèle à ses plans ambitieux, il +continuait l'extension méthodique de ses domaines à l'aide d'intrigues +incessantes. Il eut l'audace de revendiquer le comté de Laon pour son +fils Eudes. Cette fois, Raoul se montra moins conciliant qu'à +l'ordinaire. Laon était la place forte par excellence et comme la +capitale du roi de France qui, même après l'avoir inféodé, y gardait +toujours la haute main sur les affaires[178]. La perdre c'eût été +renoncer à tout point d'appui dans le nord, et se résigner à n'être +qu'un duc-roi de Bourgogne. D'ailleurs la tendance à l'hérédité des +bénéfices avait été déjà officiellement constatée dans le capitulaire +de Quiersy-sur-Oise, et ce principe féodal était désormais admis et +appliqué partout. Or Roger de Laon laissait un fils, du même nom que +lui, qui devait recueillir sa succession: Raoul ne fit que sanctionner +le droit établi, en favorisant la transmission héréditaire, sans égard +pour les prétentions adverses. Herbert fut ainsi cruellement déçu dans +sa rapacité, parce qu'il avait demandé trop, c'est-à-dire le peu qui +restait à la royauté affaiblie. Dès lors on put voir que sa fidélité +envers Raoul n'était que le résultat d'un calcul intéressé: elle +disparut comme par enchantement, en même temps que les largesses +royales. Heureusement pour Raoul, son beau-frère Hugues, depuis son +mariage avec Eadhild, s'était quelque peu éloigné d'Herbert. + +L'attitude de Hugues, neveu d'Herbert II par sa mère Béatrice de +Vermandois[179], n'avait pas toujours été empreinte d'une égale +cordialité à l'égard du roi. Il semble qu'il ait jusque-là voulu se +soustraire à son ascendant. Malgré la grande part qu'il avait prise à +son élection, il s'était tenu, dans certaines circonstances, sur une +réserve qui pouvait presque passer pour de l'hostilité. C'est ainsi +qu'il avait traité avec les Normands aux moments les moins opportuns +pour Raoul. Il avait, par son attitude, grandement favorisé les +projets ambitieux d'Herbert. Jamais il ne figure dans les diplômes +royaux comme impétrant, et son nom ne se voit pas au bas des actes, à +côté de ceux des conseillers habituels du souverain. Mais depuis que, +par l'occupation de Reims et la revendication de Laon, la tactique +d'Herbert apparaît plus nettement, Hugues se rapproche visiblement de +Raoul, comme si un sentiment de jalousie ou de crainte s'était éveillé +en lui. Il commence à se départir du rôle de simple spectateur des +événements, qu'il avait joué jusqu'alors. Néanmoins il eut l'habileté +de ne point rompre brusquement avec le comte de Vermandois, qui dut +tout mettre en oeuvre pour le retenir dans son parti, et même il se +laissa conduire à une entrevue qu'Herbert sollicita du roi de +Germanie[180]. Cette démarche, à la suite de la perte de la Lorraine, +était un acte peu amical vis-à-vis de Raoul. C'était en même temps un +acte contraire au patriotisme tel que nous l'entendons aujourd'hui. +Quoique nous ne puissions nous flatter le moins du monde de découvrir +les sentiments véritables des hommes de cette époque, il est clair +cependant que la démarche des deux plus puissants vassaux de la France +septentrionale auprès de l'ennemi de leur suzerain était, au moins au +point de vue féodal, un acte de félonie caractérisé[181]. + +Henri se montra naturellement fort bien disposé envers ses hôtes +insolites, dont il pouvait beaucoup attendre. Des présents furent +échangés, et pour bien affirmer sa suzeraineté en Lorraine devant les +Français, le roi de Germanie disposa de l'évêché de Metz, devenu +vacant par la mort de Guerri, en le donnant à un clerc appelé Bennon, +au mépris du droit d'élection des Messins[182]. + +Au retour de cette visite inconvenante, qui décèle l'extraordinaire +besoin d'intrigue de son esprit inquiet, Herbert sentit qu'il avait +besoin de relever son prestige. La lutte contre les Normands était le +plus sûr moyen de gagner un peu de popularité. Comme Raoul venait de +traiter avec les Normands de la Seine, Herbert et Hugues firent une +expédition contre ceux de la Loire: mais cette entreprise se termina +sans action d'éclat. L'ennemi fut assiégé pendant cinq semaines; après +quoi il y eut échange d'otages et nouvel abandon du comté de Nantes +aux Normands[183]. C'est au cours de cette campagne qu'on a voulu +placer sans aucune raison sérieuse la mort d'Enjeuger, fils de +Foulques d'Anjou[184]. Herbert chercha ensuite à gagner le clergé. +Comme administrateur du temporel de l'archevêché de Reims, il réunit à +Trosly un synode composé de six évêques, malgré la défense formelle de +Raoul qui l'avait prié de différer et de venir le trouver à Compiègne. +Le fils d'Helgaud de Ponthieu, Héloin, le vaillant adversaire des +Normands, y fut convoqué et condamné à une pénitence publique «pour +crime de bigamie». Cette sentence était faite pour plaire aux +Normands[185]. Il est probable qu'Herbert profita de cette réunion +pour intriguer contre Raoul, car nous le voyons, après avoir refusé de +se rendre à Compiègne, tenter un coup de main sur Laon. L'entreprise +échoua, parce que Raoul avait eu le temps d'y envoyer en hâte une +garnison qu'il suivit lui-même peu de temps après. + +Herbert jeta alors complètement le masque. Voyant l'impossibilité de +se faire reconnaître comme roi à la place du duc de Bourgogne, depuis +que Hugues avait épousé la belle-soeur du roi Charles, il imagina +d'opposer au roi Raoul le malheureux Carolingien, qu'il tira de +prison, pour forcer Hugues à garder la neutralité entre ses deux +beaux-frères. Il comptait sans doute, une fois qu'il serait débarrassé +de Raoul ainsi isolé, en finir ensuite promptement avec Charles. + +Depuis sa captivité, l'infortuné souverain avait été gardé prisonnier +au donjon de Château-Thierry, jusque vers la fin de 924. A cette +époque, sa prison devint inopinément la proie des flammes, sans qu'il +y ait lieu de supposer aucun acte de malveillance, ni aucune tentative +d'évasion; il fut sauvé: de l'incendie et transféré alors, +semble-t-il, à Péronne[186]. En 927, Herbert l'installa dans la +capitale du Vermandois, à Saint-Quentin, et déclara qu'il le +considérait de nouveau comme roi. + +Raoul se mit immédiatement sur la défensive, et pour prendre les +dernières mesures se rendit en Bourgogne. Le 9 septembre il était à +Briare, où il confirma les privilèges de l'abbaye de Cluny[187]. La +mort de Guillaume II d'Aquitaine, survenue dans l'été de 927[188], +l'avait sans doute déterminé à se rendre sur la Loire. Le duc Affré +succéda à son frère dont il adopta la politique abstentionniste. Le +seigneur de Déols, Ebbon, puissant feudataire du Berry, n'en vint pas +moins solliciter du roi l'immunité pour le monastère qu'il venait de +fonder[189], et les chartes du Puy, de Brioude, de Cahors, de Beaulieu +et de Tulle furent encore datées des années du règne de Raoul. + +Les fils de Roger de Laon faisaient bonne garde dans la cité, où leur +attitude justifiait pleinement la confiance du roi. La reine Emma, +femme d'un esprit supérieur et d'un courage viril, veillait en +personne à la défense de la forteresse royale. La vaillante garnison +se hasarda même, au cours d'une sortie, à pousser jusqu'à Coucy, +dépendance de l'église de Reims, dont elle ravagea les environs[190]. + +De son côté, Herbert ne perdait pas de temps. Il s'occupait activement +de fortifier ses alliances. Devenu le champion du roi Charles, il +s'adressa aux fidèles alliés de celui-ci, les Normands. Ces derniers +oublièrent bien vite tous les traités conclus avec le roi Raoul dont +ils étaient avides de tirer vengeance. Déjà même ils avaient réussi à +rentrer dans Eu. En cette ville, précisément, Rollon et son fils +Guillaume, qu'il s'était déjà associé selon Dudon de Saint-Quentin, +conclurent une alliance avec Herbert, et Rollon prêta l'hommage à +Charles[191]. Rollon ne consentit toutefois à ce nouveau rapprochement +qu'après s'être fait donner des sûretés: il exigea comme otage Eudes, +le propre fils du comte de Vermandois, dont il avait de justes motifs +pour redouter l'inconstance. Enfin Raoul parut à la tête d'une armée +bourguignonne, au moment de la Noël, dans la France du nord, et il s'y +conduisit comme en pays ennemi, portant en tous lieux sur son passage +la ruine et l'incendie[192]. Hugues comprit immédiatement que le rôle +de médiateur lui incombait. Il accourut au-devant de Raoul et +l'accompagna jusque sur les rives de l'Oise, où l'attendait Herbert. +Sur son intervention, un arrangement fut ménagé entre le roi et son +vassal: Herbert fournit des otages et s'engagea à se présenter à un +plaid dont la date fut fixée avant Pâques[193]. + +Raoul retourna en Bourgogne après avoir en vain tenté d'obtenir de sa +femme l'évacuation de Laon. Peut-être était-ce là une des conditions +de l'accord conclu, ou bien craignait-il une surprise de la ville par +Herbert et les Normands. Mais la courageuse reine refusa obstinément +d'abandonner cette forte place, dont la possession était devenue comme +le signe de la royauté. Elle comptait sans doute sur l'appui de son +frère Hugues en cas de danger imminent. + +Herbert se rendit à Reims et y rédigea une lettre adressée au pape +Jean X, dans laquelle il se posait en défenseur de la légitimité et en +exécuteur des prescriptions pontificales venues naguère de Rome en +faveur du roi Charles[194]. Il est piquant de constater à quel point +il avait modifié son attitude à l'égard du pape, depuis que ses +intérêts avaient changé. Mais il était trop tard. Jean X avait été +fait lui aussi prisonnier par Guy de Spolète, et son successeur Léon +VI paraît s'être désintéressé complètement du sort de Charles le +Simple. Les démarches d'Herbert restèrent sans résultat. + +Certains historiens, comme Mabille, ont voulu mettre en rapport avec +la restauration de Charles le transfert du comté d'Auvergne avec le +duché d'Aquitaine, à la maison de Poitiers, après la mort de +Guillaume. Les deux événements eurent lieu, en effet, la même année. +Mais il n'est pas démontré qu'Èbles Manzer, comte de Poitiers, ait +fait valoir ses droits à cette succession, à laquelle il pouvait +prétendre comme fils du duc d'Aquitaine Renoul II, et l'appui de +Charles ne lui aurait été de nul profit en ces conjonctures. Affré +succéda à son frère Guillaume, dans ses fiefs et honneurs, et, à la +mort de celui-ci, survenue un an après celle de Guillaume, +Raimond-Pons de Toulouse apparaît comme duc. C'est seulement le fils +d'Èbles, Guillaume Tête-d'Étoupe, qui a porté les titres de duc +d'Aquitaine et comte d'Auvergne. Èbles ne s'est jamais intitulé dans +ses diplômes que comte de Poitiers: _misericordia Dei Pictavorum +[h]umilis comes_[195]. + +Le roi Raoul eut avec Herbert, pendant le carême, l'entrevue qui avait +été antérieurement fixée[196]. Il dut y être question de la possession +de Laon, car peu après la reine Emma abandonnant la ville se retirait +en Bourgogne. Herbert entra immédiatement en possession de l'objet de +ses convoitises, et cette circonstance semble avoir décidé Hugues à se +rapprocher du parti vermandois. Herbert se rendant auprès de Rollon +tint à se faire accompagner par Hugues, dont il espérait bien se +servir auprès du chef des Normands pour obtenir la restitution de son +fils. Hugues céda, et l'on eut le curieux spectacle du petit-fils de +Robert le Fort, le glorieux adversaire des Normands, assistant à une +conférence réclamée par ceux-ci, où leur chef Rollon jouait le rôle +capital et lui enjoignait ainsi qu'aux autres comtes et évêques +français présents, d'avoir à reconnaître solennellement le roi Charles +pour leur suzerain légitime. Et le propre fils de Rollon, Guillaume +Longue-Épée leur donna l'exemple, en prêtant le premier l'hommage au +Carolingien. A la suite de ce prodigieux succès de la diplomatie +normande, Rollon consentit à rendre au comte de Vermandois son fils +Eudes, et une alliance fut conclue entre Français et Normands[197]. + +L'hégémonie du Vermandois n'était pas admise par tout le monde sans +contestation. La famille des comtes de Laon composée de Roger et de +ses frères, lésée par la cession de la ville à Herbert, resta +naturellement attachée au roi Raoul. Leurs domaines confinaient à la +partie nord du Vermandois. Il n'en fallut pas davantage pour que le +comte de Vermandois allât assiéger et détruire leur château-fort de +Mortagne, au confluent de l'Escaut et de la Scarpe[198]. + + +L'évêque de Soissons Abbon, auparavant partisan d Herbert, devenu +archichancelier royal, perdit le vicariat du diocèse de Reims, où il +fut remplacé par l'évêque fugitif d'Aix-en-Provence, Odalric, chassé +de son siège par les Sarrasins. Pour prix de ses bons offices, le +nouveau vicaire ne reçut d'Herbert que l'abbaye de Saint-Timothée avec +une prébende de chanoine[199]. + +Le frère du roi Raoul, Boson, qui s'accommodait avec peine de la +suzeraineté saxonne imposée aux Lorrains, souleva sur ces entrefaites +de nouvelles difficultés, en se querellant avec ses voisins, en +s'emparant par force de possessions ecclésiastiques (abbayes et +domaines des évêchés de Verdun et de Metz) et enfin en refusant de +tenir compte des injonctions du roi Henri. Celui-ci entra en campagne +contre le récalcitrant, passa le Rhin «avec une multitude de Germains» +et vint sur la Meuse assiéger son château de _Durofostum_[200]. En +même temps il entra en pourparlers avec lui par la voie d'une +ambassade, promettant la paix, à condition qu'il vînt le trouver en +personne. On le voit, Henri n'osait traiter le frère de Raoul comme un +vassal ordinaire. Il alla jusqu'à lui donner des otages pour lui +garantir la sécurité au cours de la démarche qu'il en sollicitait. +Boson consentit alors à se présenter devant le roi, lui promit sous +serment «fidélité et paix au royaume[201]», restitua à leurs +possesseurs les biens qu'il avait usurpés et en obtint d'autres en +échange; enfin il se réconcilia, de même que Renier II, avec Gilbert +et tous les autres seigneurs lorrains. Cette rapide solution eut dans +la suite une conséquence heureuse pour Raoul: Herbert et Hugues étant +venus faire, après leur entrevue avec Rollon, une nouvelle démarche +auprès d'Henri, pour le décider à intervenir en faveur du Carolingien, +ils n'obtinrent aucun succès[202]. Henri, satisfait de la pacification +de la Lorraine, ne pouvait prendre les armes contre le frère d'un +vassal avec lequel il venait de se remettre. Il lui suffisait du reste +que Raoul fût empêché par des difficultés d'ordre intérieur de +revendiquer la Lorraine, et il avait plutôt à redouter un réveil de +loyalisme envers le Carolingien, si jamais Charles parvenait à +ressaisir effectivement le pouvoir suprême. + +Cette attitude du roi de Germanie jointe à l'abstention forcée du pape +Jean X[203] et à l'inaction des Normands et des Aquitains, partisans +français de la dynastie carolingienne, amena un revirement complet +défavorable à Herbert. L'habile plan du rusé seigneur avait en somme +assez piteusement échoué. Il n'avait pas réussi à créer en faveur de +son malheureux jouet le courant de sympathie qu'il avait espéré +exploiter à son profit. Tout ce qu'il avait pu faire avait été de +condamner Raoul à l'impuissance politique, en assurant ainsi la +Lorraine au roi de Germanie. Mécontent de voir rester sourd à son +appel ce prince dont il avait escompté l'appui, il se décida à se +rapprocher de Raoul, et il sut encore se faire payer fort cher cette +apparente soumission. Il se rendit auprès du roi, et moyennant un +nouvel hommage solennel, qui lui coûtait peu, il obtint la cession +définitive de Laon, et peut-être la promesse d'avantages pour ses +fils, si l'on en juge par ce qui suivit. Herbert était ainsi parvenu à +persuader Raoul, après Hugues, de la prétendue nécessité qu'il y avait +pour lui de posséder Laon. Il avait fait valoir le besoin d'assurer +des apanages à ses enfants, mais cet apparent souci de père de famille +besogneux masquait mal son évidente ambition personnelle. La victime +de la paix fut encore l'infortuné Charles, trahi pour la seconde fois: +son semblant de souveraineté passagère se transforma en une nouvelle +et trop réelle captivité[204]. Cette même année, le 5 juin, mourait +l'empereur Louis l'Aveugle. Le roi d'Italie Hugues accourut aussitôt +en Provence, pour y fortifier son autorité déjà existante de fait. Le +seul héritier du trône, le bâtard Charles-Constantin, avait possédé le +comté de Vienne depuis 926, pendant les dernières années de son père: +il en fut, semble-t-il, dépouillé en même temps que du pouvoir suprême +qu'il aurait dû recueillir. En novembre 928, le roi Hugues paraît à +Vienne, où il se rencontre avec le roi Raoul qui était le propre +cousin germain de Louis l'Aveugle. Les négociations entre les deux +prétendants sont malheureusement inconnues. Nous ne pouvons en juger +que d'après les résultats. Le comte de Vermandois, réconcilié depuis +peu avec son suzerain, sut encore négocier assez habilement afin de se +faire concéder «la province de Viennoise» pour son fils Eudes[205]. +Ainsi cet ambitieux seigneur s'efforçait de fonder pour sa maison un +centre d'influence situé au midi, dans un pays dépendant de l'ancien +royaume de Boson. Ces domaines devaient venir s'ajouter aux +dépendances bourguignonnes de l'archevêché de Reims, dont Herbert +était administrateur[206]. Cette combinaison, fort bien imaginée, +n'eut pas néanmoins la suite qu'espérait le comte de Vermandois. +Vienne demeura d'abord temporairement sous la domination de son +archevêque faisant fonctions de vicomte, et, bientôt après, +Charles-Constantin dut rentrer en possession de ses droits, car au +commencement de 931 on le voit maître de la cité où jamais Eudes de +Vermandois ne semble avoir exercé la moindre autorité. Raoul eut +néanmoins dès lors la suzeraineté effective sur le Viennois. + +Après avoir ainsi satisfait, autant qu'il était en mesure de le faire, +les appétits d'Herbert, Raoul, peut-être sous l'influence de Hugues, +beau-frère du Carolingien, s'enquit du sort de l'infortuné Charles. +Il se rendit à Reims où Herbert le tenait sous bonne garde. Raoul +aborda respectueusement son ancien souverain, lui offrit des présents +de valeur, et lui fit remise du fisc royal d'Attigny, peut-être aussi +de celui de Ponthion-sur-l'Ornain[207]. Aucun arrangement, aucun +compromis ne paraît être intervenu entre eux. Il est toutefois certain +que l'acceptation par Charles des dons de Raoul constituait une +véritable abdication tacite. On ne saurait admettre, en effet, avec +Leibniz[208], que Raoul eût reçu de Charles l'investiture du royaume à +titre de vassal: c'est tout à fait contraire aux termes précis et +formels qu'emploie l'historien Flodoard pour relater le fait dans ses +_Annales_[209], et une telle hypothèse est bien hardie, en l'absence +de tout précédent du même genre. On ne peut non plus souscrire à +l'opinion de ceux qui ont qualifié d'outrageante la démarche de Raoul: +c'était à la fois un acte chevaleresque envers un adversaire +malheureux, auquel il témoignait des égards, et une mesure de bonne +politique, propre à lui concilier les partisans du Carolingien. Les +fidèles obstinés qui persévérèrent à refuser de reconnaître Raoul +après l'entrevue de Reims, n'étaient en réalité que des vassaux +indisciplinés s'accommodant mieux d'un fantôme de roi que d'un +véritable souverain. + +Nous ignorons si Charles put jouir d'une liberté relative à partir de +ce moment. Il est plutôt croyable qu'Herbert ne tint nul compte de la +démarche de Raoul, et il est même probable qu'il en prit ombrage et y +trouva prétexte pour redoubler de vigilance auprès de sa misérable +victime: il n'avait pas encore renoncé à s'en servir, le cas échéant! +Flodoard rapporte, en effet, que Charles mourut à Péronne, +c'est-à-dire au pouvoir du comte de Vermandois. Divers chroniqueurs le +qualifient de martyr et le font expirer en prison, donnant de ses +derniers moments une description émouvante, qui, vraie ou fausse, nous +révèle en tout cas, très nettement, la pénible impression produite par +cet événement sur les contemporains. La date du décès est le 7 octobre +929: Charles fut enseveli en l'église Saint-Fursy de Péronne[210]. + +Les vassaux aquitains et méridionaux voyaient ainsi disparaître le +dernier obstacle qui les empêchât de faire le pas décisif vers la +réconciliation avec Raoul. Cependant ils s'abstinrent d'entrer dans +cette voie, tant était grand chez eux le désir de conserver leur +indépendance. On le constate par les formules de datation employées +dans leurs actes: ils calculent les années à partir de la mort de +Charles, en ajoutant que «Dieu ou le Christ règne». Certains vont même +jusqu'à désigner fictivement comme successeur de Charles son fils +Louis, réfugié en Angleterre à la cour de son oncle Athelstan[211]. +Toutefois en Rouergue, à Conques, on finit par abandonner cette +manière de démonstration platonique, et on se décida à reconnaître +Raoul comme roi[212]. + + + + + +FOOTNOTES: + +[Footnote 177: Flod., _Ann._, a. 926. La mort de Roger avait suivi de +peu celle de son prédécesseur Raoul de Gouy, fils d'Héluis. Roger +était son beau-frère. La succession si rapide de ces décès, dont +Herbert chercha à profiter, fait nécessairement songer aux accusations +d'empoisonneur lancées contre Herbert, au dire de Flodoard.] + +[Footnote 178: Ainsi lorsque, vers 925, l'évêque de Laon Alleaume +voulut établir des chanoines à Saint-Vincent, c'est à Raoul qu'il +s'adressa pour obtenir confirmation. _Recueil des historiens de +France_, IX, 568 (acte incomplet de la fin).] + +[Footnote 179: A. de Barthélemy, _Les origines de la maison de +France_, dans la _Revue des questions hist._, t. VII, année 1873, p. +123; Lot, _Les derniers Carolingiens_, p. 359 et 377.] + +[Footnote 180: Flod., _Ann._, a. 927.] + +[Footnote 181: Sur cette question de la naissance des sentiments de +nationalité au Xe siècle, cf. G. Monod, _Du rôle de l'opposition des +races et des nationalités dans la dissolution de l'empire carolingien +(Annuaire de l'École pratique des hautes études_, section des sciences +hist. et phil., 1896, p. 5).] + +[Footnote 182: Flod., ibid.--Cf. Waitz, _Heinrich I_, p. 119.] + +[Footnote 183: Flod., _Ann._, a. 927; _Chronique de Nantes_, éd. R. +Merlet, p. 87-88.] + +[Footnote 184: Lippert, p. 60. Tout ce que l'on sait d'Enjeuger, c'est +qu'il était mort en combattant les Normands, avant 929. _Gesta consul. +Andegavor. (Chron. d'Anjou_, éd. Marchegay et Salmon, p. 66); _Cartul. +de Saint-Aubin d'Angers_, éd. Bertrand de Broussillon, n° 177; I. +Halphen, _Le comté d'Anjou au XIe siècle_, p. 2.] + +[Footnote 185: Il est probable qu'Herbert avait eu aussi en vue la +confiscation du fief d'Héloin, soit à son profit personnel, soit au +profit de Hugues le Grand, suzerain d'Héloin. Mais il semble avoir +échoué sur ce point. Cf. Flod., _Ann._, a. 927; _Hist. eccl. Rem._, +IV, 21; Richer, I, 52.] + +[Footnote 186: Flod., _Ann._, a. 924; Aimoin, _Miracula S. Benedicti_, +II, 3 (éd. de Certain, p. 99); Eckel, _Charles le Simple_, pp. 127 et +130.] + +[Footnote 187: _Recueil des chartes de Cluny_, I, 281, n° 285.] + +[Footnote 188: Il mourut entre avril et septembre, probablement avant +le 3 juin. Cf. _Ann. Masciacenses_, a. 927 (_M.G.h., Scr._, III, +169-170); Adémar de Chabannes, _Chron._, éd. Chavanon, p. 143. Voy. +Baluze, _Hist. généal. de la maison d'Auvergne_, I, 21, II, pr., p. +18; _Hist. de Languedoc_, nouv. éd., III, 104.] + +[Footnote 189: Diplôme de Raoul, de 927, dans _Recueil des historiens +de France_, IX, 570, d'après Besly, _Hist. des comtes de Poitou_, pr., +p. 239. Deux chartes d'Ebbon qui nous sont conservées en copie par les +mss. de la Bibl. nat. lat. 12777 (p. 214 et 224), 12820 (fol. 2 et 11) +et 6007 (fol. 117) sont datées, l'une de la 20e année du règne de +Charles le Simple et l'autre de la 5e année du règne de Raoul. Les +documents que nous venons de mentionner (diplôme et chartes) ont été +publiés en dernier lieu par Eug. Hubert (_Recueil général des chartes +intéressant le département de l'Indre, VIe-XIe siècle_, extr. de la +_Revue archéol. du Berry_ de 1899, p. 106, 112 et 115) qui n'a pas +connu tous les manuscrits cités.--Voy. aussi Raynal, _Hist. du Berry_, +t. I, p. 336.] + +[Footnote 190: Flod., _Ann._, a. 927.] + +[Footnote 191: Flod., ibid.; Dudon de Saint-Quentin, _De moribus_, éd. +Lair, pp. 77 et 170-181; _Ann. anglo-saxon_ (_M.G.h., Scr._, XIII, +108).] + +[Footnote 192: Flod., _Ann._, a. 928.] + +[Footnote 193: Flod., _Ann_., a. 928.] + +[Footnote 194: Richer, I, c. 54.] + +[Footnote 195: _Cartulaire de Saint-Cyprien de Poitiers_ (_Arch. hist. +du Poitou_, III), p. 318, n. 1; Mabille, _Le royaume d'Aquitaine et +ses marches sous les Carolingiens_ (Toulouse, 1870, in-4), p. 44 et +47; A. Richard, _Hist. des comtes de Poitou_, I, p. 62, n. 1 et 67; +Lot, _Fidèles ou vassaux?_, p. 54.] + +[Footnote 196: Flod., _Ann._, a. 928. Pâques tombait, en 928, le 13 +avril. Le carême commençait donc le 2 mars.] + +[Footnote 197: Flod., _Ann._, a. 928; _Hist. eccl. Rem._, IV, 21; +Richer, I, c. 53.--Le texte des Annales de Flodoard suppose que Rollon +vivait encore, et nous l'avons admis malgré l'assertion contraire de +Richer (I, 50) qui le fait périr à la prise d'Eu, en 925. Cf. Dudon de +Saint-Quentin, _De moribus_, éd. Lair, p. 77, M. Marion (_De +Normannorum ducum cum Capetianis pacta ruptaque societate_, Paris, +1892, in-8, p. 10) le fait vivre jusqu'en 931. Deville (_Dissertation +sur la mort de Rollon_, Rouen, 1841) place avec plus de raison la mort +de Rollon entre les années 928 et 932, sans préciser.] + +[Footnote 198: Flod., _Ann._, a. 928.--Mortagne-Nord, Nord. arr. de +Valenciennes, cant. de Saint-Amand-les-Eaux.] + +[Footnote 199: Flod., ibid., et _Hist. eccl. Rem_., IV, 21; Richer, I, +53 et 35. Cf. Albanès, _Gall. christ. noviss_., t. I, col. 41-42.] + +[Footnote 200: Flod., _Ann_., a. 928, éd. Lauer, p. 42, n. 5.] + +[Footnote 201: Il convient d'observer que Flodoard se sert des termes +suivants: «[Boso] venit ad cum eique fidelitatem et pacem regno +juramento promittit ...», au lieu d'employer le terme qu'il prend +généralement pour indiquer l'hommage ou la recommandation féodale: «se +committit illi».] + +[Footnote 202: Flod., _loc. cit._] + +[Footnote 203: Une ambassade d'Herbert était revenue de Rome sans +succès, apportant la nouvelle de l'emprisonnement du pape Jean X par +le marquis de Toscane, Guy, frère utérin de Hugues d'Arles, roi +d'Italie. Cf. Flod., _loc. cit.; Hist. eccl. Rem_., IV, 21; Richer, I, +54; Liudprand, _Antap_., III, 18, 43 (éd. Dümmler, pp. 61 et 73).] + +[Footnote 204: Flod., _Ann., a. 928; Hist. eccl. Rem_., IV, 22; +Richer, I, 54.] + +[Footnote 205: Flod., _Ann_., a. 928; Poupardin, _Le royaume de +Provence_, p. 225-227; _Le royaume de Bourgogne_, p. 59-60; G. de +Manteyer, _La Provence du premier au douzième siècle_ (Paris, 1908, +in-8), pp. 127 et suiv., 158-159.] + +[Footnote 206: En 924, l'archevêché de Reims avait obtenu la +restitution de toutes ses possessions légitimes.] + +[Footnote 207: Flod., _Ann., a. 928; Hist. eccl. Rem_., IV, 22; +Richer, I, 55.] + +[Footnote 208: Leibniz, _Annales imperii_, éd. Pertz, II, 388.] + +[Footnote 209: «Rodulfus rex ... pacem facit cum Karolo ...» _Ann., a. +928, in fine_.] + +[Footnote 210: Flod., _Ann._, a. 929; _Hist. Francor. Senon._ (_M.G. +h., Scr._, IX, 366) dont dérivent Richard le Poitevin et Orderic +Vital; Hugues de Flavigny, _Necrol._ (ibid., VIII, 287); Folcuin, +_Gesta abbat. Sith._, c. 102 (ibid., XIII, 626), donne la date du 16 +septembre. Richer (I, 56): «Karolus post haec tedio et angore +deficiens, in machronosiam decidit, humoribusque noxiis vexatus, post +multum languorem vita privatus est»; _Confin. Regin._, a. 925 (_Scr._, +I, 616); _Ann. Blandin., Lohiens., Elnon. min._, a. 924 (_Scr._, V, +24, II, 210, V, 19); Aimoin, _Miracula S. Bened._, II, 5 (éd. de +Certain, p. 104), dont dérivent Hugues de Fleury et la _Chronique de +Saint-Bénigne de Dijon_; _Chron. Turonense_ (éd. Salmon, _Recueil des +chroniques de Touraine_, p. 110); Sigebert de Gembloux, _Chrori._, a. +926 (_Scr._, VI, 347). Cf. J. Dournel, _Hist. gén. de Péronne_ (1879, +in-8), p. 35; Eustache de Sachy, _Essais sur l'hist. de Péronne_ +(Paris, 1866, in-8), p. 39-40, et Eckel, p. 134.] + +[Footnote 211: _Cartulaire du monastère de Gerri_, fol. 37, n° 516 +(Bibl. nat., _Coll. Moreau_, vol. V, fol. 75-77). _Chron. Nemausense_ +(_M.G.h., Scr._, III, 219): «Post cujus [Karoli] obitum fuerunt anni +septem sine legitimo rege, in quibus regnavit Rodulfus.»] + +[Footnote 212: _Cartulaire de l'abbaye de Conques_, éd. G. Desjardins, +nos 6, 91, 200, 208,291.] + + + + +CHAPITRE V + +LA LUTTE CONTRE HERBERT DE VERMANDOIS APRÈS LA MORT DE CHARLES LE +SIMPLE. + +Boson venait à peine de se remettre avec Henri Ier que déjà il était +mêlé à de nouvelles intrigues. L'abbesse de Chelles, Rohaut, tante de +Charles le Simple et belle-mère de Hugues le Grand, mourut le 22 mars +925[213]. C'était déjà à l'occasion de son abbaye, on s'en souvient, +que Robert et Hugues s'étaient soulevés contre Haganon en 922. Boson, +sans doute d'accord avec son frère Raoul, s'empara tout à coup de ce +riche monastère tant convoité, avec toutes ses dépendances, pour faire +pièce à Hugues. Il était assez naturel que Raoul pût donner un fief à +son frère alors que Hugues le contraignait à en céder un à Herbert. +Mais Hugues ne transigeait pas aussi facilement sur ses droits que sur +ceux des autres: immédiatement il réclama la restitution de Chelles, +et Herbert, son allié, en prit prétexte pour mettre la main sur la +principale place forte de Boson, le château de Vitry-en-Perthois. Un +armistice fut conclu jusqu'à la fin de mai, puis transformé en paix +définitive sur l'intervention du roi de Germanie. L'entreprise de +Boson aboutissait, en dernière analyse, à une nouvelle ingérence +étrangère en France, défavorable au prestige de Raoul[214]. + +Hugues et Herbert, de retour d'une conférence avec le roi Henri, +allèrent assiéger Montreuil, afin de soumettre le comte Héloin qui +affectait des allures d'indépendance. Ils le contraignirent à livrer +des otages. Mais bientôt leur union se trouva compromise par le +passage d'Héloin au parti de Hugues. Herbert s'en dédommagea en +attirant dans son camp Heudoin, vassal de Hugues[215]. + +Les Normands de la Loire étaient demeurés dans un calme relatif depuis +925. Au commencement de l'année 930, ils envahirent de nouveau +l'Aquitaine, pillèrent la Saintonge, l'Angoumois, le Périgord, et +pénétrèrent jusqu'en Limousin[216]. Raoul se porta au secours de +sujets qui lui étaient fidèles depuis le début de son règne. Il +atteignit les pillards au lieu dit _Ad Destricios_ et les anéantit +presque totalement[217]. La victoire eut un aussi grand retentissement +que jadis celle de Louis III à Saucourt, et, comme il arrive souvent, +ce succès en engendra un autre: une partie des Aquitains (les comtes +d'Auvergne, de Toulouse et de Rouergue) qui avaient pu juger de +l'efficacité de l'intervention royale, firent leur soumission. Cette +bataille devint légendaire dans le pays. C'est à elle qu'on rattache +les exploits du comte d'Angoulême Guillaume Taillefer[218], et Aimoin +y fait allusion lorsqu'il félicite Raoul d'avoir rendu la paix au pays +par son triomphe sur les Normands[219]. + +La défaite normande fut suivie du retour des moines dans leurs +couvents. Ceux de Charroux revinrent d'Angoulême où ils avaient +cherché refuge. Les reliques de saint Genoul furent rapportées à +Estrées, celles de saint Benoît à Saint-Benoît-sur-Loire, qui avait +échappé à Rögnvald[220]. + +Dans le nord, la mésintelligence entre Hugues et Herbert allait +croissant. Ernaut de Douai, vassal de Hugues, venait de passer au +parti d'Herbert, et des hostilités accompagnées de dévastations en +étaient résultées. Raoul quittant la Bourgogne où il était encore, le +23 mars, à Autun[221], s'interposa comme médiateur, réunit plusieurs +plaids et parvint à conclure un arrangement. Son frère Boson y fut +aussi compris. Herbert devait lui rendre Vitry[222]. On aperçoit ainsi +la raison intéressée de l'intervention de Raoul en faveur de Hugues. +Herbert le sentait bien et pour s'en venger, il provoqua la défection +d'Anseau, vassal de Boson, qui gardait Vitry, lui donnant Coucy comme +prix de sa trahison. Les représailles ne se firent pas attendre. +Boson, Gilbert et les Lorrains s'entendirent avec Hugues qui leur +faisait des avances, et tandis que Raoul retournait en Bourgogne, les +alliés ayant opéré leur jonction assiégeaient et prenaient Douai, dont +Roger de Laon fut investi par Hugues. Quant à Ernaut, réfugié auprès +d'Herbert, il fut dédommagé par la cession de Saint-Quentin. Boson +parvint à rentrer dans Vitry. Il enleva même Mouzon par ruse à +Herbert, mais celui-ci profita de la première absence de Boson, vers +la Noël, pour passer la Meuse à l'improviste et pénétrer dans la +place, dont les portes lui furent ouvertes par des amis: la garnison +lorraine fut faite prisonnière[223]. + +Herbert faisait face à tout par des prodiges d'adresse et d'activité, +mais sa situation était des plus mauvaises depuis sa rupture avec +Hugues. Raoul, au contraire, gagnait tous les jours en autorité. En +930, sa souveraineté s'était étendue en Aquitaine; l'année suivante il +affirma à nouveau sa suzeraineté sur l'importante partie du royaume de +Provence occupée par lui depuis 928. S'étant rendu avec une escorte en +Viennois, il reçut la soumission formelle de son neveu +Charles-Constantin, devenu comte de Vienne, au mépris des droits +consentis à Eudes de Vermandois[224]. C'était la preuve évidente de sa +rupture définitive avec Herbert. De là il se rendit «en pèlerinage» à +Saint-Martin de Tours, en réalité auprès de Hugues, dont il se +rapprochait de jour en jour davantage. Sa présence nous y est révélée +en mars par un diplôme qu'il délivra le 24 de ce mois, en faveur des +chanoines de Saint-Martin[225]. + +Bientôt après, il fut rappelé en Bourgogne par la nécessité de régler +de petites difficultés d'ordre intérieur, presque domestique. La reine +Emma, dont nous avons eu l'occasion de signaler à maintes reprises les +hautes capacités, apportait parfois dans ses actes d'administration la +hâte et l'acharnement irréfléchi qui déprécient le mérite de +l'énergie. + +Pour une raison inconnue, elle enleva le château d'Avallon au comte +Gilbert, fils de Manassès, l'ennemi de son père Robert 1er[226]. Elle +en fit autant à l'égard du monastère de Saint-Germain d'Auxerre +auquel, sous un prétexte futile, elle prit la _villa Quinciacum_ (en +Nivernais) pour en gratifier quelqu'un de ses gens. La légende ajoute +que saint Germain la punit de sa témérité en lui paralysant la langue, +châtiment qui lui fut tout particulièrement pénible. Elle se rendit au +monastère avec une escorte nombreuse et, suivant la chronique, obtint +la guérison à la suite du don de deux agrafes[227]. + +Gilbert de Dijon s'allia au comte Richard, fils de Garnier de Sens, et +opposa à Raoul une résistance si vive que celui-ci dut renoncer +momentanément à la briser, d'autant plus que de nouvelles +complications l'appelaient dans le nord[228]. + +Depuis la dernière expédition contre Herbert, Boson avait eu de +nouvelles difficultés avec le duc Gilbert. Pour la seconde fois il y +perdit son château de _Durofostum_, et Herbert en profita pour se +rapprocher de Gilbert. Boson quittant alors la suzeraineté du roi +Henri, beau-père de Gilbert, appela son frère Raoul, puis il se +dédommagea en tournant ses armes contre son voisin, l'évêque de +Châlons, Beuves, qui avait exercé des cruautés sur plusieurs de ses +gens et se trouvait en relations suivies avec le comte de Vermandois. +Châlons fut pris et incendié[229]. + +A la faveur de l'anarchie générale, le marquis de Flandre Arnoul +s'empara de Mortagne, place forte avantageusement située, au préjudice +des fils de Roger de Laon qui étaient parvenus à y rentrer. Raoul +parut alors dans la France septentrionale, se déclarant ouvertement +l'allié de Hugues et l'ennemi d'Herbert. Il enleva à ce dernier sa +forteresse de Denain et assiégea ensuite Arras. Herbert accourut avec +des renforts lorrains commandés par le duc Gilbert en personne. Raoul +et Hugues, d'une part, Herbert et Gilbert, de l'autre, étaient en +présence, à la tête de forces considérables. Une grande bataille +semblait imminente. Mais avec cet esprit à la fois politique, un peu +indécis et humanitaire qui caractérisait les acteurs de ces guerres +civiles, on entra en pourparlers pour éviter une effusion de sang +inutile, on discuta et on s'entendit pour conclure un armistice +jusqu'au 1er octobre[230]. Peut-être aussi Gilbert avait-il été retenu +par le scrupule de combattre son ancien suzerain, au moment où il +n'existait aucun trouble dans les relations entre celui-ci et Henri de +Germanie, son nouveau maître. + +A quelque temps de là, la garnison rémoise d'Herbert viola la trêve en +allant attaquer et détruire la forteresse de Braisne-sur-la-Vesle[231], +que Hugues avait enlevée naguère à l'archevêque de Rouen, Gonthard. +Raoul se décida alors à tenter un effort énergique contre la grande +cité métropolitaine, véritable centre de la résistance du parti +vermandois. Il essaya sans résultat d'entamer des négociations avec +le clergé et les habitants de Reims, afin d'obtenir, par leur +initiative, la nomination d'un véritable archevêque à la place du +jeune expectant Hugues. Ses démarches échouèrent parce qu'Herbert +avait réussi à s'attacher les Rémois par d'habiles largesses. Raoul +n'hésita plus à se porter en avant, avec toute son armée jointe à +celle de Hugues, sur Laon et Reims[232]. + +A son approche se manifestèrent les défections. Artaud, moine de +Saint-Remy, alla trouver Hugues, et par son attitude nettement hostile +à Herbert sut gagner ses bonnes grâces, dont il devait un peu plus +tard apprécier toute la valeur[233]. + +Herbert, réduit aux abois, ne trouva d'autre moyen d'échapper à une +capitulation désastreuse que de se réclamer de la suzeraineté +germanique. Il retourna près du roi Henri, en Lorraine, et lui prêta +de nouveau l'hommage. Mais Raoul le surveillait, sachant bien ce dont +il était capable. Il se rendit jusqu'à Attigny, d'où il envoya Hugues +en ambassade au roi Henri. Le roi de Germanie fut naturellement plus +sensible à cette démarche de conciliation d'un rival puissant qu'à +celle d'un seigneur discrédité et sans ressources[234]. Il n'était pas +disposé à profiter des avances d'un allié douteux, pour tenter une +intervention hasardeuse dans les querelles intestines d'un pays dont +le souverain ne lui témoignait aucune hostilité. Henri et Raoul se +considéraient tous les deux comme «rois des Francs» (_reges +Francorum_) quoique dans leurs diplômes ils ne prissent chacun que le +titre de _rex_[235]. Chacun avait été mis légitimement--selon la +conception germanique--à la tête d'une fraction de l'ancien «empire +franc» (_regnum Francorum_) divisé depuis la bataille de Fontenoy. La +Lorraine, l'ancien royaume intermédiaire (_media Francia_) entre la +France et la Germanie, n'avait pas réussi à préserver son +individualité contre les ambitions des deux nations voisines, ses +soeurs, et maintenant on la voyait passer de l'une à l'autre selon les +caprices de la politique. Henri et Raoul avaient pu éprouver, l'un et +l'autre, qu'ils devaient se borner à enregistrer la volonté de la +majorité des grands vassaux lorrains, les interventions à main armée, +pour peser sur leurs volontés, amenant le plus souvent des réactions +en sens contraire. La Lorraine reconnaissait à ce moment la +suzeraineté d'Henri: celui-ci sentait combien sa domination au delà du +Rhin était précaire, et c'eût été pour lui se jeter dans une aventure +dangereuse que d'ouvrir des hostilités injustifiées contre le roi des +«Francs de l'ouest». En 928 déjà, dans une circonstance analogue, il +avait refusé à Herbert et à Hugues, alors réunis contre leur suzerain, +de les aider effectivement: à plus forte raison devait-il agir de même +vis-à-vis d'Herbert seul. On ne voit donc guère pourquoi certains +auteurs ont trouvé étrange qu'Henri n'eût pas secouru Herbert devenu +son «vassal», et se sont laissé entraîner à supposer une +reconnaissance officielle, par le roi de France, de la suzeraineté +saxonne en Lorraine, pour expliquer l'attitude amicale d'Henri à +l'égard de Raoul dans ces conjonctures[236]. Les chroniqueurs +allemands n'eussent pas manqué de rapporter une telle clause. Or, ils +sont absolument muets et pour comprendre le cours des événements, il +suffit d'observer que la mobilité d'esprit d'Herbert et le mauvais +état de ses affaires n'étaient pas de nature à donner confiance à un +allié même entreprenant. D'autre part, en fait, la simple abstention +de toute intrigue en Lorraine pouvait être acceptée de la part de +Raoul, comme une concession précieuse. Il y avait enfin un intérêt +supérieur pour les deux rois à ne pas encourager les rébellions de +leurs vassaux respectifs. + +S'étant assuré de la neutralité du roi Henri, Raoul se concerta avec +le duc de France, auprès duquel nous le voyons le 21 mars 931, à +Tours, confirmant les possessions de Saint-Martin[237]. A la suite de +cet entretien, il marcha sur Reims, accompagné de Hugues, de Boson et +d'un grand nombre de comtes et d'évêques[238]. Le quartier général des +troupes royales était à Cormicy: les hommes d'armes pillaient le pays +environnant, et leurs lignes de campement s'étendaient jusqu'à +Bouffignereux, près de Laon[239]. + +Les évêques qui entouraient le roi insistèrent pour mettre fin à cette +interminable vacance du siège de Reims. Raoul s'y prêta d'autant plus +volontiers qu'il y voyait subordonné l'intérêt de sa politique, et il +envoya un message aux Rémois pour les y inviter. + +Les membres du clergé et les notables de Reims venus au camp +procédèrent à l'élection, après s'être assurés du consentement des +assiégés, qui ne fut pas obtenu sans difficulté. Le protégé de Hugues, +le moine fugitif de Saint-Remy, Artaud, fut élu. Ce choix d'un humble +ecclésiastique s'opposait à celui du seigneur féodal imposé par +Herbert: on pouvait être assuré que le nouvel archevêque ne subirait +aucune influence dictée par des intérêts de famille. L'élection, +approuvée par le pape, était canonique autant que le permettaient les +circonstances. Les dissensions entre les habitants et le découragement +de la garnison, livrée à ses seules ressources, décidèrent, au bout de +trois semaines, de la reddition de Reims. Le nouvel archevêque fit son +entrée dans la cité, où il fut consacré solennellement en présence de +dix-huit évêques[240]. + +On procéda ensuite au jugement d'un partisan d'Herbert, Beuves, évêque +de Châlons, qui était tombé entre les mains du roi (peut-être au cours +d'une sortie): il fut condamné à la destitution. Hugues se chargea de +le tenir sous bonne garde, et un religieux appelé Milon le remplaça +sur son siège. Le fils d'Herbert fut déclaré déchu de tout droit sur +l'archevêché de Reims. + +Raoul et ses alliés ne se tinrent pas pour satisfaits de leur rentrée +dans la grande cité métropolitaine du nord. Ils se portèrent sur Laon, +où s'était enfermé le comte de Vermandois. Se voyant dans +l'impossibilité de résister, Herbert sollicita et obtint libre passage +pour se retirer; mais à l'exemple de ce qu'avait fait naguère le roi, +il laissa sa femme dans la forteresse récemment édifiée par ses soins. +Celle-ci, après une belle défense, fut obligée de capituler[241]. La +royauté rentrée en possession de ses deux boulevards du nord, Reims et +Laon, était assurée par là même d'une nouvelle période de domination +effective et incontestée. + +Après cet important succès, Raoul se rendit au palais de Compiègne, et +le 7 octobre, il y délivra, à la prière de son précieux auxiliaire +Hugues, «marquis du royaume», le «très cher abbé», dans la chapelle +royale de Saint-Corneille, un diplôme renouvelant les privilèges +concédés à l'abbaye de Marmoutier par Charlemagne, Louis le Pieux, +Charles le Chauve et Eudes[242]. Il alla ensuite passer l'hiver en +Bourgogne, à surveiller les divisions intestines de l'Aquitaine et à +guerroyer contre ses vassaux révoltés Gilbert et Richard. Il enleva à +ces derniers plusieurs places fortes et les contraignit finalement à +se soumettre[243]. Le 28 décembre, étant à Auxerre, il concéda à son +fidèle Allard, à la femme et au neveu de celui-ci, Plectrude et +Geilon, sur la requête d'Anseïs, évêque de Troyes, et du comte de +Nevers, Geoffroy, l'abbaye de Saint-Paul en Sénonais avec des +dépendances en Gâtinais[244]. C'est alors pour la première fois +qu'Anseïs de Troyes paraît comme archichancelier, à la place d'Abbon +de Soissons devenu suspect à cause de ses complaisances pour le fils +d'Herbert II, Hugues, qu'il avait protégé a Reims[245]. Bientôt +l'affaire de l'évêché de Noyon rappela le roi dans le nord. Au décès +de l'évêque Airard, l'abbé de Corbie, Gaubert, avait d'abord été +choisi; mais un clerc ambitieux combattit cette élection, et avec +l'appui du comte d'Arras, Alleaume, qu'il introduisit traîtreusement +dans la cité, il s'appropria la dignité épiscopale[246]. + +Quelques hommes d'armes chassés brutalement de Noyon incitèrent les +habitants des faubourgs a expulser le nouveau prélat. Ils pénétrèrent +en ville, les uns en escaladant une fenêtre de la cathédrale, les +autres en mettant le feu à la porte. Le comte Alleaume, cherchant un +refuge dans la basilique, y fut massacré au pied même de l'autel. +Gaubert fut alors consacré par Artaud[247]. + +À la nouvelle de ces luttes, Raoul craignant de nouvelles +complications, avait regagné le nord. Herbert venait d'enlever Ham au +frère d'Héloin de Montreuil, Ébrard, qu'il avait fait prisonnier. +Raoul commença par se concerter avec Hugues. D'accord avec lui, il +rendit à Beuves de Châlons son évêché, puis, mécontent de l'attitude +d'Herbert à Noyon et Ham, il se jeta à l'improviste sur l'abbaye de +Saint-Médard de Soissons et en prit possession. Le comte de Vermandois +sentait à tel point son impuissance qu'il ne fit rien pour essayer d'y +pénétrer, une fois Raoul parti[248]. Les préoccupations royales +étaient depuis quelque temps dirigées d'un tout autre côté par suite +de l'entrée en scène inattendue des seigneurs méridionaux. Trois +d'entre eux, parmi les plus considérables, de ceux qui s'étaient +toujours tenus à l'écart de Raoul du vivant de Charles le Simple, +favorablement impressionnés par la prise de Reims sur le geôlier de +l'infortuné souverain, se décidèrent à prêter l'hommage: ce sont le +comte de Toulouse, Raimond-Pons III, son oncle le comte de Rouergue, +Ermengaud, et enfin le seigneur gascon Loup Aznar[249]. Certains +historiens ont cru nécessaire de supposer une expédition de Raoul en +Aquitaine, pour expliquer ce revirement si complet, surprenant au +premier abord par sa spontanéité[250]. En réalité, la prépondérance +politique, que Raoul avait réussi à gagner par son inlassable activité +depuis la mort de Charles, suffit à donner la clef de ce brusque +changement dans l'attitude des grands vassaux du midi. Ceux-ci +devaient, en effet, commencer à redouter de voir se tourner contre eux +les armes royales, victorieuses d'Herbert de Vermandois. + +A partir de cet acte solennel de soumission, les documents publics et +privés de l'Aquitaine et du Languedoc furent datés des années du règne +de Raoul, comptées depuis la mort de Charles le Simple. On revenait +ainsi implicitement sur le calcul d'un prétendu interrègne qu'on avait +fait pendant trois années: c'était la reconnaissance formelle de +l'irrégularité du procédé. Seule la Marche d'Espagne, où les comtes +avaient usurpé tous les droits régaliens, échappa à la suzeraineté de +Raoul; mais elle était située si loin, au delà des Pyrénées, qu'on ne +pouvait guère être tenté d'y faire une expédition pour s'assurer une +domination illusoire[251]. + +Il semble que Raimond de Toulouse ait reçu à l'occasion de sa +soumission la dignité de duc d'Aquitaine, dont on le voit revêtu par +la suite. On ne saurait dire cependant pourquoi cette dignité ne resta +pas attachée au comté de Poitiers, car Èbles de Poitiers, fils du duc +d'Aquitaine Renoul II, avait toujours été fidèle à Raoul. Il est à +supposer que ce changement fut nécessité par des circonstances d'ordre +politique, et peut-être même est-ce sur cette base que la soumission +de l'Aquitaine avait été négociée[252]. + +En juin 932, Raoul était en Lyonnais, à Anse, où le 19 de ce mois, il +confirmait, à la requête de Dalmace, les possessions de l'abbaye de +Montolieu sises dans le pays de Carcassonne, en Narbonnais et en +Razès, preuve manifeste de sa domination incontestée dans ces +régions[253]. Le 21 juin et le 1er juillet, à la demande de la reine +Emma et de son frère Hugues, il fit diverses libéralités au monastère +de Cluny, auquel il concéda même le droit de battre monnaie[254]. +Plusieurs chartes lyonnaises datées de son règne, en cette même année, +prouvent qu'il peut avoir été reconnu dans ce pays avant le traité +conclu entre Rodolphe II et Hugues d'Italie[255]. + +Pendant l'éloignement du roi, Hugues avait poursuivi les hostilités +contre Herbert. Avec le secours de plusieurs évêques, il avait assiégé +Amiens, occupé par les gens de ce dernier, et il réussit à se faire +livrer des otages; puis il marcha droit sur la capitale du Vermandois, +Saint-Quentin, et s'en empara au bout de deux mois de siège. Ces +succès déterminèrent le duc de Lorraine, Gilbert, à répondre aux +ouvertures de Hugues qui lui demandait son aide pour assiéger Péronne. +Malheureusement tous les assauts des Lorrains furent repoussés avec +pertes, et Gilbert découragé prit le parti de se retirer. Hugues sut +lui faire accepter avant son départ une entrevue avec Raoul[256]. + +Le roi avait coopéré à l'attaque infructueuse de Péronne. Il revint +encore en Vermandois, vers la fin de l'année, accompagné de Hugues, +pour assiéger Ham, et il força les habitants à livrer des otages. +D'autre part le marquis de Flandre, Arnoul, venait de mettre la main +sur Arras, en profitant du désarroi causé par la mort du comte +Alleaume, à Noyon[257]. Il ne restait plus à Herbert comme derniers +réduits que Péronne et Château-Thierry. On prit les mesures +nécessaires afin d'empêcher toute tentative de sa part pour rentrer à +Laon, à la suite du décès de l'évêque Gosbert (932): Engrand, doyen de +Saint-Médard de Soissons, qui dépendait à présent du roi, fut élu +immédiatement[258]. + +La situation du comte de Vermandois était si précaire qu'il essaya de +nouveau, comme en 931, d'obtenir l'appui d'Henri de Germanie; mais il +n'eut pas plus de succès qu'auparavant, ce souverain étant aux prises +avec des difficultés intérieures et engagé dans une guerre contre les +Hongrois. + +Au milieu de ces circonstances adverses, Herbert eut du moins la +satisfaction de voir son ancien partisan, l'évêque de Châlons, Beuves, +rétabli sur son siège par la faveur de Hugues, qu'il avait su se +concilier pendant sa captivité. Artaud réunit même un synode pour +excommunier son remplaçant éphémère, Milon, qui menaçait de troubler +la paix du diocèse[259]. + +L'archevêque de Reims reçut à quelque temps de là, au début de l'année +933, la récompense de cet acte de haute impartialité. Les députés +qu'il avait envoyés auprès du pape Jean XI, Gison et Amaury, revinrent +de Home, lui rapportant le _pallium_, l'insigne réservé aux seuls +archevêques[260]. Cette reconnaissance formelle par le Saint-Siège lui +était infiniment précieuse, car l'intronisation de Hugues se +Vermandois avait obtenu jadis l'assentiment du pape Jean X, et au +point de vue du droit canon, seule une décision pontificale pouvait en +réformer une autre. + +Vers 933 Rodolphe II, roi de Bourgogne, obtint de Hugues d'Italie +l'abandon de ses droits à la souveraineté sur la Provence, et +constitua ainsi le «royaume d'Arles»[261]. Raoul qui prétendait à la +suzeraineté sur Vienne, l'ancienne capitale des rois de Provence, +Boson et Louis, craignit de se trouver évincé par Rodolphe à la suite +de cet accord passé en dehors de lui. Il descendit avec une armée la +vallée du Rhône et se fit recevoir comme suzerain dans la cité, où +commandait Charles-Constantin[262]. D'autre part son frère Boson, +époux de Berthe, nièce de Hugues, en possession des comtés d'Arles et +d'Avignon, dominait en Provence depuis que son beau-père était parti +chercher fortune en Toscane[263]. Vers cette époque Raoul put +s'intituler avec raison, dans ses diplômes, _rex Francorum, +Aquitanorum et Burgundionum_[264]. Le roi de Germanie, Henri 1er, +occupé à combattre les Hongrois qu'il finit par écraser cette année +même sur les bords de l'Unstrutt (le 15 mars) n'avait pas pu +intervenir. + +Revenu dans le nord, Raoul obtint enfin la soumission de la Normandie: +le jeune «marquis» Guillaume, fils de Rollon, n'étant plus retenu par +ses obligations à l'égard de Charles le Simple, se décida à lui prêter +hommage. Il reçut en récompense une partie du littoral contigu à la +Bretagne, probablement l'Avranchin et le Cotentin[265]. Depuis +plusieurs années, déjà, la lutte la plus vive était engagée entre +Normands et Bretons. Un soulèvement général, suivi d'un massacre des +Normands de Félécan, avait eu lieu en 931[266]. Pris entre les deux +colonies scandinaves de la Seine et de la Loire, les Bretons avaient à +combattre sans cesse, sur leurs frontières, des envahisseurs obstinés +et intrépides, conduits par des chefs comme Ingon, qui paraît avoir +succédé à Rögnvald, ou Guillaume Longue-Épée. Ce dernier réussit à +avoir le dessus dans les combats livrés aux confins de la Bretagne, +mais il ne put jamais étendre sa suzeraineté sur la péninsule +elle-même où un peu plus tard le comte Alain Barbe-Torte, aidé par des +secours anglo-saxons, parvint à former une unité féodale solidement +constituée[267]. Guillaume avait néanmoins intérêt à faire confirmer +les droits concédés sur ce pays par Charles le Simple à son père et à +faire reconnaître la légitimité de ses dernières conquêtes. Ces +raisons se présentent naturellement à l'esprit, quand on cherche à +comprendre la cause du changement si considérable et si gros de +conséquences qui se produisit dans l'attitude de Guillaume. + +Encouragé par ce magnifique succès qui affermissait son pouvoir +souverain, Raoul reprit la lutte contre le Vermandois avec une +nouvelle ardeur. Accompagné de la reine Emma et d'une armée puissante, +composée en partie de milices ecclésiastiques, il alla camper devant +Château-Thierry. Les archevêques de Tours et de Reims, Téotolon et +Artaud, qui étaient avec lui, profitèrent de la présence de plusieurs +de leurs suffragants et de quelques évêques bourguignons pour réunir +un synode, où Heudegier fut consacré évêque de Beauvais. Le siège dura +six semaines, et la place ne fut prise que grâce à la trahison de son +chef Walon, qui consentit à prêter l'hommage à la reine Emma à +condition de garder son poste[268]. + +Ham qui s'était rendu au roi l'année précédente, était retourné au +parti d'Herbert. Le fils de ce dernier, Eudes, l'occupa et s'en servit +comme base pour aller piller les environs de Soissons et de Noyon. +L'abbesse de Notre-Dame de Soissons fut obligée de solliciter la +générosité royale, pour trouver un abri aux chanoines de Saint-Pierre +dont les habitations et le cloître avaient été détruits par +l'incendie[269]. + +Une tentative hardie d'Herbert sur Saint-Quentin put réussir, mais ce +ne fut qu'un succès passager. Les habitants de la ville avaient une +certaine répugnance à combattre pour Hugues, leur nouveau maître: ils +facilitèrent l'assaut au comte de Vermandois qui y rentra dès le +troisième jour du siège. La faible garnison laissée par Hugues obtint +de se retirer, en promettant une neutralité absolue pendant la suite +des hostilités. Herbert s'éloigna, confiant la garde de la ville, dont +il s'exagérait l'attachement, à un très petit nombre des siens. Hugues +accourut presque aussitôt, s'empara pour la seconde fois de +Saint-Quentin et punit sévèrement la tiédeur des habitants: plusieurs +furent mutilés et un clerc noble appelé Treduin, qu'Herbert avait +récemment amené, fut pendu[270]. + +En quittant Saint-Quentin, Hugues, accompagné de l'archevêque Artaud, +obtint la reddition de la forteresse de Roye, en Vermandois[271]. + +Herbert, devant la supériorité numérique de ses ennemis, fit preuve +d'une opiniâtreté et d'une activité véritablement prodigieuses. Il +parvint à rentrer en possession de Château-Thierry, en gagnant à sa +cause quelques-uns de ses anciens partisans préposés par Walon à la +garde de la place; mais il se borna à y mettre une garnison, ne +voulant pas s'y enfermer lui-même afin de garder toute sa liberté pour +agir[272]. + +A cette nouvelle, Hugues accourut assiéger la ville, malgré la +mauvaise saison. Raoul, de retour en France depuis peu[273], vint le +rejoindre au début de l'année 934. Ce second siège de Château-Thierry +fut encore plus difficile que le premier. Enfin, au bout de quatre +mois[274]. Walon le vassal de la reine, qui était avec les +assiégeants, trouva moyen, grâce à sa parfaite connaissance des lieux, +d'escalader pendant la nuit les murs du faubourg inférieur, au bord de +la Marne. La forteresse située sur la hauteur continua néanmoins à +résister. De nouveaux assauts réitérés décidèrent enfin les vaillants +défenseurs à entamer des pourparlers: ils obtinrent de rester en +possession du château moyennant la remise d'otages. + +Le comte de Vermandois affecta de n'attacher aucun prix aux garanties +données par ses gens. Raoul et Hugues se décidèrent alors à revenir, +dès qu'ils le purent, continuer le siège de la citadelle de +Château-Thierry. L'intervention du roi de Germanie vint fort à propos +apporter le règlement au moins provisoire de cette question. Les +victoires d'Henri sur les Hongrois, les Slaves et les Danois lui +permettaient de répondre maintenant aux avances jadis faites en vain +par Herbert. + +Il envoya à son secours Gilbert de Lorraine et Éberhard de Franconie, +avec plusieurs évêques lorrains; et ceux-ci réussirent négocier en +faveur de leur protégé, un armistice jusqu'au 1er octobre. Mais Raoul +ne consentit que moyennant l'abandon de Château-Thierry, à laisser +Herbert jouir paisiblement de la possession de Péronne et de Ham +pendant la trêve[275]. + +Cependant, d'une façon très inattendue, Herbert fut en partie +dédommagé de ses revers par l'acquisition d'un puissant allié. Le +comte ou marquis de Flandre, Arnoul, se décida enfin à épouser Adèle +de Vermandois, à laquelle il avait été fiancé antérieurement[276]. +Herbert avait déjà apprécié la puissance d'Arnoul lorsque celui-ci +avait occupé Arras, en 932. Depuis lors, le même comte était devenu +maître de Boulogne et Térouanne et abbé de Saint-Bertin à la mort de +son frère Allou. L'alliance d'un tel voisin, si longtemps hostile, +était tout à fait inespérée. + +Pendant l'armistice, Herbert se hâta d'approvisionner Péronne, et il +se vengea en même temps de ses vassaux, partisans de Hugues, en +confisquant leurs récoltes. Gilbert, de son côté, s'était préparé à +aider de nouveau le comte de Vermandois. La trêve expirée, les +Lorrains entrèrent en France, avec l'intention d'enlever +Saint-Quentin; Hugues conjura le danger en envoyant des députés à +Gilbert, afin de négocier un nouvel armistice. On tomba d'accord pour +prolonger la paix jusqu'au 1er mai 935[277]. + +Vers la fin de l'année, Raoul perdit un précieux auxiliaire en la +personne de sa femme, la reine Emma[278]. Quelque blâme que la légende +monacale ait pu émettre sur le caractère violent et usurpateur de +certains de ses actes, conformes du reste aux moeurs de l'époque, la +vaillance et l'activité de cette princesse n'en méritent pas moins +l'admiration. Elle avait pris personnellement part aux pénibles luttes +soutenues par son mari contre les grands vassaux, et son influence +politique méritée nous est encore révélée par les diplômes royaux où +on la voit souvent intervenir. + +Au printemps de 935, Raoul fit une courte démonstration contre un +parti d'Aquitains qui avait pris _Viriliacum_[279] à Geoffroi de +Nevers, son fidèle vassal. Ayant chassé les usurpateurs, il regagna le +nord et profita de ses bons rapports avec Geoffroi pour le charger +d'une mission délicate auprès du roi de Germanie, Henri Ier. Il +s'agissait de négocier les bases d'un accord et de préparer une +entrevue[280]. + +Pendant le séjour du roi à Laon, vers Pâques, une rixe sanglante, +heureusement sans conséquences, éclata entre ses gens et ceux de +l'évêque. De là, Raoul se transporta à Soissons, où il réunit les +grands vassaux (_primates regni_) en un plaid: une ambassade d'Henri +Ier vint l'y trouver. La rencontre des deux souverains fut fixée au +mois de juin, et elle eut lieu, en effet, vers le 8, sur les bords de +la Chiers[281], aux confins de la Lorraine. Outre les suites +nombreuses des deux princes, on vit encore paraître, à la conférence, +le roi de Bourgogne Rodolphe II, sans qu'on sache au juste la cause de +sa venue; peut-être était-ce en vue de régler la question du Viennois. +Herbert de Vermandois se présenta devant Raoul, et, selon +l'arrangement intervenu, fit sa soumission. Le roi lui rendit +solennellement plusieurs des domaines occupés par Hugues, et il +réconcilia les deux adversaires. Henri obtint aussi, de son côté, la +soumission de Boson, auquel il rendit à peu prés la totalité de ses +domaines Lorrains[282]. Ainsi Raoul avait négocié une paix définitive +avec Herbert moyennant quelques concessions, dont Hugues faisait les +frais, et il avait assuré la restitution à son frère Boson de ses +domaines perdus. Sauf cette dernière clause, onéreuse théoriquement +puisqu'elle pouvait engager la question de suzeraineté de la Lorraine, +l'arrangement était fort avantageux pour Raoul. + +A peine l'eut-il conclu qu'il fut rappelé en Bourgogne par une +invasion hongroise. Les barbares pillèrent et brûlèrent divers +monastères, notamment celui de Bèze, et à l'approche du roi, gagnèrent +en hâte le midi, puis l'Italie[283]. Raoul profita du moins de sa +venue pour assiéger Dijon, dont le comte Boson s'était naguère emparé +et que ses gens occupaient encore[284]. + + + + + FOOTNOTES: + +[Footnote 213: Obituaires de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Denis et +d'Argenteuil, dans _Obituaires de la province de Sens, éd._ A. +Molinier (_Recueil des historiens de France_, in-4), t. I, p. xx, 254, +312 et 345.] + +[Footnote 214: Flod., _Ann._, a. 929.] + +[Footnote 215: Flod., ibid.] + +[Footnote 216: Flod., _Ann._, a. 930; Adrevald, _De miraculis S. +Benedicti_, I, C. XXXIII-IV, éd. de Certain, pp. 70-75.] + +[Footnote 217: Adémar de Chabannes, III, 20 (éd. Chavanon, p. 139); +Richer, I, 57; _Chron. Vezeliac._, a. 929 (_Rec. des historiens de +France_, IX, 89). Marvaud (_Hist. des vicomtes de Limoges_, 1873, I, +p. 67) a identifié le lieu dit «Ad Destricios» cité par Adémar avec +Estresse, près Beaulieu, dép. de la Corrèze, arr. de Brives.] + +[Footnote 218: Adémar, III, 28 (éd. Chavanon, p. 149): «Willelmus ... +Sector ferri, qui hoc cognomen indeptus est quia, commisso praelio cum +Normannis et neutro cadenti, postera die pacti causa cum rege eorum +Storm solito conflictu deluctans, ense corto durissimo per media +pectoris secuit simul cum torace una modo percussione ...» Cf. J. +Depoin, _Les comtes héréditaires d'Angoulême de Vougrin Ier à Audoin +II_ (extr. du _Bulletin de la soc. archéol. et hist. de la Charente_, +année 1904), p. 14.] + +[Footnote 219: Aimoin, _De miraculis S. Benedicti_, lib. II, c. III +et V (éd. de Certain, p.100). En fait, il n'est plus question, à +partir de ce moment, que d'une simple incursion de pillards en Berry +(voy. plus loin, p. 75).] + +[Footnote 220: Adémar, III, 23, éd. Chavanon, p. 144; _Translatio S. +Genulfi_ (_Acta SS. ord. S. Benedicti_, saec. IV. 2, p. 230). Le +monastère de Saint-Benoît eut beaucoup de mal à reprendre sa +prospérité antérieure. La discorde se mit chez les moines, et pour +mettre fin à cet état de choses lamentable, il fallut que le comte +Elisiard, à la mort de l'abbé Lambert, appelât à sa direction le +célèbre réformateur Eudes de Cluny. Cf. E. Sackur, _Die Cluniacenser_, +p. 88-89.] + +[Footnote 221: Il y donnait un diplôme confirmatif de tous les biens +du monastère de Saint-Andoche. _Recueil des historiens de France_, IX, +573 (à l'année 928); Thiroux, _Hist. des comtes d'Autun_, p. 121 (à +l'année 927); L. Lex _Documents originaux antérieurs à l'an mil des +archives de Saône-et-Loire, (Mém. de la Soc. d'hist. et d'archéol. de +Châlon-sur-Saône_, t. VII, 4e partie, 1888, p. 266), n° XIV (au 1er +avril 928, d'après une copie). Nous rétablissons ici la date de 930 en +supposant une erreur d'indiction et en admettant l'année du règne +(VII) comme correcte.] + +[Footnote 222: Vitry-en-Perthois ou le Brûlé, dép. de la Marne, arr. +de Vitry-le-François.] + +[Footnote 223: Flod., _Ann._, a. 930 et 931; _Hist. eccl. Rem._, IV, +23.] + +[Footnote 224: Flod., _Ann_., a. 931. Cf. A. Steyert, _Hist. de Lyon_, +t. II (1897), p. 192-194. Voy. plus haut, p. 54-55.] + +[Footnote 225: Flod., _Ann_., a. 931; _Recueil des historiens de +France_, IX, 573; Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de +Tours_, no VI (136).] + +[Footnote 226: Flod., ibid. Sur le différend entre Manassès et Robert, +voy. plus haut, p. 1.] + +[Footnote 227: _Appendix Miracul. S. Germani Autissiod. (Bibl. hist. +de l'Yonne_, II, p. 197-198).] + +[Footnote 228: Flod., _Ann_., a, 931] + +[Footnote 229: Flod., _Ann_., a. 931.] + +[Footnote 230: Flod., ibid.] + +[Footnote 231: Aisne, arr. de Soissons.] + +[Footnote 232: Flod., ibid.; _Hist. eccl. Rem_., IV, 24; Richer, 1, +59.] + +[Footnote 233: Flod., _Anna_., a. 931; _Hist. eccl. Rem_., IV, 24, 35; +Richer, I, 61.] + +[Footnote 234: Flod., ibid.] + +[Footnote 235: Charles le Simple s'était intitulé _rex Francorum_, +après l'acquisition de la Lorraine (_largiore hereditate indepta_), +comme s'il avait été alors réellement à la tête de tout l'ancien +_regnum Francorum_.] + +[Footnote 236: Kalckstein, p. 185; Lippert, p. 76-77; cf. Waitz, +_Heinrich I_, 2e éd., p. 141-142. Henri Ier revint encore en Lorraine +à la fin de cette année. Il était à Yvoix (Ardennes) le 24 octobre +931, avec le comte Gilbert, observant sans doute les événements de +France (_M.G.h., Dipl. reg. et imp. Germ._, I, p. 65, n° 30).] + +[Footnote 237: Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_, +n° VI (136); _Recueil des historiens de France_, IX, p. 573.] + +[Footnote 238: Flod., _Ann._, a. 931; _Hist. eccl. Rem._, IV, 24 et +35; Richer, I, 59-61.] + +[Footnote 239: Flod., _Hist. eccl. Rem._, I, 20, _in fine_: «In +Vulfiniaco-Rivo, pago Laudunensi, habetur oratorium in honore sancti +Remigii dedicatum. In quo, dum Rodulfus rex Heribertum comitem +persequeretur, qui episcopatum Remensem a rege sibi commendatum +tenebat, homines ipsius villae res suas prepter hostiles incursus +recondere studuerunt. At dum rex prefatus ad obsidendam Remensem +venisset urbem et in Culmissiaco metatus esset, exercitus ejus vicinas +occupavit villas. Quidam vero illorum, qui in prenotata villa, +scilicet Vulfiniaco-Rivo, metatum habebant, vinum, quod in ecclesia +timoris causa reconditum fuerat, invadit, et quasi tabernam +constituens in eadem ecclesia, paribus suis illud vendere coepit. Haec +dum ageret, pereussus morbo, repente sensum amisit, ore sibi ad aurem +usque pene retorto, vitam finivit. Quod cernentes ceteri, ab hujusmodi +sese cohibuere presumptione.»] + +[Footnote 240: Flod., _Ann._, a. 934; _Hist. eccl. Rem._, IV, 24 et +35; Richer, I, 61.] + +[Footnote 241: Flod., ibid.; Richer, I, 62. On a identifié, sans +preuve, la forteresse construite à Laon par Herbert avec le +Château-Gaillot, actuellement détruit. Cf. _Le règne de Louis IV +d'Outre-Mer_, p. 32, n. 6.] + +[Footnote 242: A. Giry, _Un diplôme royal interpolé pour l'abbaye de +Marmoutier (Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions et +Belles-Lettres_, 1898, p. 197).] + +[Footnote 243: Flod., _Ann._, a. 932.] + +[Footnote 244: _Recueil des historiens de France_, IX, 579; Quantin, +_Cartul. général de l'Yonne_, I, 137, n° LXXI.] + +[Footnote 245: On peut même se demander si cet «Herbert», dont il +avait fait son «notaire» et puis un «chancelier royal» (_Recueil des +historiens de France_, IX, pp. 570, 571 et 573) n'est pas à identifier +avec le propre fils d'Herbert II.] + +[Footnote 246: Flod., ibid.; Richer, I, 63.] + +[Footnote 247: Flod., _Ann._, a. 932; Richer, _loc. cit._] + +[Footnote 248: Flod., _loc. cit._] + +[Footnote 249: Flod., _Ann._, a. 932; Bicher (I, 64) place l'entrevue +sur les bords de la Loire. Cf. _Le règne de Louis d'Outre-Mer_, p. +219; J. de Jaurgain, _La Vasconie_ (Pau, 1898, in-8), pp. 195 et +suiv.; Lot, _Hugues Capet_, p. 204, n° 2; A. Richard, _Hist. des +comtes de Poitou_, I, p. 68-69. D'après A. Degert, (_Le pouvoir royal +en Gascogne sous les derniers Carolingiens et les premiers Capétiens_, +dans _Revue des Questions historiques_, t. LXXII, année 1902, p. 427). +Aznar aurait été un seigneur de Comminges. On peut hésiter pour la +date de cette entrevue entre les années 931 et 932; (voy. _Les Annales +de Flodoard_, éd. Lauer, p. 53, n. 9). Nous penchons cependant pour +admettre la seconde de ces dates, à cause de la place des _Annales_ où +se trouvent rapportés les détails de l'entrevue.--Flodoard a recueilli +une anecdote plaisante: le seigneur gascon Loup Aznar avait, +paraît-il, raconté aux Bourguignons que son cheval était âgé de plus +de cent ans. On ne crut pas cependant le Gascon sur parole, ainsi +qu'il ressort du ton même des Annales. Aznar montait probablement l'un +de ces petits chevaux tarbes, de race arabe, très efflanqués, +l'ancêtre de Rossinante.] + +[Footnote 250: Kalckstein, p. 186; _Hist. de Languedoc_, nouv. éd., +III, p. 110 et suiv.] + +[Footnote 251: _Hist. de Languedoc_, loc. cit.] + +[Footnote 252: Lot, _Fidèles ou vassaux?_, p. 55.] + +[Footnote 253: _Hist. de Languedoc_, nouv. éd., V, n° 56, Anse est +dans le Rhône, arr. de Villefranche.] + +[Footnote 254: _Recueil des chartes de Cluny_, I, nos 396 à 398; bulle +de Jean XI faisait allusion à un diplôme perdu de Raoul. +Jaffé-Löwenfeld, _Regesta pontif. roman._, no. 3584.] + +[Footnote 255: Recueil des chartes de Cluny, I, nos 239, 255, 258, +411, 442. Cf. Poupardin, _Le royaume de Provence_, p. 235.] + +[Footnote 256: Flod., _Ann._, a. 932; E. Lemaire, _Essai sur l'hist. +de la ville de Saint-Quentin_ (_Mém. de la Soc. acad. de +Saint-Quentin_, 4e série, t. VIII, 1886-7) P. 280-281.] + +[Footnote 257: _Ann. Elnon. min.; Chron. Tornac._, a. 932 (_M.G.h., +Scr._, V, 19, et XV, 2, 1296). Cf. Vanderkindere, _Formation +territoriale des principautés belges au moyen âge_, 2e éd., I, 325.] + +[Footnote 258: Flod., _loc. cit._] + +[Footnote 259: Flod., _Ann._, a. 933.] + +[Footnote 260: Flod., _Ann._, a. 933. Jaffé-Löwenfeld, _Regesta +pontif. roman._, n° 3591.] + +[Footnote 261: Liudprand, _Antapodosis_, III, 48 (éd. Dümmler, p.76), +Poupardin, _Le royaume de Provence_, p. 230 et suiv.; _Le royaume de +Bourgogne_, p. 39-60.] + +[Footnote 262: Flod., _Ann._ 933. _Recueil des chartes de Cluny_, I, +n° 437, 439. Cf. G. de Manteyer, _La Provence du premier au douzième +siècle_, p. 131.] + +[Footnote 263: Liudprand, _Antapodosis_, III, 47, _loc. cit._; _Hist. +de Languedoc_, nouv. éd., V, no XCII; Poupardin, _Le royaume de +Bourgogne_, p. 69.] + +[Footnote 264: _Recueil des historiens de France_, IX, 578 et 580. Le +titre de _rex Aquitanorum_ est attribué à Raoul dans plusieurs actes +de Brioude postérieurs à 926 (Cf. Bruel, _Essai sur la chronologie du +cartulaire de Brioude_, dans _Bibl. de l'École des chartes_, année +1866, pp. 479-480).] + +[Footnote 265: Flod., _Ann._, a. 933. Cf. Dudon de Saint-Quentin, éd. +Lair, préface, p. 71; Longnon, _Atlas hist._, texte, p. 86; Dümmler, +_Zur Kritik Dudos von S. Quentin_ (_Forschungen zur Deutschen +Geschichte_, VI, 375); A. de La Borderie, _Hist. de Bretagne_, II, p. +378; F. Lot, _Fidèles ou vassaux?_, p. 184, n. 3.] + +[Footnote 266: Flod., _Ann._, a. 931; _Chron. de Nantes_, éd. Merlet, +introd., pp. XLIII-XLIV; Dudon de Saint-Quentin, éd. Lair, préface, p. +71.] + +[Footnote 267: Flod., _Ann._, a. 933 et 936; _Chron. de Nantes_, éd. +Merlet, c. XXIX-XXX, pp. 82-83-89; A. de La Borderie, _Hist. de +Bretagne_, II, 409-410.] + +[Footnote 268: Flod., _Ann._, a. 933.] + +[Footnote 269: Diplôme de Raoul du 5 mars 934 (_Recueil des historiens +de France_, IX, 579, d'après Mabillon, _De re diplomatica_, p. 566).] + +[Footnote 270: Flod., _Ann._, a. 933; E. Lemaire, _Essai sur l'hist. +de Saint-Quentin, loc. cit._, p. 280-281.] + +[Footnote 271: Flod., ibid.] + +[Footnote 272: Flod., _Ann._, a. 933.] + +[Footnote 273: Il était à Attigny le 13 décembre 933. Mabillon, _Ann. +Bened._, III, 404; _Recueil des historiens de France_, IX, 578.] + +[Footnote 274: Raoul était à Château-Thierry le 3 mars. Mabillon, _De +re diplomatica_, n°133, p. 566; _Recueil des historiens de France_, +IX, 579 (diplôme en faveur des chanoines de Saint-Pierre de +Soissons).] + +[Footnote 275: Flod., _Ann._, a. 934.] + +[Footnote 276: Flod., _Ann._, a. 934; _Ann. Elnon. min. (M.G.h., +Scr._, V, 19); Witger, _Geneal. comit. Flandriae (ibid._, IX, +303-304); lettre d'Aethelwerd (ibid., X, 439).] + +[Footnote 277: Flod., _Ann._, a. 934.] + +[Footnote 278: Flod., _Ann._, a. 934, _in fine._] + +[Footnote 279: Sur les difficultés d'identification de cette localité, +voy. _Les Annales de Flodoard_, éd. Lauer, p. 60, n. 6.] + +[Footnote 280: Flod., _Ann._, a. 935.] + +[Footnote 281: Flod., ibid.; Widukind, I, 39; diplôme d'Henri +l'Oiseleur, du 8 juin 934 (_M.G.h., Diplom._, I, 73, n° 40); Stumpf, +n° 44-47; Waitz, _Heinrich I_, p. 470.] + +[Footnote 282: Flod., _Ann._, a. 935.] + +[Footnote 283: Flod., _ibid.; Ann. Floriacenses_, a. 936; _Ann. +Mettenses_, a. 934 (_M.G.h., Scr._, II, 225, III, 133); _Chron. +Vezetiae.; Chron. Dolense (Rec. des histor. de France_, IX, 90); _Ann. +Besuenses_, a. 933 (_M.G.h. Scr._, II, 246). Cf. Waitz, _op. cit._, p. +134. _Le Chron. Dolense_ place à cette date de 935 une invasion +hongroise en Berry, au cours de laquelle Ebbon de Déols périt. Nous +avons expliqué ailleurs (_Le règne de Louis d'Outre-Mer_, p. 24, II. +1) les raisons pour lesquelles nous considérons ce témoignage comme +peu digne de foi et croyons devoir reporter l'épisode de la mort +d'Ebbon en l'année 937, où la présence des Hongrois en Berry est +attestée par Flodoard. Le système inverse, qui consiste à accorder +plus de valeur au _Chron. Dolense_ qu'à Flodoard, a été suivi par +Raynal (_Hist. du Berry_, t. I, p. 336) et par M.E. Chénon dans _Un +monastère breton à Châteauroux_ (extr. du I. XVII des _Mém. de la +Société archéol. d'Ille-et-Vilaine_), p. 7.] + +[Footnote 284: Flod., ibid. Peut-être faut-il distinguer de Boson, +frère du roi, ce comte homonyme qui s'empare de Dijon, bien que +Flodoard ne précise pas.] + + + + +CHAPITRE VI + + +LA FIN DU RÈGNE. + + +Les conditions de l'entente des bords de la Chiers n'étaient pas +faciles à réaliser. Hugues refusa, on ne sait pour quelle raison, de +restituer Saint-Quentin au comte de Vermandois. Ce dernier en appela à +Henri de Germanie. Plusieurs comtes lorrains et saxons vinrent, sous +prétexte de médiation, rejoindre Herbert avec une forte armée, et au +lieu d'entrer en pourparlers avec Hugues, ils se jetèrent sur +Saint-Quentin qu'il retenait, d'après eux, indûment. La ville fut +obligée de se rendre. Herbert, craignant de n'être pas en mesure de +conserver une si difficile conquête, son ancienne capitale, dont il +avait éprouvé à deux reprises l'attachement douteux, n'hésita pas à +laisser des étrangers raser la forteresse. Ce succès avait à ce point +mis en haleine ses alliés (_amici_) qu'ils parlaient maintenant +d'attaquer Laon. Il fallut l'intervention royale pour les en +détourner[285]. + +Après sa femme, Raoul perdit son frère. Boson avait pris part à +l'expédition lorraine contre Hugues. Le 13 septembre, selon un +diplôme, il s'était rencontré avec le roi à Attigny[286]. Peu après il +mourut et fut enseveli en l'abbaye royale de Saint-Remy de Reims, à +laquelle il avait jadis concédé Domrémy[287]. C'était un précieux +auxiliaire de Raoul et un utile représentant des intérêts français en +Lorraine qui disparaissait. + +La paix intérieure, rétablie à grand'peine, faillit être troublée par +une nouvelle invasion des Normands de la Loire. Les habitants du Berry +et de la Touraine parvinrent heureusement à les arrêter[288]. Vers le +même temps, Artaud réunissait un synode de sept évêques à Fismes, en +l'église Sainte-Macre, pour aviser aux moyens de faire cesser +définitivement les brigandages[289]. L'ère des luttes féodales +semblait enfin close. Maintenant le rôle du roi devait être différent. +Après douze années d'efforts, Raoul déclare dans un diplôme délivré le +13 septembre 935, à Attigny, qu'il entend désormais se vouer à +l'administration paisible de son royaume et qu'il compte maintenir ses +sujets dans le devoir par la confiance et non par la force des armes. +Ce curieux document renferme en outre une concession du donjon royal +d'_Uxellodunum_, en Quercy, au monastère de Tulle: la forteresse +édifiée jadis pour résister aux Normands devait être rasée, afin +qu'elle ne pût dorénavant servir à des entreprises hostiles, après la +pacification définitive du midi[290]. + +Il ne fut pas donné à Raoul de gouverner en paix ni de jouir bien +longtemps du fruit de ses efforts. Il tomba malade en automne, et +retourna souffrant dans son duché[291]. Le 12 décembre, il était à +Auxerre où il confirmait diverses concessions du comte Geoffroi de +Nevers à son évêque Tedalgrinus[292]: il y expira le 14 ou le 15 +janvier suivant[293]. On ignore son âge, mais il devait être encore +jeune, quoique épuisé par treize années de luttes presque sans trêve. +Conformément à son désir, il fut inhumé à Sainte-Colombe de Sens. +Comme l'église venait d'être incendiée au cours de troubles récents, +ce ne fut que le 11 juillet que ses restes furent ensevelis au milieu +du choeur, auprès de ceux de son père, qui reposaient dans la crypte +de Saint-Symphorien, et de ceux du roi Robert, à droite de +l'autel[294]. Le roi Louis d'Outre-Mer, couronné le 19 juin, ayant +séjourné à Auxerre le 25 et le 26 juillet, semble avoir dû assister +avec Hugues le Grand aux funérailles de son prédécesseur. Raoul avait +légué au monastère de Sainte-Colombe une partie de sa fortune privée, +sa couronne d'or enrichie de pierres précieuses et le superbe mobilier +de sa chapelle comprenant des ornements d'autel, des calices, des +reliquaires et des manuscrits. Ce trésor fut longtemps l'orgueil de +l'abbaye. Malheureusement, en 1147, l'abbé Thibaud emporta la couronne +de Raoul à la seconde Croisade, et comme il mourut en Orient, cette +magnifique pièce d'orfèvrerie fut irrémédiablement perdue[295]. + +D'après l'auteur de la Chronique de Saint-Bénigne de Dijon et Aubry de +Trois-Fontaines, Raoul aurait eu un fils appelé Louis[296]. Un diplôme +de sa mère Adélaïde, daté de 929, où il est question d'un Louis «son +petit-fils» (?), _Ludovicas repos_, paraît bien venir confirmer ces +assertions[297]. En tout cas, cet enfant était mort avant son père, +puisque le décès de Raoul amena une restauration carolingienne, le +rappel d'outre mer du fils de Charles le Simple, nommé lui aussi +Louis. + +Un trait psychologique est intéressant à relever: c'est la persistance +avec laquelle, même dans les régions où l'on avait le plus longtemps +refusé de reconnaître la suzeraineté de Raoul, on continua pendant +plusieurs mois à dater les actes en prenant pour point de départ le +jour de sa mort. On ignora ainsi volontairement la restauration du +jeune rejeton de cette dynastie carolingienne, à l'égard de laquelle +on avait affecté jadis une si inébranlable fidélité, parce que la +fiction d'un interrègne semblait à présent le meilleur prétexte aux +revendications d'indépendance. On conçoit qu'en face d'un tel état +d'esprit, conséquence directe du mouvement féodal, et après avoir eu +sous les yeux l'exemple des extraordinaires difficultés du règne de +Raoul, Hugues le Grand n'ait pas osé briguer la succession du roi +défunt et qu'il ait préféré se mettre à la tête du parti qui rappela +le jeune Louis, son propre neveu par alliance. + + + + +CONCLUSION + +Sur Robert il est impossible de formuler aucune opinion, tant sa +carrière a été promptement brisée. Nous nous bornerons à enregistrer +qu'après avoir été très sévèrement jugé par ses contemporains, il est +devenu un héros épique sous le nom de Robert de Montdidier[298]. Les +appréciations qu'on a formulées au sujet de Raoul ne sont pas toutes +concordantes. Pour les uns c'est un usurpateur, et par suite +l'universalité de ses actes est comprise dans la même réprobation +générale. Pour les autres, au contraire, ses qualités personnelles en +font une figure sympathique à tous les égards. Il est incontestable +que sa valeur militaire suffit à le mettre hors de pair. Dans les +nombreuses luttes qu'il eut à soutenir, il paya toujours de sa +personne, et il fut grièvement blessé en combattant les Normands. Il +semble même, à dire vrai, que son audace soit allée souvent jusqu'à la +témérité, et que son instinct guerrier une fois déchaîné ne fût pas +exempt d'une certaine cruauté. + +S'il se montra d'une bravoure accomplie en un siècle où la vaillance +était la première des vertus, il n'en posséda pas moins à un haut +degré les qualités nécessaires pour gouverner. Il était versé dans les +lettres[299]. Les chroniqueurs contemporains ont loué sa dévotion et +sa générosité envers les églises, ce qui, sous la plume d'écrivains +ecclésiastiques, signifie qu'il sut faire des largesses utiles à son +influence et comprit les nécessités matérielles de son temps. Les +abbayes de Sainte-Colombe de Sens et de Saint-Germain d'Auxerre, dont +il était avoué, les églises d'Autun, d'Auxerre[300] et d'Orléans[301], +les abbayes de Saint-Martin de Tours[302], de Saint-Benoît-sur-Loire[303], +de Tulle[304] et de Cluny[305] furent comblées de ses dons. Il se montra +toujours protecteur de la justice et de l'ordre, suivant les traditions +de son père Richard, qu'on a précisément surnommé le «Justicier»[306]. +Aussi est-ce à lui que s'adressa le pape Jean X pour faire restituer à +l'abbaye de Cluny les domaines occupés par Guy, abbé de Gigny, en +violation du testament de Bernon[307]. + +Toujours prêt à combattre contre des difficultés sans cesse +renaissantes, il déploya une admirable activité, pendant les douze +années que dura son règne. Sa fermeté, sa constance et aussi son +savoir-faire se trouvent amplement décelés par les circonstances de sa +vie. Il est loin d'égaler le politique sans scrupule qu'est Herbert de +Vermandois; mais il sait se tracer une ligne de conduite et exécuter, +malgré les obstacles, un plan arrêté à l'avance. La manière dont il se +servit de son frère Boson, en Lorraine et en Provence, et les phases +diverses de sa lutte contre Herbert, admirablement menée après +quelques hésitations au début, en apportent la démonstration la plus +limpide. + +On a très justement mis en parallèle Raoul avec ses contemporains, les +souverains allemands Conrad de Franconie et Henri de Saxe, et on a +observé que la comparaison ne lui était en rien défavorable[308]. S'il +fut moins heureux que le second, dont le fils Otton le Grand put +recueillir l'héritage et l'accroître, du moins arriva-t-il à faire +reconnaître partout sa souveraineté, ce à quoi le premier ne put +jamais parvenir. + +L'oeuvre de Raoul fut difficile principalement à cause du régime +social de son royaume, où la féodalité en se constituant avait +déterminé l'anarchie. Les intérêts particularistes des seigneurs, +opposés les uns aux autres, rendaient extrêmement ingrate la tâche +d'un roi féodal, dont l'autorité dépendait du concours des grands +vassaux. La soif d'accroissement d'Herbert de Vermandois amena sa +rupture avec Raoul. Le fils de Robert Ier, Hugues, fut d'abord +entraîné par lui contre un suzerain trop peu docile qu'il regretta +naturellement très vite de s'être donné; il ne se rapprocha de Raoul +que lorsqu'il le vit suffisamment affaibli et qu'Herbert devint +dangereux pour lui-même. Les grands avaient espéré, en créant roi le +duc de Bourgogne, régner à sa place et s'en servir comme d'auxiliaire +contre les Normands, et ils se heurtèrent à la volonté d'un homme +autoritaire et actif qui entendait gouverner autrement que de nom. Ils +s'aperçurent qu'ils s'étaient donné un maître et ils éprouvèrent bien +vite que le pouvoir royal entre les mains d'un roi élu par eux était +devenu plus fort qu'entre celles d'un dynaste affaibli. Toutefois à un +point de vue plus élevé, le choix de Raoul avait été excellent au +moment où s'ouvraient les successions de Lorraine et de Provence, +puisqu'il était allié aux familles royales de ces pays, que son frère +Boson y était possessionné et épousa même la petite-fille de Lothaire +II de Lorraine, nièce de Hugues de Provence. + +La difficulté de la tâche de Raoul était encore accrue par la rivalité +du roi de Germanie en Lorraine. Celui-ci avait affaire à une féodalité +moins développée et, partant, plus aisée à dominer. En dehors des +grands feudataires laïques et ecclésiastiques, il ne semble pas qu'il +y ait eu alors en Germanie le même esprit d'indépendance dans cette +classe turbulente des comtes et vicomtes désireux de s'accroître, qui +empêcha même un moment Raoul d'être assuré de la soumission de son +propre duché. Il est vrai que pour satisfaire les goûts belliqueux et +les appétits insatiables de tous ces féodaux, Raoul ne disposait pas, +comme Henri l'Oiseleur, de nouveaux territoires conquis sur les +Slaves. Il n'avait que les rares débris d'un domaine royal tellement +ébréché par ses prédécesseurs qu'il comprit la nécessité de le +sauvegarder à tout prix. + +C'était la troisième fois qu'un roi désigné par une élection véritable +parvenait au trône de France. Cette royauté féodale naissante nous est +en somme très mal connue, faute de documents. Il semble qu'elle +puisse être ainsi définie: un suzerain choisi par l'élection des +grands et consacré par l'onction religieuse, qui est le seigneur des +seigneurs et dont tous les sujets sont considérés comme les vassaux. +Elle paraît dépouillée de presque toutes les prérogatives de la +souveraineté. Les mesures générales prises par le roi, levées d'hommes +ou d'argent, ont un caractère exceptionnel et transitoire. Il n'y a +plus d'armée royale, plus d'impôts, plus de dîmes, plus de justice +royale. Nous assistons à l'abandon successif du droit régalien de +battre monnaie en faveur des grands feudataires laïques et +ecclésiastiques. Enfin il n'existe plus de législation royale édictée +par des capitulaires: depuis Carloman, on trouve trace uniquement de +mesures d'ordre privé, prises par de simples diplômes. Néanmoins telle +était la force des souvenirs récents de la puissance d'un Charlemagne +ou d'un Charles le Chauve, que le principe de l'unité monarchique, +contre-poids nécessaire au morcellement féodal, prévalut sur le +système des anciens partages germaniques, dont Louis le Bègue avait +encore fait l'application. Cette royauté apparaissait comme un élément +stable, dans l'anarchie issue de la décomposition d'un ancien +organisme en ruines et conséquence naturelle des nouveaux phénomènes +sociaux[309]. + +Des bords de l'Escaut jusqu'en Navarre, Raoul parvint à faire +reconnaître sa suzeraineté, grâce â son habile politique et à son +ascendant moral, fruit de ses victoires sur les Normands qu'il tailla +en pièces en de rudes batailles, à Chalmont, Estresse, Eu et +Fauquembergue. Il donnait des actes relatifs au comté de Tournai[310], +et le seigneur gascon Loup Aznar qui vint lui prêter hommage, du fond +de la Gascogne, sur sa «rossinante» était, semble-t-il, le propre +beau-père de Sanche-Garcie[311]. Enfin des monnaies au nom de Raoul +étaient frappées notamment à Angoulême, Beauvais, Bourges, +Château-Gaillard, Château-Landon, Châteaubleau, Châteaudun, Chartres, +Compiègne, Dreux, Etampes, Langres, Laon, au Mans, au Puy, à Meaux, +Nogent, Nevers, Orléans, Paris, Poissy, Saint-Denis, Sens, Soissons, +peut-être à Lyon[312]. + +Le passage de Raoul au pouvoir eut cependant, on ne peut le nier, deux +résultats fâcheux: la perte de la Lorraine et la reprise des +hostilités par les Normands. S'il réussit à forcer ces derniers à la +paix, et s'il parvint à étendre sa suzeraineté sur le Viennois, Raoul +ne rentra néanmoins en possession de la Lorraine que temporairement +et ne fut jamais reconnu dans la Marche d'Espagne[313]. Ainsi la +France se trouva amoindrie, en passant des mains du Carolingien réputé +«simple», en celles d'un roi féodal choisi par les grands à cause de +ses brillantes qualités et de sa redoutable puissance matérielle. La +cause en remonte principalement, il convient de le reconnaître, aux +perpétuelles intrigues des grands eux-mêmes, surtout à celles +d'Herbert de Vermandois, homme néfaste qui, toute sa vie, fut le +mauvais génie de son pays et qui assume, en grande partie, devant +l'histoire, la responsabilité d'avoir rendu impossible une domination +française durable en Lorraine ou en Provence[314]. + + +APPENDICE + +FRAGMENTS INEDITS DE L'ANONYME DE LAON, CONCERNANT HERBERT II, CONTE +DE VERMANDOIS. + +MM. Alexandre Cartellieri et Wolf Stechele viennent de publier une +excellente édition du texte de la partie de la _Chronique universelle_ +de l'Anonyme de Laon, concernant les années 1151 à 1219[315]. Bien que +ce soit là le morceau capital et vraiment original de l'ouvrage, il ne +faudrait pas dédaigner systématiquement tout ce qui précède. Divers +passages peuvent présenter de l'intérêt sinon au point de vue purement +historique, du moins au point de vue légendaire. En voici un exemple. +Ce sont deux extraits relatifs à Herbert II, comte de Vermandois, +renfermant une quantité de détails précis qu'on ne trouve pas +ailleurs. On y relève déjà la fameuse anecdote de la pendaison +d'Herbert, que j'ai signalée ailleurs[316] dans la partie inédite de +la Chronique de Guillaume de Nangis, dont il est à présumer que +l'Anonyme est la source. Il est impossible, en l'état des choses, de +formuler une hypothèse motivée sur la façon dont l'Anonyme a pu réunir +les renseignements qu'il fournit: en tout cas il paraît bien difficile +d'admettre qu'il n'ait puisé qu'à la tradition orale. + +BIBL. NAT., MS. LAT. 5011, FOL. 104[317]: + +«Karolus rex Francorum Robertum, fratrem Odonis, sibi congressum juxta +Suessionem cum multis suorum interfecit auxilio Lotharingorum.--Anno +II [regni Henrici]. Hic est annus XXI Karoli qui dictus est Simplex, +quod (sic) omnes proceres regni regem habent exosum propter quemdam +Haganonem obscure natum, quem rex habuit consiliarium; qui cum +injuriatus fuisset Herberto comiti Viromandensium, cui suberat omnis +terra ab Alhamarla usque Namucum[318], nec rex eidem justiciam +fecisset, conquestus est cunctis baronibus repli. Postea cum +interfuisset idem comes curie Aquisgrani, inperator volens ei addere +terram a Namuco usque Renum, insuper fecit eum prothospatarium inperii +ut laboraret id perficere, quod rex inperatori faceret hominium. Tunc +fertur Herbertum respondisse se ista lion debere, presertim cum ipsum +regem licet sibi exosum non efesticaverat[319]. Inducias querit, regem +adit, conqueritur nec ei emendatur, set magis ei conviciis injuriatur, +unde magis contra regem exasperatur. Rediit comes ad imperatorem. +Congregatur exercitus; non latuit regem neque barones regni. Comes +vero Tiebaldus Blesensis non odiosi regis amore set regni affuit regi; +et cunctis tocius regni navibus et naviculis Parisius adductis, ne +transitus fluviorum hostibus pateret[320], et tradito sibi sigillo +regio, scripsit comes memoratus cunctis regni proceribus sigillatim ne +in tali articulo deessent corone, quod fieret eis et eorum posteris +obprobrium sempiternum. Quid multa? Aderant[321] omnes, sed interim +inperator Parisius venit. Fit colloquium inter comites Herbertum et +Theobaldum, et dato Herberto signo utrum Francorum excercitus venturus +esset necne, quisque ad suum regem revertitur. Statuto vero die et +hora fuit uterque in loco sibi ante prefixo, Secane fluvio +interfluente. Tunc comes Theobaldus, secundum signum quod inter se +fecerant, erecta virga, quam manu portabat in altum, deinde submissam +viriliter fregit et frustra in Secanam projecit. Tunc cogito exercitus +et baronum adventu, Herbertus sucgesit inperatori ut recederet. +Inperatore reverso, obsedit rex Herbertum infra Peronam, qui locus +_Cignorum Mons_ vocabatur[322], quem pro tutiori loco tocius terre sue +habebat, obi proceres suos cum rebus sibi caris adesse fecerat. +Obsidione per aliquot dies perdurante, diffidunt obsessi de viribus +suis et ciborum penuria. Rex vero, procerum [fol. 104, v°] consilio +cummunicato, Herbertum nec salvo ejus honore nec ad misericordiam, +sicut se obtulerat, recipere volens, obtulit se ad regis voluntatem, +quod rex cura suis principibus annuit gratanter. Tunc Herbertus, quia +res promta ei erat, subtili et versuto dolo usus est: «Mi, inquit, rex +pro meis baronibus, qui in nullo tuam offenderunt majestatem, rogo ne +vulgi manibus tradantur. Est enim servorum condicio semper nobilitati +contraria. Benefaciens principibus tuis donativa hec tam grata, pro +inpensa libi gratia et eorum laboribus recompensa.» Tunc principes, +hac pollicitatione cecati, collaudant viri consilium. Eliguntur de +primoribus usque ad quinquaginta qui cum rege municionem ad dividenda +inter se spolia intraverunt. Set Herbertus, non immemor doli a se +excogitati, armatorum manum de abditis exire jussit et regem cum +omnibus castrum ingressis cepit et custodire mancipavit. Que res cum +innotuisset exercitui qui foris regressum suorum precelabatur, velut +grex bestiarum sine pastore collectis sarcinulis suis nimio neglectis +discedunt. Fuerunt cum rege sublimes principes [Willelmus][323] dux +Normannie, [Conanus][324] dux Britannie, [Willelmus][325] dux +Aquitanie, [Amphusus][326] dux Narbonensis provincie, [Odo][327] dux +Burgundie, comites [Fulco][328] Cenomannensis, [Galfridus][329] +Andegavensis, [Arnaldus][330] Engolismensis, Hugo[331] Campanensis, +Richardus[332] Pontuensis, Hugo[333] Parisiensis, Theobaldus[334] +Blesensis. Barones vero erant cum rege quamplurimi. Hos omnes +allocutus est Herbertus, cum esset sub ejus custodia, dicens se nullum +rancorem ad eos tenere, set tamen adversus regem, et, si vellent se ei +prestare caucionem juratoriam quod super hoc facto de cetero contra +eum arma non producerent nec ferri facerent, muneratos eos ad propria +remitteret. Juraverunt omnes arma contra eum nunquam conrepturos, ad +propria sunt restituti. + +Solus vero sub custodia tenebatur rex simplex. Argrina[335] vero, cum +Ludovico filio vix quinquenni, ad patrem suum reversa est in Angliam. +Radulfus quidam, assencientibus sibi quibusdam de primoribus regni, +coronatur. Interca rex de custodia elapsus, ad lapidem qui usque hodie +extra Peronam erectus servatur ob memoriam[336] veniens, cepit +deliberare quo se verteret, sciens se nullum fidum habere amicum. +Tandem cogitante illo quod per neminem alium tam de facili posset +regnum recuperare quam per Herbertum, [fol. 105] si vellet ejus +misereri, reversus est ad custodes a quibus evaserat. Illi recognito, +de vita sua timentes si forte iterato evaderet, mandaverunt ut alios +regi provideret custodes. Comes autem adveniens, de evasione regis +furens, ipsum enervavit. Rex autem pre dolore nimio infra breve tempus +mortuus est Perone exul et martir.» + +FOL. 105, v°-106. + +«Ludovicus, rex Francorum, omnibus modis laboravit gratiam principum +regni Francorum obtinere et maxime Hereberti, comitis Viromandorum. +Hic, primo anno Ottonis imperatoris, curiam quam sollempnem apud +Laudunum tenuit. Cui ad mandatum et ad preces regis omnes proceres +regni interfuerunt, exceptis paucis qui se litteris suis excusaverunt. +Cumque omnes cum rege una essent in loco, ecce quidam brevigerulus in +modum cursoris apte aptatus, sicut rex ipse elam aliis ordinaverat. Is +ingeniculatus ad pedes regis, palam omnibus, quasi de Anglia tunc +advenisset, regem ex parte avi sui regis Anglorum[337] salutavit. Rex +vero ex nomine nuncium resalutavit. Erat ei nomen Galopinus[338], et +data regi epistola et a cancellario lecta subrisit rex, dicens: +«Revera dubium non est Anglos sensu esse pueriles et fatuo, nec id +mirum cum extra mundum conversentur[339]!» Tunc principibus de re +querentibus, ait rex: «Avus meus rex hec mandat: Quidam rurestris homo +dominum suum invitavit ad epulas et eum infra domum suam morte +ignobili jugulavit. Querit igitur per vos, o proceres Francie, quod +sit mortis genus ceteris magis probrosum, quo moriatur qui hoc fecit.» +Comes vero Theobaldus Blesensis, ceteris sensu et in dandis consiliis +clarior, rogatus sic ait: «Non est, meo judicio, inter mortes, que +magis heredibus et amicis in obprobrium vertatur sempiternum, quam +interire suspendio.» Hanc vero comitis sentenciam cum omnes et ipse +comes Herebertus approbassent, prosilientes armati qui aderant a rege +ordinati, arreptum eum in monte quodam, jubente rege, suspenderunt, +sic dicente rege ad eum: «Tu dominum tuum patrem meum rege[m] +invitasti, et infra domum tuam ignominiose occidisti, nunc recipe quod +meruisti.» Mons vero, in quo suspensus interiit, usque in hodiernum +diem _Mons Herberti_ appellatur.» + + + + + +FOOTNOTES: + +[Footnote 285: Flod., _Ann._, a. 935; E. Lemaire, _Essai sur l'hist. +de Saint-Quentin_, _loc. cit._, p. 281.] + +[Footnote 286: _Recueil des historiens de France_, IX, 580.] + +[Footnote 287: Flod., _loc. cit._; Varin, _Archives législatives de +Reims_, II, 1, p. 169, note.] + +[Footnote 288: Flod., _Ann._, a. 935. Cette invasion normande en Berry +a pu être confondue par l'auteur du _Chron. Dolense_ avec l'invasion +hongroise qui eut lieu deux ans après dans la même région. Voy. +ci-dessus, p. 75, n. 4.] + +[Footnote 289: Flod., ibid. et _Hist. eccl. Rem._, IV, 25.] + +[Footnote 290: _Recueil des historiens de France_, IX, 580; Justel, +_Hist. de la maison de Turenne_, pr., P. 16, Ce document d'une forme +assez insolite n'est connu que par une copie.] + +[Footnote 291: Flod. _Ann._, a. 935.] + +[Footnote 292: _Recueil des historiens de France_, IX, 581; R. de +Lespinasse, _Le Nirvernois et les comtes de Nevers_, t. I, p. 174.] + +[Footnote 293: Flod., _Ann._, a. 936; _Hist. eccl. Rem._, IV, 24; +Richer, I, 65; Adon, _Contin. altera_, au 14 Janvier; _Ann. Floriae._, +a. 936; _Hist. Francor. Senon._, au 15 janvier; _Ann. S. Germani +Paris._, a. 942, _S. Medardi Suession. S. Quintin. Veromand._, a. 936 +(_M.G.h., Scr._, II, 326, 255; IX, 366; III, 168; XXVI, 520; XVI, +507); _Ann. S. Columbae Senon._, au 14 janvier (Duru, _Bibl. hist. de +l'Yonne_, I, 205); nécrologe de Nevers, au 15 janvier et nécrologe +d'Auxerre au 14 janvier (Lebeuf, _Mém. concernant l'hist. d Auxerre_, +II, p. 48 et pr., p. 274; nouv. éd., III, 48 et IV, 9); Clarius, +_Chron. S. Petri Viri Senon._, au 13 janvier (_Rec. des histor. de +France_, IX, 34); L'obituaire de Sainte-Colombe de Sens fournit la +date du 12 janvier qui est moins vraisemblable (_Obituaires de la +province de Sens_, éd. A. Molinier, P. 15): «11 id. jan. Depositio +domni Rodulfi regis. Hic debet thesaurarius pitantiam sollempnem +conventui».] + +[Footnote 294:_Append. Miracut. S. Germ. Autiss. (Bibl. hist. de +l'Yonne_, II, 198). Le Psautier de la reine Emma (Mabillon, _De re +dipl._, p. 200) donne le 11 juillet: «Depositio Rodulfi ineliti regis +v. idus julii.»--Sur le lieu de sépulture, voy. Quesvers et Stein, +_Inscriptions de l'ancien diocèse de Sens_, t. II (Paris, 1900, in-4), +p. 46-47, et Bibl. nat., _Coll. de Champagne_, vol. 43, fol. 114 +verso.] + +[Footnote 295: _Ann. S. Columbae, Senon._, a. 1148; _Contin. Adon. +alt. (M.G.h., Scr._, I, 107; II, 326).] + +[Footnote 296: _Chron. S. Benigni Dirion. (Rec. des histor. de +France_, VIII, 243); Hugues de Flavigny, _Chron._; Aubry de +Trois-Fontaines, _Chron., (M.G.h., Scr._, VIII, 359; XXIII, 757).] + +[Footnote 297: _Recueil des chartes de Cluny_, I, p. 358, n° 379 +(donation de Romainmoutier à Cluny, en 929): «... pro annua germani et +dulcissimi mei domini Rodulfi regis, harum videlicet rerum largiloris, +tum vero pro requie domini mei piae memoriae principis Richardi ac pro +Vuella regina, dehinc pro me et domino Rodulfo rege, filio meo, iitem +_(sic)_ Rodulfo rege nepote meo, pro aliis quoque filiis meis Hugone, +Bosone, et _Ludovico nepote_ scilicet et pro coeteris consanguineis +nostris atque his qui nostro servitio adherent, pro genitore etiam ac +genitrice mea et domino Hugone, insigni abbate, seu ceteris nostris +utriusque sexus propinquis ... »] + +[Footnote 298: F. Lot, _Études sur le règne de Hugues Capet_, p. 305, +307 et 327.] + +[Footnote 299: Richer (I, 47): «virum strenuum et litteris liberalibus +non mediocriter instructum».] + +[Footnote 300: _Gesta pontificum Autissiodor._, c. 41 et 43 (_Bibl. +hist. de l'Yonne_, I, p. 362, 378 et 379).] + +[Footnote 301: Diplôme royal perdu mentionné dans une bulle de Léon +VII du 9 janvier 938. Jaffé-Löwenfeld, _Regesta pontif. roman._, n° +3607.] + +[Footnote 302: Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 390, n° 508. Cf. +Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_, n° VI (136).] + +[Footnote 303: _Vila S. Odonis_, I. III, c. 8: «Per illud tempus vir +Elisiardus, qui tune erat comes illustris nunc vero in monastico degit +habitu, audiens infamiam horum monachorum, proedictam abbatiam a +Rodulfo rege petiit et accepit, acceptamque patri nostro tradidit» +(Mabillon, _Acta SS. ord. S. Bened._, saec. V, p. 182). D'après +Aimoin, _De miraculis S. Benedicti_, II, c. III (éd. de Certain, p. +100), Raoul tua même de sa main l'usurpateur d'un domaine (Dyé, dans +l'Yonne, arr. de Tonnerre) dépendant de l'abbaye de +Saint-Benoît-sur-Loire.] + +[Footnote 304: _Recueil des historiens de France_, IX, 578 (diplôme de +Raoul faisant allusion à un autre diplôme aujourd'hui perdu).] + +[Footnote 305: Bruel, _Recueil des chartes de Cluny_, I, _loc. cit._, +et n° 408 (charte des moines de Cluny faisant allusion à un diplôme de +Raoul qui semble perdu).] + +[Footnote 306: _Chron. S. Benigni Divion._: «Et hoc post mortem +Richardi ducis qui ab executione justitiae cognomen accepit» (éd. +Bougaud et Garnier, p. 280).] + +[Footnote 307: Jaffé-Löwenfeld, _Regesta_, n° 3578; _Recueil des +historiens de France_, IX, 217 et 718; cf. E. Sackur, _Die +Cluniacenser_, p. 67.] + +[Footnote 308: Lippert, p. 99.] + +[Footnote 309: C. Rayel, C. Plister et A. Kleinclausz, _Le +christianisme, Les Barbares, Mérovingiens et Carolingiens_ (t. III de +Lavisse, _Hist. de France_, Paris, 1903, in-8), p. 121 et 437-438; P. +Viollet, _Hist. des instit. polit. et admin. de la France_, II, p. 22; +Fustel de Coulanges, _Hist. des instit. pol. de l'anc. France. Les +transformations de la royauté pendant l'époque carolingienne_, pp. +697-698. Sur la royauté féodale constituée, voy. Plister, _Robert le +Pieux_, p. 86-179, et A. Luchaire, _Hist. des instit. monarchiques_, +2e éd., 1, p. 84, 43 et suiv., _Manuel des instit. franç._, p. 457; +Glasson, _Hist. du droit et des instit. de la France IV_, p. 487 et +suiv., V, p. 282; Esmein, _Cours élém. d'hist. du droit français_, p. +484.] + +[Footnote 310: Wauters, _Tabl. chronol. des chartes et diplômes impr. +concernant l'hist. de la Belgique_, I. 1, p. 338.] + +[Footnote 311: J.-F. Bladé, _Origine du duché de Gascogne_ (Agen, +1897, in-8), p. 37.] + +[Footnote 312: Gariel, _Les monnaies royales de France sous la race +carlovingienne_ (Strasbourg, 1883, in-4.) p. 299 et suiv.] + +[Footnote 313: _Marca Hispanica_, col. 386, et Append., col. 846-847. +Le seul acte où le nom de Raoul apparaisse, concerne le Roussillon: il +est tiré du cartulaire d'Elne (loc. cit., no LXXII). _Chron. +Barcinonense (Marca Hisp._, Append., col. 738): «Karolus rex post +obitum Odonis XXIII annos, III menses. Post cujus obitum non habuerunt +regem per annos octo.» (Voy. aussi _Espana sagrada_, t. XXIX, p. 199, +et XLIII, p. 125 et 400, no XVII: Charte du comte d'Urgel Suniaire, +datée de 934, sixième année après la mort du roi Charles); Bofarull y +Mascaro, _Los condes de Barcelona rindicados_, t. 1 (Barcelone, 1836, +in-8) p. 49. Eckel (p. 147) a montré par les dates du Cartulaire +d'Elne que Raoul ne fut reconnu en Roussillon qu'en 932 et que l'on +comptait ses années de règne à partir de la mort de Charles le Simple +(929).] + +[Footnote 314: M. Flach, dans _Les origines de l'ancienne France_, t. +III (Paris, 1904), p. 397, a très exactement caractérisé la politique +d'Herbert II.] + +[Footnote 315: _Chronicon universale Anonymi Landunensis, von 1154 bis +zum Schluss_ (1219), éd. Alexander Cartellieri et Wolf Slechele. +Leipzig-Paris, 1909, in-8, 87 pages.] + +[Footnote 316: _Le règne de Louis IV d'Outre-Mer_, pp. 296-298. M. +Longuon vient de fournir tout dernièrement une date de jour pour la +mort d'Herbert II, le 23 février 943, d'après les obituaires de Reims +(_Nouvelles recherches sur Raoul de Cambrai_, dans _Romania_, XXXVIII, +p. 229).] + +[Footnote 317: Le même passage se retrouve dans le ms. de Berlin +Phillipps 144, fol. 99 et suiv.] + +[Footnote 318: Il s'agit d'Aumale (Seine-Inférieure, arr. de +Neufchâtel-en-Bray) et de Namur (Belgique).] + +[Footnote 319: Pour _effestucaverat_, abandonner selon la forme +juridique de la _festuca._ Cf. le passage fourni par le ms. C² de la +_Chronique_ d'Adémar de Chabannes, 1. III, c. 22(éd. Chavanon, p. +142), déjà cité plus haut, p. 9, n. 2.] + +[Footnote 320: Ce trait est un souvenir de ce que fit Hugues le Grand +lors de l'expédition d'Otton Ier, en France, en 946. Richer, II, c. +57; Cf. _Louis d'Outre-Mer_, p. 151. Il y a là une confusion bizarre +entre l'expédition d'Otton Ier de 946 et l'aide prêtée par les +Lorrains à Charles le Simple.] + +[Footnote 321: Ou _accesserant._ Le manuscrit porte «acerant» +_(sic)._] + +[Footnote 322: Il n'existe pas de lieu dit «Mont-des-Cygnes», à +Péronne, mais dans les _Virtutes Furesei abbatis Latiniacensis_ +(M.G.h., Scr. _rer. Merov._, IV, pp. 444 et 447) on trouve les +passages suivants: «praeparabo montem Cygnopum qui Perrona noncupatur» +et «deduxerunt sanctum corpus ad montent Cygnophum». Sur cette +dénomination de la colline de Péronne, voy. F.-J. Martel, _Essai hist. +et chronol. sur la ville de Péronne_ (Péronne, 1860), pp. 3-4 et 9-10; +Eustache de Sachy, _Essais sur l'hist. de Péronne_, p. 1-2; J. +Dournel, _Hist. gén. de Péronne_, p. 1. Ce siège de Péronne est un +souvenir de la lutte entre Raoul et Herbert, de 932 à 935, au cours de +laquelle Péronne fut assiégée par Hugues le Grand et Gilbert de +Lorraine.] + +[Footnote 323: Il s'agit ici probablement de Guillaume Ier +Longue-Épée. Les noms propres mis entre crochets ont été biffés sur le +manuscrit à une date qui semble de peu postérieure à l'époque de la +transcription. On y remarquera de nombreux anachronismes.] + +[Footnote 324: Conan Ier le Tort, comte de Rennes (m. 992).] + +[Footnote 325: Peut-être Guillaume tête d'Étoupe, comte de Poitiers, +ou Guillaume le pieux, comte d'Auvergne.] + +[Footnote 326: Pour _Alphonsus_, réminiscence d'Alphonse-Jourdain, +comte de Toulouse et vicomte de Narbonne (1134-1143).] + +[Footnote 327: Ce nom paraît provenir d'une confusion entre Otton de +Bourgogne (956-965) et Eudes Ier (1078-1102).] + +[Footnote 328: Foulques Ier ou Foulques II, comte d'Anjou. Le +qualificatif de «comte du Mans» qui lui est appliqué est un surnom +épique.] + +[Footnote 329: Geoffroy Ier Grisegonelle devenu de bonne heure, comme +on sait, un héros épique, qui succéda précisément à Foulques II +d'Anjou.] + +[Footnote 330: Arnaud Bouration, comte de Périgord et d'Angoulême +(962-975), ou Arnaud Manzer, bâtard de Guillaume Taillefer, qui lui +succéda (975-1001).] + +[Footnote 331: Hugues Ier comte de Champagne (vers 1093-1123).] + +[Footnote 332: Il n'y a jamais eu de comte de Ponthieu de ce nom. Ce +doit être une confusion avec Roger ou Raoul.] + +[Footnote 333: Hugues le Grand.] + +[Footnote 334: Thibaud le Tricheur, comte de Blois.] + +[Footnote 335: Forme fautive pour _Aedgiva._] + +[Footnote 336: Il se pourrait que toute la légende rapportée ici fût +née à l'occasion de cette pierre, comme il est arrivé parfois dans des +cas analogues.] + +[Footnote 337: Édouard Ier l'Ancien, père de la reine-mère Ogive, mort +avant l'avènement de Louis IV.] + +[Footnote 338: Le même nom se retrouve dans Guillaume de Nangis. Il +signifie précisément «messager».] + +[Footnote 339: Sur l'opinion peu favorable que les Français se +faisaient des Anglais au moyen âge, cf. Ch.-V. Langlois, _Les Anglais +au moyen âge d'après les sources françaises (Revue historique_, t. +LII, pp. 298-315).] + + + + +TABLE ANALYTIQUE + + A + + ABBON, évêque de Soissons, chancelier de Robert Ier, partisan de + Raoul;--à Autun, chancelier de Raoul;--accompagne le roi + Raoul;--soutient Herbert II de Vermandois; sollicite à Rome + l'approbation de Jean X pour les actes d'Herbert II;--devenu + archichancelier royal, perd le vicariat du diocèse de + Reims;--remplacé comme archichancelier royal, par Anseïs de Troyes. + + _Aefredus_, voy. AFFRÉ. + + _Acinarius_, voy. LOUP AZNAR. + + _Ad Destricios._ Lieu dit où les Normands sont anéantis par Raoul. + + ADÈLE DE VERMANDOIS, fille d'Herbert II, épouse Arnoul de Flandre. + + ADÉLAÏDE, seconde femme de Louis le Bègue;--mère de Charles le + Simple. + + ADÉLAÏDE, fille de Conrad d'Auxerre, épouse Richard le + Justicier;--mère de Raoul, roi de France;--charte;--intervient en + faveur de Saint-Symphorien d'Autun. + + _Adelelmus._ Charte pour Sainte-Radegonde de Poitiers. + + ADÉMAR, vicomte de Turenne. Fait approuver son testament par Raoul. + + ADÉMAR DE CHABANNES. Son récit des exploits de Guillaume Taillefer. + + ADSON, impétrant d'un diplôme en faveur de Saint-Symphorien + d'Autun. + + _Aedgiva_, voy. OGIVE. + + AFFRÉ ou EFFROI, frère de Guillaume II d'Aquitaine, avoué de + l'abbaye de Brioude;--occupe Nevers;--succède à Guillaume II, duc + d'Aquitaine;--sa mort. + + AIMOIN, chroniqueur. Explication du choix de Raoul;--vante le + triomphe de Raoul sur les Normands. + + AIMOIN (Continuateur d'). Son récit du pillage de + Saint-Benoît-sur-Loire, par Rögnvald. + + AIRARD, évêque de Noyon. Sa mort. + + AISNE, riv. Charles le Simple la traverse. + + AIX-EN-PROVENCE. Odalric, archevêque. + + AIX-LA-CHAPELLE;--le procès de Bernard d'Italie y est jugé. + + ALAIN BARBE-TORTE, duc de Bretagne;--aidé par les Anglo-Saxons, + constitue une principauté féodale en Bretagne. + + _Albamarla_, voy. AUMALE. + + ALDRIC, fidèle de Raoul. + + ALLARD, évêque du Puy, accompagne Guillaume d'Aquitaine près Raoul. + + ALLEAUME, comte d'Arras. Repousse les Normands;--s'empare de Noyon; + il est tué dans la basilique;--à sa mort, Arnoul de Flandre prend + Arras. + + ALLEAUME, évêque de Laon. Établit des chanoines à Saint-Vincent de + Laon. + + ALLOU, comte de Boulogne-Térouanne;--opère avec Raoul contre les + Normands;--frère d'Arnoul de Flandre, abbé de Saint-Bertin. + + ALPES. Les Hongrois y sont un instant cernés par Rodolphe II et + Hugues de Provence. + + ALPHONSE-JOURDAIN, comte de Toulouse, et vicomte de Narbonne, à la + cour royale. + + ALSACE. Charles le Simple et Robert y séjournent.--Voy. SAVERNE. + + AMAURY, rapporte de Rome le _pallium_ à Artaud. + + AMIÉNOIS, pays envahi par les Normands. + + AMIENS. Raoul y est reconnu roi;--menacé par les Normands; dévoré + par un incendie;--assiégé par Hugues le Grand qui reçoit des otages + de la garnison d'Herbert II. + + ANGERS. Raoul y est reconnu;--Cathédrale et Saint-Aubin, + cartulaires. + + ANGLAIS. Opinion des Français sur leur caractère. + + ANGLETERRE. La reine Ogive s'y réfugie avec son fils Louis. + + ANGLO-SAXONS. + + ANGOULÊME. Guillaume Taillefer, comte; les moines de Charroux s'y + réfugient;--monnaie de Raoul;--comté. + + ANGOUMOIS, pillé par les Normands. + + ANJOU. Comté. + + ANNALES. Voy. au nom d'auteur ou de provenance et les notes au + texte. + + ANONYME DE LAON. Fragments inédits de sa chronique relatifs à + Herbert II de Vermandois. + + ANSE, en Lyonnais. Raoul y séjourne. + + ANSEAU, vassal de Boson, châtelain de Vitry, reçoit Coucy d'Herbert + II. + + ANSEÏS, évêque de Troyes, à Autun, près de Raoul;--lutte coutre + Rögnvald;--blessé à Chalmont;--dans un diplôme pour + Montiéramey;--intervient dans un diplôme de Raoul comme + archichancelier. + + ANSELME, évêque d'Autun. Acte de donation approuvé par Raoul. + + ANSGARDE, première femme de Louis de Bégue. + + AQUITAINE. Duché;--soumise à Charles;--tactique des seigneurs de ce + pays à l'égard de la royauté;--transfert du titre de duc à la + maison de Poitiers; pillée par les Normands;--reconnaît Raoul comme + roi. + + ARCIAT, sur la Saône, Raoul s'y arrête. + + ARCY (Saône-et-Loire). + + ARGENTEUIL. (Seine-et-Oise) Obituaire. + + ARGENTEUIL, en Tonnerrois. Défaite des Normands. + + _Argrina_, forme fautive pour _Aedgiva._ Ogive, femme de Charles le + Simple. + + ARLES. Comté. Appartient à Boson, du chef de sa femme Berthe. + + ARLES (Royaume d'). Son origine;--Rodolphe II, roi. + + ARNAUD BOURATION, comte de Périgord et d'Angoulême, à la cour + royale. + + ARNAUD MANZIER, bâtard de Guillaume Taillefer, à la cour royale. + + ARNOUL, marquis de Flandre. Opère avec Raoul contre les + Normands;--les Normands veulent s'en venger;--enlève Mortagne à + Roger de Lion;--s'empare d'Arras;--épouse Adèle de Vermandois; + occupe Arras; entre en possession de Boulogne et Térouanne et + devient abbé de Saint-Bertin, à la mort d'Allou. + + ARRAS. Le comte Alleaume repousse les Normands;--menacé par les + Normands;--assiégé par Raoul;--Arnoul, marquis de Flandre, s'en + empare à la mort du comte Alleaume;--pris par Arnoul de Flandre. + + ARSONCOURT. + + ARTAUD, élu archévèque de Reims;--réunit un synode pour excommunier + Milon de Châlons;--moine de Saint-Remy, se rend auprès de Hugues le + Grand;--archevêque de Reims, accompagne Raoul au siège de + Château-Thierry et Hugues le Grand à la prise de Roye;--réunit un + synode à Fismes. + + ARTOIS, pays envahi par les Normands. + + ATHELSTAN, oncle de Louis IV, le reçoit à sa cour. + + ATTIGNY. Charles le Simple s'y rend;--résidence royale;--plaid + décidant une expédition en Lorraine;--fisc royal, rendu par Raoul à + Charles le Simple;--Raoul s'y rend et envoie de là Hugues le Grand + en ambassade auprès d'Henri 1er;--Raoul y réside;--Raoul y donne un + diplôme. + + AUBRY DE TROIS-FONTAINES. Sa chronique--attribue un fils à Raoul. + + AUMALE, _Albamarla_, limite des domaines d'Herbert II. + + AURILLAC. Charte de Frolard pour cette ville. + + AUTUN. Église, chartes de Raoul;--Walon, évêque;--comté de Raoul, + début de son règne;--Saint-Martin, abbaye; Eimon abbé; dépendances + en Viennois et Provence; ses privilèges;--Saint-Symphorien, Hermoud + prévot;--Raoul y séjourne;--Saint-Andoche. + + AUVERGNE. Maison comtale;--a pour dépendances le Velay et le + Gévaudan;--reconnaît la suzeraineté de Raoul;--comté. + + AUXERRE. Relations de ses vicomtes avec le duc de + Bourgogne;--Rainard vicomte;--monastère Saint-Germain: la reine, + Emma lui enlève la _villa Quinciacum_;--Raoul y donne un diplôme à + son fidèle Allard;--Raoul y confirme des concessions de Geoffroi de + Nevers à l'évêque _Tedalyrinus_;--Louis IV y séjourne avec Hugues + le Grand;--monastère de Saint-Germain, Raoul en est avoué. + + AVALLON. Comté de Raoul;--château, enlevé au comte Gilbert par la + reine Emma. + + AVIGNON, Comté. Appartient à Boson, du chef de sa femme, Berthe. + + AVRANCHIN, pays cédé par Raoul aux Normands. + + AZNAR, voy. Loup Aznar. + + BAUDOIN II LE CHAUVE. Ses fils;--hostile à Herbert II. + + BEAULIEU. Cartulaire;--chartes datées des années de Raoul. + + BEAUVAIS. Heudegier, évêque;--monnaie de Raoul. + + BEAUVAISIS, pays envahi par les Normands. + + BÉATRICE DE VERMANDOIS, mère de Hugues le Grand. + + BENNON, évêque de Metz, successeur de Guerri. + + BENOÎT (Saint) Miracles;--son apparition à Rögnvald;--reliques + portées à Saint-Benoît-sur-Loire pendant l'invasion normande. + + BÉRENGER, empereur. Son intervention sollicitée en faveur de + Charles le simple; sa mort. + + BÉRENGER, comte du _pagus Lommensis_. Se brouille avec Gilbert, son + beau-frère. + + BERNARD, comte (de Senlis?), cousin d'Herbert II de + Vermandois;--aurait été de bonne foi en trompant le roi Charles. + + BERNARD D'ITALIE, aïeul d'Herbert II de Vermandois;--sa révolte + contre Louis le Pieux et sa mort. + + BERNOIN, évêque de Verdun, neveu de Dadon. + + BERNON, abbé de Cluny. Testament. + + BERRY. Raoul y est reconnu;--pays restitué par Raoul à Guillaume II + d'Aquitaine;--invasion hongroise;--les habitants repoussent les + Normands. + + BERTHE, comtesse d'Arles et d'Avignon, nièce de Hugues de Provence; + épouse Boson, frère de Raoul. + + BESSIN, pays cédé par Hugues le Grand aux Normands;--les habitants + attaquent les Normands de la Seine;--habitants. + + BEUVES, évêque de Châlons. Soutient Herbert II;--chassé par + Boson;--condamné à la destitution;--rétabli sur son siège par la + faveur de Hugues le Grand;--Raoul lui rend son évêché d'accord avec + Hugues le Grand. + + BÉZIERS. Chartes y constatant l'interrègne. + + BLANDIGNY. Annales. + + BLOIS. Raoul y est reconnu:--Saint-Lomer, monastère, reçoit de + Raoul l'église Saint-Lubin;--comté. + + BONN (Traité de), entre Charles le Simple et Henri l'Oiseleur. + + BOSON, frère cadet de Raoul;--son partisan;--prête l'hommage à + Raoul;--tue Ricoin malade, pour s'emparer de Verdun;--épouse + Berthe, comtesse d'Arles et d'Avignon;--ennemi d'Otton, fils de + Ricoin;--obligé de reconnaître la suzeraineté d'Henri Ier;--conclut + la paix avec Henri Ier; se réconcilie avec Gilbert de + Lorraine;--s'empare de domaines des évêchés de Verdun et Metz; + assiégé dans _Durofostum_ par Henri Ier;--s'empare de + Chelles;--rentre dans Vitry, et prend Monzon; s'allie à Gilbert de + Lorraine et à Hugues le Grand contre Herbert II; a pour vassal + Anseau de Vitry; compris dans un accord entre Hugues le Grand et + Herbert II;--se brouille avec Gilbert de Lorraine qui lui prend + _Durofostum_;--se soustrait à la suzeraineté d'Henri Ier beau-père + de Gilbert;--accompagne Raoul au siège de Reims;--époux de Berthe, + nièce de Hugues, possède Arles et Avignon;--se soumet à Henri Ier + qui lui rend presque tous ses domaines;--prend part a l'expédition + lorraine contre Hugues le Grand; se rencontre avec Raoul à Attigny; + concède Domrémy à Saint-Remy de Reims; y est enseveli;--sa femme + est petite-fille de Lothaire II de Lorraine, nièce de Hugues de + Provence. + + BOSON, roi de Provence. Oncle de Raoul, roi de France;--fils de + Thierry d'Autun;--son royaume. + + BOUFFIGNEREUX, près de Laon. Les troupes royales y campent. + + BOULOGNE.--Généalogie des comtes;--occupé par Arnoul de Flandre. + + BOULONNAIS. Littoral ravagé par la flotte normande. + + BOURGES. Pris par Raoul de Bourgogne;--monnaie de Raoul. + + BOURGOGNE. Duché;--maison ducale; alliée à Robert;--royaume + indépendant sous Rodolphe Ier;--les moines de Montiérender s'y + réfugient;--Raoul y est reconnu roi--pouvoir ducal de Raoul;--Raoul + y séjourne;--Herbert II s'y rend;--faveurs de Raoul pour les + abbayes de ce pays;--échappe aux pillages normands;--des + contingents en sortent pour rallier l'armée de Raoul. + + BOURGUIGNONS. Luttent contre les Normands à Chalmont. + + BRAISNE-SUR-LA-VESLE. Enlevé par Hugues à l'archevêque de Rouen, + Gonthard; pris et détruit par Herbert II. + + BRÊLE, fl. côtier. + + BRETAGNE. Indépendante sous Alain;--soumise à Charles;--dans + l'anarchie;--cession faite par Robert à Rögnvald non exécutée. + + BRIARE. Raoul y confirme les privilèges de Cluny. + + BRIE. Comté. Raoul y est reconnu. + + BRIOUDE. Abbaye Saint-Julien; Affré en est avoué;--dates des + chartes;--cartulaire. + + C + + CAHORS. Frotard vicomte;--chartes datées des années de Raoul, 50. + + CALAIS (Saint). Translation de ses reliques à Saint-Lomer de Blois. + + CAMBRAI. Évêques;--Isaac comte;--Gilbert de Lorraine y tient un + plaid. + + CARCASSÈS. Possessions de l'abbaye de Montolieu situées dans ce + pays. + + CARLOMAN, roi de France;--sa mort;--le dernier capitulaire date de + son règne. + + _Carolingicae domus genealogia_. + + CHALMONT (Seine-et-Marne). Défaite des Normands. + + CHÂLON-SUR-SAÔNE. (comté). Début du règne de Raoul;--Bernard + d'Italie s'y rencontre avec Louis le Pieux;--Raoul y séjourne avec + toute sa cour;--diplômes de Raoul datés de cette ville. + + CHALONNAIS. Dépendances de Tournus, sises dans ce pays. + + CHÂLONS-SUR-MARNE. Cartulaire. + + CHAMPAGNE. Comté. + + CHARLEMAGNE. S'associe son second fils Louis le Pieux;--diplôme + pour Marmoutier;--son souvenir. + + CHARLES-CONSTANTIN, bâtard de Louis l'Aveugle, comte de + Vienne.--Rentre en possession de Vienne;--comte de Vienne au mépris + des droits d'Eudes de Vermandois; se soumet à Raoul;--reçoit Raoul + comme suzerain à Vienne. + + CHARLES LE CHAUVE. Oncle de Raoul;--épouse Richilde; aïeul des + comtes de Flandre;--diplôme pour Marmoutier;--son souvenir. + + CHARLES LE GROS, empereur. + + CHARLES LE SIMPLE. Fils de Louis le Bègue.--parrain de Raoul de + Bourgogne; né en 879;--son diplôme en faveur de l'abbaye de + Prüm;--prescrit à Étienne, abbé de Saint-Martial de Limoges, de + construire deux tours pour résister à Guillaume d'Aquitaine;--fils + posthume de Louis le Bègue;--concession à Rollon; signe le traité + de Bonn;--s'enfuit en Lorraine; en revient avec des troupes; sa + défaite à Laon; assiège Chièvremont, repoussé par Hugues le + Grand;--lutte à Soissons contre Robert; envoie des messagers à + Herbert II et à Séulf;--appelle les Normands à son aide;--reconnu + en Normandie, Bretagne et Aquitaine;--délivre des diplômes à Guy de + Girone;--reconnu dans le Midi;--fait des démarches inutiles auprès + de Séulf;--reconnu en Poitou;--reconnu longtemps dans la Marche + d'Espagne;--ses domaines;--envoie des reliques de saint Denis à + Henri Ier, avec une ambassade; négocie avec Henri Ier de + Germanie;--sa captivité; enfermé à Château-Thierry; se rend à + Saint-Quentin avec la députation d'Herbert II;--ses enfants + légitimes et naturels;--donation aux Normands de la Seine;--enfermé + au donjon de Château-Thierry, puis à Péronne; tiré de sa prison par + Herbert II;--Rome intervient en sa faveur;--retourne en + prison;--captif à Reims, reçoit la visite de Raoul;--sa mort en + captivité à Péronne; enseveli à Saint-Fursy;--a pour tante + Rohaut;--sa mort décide le Midi à reconnaître Raoul comme roi. + + CHARROUX, abbaye. Pérégrinations des moines. + + CHARTRES. Défaite des Normands;--Saint-Père, cartulaire;--Raoul y + est reconnu;--monnaie de Raoul. + + CHÂTEAUBLEAU. Monnaie de Raoul. + + CHÂTEAUDUN. Monnaie de Raoul. + + CHÂTEAU-GAILLARD. Monnaie de Raoul. + + CHÂTEAU-GAILLOT, à Laon. + + CHÂTEAU-LANDON. Monnaie de Raoul. + + CHÂTEAU-THIERRY. Charles le Simple y est enfermé;--incendie du + donjon;--un des derniers réduits d'Herbert II, avec + Péronne;--assiégé par Raoul et les archevêques Téotolon et + Artaud;--Herbert II y rentre; assiégé à deux reprises par Raoul et + Hugues le Grand; abandonné par Herbert II. + + CHELLES, abbaye. Enlevée à Rohaut et concédée par Charles le Simple + à Haganon;--occupée par Boson à la mort de l'abbesse Rohaut. + + CHIERS, riv. Henri Ier se rencontre sur ses bords avec Raoul. + + CHIÈVREMONT. Assiégé par Charles, débloqué par Hugues le Grand. + + CHRONIQUE de Saint-Bénigne de Dijon. Attribue un fils à Raoul. + + _Cignorum Mons_, à Péronne. + + CLERGÉ, maltraité par Herbert II à Reims. + + CLUNY, abbaye. Chartes concernant les comtés de Mâcon, Châlon et + Autun;--diplômes de Raoul en faveur de ce monastère; son droit de + battre monnaie; abbaye dotée par Raoul. + + COLOGNE. L'archevêque s'abstient de reconnaître Raoul. + + COMMINGES. Loup Aznar en aurait été seigneur. + + COMPIÈGNE. Résidence royale;--Raoul s'y rend avec ses + troupes;--Raoul y convoque Herbert II;--Raoul y délivre un diplôme, + à Saint-Corneille, en faveur de Marmoutier;--monnaie de Raoul. + + CONAN Ier LE TORT, comte de Rennes; à la cour royale. + + CONQUES, en Rouergue, abbaye. Cartulaire; chartes constatant + l'interrègne;--actes datés des années du règne de Raoul. + + CONRAD, comte d'Auxerre. + + CONRAD DE FRANCONIE, mis en parallèle avec le roi Raoul. + + CONRAD LE PACIFIQUE, fils de Rodolphe II, roi d'Arles. Épouse + Mathilde, fille de Louis d'Outre-Mer. + + CORMICY. Quartier général des troupes royales lors de + l'investissement de Reims. + + COTENTIN. Les possessions de Rollon s'y seraient étendues;--cédé + par Raoul aux Normands. + + COUCY, dépendance de l'église de Reims. Environs ravagés par la + garnison royale de Laon;--donné à Anseau de Vitry par Herbert II. + + COURONNE de Raoul. Son histoire. + + _Cygnophum_, lieu dit à Péronne. + + D + + DADON, évêque de Verdun;--sa mort. + + DALMACE. Intervient dans un diplôme de Raoul pour Montolieu. + + DENAIN. Enlevé à Herbert II par Raoul. + + DENIS (S.). Reliques envoyées par Charles le Simple à Henri Ier de + Germanie. + + DÉOLS, monastère. Obtient de Raoul l'immunité, à la requête + d'Ebbon. + + _Destricios (Ad)_, Voy. _Ad Destricios_. + + DIJON. Saint-Bénigne;--relations de ses vicomtes avec le duc de + Bourgogne;--Manassès, comte;--pris par le comte Boson; assiégé par + Raoul. + + DOUAI, repris par Hugues le Grand à Herbert II et concédé par lui à + Roger de Laon. + + DREUX. Monnaie de Raoul. + + DUDON DE SAINT-QUENTIN;--prête à Bernard de Senlis un rôle de + diplomate. + + _Durofostum_, château sur la Meuse. Boson y est assiégé par Henri + Ier;--pris par Gilbert de Lorraine. + + _Dux Francorum_, titre. + + DYÉ (Yonne). Domaine de Saint-Benoît-sur-Loire, restitué à l'abbaye + par Raoul. + + E + + EADHILD, fille d'Édouard Ier l'Ancien, roi des Anglo-Saxons. Épouse + Hugues le Grand. + + ERBON, seigneur de Déols. Obtient de Raoul l'immunité pour le + monastère fondé par lui;--sa mort. + + EBERHARD de Franconie. Intervient en faveur d'Herbert II. + + ÈBLES MANZER, comte de Poitiers. Charte pour l'abbaye de + Noaillé;--fils de Renoul II, duc d'Aquitaine;--ne porte pas le + titre de duc d'Aquitaine. + + EBRARD, frère d'Héloin de Montreuil. Herbert lui enlève Ham et le + fait prisonnier. + + ÉCOLE riv., affl. de la Seine. Les Normands campent auprès. + + ÉDOUARD Ier l'Ancien, roi des Anglo-Saxons, père de la reine + Ogive;--son prétendu messager envoyé à Louis IV. + + _Effestucare_, sens de ce mot. + + EFFROI, voy. AFFRÉ. + + ÉGLISE, alliée à Charles le Simple. + + EIMON, abbé de Saint-Martin d'Autun. + + EINSIEDELN, monastère. Annales. + + ELISIARD, comte. Appelle Eudes de Cluny à + Saint-Benoît-sur-Loire;--intervient auprès de Raoul en faveur de + Cluny. + + ELNE. Chartes y constatant l'interrègne;--Wadaldus + évêque;--cartulaire, acte daté du règne de Raoul. + + EMMA, fille de Robert Ier, femme de Raoul;--haute valeur de cette + princesse;--son rôle dans l'élection de Raoul;--rejoint Raoul à + Autun;--déshéritée par Raoul en faveur de Saint-Remy;--souscrit une + précaire de Saint-Martin de Tours;--son courage; elle défend + Laon;--abandonne Laon;--enlève le château d'Avallon au comte + Gilbert, fils de Manassès de Dijon;--enlève la villa _Quinciacum_ à + Saint-Germain d'Auxerre;--intervient dans un diplôme de Raoul en + faveur de Cluny;--accompagne Raoul au siège de + Château-Thierry;--son psautier;--sa mort, rôle joué par elle. + + ENGRAND, doyen de Saint-Médard de Soissons, élu évêque de Laon. + + ENJEUGER, fils de Foulques d'Anjou. Sa mort. + + ENJORREN DE LEUZE. Combat les Normands. + + EPTE, riv. traversée par Raoul. + + ERMENGAUD, comte de Rouergue, ne reconnaît Raoul qu'en 932;--prête + l'hommage à Raoul. + + ERMENJART, impératrice, femme de Louis le Pieux. Son ambassade à + Bernard d'Italie. + + ERMENJART, soeur de Raoul de Bourgogne; femme de Gilbert de Dijon. + + ERMENTRUDE, femme de Charles le Chauve. + + ERNAUT de Douai, vassal de Hugues. Passe au parti d'Herbert + II;--dépossédé reçoit d'Herbert II Saint-Quentin. + + ESCAUT, fl. Limite septentrionale de la France. + + ESPAGNE. Marche; Charles le Simple y est longtemps + reconnu;--n'accepte pas la suzeraineté de Raoul. + + ESTRÉES. Les reliques de saint Genoul y sont déposées. ESTRESSE, + près de Beaulieu (Corrèze). Identifié avec _Ad Destricios_, où + Raoul battit les Normands. + + ÉTAMPES. Monnaie de Raoul. + + ÉTIENNE, abbé de Saint-Martial de Limoges. Fortifie l'abbaye. + + ÉTIENNE, évêque de Cambrai. Différend avec le comte Isaac. + + EU. Garnison renforcée;--enlevé aux Normands par les + Français;--entrevue de Rollon et Guillaume Longue-Épée avec Herbert + II;--victoire de Raoul sur les Normands. + + EUDES, roi de France. Frère de Robert Ier;--son accord avec Charles + le Simple;--fils de Robert le Fort, élu roi;--couronné par Gautier, + archevêque de Sens;--oncle de Hugues le Grand--chartes datées à + partir de son décès et;--diplôme pour Marmoutier. + + EUDES Ier DE BOURGOGNE, à la cour royale. + + EUDES DE CLUNY. Appelé à Saint-Benoît-sur-Loire. + + EUDES DE VERMANDOIS, fils d'Herbert II, candidat au comté de + Laon;--donné en otage à Rollon;--renvoyé par Rollon;--obtient la + Viennoise; semble n'y avoir jamais exercé la moindre autorité. + + F + + FAUQUEMBERGUE. Raoul y est blessé en luttant contre les Normands. + + FÉLÉCAN, chef normand massacré avec ses compagnons par les Bretons. + + FÉODALITÉ. Son développement;--son caractère en France et en + Germanie à cette époque. + + FÉTU. Abandon de Charles le Simple «par jet de fétu». + + FISC. Sa diminution. + + FISMES, église Sainte-Macre. Artaud y réunit un synode. + + FLANDRE.--Maison comtale; ses bons rapports avec Robert Ier. + + FLODOARD, annaliste; perd la prébende reçue de l'archevêque de + Reims Hervé. + + _Floriacum_, voy. SAINT-BENOÎT-SUR-LOIRE. + + FOLCUIN, chroniqueur. Élection de Raoul;--récit de la capture de + Charles le Simple;--date qu'il assigne à la mort de Charles le + Simple. + + FOUBERT, comte, porte-enseigne de Charles le Simple. Tue Robert + Ier. + + FOULQUES Ier, comte d'Anjou. Charte;--à la cour royale. + + FRANCE. Duché. + + _Francia_. + + FRÉJUS, possession de Saint-Martin d'Autun. + + FRÉRONE, seconde femme de Charles le Simple. Ses quatre filles. + + FROTARD, vicomte de Cahors. Charte pour Aurillac. + + FROTIER II, évêque de Poitiers, reconnaît Raoul. + + _Fulbertus_ voy. FOUBERT. + + G + + GARNIER, comte de Sens. Lutte contre Rögnvald;--sa mort à Chalmont. + + GALOPIN, prétendu messager envoyé par Édouard Ier l'Ancien à Louis + IV. + + GASCOGNE. Raoul n'y est reconnu qu'en 932. + + GÂTINAIS, pays.--Les dépendances de l'abbaye de Saint-Paul situées + dans ce pays données à Allard par le roi Raoul. + + GAUBERT, abbé de Corbie, élu évêque de Noyon; chassé puis + réinstallé et consacré par Artaud. + + GAUTIER, archevêque de Sens. Couronne Eudes puis Robert + Ier;--couronne Raoul. + + GEILON, neveu d'Allard, fidèle de Raoul. + + GENOUL. (S.). Reliques portées à Estrées, pendant l'invasion + normande. + + GEOFFROY, comte de Nevers. Intervient dans un diplôme de + Raoul;--perd _Viriliacum_, secouru par Raoul contre les Aquitains; + chargé de négocier une entrevue avec Henri Ier de Germanie;--ses + concessions à l'évêque _Tedalgrinus_. + + GEOFFROY Ier GRISEGONELLE, comte d'Anjou; à la cour royale. + + GERRI, monastère. Cartulaire. + + GÉVAUDAN. Comté; suit la politique du duc d'Aquitaine. + + GIGNY, abbaye. Guy abbé, usurpateur des biens de Cluny. + + GILBERT, comte de Dijon, fils de Manassès. À Autun, près + Raoul;--neveu de Rainard d'Auxerre, assiège ce dernier à + Mont-Saint-Jean;--s'allie au comte Richard, fils de Garnier de + Sens; le château d'Avallon lui est enlevé. + + GILBERT, duc de Lorraine, partisan de Robert.--Son attitude à + l'égard de Raoul;--refuse de se soumettre à Raoul;--appelle Henri + Ier de Germanie en Lorraine;--se brouille avec son beau-frère + Bérenger et son frère Renier; lutte contre Isaac de Cambrai; se + rapproche de Raoul;--son caractère inconstant; son échec auprès de + Raoul;--entre en pourparlers avec les seigneurs français;--prête + l'hommage à Raoul;--fils de Renier Ier, duc de Lorraine;--s'allie à + Boson et à Hugues le Grand contre Herbert II;--enlève le château de + _Durofostum_ à Boson;--vient aider Herbert II contre Raoul; il + conclut un armistice avec ce dernier;--coopère avec Hugues le Grand + et Raoul au siège de Péronne;--intervient en faveur d'Herbert + II;--intervient de nouveau en faveur d'Herbert II, et fait conclure + un nouvel armistice. + + GILBERT, vassal de Raoul, révolté contre lui et châtié. + + GIRONE, en Catalogne. + + GISON, rapporte de Rome le _pallium_ à Artaud. + + GONTHARD, archevêque de Rouen. Perd la forteresse de + Braisne-sur-la-Vesle. + + GORZE, abbaye. Cartulaire;--chartes. + + GOSBERT, évêque de Laon. Sa mort. + + GOTHIE, pays envahi par les Hongrois. + + GUERRI, évêque de Metz. Décide Raoul à assiéger Saverne;--s'empare + de Saverne et en fait raser le château-fort;--sa mort. + + GUILLAUME Ier LE PIEUX, d'Aquitaine, oncle de Guillaume II. + + GUILLAUME II D'AQUITAINE, neveu de Guillaume Ier d'Aquitaine. + S'empare de Bourges; reçoit le Berry de Raoul moyennant + l'hommage;--d'abord hostile à Raoul finit par se soumettre;--prend + aussi le titre de comte d'Auvergne;--sur la Loire; se rend au camp + de Raoul et lui prête l'hommage;--accompagné par l'évêque du Puy, + Allard;--comte de Velay, intercède auprès de Raoul en faveur de + l'évêque du Puy;--négocie avec Rögnvald;--fait défection;--sa mort. + + GUILLAUME DE NANGIS. Passage de sa Chronique en rapport avec + l'Anonyme de Laon. + + GUILLAUME LONGUE-ÉPÉE, associé à son père Rollon, l'accompagne à Eu + près d'Herbert II de Vermandois;--prête l'hommage à Charles le + Simple;--prête l'hommage à Raoul, et reçoit le littoral contigu à + la Bretagne;--à la cour royale. + + GUILLAUME TAILLEFER, comte d'Angoulême. Exploits contre les + Normands;--a pour successeur son bâtard Arnaud Manzer. + + GUILLAUME TÊTE D'ÉTOUPE. Autorise une libéralité de l'évêque + Frotier II en faveur de Saint-Cyprien;--fils d'Èbles, duc + d'Aquitaine et comte d'Auvergne;--comte de Poitiers. + + GUY, abbé de Gigny. Restitue à Cluny les domaines qu'il avait + usurpés. + + GUY DE GIRONE, Diplôme en sa faveur. + + GUY DE SPOLÈTE. Tient le pape Jean X prisonnier. + + H + + HAGANON, favori de Charles le Simple;--accompagne Charles le Simple + en Lorraine. + + HAM. Enlevé par Herbert II à Héloin de Montreuil;--assiégé par + Raoul et Hugues le Grand, livre des otages;--retourne au parti + d'Herbert II qui y établit son fils Eudes. + + HELGAUD, comte de Ponthieu.--Harcèle les Normands;--opère avec + Raoul contre les Normands;--les Normands cherchent à s'en + venger;--à la bataille de Fauquembergue;--père d'Héloin. + + HÉLOIN DE MONTREUIL, fils d'Helgaud de Ponthieu. Condamné pour + bigamie à Trosly;--assiégé par Herbert II et Hugues le Grand; se + réconcilie avec ce dernier;--a pour frère Ébrard. + + HÉLUIS, père de Raoul de Gouy. + + HENRI Ier L'OISELEUR, roi de Germanie. Signe le traité de + Bonn;--reçoit des envoyés de Charles le Simple;--sa garnison de + Saverne capitule;--appelé par Gilbert et l'archevêque de Trèves, + passe le Rhin; conclut un armistice avec les Lorrains, emmenant + troupeaux et otages en Germanie;--reconnu à Toul entre le 16 + octobre 923 et le 14 octobre 924;--malade sur la frontière + slave;--passe le Rhin, enlève Zülpich à Gilbert de + Lorraine;--Herbert II se rend auprès de lui avec Hugues le + Grand;--donne l'évêché de Metz à Bennon;--assiège Boson à + _Durofostum_, et conclut la paix avec lui;--refuse à Herbert II + d'agir en faveur de Charles le Simple;--intervient en France et + fait signer un armistice entre Boson et Herbert II;--Herbert II lui + prête l'hommage;--son appui sollicité par Herbert II; aux prises + avec des difficultés intérieures et la guerre hongroise;--écrase + les Hongrois sur les bords de l'Unstrutt;--vainqueur des Hongrois, + des Slaves et des Danois, envoie Gilbert de Lorraine et Éberhard de + Franconie au secours d'Herbert II;--envoie une ambassade à Raoul, à + Soissons; se rencontre: avec lui sur les bords de la + Chiers;--envoie une armée aider Herbert II à reprendre + Saint-Quentin;--parallèle avec Raoul;--domine mieux la féodalité de + son pays que Raoul. + + HERBERT Ier, comte de Vermandois, fils de Pépin, petit-fils de + Bernard d'Italie. + + HERBERT II, comte de Vermandois. Aurait épousé sa nièce, fille de + Robert Ier;--met en déroute les Lorrains à Soissons; reçoit des + messagers de Charles le Simple;--descendant de Bernard + d'Italie;--empêche Séulf de répondre aux démarches de Charles le + Simple;--envoie une députation à Charles le Simple;--aurait caché + ses desseins â ses envoyés auprès du roi Charles;--sa conduite + sévèrement jugée par ses contemporains; essai d'explication;--sa + prétendue tentative pour s'emparer de Louis, fils de Charles le + Simple;--ses vassaux infligent un échec aux Normands; se rend en + Bourgogne après la capture du roi Charles;--fournit des contingents + contre les Normands;--défend la ligne de l'Oise contre les + Normands; conclut un armistice avec eux;--à Autun, près de + Raoul;--reçoit Péronne du Raoul;--chargé par Raoul de négocier la + paix avec les Normands;--fait condamner le comte de Cambrai Isaac + au synode de Trosly;--à l'arrière-garde des troupes françaises, + prêt à tirer parti des événements;--réussit à gagner Hugues le + Grand;--apparaît sur les rives de l'Oise pour arrêter les + Normands;--amène les vassaux de l'église de Reims à Raoul;--accusé + d'empoisonnement;--fait élire archevêque de Reims son fils + Hugues;--accompagne Raoul au siège de Nevers;--s'empare de Péronne + et de Reims; se brouille avec Raoul;--lutte contre les Normands de + la Loire et leur abandonne le comté de Nantes; réunit le synode de + Trosly malgré Raoul;--oppose Charles le Simple à Raoul; tente un + coup de main sur Laon;--conclut une alliance avec les Normands à + Eu;--sa lettre au pape Jean X; se rend à Reims et y rédige une + lettre à Jean X; conclut un accord avec Raoul, et donne des + otages;--se rencontre avec Raoul; amène Hugues le Grand à une + entrevue auprès de Rollon; entre à Laon;--échoue auprès d'Henri + Ier; donne Saint-Timothée et une prébende de chanoine à Odalric + d'Aix;--ayant échoué avec la restauration de Charles, prête + l'hommage à Raoul qui lui concède Laon;--obtient la Viennoise pour + son fils Eudes; s'empare du château de Vitry-en-Perthois; assiège + Héloin dans Montreuil; attire à son parti Heudoin, vassal de Hugues + le Grand;--rend Vitry à Boson; concède Saint-Quentin à Ernaut de + Douai; conclut un accord avec Hugues le Grand; péril et reprend + Mouzon;--se rapproche de Gilbert de Lorraine; sa rupture avec + Raoul;--enlève Braisne-sur-la-Vesle à Hugues le Grand et détruit la + place;--prête l'hommage à Hugues le Grand;--assiégé par Raoul à + Laon; obtient d'en sortir en y laissant sa femme;--enlève Ham à + Ébrard, frère d'Héloin de Montreuil;--sa situation précaire; + recherche sans succès l'appui d'Henri Ier de Germanie;--recouvre + Ham puis Saint-Quentin, mais reperd vite cette dernière + ville;--reprend Château-Thierry; obtient, grâce à la médiation + lorraine, un armistice moyennant l'abandon de Château-Thierry, + reste en possession de Péronne et de Ham;--acquiert l'alliance + d'Arnoul de Flandre; approvisionne Péronne; enlève les récoltes des + partisans de Hugues le Grand;--fait sa soumission â l'entrevue des + bords de la Chiers; il reçoit divers domaines occupés par Hugues le + Grand, et se réconcilie avec lui;--sa lutte avec Raoul;--sa + cupidité;--son rôle néfaste;--jour de sa mort;--amène une invasion + en France;--se rend au roi de France;--s'empare de Charles le + Simple, le fait mutiler et mourir en prison;--sa prétendue + pendaison par ordre de Louis IV. + + HERBERT DE VERMANDOIS, fils d'Herbert II, notaire ou chancelier + royal (?). + + HERMOUD, prévôt de Saint-Symphorien d'Autun. + + HERVÉ, abbé de Tournus. + + HERVÉ, archevêque de Reims.--Partisan de Robert;--dépouillé de + domaines épiscopaux sis en Lyonnais;--sa mort. + + HEUDEGIER, évêque de Beauvais. + + HEUDOIN, vassal de Hugues le Grand. Passe au parti d'Herbert II. + + HILDUIN, évêque élu de Liège. + + HONGROIS. Pillent l'Italie, Brûlent Pavie; en Provence, en Gothie; + achevés par Raimond-Pons III;--pillent le pays de Voncq;--quittent + la France, puis font un retour offensif;--pillent la Bourgogne, + brûlent le monastère de Bèze, s'enfuient devant Raoul et gagnent + l'Italie. + + HUGUES LE GRAND, fils de Robert Ier. A pour belle-mère + Rohaut;--force Charles à lever le siège de Chièvremont;--met en + déroute les Lorrains à Soissons;--neveu du roi Eudes, éclipsé par + son père;--candidat éventuel à la couronne;--ses domaines;--aurait + capturé le roi Charles d'après Widukind;--adversaire du roi Charles + à cause de la mort de Robert à Soissons;--confondu avec Herbert II + par Richer dans le récit de la capture de Charles le + Simple;--sollicite l'assistance de Raoul coutre les + Normands;--défend la ligne de l'Oise contre les Normands; conclut + un armistice avec eux;--à Autun, près de Raoul;--reçoit le Mans de + Raoul;--frère de Raoul, chargé par Raoul du siège de + Mont-Saint-Jean;--chargé par Raoul de négocier avec les Normands, + leur cède le Maine et le Bessin;--négocie avec Rögnvald;--campe sur + les rives de la Seine, en face des Normands;--gagné par Herbert + II;--ses vassaux attaquent les Normands;--campe en Beauvaisis;--sa + rivalité avec la Flandre;--épouse Eadhild; souscrit une précaire de + Saint-Martin de Tours;--neveu d'Herbert II; modification de son + attitude;--lutte contre les Normands de la Loire et leur abandonne + le comté de Nantes;--intervient auprès de Raoul et l'accompagne + jusque sur les rives de l'Oise; médiateur entre Raoul et Herbert + II;--prête l'hommage à Charles le Simple en présence de Rollon et + d'Herbert II;--échoue avec Herbert II auprès d'Henri Ier;--assiège + Héloin dans Montreuil; a pour belle-mère Rohaut;--s'allie à Boson + et à Gilbert contre Herbert II et lui reprend Douai; conclut un + accord avec Herbert II; a pour vassal Ernaut de Douai;--enlève + Braisne à l'archevêque de Rouen Gonthard; s'allie à Raoul contre + Herbert II;--envoyé par Raoul en ambassade auprès d'Henri Ier pour + contrebalancer l'influence d'Herbert II;--accompagne Raoul au siège + de Reims;--chargé de garder Beuves de Châlons prisonnier;--s'entend + avec Raoul au sujet de Beuves de Châlons;--assiège Amiens occupé + par Herbert II; s'empare de Saint-Quentin; s'entend avec Gilbert + de Lorraine pour assiéger Péronne, mais échoue; se fait livrer des + otages à Ham;--perd puis reprend Saint-Quentin et en châtie + cruellement les habitants; s'empare de Roye avec Artaud;--assiège + deux fois, avec Raoul, Château-Thierry;--se réconcilie avec Herbert + II sur l'intervention de Raoul, et lui rend divers + domaines;--refuse de restituer Saint-Quentin à Herbert II;--semble + avoir assisté aux funérailles de Raoul;--son attitude à la mort de + Raoul;--sa politique;--à la cour royale. + + HUGUES LE NOIR, frère cadet de Raoul de Bourgogne.--Assiste Robert + dans sa lutte contre Charles le Simple;--auprès de Raoul, à + Autun;--intervient dans un diplôme en faveur de Cluny. + + HUGUES DE PROVENCE, régent du royaume de Provence; auprès de Raoul; + sa nièce Berthe, comtesse d'Arles et Avignon, épouse + Boson;--harcèle les Hongrois dans les Alpes;--roi d'Italie, se rend + en Provence pour y fortifier son autorité, à la mort de Louis + l'Aveugle, et rencontre Raoul à Vienne;--son traité avec Rodolphe + II de Bourgogne; conséquences en Lyonnais;--abandonne ses droits + sur la Provence à Rodolphe II; a pour nièce Berthe, femme de Boson, + frère de Raoul;--sa nièce épouse Boson, frère de Raoul. + + HUGUES Ier, comte de Champagne; à la cour royale. + + HUGUES, évêque de Verdun. Choisi par le roi Raoul pour succéder à + Dadon. + + HUGUES DE VERMANDOIS, fils d'Herbert II.--Déclaré déchu de tout + droit sur l'archevêché de Reims;--protégé par Abbon, évêque de + Soissons. + + HUGUES DE FLAVIGNV. Chronique. + + HUGUES DE FLEURY. _Modernorum regum actus_. + + I-K + + INGELHEIM. Concile de 948; discours de Louis IV. + + INGON, chef normand; paraît avoir succédé à Rögnvald. + + ISAAC, comte de Cambrai. En lutte avec Gilbert;--différend avec son + évêque Étienne. + + ITALIE, pillée par les Hongrois. + + JEAN X, pape. Intervient en faveur de Charles le Simple;--approuve + les actes d'Herbert II;--lettre d'Herbert II à lui adressée; + prisonnier de Guy de Spolète;--emprisonné par Guy de Toscane;--fait + restituer à Cluny des domaines occupés par Guy, abbé de Gigny. + + JEAN XI, pape. Bulle faisant allusion à un diplôme perdu de + Raoul;--envoie le _pallium_ à Artaud. + + _Jocundus_. Sa _Translatio S. Servatii_. + + JOSSELIN, évêque de Langres.--Lutte contre Rögnvald. + + JOSSELIN, évêque de Toul. Charte datée du règne de Raoul. + + JUGEMENT de Dieu. Conception médiévale. + + JUHEL-BÉRENGER, duc de Bretagne. + + _Karolorum genealogiae_. + + L + + LAMBERT, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire. + + LANGRES.--Diplôme de Raoul pour cette ville. + + LANGUEDOC. Sa soumission à Raoul en 932. + + LAON. Charles le Simple y est battu;--évêque;--le comte Roger + partisan de Raoul;--palais royal;--la reine Emma y est couronnée; + Raoul y rentre;--environs pillés par les Hongrois;--Saint-Vincent, + chanoines;--comté vacant par le décès de Roger;--abandonné + difficilement par Emma, est occupé par Herbert II;--concédé à + Herbert II par Raoul;--investi par Raoul;--Herbert II y est assiégé + par Raoul; obtient d'en sortir en y laissant sa femme qui finit par + capituler;--Engrand succède à Gosbert comme évêque;--Raoul y + séjourne; rixe entre ses gens et ceux de, l'évêque;--menacé par les + comtes lorrains et saxons alliés d'Herbert II;--monnaie de + Raoul;--Louis IV y tient une cour plénière. + + LAONNAIS. Opérations militaires dans ce pays. + + LASSOIS. Comté de Raoul. + + LEIBNIZ. Son opinion sur l'entrevue de Raoul et de Charles le + Simple à Reims. + + LE MANS. Cédé par Raoul à Hugues le Grand;--monnaie de + Raoul;--Foulques comte. + + LE PUY. Allard, évêque;--comté et monnaie de la ville concédés par + Raoul à l'évêque;--chartes datées des années de Raoul;--monnaie de + Raoul. + + LÉON VI, pape. Se désintéresse du sort de Charles le Simple. + + LÉON VII, pape. Bulle. + + LIÈGE. Évêché, son occupation en 921;--annales. + + LIMOGES. Saint-Martial;--Saint-Étienne, cartulaire. + + LIMOUSIN, pays hésitant entre Charles le Simple et Raoul;--pillé + par les Normands. + + LOBBES, monastère. Annales. + + LOIRE, fl. Estuaire occupé par les Normands;--cours remonté par + Rögnvald. + + _Lommensis pagus_. Bérenger comte. + + LORRAINE. Acquise par Charles le Simple;--Charles le Simple s'y + réfugie;--Charles y lève des recrues;--luttes féodales;--sa + soumission effective au roi de France;--sous la suzeraineté + germanique;--la question lorraine au Xe siècle;--perdue + temporairement sous Raoul. + + LORRAINS. Prêtent l'hommage à Raoul;--offrent leur soumission à + Raoul;--acceptent la souveraineté bourguignonne. + + LOTHAIRE, roi de France. + + LOTHAIRE II, roi de Lorraine. Sa petite-fille épouse Boson, frère + de Raoul. + + LOUIS LE PIEUX. Ses humiliations; sa cruauté à l'égard de Bernard + d'Italie;--diplôme pour Marmoutier. + + LOUIS II LE BÈGUE, fils de Charles le Chauve et d'Ermentrude. + Épouse successivement Ansgarde et Adélaïde;--père de Charles le + Simple;--applique encore l'ancien système des partages. + + LOUIS III, roi de France;--vainqueur de Saucourt. Sa mort. + + LOUIS IV D'OUTRE-MER. Sa fille Mathilde épouse Conrad le + Pacifique;--fils de Charles le Simple, échappe à Herbert II à la + faveur d'une ruse;--désigné fictivement comme roi dans les chartes + du Midi, après la mort de Charles le Simple;--séjourne à Auxerre; + assiste peut-être aux funérailles de Raoul;--emmené en Angleterre + par sa mère Ogive; tient une cour plénière à Laon. + + LOUIS L'AVEUGLE;--empereur, a pour régent en Provence + Hugues;--cousin germain de Raoul; sa mort. + + LOUIS, prétendu fils de Raoul. + + LOUP AZNAR, seigneur gascon. Prête l'hommage à Raoul en + 932;--aurait été seigneur de Comminges;--reconnaît le roi Raoul. + + LYON. Monnaie de Raoul. + + LYONNAIS. Domaines de l'évêché de Reims;--chartes de cette région + montrant que Raoul peut y avoir été reconnu. + + M + + MABILLE, historien. Son opinion sur le transfert du duché + d'Aquitaine à la maison de Poitiers. + + MABILLON. Expertise faite par lui. + + MÂCON. Comté; début du règne de Raoul dans ce pays;--Saint-Vincent, + cartulaire. + + MAINE, pays cédé par Hugues le Grand aux Normands; appartenait à + Robert Ier;--pays disputé entre l'Anjou et la Normandie. + + MANASSÈS, comte de Dijon;--père de Gilbert et Walon;--frère de + Rainard, vicomte d'Auxerre;--lutte contre Rögnvald;--a pour fils + Gilbert; ennemi du roi Robert Ier. + + MANS (LE), voy. LE MANS. + + MARCHE D'ESPAGNE. Voy. ESPAGNE. + + MARMOUTIER, abbaye. Diplôme de Raoul en sa faveur, confirmant ceux + de Charlemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve et Eudes. + + MATHILDE, fille de Louis d'Outre-Mer. Épouse Conrad le Pacifique. + + MEAUX. Monnaie de Raoul. + + METZ. Reconnaît Raoul;--l'évêque Guerri décide Raoul à marcher sur + Saverne;--Witger, évêque;--évêché donné par Henri Ier à Bennon. + + MONTIÉRAMEY, abbaye. Cartulaire. + + MEUSE, fl.;--traversée par Charles le Simple;--Raoul s'avance + jusque sur ses bords. + + MILON, évêque de Châlons;--excommunié par Artaud. + + MOISSAC, abbaye. Chartes. + + MONNAIES de Raoul. _Mons Calaus_, lieu identifié avec Chalmont + (Seine-et-Marne, arr. de Melun, comm. de Fleury-en-Bière). + + _Mons Herberti_, voy. MONT-HÉBERT. + + MONTDIDIER, voy. ROBERT DE MONTDIDIER. + + MONT-HÉBERT, lieu dit près de Laon. Herbert II de Vermandois y + aurait été pendu. + + MONTIÉRENDER, monastère;--moines en fuite. + + MONTOLIEU, abbaye. Diplôme de Raoul en sa faveur. + + MONTREUIL-SUR-MER. Héloin y est assiégé par Hugues le Grand et + Herbert II;--voy. HÉLOIN DE MONTREUIL. + + MONT-SAINT-JEAN, forteresse prise par Rainard, vicomte d'Auxerre, + puis reprise par Raoul. + + MONTAGNE-NORD, château des comtes de Laon. Pris et détruit par + Herbert II;--Roger de Laon y rentre;--Arnoul de Flandre l'en + dépouille. + + MOUZON. Pris par Boson; repris par Herbert II. + + N + + NAMUR, Belgique. Limite des domaines d'Herbert II + + NANTES, Comté. Cession faite par Robert à Rögnvald et aux Normands + de la Loire non exécutée. + + NARBONNAIS. Possessions de l'abbaye de Montolieu situées dans ce + pays. + + NARBONNE. Chartes constatant l'interrègne;--vicomté. + + NAVARRE. Limite de la France, au sud. + + NEVERS. Assiégé par Raoul, livre des otages; occupé par + Affré;--Geoffroy comte;--monnaie de Raoul. + + NÎMES. Chartes constatant l'interrègne;--chronique. + + NOAILLÉ. Abbaye. + + NOGENT. Monnaie de Raoul. + + NORMANDIE. Reste soumise à Charles;--envahie par Raoul. + + NORMANDS. Assiègent Tours;--ceux de la Loire obtiennent une partie + de la Bretagne et le pays de Nantes;--battus à Argenteuil par + Richard le Justicier;--fidèles à Charles le Simple;--répondent à + l'appel de ce dernier--ceux de la Seine donnent des otages et + concèdent la paix moyennant un tribut;--les mêmes aidés par ceux de + la Loire; avantages obtenus par eux;--leur lutte contre les troupes + de Raoul et les Bourguignons à Chalmont;--rompent le traité de 924; + rappelés par une diversion à la défense de leurs foyers; poursuivis + et harcelés par Helgaud de Ponthieu;--Raoul prend sa revanche + contre eux;--concluent un accord avec Hugues le Grand;--leur + défaite à Eu;--ravagent le Porcien; leur flotte ravage les côtes du + Boulonnais; envahissent l'Artois;--se font acheter la + paix;--envahissent l'Aquitaine, pénètrent en Limousin, nattas par + Raoul au lieu dit _Ad Destricios_;--en lutte contre les Bretons; + massacrés par ceux-ci avec leur chef Félécan;--ceux de la Loire + repoussés par les habitants du Berry et de la Touraine;--vaincus + par Raoul. + + NOYON. Évêque;--résiste aux attaques des Normands;--la mort de + l'évêque Airard, suivie de la brise de la ville par le comte + Alleaume; sa délivrance; Gaubert évêque;--environs pillés par + Eudes, fils d'Herbert II. + + O + + ODALRIC, archévêque d'Aix-en-Provence. Chassé de son siège par les + Sarrasins, devient vicaire du diocèse de Reims et reçoit l'abbaye + de Saint-Timothée avec une prébende de chanoine. + + ODIN, dieu scandinave. + + ODORAN. Chronique. OGIVE, reine de France, fille d'Édouard Ier + l'Ancien et femme de Charles le Simple;--passe directement de + Lorraine en Angleterre. + + OISE, riv. Les grands campent sur ses bords;--traversée par les + Normands en 923;--ses rives défendues par Hugues et Herbert II + contre les Normands;--Herbert II campe sur ses bords;--sur ses + rives un accord est conclu entre Herbert II et Raoul. + + ORLÉANS. Forêt traversée par Rögnvald;--églises dotées par + Raoul;--monnaie de Raoul. + + OTTON Ier, roi de Germanie. Succède à son père Henri + Ier;--synchronisme de son règne. + + OTTON, fils de Ricoin, ennemi personnel de Raoul, passe du côté + d'Henri Ier de Germanie;--jure fidélité à Raoul. + + OTTON DE BOURGOGNE, à la cour royale. + + P + + PARIS. Raoul y est reconnu;--sa flotte doit coopérer à l'attaque du + camp normand;--Hugues y séjourne;--monnaie de Raoul;--comté. + + PARISIS, pays. Les habitants attaquent les Normands de la Seine. + + PARTAGES germaniques, encore appliqués sous Louis le Bègue. + + PAVIE. Brûlé par les Hongrois. + + _Pecunia collaticia_. Impôt levé en France pour acheter la paix aux + Normands. + + PÉPIN, fils de Bernard d'Italie, père d'Herbert Ier de Vermandois. + + PÉRIGORD, Comté;--pillé par les Normands. + + PÉRONNE. Charles le Simple y est enfermé;--remis par Raoul à + Herbert II;--pris par Herbert II;--Charles le Simple y est + transféré de Saint-Quentin;--Charles le Simple y meurt captif; est + enseveli à Saint-Fursy;--attaqué sans succès par Raoul, Hugues le + Grand et Gilbert de Lorraine;--reste en la possession d'Herbert + II;--approvisionné par Herbert II;--assiégé par le roi de France; + le _Cignorum Mons_, _Cygnophum_, Mont-des-Cygnes, + Saint-Fursy;--Charles le Simple y meurt. + + PFEDDERSHEIM, dans le pays de Worms. + + PLECTRUDE, femme d'Allard, fidèle de Raoul. + + POISSY. Monnaie de Raoul. + + POITIERS. L'évêque Frotier II reconnaît + Raoul;--Saint-Hilaire;--Saint-Cyprien, + cartulaire;--Sainte-Radegonde;--le comte Èbles, fils de Renoul II, + n'hérite pas de son père, du titre de duc d'Aquitaine;--comté. + + POITOU, pays hésitant entre Charles le Simple et Raoul. + + PONTHIEU. Comté.--Le comte Helgaud harcèle les Normands. + + PONTHION-SUR-L'ORNAIN, fisc royal, rendu par Raoul à Charles le + Simple. + + PORCIEN, pays ravagé par les Normands. + + POUILLY, localité en Bourgogne. + + PROVENCE. Boson, roi;--indépendante sous Boson;--Hugues, régent + pour Louis l'Aveugle; Raoul y confirme les biens de Saint-Martin + d'Autun;--Hugues d'Italie y fortifie son autorité;--Hugues d'Italie + cède à Rodolphe II ses droits sur ce pays; Boson y domine à cause + des comtés d'Arles et d'Avignon. + + PROVINS. Comté; Raoul y est reconnu. + + PRÜM, abbaye. Diplôme de Charles le Simple;--annales. + + PUY (LE), voy. LE PUY. + + Q-R + + QUERCY, pays. + + QUIERSY-SUR-OISE. Capitulaire. + + _Quinciacum_, villa dépendant de Saint-Germain d'Auxerre, enlevée + par la reine Emma. + + RAIMOND-PONS III, comte de Toulouse; reconnaît Raoul en + 932;--disperse les Hongrois;--duc d'Aquitaine;--prête l'hommage à + Raoul;--devient duc d'Aquitaine. + + RAINARD, notaire du roi Raoul. + + RAINARD, vicomte d'Auxerre, frère de Manassès de Dijon. + + RAOUL, roi de France. Fils de Richard le Justicier; neveu de + Rodolphe Ier, roi de Bourgogne jurane; neveu de Charles le Chauve; + neveu de Boson, roi de Provence;--épouse Emma, fille de Robert + Ier;--souscrit divers actes du vivant de son père; témoin dans un + acte de 901; charte en faveur de l'église d'Autun;--s'intitule + comte;--attiré par Robert dans le parti des révoltés contre Charles + le Simple;--entre en France avec une puissante armée;--élu et + couronné à Soissons;--diplômes pour Autun, Châlon et + Langres;--reçoit l'hommage d'une partie des Lorrains;--flétri comme + usurpateur dans des chartes de Brioude;--son pouvoir ducal, sa + royauté;--reçoit Herbert II en Bourgogne, après la capture de + Charles;--pénètre en Normandie;--menace d'envahir la Lorraine et + force ainsi Henri Ier à se retirer;--reconnu roi à Toul;--reçoit + l'hommage de Guillaume II d'Aquitaine et lui restitue le + Berry;--confirme les biens d'un monastère en Viennois et Provence; + ses prétentions possibles sur ces pays;--sa maladie; son pèlerinage + à Saint-Remy; se rend à Soissons puis en Bourgogne;--confirme les + donations faites par ses prédécesseurs à l'abbaye de + Saint-Amand;--dirige le siège d'Eu;--concède à Herbert II + l'administration intérimaire du temporel de l'archevêché de + Reims;--grièvement blessé à Fauquembergue, regagne Laon;--se rend + en Viennois;--son entrevue avec Charles le Simple;--sa victoire sur + les Normands à Estresse;--prend Denain;--assiège et prend + Reims;--reprend Laon;--prend Saint-Médard de Soissons; reçoit + l'hommage de Raimond-Pons III, comte de Toulouse;--reconnu en + Viennois et en Normandie;--sa mort;--son caractère.--Voy. pour le + détail aux noms des matières. + + RAOUL DE GOUY. Combat les Normands;--fils d'Héluis; sa mort. + + RAOUL GLABER OU LE CHAUVE. Récit de l'élection de Raoul;--récit de + la capture de Charles le Simple. + + RATISBONNE. Saint-Emmeran; reliques de saint Denis. + + RAZÈS. Possessions de l'abbaye de Montolieu situées dans ce pays. + + REDON, abbaye. Cartulaire. + + RÉGINON, chroniqueur;--son continuateur qualifie Robert de + sacrilège. + + REIMS. Archevêché.--Saint-Remy; Robert y est couronné;--synode + réuni par Séulf prescrit pénitence aux vainqueurs de + Soissons;--archevêché sous la dépendance d'Herbert II de + Vermandois; Raoul est reconnu;--palais royal;--Raoul fait un + pèlerinage à Saint-Remy et lui lègue presque tous ses + biens;--vassaux de l'église, réunis par le roi;--église, + archevêché;--les reliques de saint Remy et de sainte Vaubourg + d'Attigny y sont apportées;--pris par Herbert II;--l'église a pour + dépendance Coucy;--Herbert II s'y rend;--l'archevêché a des + dépendances bourguignonnes;--Raoul y visite Charles le + Simple;--Raoul essaie en vain de négocier avec les habitants, et + finalement investit la place;--assiégé par Raoul, Hugues le Grand + et Boson;--se rend à Raoul; Artaud y est consacré + solennellement;--obituaires. + + RÉMOIS. Opérations militaires dans ce pays;--Charles le Simple y + séjourne. + + REMY D'AUXERRE. A pour disciple Séulf. + + RENNES. Comté. + + RENIER Ier de Lorraine, père de Gilbert. + + RENIER II DE HAINAUT, frère de Gilbert de Lorraine, se brouille + avec lui;--se réconcilie avec Gilbert. + + RENOUL II, comte de Poitiers. Est en même temps duc + d'Aquitaine;--père d'Èbles Manzer. + + RHIN, fl. Passé par Henri Ier. + + RHÔNE, fl. Passé par les Hongrois. + + RICHARD LE JUSTICIER, comte d'Autun, puis duc de Bourgogne. + Victorieux des Normands à Argenteuil;--fils de Thierry d'Autun; + épouse Adélaïde;--arrêt concernant Saint-Bénigne de Dijon;--sa + mort;--son oeuvre;--son surnom. + + RICHARD, comte, fils de Garnier de Sens, s'allie à Gilbert de + Dijon;--comte de Troyes, paraît dans un diplôme pour + Montiéramey;--en lutte contre Raoul. + + RICHARD, prétendu comte de Ponthieu, à la cour royale. + + RICHARD LE POITEVIN.--Son récit de la mort de Charles le Simple + dérive de Flodoard. + + RICHER, abbé de Prüm. Devient évêque de Liège. + + RICHER, chroniqueur. Récit de la capture de Charles le Simple;--son + récit de la fuite de Louis IV en Angleterre;--fait périr Rollon au + siège d'Eu. + + RICHILDE, impératrice, soeur de Richard le Justicier;--fille de + Thierry d'Autun; épouse Charles le Chauve. + + RICOIN, tué à Verdun par Boson, frère de Raoul;--père d'Otton de + Verdun. + + ROBERT LE FORT, père de Robert Ier, roi de France;--père + d'Eudes;--grand-père de Hugues le Grand. + + ROBERT Ier, duc puis roi de France, fils de Robert le Fort; succède + à Eudes et prête l'hommage à Charles le Simple; quitte la cour de + Charles le Simple; paraît comme impétrant dans les diplômes de + Charles le Simple;--ennemi de Manassès de Dijon;--parrain de + Rollon;--cède la Bretagne et Nantes aux Normands;--beau-père de + Raoul de Bourgogne;--aide Raoul à s'emparer de Bourges;--marquis + de France; chef des révoltés contre Charles le Simple;--a une + entrevue avec Henri Ier sur la Boer; obtient un armistice des + Lorrains; rentre en France et congédie les Bourguignons; élu roi à + Reims; couronné à Saint-Remy; ses partisans;--séjourne à Soissons; + surpris par Charles le Simple, sa mort à la bataille de + Soissons;--père de Hugues;--acte daté de son règne;--a pour + chancelier Abbon de Soissons;--sa mort à Soissons;--conséquences de + sa mort;--souvenir de sa mort. + + ROBERT DE MONTDIDIER, nom épique de Robert Ier. + + RODEZ. Chartes constatant l'interrègne. + + RODOLPHE Ier, roi de Bourgogne. + + RODOLPHE II, roi de Bourgogne puis d'Arles;--harcèle les Hongrois + dans les Alpes;--obtient de Hugues d'Italie l'abandon de ses droits + sur la Provence, et constitue ainsi le royaume d'Arles;--assiste à + l'entrevue de Raoul avec Henri Ier sur les bords de la Chiers. + + ROGER, archevêque de Trèves, refuse de reconnaître Raoul. + + ROGER, comte de Laon. Partisan de Raoul;--intercède auprès de Raoul + pour l'abbaye de Saint-Amand;--sa mort;--ses fils gardent + fidèlement leur cité au roi. + + ROGER DE LAON, fils du précédent. Son château de Mortagne assiégé + et détruit par Herbert II;--investi de Douai par Hugues le Grand. + + RÖGNVALD, viking, chef des Normands de la Loire. Appelé par Charles + le Simple;--mécontent des promesses illusoires de Robert Ier; + appelé par le roi Charles; se joint aux Normands de la Seine et + passe l'Oise;--aide les Normands de la Seine; promesses de cession + du comté de Nantes et de la Bretagne non réalisées;--exclu des + négociations par les seigneurs français; cherche vengeance contre + Raoul; son expédition en Bourgogne; parvient à traverser les lignes + françaises et à s'échapper;--légende de son passage à + Saint-Benoît-sur-Loire. + + ROHAUT, tante de Charles le Simple, belle-mère de Hugues le Grand, + abbesse de Chelles;--sa mort. + + ROLLON. Son établissement en Neustrie;--se joint à Rögnvald et + passe l'Oise;--négocie un armistice avec Hugues le Grand et Herbert + II et concède la paix moyennant une indemnité;--prend des mesures + pour défendre Eu;--sa conquête est menacée; sa mort à Eu d'après + Richer;--prête l'hommage à Charles le Simple à Eu et y conclut une + alliance avec Herbert II;--rend à Herbert II son fils Eudes; son + entrevue avec Herbert II, Hugues le Grand et Charles le Simple. + + _Rothildis_, voy. ROHAUT. + + ROUEN. + + ROUERGUE. Comté. Le comte Ermengaud ne reconnaît Raoul qu'en + 932;--reconnaît la suzeraineté de Raoul;--Ermengaud prête l'hommage + à Raoul. ROUMOIS, pays incendié par les Parisiens. + + ROUSSILLON. Raoul y est reconnu. + + ROYAUTÉ féodale. Son caractère. + + ROME, ville;--forteresse prise par Hugues le Grand et Artaud. + + S + + SAINT-AMAND. Annales. + + SAINT-BENOÎT-SUR-LOIRE. Raoul y est reconnu;--annales;--les + Normands y pénètrent;--église;--les reliques de saint Benoît y sont + déposées;--abbaye dotée par Raoul. + + SAINT-BERCHAIRE, monastère. + + SAINT-BERTIN, abbaye. Annales;--Arnoul de Flandre en devient abbé à + la mort de son frère Allou. + + SAINT-CYPRIEN DE POITIERS, abbaye. Reçoit une donation de l'évêque + de Poitiers, Frotier II. + + SAINT-DENIS, abbaye. Diplôme de Charles le + simple;--obituaire;--monnaie de Raoul. + + SAINT-EMMERAN DE RATISBONNE, voy. RATISBONNE. + + SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. Diplôme de Charles le Simple;--obituaire. + + SAINT-LOMER DE BLOIS, monastère. Reçoit de Raoul l'église + Saint-Lubin. + + SAINT-LUBIN. Église concédée par Raoul à Saint-Lomer de Blois. + + SAINT-MAIXENT. + + SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS, monastère. + + SAINT-PAUL, en Sénonais. Abbaye concédée par Raoul à son fidèle + Allard. + + SAINT-QUENTIN. Charles s'y rend avec la députation d'Herbert + II;--annales;--Charles le simple y est installé comme roi par + Herbert II;--concédé par Herbert II à Ernaut de Douai + dépossédé;--pris par Hugues le Grand;--Herbert reprend cette ville, + mais Hugues le Grand la lui enlève presque aussitôt;--Gilbert se + propose de reprendre la ville, mais y renonce;--Hugues le Grand + refuse de restituer la ville à Herbert II; elle est prise et rasée + par les comtes lorrains et saxons alliés d'Herbert II. + + SAINT-REMY, monastère fortifié par Séulf.--Voy. REIMS. + + SAINT-TIMOTHÉE, abbaye donnée par Herbert II à l'archevêque Odalric + d'Aix. + + SAINT-VAST, abbaye. Annales. + + SAINTE-RADEGONDE, voy. POITIERS. + + SAINTONGE, pays pillé par les Normands. + + SANCHE-GARCIE, duc de Gascogne, paraît être beau-père de Loup + Aznar. + + SARRASINS. Chassent l'archevêque d'Aix, Odalric, de son siège. + + SAUCOURT. Victoire de Louis III sur les Normands. + + SAUXILLANGES. Cartulaire. + + SAVERNE, en Alsace. Raoul y assiège la garnison laissée par Henri + Ier;--pris par Guerri, évêque de Metz, qui en détruit le château + fort. + + SAXE. Invasion hongroise dans ce pays. + + SCARPE, riv. + + SEINE, fl.--Son estuaire occupé par les Normands. + + SENLIS. Évêque. + + SENS.--Sainte-Colombe;--archevêché;--Gautier + archevêque;--l'archevêque Gautier couronne Raoul;--_Historia + Francorum Senonensis_;--Raoul y séjourne;--Raoul est enseveli à + Sainte-Colombe, auprès de son père et du roi Robert + Ier;--Sainte-Colombe hérite du trésor de Raoul;--Raoul est avoué de + Sainte-Colombe;--monnaie de Raoul. + + SERVAIS (S.). Translation. + + SÉULF. Devient archevêque de Reims;--reçoit des messagers de + Charles le Simple;--archevêque de Reims; réunit un synode à + Reims;--ne répond pas aux démarches de Charles;--fournit des + contingents pour combattre les Normands;--couronne la reine Emma à + Laon;--confère la prêtrise à Hugues de Verdun;--aide Hugues et + Herbert II à défendre la ligne de l'Oise contre les Normands;--à + Autun, près de Raoul;--obtient de Hugues de Provence la restitution + de domaines épiscopaux sis en Lyonnais;--chargé par Raoul de + négocier la paix avec les Normands;--disciple de Remy d'Auxerre; + fortifie Saint-Remy de Reims;--sa mort. + + SOISSONNAIS. Opérations militaires dans ce pays. + + SOISSONS.--Robert y séjourne;--abbaye de Saint-Médard;--Raoul est + couronné à Saint-Médard;--l'évêque Abbon, chancelier de Robert Ier, + partisan de Raoul;--Abbon, évêque;--Raoul s'y rend;--Saint-Médard + occupé par Raoul;--Saint-Médard a pour doyen Engrand qui devient + évêque de Laon;--environs pillés par Eudes, fils d'Herbert II; + Notre-Dame, abbesse; Saint-Pierre, chanoines;--Raoul y tient un + plaid; une ambassade d'Henri Ier vient l'y trouver;--monnaie de + Raoul;--bataille. + + STAVELOT-MALMÉDY, abbaye. Chartes. + + SUNIAIRE ou SUNIER, comte d'Urgel. Charte. + + T + + TAILLEFER, voy. GUILLAUME-TAILLEFER. + + _Tedalgrinus_, évêque de Nevers. Reçoit des concessions du comte + Geoffroi de Nevers. + + TÉOTOLON, archevêque de Tours. Accompagne Raoul au siège de + Château-Thierry. + + TÉROUANNE ou THÉROUANNE;--occupé par Arnoul de Flandre. + + THIBAUD, abbé de Sainte-Colombe de Sens. Emporte la couronne de + Raoul à la seconde croisade, et meurt en Orient. + + THIBAUD LE TRICHEUR, comte de Blois. Paraît dans un diplôme de + Raoul;--son rôle lors de l'arrivée de l'empereur à Paris;--à la + cour royale;--sa prétendue autorité dans le conseil du roi Louis + IV. + + THIERRY, comte d'Autun. + + THIETMAR, historien. + + THION, vicomte de Paris.--Charte. + + TITRE de _rex Francorum, Aquitanorum et Burgundionum_ pris par + Raoul dans ses diplômes. + + TOSCANE, pays. + + TOUL. Raoul y est reconnu roi, puis Henri Ier, en octobre 923. + + TOULOUSE. Le comte Raimond-Pons III ne reconnaît Raoul qu'en + 932;--comté; la suzeraineté de Raoul y est reconnue. + + TOURAINE. Les habitants de ce pays repoussent les Normands. + + TOURNAI. Comté. Acte de Raoul concernant ce pays;--Chroniques. + + TOURNUS, abbaye. Hervé abbé;--obtient confirmation de ses + dépendances sises en Chalonnais. + + TOURS. Assiégé par les Normands;--chroniques;--Raoul y est reconnu + et y séjourne;--Téotolon archevêque;--Saint-Martin: diplôme de + Charles le Simple;--pancarte noire;--précaire souscrite par Hugues + le Grand et la reine Emma;--Raoul s'y rend en pèlerinage; + diplôme;--Raoul confirme ses possessions et privilèges. + + TREDUIN, clerc noble, partisan d'Herbert II, pris et pendu à + Saint-Quentin par Hugues le Grand. + + TRÈVES. L'archevêque Roger refuse de reconnaître + Raoul;--Saint-Maximin, annales;--l'archevêque appelle Henri Ier, en + Lorraine;--l'archevêque s'abstient de reconnaître + Raoul;--Saint-Maximin, charte. + + TROSLY. Synode, affaire d'Isaac de Cambrai;--synode réuni par + Herbert II, malgré Raoul. + + TROYES.--Raoul y est reconnu;--Anseïs évêque. + + TULLE. Saint-Martin, abbaye réformée; Raoul y est reconnu;--chartes + datées des années de Raoul;--le monastère reçoit le donjon royal + d'_Uxellodunum_;--diplôme de Raoul pour cette abbaye. + + TURENNE. Adémar vicomte fait approuver son testament par + Raoul;--maison. + + U-Z + + UNIZON, vassal de Raoul. Intervient en faveur de Saint-Symphorien + d'Autun. + + UNSTRUTT, riv. Les Hongrois sont battus sur ses bords par Henri + III. + + URGEL. Comté. + + _Uxellodunum_, en Quercy. Concession du donjon royal au monastère + de Tulle. + + VABRES. Chartes constatant l'interrègne. + + VAISON. Domaine de Saint-Martin d'Autun. + + VARAIS, pays. Adélaïde de Bourgogne y possède des biens. + + VELAY. Comté. Suit la politique du duc d'Aquitaine. + + VENGEANCE privée, Droit en vigueur jusqu'au XVe siècle. + + VERDUN. Partage;--reconnaît Raoul;--l'évêque Hugues succède à + Dadon;--Ricoin y est tué par Boson;--l'évêque Hugues remplacé par + Bernoin. + + VERGY. Maison. + + VERMANDOIS. Maison; alliée à Robert;--Raoul y est reconnu;--son + hégémonie. + + VEXIN normand. Pillé et incendié par les Parisiens. + + VIENNE. Comté. Possédé par Charles-Constantin; Hugues d'Italie s'y + rencontre avec Raoul;--sous la domination de son archevêque puis de + Charles-Constantin; Raoul y est reçu comme suzerain par + Charles-Constantin. + + VIENNOIS, pays. Raoul y confirme les biens de Saint-Martin + d'Autun;--sous la suzeraineté de Raoul;--Raoul s'y rend;--peut-être + en fut-il question à l'entrevue des bords de la Chiers;--acquis par + Raoul. + + _Viriliacum_, localité enlevée par des Aquitains à Geoffroi de + Nevers; reprise par Raoul. + + VITRY-EN-PERTHOIS, château de Boson. Pris par Herbert II;--rendu + par Herbert II a Boson;--repris par Boson. + + VIVANT (S.). Vie. + + VONCQ (Pays de). Pillé par les Normands. + + _Wadaldus_, évêque d'Elne. Charte datée du décès de Charles le + Simple. + + WALON ou GALON, châtelain de Château-Thierry; prête l'hommage à la + reine Emma;--sa conduite au second siège de Château-Thierry. + + WALON, comte, fils de Manassès de Dijon. À Autun, près + Raoul;--neveu de Rainard d'Auxerre, assiège ce dernier dans + Mont-Saint-Jean. + + WALON, évêque d'Autun. + + WAULSORT. Chronique. + + WIDUKIND, chroniqueur. Attribue à Hugues la capture de Charles. + + WITGER, évêque de Metz. + + WORMS (Pays de). + + YVOIX. Henri Ier y séjourne. + + ZÜLPICH, pris par Gilbert de Lorraine. + + +TABLE DES MATIÈRES + + +AVANT-PROPOS + +CHAPITRE PREMIER. Robert duc de France et Raoul duc de Bourgogne. + +CHAPITRE II. Les élections de Robert et de Raoul. + +CHAPITRE III. La captivité de Charles le Simple, la guerre normande et +la perte de la Lorraine. + +CHAPITRE IV. La lutte contre Herbert de Vermandois. Première période. + +CHAPITRE V. La lutte contre Herbert de Vermandois après la mort de +Charles le Simple. + +CHAPITRE VI. La fin du règne. + +CONCLUSION. + +APPENDICE + +Fragments inédits de l'Anonyme de Laon, concernant Herbert II, comte +de Vermandois. + +TABLE ANALYTIQUE. + + + + + +End of the Project Gutenberg EBook of Robert Ier et Raoul de Bourgogne, rois +de France (923-936), by Ph. Lauer + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 11132 *** |
