diff options
| author | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-02-06 15:21:32 -0800 |
|---|---|---|
| committer | nfenwick <nfenwick@pglaf.org> | 2025-02-06 15:21:32 -0800 |
| commit | 2b7af8661660f6512725f108046f942ba3682d39 (patch) | |
| tree | 89e619d3de80f9cee62b0e8dc9d9d197bdbc8575 | |
| parent | c40ba38ca047125b2eb210ec5c2736c56606f506 (diff) | |
| -rw-r--r-- | .gitattributes | 4 | ||||
| -rw-r--r-- | LICENSE.txt | 11 | ||||
| -rw-r--r-- | README.md | 2 | ||||
| -rw-r--r-- | old/53284-0.txt | 1159 | ||||
| -rw-r--r-- | old/53284-0.zip | bin | 24501 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/53284-h.zip | bin | 60231 -> 0 bytes | |||
| -rw-r--r-- | old/53284-h/53284-h.htm | 1484 | ||||
| -rw-r--r-- | old/53284-h/images/cover.jpg | bin | 35650 -> 0 bytes |
8 files changed, 17 insertions, 2643 deletions
diff --git a/.gitattributes b/.gitattributes new file mode 100644 index 0000000..d7b82bc --- /dev/null +++ b/.gitattributes @@ -0,0 +1,4 @@ +*.txt text eol=lf +*.htm text eol=lf +*.html text eol=lf +*.md text eol=lf diff --git a/LICENSE.txt b/LICENSE.txt new file mode 100644 index 0000000..6312041 --- /dev/null +++ b/LICENSE.txt @@ -0,0 +1,11 @@ +This eBook, including all associated images, markup, improvements, +metadata, and any other content or labor, has been confirmed to be +in the PUBLIC DOMAIN IN THE UNITED STATES. + +Procedures for determining public domain status are described in +the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org. + +No investigation has been made concerning possible copyrights in +jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize +this eBook outside of the United States should confirm copyright +status under the laws that apply to them. diff --git a/README.md b/README.md new file mode 100644 index 0000000..7c34c87 --- /dev/null +++ b/README.md @@ -0,0 +1,2 @@ +Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org) public repository for +eBook #53284 (https://www.gutenberg.org/ebooks/53284) diff --git a/old/53284-0.txt b/old/53284-0.txt deleted file mode 100644 index 867eb67..0000000 --- a/old/53284-0.txt +++ /dev/null @@ -1,1159 +0,0 @@ -The Project Gutenberg EBook of La "noire idole", by Laurent Tailhade - -This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most -other parts of the world at no cost and with almost no restrictions -whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of -the Project Gutenberg License included with this eBook or online at -www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - - - -Title: La "noire idole" - Étude sur la Morphinomanie - -Author: Laurent Tailhade - -Release Date: October 15, 2016 [EBook #53284] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA "NOIRE IDOLE" *** - - - - -Produced by Clarity, Pierre Lacaze and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/American Libraries.) - - - - - - -La «Noire Idole» - - - - - LAURENT TAILHADE - - La «Noire Idole» - - Étude sur la Morphinomanie - - «_... capa que cobre todos los humanos - pensamientos, manjar que quita la - hambre, agua que ahuyenta la sed, fuego - que caliente el frio, frio que templa el - ardor, y finalmente moneda general con - que todas las cosas se compran, balanza - y peso que iguala al pastor con el rey, - y al simple con el discreto_». - - Don Quijote, Part. II, Cap 68. - - PARIS - - ALBERT MESSEIN, ÉDITEUR - - Successeur de LÉON VANIER - - 19, Quai Saint-Michel, 19 - - 1914 - - - - - _Il a été tiré vingt exemplaires sur Hollande Van Gelder - numérotés de 1 à 20._ - - -Les personnes étrangères aux études médicales: hommes de lettres -ou du monde, romanciers, chroniqueurs, simples gobe-mouches qui -parlent, écrivent, discourent sur le propos de la morphine et de -la morphinomanie, ignorent, la plupart du temps, le premier mot -de leur sujet. Ils préconisent avec un aplomb qui déconcerte, des -lieux-communs aussi vagues qu'erronés. Bon nombre de docteurs -ne sont guères plus instruits que le public sur les arcanes du -voluptueux et sinistre poison. Les plus avisés décernent leur -clientèle au spécialiste; d'autres, moins éclairés ou moins -délicats, proposent des traitements infructueux et chimériques. -Optimistes à l'excès, d'aucuns, regardent la morphinomanie comme -une «mauvaise habitude», comparable à celle des cartes ou du -tabac. Ils prétendent la guérir par des procédés aimables ou de -spécieuses diversions: promenades, théâtre, injections d'eau -claire et tout ce qui s'en suit. D'autres enfin, cyniques faiseurs -de dupes, exploitent, sous couleur de la traiter, cette «maladie -expérimentale» qui, à moins d'une cure efficace et rationnelle, -permise aux thérapeutes seuls outillés pour cet objet, n'a d'autre -aboutissant que le désespoir, la vésanie ou la mort. - - * * * * * - -Opium de l'Occident, la morphine est à peu près au suc de pavot, -ingéré en pastilles ou fumé dans des pipes, ce que les brûlants -alcools de grains ou de fruits: gin, hasselt, kirsch, genièvre -ou schiedam, sont à la bière, au vin non frelatés. L'ivresse -immédiate, foudroyante ne permet pas à l'adepte un moment de -répit. De prime abord, la possession est complète, comme chez ces -démonopathes dont les juges ecclésiastiques ou civils: Boguet, -Remigius, Lancre, del Rio ont, à leur insu, étudié la névrose. -Une force inconnue et despotique s'empare de la victime, agit à -sa place, dédouble en quelque manière sa personnalité. Au MOI -raisonnant et social, un autre MOI se substitue en qui toute idée, -en qui tout sentiment est aboli par l'appétit égoïste de la piqûre -béatifiante. - -Comment les peuples indo-européens, à qui leur activité permet -de conquérir le monde et d'exproprier «les races incompétentes», -se laissent-ils envoûter par ce morne sortilège, destructeur de -la force et de la volonté, au moment précis où l'universelle -concurrence impose à l'homme de vouloir et d'entreprendre, sans -une minute d'hésitation ni de repos? Les nations les plus actives -semblent renchérir sur ce goût. A Londres, le samedi au soir, -les apothicaires débitent de l'extrait thébaïque et des pilules -d'opium brut, tout comme les bars versent du gin ou du wisky. - -On entre dans la morphine par deux chemins inégalement semés -de fleurs. Les uns, dans le but légitime d'accoiter leurs -souffrances, ont recours aux vertus du terrible stupéfiant: -d'autres y cherchent impudemment une sensation de plaisir, -un bien-être que le docteur Ball a qualifié, le premier, -d'_euphorie_. Mais, quelle que soit la porte ouverte sur cet -enfer, par la thérapeutique ou l'appétit des sensations nouvelles, -pareille est la damnation. «La Noire Idole», comme Quincey -appelait sa carafe de laudanum, ne lâche pas sans d'incroyables -efforts les dévots qu'elle a conquis. - - * * * * * - -Quel est donc ce philtre magique, cet élixir de mort qui vend -si cher ses prétendus bienfaits? Sans remonter à Dioscoride, au -médecin Andromachus, calmant les crises épileptiques de Néron à -grand renfort de thériaque, à Galien qui soignait les maladies -nerveuses de Julia Mæsa, de Julia Domna et de leurs courtisans, -les propriétés soporatives de l'opium furent connues et largement -utilisées par les morticoles d'autrefois. - -Contrairement à la doctrine du _Malade Imaginaire_, l'opium ne -fait pas dormir, ou, du moins, ne fait dormir qu'à très longue -échéance. Il provoque tout d'abord une chaude ébriété; il confère -au patient l'oubli momentané des plus cruelles douleurs. C'est un -«remède désangoissant», ainsi que l'appelle à bon droit le docteur -Dubuisson. - - * * * * * - -Dans les premières années du XIXe siècle, le chimiste Sertüner -isola, parmi d'autres alcalis organiques, un alcoloïde à la fois -sédatif et convulsivant, que l'opium de Smyrne, de l'Inde ou -d'Egypte renferme dans la proportion moyenne de 10%. - -L'empoisonneur Castaing utilisa, peu après (1823), la découverte -du chimiste. Il «réalisa» son ami Ballet comme Lapommerais -devait «réaliser», quarante et un ans plus tard, Mme de Paw, -sa maîtresse, au moyen de la digitaline récemment acquise à la -pharmacopée par Homolle et Quévenne. Hippolyte Ballet et Mme de -Paw avaient commis l'erreur de souscrire une assurance sur la -vie à leurs vénéneux compagnons. Castaing, après avoir attiré -sa victime à Saint-Cloud (qui paraissait alors une villégiature -suffisamment rustique), lui donna le boucon à l'auberge de la -_Tête Noire_. C'était, dans du vin chaud, une solution fortement -chargée d'acétate de morphine. Ballet trouva le vin si amer qu'il -n'en but qu'une gorgée, attribuant ce mauvais goût au zeste -du citron. La nuit fut mauvaise. Castaing, le jour suivant, -administra une potion au malade qui rendit superflue toute -médication ultérieure. Le pauvre garçon en mourut après quelques -instants. - - * * * * * - -A vrai dire, ce n'est pas la morphine elle-même, peu soluble -dans l'eau, qu'utilisent les médecins et toxicomanes, mais un -sel de morphine, le chlorhydrate, qui merveilleusement se prête -à cet emploi. Dissous filtré, bouilli, décanté, mis à l'abri des -poussières dans un flacon élégant de cristal, voici le philtre -irrésistible qui permet au premier butor venu de cambrioler -aisément la forteresse du Bonheur! Ajoutez l'instrument bien -en main auquel un orthopédiste lyonnais servit de parrain vers -1860 et que, pendant la guerre de 1870, importèrent en France -les praticiens de l'armée allemande: l'outillage sera complet. -Le postulant des paradis artificiels peut consommer d'emblée ses -fiançailles avec la Mort. - -Une piqûre légère, point méchante, cuisante à peine pour les -maladroits. Et soudain le charme opère. Une onde vous enveloppe, -«un océan de délices», comme d'un sang plus vif et rajeuni. -C'est «la lune de miel», ainsi que veut bien (après nous) dire -le professeur Brouardel (_Opium, Morphine et Cocaïne_, J.-B. -Ballière, éditeur). Dans cette période élévatoire, dans la crise -initiale que provoque l'usage du terrible excitant, les idées -affluent, les Å“uvres s'ébauchent, la parole surabonde, l'ivresse -emporte l'hésitation et la timidité. La mémoire se colore et -s'amplifie. Une eurythmie clairvoyante harmonise la pensée. Les -chagrins sont en fuite et les sens abolis. Dans la plénitude -heureuse de sa force et de sa joie, l'homme se sent devenir dieu. - -Cette béatitude n'a rien de turbulent. La joie un peu vulgaire -et communicative que déchaîne, après boire, l'usage des liqueurs -fermentées ne ressemble en aucune façon au recueillement -voluptueux suggéré par la morphine. Elle exalte au plus haut -point l'opinion favorable que le sujet a de lui-même. Exempt des -servitudes physiques, réduit à l'état de pur esprit, il contemple -avec une dédaigneuse indulgence les espèces qui l'environnent. Il -plane au-dessus des réalités quotidiennes. Il n'éprouve nul besoin -de communiquer avec le troupeau congrégé à ses pieds. L'orgueil -est le moins bavard de tous nos sentiments. - - * * * * * - -Une erreur fort commune est de croire que la morphine suscite -des rêves, procure des visions, ajoute, en un mot, aux richesses -intellectuelles de ses familiers. Son pouvoir est à la fois -plus grandiose et moins extraordinaire. Elle porte en soi une -énergie révélatrice qui montre à l'homme des coins insoupçonnés -de mémoire et d'imagination, éclaire à ses propres yeux les -dessous, les recoins obscurs de sa personnalité, avive, comme -les caractères d'un palimpseste, tels souvenirs, telles images, -tels émois presque effacés. Elle «interprète» à l'initié les -moindres conjonctures, lui développe ses propres imaginations -en des épilogues savoureux. C'est le flambeau de Psyché qui -s'allume au plus profond de l'être et fait palpiter à sa lumière -le chatoiement des trésors ensevelis. - -Bientôt, cependant, les brumes irisées, les flottantes gazes, -les vapeurs de kief épaississent leur rideau. Le brouillard qui -prêtait à l'existence le charme des contours indéterminés devient -un mur impénétrable, un cachot d'où le prisonnier ne s'évadera -qu'au prix d'exécrables douleurs. - -En peu de temps le malade perd mémoire, volonté, sommeil, tous -les appétits. Il vit, incapable d'action, dans une somnolence -énervée, il rêvasse à des actes qu'il n'accomplira point. Lorsque -sous l'impulsion d'une dose insolite, il rentre un instant dans -la vie ambiante, c'est pour intégrer des gestes baroques ou -délictueux. Si déchu qu'il soit, le buveur de vin ou d'absinthe -est susceptible encore d'une activité passagère, tandis que le -morphinomane, prisonnier d'un besoin vital, indispensable au -même titre que le besoin de respirer, demeure à jamais exclu de -l'action humaine. Pour tout dire, l'alcoolique est un impulsif, le -morphinomane, un inhibé. - - * * * * * - -Dans la plupart des cas, la morphinomanie est un mal réservé, -comme la goutte, aux heureux du monde. C'est un péché de luxe. -A part les victimes du bistouri, les opérées des gynécologues, -les _unsexeds_ qui traînent leur blessure éternelle; à part les -maniaques professionnels: médecins, apothicaires, sages-femmes, -le principal effectif des toxicomanes se recrute dans le monde -salarié de la galanterie. Les belles-de-nuit, leurs stupides -clients, que ne satisfont plus les vins ruineux, les liqueurs de -flamme, condimentent de poisons leurs mornes caravanes, pratiquent -un régime d'alcaloïdes: morphine, cocaïne, héroïne, plus ou moins -soutenu. - -Le docteur Georges Dumas, soupant au café Sylvain, près -d'un morphinomane en «état de besoin», a vu l'une des -péripatéticiennes jouxtantes à ce prostibule se lever après avoir -diagnostiqué d'un Å“il expert l'état du malade, et lui proposer une -piqûre, avec le même air dont entre fumeurs on s'offre du tabac. - -Maurice Talmeyr (_Les Possédés de la morphine_) cite le cas d'une -pierreuse qui, par dégoût des obligations professionnelles, -recourait à la Pravaz. Premier que de subir le client, elle -s'injectait quelques centigrammes, fermait les paupières; la -demi-anesthésie morphinique lui rendait presque tolérable son -esclavage et l'odieux labeur de chaque soir. - -Il appartenait aussi au monde ignorant et vaniteux de la race -fashionable, ce fils de banquier mort avec son amie, dans une -hideuse maison meublée du faubourg Saint-Honoré, après huit -jours de morphinisation ininterrompue. Il avait pris goût à ces -redoutables pratiques dans une maison de santé où sa famille -l'avait interné par esprit d'économie! - -Elle menait la vie à grandes guides, cette Loris B... qui, de -Naples à Pétersbourg, de Londres à Constantinople, dissipa vingt -fortunes en princières orgies. Ayant épuisé les inventions d'une -débauche capable de satisfaire Julie ou Messaline, elle se tourna -vers les plantes vénéneuses, fut en peu de temps une toxicomane de -la grande portion. A l'état normal, prodigue, payant ses plaisirs -avec une libéralité d'impératrice, elle devenait, sous l'influence -du pavot, une maîtresse de maison économe jusqu'à la pingrerie, -épluchant les factures, grondant ses domestiques pour le plus -minime débours, lésinant sur le blanchissage, attentive à la -desserte, _râleuse_, en un mot, comme la dernière des bourgeoises. -En «état de besoin», sa complexion véritable reprenait le dessus. -Elle gaspillait de plus belle et se donnait à prix d'or les moins -honnêtes distractions. - -Il s'en faut de beaucoup, néanmoins, que tous les morphinomanes -soient membres des cercles aristocratiques, habitués des grands -bars, riches demi-mondaines comme cette Loris B... ou bien encore -comme Mlle D..., «la reine du Sahara», dont M. Edgard Bérillon a -publié l'observation (_Revue de l'hypnotisme_, juillet-octobre -1899). - -Le docteur Griffon, médecin à la Santé, a, dans le courant de -janvier 1901, traité le peintre en bâtiment Namêche qui, après -avoir communiqué le goût de la morphine à sa compagne, ainsi -qu'aux enfants de la dame, volait aux pharmaciens l'objet de -ses désirs par un procédé original dont il fut, croyons-nous, -l'inventeur. - -Quelques instants avant l'heure où les marchands de pilules -mettent leurs volets, s'étant au préalable assuré que la victime -de son choix était bien seule et gardait la boutique, Namêche lui -mandait sa pseudo-belle-fille nantie d'une fausse prescription -ordonnant plusieurs grammes du chlorhydrate impatiemment attendu. -Quand l'homme de l'art, ayant effectué sa préparation, n'avait -plus qu'à boucher la fiole, Namêche, qui le guettait sur le -trottoir, pénétrait dans l'officine en coup de vent. Il demandait, -à la hâte, une bouteille d'eau minérale: Vichy, Contrexéville, ce -qui, dans la plupart des cas, obligeait le pharmacien à quitter -son comptoir pour descendre à la cave. Pendant ce temps, l'homme -transvasait la solution de morphine dans un récipient à large -ouverture qu'il cachait sous sa vareuse et lui substituait de -l'eau claire apportée à cet effet. Puis, sous couleur qu'il avait -oublié sa bourse, il partait sans prendre l'eau minérale. Après -quoi, la fillette ne tardait guère à le suivre, en invoquant le -premier prétexte venu. Ce travail compliqué lui rendait la vie -assez incommode en Belgique,--il était de Namur. Comme tous les -inventeurs plus grands que leur destinée, il vint demander un -refuge à Paris, où, sans la clairvoyance d'un potard inaccessible -à la fantaisie, il cueillerait sans doute encore des pavots dans -chacun des vingt arrondissements. - - * * * * * - -La morphine compte sous ses étendards moins de poètes que -l'alcool. A peine Edouard Dubus et Stanislas de Guaita, lorsque la -«Muse _verte_» s'enorgueillit de Verlaine, de Musset, d'Edgar Poë -et de tant d'illustres envoûtés. D'Anacréon à Litaïpé, d'Horace à -Chaulieu, de Khayyam à Béranger, tous les faiseurs d'odelettes ont -dit le charme de la coupe et les festins couronnés de verveine, -cependant Beaudelaire, en même temps qu'il célébrait l'«âme du -vin», montrait les - - ... hardis amants de la démence, - Fuyant le grand troupeau parqué par le destin - Et se réfugiant dans l'opium immense. - -Après lui, Guaita dont les poèmes inconnus étincellent de beautés, -a, seul avec Jacques d'Adelsward, chanté, en France, un hymne aux -herbes vénéneuses: - - Salut, flore équivoque! - L'infortuné t'invoque. - Dompteuses des douleurs, - Salut, ô fleurs! - - Soyez bénis, en somme, - Sucs, qui versez à l'homme - Au visage pâli - Le calme oubli[1]. - -[Note 1: _Rosa mystica_, Lemerre, 1884.] - -En revanche, les hommes politiques recourent fréquemment au coup -de fouet de la piqûre. Le docteur Louveau, en 1887, au moment -de l'affaire SchnÅ“belé, a vu, dans les jardins de l'Elysée, le -général Boulanger se faire une piqûre. Le prince de Bismarck ne -parlait au Reichstag qu'après s'être injecté une assez forte dose. -Vers le soir de sa vie, il usa largement de la drogue favorite. - -L'acteur Marais, morphinomane enragé, mourut en pleine démence, -vers la quarantième année. Il se croyait en vérité Michel -Strogoff. Il se prenait de querelle dans les rues avec des -passants inoffensifs, «pour Dieu, pour le tzar, pour la Patrie»! -Le beau Damala ne pouvait jouer _La Dame aux camélias_ sans se -faire donner, à chaque entr'acte, plusieurs grammes de morphine. -Guy de Maupassant, morphino-éthéro-cocaïnomane, combinait les -divagations de la paralysie générale avec les délires toxiques, -dans la maison de santé où finit misérablement une vie à ses -débuts trop heureuse. Enfin, on atteste, chez les gens bien -informés, que le docteur Babinski injectait quelques centigrammes -de morphine, par vingt-quatre heures, à l'illustre Charcot, -atteint, pendant les derniers mois de sa vie, d'un lumbago -chronique. Alphonse Daudet, que les douleurs fulgurantes du tabès -excruciaient nuit et jour, fut obligé de recourir au poison dont -il avait, dans l'_Evangéliste_, analysé avec tant d'élégance et de -précision l'influence endormeuse. - - * * * * * - -C'est encore une opinion erronée que d'imputer au morphinomane -des hallucinations. La morphine est, je le répète, impuissante -à donner des rêves. Elle accroît simplement la conscience de -l'individu. Il n'en est pas de même quand elle se complique -d'un autre poison, la cocaïne, par exemple, qui rend fol et -visionnaire, en très peu de temps, le chercheur d'inconnu. -Stanislas de Guaita, qui contrepointait agréablement d'occultisme -sa morphinomanie, tenait la cocaïne en une estime toute -particulière à cause qu'elle agit directement sur le «médiateur -plastique»[2] et sur le «corps astral». Par ésotérisme, il -s'était rendu cocaïnomane. Il apercevait de temps à autre le -spectre d'une femme assassinée dans un placard à l'usage de -porte-manteau. Le fameux Valentin Cabannes, élève apothicaire, -dont Chambard (_Les Morphinomanes_, bibliothèque Charcot-Debove) -a publié les divagations avec un infini détail et qui, depuis -dix-sept ans, traîne de sanatorium en hospices d'aliénés, Valentin -Cabannes avait, quant à lui, des hallucinations plus conformes à -la vulgarité de sa nature. Il apercevait à la terrasse des cafés -de Bordeaux toute sorte de gens qui l'invitaient à «consommer». Il -ne s'en faisait faute, puis, lorsque sonnait le quart d'heure de -Rabelais, n'avait d'autre ressource que d'aller conter au poste le -plus voisin les troubles de sa mentalité. - -[Note 2: Les Péruviens considèrent les propriétés de cette -feuille (_Erythroxylon coca_) comme magiques et les sorciers de -l'Amérique du Sud la font entrer dans tous leurs maléfices... _Le_ -Coca (_sic_) comme le haschish, mais à d'autres titres, exerce -sur le corps astral une action directe et puissante. Son emploi -coutumier dénoue en l'homme certains liens compressifs de sa -nature hyper-physique--liens dont la persistance est pour le plus -grand nombre une garantie de salut. - -_Si je parlais sans réticence_ sur ce point-là , je rencontrerais -des incrédules, même parmi les occultistes. - -Je dois me borner à un conseil.--Vous qui tenez à votre vie, à -votre raison, _à la santé de votre âme_, évitez comme la peste les -injections hypodermiques de cocaïne. Sans parler de l'habitude qui -se crée fort vite, plus impérieuse encore, plus tenace et plus -funeste que toute autre du même genre, un état particulier a pris -naissance. - -Une porte a été franchie, une barrière s'est écroulée. Brusquement -introduit dans un monde inconnu, l'on se trouve en rapport avec -des êtres dont on ignorait jusqu'à l'existence. Bref, un _pacte -tacite_ a été conclu. - -Comment? Par la vertu du sang. Ceci paraîtra clair si l'on -saisit la portée des quelques lignes que voici, traduites de -Porphyre: «_L'âme restant liée au corps, même après la mort -physique, par une tendresse étrange et une affinité d'autant plus -étroite que cette essence a été séparée plus brusquement que son -enveloppe, nous voyons les âmes en grand nombre voltiger, toutes -désorientées, autour de leurs dépouilles terrestres. Bien plus, -nous les voyons rechercher avec diligence les débris de cadavres -étrangers et, sur toute chose_, le sang fraîchement épandu, _dont -la valeur semble leur rendre, pour quelques instants, certaines -facultés de la vie_.» - -«Aussi, les sorciers abusent-ils de cette notion, dans -l'expérience de leur art. Nul d'entre eux qui ne sache évoquer de -force ces âmes et les contraindre à paraître _soit en agissant sur -les restes du corps qu'elles ont quitté, soit en les invoquant -dans la vapeur du sang répandu_.» (Porphyre, _De sacrificiis_.) - -... Le sang, comme le laisse entendre ce philosophe est un aimant -des puissances spirituelles; car il leur fournit le moyen de -s'objectiver et de ressaisir un instant quelques-unes de leurs -virtualités antérieures... La cocaïne est féconde en prodiges de -cette sorte... La puissance configurative et plastique du sang -peut réagir sur les êtres potentiels qui se dérobent à l'état -d'_essence_ derrière son voile cristallin--et les manifester _au -dehors_. Mais ce mélange théurgique a la valeur d'_un pacte_. Il -sera bon d'y prendre garde. - -Stanislas de Guaita, _Le Serpent de la Genèse_. Première Septaine: -_Le Temple de Satan_, cap. VI (_Librairie du Merveilleux_, 1891). - -Cette bizarre croyance à la réincarnation des morts par la -vertu du sang n'appartient pas à Guaita plus qu'à Porphyre. -C'est une des vieilles superstitions en honneur chez les races -indo-européennes (Cf. Aulu-Gelle, _Nuits attiques_, lib IX, cap. -IV et, sur le vampirisme des populations grecques, moldo-valaques, -illyriennes, etc. Mérimée, _La Guzla_.) - -Le plus illustre vestige en est conservé dans le chant onzième de -l'_Odyssée_: «Alors je tirai mon épée aiguë de sa gaine, le long -de ma cuisse, et je creusai une fosse d'une coudée dans tous les -sens...; puis, ayant prié les générations des morts, j'égorgeai -les victimes sur la fosse, et le sang noir y coulait. Et les âmes -des morts qui ne sont plus sortaient en foule de l'Erébos... Et -je m'assis, tenant l'épée aiguë, tirée de sa gaine, le long de -ma cuisse; et je ne permettais pas aux têtes vaines des morts de -boire le sang avant que j'eusse entendu Teirésias... Arriva l'âme -de ma mère morte, d'Antikléia fille du magnanime Autolykos, que -j'avais laissée vivante en partant pour la sainte Ilios. Et je -pleurais en la voyant, le cÅ“ur plein de pitié; mais malgré ma -tristesse, je ne lui permis pas de boire le sang avant que j'eusse -entendu Teirésias.» - -Quand Teirésias a rendu son oracle, Ulysse accorde aux morts de -s'abreuver dans le sang des victimes et, par là même, de reprendre -un instant le cours de leur vie interrompue: - -«... Je restai sans bouger jusqu'à ce que ma mère fût venue et eût -bu le sang noir. Et aussitôt elle me reconnut; elle me dit, en -gémissant, des paroles ailées.» - - (_Odyssée_, Rhapsodie XI; traduction Leconte - de Lisle.) -] - - * * * * * - -Peut-on guérir la morphinomanie? et quel chemin élire dans ce but? - -A la suite du professeur Brouardel, des médecins Pichon et -Chambard (morts l'un et l'autre morphinomanes), et de quelques -praticiens moins connus, le professeur J....... préconise la -suppression lente. L'originalité de sa méthode, plagiée, au -demeurant, du docteur Pichon, consiste à laisser ignorer, pendant -une quinzaine de jours, au malade qu'on lui donne de l'eau pure -ou du sérum en guise de morphine. Le professeur J....... tient -extraordinairement à cette «invention» qui lui permet d'exercer, -dans sa clinique, la plus rude contrainte envers les miséreux et -les infirmes dévolus à son traitement. - -C'est un mélange de chaouc et de maître d'école que ce psychiâtre, -bête comme un instituteur et mal embouché comme un égout, produit -nauséabond des concours et du travail sans intelligence ni bonté, -lâche, taquin et malfaisant; que cet Astier-Réhu, purgon aux -traits d'oiseau de proie, au regard vide et terne, à l'écriture -balourde et puérile, qui s'exprime en langage de portier et -s'acharne à martyriser avec pédantisme les malheureux tombés entre -ses mains. Le cuistre, envieux de toute supériorité, se mâtine -chez lui d'un pion inquisitorial et despotique, également honni -de ses maniaques, de ses élèves et de ses infirmiers. - -La plupart des marchands de soupe qui détiennent un sanatorium -comme ils auraient la gérance d'un casino, d'un cercle ou d'un -café-concert, pratiquent la guérison lente. Ils s'accommodent pour -que l'opération marche avec un laisser-aller profitable. On y -ménage si élégamment les gradations que parfois le malade qui, à -son entrée dans l'_emporium_, prenait une dose minime de poison, a -doublé, triplé, décuplé sa provende, après quelques semaines, pour -le plus grand contentement du tenancier. Ces sortes de maisons, -à l'ordinaire, sont fort agréables. On y rencontre des hommes -sans scrupules et des femmes sans maris. La chère est savoureuse, -les vins potables, la compagnie indulgente, le parc ombreux -et ratissé. On flirte, on danse, et l'on décaméronne à dire -d'experts, chaque malade étant d'ailleurs pourvu d'une solution -vigoureuse et d'un outillage perfectionné. Le médecin en chef -accorde à sa clientèle autant de plein-air et de liberté qu'elle -en désire. Là , point d'infirmiers, de grilles inciviles, de portes -ni de verrous. Certes, chez les docteurs Sollier, chez Comar, -à la clinique du professeur J....... les règles sont étroites -et la claustration plus sévère, à coup sûr, que dans une prison -politique. Inversement, chez les entrepreneurs de guérison à date -imprécise, tout concourt à l'émancipation de la clientèle qui se -garde avec soin de pâtir et d'observer le moindre jeûne. - -Dans une de ces boîtes, si j'ose m'exprimer ainsi, la plus -heureuse entente régnait entre les morphinomanes et les -pharmaciens de la localité. Ces habiles négociants tenaient -des grammes de morphine tout pesés en petits paquets. Ils ne -demandaient qu'un prix minime, environ douze fois la valeur de -l'objet, mêlant ainsi les charmes de la bienfaisance au plus -extrême désintéressement. - -A l'autre extrémité, les docteurs Magnan, Dubuisson, Legrain, les -uns à Sainte-Anne, l'autre, à Ville-Evrard, appliquent la méthode -que pratiquait à Berlin, il y a vingt ans, le docteur Levinstein, -méthode qui se borne à supprimer net la morphine du patient, -inclus pour toute précaution dans une chambre haute, dûment -verrouillée et capitonnée, afin de ne causer point au docteur qui -«l'améliore» le déplaisir de compter un suicide au nombre de ses -clients. - -La méthode de la suppression brusque ne va pas sans tels -inconvénients qui donnent à réfléchir aux personnes méticuleuses. -Ainsi, dans la maison de santé même du professeur Levinstein, son -collègue Wesphal eut l'indiscrétion d'en mourir. Comme, au bout -d'un certain temps, il ne criait plus dans sa chambre, on alla -voir ce qu'il faisait. Il avait rendu l'esprit, sans demander -autre chose. A part, d'ailleurs, ce léger incident, la cure avait -réussi parfaitement. - -Le docteur Bérillon emploie à désensorceler ses morphinomanes -la suggestion hypnotique. Il montre à ces infortunés une Pravaz -pleine de liquide, non sans l'avoir, au préalable, imbue -d'effluves magnétiques; mais il n'enfonce jamais l'aiguille dans -leur peau. C'est, proprement, le souper de Sancho dans l'Ile de -Barataria, ou, pour mieux dire, l'illusion des va-nu-pieds, qui -grignotent leur croûte au soupirail des cuisines. Le morphinomane -prend goût à ce régime platonique. Guéri pour jamais, à ce que -déclare le taumaturge, il court néanmoins à l'officine la plus -proche, acquérir avec une bonne seringue une solution de luxe, -idoine à le réconforter. - -Enfin, les docteurs Alice et Paul Sollier, dans leur sanatorium -de Boulogne-sur-Seine, le docteur Comar, qui, pour les petites -bourses, applique leur méthode villa Montsouris, dans le quartier -de la Glacière, le docteur Noguès, à Toulouse, suivent la -pratique d'Erlenmeyer, non sans l'avoir grandement perfectionnée. -Le malade est sevré, dans la plupart des cas, en moins d'une -semaine, surveillé de nuit et de jour par les deux docteurs et -leurs médecins adjoints. Au lieu de faire traîner le supplice, -d'en diluer en quelque sorte les affres et les tortures dans une -suppression interminable qui soutire la vigueur du sujet et, pour -de longs mois, le laisse anéanti, l'opération brève et rude, -après un choc terrible, une agonie pour vivre, lui permet de -réagir promptement. La chambre de gehenne est, en même temps, une -chambre de résurrection. Reprenez l'espérance, vous qui entrez -ici! Des soins ingénieux et doux atténuent, chez les docteurs -Sollier, cette formidable épreuve. La beauté du site, le charme -du décor concourent, un peu plus tard, à rendre au convalescent -l'amour de l'existence normale que sa morne passion avait oblitéré. - - * * * * * - -La démorphinisation ne commence, en réalité, qu'après le sevrage -et la crise inhérentes aux premières heures d'abstinence. La -dose importe peu. On est aussi bien morphinomane pour quelques -centigrammes que pour plusieurs grammes; l'empoisonnement est le -même, la cure aussi pénible dès que _l'état de besoin_ est créé. -«Ce qui importe n'est pas ce que l'on prend, mais ce que l'on -garde.» (Sollier.) - -La morphine agit en paralysant les centres de la vie végétative, -le nerf pneumogastrique, le grand sympathique. Aussi la guérison -ne commence qu'autant que les émonctoires, largement ouverts -par une médication appropriée, la peau, le foie, les glandes -salivaires, l'intestin, ont évacué les éléments histologiques, -dégradés par le poison et la funeste hygiène des morphinomanes. - -Voici dans quel ordre se présentent à peu près les symptômes -caractéristiques de la suppression rapide: - - Quelque temps après la dernière piqûre--écrit un évadé--les douleurs - se manifestent, sueurs froides, bâillements, inquiétude; bientôt une - sensation d'arrachement continu dans les poignets et les genoux: - c'est la question du brodequin. A part cette gêne locale, et tout à - fait signalétique, nulle souffrance, à prendre ce mot dans sa commune - acception; mais une angoisse telle que, pour la rompre, ne fût-ce - qu'un instant, la blessure la plus cuisante, le «choc chirurgical» - seraient les bienvenus. Supposez un être étouffé sous des oreillers - ou bien encore plongé dans le vide, et qui, pendant trente-six ou - quarante heures, ne parviendrait à respirer ni à mourir. - - En même temps, l'esprit s'éveille, la mémoire s'illumine et la - conscience, plus nette, ressuscite. Le séquestre qui pesait sur le - cerveau est, à présent, levé. Les images abondent, les idées, les - comparaisons heureuses, les paroles jaillissent d'elles-mêmes. C'est - un besoin d'expansion, beaucoup moins turbulent, mais non moins - impérieux que celui qu'on peut voir chez l'homme pris de vin, un - état d'excitation véhémente qui se maintient à peu près deux jours - et une nuit. Bientôt, le calme succède à l'orage. Cette cloison que - la drogue homicide interpose entre son esclave et le monde gît enfin - abattue. Les ténèbres de la Morphine font place au grand jour de la - Vie. Inquiet d'abord, le sommeil reparaît, s'affirme, et l'on peut - dire que le malade, aussitôt qu'il dort à son accoutumée, est évadé - enfin des ergastules de l'opium. A la crise aiguë, à l'agonie pour - vivre, succède un délicieux anéantissement, une lassitude aimable - d'accouchée, une «paix alcyonienne», un sentiment de force et de - plénitude inconnu depuis longtemps. - -Peut-être convient-il de situer l'_état de désir_ (G. Dumas) à -cette minute crépusculaire. Le besoin a disparu, la morphine a -cessé de faire partie intégrante de la vie organique. Absorber du -poison n'est plus un besoin vital. Mais, dans la dépression qui -le domine, comment l'évadé ne songerait-il point aux décevants -baisers de la fiole coutumière? Il faut, alors, une tension -permanente pour fuir l'appel intérieur et ne _désirer_ plus -l'injection béatifiante. Ce désir, néanmoins, s'efface peu à peu, -quand l'organisme est suffisamment affranchi du poison, régénéré. -D'où, la nécessité de prolonger la cure pendant un assez long -terme. Le «Démon de la perversité» n'a rien à voir à cela; mais -quand la menteuse vigueur de la morphine a disparu, tandis que -la force naturelle se fait encore attendre, comment ne point -évoquer le magistère qui, sans lutte ni retard, donne--il est vrai -pour un formidable escompte--l'alacrité des sens et la jeunesse -de l'esprit? D'ailleurs, nul ne parcourt la Forêt «muette de -lumière», sans qu'il en rapporte quelque nostalgie, et ce n'est -peut-être pas seulement vers Eurydice qu'Orphée a tourné la tête, -avant que de franchir les portes du Hadès. - - -PARIS.--IMP. N. TRÉCULT, 8, RUE DANTON - - - - - ALBERT MESSEIN, ÉDITEUR, 19, quai saint-michel, paris (5e) - - _Envoi franco contre mandat-poste, timbres, etc._ - - Å’uvres Complètes de Paul Verlaine - - Avant-Propos de Charles Morice - - _Nouvelle Édition revue et corrigée sur les manuscrits originaux et sur - les 1res éditions_ - - 7 volumes in-16 de 450 pages chacun imprimés sur beau papier vergé. - - Chaque volume broché 12 fr. Relié richement amateur 25 fr. - - - Le TOME 1 contient: - - Poèmes Saturniens.--Fêtes Galantes--La - Bonne chanson.--Romances - sans paroles.--Sagesse.--Jadis et - Naguère (_vers_). - - - Le TOME II: Amour.--Parallèlement.--Bonheur.--Chansons - pour elle.--Liturgies - intimes.--Odes en son - Honneur (_vers_). - - - Le TOME III: Élégies.--Dans les Limbes.--Dédicaces.--Epigrammes.--Chair. - --Invectives (_vers_). - - - Le TOME IV: Les Poètes Maudits.--Louise - Leclercq.--Les Mémoires - d'un Veuf.--Mes Hôpitaux.--Mes - Prisons (_proses_). - - - Le TOME V: Confessions.--Quinze - Jours en Hollande.--Vingt-sept biographies - de Poètes et Littérateurs - (_proses_). - - Å’UVRES POSTHUMES - - - Le TOME 1er, (_vers et proses_), contient: - Vers de Jeunesse.--Varia.--Parallèlement. - (_additions_).--Dédicaces - (_additions_).--Souvenirs.--Histoires - comme ça. - - - Le TOME II (_vers et proses_: Charles - Baudelaire.--Voyage en France par - un Français.--Souvenirs et Promenades.--Vers, - Critiques et Conférences.--Dessins - de Paul Verlaine. - - - Poésies religieuses. Préface de J.-K. Huysmans, Choix de poésies - in-12 5 75 - - Verlaine intime, par Ch. Donos, ill. d'après des dessins de - P. Verlaine 5 75 - - - _Les Manuscrits des Maîtres_: - - PAUL VERLAINE. Sagesse. Un vol. in-4. Portrait à l'eau-forte, - d'après Carrière. Reproduction autographique du manuscrit original. 30 »» - - - ARTHUR RIMBAUD. Poésies. Un vol. in-8 grand jésus, tiré à 500 exemp. - Portrait à l'eau-forte, d'après Fantin-Latour. Reproduction - autographique des poèmes publiés, en grande partie, - sous le titre "Le Reliquaire" 30 » - - - PAUL VERLAINE. Fêtes Galantes. Reproduction en taille-douce - du manuscrit original. Port. à l'eau-forte, d'après Fantin-Latour 30 » - - - HOMMAGE A PAUL VERLAINE - - Publié en 1910 à l'occasion de l'érection du monument.--Poèmes - de: Mallarmé--Moréas--Léon Dierx--Paul Claudel--Henry - Bataille--E. Blémont--Paul Fort--Rémy de Gourmont--Francis - Jammes--Ch. Morice--Comtesse de Noailles--Ernest Raynaud--Henri - de Régnier--Laurent Tailhade--Emile Verhaeren--Vielé Griffin, - etc. Héliogravure du monument de Niederhausern. 1 fort vol. - in-4º couronne 15 » - - - ÉDOUARD DUBUS - - Poésies complètes. _Quand les violons sont partis et Vers - Posthumes._ Préface de Laurent Tailhade. in-12 5 75 - - - TRISTAN CORBIÈRE - - Å’uvres complètes. _Les Amours jaunes_. Edition définitive avec - portrait. Préface de Ch. Le Goffic 5 75 - - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of La "noire idole", by Laurent Tailhade - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA "NOIRE IDOLE" *** - -***** This file should be named 53284-0.txt or 53284-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/3/2/8/83284/ - -Produced by Clarity, Pierre Lacaze and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/American Libraries.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part -of this license, apply to copying and distributing Project -Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm -concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, -and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive -specific permission. If you do not charge anything for copies of this -eBook, complying with the rules is very easy. You may use this eBook -for nearly any purpose such as creation of derivative works, reports, -performances and research. They may be modified and printed and given -away--you may do practically ANYTHING in the United States with eBooks -not protected by U.S. copyright law. Redistribution is subject to the -trademark license, especially commercial redistribution. - -START: FULL LICENSE - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full -Project Gutenberg-tm License available with this file or online at -www.gutenberg.org/license. - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project -Gutenberg-tm electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or -destroy all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your -possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a -Project Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound -by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the -person or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph -1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this -agreement and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm -electronic works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the -Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection -of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual -works in the collection are in the public domain in the United -States. If an individual work is unprotected by copyright law in the -United States and you are located in the United States, we do not -claim a right to prevent you from copying, distributing, performing, -displaying or creating derivative works based on the work as long as -all references to Project Gutenberg are removed. Of course, we hope -that you will support the Project Gutenberg-tm mission of promoting -free access to electronic works by freely sharing Project Gutenberg-tm -works in compliance with the terms of this agreement for keeping the -Project Gutenberg-tm name associated with the work. You can easily -comply with the terms of this agreement by keeping this work in the -same format with its attached full Project Gutenberg-tm License when -you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are -in a constant state of change. If you are outside the United States, -check the laws of your country in addition to the terms of this -agreement before downloading, copying, displaying, performing, -distributing or creating derivative works based on this work or any -other Project Gutenberg-tm work. The Foundation makes no -representations concerning the copyright status of any work in any -country outside the United States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other -immediate access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear -prominently whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work -on which the phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the -phrase "Project Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, -performed, viewed, copied or distributed: - - This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and - most other parts of the world at no cost and with almost no - restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it - under the terms of the Project Gutenberg License included with this - eBook or online at www.gutenberg.org. If you are not located in the - United States, you'll have to check the laws of the country where you - are located before using this ebook. - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is -derived from texts not protected by U.S. copyright law (does not -contain a notice indicating that it is posted with permission of the -copyright holder), the work can be copied and distributed to anyone in -the United States without paying any fees or charges. If you are -redistributing or providing access to a work with the phrase "Project -Gutenberg" associated with or appearing on the work, you must comply -either with the requirements of paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 or -obtain permission for the use of the work and the Project Gutenberg-tm -trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any -additional terms imposed by the copyright holder. Additional terms -will be linked to the Project Gutenberg-tm License for all works -posted with the permission of the copyright holder found at the -beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including -any word processing or hypertext form. However, if you provide access -to or distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format -other than "Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official -version posted on the official Project Gutenberg-tm web site -(www.gutenberg.org), you must, at no additional cost, fee or expense -to the user, provide a copy, a means of exporting a copy, or a means -of obtaining a copy upon request, of the work in its original "Plain -Vanilla ASCII" or other form. Any alternate format must include the -full Project Gutenberg-tm License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works -provided that - -* You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is owed - to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he has - agreed to donate royalties under this paragraph to the Project - Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments must be paid - within 60 days following each date on which you prepare (or are - legally required to prepare) your periodic tax returns. Royalty - payments should be clearly marked as such and sent to the Project - Gutenberg Literary Archive Foundation at the address specified in - Section 4, "Information about donations to the Project Gutenberg - Literary Archive Foundation." - -* You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or destroy all - copies of the works possessed in a physical medium and discontinue - all use of and all access to other copies of Project Gutenberg-tm - works. - -* You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of - any money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days of - receipt of the work. - -* You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project -Gutenberg-tm electronic work or group of works on different terms than -are set forth in this agreement, you must obtain permission in writing -from both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and The -Project Gutenberg Trademark LLC, the owner of the Project Gutenberg-tm -trademark. Contact the Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -works not protected by U.S. copyright law in creating the Project -Gutenberg-tm collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm -electronic works, and the medium on which they may be stored, may -contain "Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate -or corrupt data, transcription errors, a copyright or other -intellectual property infringement, a defective or damaged disk or -other medium, a computer virus, or computer codes that damage or -cannot be read by your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium -with your written explanation. The person or entity that provided you -with the defective work may elect to provide a replacement copy in -lieu of a refund. If you received the work electronically, the person -or entity providing it to you may choose to give you a second -opportunity to receive the work electronically in lieu of a refund. If -the second copy is also defective, you may demand a refund in writing -without further opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO -OTHER WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT -LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of -damages. If any disclaimer or limitation set forth in this agreement -violates the law of the state applicable to this agreement, the -agreement shall be interpreted to make the maximum disclaimer or -limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or -unenforceability of any provision of this agreement shall not void the -remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in -accordance with this agreement, and any volunteers associated with the -production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm -electronic works, harmless from all liability, costs and expenses, -including legal fees, that arise directly or indirectly from any of -the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this -or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or -additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any -Defect you cause. - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of -computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It -exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations -from people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future -generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see -Sections 3 and 4 and the Foundation information page at -www.gutenberg.org Section 3. Information about the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the -mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its -volunteers and employees are scattered throughout numerous -locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt -Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to -date contact information can be found at the Foundation's web site and -official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To SEND -DONATIONS or determine the status of compliance for any particular -state visit www.gutenberg.org/donate - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. To -donate, please visit: www.gutenberg.org/donate - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works. - -Professor Michael S. Hart was the originator of the Project -Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be -freely shared with anyone. For forty years, he produced and -distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of -volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in -the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search -facility: www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - diff --git a/old/53284-0.zip b/old/53284-0.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index 252147f..0000000 --- a/old/53284-0.zip +++ /dev/null diff --git a/old/53284-h.zip b/old/53284-h.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index 467ee16..0000000 --- a/old/53284-h.zip +++ /dev/null diff --git a/old/53284-h/53284-h.htm b/old/53284-h/53284-h.htm deleted file mode 100644 index 3224123..0000000 --- a/old/53284-h/53284-h.htm +++ /dev/null @@ -1,1484 +0,0 @@ -<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" - "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> -<html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xml:lang="fr" lang="fr"> - <head> - <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html;charset=iso-8859-1" /> - <meta http-equiv="Content-Style-Type" content="text/css" /> - <title> - The Project Gutenberg eBook of La «Noire Idole», by Laurent Tailhade. - </title> -<link rel="coverpage" href="images/cover.jpg" /> - <style type="text/css"> - -body { - margin-left: 10%; - margin-right: 10%; -} - - h1,h2,h3,h4{ - text-align: center; /* all headings centered */ - clear: both; -} - -p { - margin-top: .51em; - text-align: justify; - margin-bottom: .49em; -} - -hr { - width: 33%; - margin-top: 2em; - margin-bottom: 2em; - margin-left: auto; - margin-right: auto; - clear: both; -} - -hr.tb {width: 45%;} -hr.full {width: 95%;} - -table { - margin-left: auto; - margin-right: auto; -} - -.pagenum { /* uncomment the next line for invisible page numbers */ - /* visibility: hidden; */ - position: absolute; - left: 92%; - font-size: smaller; - text-align: right; -} /* page numbers */ - - -.right {text-align: right;} - -.smcap {font-variant: small-caps;} - -/* Footnotes */ - -.footnote {margin-left: 10%; margin-right: 10%; font-size: 0.9em;} - -.footnote .label {position: absolute; right: 84%; text-align: right;} - -.fnanchor { - vertical-align: super; - font-size: .8em; - text-decoration: - none; -} - - </style> - </head> -<body> - - -<pre> - -The Project Gutenberg EBook of La "noire idole", by Laurent Tailhade - -This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most -other parts of the world at no cost and with almost no restrictions -whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of -the Project Gutenberg License included with this eBook or online at -www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - - - -Title: La "noire idole" - Étude sur la Morphinomanie - -Author: Laurent Tailhade - -Release Date: October 15, 2016 [EBook #53284] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA "NOIRE IDOLE" *** - - - - -Produced by Clarity, Pierre Lacaze and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/American Libraries.) - - - - - - -</pre> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">[p. 1]</a></span></p> - - -<h3>La «Noire Idole»</h3> -<p><span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">[p. 3]</a></span></p> - - -<h2> -LAURENT TAILHADE</h2> - -<h1>La «Noire Idole»</h1> - -<h3>Étude sur la Morphinomanie</h3> -<p class="right"> -«<i>... capa que cobre todos los humanos<br /> -pensamientos, manjar que quita la<br /> -hambre, agua que ahuyenta la sed, fuego<br /> -que caliente el frio, frio que templa el<br /> -ardor, y finalmente moneda general con<br /> -que todas las cosas se compran, balanza<br /> -y peso que iguala al pastor con el rey,<br /> -y al simple con el discreto</i>».<br /> -<br /> -<span class="smcap">Don Quijote</span>, Part. II, Cap 68.<br /> -</p> -<h4>PARIS</h4> - -<h4>ALBERT MESSEIN, ÉDITEUR</h4> - -<h4><span class="smcap">Successeur de</span> LÉON VANIER</h4> - -<h4>19, <span class="smcap">Quai Saint-Michel</span>, 19</h4> - -<h4>1914</h4> - - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">[p. 4]</a></span></p> - - -<hr class="tb" /> - -<p> -<i>Il a été tiré vingt exemplaires sur Hollande Van Gelder<br /> -numérotés de 1 à 20.</i><br /> -</p> -<hr class="tb" /> -<p><span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">[p. 5]</a></span></p> - -<p>Les personnes étrangères aux études -médicales: hommes de lettres ou du monde, -romanciers, chroniqueurs, simples gobe-mouches -qui parlent, écrivent, discourent -sur le propos de la morphine et de la morphinomanie, -ignorent, la plupart du temps, -le premier mot de leur sujet. Ils préconisent -avec un aplomb qui déconcerte, des lieux-communs -aussi vagues qu'erronés. Bon -nombre de docteurs ne sont guères plus -instruits que le public sur les arcanes du -voluptueux et sinistre poison. Les plus avisés -décernent leur clientèle au spécialiste; -d'autres, moins éclairés ou moins délicats,<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">[p. 6]</a></span> -proposent des traitements infructueux et -chimériques. Optimistes à l'excès, d'aucuns, -regardent la morphinomanie comme une -«mauvaise habitude», comparable à celle -des cartes ou du tabac. Ils prétendent la -guérir par des procédés aimables ou de spécieuses -diversions: promenades, théâtre, -injections d'eau claire et tout ce qui s'en -suit. D'autres enfin, cyniques faiseurs de -dupes, exploitent, sous couleur de la traiter, -cette «maladie expérimentale» qui, à moins -d'une cure efficace et rationnelle, permise -aux thérapeutes seuls outillés pour cet objet, -n'a d'autre aboutissant que le désespoir, la -vésanie ou la mort.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>Opium de l'Occident, la morphine est à -peu près au suc de pavot, ingéré en pastilles -ou fumé dans des pipes, ce que les brûlants -alcools de grains ou de fruits: gin, hasselt, -kirsch, genièvre ou schiedam, sont à la -bière, au vin non frelatés. L'ivresse immédiate,<span class="pagenum"><a name="Page_7" id="Page_7">[p. 7]</a></span> -foudroyante ne permet pas à l'adepte -un moment de répit. De prime abord, la -possession est complète, comme chez ces démonopathes -dont les juges ecclésiastiques -ou civils: Boguet, Remigius, Lancre, del Rio -ont, à leur insu, étudié la névrose. Une force -inconnue et despotique s'empare de la victime, -agit à sa place, dédouble en quelque -manière sa personnalité. Au <span class="smcap">MOI</span> raisonnant -et social, un autre <span class="smcap">MOI</span> se substitue en qui -toute idée, en qui tout sentiment est aboli -par l'appétit égoïste de la piqûre béatifiante.</p> - -<p>Comment les peuples indo-européens, à -qui leur activité permet de conquérir le -monde et d'exproprier «les races incompétentes», -se laissent-ils envoûter par ce -morne sortilège, destructeur de la force et de -la volonté, au moment précis où l'universelle -concurrence impose à l'homme de -vouloir et d'entreprendre, sans une minute -d'hésitation ni de repos? Les nations les -plus actives semblent renchérir sur ce goût. -A Londres, le samedi au soir, les apothicaires -débitent de l'extrait thébaïque et des<span class="pagenum"><a name="Page_8" id="Page_8">[p. 8]</a></span> -pilules d'opium brut, tout comme les bars -versent du gin ou du wisky.</p> - -<p>On entre dans la morphine par deux chemins -inégalement semés de fleurs. Les uns, -dans le but légitime d'accoiter leurs souffrances, -ont recours aux vertus du terrible -stupéfiant: d'autres y cherchent impudemment -une sensation de plaisir, un bien-être -que le docteur Ball a qualifié, le premier, -d'<i>euphorie</i>. Mais, quelle que soit la porte -ouverte sur cet enfer, par la thérapeutique -ou l'appétit des sensations nouvelles, pareille -est la damnation. «La Noire Idole», comme -Quincey appelait sa carafe de laudanum, ne -lâche pas sans d'incroyables efforts les dévots -qu'elle a conquis.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>Quel est donc ce philtre magique, cet -élixir de mort qui vend si cher ses prétendus -bienfaits? Sans remonter à Dioscoride, au -médecin Andromachus, calmant les crises<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">[p. 9]</a></span> -épileptiques de Néron à grand renfort de -thériaque, à Galien qui soignait les maladies -nerveuses de Julia Mæsa, de Julia Domna et -de leurs courtisans, les propriétés soporatives -de l'opium furent connues et largement utilisées -par les morticoles d'autrefois.</p> - -<p>Contrairement à la doctrine du <i>Malade -Imaginaire</i>, l'opium ne fait pas dormir, ou, -du moins, ne fait dormir qu'à très longue -échéance. Il provoque tout d'abord une -chaude ébriété; il confère au patient l'oubli -momentané des plus cruelles douleurs. C'est -un «remède désangoissant», ainsi que l'appelle -à bon droit le docteur Dubuisson.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>Dans les premières années du XIX<sup>e</sup> siècle, -le chimiste Sertüner isola, parmi d'autres -alcalis organiques, un alcoloïde à la fois sédatif -et convulsivant, que l'opium de Smyrne, -de l'Inde ou d'Egypte renferme dans la proportion -moyenne de 10%.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">[p. 10]</a></span></p> - -<p>L'empoisonneur Castaing utilisa, peu -après (1823), la découverte du chimiste. Il -«réalisa» son ami Ballet comme Lapommerais -devait «réaliser», quarante et un ans -plus tard, M<sup>me</sup> de Paw, sa maîtresse, au moyen -de la digitaline récemment acquise à la pharmacopée -par Homolle et Quévenne. Hippolyte -Ballet et M<sup>me</sup> de Paw avaient commis -l'erreur de souscrire une assurance sur la -vie à leurs vénéneux compagnons. Castaing, -après avoir attiré sa victime à Saint-Cloud -(qui paraissait alors une villégiature suffisamment -rustique), lui donna le boucon à -l'auberge de la <i>Tête Noire</i>. C'était, dans du -vin chaud, une solution fortement chargée -d'acétate de morphine. Ballet trouva le vin -si amer qu'il n'en but qu'une gorgée, attribuant -ce mauvais goût au zeste du citron. La -nuit fut mauvaise. Castaing, le jour suivant, -administra une potion au malade qui rendit -superflue toute médication ultérieure. Le -pauvre garçon en mourut après quelques -instants.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">[p. 11]</a></span></p> - -<hr class="tb" /> - -<p>A vrai dire, ce n'est pas la morphine -elle-même, peu soluble dans l'eau, qu'utilisent -les médecins et toxicomanes, mais un -sel de morphine, le chlorhydrate, qui merveilleusement -se prête à cet emploi. Dissous -filtré, bouilli, décanté, mis à l'abri des poussières -dans un flacon élégant de cristal, voici -le philtre irrésistible qui permet au premier -butor venu de cambrioler aisément la forteresse -du Bonheur! Ajoutez l'instrument -bien en main auquel un orthopédiste lyonnais -servit de parrain vers 1860 et que, pendant -la guerre de 1870, importèrent en -France les praticiens de l'armée allemande: -l'outillage sera complet. Le postulant des -paradis artificiels peut consommer d'emblée -ses fiançailles avec la Mort.</p> - -<p>Une piqûre légère, point méchante, -cuisante à peine pour les maladroits. Et -soudain le charme opère. Une onde vous -enveloppe, «un océan de délices», comme<span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">[p. 12]</a></span> -d'un sang plus vif et rajeuni. C'est «la -lune de miel», ainsi que veut bien (après -nous) dire le professeur Brouardel (<i>Opium, -Morphine et Cocaïne</i>, J.-B. Ballière, éditeur). -Dans cette période élévatoire, dans -la crise initiale que provoque l'usage du terrible -excitant, les idées affluent, les œuvres -s'ébauchent, la parole surabonde, l'ivresse -emporte l'hésitation et la timidité. La mémoire -se colore et s'amplifie. Une eurythmie -clairvoyante harmonise la pensée. Les chagrins -sont en fuite et les sens abolis. Dans -la plénitude heureuse de sa force et de sa -joie, l'homme se sent devenir dieu.</p> - -<p>Cette béatitude n'a rien de turbulent. La -joie un peu vulgaire et communicative que -déchaîne, après boire, l'usage des liqueurs -fermentées ne ressemble en aucune façon au -recueillement voluptueux suggéré par la -morphine. Elle exalte au plus haut point -l'opinion favorable que le sujet a de lui-même. -Exempt des servitudes physiques, -réduit à l'état de pur esprit, il contemple -avec une dédaigneuse indulgence les espèces<span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">[p. 13]</a></span> -qui l'environnent. Il plane au-dessus des réalités -quotidiennes. Il n'éprouve nul besoin de -communiquer avec le troupeau congrégé à -ses pieds. L'orgueil est le moins bavard de -tous nos sentiments.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>Une erreur fort commune est de croire -que la morphine suscite des rêves, procure -des visions, ajoute, en un mot, aux richesses -intellectuelles de ses familiers. Son pouvoir -est à la fois plus grandiose et moins extraordinaire. -Elle porte en soi une énergie révélatrice -qui montre à l'homme des coins insoupçonnés -de mémoire et d'imagination, -éclaire à ses propres yeux les dessous, les -recoins obscurs de sa personnalité, avive, -comme les caractères d'un palimpseste, tels -souvenirs, telles images, tels émois presque -effacés. Elle «interprète» à l'initié les -moindres conjonctures, lui développe ses -propres imaginations en des épilogues savoureux.<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">[p. 14]</a></span> -C'est le flambeau de Psyché qui -s'allume au plus profond de l'être et fait -palpiter à sa lumière le chatoiement des trésors -ensevelis.</p> - -<p>Bientôt, cependant, les brumes irisées, -les flottantes gazes, les vapeurs de kief épaississent -leur rideau. Le brouillard qui prêtait -à l'existence le charme des contours indéterminés -devient un mur impénétrable, un -cachot d'où le prisonnier ne s'évadera qu'au -prix d'exécrables douleurs.</p> - -<p>En peu de temps le malade perd mémoire, -volonté, sommeil, tous les appétits. Il -vit, incapable d'action, dans une somnolence -énervée, il rêvasse à des actes qu'il n'accomplira -point. Lorsque sous l'impulsion d'une -dose insolite, il rentre un instant dans la vie -ambiante, c'est pour intégrer des gestes baroques -ou délictueux. Si déchu qu'il soit, le -buveur de vin ou d'absinthe est susceptible -encore d'une activité passagère, tandis que -le morphinomane, prisonnier d'un besoin -vital, indispensable au même titre que le besoin -de respirer, demeure à jamais exclu de<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">[p. 15]</a></span> -l'action humaine. Pour tout dire, l'alcoolique -est un impulsif, le morphinomane, un inhibé.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>Dans la plupart des cas, la morphinomanie -est un mal réservé, comme la goutte, aux -heureux du monde. C'est un péché de luxe. -A part les victimes du bistouri, les opérées -des gynécologues, les <i>unsexeds</i> qui traînent -leur blessure éternelle; à part les maniaques -professionnels: médecins, apothicaires, sages-femmes, -le principal effectif des toxicomanes -se recrute dans le monde salarié de la galanterie. -Les belles-de-nuit, leurs stupides -clients, que ne satisfont plus les vins ruineux, -les liqueurs de flamme, condimentent -de poisons leurs mornes caravanes, pratiquent -un régime d'alcaloïdes: morphine, -cocaïne, héroïne, plus ou moins soutenu.</p> - -<p>Le docteur Georges Dumas, soupant au -café Sylvain, près d'un morphinomane en -«état de besoin», a vu l'une des péripatéticiennes<span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">[p. 16]</a></span> -jouxtantes à ce prostibule se lever -après avoir diagnostiqué d'un œil expert -l'état du malade, et lui proposer une piqûre, -avec le même air dont entre fumeurs on -s'offre du tabac.</p> - -<p>Maurice Talmeyr (<i>Les Possédés de la morphine</i>) -cite le cas d'une pierreuse qui, par -dégoût des obligations professionnelles, recourait -à la Pravaz. Premier que de subir le -client, elle s'injectait quelques centigrammes, -fermait les paupières; la demi-anesthésie -morphinique lui rendait presque tolérable -son esclavage et l'odieux labeur de chaque -soir.</p> - -<p>Il appartenait aussi au monde ignorant et -vaniteux de la race fashionable, ce fils de -banquier mort avec son amie, dans une -hideuse maison meublée du faubourg Saint-Honoré, -après huit jours de morphinisation -ininterrompue. Il avait pris goût à ces redoutables -pratiques dans une maison de santé -où sa famille l'avait interné par esprit d'économie!</p> - -<p>Elle menait la vie à grandes guides, cette<span class="pagenum"><a name="Page_17" id="Page_17">[p. 17]</a></span> -Loris B... qui, de Naples à Pétersbourg, de -Londres à Constantinople, dissipa vingt fortunes -en princières orgies. Ayant épuisé les -inventions d'une débauche capable de satisfaire -Julie ou Messaline, elle se tourna vers -les plantes vénéneuses, fut en peu de temps -une toxicomane de la grande portion. A -l'état normal, prodigue, payant ses plaisirs -avec une libéralité d'impératrice, elle devenait, -sous l'influence du pavot, une maîtresse -de maison économe jusqu'à la pingrerie, -épluchant les factures, grondant ses -domestiques pour le plus minime débours, -lésinant sur le blanchissage, attentive à la -desserte, <i>râleuse</i>, en un mot, comme la -dernière des bourgeoises. En «état de besoin», -sa complexion véritable reprenait le -dessus. Elle gaspillait de plus belle et se donnait -à prix d'or les moins honnêtes distractions.</p> - -<p>Il s'en faut de beaucoup, néanmoins, que -tous les morphinomanes soient membres des -cercles aristocratiques, habitués des grands -bars, riches demi-mondaines comme cette<span class="pagenum"><a name="Page_18" id="Page_18">[p. 18]</a></span> -Loris B... ou bien encore comme M<sup>lle</sup> D..., «la -reine du Sahara», dont M. Edgard Bérillon a -publié l'observation (<i>Revue de l'hypnotisme</i>, -juillet-octobre 1899).</p> - -<p>Le docteur Griffon, médecin à la Santé, a, -dans le courant de janvier 1901, traité le -peintre en bâtiment Namêche qui, après -avoir communiqué le goût de la morphine à -sa compagne, ainsi qu'aux enfants de la dame, -volait aux pharmaciens l'objet de ses désirs -par un procédé original dont il fut, croyons-nous, -l'inventeur.</p> - -<p>Quelques instants avant l'heure où les -marchands de pilules mettent leurs volets, -s'étant au préalable assuré que la victime de -son choix était bien seule et gardait la boutique, -Namêche lui mandait sa pseudo-belle-fille -nantie d'une fausse prescription ordonnant -plusieurs grammes du chlorhydrate impatiemment -attendu. Quand l'homme de -l'art, ayant effectué sa préparation, n'avait -plus qu'à boucher la fiole, Namêche, qui le -guettait sur le trottoir, pénétrait dans l'officine -en coup de vent. Il demandait, à la<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">[p. 19]</a></span> -hâte, une bouteille d'eau minérale: Vichy, -Contrexéville, ce qui, dans la plupart des -cas, obligeait le pharmacien à quitter son -comptoir pour descendre à la cave. Pendant -ce temps, l'homme transvasait la solution de -morphine dans un récipient à large ouverture -qu'il cachait sous sa vareuse et lui substituait -de l'eau claire apportée à cet effet. -Puis, sous couleur qu'il avait oublié sa -bourse, il partait sans prendre l'eau minérale. -Après quoi, la fillette ne tardait guère à -le suivre, en invoquant le premier prétexte -venu. Ce travail compliqué lui rendait la vie -assez incommode en Belgique,—il était de -Namur. Comme tous les inventeurs plus -grands que leur destinée, il vint demander -un refuge à Paris, où, sans la clairvoyance -d'un potard inaccessible à la fantaisie, il -cueillerait sans doute encore des pavots dans -chacun des vingt arrondissements.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>La morphine compte sous ses étendards<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">[p. 20]</a></span> -moins de poètes que l'alcool. A peine Edouard -Dubus et Stanislas de Guaita, lorsque la «Muse -<i>verte</i>» s'enorgueillit de Verlaine, de Musset, -d'Edgar Poë et de tant d'illustres envoûtés. -D'Anacréon à Litaïpé, d'Horace à Chaulieu, -de Khayyam à Béranger, tous les faiseurs -d'odelettes ont dit le charme de la coupe et -les festins couronnés de verveine, cependant -Beaudelaire, en même temps qu'il célébrait -l'«âme du vin», montrait les</p> - -<p> -<span style="margin-left: 2em;">... hardis amants de la démence,<br /></span> -<span style="margin-left: 2em;">Fuyant le grand troupeau parqué par le destin<br /></span> -<span style="margin-left: 2em;">Et se réfugiant dans l'opium immense.<br /></span> -</p> - -<p>Après lui, Guaita dont les poèmes inconnus -étincellent de beautés, a, seul avec -Jacques d'Adelsward, chanté, en France, un -hymne aux herbes vénéneuses:</p> - -<p> -<span style="margin-left: 2em;">Salut, flore équivoque!<br /></span> -<span style="margin-left: 2em;">L'infortuné t'invoque.<br /></span> -<span style="margin-left: 2em;">Dompteuses des douleurs,<br /></span> -<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">[p. 21]</a></span><span style="margin-left: 3em;">Salut, ô fleurs!</span><br /> -<br /> -<span style="margin-left: 2em;">Soyez bénis, en somme,<br /></span> -<span style="margin-left: 2em;">Sucs, qui versez à l'homme<br /></span> -<span style="margin-left: 2em;">Au visage pâli<br /></span> -<span style="margin-left: 3em;">Le calme oubli<a name="NoteRef_1_1" id="NoteRef_1_1"></a><a href="#Note_1_1" class="fnanchor">[1]</a>.</span><br /> -</p> - -<div class="footnote"> - -<p><a name="Note_1_1" id="Note_1_1"></a><a href="#NoteRef_1_1"><span class="label">[1]</span></a> <i>Rosa mystica</i>, Lemerre, 1884.</p></div> - -<p>En revanche, les hommes politiques recourent -fréquemment au coup de fouet de la -piqûre. Le docteur Louveau, en 1887, au -moment de l'affaire Schnœbelé, a vu, dans -les jardins de l'Elysée, le général Boulanger -se faire une piqûre. Le prince de Bismarck -ne parlait au Reichstag qu'après s'être injecté -une assez forte dose. Vers le soir de sa vie, -il usa largement de la drogue favorite.</p> - -<p>L'acteur Marais, morphinomane enragé, -mourut en pleine démence, vers la quarantième -année. Il se croyait en vérité Michel -Strogoff. Il se prenait de querelle dans les -rues avec des passants inoffensifs, «pour -Dieu, pour le tzar, pour la Patrie»! Le beau -Damala ne pouvait jouer <i>La Dame aux camélias</i> -sans se faire donner, à chaque entr'acte, -plusieurs grammes de morphine. Guy de<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">[p. 22]</a></span> -Maupassant, morphino-éthéro-cocaïnomane, -combinait les divagations de la paralysie générale -avec les délires toxiques, dans la maison -de santé où finit misérablement une -vie à ses débuts trop heureuse. Enfin, on -atteste, chez les gens bien informés, que le -docteur Babinski injectait quelques centigrammes -de morphine, par vingt-quatre -heures, à l'illustre Charcot, atteint, pendant -les derniers mois de sa vie, d'un lumbago -chronique. Alphonse Daudet, que les douleurs -fulgurantes du tabès excruciaient nuit -et jour, fut obligé de recourir au poison dont -il avait, dans l'<i>Evangéliste</i>, analysé avec tant -d'élégance et de précision l'influence endormeuse.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>C'est encore une opinion erronée que d'imputer -au morphinomane des hallucinations. -La morphine est, je le répète, impuissante à -donner des rêves. Elle accroît simplement la -conscience de l'individu. Il n'en est pas de<span class="pagenum"><a name="Page_23" id="Page_23">[p. 23]</a></span> -même quand elle se complique d'un autre -poison, la cocaïne, par exemple, qui rend -fol et visionnaire, en très peu de temps, le -chercheur d'inconnu. Stanislas de Guaita, qui -contrepointait agréablement d'occultisme sa -morphinomanie, tenait la cocaïne en une estime -toute particulière à cause qu'elle agit directement -sur le «médiateur plastique»<a name="NoteRef_2_2" id="NoteRef_2_2"></a><a href="#Note_2_2" class="fnanchor">[2]</a> et<span class="pagenum"><a name="Page_24" id="Page_24">[p. 24]</a></span> -sur le «corps astral». Par ésotérisme, il s'était -rendu cocaïnomane. Il apercevait de temps à<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">[p. 25]</a></span> -autre le spectre d'une femme assassinée dans -un placard à l'usage de porte-manteau. Le<span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">[p. 26]</a></span> -fameux Valentin Cabannes, élève apothicaire, -dont Chambard (<i>Les Morphinomanes</i>, bibliothèque -Charcot-Debove) a publié les divagations -avec un infini détail et qui, depuis -dix-sept ans, traîne de sanatorium en hospices -d'aliénés, Valentin Cabannes avait, -quant à lui, des hallucinations plus conformes -à la vulgarité de sa nature. Il apercevait -à la terrasse des cafés de Bordeaux -toute sorte de gens qui l'invitaient à «consommer». -Il ne s'en faisait faute, puis, -lorsque sonnait le quart d'heure de Rabelais, -n'avait d'autre ressource que d'aller conter -au poste le plus voisin les troubles de sa -mentalité.</p> - -<div class="footnote"> - -<p><a name="Note_2_2" id="Note_2_2"></a><a href="#NoteRef_2_2"><span class="label">[2]</span></a> Les Péruviens considèrent les propriétés de cette -feuille (<i>Erythroxylon coca</i>) comme magiques et les sorciers -de l'Amérique du Sud la font entrer dans tous leurs -maléfices... <i>Le</i> Coca (<i>sic</i>) comme le haschish, mais à -d'autres titres, exerce sur le corps astral une action directe -et puissante. Son emploi coutumier dénoue en -l'homme certains liens compressifs de sa nature hyper-physique—liens -dont la persistance est pour le plus -grand nombre une garantie de salut. -</p> -<p> -<i>Si je parlais sans réticence</i> sur ce point-là, je rencontrerais -des incrédules, même parmi les occultistes. -</p> -<p> -Je dois me borner à un conseil.—Vous qui tenez à votre -vie, à votre raison, <i>à la santé de votre âme</i>, évitez comme -la peste les injections hypodermiques de cocaïne. Sans -parler de l'habitude qui se crée fort vite, plus impérieuse -encore, plus tenace et plus funeste que toute autre du -même genre, un état particulier a pris naissance. -</p> -<p> -Une porte a été franchie, une barrière s'est écroulée. -Brusquement introduit dans un monde inconnu, l'on se -trouve en rapport avec des êtres dont on ignorait jusqu'à -l'existence. Bref, un <i>pacte tacite</i> a été conclu. -</p> -<p> -Comment? Par la vertu du sang. Ceci paraîtra clair si -l'on saisit la portée des quelques lignes que voici, traduites -de Porphyre: «<i>L'âme restant liée au corps, même -après la mort physique, par une tendresse étrange et une -affinité d'autant plus étroite que cette essence a été séparée -plus brusquement que son enveloppe, nous voyons -les âmes en grand nombre voltiger, toutes désorientées, -autour de leurs dépouilles terrestres. Bien plus, nous les -voyons rechercher avec diligence les débris de cadavres -étrangers et, sur toute chose</i>, le sang fraîchement épandu, -<i>dont la valeur semble leur rendre, pour quelques instants, -certaines facultés de la vie</i>.» -</p> -<p> -«Aussi, les sorciers abusent-ils de cette notion, dans -l'expérience de leur art. Nul d'entre eux qui ne sache -évoquer de force ces âmes et les contraindre à paraître -<i>soit en agissant sur les restes du corps qu'elles ont quitté, -soit en les invoquant dans la vapeur du sang répandu</i>.» -(Porphyre, <i>De sacrificiis</i>.) -</p> -<p> -... Le sang, comme le laisse entendre ce philosophe est -un aimant des puissances spirituelles; car il leur fournit le -moyen de s'objectiver et de ressaisir un instant quelques-unes -de leurs virtualités antérieures... La cocaïne est féconde -en prodiges de cette sorte... La puissance configurative -et plastique du sang peut réagir sur les êtres potentiels -qui se dérobent à l'état d'<i>essence</i> derrière son voile cristallin—et -les manifester <i>au dehors</i>. Mais ce mélange théurgique -a la valeur d'<i>un pacte</i>. Il sera bon d'y prendre garde. -</p> -<p> -<span class="smcap">Stanislas de Guaita</span>, <i>Le Serpent de la Genèse</i>. Première -Septaine: <i>Le Temple de Satan</i>, cap. VI (<i>Librairie du -Merveilleux</i>, 1891). -</p> -<p> -Cette bizarre croyance à la réincarnation des morts par -la vertu du sang n'appartient pas à Guaita plus qu'à Porphyre. -C'est une des vieilles superstitions en honneur chez -les races indo-européennes (Cf. Aulu-Gelle, <i>Nuits attiques</i>, -lib <span class="smcap">IX</span>, cap. <span class="smcap">IV</span> et, sur le vampirisme des populations grecques, -moldo-valaques, illyriennes, etc. Mérimée, <i>La Guzla</i>.) -</p> -<p> -Le plus illustre vestige en est conservé dans le chant -onzième de l'<i>Odyssée</i>: «Alors je tirai mon épée aiguë de -sa gaine, le long de ma cuisse, et je creusai une fosse -d'une coudée dans tous les sens...; puis, ayant prié les -générations des morts, j'égorgeai les victimes sur la fosse, -et le sang noir y coulait. Et les âmes des morts qui ne sont -plus sortaient en foule de l'Erébos... Et je m'assis, tenant -l'épée aiguë, tirée de sa gaine, le long de ma cuisse; et je -ne permettais pas aux têtes vaines des morts de boire le -sang avant que j'eusse entendu Teirésias... Arriva l'âme de -ma mère morte, d'Antikléia fille du magnanime Autolykos, -que j'avais laissée vivante en partant pour la sainte Ilios. -Et je pleurais en la voyant, le cœur plein de pitié; mais -malgré ma tristesse, je ne lui permis pas de boire le -sang avant que j'eusse entendu Teirésias.» -</p> -<p> -Quand Teirésias a rendu son oracle, Ulysse accorde -aux morts de s'abreuver dans le sang des victimes et, -par là même, de reprendre un instant le cours de leur -vie interrompue: -</p> -<p> -«... Je restai sans bouger jusqu'à ce que ma mère fût -venue et eût bu le sang noir. Et aussitôt elle me -reconnut; elle me dit, en gémissant, des paroles ailées.» -</p> -<p><br /> -(<i>Odyssée</i>, Rhapsodie <span class="smcap">XI</span>; traduction Leconte<br /> -de Lisle.)<br /> -</p></div> - -<hr class="tb" /> - -<p>Peut-on guérir la morphinomanie? et quel -chemin élire dans ce but?</p> - -<p>A la suite du professeur Brouardel, des -médecins Pichon et Chambard (morts l'un et -l'autre morphinomanes), et de quelques praticiens<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">[p. 27]</a></span> -moins connus, le professeur J....... -préconise la suppression lente. L'originalité -de sa méthode, plagiée, au demeurant, du -docteur Pichon, consiste à laisser ignorer, -pendant une quinzaine de jours, au malade -qu'on lui donne de l'eau pure ou du sérum -en guise de morphine. Le professeur J....... -tient extraordinairement à cette «invention» -qui lui permet d'exercer, dans sa clinique, -la plus rude contrainte envers les miséreux -et les infirmes dévolus à son traitement.</p> - -<p>C'est un mélange de chaouc et de maître -d'école que ce psychiâtre, bête comme un -instituteur et mal embouché comme un égout, -produit nauséabond des concours et du travail -sans intelligence ni bonté, lâche, taquin -et malfaisant; que cet Astier-Réhu, purgon -aux traits d'oiseau de proie, au regard vide -et terne, à l'écriture balourde et puérile, qui -s'exprime en langage de portier et s'acharne -à martyriser avec pédantisme les malheureux -tombés entre ses mains. Le cuistre, envieux -de toute supériorité, se mâtine chez lui -d'un pion inquisitorial et despotique, également<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">[p. 28]</a></span> -honni de ses maniaques, de ses élèves -et de ses infirmiers.</p> - -<p>La plupart des marchands de soupe qui -détiennent un sanatorium comme ils auraient -la gérance d'un casino, d'un cercle ou d'un -café-concert, pratiquent la guérison lente. -Ils s'accommodent pour que l'opération -marche avec un laisser-aller profitable. On y -ménage si élégamment les gradations que parfois -le malade qui, à son entrée dans l'<i>emporium</i>, -prenait une dose minime de poison, -a doublé, triplé, décuplé sa provende, après -quelques semaines, pour le plus grand contentement -du tenancier. Ces sortes de maisons, -à l'ordinaire, sont fort agréables. On y rencontre -des hommes sans scrupules et des -femmes sans maris. La chère est savoureuse, -les vins potables, la compagnie indulgente, -le parc ombreux et ratissé. On flirte, -on danse, et l'on décaméronne à dire d'experts, -chaque malade étant d'ailleurs pourvu -d'une solution vigoureuse et d'un outillage -perfectionné. Le médecin en chef accorde à -sa clientèle autant de plein-air et de liberté<span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">[p. 29]</a></span> -qu'elle en désire. Là, point d'infirmiers, de -grilles inciviles, de portes ni de verrous. -Certes, chez les docteurs Sollier, chez Comar, -à la clinique du professeur J....... les règles -sont étroites et la claustration plus sévère, -à coup sûr, que dans une prison politique. -Inversement, chez les entrepreneurs de guérison -à date imprécise, tout concourt à -l'émancipation de la clientèle qui se garde -avec soin de pâtir et d'observer le moindre -jeûne.</p> - -<p>Dans une de ces boîtes, si j'ose m'exprimer -ainsi, la plus heureuse entente régnait -entre les morphinomanes et les pharmaciens -de la localité. Ces habiles négociants tenaient -des grammes de morphine tout pesés -en petits paquets. Ils ne demandaient qu'un -prix minime, environ douze fois la valeur de -l'objet, mêlant ainsi les charmes de la bienfaisance -au plus extrême désintéressement.</p> - -<p>A l'autre extrémité, les docteurs Magnan, -Dubuisson, Legrain, les uns à Sainte-Anne, -l'autre, à Ville-Evrard, appliquent la méthode -que pratiquait à Berlin, il y a vingt<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">[p. 30]</a></span> -ans, le docteur Levinstein, méthode qui se -borne à supprimer net la morphine du patient, -inclus pour toute précaution dans une -chambre haute, dûment verrouillée et capitonnée, -afin de ne causer point au docteur -qui «l'améliore» le déplaisir de compter -un suicide au nombre de ses clients.</p> - -<p>La méthode de la suppression brusque ne -va pas sans tels inconvénients qui donnent à -réfléchir aux personnes méticuleuses. Ainsi, -dans la maison de santé même du professeur -Levinstein, son collègue Wesphal eut l'indiscrétion -d'en mourir. Comme, au bout d'un -certain temps, il ne criait plus dans sa -chambre, on alla voir ce qu'il faisait. Il -avait rendu l'esprit, sans demander autre -chose. A part, d'ailleurs, ce léger incident, -la cure avait réussi parfaitement.</p> - -<p>Le docteur Bérillon emploie à désensorceler -ses morphinomanes la suggestion hypnotique. -Il montre à ces infortunés une Pravaz -pleine de liquide, non sans l'avoir, au préalable, -imbue d'effluves magnétiques; mais il -n'enfonce jamais l'aiguille dans leur peau.<span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">[p. 31]</a></span> -C'est, proprement, le souper de Sancho dans -l'Ile de Barataria, ou, pour mieux dire, l'illusion -des va-nu-pieds, qui grignotent leur -croûte au soupirail des cuisines. Le morphinomane -prend goût à ce régime platonique. -Guéri pour jamais, à ce que déclare le taumaturge, -il court néanmoins à l'officine la plus -proche, acquérir avec une bonne seringue -une solution de luxe, idoine à le réconforter.</p> - -<p>Enfin, les docteurs Alice et Paul Sollier, -dans leur sanatorium de Boulogne-sur-Seine, -le docteur Comar, qui, pour les petites -bourses, applique leur méthode villa Montsouris, -dans le quartier de la Glacière, le -docteur Noguès, à Toulouse, suivent la pratique -d'Erlenmeyer, non sans l'avoir grandement -perfectionnée. Le malade est sevré, -dans la plupart des cas, en moins d'une semaine, -surveillé de nuit et de jour par les -deux docteurs et leurs médecins adjoints. -Au lieu de faire traîner le supplice, d'en diluer -en quelque sorte les affres et les tortures -dans une suppression interminable -qui soutire la vigueur du sujet et, pour de<span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">[p. 32]</a></span> -longs mois, le laisse anéanti, l'opération brève -et rude, après un choc terrible, une agonie -pour vivre, lui permet de réagir promptement. -La chambre de gehenne est, en même temps, -une chambre de résurrection. Reprenez l'espérance, -vous qui entrez ici! Des soins ingénieux -et doux atténuent, chez les docteurs -Sollier, cette formidable épreuve. La beauté -du site, le charme du décor concourent, un -peu plus tard, à rendre au convalescent -l'amour de l'existence normale que sa morne -passion avait oblitéré.</p> - -<hr class="tb" /> - -<p>La démorphinisation ne commence, en -réalité, qu'après le sevrage et la crise inhérentes -aux premières heures d'abstinence. -La dose importe peu. On est aussi bien morphinomane -pour quelques centigrammes -que pour plusieurs grammes; l'empoisonnement -est le même, la cure aussi pénible dès<span class="pagenum"><a name="Page_33" id="Page_33">[p. 33]</a></span> -que <i>l'état de besoin</i> est créé. «Ce qui importe -n'est pas ce que l'on prend, mais ce -que l'on garde.» (Sollier.)</p> - -<p>La morphine agit en paralysant les centres -de la vie végétative, le nerf pneumogastrique, -le grand sympathique. Aussi la guérison ne -commence qu'autant que les émonctoires, -largement ouverts par une médication appropriée, -la peau, le foie, les glandes salivaires, -l'intestin, ont évacué les éléments histologiques, -dégradés par le poison et la funeste -hygiène des morphinomanes.</p> - -<p>Voici dans quel ordre se présentent à peu -près les symptômes caractéristiques de la -suppression rapide:</p> - -<blockquote> - -<p>Quelque temps après la dernière piqûre—écrit un -évadé—les douleurs se manifestent, sueurs froides, -bâillements, inquiétude; bientôt une sensation d'arrachement -continu dans les poignets et les genoux: -c'est la question du brodequin. A part cette gêne locale, -et tout à fait signalétique, nulle souffrance, à -prendre ce mot dans sa commune acception; mais une -angoisse telle que, pour la rompre, ne fût-ce qu'un<span class="pagenum"><a name="Page_34" id="Page_34">[p. 34]</a></span> -instant, la blessure la plus cuisante, le «choc chirurgical» -seraient les bienvenus. Supposez un être -étouffé sous des oreillers ou bien encore plongé dans -le vide, et qui, pendant trente-six ou quarante heures, -ne parviendrait à respirer ni à mourir.</p> - -<p>En même temps, l'esprit s'éveille, la mémoire -s'illumine et la conscience, plus nette, ressuscite. Le -séquestre qui pesait sur le cerveau est, à présent, -levé. Les images abondent, les idées, les comparaisons -heureuses, les paroles jaillissent d'elles-mêmes. -C'est un besoin d'expansion, beaucoup moins turbulent, -mais non moins impérieux que celui qu'on -peut voir chez l'homme pris de vin, un état d'excitation -véhémente qui se maintient à peu près deux -jours et une nuit. Bientôt, le calme succède à l'orage. -Cette cloison que la drogue homicide interpose entre -son esclave et le monde gît enfin abattue. Les ténèbres -de la Morphine font place au grand jour de -la Vie. Inquiet d'abord, le sommeil reparaît, s'affirme, -et l'on peut dire que le malade, aussitôt qu'il dort à -son accoutumée, est évadé enfin des ergastules de -l'opium. A la crise aiguë, à l'agonie pour vivre, succède -un délicieux anéantissement, une lassitude -aimable d'accouchée, une «paix alcyonienne», un -sentiment de force et de plénitude inconnu depuis -longtemps.</p></blockquote> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">[p. 35]</a></span></p> - -<p>Peut-être convient-il de situer l'<i>état de désir</i> -(G. Dumas) à cette minute crépusculaire. -Le besoin a disparu, la morphine a cessé de -faire partie intégrante de la vie organique. -Absorber du poison n'est plus un besoin vital. -Mais, dans la dépression qui le domine, -comment l'évadé ne songerait-il point aux -décevants baisers de la fiole coutumière? Il -faut, alors, une tension permanente pour fuir -l'appel intérieur et ne <i>désirer</i> plus l'injection -béatifiante. Ce désir, néanmoins, s'efface -peu à peu, quand l'organisme est suffisamment -affranchi du poison, régénéré. D'où, la -nécessité de prolonger la cure pendant -un assez long terme. Le «Démon de la -perversité» n'a rien à voir à cela; mais -quand la menteuse vigueur de la morphine -a disparu, tandis que la force naturelle -se fait encore attendre, comment -ne point évoquer le magistère qui, sans -lutte ni retard, donne—il est vrai pour -un formidable escompte—l'alacrité des -sens et la jeunesse de l'esprit? D'ailleurs, -nul ne parcourt la Forêt «muette de lumière»,<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">[p. 36]</a></span> -sans qu'il en rapporte quelque -nostalgie, et ce n'est peut-être pas seulement -vers Eurydice qu'Orphée a tourné la -tête, avant que de franchir les portes du -Hadès.</p> - - -<p>PARIS.—IMP. N. TRÉCULT, 8, RUE DANTON</p> - -<hr class="full"/> -<p><span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">[p. 37]</a><br /><a name="Page_38" id="Page_38">[p. 38]</a></span></p> - - - -<p> -<span class="smcap">ALBERT MESSEIN, ÉDITEUR, 19, quai saint-michel, paris</span> (5<sup>e</sup>)<br /> -<br /> -<i>Envoi franco contre mandat-poste, timbres, etc.</i></p> - -<h3>Œuvres Complètes de Paul Verlaine</h3> -<p>Avant-Propos de <span class="smcap">Charles Morice</span><br /> -<br /> -<i>Nouvelle Édition revue et corrigée sur les manuscrits originaux et sur les 1<sup>res</sup> éditions</i><br /> -<br /> -7 volumes in-16 de 450 pages chacun imprimés sur beau papier vergé.<br /> -<br /> -Chaque volume broché 12 fr. Relié richement amateur 25 fr.<br /> -<br /> -<br /> -Le TOME 1 contient:<br /> -<br /> -Poèmes Saturniens.—Fêtes Galantes—La -Bonne chanson.—Romances -sans paroles.—Sagesse.—Jadis et -Naguère (<i>vers</i>).<br /> -<br /> -<br /> -Le TOME II: Amour.—Parallèlement.—Bonheur.—Chansons -pour elle.—Liturgies -intimes.—Odes en son -Honneur (<i>vers</i>). -<br /> -<br /> -Le TOME III: Élégies.—Dans les Limbes.—Dédicaces.—Epigrammes.—Chair.—Invectives<br /> -(<i>vers</i>).<br /> -<br /> -Le TOME IV: Les Poètes Maudits.—Louise -Leclercq.—Les Mémoires -d'un Veuf.—Mes Hôpitaux.—Mes -Prisons (<i>proses</i>). -<br /> -<br /> -Le TOME V: Confessions.—Quinze -Jours en Hollande.—Vingt-sept biographies -de Poètes et Littérateurs -(<i>proses</i>). -<br /> -<br /> -ŒUVRES POSTHUMES<br /> -<br /> -<br /> -Le TOME 1<sup>er</sup>, (<i>vers et proses</i>), contient: -Vers de Jeunesse.—Varia.—Parallèlement. -(<i>additions</i>).—Dédicaces -(<i>additions</i>).—Souvenirs.—Histoires -comme ça. -<br /> -<br /> -Le TOME II (<i>vers et proses</i>: Charles -Baudelaire.—Voyage en France par -un Français.—Souvenirs et Promenades.—Vers, -Critiques et Conférences.—Dessins -de Paul Verlaine.<br /> - -</p> -<table id="catalogue"> -<colgroup><col style="width:70%"/><col style="width:10%"/><col style="width:20%"/></colgroup> -<tr><td>Poésies religieuses. Préface de <span class="smcap">J.-K. Huysmans</span>, Choix de poésies in-12 </td><td></td><td> 5 75</td></tr> - -<tr><td>Verlaine intime, par <span class="smcap">Ch. Donos</span>, ill. d'après des dessins de <span class="smcap">P. Verlaine</span> </td><td></td><td> 5 75</td></tr> - -<tr><td><i>Les Manuscrits des Maîtres</i>:</td></tr> - -<tr><td>PAUL VERLAINE. Sagesse. Un vol. in-4. Portrait à l'eau-forte, -d'après <span class="smcap">Carrière</span>. Reproduction autographique du manuscrit original. </td><td> </td><td> 30 »»</td></tr> - - -<tr><td>ARTHUR RIMBAUD. Poésies. Un vol. in-8 grand jésus, tiré à 500 exemp. -Portrait à l'eau-forte, d'après <span class="smcap">Fantin-Latour</span>. Reproduction autographique -des poèmes publiés, en grande partie, sous le titre "<b>Le Reliquaire</b>" </td><td> </td><td> 30 »</td></tr> - - -<tr><td>PAUL VERLAINE. Fêtes Galantes. Reproduction en taille-douce du manuscrit<br /> -original. Port. à l'eau-forte, d'après <span class="smcap">Fantin-Latour</span> </td><td> </td><td> 30 »</td></tr> - - -<tr><td>HOMMAGE A PAUL VERLAINE</td></tr> - -<tr><td>Publié en 1910 à l'occasion de l'érection du monument.—Poèmes de: -<span class="smcap">Mallarmé</span>—<span class="smcap">Moréas</span>—<span class="smcap">Léon Dierx</span>—<span class="smcap">Paul Claudel</span>—<span class="smcap">Henry Bataille</span>—<span class="smcap">E. -Blémont</span>—<span class="smcap">Paul Fort</span>—<span class="smcap">Rémy de Gourmont</span>—<span class="smcap">Francis Jammes</span>—<span class="smcap">Ch. Morice</span>—Comtesse -<span class="smcap">de Noailles</span>—<span class="smcap">Ernest Raynaud</span>—<span class="smcap">Henri de Régnier</span>—<span class="smcap">Laurent -Tailhade</span>—<span class="smcap">Emile Verhaeren</span>—<span class="smcap">Vielé Griffin</span>, etc. Héliogravure du monument -de Niederhausern. 1 fort vol. in-4º couronne </td><td></td><td> 15 »</td></tr> - - -<tr><td>ÉDOUARD DUBUS</td></tr> - -<tr><td>Poésies complètes. <i>Quand les violons sont partis et Vers Posthumes.</i> -Préface de <span class="smcap">Laurent Tailhade</span>. in-12 </td><td></td><td> 5 75</td></tr> - - -<tr><td>TRISTAN CORBIÈRE</td></tr> - -<tr><td>Œuvres complètes. <i>Les Amours jaunes</i>. Edition définitive avec -portrait. Préface de <span class="smcap">Ch. Le Goffic</span> </td><td> </td><td> 5 75</td></tr> -</table> - - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of La "noire idole", by Laurent Tailhade - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA "NOIRE IDOLE" *** - -***** This file should be named 53284-h.htm or 53284-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/3/2/8/53284/ - -Produced by Clarity, Pierre Lacaze and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/American Libraries.) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part -of this license, apply to copying and distributing Project -Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm -concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, -and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive -specific permission. If you do not charge anything for copies of this -eBook, complying with the rules is very easy. You may use this eBook -for nearly any purpose such as creation of derivative works, reports, -performances and research. They may be modified and printed and given -away--you may do practically ANYTHING in the United States with eBooks -not protected by U.S. copyright law. Redistribution is subject to the -trademark license, especially commercial redistribution. - -START: FULL LICENSE - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full -Project Gutenberg-tm License available with this file or online at -www.gutenberg.org/license. - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project -Gutenberg-tm electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all -the terms of this agreement, you must cease using and return or -destroy all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your -possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a -Project Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound -by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the -person or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph -1.E.8. - -1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be -used on or associated in any way with an electronic work by people who -agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few -things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works -even without complying with the full terms of this agreement. See -paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project -Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this -agreement and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm -electronic works. See paragraph 1.E below. - -1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the -Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection -of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual -works in the collection are in the public domain in the United -States. If an individual work is unprotected by copyright law in the -United States and you are located in the United States, we do not -claim a right to prevent you from copying, distributing, performing, -displaying or creating derivative works based on the work as long as -all references to Project Gutenberg are removed. Of course, we hope -that you will support the Project Gutenberg-tm mission of promoting -free access to electronic works by freely sharing Project Gutenberg-tm -works in compliance with the terms of this agreement for keeping the -Project Gutenberg-tm name associated with the work. You can easily -comply with the terms of this agreement by keeping this work in the -same format with its attached full Project Gutenberg-tm License when -you share it without charge with others. - -1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern -what you can do with this work. Copyright laws in most countries are -in a constant state of change. If you are outside the United States, -check the laws of your country in addition to the terms of this -agreement before downloading, copying, displaying, performing, -distributing or creating derivative works based on this work or any -other Project Gutenberg-tm work. The Foundation makes no -representations concerning the copyright status of any work in any -country outside the United States. - -1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: - -1.E.1. The following sentence, with active links to, or other -immediate access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear -prominently whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work -on which the phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the -phrase "Project Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, -performed, viewed, copied or distributed: - - This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and - most other parts of the world at no cost and with almost no - restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it - under the terms of the Project Gutenberg License included with this - eBook or online at www.gutenberg.org. If you are not located in the - United States, you'll have to check the laws of the country where you - are located before using this ebook. - -1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is -derived from texts not protected by U.S. copyright law (does not -contain a notice indicating that it is posted with permission of the -copyright holder), the work can be copied and distributed to anyone in -the United States without paying any fees or charges. If you are -redistributing or providing access to a work with the phrase "Project -Gutenberg" associated with or appearing on the work, you must comply -either with the requirements of paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 or -obtain permission for the use of the work and the Project Gutenberg-tm -trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted -with the permission of the copyright holder, your use and distribution -must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any -additional terms imposed by the copyright holder. Additional terms -will be linked to the Project Gutenberg-tm License for all works -posted with the permission of the copyright holder found at the -beginning of this work. - -1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm -License terms from this work, or any files containing a part of this -work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. - -1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this -electronic work, or any part of this electronic work, without -prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with -active links or immediate access to the full terms of the Project -Gutenberg-tm License. - -1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, -compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including -any word processing or hypertext form. However, if you provide access -to or distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format -other than "Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official -version posted on the official Project Gutenberg-tm web site -(www.gutenberg.org), you must, at no additional cost, fee or expense -to the user, provide a copy, a means of exporting a copy, or a means -of obtaining a copy upon request, of the work in its original "Plain -Vanilla ASCII" or other form. Any alternate format must include the -full Project Gutenberg-tm License as specified in paragraph 1.E.1. - -1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, -performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works -unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. - -1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing -access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works -provided that - -* You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from - the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method - you already use to calculate your applicable taxes. The fee is owed - to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he has - agreed to donate royalties under this paragraph to the Project - Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments must be paid - within 60 days following each date on which you prepare (or are - legally required to prepare) your periodic tax returns. Royalty - payments should be clearly marked as such and sent to the Project - Gutenberg Literary Archive Foundation at the address specified in - Section 4, "Information about donations to the Project Gutenberg - Literary Archive Foundation." - -* You provide a full refund of any money paid by a user who notifies - you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he - does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm - License. You must require such a user to return or destroy all - copies of the works possessed in a physical medium and discontinue - all use of and all access to other copies of Project Gutenberg-tm - works. - -* You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of - any money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the - electronic work is discovered and reported to you within 90 days of - receipt of the work. - -* You comply with all other terms of this agreement for free - distribution of Project Gutenberg-tm works. - -1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project -Gutenberg-tm electronic work or group of works on different terms than -are set forth in this agreement, you must obtain permission in writing -from both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and The -Project Gutenberg Trademark LLC, the owner of the Project Gutenberg-tm -trademark. Contact the Foundation as set forth in Section 3 below. - -1.F. - -1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable -effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread -works not protected by U.S. copyright law in creating the Project -Gutenberg-tm collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm -electronic works, and the medium on which they may be stored, may -contain "Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate -or corrupt data, transcription errors, a copyright or other -intellectual property infringement, a defective or damaged disk or -other medium, a computer virus, or computer codes that damage or -cannot be read by your equipment. - -1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right -of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project -Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project -Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all -liability to you for damages, costs and expenses, including legal -fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT -LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE -PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE -TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE -LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR -INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH -DAMAGE. - -1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a -defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can -receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a -written explanation to the person you received the work from. If you -received the work on a physical medium, you must return the medium -with your written explanation. The person or entity that provided you -with the defective work may elect to provide a replacement copy in -lieu of a refund. If you received the work electronically, the person -or entity providing it to you may choose to give you a second -opportunity to receive the work electronically in lieu of a refund. If -the second copy is also defective, you may demand a refund in writing -without further opportunities to fix the problem. - -1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth -in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO -OTHER WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT -LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE. - -1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied -warranties or the exclusion or limitation of certain types of -damages. If any disclaimer or limitation set forth in this agreement -violates the law of the state applicable to this agreement, the -agreement shall be interpreted to make the maximum disclaimer or -limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or -unenforceability of any provision of this agreement shall not void the -remaining provisions. - -1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in -accordance with this agreement, and any volunteers associated with the -production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm -electronic works, harmless from all liability, costs and expenses, -including legal fees, that arise directly or indirectly from any of -the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this -or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or -additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any -Defect you cause. - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of -computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It -exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations -from people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future -generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see -Sections 3 and 4 and the Foundation information page at -www.gutenberg.org Section 3. Information about the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the -mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its -volunteers and employees are scattered throughout numerous -locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt -Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to -date contact information can be found at the Foundation's web site and -official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To SEND -DONATIONS or determine the status of compliance for any particular -state visit www.gutenberg.org/donate - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. To -donate, please visit: www.gutenberg.org/donate - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works. - -Professor Michael S. Hart was the originator of the Project -Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be -freely shared with anyone. For forty years, he produced and -distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of -volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in -the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search -facility: www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - - -</pre> - -</body> -</html> diff --git a/old/53284-h/images/cover.jpg b/old/53284-h/images/cover.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index b56b142..0000000 --- a/old/53284-h/images/cover.jpg +++ /dev/null |
