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-% The Project Gutenberg EBook of Oeuvres mathématiques d'Évariste Galois, by
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-% *** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK OEUVRES MATHÉMATIQUES *** %
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\newcommand{\TransNoteCommon}{%
-% Ce livre a été préparé à l'aide d'images fournies par la
-% Département des Mathématiques, Université de Glasgow.
- Des modifications mineures ont été apportées à la présentation,
- l'orthographe, la ponctuation et aux notations mathématiques. Le
- fichier \LaTeX\ source, qui on peut trouve à
+% Ce livre a été préparé à l'aide d'images fournies par la
+% Département des Mathématiques, Université de Glasgow.
+ Des modifications mineures ont été apportées à la présentation,
+ l'orthographe, la ponctuation et aux notations mathématiques. Le
+ fichier \LaTeX\ source, qui on peut trouve à
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- aisément reformater pour être imprimer. Veuillez consulter le
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+ Ce fichier est optimisée pour être lu sur un écran, mais peut être
+ aisément reformater pour être imprimer. Veuillez consulter le
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\TransNoteCommon
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- Ce fichier est optimisée pour imprimer, mais peut être aisément
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\textbf{\LARGE {\OE}UVRES} \\[\baselineskip]
- \footnotesize MATHÉMATIQUES \\[\baselineskip]
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+ \footnotesize MATHÉMATIQUES \\[\baselineskip]
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% Corrections
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\begin{minipage}{\textwidth}
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\begin{PGtext}
-The Project Gutenberg EBook of Oeuvres mathématiques d'Évariste Galois, by
-Évariste Galois
+The Project Gutenberg EBook of Oeuvres mathématiques d'Évariste Galois, by
+Évariste Galois
This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
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with this eBook or online at www.gutenberg.org
-Title: Oeuvres mathématiques d'Évariste Galois
+Title: Oeuvres mathématiques d'Évariste Galois
-Author: Évariste Galois
+Author: Évariste Galois
-Editor: Société mathématique de France
- Émile Picard
+Editor: Société mathématique de France
+ Émile Picard
Release Date: July 11, 2012 [EBook #40213]
+Most recently updated: June 11, 2021
Language: French
-Character set encoding: ISO-8859-1
+Character set encoding: UTF-8
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK OEUVRES MATHÉMATIQUES ***
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK OEUVRES MATHÉMATIQUES ***
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\end{minipage}
\end{center}
@@ -566,8 +568,8 @@ http://www.pgdp.net
\begin{center}
% ** Macro (see also top of next page) prints
% {\OE}UVRES
-% MATHÉMATIQUES
-% D'ÉVARISTE GALOIS.
+% MATHÉMATIQUES
+% D'ÉVARISTE GALOIS.
\OEUVRES
\end{center}
\vfil
@@ -577,13 +579,13 @@ http://www.pgdp.net
\OEUVRES[,]
\vfill
-\footnotesize PUBLIÉES \\[6pt]
-\small SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ MATHÉMATIQUE DE FRANCE,
+\footnotesize PUBLIÉES \\[6pt]
+\small SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ MATHÉMATIQUE DE FRANCE,
\vfill
\large AVEC UNE INTRODUCTION \\[6pt]
\footnotesize PAR \\[6pt]
-\large M. \textsc{Émile PICARD}, \\[6pt]
+\large M. \textsc{Émile PICARD}, \\[6pt]
\footnotesize MEMBRE DE L'INSTITUT.
\vfill
@@ -591,240 +593,240 @@ http://www.pgdp.net
\large PARIS, \\[6pt]
\normalsize GAUTHIER-VILLARS ET FILS, IMPRIMEURS-LIBRAIRES \\[6pt]
-\footnotesize DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE, \\[6pt]
+\footnotesize DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE, \\[6pt]
Quai des Grands-Augustins, 55. \\[6pt]
\TB[0.5cm] \\[6pt]
\normalsize 1897 \\[6pt]
-\footnotesize (Tous droits réservés.)
+\footnotesize (Tous droits réservés.)
\end{center}
%% -----File: 003.png---Folio v-------
\Introduction
-Les {\OE}uvres de Galois ont, comme on sait, été publiées
-en 1846 par Liouville, dans le \Title{Journal de Mathématiques}.
-Il était regrettable que l'on ne pût posséder à part les
-{\OE}uvres du grand géomètre; aussi la Société mathématique
-a-t-elle décidé de faire réimprimer les Mémoires de Galois.
-Cette édition est conforme à la précédente; on a seulement
-supprimé l'avertissement placé par Liouville au début de la
+Les {\OE}uvres de Galois ont, comme on sait, été publiées
+en 1846 par Liouville, dans le \Title{Journal de Mathématiques}.
+Il était regrettable que l'on ne pût posséder à part les
+{\OE}uvres du grand géomètre; aussi la Société mathématique
+a-t-elle décidé de faire réimprimer les Mémoires de Galois.
+Cette édition est conforme à la précédente; on a seulement
+supprimé l'avertissement placé par Liouville au début de la
publication.
-Un travail, qui paraît définitif, sur la vie de Galois vient
-d'être publié par M.~Paul Dupuy, dans les \Title{Annales de
-l'École Normale supérieure} (1896). Comme documents
-antérieurs relatifs à la vie de Galois, il faut citer la Notice
-nécrologique que lui consacra son ami Auguste Chevalier,
-dans la \Title{Revue encyclopédique} (septembre 1832), et un
-article paru dans le \Title{Magasin pittoresque}, en 1848. Évariste
-Galois est né à Bourg-la-Reine, près de Paris, le
+Un travail, qui paraît définitif, sur la vie de Galois vient
+d'être publié par M.~Paul Dupuy, dans les \Title{Annales de
+l'École Normale supérieure} (1896). Comme documents
+antérieurs relatifs à la vie de Galois, il faut citer la Notice
+nécrologique que lui consacra son ami Auguste Chevalier,
+dans la \Title{Revue encyclopédique} (septembre 1832), et un
+article paru dans le \Title{Magasin pittoresque}, en 1848. Évariste
+Galois est né à Bourg-la-Reine, près de Paris, le
25~octobre 1811; il quitta la maison paternelle en 1823,
-pour entrer en quatrième au collège Louis-le-Grand. Dès
-l'âge de quinze ans, ses dispositions extraordinaires pour les
-Sciences mathématiques commencent à se manifester; les
-livres élémentaires d'Algèbre ne le satisfont pas, et c'est dans
-les Ouvrages classiques de Lagrange qu'il fait son éducation
-algébrique. Il semble qu'à dix-sept ans Galois avait déjà
-obtenu des résultats de la plus haute importance concernant
-la théorie des équations algébriques. On ne peut faire que
+pour entrer en quatrième au collège Louis-le-Grand. Dès
+l'âge de quinze ans, ses dispositions extraordinaires pour les
+Sciences mathématiques commencent à se manifester; les
+livres élémentaires d'Algèbre ne le satisfont pas, et c'est dans
+les Ouvrages classiques de Lagrange qu'il fait son éducation
+algébrique. Il semble qu'à dix-sept ans Galois avait déjà
+obtenu des résultats de la plus haute importance concernant
+la théorie des équations algébriques. On ne peut faire que
%% -----File: 004.png---Folio xx-------
-des conjectures sur la marche de ses idées, les deux Mémoires
-qu'il présenta à l'Académie des Sciences ayant été
-perdus; une chose toutefois est certaine: il était, au commencement
-de 1830, en possession de ses principes généraux,
-comme le montre l'analyse d'un Mémoire sur la résolution
-algébrique des équations dans le \Title{Bulletin de
-Férussac}, où sont énoncés une série de résultats qui ne sont
-manifestement que des applications d'une théorie générale.
-Ce court article est le plus important qui ait été publié par
-Galois lui-même, le Mémoire fondamental sur l'Algèbre retrouvé
-dans ses papiers n'ayant été imprimé qu'en 1846.
+des conjectures sur la marche de ses idées, les deux Mémoires
+qu'il présenta à l'Académie des Sciences ayant été
+perdus; une chose toutefois est certaine: il était, au commencement
+de 1830, en possession de ses principes généraux,
+comme le montre l'analyse d'un Mémoire sur la résolution
+algébrique des équations dans le \Title{Bulletin de
+Férussac}, où sont énoncés une série de résultats qui ne sont
+manifestement que des applications d'une théorie générale.
+Ce court article est le plus important qui ait été publié par
+Galois lui-même, le Mémoire fondamental sur l'Algèbre retrouvé
+dans ses papiers n'ayant été imprimé qu'en 1846.
On trouvera, dans l'article de M.~Dupuy, des renseignements
-d'un grand intérêt sur la vie de Galois. Il est peu probable
-que de nouveaux documents viennent désormais
-s'ajouter à ceux que nous possédons maintenant. Après
-deux échecs à l'École Polytechnique, Galois entra à l'École
-Normale en 1829 et fut obligé de la quitter l'année suivante.
-Dans la dernière année de sa vie, il se donna tout entier à la
-politique, passa plusieurs mois sous les verrous de Sainte-Pélagie
-et, blessé mortellement en duel, mourut le 31~mai
-1832. En présence d'une vie si courte et si tourmentée, l'admiration
-redouble pour le génie prodigieux qui a laissé dans
+d'un grand intérêt sur la vie de Galois. Il est peu probable
+que de nouveaux documents viennent désormais
+s'ajouter à ceux que nous possédons maintenant. Après
+deux échecs à l'École Polytechnique, Galois entra à l'École
+Normale en 1829 et fut obligé de la quitter l'année suivante.
+Dans la dernière année de sa vie, il se donna tout entier à la
+politique, passa plusieurs mois sous les verrous de Sainte-Pélagie
+et, blessé mortellement en duel, mourut le 31~mai
+1832. En présence d'une vie si courte et si tourmentée, l'admiration
+redouble pour le génie prodigieux qui a laissé dans
la Science une trace aussi profonde; les exemples de productions
-précoces ne sont pas rares chez les grands géomètres,
+précoces ne sont pas rares chez les grands géomètres,
mais celui de Galois est remarquable entre tous.
-Il semble, hélas! que le malheureux jeune homme ait tristement
-payé la rançon de son génie. A mesure que se \DPtypo{déveveloppent}{développent}
-ses brillantes facultés mathématiques, on voit
-s'assombrir son caractère, autrefois gai et ouvert, et le
-sentiment de son immense supériorité développe chez lui un
-orgueil excessif. Ce fut la cause des déceptions qui eurent
-tant d'influence sur sa carrière, et dont la première fut son
-échec à l'École Polytechnique. Son examen dans cette
+Il semble, hélas! que le malheureux jeune homme ait tristement
+payé la rançon de son génie. A mesure que se \DPtypo{déveveloppent}{développent}
+ses brillantes facultés mathématiques, on voit
+s'assombrir son caractère, autrefois gai et ouvert, et le
+sentiment de son immense supériorité développe chez lui un
+orgueil excessif. Ce fut la cause des déceptions qui eurent
+tant d'influence sur sa carrière, et dont la première fut son
+échec à l'École Polytechnique. Son examen dans cette
%% -----File: 005.png---Folio xx-------
-École a laissé des souvenirs; sans aller aussi loin que le
-veut la légende, disons seulement que Galois refusa de répondre
-à une question, qu'il jugeait ridicule, sur la théorie
-arithmétique des logarithmes. On ne peut douter aussi qu'il
-ne se soit pas prêté à fournir sur ses travaux les explications
-que lui demandaient les mathématiciens avec qui il s'est
-trouvé en relations, explications que rendait nécessaires la
-rédaction rapide de ses Mémoires; aussi comprend-on facilement
-que son mérite n'ait pas été reconnu de ses contemporains.
-Ce n'est pas sans peine que Liouville réussit à saisir
-l'enchaînement des idées de Galois, et il fallut encore de
+École a laissé des souvenirs; sans aller aussi loin que le
+veut la légende, disons seulement que Galois refusa de répondre
+à une question, qu'il jugeait ridicule, sur la théorie
+arithmétique des logarithmes. On ne peut douter aussi qu'il
+ne se soit pas prêté à fournir sur ses travaux les explications
+que lui demandaient les mathématiciens avec qui il s'est
+trouvé en relations, explications que rendait nécessaires la
+rédaction rapide de ses Mémoires; aussi comprend-on facilement
+que son mérite n'ait pas été reconnu de ses contemporains.
+Ce n'est pas sans peine que Liouville réussit à saisir
+l'enchaînement des idées de Galois, et il fallut encore de
nombreux commentateurs pour combler les lacunes qui subsistaient
-dans plus d'une démonstration, et amener les théories
-du grand géomètre au degré de simplicité qu'elles sont
-susceptibles de revêtir aujourd'hui.
-
-La théorie des équations doit à Lagrange, Gauss et Abel
-des progrès considérables, mais aucun d'eux n'arriva à
-mettre en évidence l'élément fondamental dont dépendent
-toutes les propriétés de l'équation; cette gloire était réservée
-à Galois, qui montra qu'à chaque équation algébrique correspond
-un groupe de substitutions dans lequel se reflètent
-les caractères essentiels de l'équation. En Algèbre, la théorie
+dans plus d'une démonstration, et amener les théories
+du grand géomètre au degré de simplicité qu'elles sont
+susceptibles de revêtir aujourd'hui.
+
+La théorie des équations doit à Lagrange, Gauss et Abel
+des progrès considérables, mais aucun d'eux n'arriva à
+mettre en évidence l'élément fondamental dont dépendent
+toutes les propriétés de l'équation; cette gloire était réservée
+à Galois, qui montra qu'à chaque équation algébrique correspond
+un groupe de substitutions dans lequel se reflètent
+les caractères essentiels de l'équation. En Algèbre, la théorie
des groupes avait fait auparavant l'objet de nombreuses recherches
-dues, pour la plupart, à Cauchy, qui avait introduit
-déjà certains éléments de classification; les études de
-Galois sur la Théorie des équations lui montrèrent l'importance
+dues, pour la plupart, à Cauchy, qui avait introduit
+déjà certains éléments de classification; les études de
+Galois sur la Théorie des équations lui montrèrent l'importance
de la notion de sous-groupe invariant d'un groupe
-donné, et il fut ainsi conduit à partager les groupes en
-groupes simples et groupes composés, distinction fondamentale
-qui dépasse de beaucoup, en réalité, le domaine de
-l'Algèbre et s'étend au concept de groupes d'opérations dans
-son acception la plus étendue.
+donné, et il fut ainsi conduit à partager les groupes en
+groupes simples et groupes composés, distinction fondamentale
+qui dépasse de beaucoup, en réalité, le domaine de
+l'Algèbre et s'étend au concept de groupes d'opérations dans
+son acception la plus étendue.
-Les théories générales, pour prendre dans la Science un
+Les théories générales, pour prendre dans la Science un
%% -----File: 006.png---Folio xx-------
-droit de cité définitif, ont le plus souvent besoin de s'illustrer
-par des applications particulières. Dans plusieurs domaines,
-celles-ci ne sont pas toujours faciles à trouver, et l'on pourrait
-citer, dans les Mathématiques modernes, plus d'une théorie
-confinée, si j'ose le dire, dans sa trop grande généralité;
-au point de vue artistique, qui joue un rôle capital dans les
-Mathématiques pures, rien n'est plus satisfaisant que le développement
-de ces grandes théories, cependant de bons
-esprits regrettent cette tendance, qui a peut-être ses dangers.
-On ne peut, pour Galois, émettre un pareil regret; la résolution
-algébrique des équations lui a fourni, dès le début, un
-champ particulier d'applications où le suivirent depuis de
-nombreux géomètres, parmi lesquels il faut citer au premier
+droit de cité définitif, ont le plus souvent besoin de s'illustrer
+par des applications particulières. Dans plusieurs domaines,
+celles-ci ne sont pas toujours faciles à trouver, et l'on pourrait
+citer, dans les Mathématiques modernes, plus d'une théorie
+confinée, si j'ose le dire, dans sa trop grande généralité;
+au point de vue artistique, qui joue un rôle capital dans les
+Mathématiques pures, rien n'est plus satisfaisant que le développement
+de ces grandes théories, cependant de bons
+esprits regrettent cette tendance, qui a peut-être ses dangers.
+On ne peut, pour Galois, émettre un pareil regret; la résolution
+algébrique des équations lui a fourni, dès le début, un
+champ particulier d'applications où le suivirent depuis de
+nombreux géomètres, parmi lesquels il faut citer au premier
rang M.~Camille Jordan.
-Les travaux de Galois, sur les équations algébriques, ont
-rendu son nom célèbre, mais il semble qu'il avait fait, en
-Analyse, des découvertes au moins aussi importantes. Dans
-sa lettre à Auguste Chevalier, écrite la veille de sa mort, et
+Les travaux de Galois, sur les équations algébriques, ont
+rendu son nom célèbre, mais il semble qu'il avait fait, en
+Analyse, des découvertes au moins aussi importantes. Dans
+sa lettre à Auguste Chevalier, écrite la veille de sa mort, et
qui est une sorte de testament scientifique, Galois parle d'un
-Mémoire qu'on pourrait composer avec ses recherches sur
-les intégrales. Nous ne connaissons de ces recherches que ce
+Mémoire qu'on pourrait composer avec ses recherches sur
+les intégrales. Nous ne connaissons de ces recherches que ce
qu'il en dit dans cette lettre; plusieurs points restent obscurs
-dans quelques énoncés de Galois, mais on peut cependant se
-faire une idée précise de quelques-uns des résultats auxquels
-il était arrivé dans la théorie des intégrales de fonctions algébriques.
-On acquiert ainsi la conviction qu'il était en possession
-des résultats les plus essentiels sur les intégrales abéliennes
+dans quelques énoncés de Galois, mais on peut cependant se
+faire une idée précise de quelques-uns des résultats auxquels
+il était arrivé dans la théorie des intégrales de fonctions algébriques.
+On acquiert ainsi la conviction qu'il était en possession
+des résultats les plus essentiels sur les intégrales abéliennes
que Riemann devait obtenir vingt-cinq ans plus tard.
-Nous ne voyons pas sans étonnement Galois parler des périodes
-d'une intégrale abélienne relative à une fonction
-algébrique quelconque; pour les intégrales hyperelliptiques,
-nous n'avons aucune difficulté à comprendre ce qu'il entend
-par \emph{période}, mais il en est autrement dans le cas général, et
+Nous ne voyons pas sans étonnement Galois parler des périodes
+d'une intégrale abélienne relative à une fonction
+algébrique quelconque; pour les intégrales hyperelliptiques,
+nous n'avons aucune difficulté à comprendre ce qu'il entend
+par \emph{période}, mais il en est autrement dans le cas général, et
%% -----File: 007.png---Folio xx-------
-l'on est presque tenté de supposer que Galois avait tout au
+l'on est presque tenté de supposer que Galois avait tout au
moins pressenti certaines notions sur les fonctions d'une variable
-complexe, qui ne devaient être développées que plusieurs
-années après sa mort. Les énoncés sont précis;
-l'illustre auteur fait la classification en trois espèces des intégrales
-abéliennes, et affirme que, si $n$~désigne le nombre des
-intégrales de première espèce linéairement indépendantes,
-les périodes seront en nombre~$2n$. Le théorème relatif à
-l'inversion du paramètre et de l'argument dans les intégrales
-de troisième espèce est nettement indiqué, ainsi que
-les relations entre les périodes des intégrales abéliennes;
-Galois parle aussi d'une généralisation de l'équation classique
-de Legendre, où figurent les périodes des intégrales
-elliptiques, généralisation qui l'avait probablement conduit
-aux importantes relations découvertes depuis par
+complexe, qui ne devaient être développées que plusieurs
+années après sa mort. Les énoncés sont précis;
+l'illustre auteur fait la classification en trois espèces des intégrales
+abéliennes, et affirme que, si $n$~désigne le nombre des
+intégrales de première espèce linéairement indépendantes,
+les périodes seront en nombre~$2n$. Le théorème relatif à
+l'inversion du paramètre et de l'argument dans les intégrales
+de troisième espèce est nettement indiqué, ainsi que
+les relations entre les périodes des intégrales abéliennes;
+Galois parle aussi d'une généralisation de l'équation classique
+de Legendre, où figurent les périodes des intégrales
+elliptiques, généralisation qui l'avait probablement conduit
+aux importantes relations découvertes depuis par
Weierstrass et par M.~Fuchs. Nous en avons dit assez pour
-montrer l'étendue des découvertes de Galois en Analyse;
-si quelques années de plus lui avaient été données pour développer
-ses idées dans cette direction, il aurait été le glorieux
-continuateur d'Abel et aurait édifié, dans ses parties
-essentielles, la théorie des fonctions algébriques d'une
+montrer l'étendue des découvertes de Galois en Analyse;
+si quelques années de plus lui avaient été données pour développer
+ses idées dans cette direction, il aurait été le glorieux
+continuateur d'Abel et aurait édifié, dans ses parties
+essentielles, la théorie des fonctions algébriques d'une
variable telle que nous la connaissons aujourd'hui. Les
-méditations de Galois portèrent encore plus loin; il termine
-sa lettre en parlant de l'application à l'Analyse transcendante
-de la théorie de l'ambiguïté. On devine à peu près
-ce qu'il entend par là, et sur ce terrain qui, comme il le dit,
-est immense, il reste encore aujourd'hui bien des découvertes
-à faire.
-
-Ce n'est pas sans émotion que l'on achève la lecture du
-testament scientifique de ce jeune homme de vingt ans, écrit
-la veille du jour où il devait disparaître dans une obscure
+méditations de Galois portèrent encore plus loin; il termine
+sa lettre en parlant de l'application à l'Analyse transcendante
+de la théorie de l'ambiguïté. On devine à peu près
+ce qu'il entend par là, et sur ce terrain qui, comme il le dit,
+est immense, il reste encore aujourd'hui bien des découvertes
+à faire.
+
+Ce n'est pas sans émotion que l'on achève la lecture du
+testament scientifique de ce jeune homme de vingt ans, écrit
+la veille du jour où il devait disparaître dans une obscure
querelle. Sa mort fut pour la Science une perte immense;
-l'influence de Galois, s'il eût vécu, aurait grandement modifié
+l'influence de Galois, s'il eût vécu, aurait grandement modifié
%% -----File: 008.png---Folio xx-------
-l'orientation des recherches mathématiques dans notre
-pays. Je ne me risquerai pas à des comparaisons périlleuses:
-Galois a sans doute des égaux parmi les grands mathématiciens
-de ce siècle; aucun ne le surpasse par l'originalité et la
+l'orientation des recherches mathématiques dans notre
+pays. Je ne me risquerai pas à des comparaisons périlleuses:
+Galois a sans doute des égaux parmi les grands mathématiciens
+de ce siècle; aucun ne le surpasse par l'originalité et la
profondeur de ses conceptions.
-\Signature{Émile Picard,}{Président de la Société mathématique de France.}
+\Signature{Émile Picard,}{Président de la Société mathématique de France.}
%% -----File: 009.png---Folio 1-------
\MainMatter
% ** Text is printed by the \Chapter macro
% {\OE}UVRES
-% MATHÉMATIQUES
-% D'ÉVARISTE GALOIS.
+% MATHÉMATIQUES
+% D'ÉVARISTE GALOIS.
-\Chapter{I.}{ARTICLES PUBLIÉS PAR GALOIS.}
+\Chapter{I.}{ARTICLES PUBLIÉS PAR GALOIS.}
-\Article{DÉMONSTRATION}{D'UN}{THÉORÈME SUR LES FRACTIONS CONTINUES PÉRIODIQUES\footnotemark.}
+\Article{DÉMONSTRATION}{D'UN}{THÉORÈME SUR LES FRACTIONS CONTINUES PÉRIODIQUES\footnotemark.}
-\footnotetext{Tome~XIX des \Title{Annales de Mathématiques} de M.~Gergonne, page~294
- (1828--1829). Galois était alors élève au collège Louis-le-Grand. \Annot{(J.~Liouville.)}}
+\footnotetext{Tome~XIX des \Title{Annales de Mathématiques} de M.~Gergonne, page~294
+ (1828--1829). Galois était alors élève au collège Louis-le-Grand. \Annot{(J.~Liouville.)}}
-On sait que si, par la méthode du Lagrange, on développe en
-fraction continue une des racines d'une équation du second degré,
-cette fraction continue sera périodique, et qu'il en sera encore de
-même de l'une des racines d'une équation de degré quelconque,
-si cette racine est racine d'un facteur rationnel du second degré
-du premier membre de la proposée, auquel cas cette équation
-aura, tout au moins, une autre racine qui sera également périodique.
+On sait que si, par la méthode du Lagrange, on développe en
+fraction continue une des racines d'une équation du second degré,
+cette fraction continue sera périodique, et qu'il en sera encore de
+même de l'une des racines d'une équation de degré quelconque,
+si cette racine est racine d'un facteur rationnel du second degré
+du premier membre de la proposée, auquel cas cette équation
+aura, tout au moins, une autre racine qui sera également périodique.
Dans l'un et dans l'autre cas, la fraction continue pourra
-d'ailleurs être immédiatement périodique ou ne l'être pas immédiatement;
+d'ailleurs être immédiatement périodique ou ne l'être pas immédiatement;
%% -----File: 010.png---Folio 2-------
-mais, lorsque cette dernière circonstance aura lieu, il
-y aura du moins une des transformées dont une des racines sera
-immédiatement périodique.
+mais, lorsque cette dernière circonstance aura lieu, il
+y aura du moins une des transformées dont une des racines sera
+immédiatement périodique.
-Or, lorsqu'une équation a deux racines périodiques répondant
-à un même facteur rationnel du second degré, et que l'une d'elles
-est immédiatement périodique, il existe entre ces deux racines
-une relation assez singulière qui paraît n'avoir pas encore été remarquée,
-et qui peut être exprimée par le théorème suivant:
+Or, lorsqu'une équation a deux racines périodiques répondant
+à un même facteur rationnel du second degré, et que l'une d'elles
+est immédiatement périodique, il existe entre ces deux racines
+une relation assez singulière qui paraît n'avoir pas encore été remarquée,
+et qui peut être exprimée par le théorème suivant:
\begin{Theoreme}
-Si une des racines d'une équation de degré
-quelconque est une fraction continue immédiatement périodique,
-cette équation aura nécessairement une autre racine
-également périodique que l'on obtiendra en divisant l'unité
-négative par cette même fraction continue périodique, écrite
+Si une des racines d'une équation de degré
+quelconque est une fraction continue immédiatement périodique,
+cette équation aura nécessairement une autre racine
+également périodique que l'on obtiendra en divisant l'unité
+négative par cette même fraction continue périodique, écrite
dans un ordre inverse.
\end{Theoreme}
\begin{Demonstration}
-Pour fixer les idées, ne prenons que des
-périodes de quatre termes; car la marche uniforme du calcul
-prouve qu'il en serait de même si nous en admettions un plus
-grand nombre. Soit une des racines d'une équation de degré quelconque
-exprimée comme il suit;
+Pour fixer les idées, ne prenons que des
+périodes de quatre termes; car la marche uniforme du calcul
+prouve qu'il en serait de même si nous en admettions un plus
+grand nombre. Soit une des racines d'une équation de degré quelconque
+exprimée comme il suit;
\[
a - x = a + \Cfrac{1}{
\,b + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -835,8 +837,8 @@ a - x = a + \Cfrac{1}{
\,c + \hlap{$\cfrac{1}{\Strut
\,d + \raisebox{-2ex}{$\ddots$\rlap{\,;}} }$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\CfracCorrect
\]
-l'équation du second degré, à laquelle appartiendra cette racine,
-et qui contiendra conséquemment sa corrélative, sera
+l'équation du second degré, à laquelle appartiendra cette racine,
+et qui contiendra conséquemment sa corrélative, sera
\[
x = a + \Cfrac{1}{
\,b + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -844,7 +846,7 @@ x = a + \Cfrac{1}{
\,d + \hlap{$\cfrac{1}{\quad x \quad } \;\rlap{;}$}}\;$}}\;$}}\CfracCorrect
\]
%% -----File: 011.png---Folio 3-------
-or, on tire de là successivement
+or, on tire de là successivement
\begin{align*}
&a - x = - \Cfrac{1}{
\,b + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -888,7 +890,7 @@ or, on tire de là successivement
\,a - x \, }$}}\;$}}\;$}}\CfracCorrect
= -x\,,
\end{align*}
-c'est-à-dire
+c'est-à-dire
\[
x = - \Cfrac{1}{
\,d + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -896,9 +898,9 @@ c'est-à-dire
\,b + \hlap{$\cfrac{1}{
\,a - x\, } \;\rlap{;}$}}\;$}}$}}\CfracCorrect
\]
-c'est donc toujours là l'équation du second degré qui donne les
+c'est donc toujours là l'équation du second degré qui donne les
deux racines dont il s'agit; mais, en mettant continuellement
-pour $x$, dans son second membre, ce même second membre, qui
+pour $x$, dans son second membre, ce même second membre, qui
en est, en effet, la valeur, elle donne
\[
x = - \Cfrac{1}{
@@ -912,13 +914,13 @@ en est, en effet, la valeur, elle donne
\,a + \raisebox{-2ex}{$\ddots$\rlap{\,;}} }\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}
\CfracCorrect
\]
-c'est donc là l'autre valeur de $x$, donnée par cette équation, valeur
-qui, comme l'on voit, est égale à $-1$ divisé par la première écrite
+c'est donc là l'autre valeur de $x$, donnée par cette équation, valeur
+qui, comme l'on voit, est égale à $-1$ divisé par la première écrite
dans un ordre inverse.
%% -----File: 012.png---Folio 4-------
-Dans ce qui précède, nous avons supposé que la racine proposée
-était plus grande que l'unité; mais, si l'on avait
+Dans ce qui précède, nous avons supposé que la racine proposée
+était plus grande que l'unité; mais, si l'on avait
\[
x = \Cfrac{1}{
\,a + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -943,7 +945,7 @@ on en conclurait, pour une des valeurs de~$\dfrac{1}{x}$,
\,d + \raisebox{-2ex}{$\ddots$\rlap{\,;}} }$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}
\CfracCorrect
\]
-l'autre valeur de $\dfrac{1}{x}$ serait donc, par ce qui précède,
+l'autre valeur de $\dfrac{1}{x}$ serait donc, par ce qui précède,
\[
\frac{1}{x} = - \Cfrac{1}{
\,d + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -956,7 +958,7 @@ l'autre valeur de $\dfrac{1}{x}$ serait donc, par ce qui précède,
\,a + \raisebox{-2ex}{$\ddots$\rlap{\,,}} }$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}
\CfracCorrect
\]
-d'où l'on conclurait, pour l'autre valeur de $x$,
+d'où l'on conclurait, pour l'autre valeur de $x$,
\[
x = - d + \Cfrac{1}{
\,c + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -982,93 +984,93 @@ ou
\,a + \raisebox{-2ex}{$\ddots$\rlap{\,;}}}$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}
\CfracCorrect
\]
-ce qui rentre exactement dans notre théorème.
+ce qui rentre exactement dans notre théorème.
\end{Demonstration}
-Soit $A$ une fraction continue immédiatement périodique quelconque,
-et soit $B$ la fraction continue qu'on en déduit en renversant
-la période; on voit que, si l'une des racines d'une équation
-est $x = A$, elle aura nécessairement une autre racine $x = -\dfrac{1}{B}$;
-or, si $A$ est un nombre positif plus grand que l'unité, $-\dfrac{1}{B}$~sera
-négatif et compris entre $0$ et~$-1$; et, à l'inverse, si $A$ est un
-nombre négatif compris entre $0$ et~$-1$, $-\dfrac{1}{B}$~sera un nombre positif
-plus grand que l'unité. Ainsi, lorsque l'une des racines d'une
-équation du second degré est une fraction continue immédiatement
-périodique, plus grande que l'unité, l'autre est nécessairement
-comprise entre $0$ et $-1$; et réciproquement, si l'une d'elles
-est comprise entre $0$ et $-1$, l'autre sera nécessairement positive
-et plus grande que l'unité.
-
-On peut prouver que, réciproquement, si l'une des deux racines
-d'une équation du second degré est positive et plus grande
-que l'unité, et que l'autre soit comprise entre $0$ et $-1$, ces racines
-seront exprimables en fractions continues immédiatement périodiques.
-En effet, soit toujours $A$ une fraction continue immédiatement
-périodique quelconque, positive et plus grande que
-l'unité, et $B$ la fraction continue immédiatement périodique qu'on
-en déduit, en renversant la période, laquelle sera aussi, comme
-elle, positive et plus grande que l'unité. La première des racines
-de la proposée ne pourra être de la forme
+Soit $A$ une fraction continue immédiatement périodique quelconque,
+et soit $B$ la fraction continue qu'on en déduit en renversant
+la période; on voit que, si l'une des racines d'une équation
+est $x = A$, elle aura nécessairement une autre racine $x = -\dfrac{1}{B}$;
+or, si $A$ est un nombre positif plus grand que l'unité, $-\dfrac{1}{B}$~sera
+négatif et compris entre $0$ et~$-1$; et, à l'inverse, si $A$ est un
+nombre négatif compris entre $0$ et~$-1$, $-\dfrac{1}{B}$~sera un nombre positif
+plus grand que l'unité. Ainsi, lorsque l'une des racines d'une
+équation du second degré est une fraction continue immédiatement
+périodique, plus grande que l'unité, l'autre est nécessairement
+comprise entre $0$ et $-1$; et réciproquement, si l'une d'elles
+est comprise entre $0$ et $-1$, l'autre sera nécessairement positive
+et plus grande que l'unité.
+
+On peut prouver que, réciproquement, si l'une des deux racines
+d'une équation du second degré est positive et plus grande
+que l'unité, et que l'autre soit comprise entre $0$ et $-1$, ces racines
+seront exprimables en fractions continues immédiatement périodiques.
+En effet, soit toujours $A$ une fraction continue immédiatement
+périodique quelconque, positive et plus grande que
+l'unité, et $B$ la fraction continue immédiatement périodique qu'on
+en déduit, en renversant la période, laquelle sera aussi, comme
+elle, positive et plus grande que l'unité. La première des racines
+de la proposée ne pourra être de la forme
\[
x = p + \frac{1}{A},
\]
%% -----File: 014.png---Folio 6-------
-car alors, en vertu de notre théorème, la seconde devrait être
+car alors, en vertu de notre théorème, la seconde devrait être
\[
x = a + \frac{1}{-\dfrac{1}{B}} = a - B ;
\]
-or $a - B$ ne saurait être compris entre 0 et 1 qu'autant que la
-partie entière de $B$ serait égale à $p$, auquel cas la première valeur
-serait immédiatement périodique. On ne pourrait avoir davantage,
-pour la première valeur de $x$, $x= p + \dfrac{1}{q + \dfrac{1}{A}}$, car alors l'autre
+or $a - B$ ne saurait être compris entre 0 et 1 qu'autant que la
+partie entière de $B$ serait égale à $p$, auquel cas la première valeur
+serait immédiatement périodique. On ne pourrait avoir davantage,
+pour la première valeur de $x$, $x= p + \dfrac{1}{q + \dfrac{1}{A}}$, car alors l'autre
serait
\[
x = p + \frac{1}{q - B} \qquad \text{ou} \qquad
x = p - \frac{1}{B - q};
\]
-or, pour que cette valeur fût comprise entre 0 et $-1$, il faudrait
-d'abord que $\dfrac{1}{B-q}$ fût égal à $p$, plus une fraction. Il faudrait
-donc que $B-q$ fût plus petit que l'unité, ce qui exigerait que $B$
-fût égal à $q$, plus une fraction; d'où l'on voit que $q$ et $p$ devraient
-être respectivement égaux aux deux premiers termes de la période
-qui répond à $B$, ou aux deux derniers de la période qui répond à $A$;
-de sorte que, contrairement à l'hypothèse, la valeur $x = p + \dfrac{1}{q + \dfrac{1}{A}}$
-serait immédiatement périodique. On prouverait, par un raisonnement
-analogue, que les périodes ne sauraient être précédées
+or, pour que cette valeur fût comprise entre 0 et $-1$, il faudrait
+d'abord que $\dfrac{1}{B-q}$ fût égal à $p$, plus une fraction. Il faudrait
+donc que $B-q$ fût plus petit que l'unité, ce qui exigerait que $B$
+fût égal à $q$, plus une fraction; d'où l'on voit que $q$ et $p$ devraient
+être respectivement égaux aux deux premiers termes de la période
+qui répond à $B$, ou aux deux derniers de la période qui répond à $A$;
+de sorte que, contrairement à l'hypothèse, la valeur $x = p + \dfrac{1}{q + \dfrac{1}{A}}$
+serait immédiatement périodique. On prouverait, par un raisonnement
+analogue, que les périodes ne sauraient être précédées
d'un plus grand nombre de termes n'en faisant pas partie.
-Lors donc que l'on traitera une équation numérique par la méthode
-de Lagrange, on sera sûr qu'il n'y a point de racines périodiques
-à espérer tant qu'on ne rencontrera pas une transformée
-ayant au moins une racine positive plus grande que l'unité, et une
+Lors donc que l'on traitera une équation numérique par la méthode
+de Lagrange, on sera sûr qu'il n'y a point de racines périodiques
+à espérer tant qu'on ne rencontrera pas une transformée
+ayant au moins une racine positive plus grande que l'unité, et une
autre comprise entre 0 et $-1$; et si, en effet, la racine que l'on
-poursuit doit être périodique, ce sera tout au plus à cette transformée
-que les périodes commenceront.
+poursuit doit être périodique, ce sera tout au plus à cette transformée
+que les périodes commenceront.
-Si l'une des racines d'une équation du second degré est non
-seulement immédiatement périodique, mais encore symétrique,
-c'est-à-dire si les termes de la période sont égaux à égale distance
-des extrêmes, on aura $B = A$; de sorte que ces deux racines
+Si l'une des racines d'une équation du second degré est non
+seulement immédiatement périodique, mais encore symétrique,
+c'est-à-dire si les termes de la période sont égaux à égale distance
+des extrêmes, on aura $B = A$; de sorte que ces deux racines
%% -----File: 015.png---Folio 7-------
-seront $A$ et $-\dfrac{1}{A}$; l'équation sera donc
+seront $A$ et $-\dfrac{1}{A}$; l'équation sera donc
\[
Ax^{2} - (A^{2}-1)x - A = 0.
\]
-Réciproquement, toute équation du second degré de la forme
+Réciproquement, toute équation du second degré de la forme
\[
ax^{2} - bx - a = 0
\]
-aura ses racines à la fois immédiatement périodiques et symétriques.
-En effet, on mettant tour à tour pour $x$ l'infini et $-1$, on
-obtient des résultats positifs, tandis qu'en faisant $x=1$ et $x=0$,
-on obtient des résultats négatifs; d'où l'on voit d'abord que cette
-équation a une racine positive plus grande que l'unité et une racine
-négative comprise entre $0$ et $-1$, et qu'ainsi ces racines sont
-immédiatement périodiques; de plus, cette équation ne change
-pas en y changeant $x$ en $-\dfrac{1}{x}$; d'où il suit que, si $A$ est une de ses
+aura ses racines à la fois immédiatement périodiques et symétriques.
+En effet, on mettant tour à tour pour $x$ l'infini et $-1$, on
+obtient des résultats positifs, tandis qu'en faisant $x=1$ et $x=0$,
+on obtient des résultats négatifs; d'où l'on voit d'abord que cette
+équation a une racine positive plus grande que l'unité et une racine
+négative comprise entre $0$ et $-1$, et qu'ainsi ces racines sont
+immédiatement périodiques; de plus, cette équation ne change
+pas en y changeant $x$ en $-\dfrac{1}{x}$; d'où il suit que, si $A$ est une de ses
racines, l'autre sera $-\dfrac{1}{A}$, et qu'ainsi, dans ce cas, $B=A$.
-Appliquons ces généralités à l'équation du second degré
+Appliquons ces généralités à l'équation du second degré
\[
3x^{2} - 16x + 18 = 0;
\]
@@ -1077,25 +1079,25 @@ en posant
\[
x = 3 + \frac{1}{y},
\]
-on obtient la transformée
+on obtient la transformée
\[
3y^{2} - 2y - 3 = 0,
\]
-dont la forme nous apprend que les valeurs de $y$ sont à la fois
-immédiatement périodiques et symétriques; en effet, en posant
-tour à tour
+dont la forme nous apprend que les valeurs de $y$ sont à la fois
+immédiatement périodiques et symétriques; en effet, en posant
+tour à tour
\[
y = 1 + \frac{1}{z}, \qquad
z = 2 + \frac{1}{t}, \qquad
t = 1 + \frac{1}{u},
\]
-on obtient les transformées
+on obtient les transformées
\[
2z^{2} - 4z - 3 = 0, \qquad
3t^{2} - 4t - 2 = 0, \qquad
3u^{2} - 2u - 3 = 0.
\]
-L'identité entre les équations en $u$ et en $y$ prouve que la valeur
+L'identité entre les équations en $u$ et en $y$ prouve que la valeur
%% -----File: 016.png---Folio 8-------
positive de $y$ est
\[
@@ -1107,7 +1109,7 @@ positive de $y$ est
\,1 + \raisebox{-2ex}{$\ddots$\rlap{\,;}} }$}}\;$}}\;$}}\;$}}
\CfracCorrect
\]
-sa valeur négative sera donc
+sa valeur négative sera donc
\[
y = - \Cfrac{1}{
\,1 + \hlap{$\cfrac{1}{
@@ -1138,7 +1140,7 @@ les deux valeurs de $x$ seront donc
\,1 + \raisebox{-2ex}{$\ddots$\rlap{\,,}} }$}}\;$}}\;$}}\;$}}\;$}}
\CfracCorrect
\]
-dont la dernière, en vertu de la formule connue
+dont la dernière, en vertu de la formule connue
\[
p - \frac{1}{q}
= p - 1 + \Cfrac{1}{
@@ -1163,20 +1165,20 @@ devient
\Article{NOTES}{SUR}{QUELQUES POINTS D'ANALYSE\footnotemark.}
-\footnotetext{\Title{Annales de Mathématiques} de M.~Gergonne, tome~XXI, page~182 (1830--1831).
- C'est par suite d'une faute d'impression qu'on y lit: \Title{Galais, élève à l'École
+\footnotetext{\Title{Annales de Mathématiques} de M.~Gergonne, tome~XXI, page~182 (1830--1831).
+ C'est par suite d'une faute d'impression qu'on y lit: \Title{Galais, élève à l'École
normale}, au lieu de \textit{Galois}. \Annot{(J.~Liouville.)}}
-\Section{§~I.}{Démonstration d'un théorème d'Analyse.}
+\Section{§~I.}{Démonstration d'un théorème d'Analyse.}
\begin{Theoreme}
Soient $Fx$ et $fx$ deux fonctions quelconques
-données; on aura, quels que soient $x$ et~$h$,
+données; on aura, quels que soient $x$ et~$h$,
\[
\frac{F(x + h) - Fx}{f(x + h) - fx} = \phi(k),
\]
-$\phi$ étant une fonction déterminée, et $k$ une quantité intermédiaire
+$\phi$ étant une fonction déterminée, et $k$ une quantité intermédiaire
entre $x$ et~$x + h$.
\end{Theoreme}
@@ -1185,51 +1187,51 @@ Posons, en effet,
\[
\frac{F(x + h) - Fx}{f(x + h) - fx} = P;
\]
-on en déduira
+on en déduira
\[
F(x + h) - Pf(x + h) = Fx - Pfx;
\]
-d'où l'on voit que la fonction $Fx - Pfx$ ne change pas quand on
-y change $x$ en $x+h$; d'où il suit qu'à moins qu'elle ne reste
+d'où l'on voit que la fonction $Fx - Pfx$ ne change pas quand on
+y change $x$ en $x+h$; d'où il suit qu'à moins qu'elle ne reste
constante entre ces limites, ce qui ne pourrait avoir lieu que dans
des cas particuliers, cette fonction aura, entre $x$ et $x+h$, un ou
-plusieurs maxima et minima. Soit $k$ la valeur de $x$ répondant à
-l'un d'eux; on aura évidemment $k = \psi(P)$, $\psi$ étant une fonction
-déterminée; donc on doit avoir aussi $P = \phi(k)$, $\phi$~étant une autre
-fonction également déterminée; ce qui démontre le théorème.
+plusieurs maxima et minima. Soit $k$ la valeur de $x$ répondant à
+l'un d'eux; on aura évidemment $k = \psi(P)$, $\psi$ étant une fonction
+déterminée; donc on doit avoir aussi $P = \phi(k)$, $\phi$~étant une autre
+fonction également déterminée; ce qui démontre le théorème.
\end{Demonstration}
-De là on peut conclure, comme corollaire, que la quantité
+De là on peut conclure, comme corollaire, que la quantité
\[
%[** TN: Original uses "lim."]
\lim \frac{F(x + h) - Fx}{f(x + h) - fx} = \psi(x),
\]
-pour $h = 0$, est nécessairement une fonction de~$x$, ce qui démontre,
-\textit{a~priori}, l'existence des fonctions dérivées.
+pour $h = 0$, est nécessairement une fonction de~$x$, ce qui démontre,
+\textit{a~priori}, l'existence des fonctions dérivées.
%% -----File: 018.png---Folio 10-------
-\Section{§~II.}{Rayon de courbure des courbes de l'espace.}
+\Section{§~II.}{Rayon de courbure des courbes de l'espace.}
Le rayon de courbure d'une courbe en l'un quelconque de ses
-points~$M$ est la perpendiculaire abaissée de ce point sur l'intersection
-du plan normal au point~$M$ avec le plan normal consécutif,
-comme il est aisé de s'en assurer par des considérations
-géométriques.
+points~$M$ est la perpendiculaire abaissée de ce point sur l'intersection
+du plan normal au point~$M$ avec le plan normal consécutif,
+comme il est aisé de s'en assurer par des considérations
+géométriques.
-Cela posé, soit $(x, y, z)$ un point de la courbe; on sait que le
-plan normal en ce point aura pour équation
+Cela posé, soit $(x, y, z)$ un point de la courbe; on sait que le
+plan normal en ce point aura pour équation
\[
\Tag{(N)}
(X - x) \frac{dx}{ds} + (Y - y) \frac{dy}{ds} + (Z - z) \frac{dz}{ds} = 0,
\]
-$X$, $Y$, $Z$ étant les symboles des coordonnées courantes. L'intersection
-de ce plan normal avec le plan normal consécutif sera
-donnée par le système de cette équation et de la suivante
+$X$, $Y$, $Z$ étant les symboles des coordonnées courantes. L'intersection
+de ce plan normal avec le plan normal consécutif sera
+donnée par le système de cette équation et de la suivante
\[
\Tag{(I)}
-(X - x) \frac{d · \left(\dfrac{dx}{ds}\right)}{ds} +
-(Y - y) \frac{d · \left(\dfrac{dy}{ds}\right)}{ds} +
-(Z - z) \frac{d · \left(\dfrac{dz}{ds}\right)}{ds}
+(X - x) \frac{d · \left(\dfrac{dx}{ds}\right)}{ds} +
+(Y - y) \frac{d · \left(\dfrac{dy}{ds}\right)}{ds} +
+(Z - z) \frac{d · \left(\dfrac{dz}{ds}\right)}{ds}
= 1,
\]
attendu que
@@ -1239,153 +1241,153 @@ attendu que
\left(\frac{dz}{ds}\right)^{2}
= 1.
\]
-Or, il est aisé de voir que le plan~\Eq{(I)} est perpendiculaire an
+Or, il est aisé de voir que le plan~\Eq{(I)} est perpendiculaire an
plan~\Eq{(N)}, car on a
\[
-\frac{dx}{ds}\, d· \left(\frac{dx}{ds}\right) +
-\frac{dy}{ds}\, d· \left(\frac{dy}{ds}\right) +
-\frac{dz}{ds}\, d· \left(\frac{dz}{ds}\right)
+\frac{dx}{ds}\, d· \left(\frac{dx}{ds}\right) +
+\frac{dy}{ds}\, d· \left(\frac{dy}{ds}\right) +
+\frac{dz}{ds}\, d· \left(\frac{dz}{ds}\right)
= 0;
\]
-donc la perpendiculaire abaissée du point $(x, y, z)$ sur l'intersection
+donc la perpendiculaire abaissée du point $(x, y, z)$ sur l'intersection
des deux plans \Eq{(N)}~et~\Eq{(I)} n'est autre chose que la perpendiculaire
-abaissée du même point sur le plan~\Eq{(I)}. Le rayon de
-courbure est donc la perpendiculaire abaissée du point $(x, y, z)$
-sur le plan~\Eq{(I)}. Cette considération donne, très simplement, les
-théorèmes connus sur les rayons de courbure des courbes dans
+abaissée du même point sur le plan~\Eq{(I)}. Le rayon de
+courbure est donc la perpendiculaire abaissée du point $(x, y, z)$
+sur le plan~\Eq{(I)}. Cette considération donne, très simplement, les
+théorèmes connus sur les rayons de courbure des courbes dans
l'espace.
%% -----File: 019.png---Folio 11-------
-\Article{ANALYSE}{D'UN}{MÉMOIRE SUR LA RÉSOLUTION ALGÉBRIQUE DES ÉQUATIONS\footnotemark.}
+\Article{ANALYSE}{D'UN}{MÉMOIRE SUR LA RÉSOLUTION ALGÉBRIQUE DES ÉQUATIONS\footnotemark.}
-\footnotetext{\Title{Bulletin des Sciences mathématiques} de M.~Férussac, t.~XIII, p.~271
- (année 1830, cahier d'avril). \Annot{(J.~Liouville.)}}
+\footnotetext{\Title{Bulletin des Sciences mathématiques} de M.~Férussac, t.~XIII, p.~271
+ (année 1830, cahier d'avril). \Annot{(J.~Liouville.)}}
-On appelle équations non primitives les équations qui, étant,
-par exemple, du degré~$mn$, se décomposent en $m$~facteurs du
-degré~$n$, au moyen d'une seule équation du degré~$m$. Ce sont les
-équations de M.~Gauss. Les équations primitives sont celles qui
-ne jouissent pas d'une pareille simplification. Je suis, à l'égard
-des équations primitives, parvenu aux résultats suivants:
+On appelle équations non primitives les équations qui, étant,
+par exemple, du degré~$mn$, se décomposent en $m$~facteurs du
+degré~$n$, au moyen d'une seule équation du degré~$m$. Ce sont les
+équations de M.~Gauss. Les équations primitives sont celles qui
+ne jouissent pas d'une pareille simplification. Je suis, à l'égard
+des équations primitives, parvenu aux résultats suivants:
-\primo Pour qu'une équation de degré premier soit résoluble par
+\primo Pour qu'une équation de degré premier soit résoluble par
radicaux, il faut et il suffit que, deux quelconques de ses racines
-étant connues, les autres s'en déduisent rationnellement.
+étant connues, les autres s'en déduisent rationnellement.
-\secundo Pour qu'une équation primitive du degré~$m$ soit résoluble
-par radicaux, il faut que $m = p^{\nu}$, $p$~étant un nombre premier.
+\secundo Pour qu'une équation primitive du degré~$m$ soit résoluble
+par radicaux, il faut que $m = p^{\nu}$, $p$~étant un nombre premier.
-\tertio A part les cas mentionnés ci-dessous, pour qu'une équation
-primitive du degré $p^{\nu}$ soit résoluble par radicaux, il faut que,
-deux quelconques de ses racines étant connues, les autres s'en
-déduisent rationnellement.
+\tertio A part les cas mentionnés ci-dessous, pour qu'une équation
+primitive du degré $p^{\nu}$ soit résoluble par radicaux, il faut que,
+deux quelconques de ses racines étant connues, les autres s'en
+déduisent rationnellement.
\medskip
-A la règle précédente échappent les cas très particuliers qui
+A la règle précédente échappent les cas très particuliers qui
suivent:
\primo Le cas de $m = p^{\nu} = 9$, $= 25$;
-\secundo Le cas de $m = p^{\nu} = 4$ et généralement celui où, $a^{\alpha}$~étant un
+\secundo Le cas de $m = p^{\nu} = 4$ et généralement celui où, $a^{\alpha}$~étant un
diviseur de $\dfrac{p^{\nu} - 1}{p - 1}$, on aurait $a$ premier, et
\[
\frac{p^{\nu} - 1}{a^{\alpha} (p - 1)} \nu = p\ (\mod a^{\alpha}).
\]
-Ces cas s'écartent toutefois fort peu de la règle générale.
+Ces cas s'écartent toutefois fort peu de la règle générale.
-Quand $m = 9$, $= 25$, l'équation devra être du genre de celles
-qui déterminent la trisection et la quintisection des fonctions
+Quand $m = 9$, $= 25$, l'équation devra être du genre de celles
+qui déterminent la trisection et la quintisection des fonctions
elliptiques.
%% -----File: 020.png---Folio 12-------
Dans le second cas, il faudra toujours que, deux des racines
-étant connues, les autres s'en déduisent, du moins au moyen d'un
-nombre de radicaux, du degré~$p$, égal au nombre des diviseurs~$a^{\alpha}$
+étant connues, les autres s'en déduisent, du moins au moyen d'un
+nombre de radicaux, du degré~$p$, égal au nombre des diviseurs~$a^{\alpha}$
de~$\dfrac{p^{\nu} - 1}{p - 1}$, qui sont tels que
\[
\frac{p^{\nu} - 1}{a^{\alpha}(p - 1)} \nu = p\ (\mod a^{\alpha}), \quad\text{$\alpha$ premier}.
\]
-Toutes ces propositions ont été déduites de la théorie des permutations.
+Toutes ces propositions ont été déduites de la théorie des permutations.
-Voici d'autres résultats qui découlent de ma théorie.
+Voici d'autres résultats qui découlent de ma théorie.
\primo Soit $k$ le module d'une fonction elliptique, $p$~un nombre
-premier donné~$> 3$; pour que l'équation du degré~$p + 1$, qui
-donne les divers modules des fonctions transformées relativement
-au nombre $p$, soit résoluble par radicaux, \emph{il faut} de deux choses
+premier donné~$> 3$; pour que l'équation du degré~$p + 1$, qui
+donne les divers modules des fonctions transformées relativement
+au nombre $p$, soit résoluble par radicaux, \emph{il faut} de deux choses
l'une: ou bien qu'une des racines soit rationnellement connue,
ou bien que toutes soient des fonctions rationnelles les unes des
-autres. Il ne s'agit ici, bien entendu, que des valeurs particulières
-du module $k$. Il est évident que la chose n'a pas lieu en général.
-Cette règle n'a pas lieu pour $p = 5$.
-
-\secundo Il est remarquable que l'équation modulaire générale du
-sixième degré, correspondant au nombre 5, peut s'abaisser à une
-du cinquième degré dont elle est la réduite. Au contraire, pour
-des degrés supérieurs, les équations modulaires ne peuvent s'abaisser\footnotemark.
-
-\footnotetext{Cette assertion n'est pas tout à fait exacte, comme Galois en avertit lui-même
- dans sa Lettre à M.~Auguste Chevalier, qu'on trouve plus bas. Il dit en général,
- au sujet de l'article que nous reproduisons ici: «La condition que j'ai indiquée
- dans le \Title{Bulletin de Férussac}, pour la solubilité par radicaux, est trop
- restreinte; il y a peu d'exceptions, mais il y en a.» Quant aux équations modulaires
- en particulier, il déclare l'abaissement du degré~$p + 1$ au degré~$p$ possible, non
+autres. Il ne s'agit ici, bien entendu, que des valeurs particulières
+du module $k$. Il est évident que la chose n'a pas lieu en général.
+Cette règle n'a pas lieu pour $p = 5$.
+
+\secundo Il est remarquable que l'équation modulaire générale du
+sixième degré, correspondant au nombre 5, peut s'abaisser à une
+du cinquième degré dont elle est la réduite. Au contraire, pour
+des degrés supérieurs, les équations modulaires ne peuvent s'abaisser\footnotemark.
+
+\footnotetext{Cette assertion n'est pas tout à fait exacte, comme Galois en avertit lui-même
+ dans sa Lettre à M.~Auguste Chevalier, qu'on trouve plus bas. Il dit en général,
+ au sujet de l'article que nous reproduisons ici: «La condition que j'ai indiquée
+ dans le \Title{Bulletin de Férussac}, pour la solubilité par radicaux, est trop
+ restreinte; il y a peu d'exceptions, mais il y en a.» Quant aux équations modulaires
+ en particulier, il déclare l'abaissement du degré~$p + 1$ au degré~$p$ possible, non
seulement pour $p = 5$, mais encore pour $p = 7$ et $p = 11$; mais il en maintient
- l'impossibilité pour $p > 11$. \Annot{(J.~Liouville.)}}
+ l'impossibilité pour $p > 11$. \Annot{(J.~Liouville.)}}
%% -----File: 021.png---Folio 13-------
-\Article{NOTE}{SUR LA}{RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS NUMÉRIQUES\footnotemark.}
+\Article{NOTE}{SUR LA}{RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS NUMÉRIQUES\footnotemark.}
-\footnotetext{\Title{Bulletin des Sciences mathématiques} de M.~Férussac, t.~XIII, p.~413
- (année 1830, cahier de juin). \Annot{(J.~Liouville.)}}
+\footnotetext{\Title{Bulletin des Sciences mathématiques} de M.~Férussac, t.~XIII, p.~413
+ (année 1830, cahier de juin). \Annot{(J.~Liouville.)}}
-M.~Legendre a le premier remarqué que, lorsqu'une équation
-algébrique était mise sous la forme
+M.~Legendre a le premier remarqué que, lorsqu'une équation
+algébrique était mise sous la forme
\[
\phi x = x,
\]
-où $\phi x$ est une fonction de~$x$ qui croît constamment en même
-temps que~$x$, il était facile de trouver la racine de cette équation
-immédiatement plus petite qu'un nombre donné~$a$, si $\phi a < a$, et
-la racine immédiatement plus grande que~$a$, si $\phi a > a$.
+où $\phi x$ est une fonction de~$x$ qui croît constamment en même
+temps que~$x$, il était facile de trouver la racine de cette équation
+immédiatement plus petite qu'un nombre donné~$a$, si $\phi a < a$, et
+la racine immédiatement plus grande que~$a$, si $\phi a > a$.
-Pour le démontrer, on construit la courbe $y = \phi x$ et la droite
+Pour le démontrer, on construit la courbe $y = \phi x$ et la droite
$y = x$. Soit prise une abscisse $= a$, et supposons, pour fixer les
-idées, $\phi a > a$, je dis qu'il sera aisé d'obtenir la racine immédiatement
-supérieure à $a$. En effet, les racines de l'équation $\phi x = x$
+idées, $\phi a > a$, je dis qu'il sera aisé d'obtenir la racine immédiatement
+supérieure à $a$. En effet, les racines de l'équation $\phi x = x$
ne sont que les abscisses des points d'intersection de la droite et
de la courbe, et il est clair que l'on s'approchera du point le plus
-voisin d'intersection en substituant à l'abscisse $a$ l'abscisse $\phi a$.
-On aura une valeur plus approchée encore en prenant $\phi\phi a$,
+voisin d'intersection en substituant à l'abscisse $a$ l'abscisse $\phi a$.
+On aura une valeur plus approchée encore en prenant $\phi\phi a$,
puis $\phi\phi\phi a$, et ainsi de suite.
-Soit $Fx = 0$ une équation donnée du degré $n$, et $Fx = X - Y$,
+Soit $Fx = 0$ une équation donnée du degré $n$, et $Fx = X - Y$,
$X$~et~$Y$ n'ayant que des termes positifs. Legendre met successivement
-l'équation sous ces deux formes:
+l'équation sous ces deux formes:
\[
x = \phi x = \sqrt[n]{\frac{X}{\left(\dfrac{Y}{x^{n}}\right)}}, \qquad
x = \psi x = \sqrt[n]{\frac{X}{\left(\dfrac{x^{n}}{Y}\right)}};
\]
les deux fonctions $\phi x$ et $\psi x$ sont toujours, comme on voit, l'une
-plus grande, l'autre plus petite que $x$. Ainsi, à l'aide de ces deux
-fonctions, on pourra avoir les deux racines de l'équation les plus
-approchées d'un nombre donné $a$, l'une en plus et l'autre en
+plus grande, l'autre plus petite que $x$. Ainsi, à l'aide de ces deux
+fonctions, on pourra avoir les deux racines de l'équation les plus
+approchées d'un nombre donné $a$, l'une en plus et l'autre en
moins.
%% -----File: 022.png---Folio 14-------
-Mais cette méthode a l'inconvénient d'exiger, à chaque opération,
-l'extraction d'une racine~$n^{\text{ième}}$. Voici deux formes plus commodes.
+Mais cette méthode a l'inconvénient d'exiger, à chaque opération,
+l'extraction d'une racine~$n^{\text{ième}}$. Voici deux formes plus commodes.
Cherchons un nombre~$k$ tel que la fonction
\[
x + \frac{Fx}{kx^{n}}
\]
croisse avec~$x$, quand $x > 1$. (Il suffit, en effet, de savoir trouver
-les racines d'une équation qui sont plus grandes que l'unité.)
+les racines d'une équation qui sont plus grandes que l'unité.)
-Nous aurons, pour la condition proposée,
+Nous aurons, pour la condition proposée,
\[
1 + \frac{d\dfrac{X - Y}{kx^{n}}}{dx} > 0, \quad\text{ou bien}\quad
1 - \frac{nX - xX'}{kx^{n+1}} + \frac{nY - xY'}{kx^{n+1}} > 0;
@@ -1399,149 +1401,149 @@ il suffit donc de poser
\frac{nX - xX'}{kx^{n+1}} < 1 \quad\text{pour}\quad x > 1,
\]
et il suffit, pour cela, de prendre pour $k$ la valeur de la fonction
-$nX - xX'$, relative à $x = 1$.
+$nX - xX'$, relative à $x = 1$.
-On trouvera de même un nombre~$h$ tel que la fonction
+On trouvera de même un nombre~$h$ tel que la fonction
\[
x - \frac{Fx}{hx^{n}}
\]
-croîtra avec~$x$, quand $x$~sera $> 1$, en changeant $Y$~en~$X$.
+croîtra avec~$x$, quand $x$~sera $> 1$, en changeant $Y$~en~$X$.
-Ainsi, l'équation donnée pourra se mettre sous l'une des formes
+Ainsi, l'équation donnée pourra se mettre sous l'une des formes
\[
x = x + \frac{Fx}{kx^{n}}, \qquad
x = x - \frac{Fx}{hx^{n}},
\]
-qui sont toutes deux rationnelles et donnent pour la résolution
-une méthode facile.
+qui sont toutes deux rationnelles et donnent pour la résolution
+une méthode facile.
%% -----File: 023.png---Folio 15-------
-\Article{}{SUR}{LA THÉORIE DES NOMBRES\footnotemark.}
+\Article{}{SUR}{LA THÉORIE DES NOMBRES\footnotemark.}
-\footnotetext{\Title{Bulletin des Sciences mathématiques} de M.~Férussac, t.~XIII, p.~438
- (année 1830, cahier de juin); avec la note suivante: «Ce Mémoire fait partie
- des recherches de M.~Galois sur la théorie des permutations et des équations
- algébriques.» \Annot{(J.~Liouville.)}}
+\footnotetext{\Title{Bulletin des Sciences mathématiques} de M.~Férussac, t.~XIII, p.~438
+ (année 1830, cahier de juin); avec la note suivante: «Ce Mémoire fait partie
+ des recherches de M.~Galois sur la théorie des permutations et des équations
+ algébriques.» \Annot{(J.~Liouville.)}}
-Quand on convient de regarder comme nulles toutes les quantités
-qui, dans les calculs algébriques, se trouvent multipliées par
-un nombre premier donné~$p$, et qu'on cherche, dans cette convention,
-les solutions d'une équation algébrique $Fx = 0$, ce que
-M.~Gauss désigne par la notation $Fx \equiv 0$, on n'a coutume de
-considérer que les solutions entières de ces sortes de questions.
-Ayant été conduit par des recherches particulières à considérer
-les solutions incommensurables, je suis parvenu à quelques résultats
+Quand on convient de regarder comme nulles toutes les quantités
+qui, dans les calculs algébriques, se trouvent multipliées par
+un nombre premier donné~$p$, et qu'on cherche, dans cette convention,
+les solutions d'une équation algébrique $Fx = 0$, ce que
+M.~Gauss désigne par la notation $Fx \equiv 0$, on n'a coutume de
+considérer que les solutions entières de ces sortes de questions.
+Ayant été conduit par des recherches particulières à considérer
+les solutions incommensurables, je suis parvenu à quelques résultats
que je crois nouveaux.
-Soit une pareille équation ou congruence, $Fx = 0$, et $p$~le module.
-Supposons d'abord, pour plus de simplicité, que la congruence
+Soit une pareille équation ou congruence, $Fx = 0$, et $p$~le module.
+Supposons d'abord, pour plus de simplicité, que la congruence
en question n'admette aucun facteur commensurable,
-c'est-à-dire qu'on ne puisse pas trouver trois fonctions $\phi x$, $\psi x$,
+c'est-à-dire qu'on ne puisse pas trouver trois fonctions $\phi x$, $\psi x$,
$\chi x$ telles que
\[
-\phi x · \psi x = Fx + p · \chi x.
+\phi x · \psi x = Fx + p · \chi x.
\]
-Dans ce cas, la congruence n'admettra donc aucune racine entière,
-ni même aucune racine incommensurable de degré inférieur.
+Dans ce cas, la congruence n'admettra donc aucune racine entière,
+ni même aucune racine incommensurable de degré inférieur.
Il faut donc regarder les racines de cette congruence comme
-des espèces de symboles imaginaires, puisqu'elles ne satisfont pas
+des espèces de symboles imaginaires, puisqu'elles ne satisfont pas
aux questions des nombres entiers, symboles dont l'emploi, dans
le calcul, sera souvent aussi utile que celui de l'imaginaire~$\sqrt{-1}$
dans l'analyse ordinaire.
-C'est la classification de ces imaginaires, et leur réduction au
+C'est la classification de ces imaginaires, et leur réduction au
plus petit nombre possible, qui va nous occuper.
Appelons $i$ l'une des racines de la congruence $Fx = 0$, que
-nous supposerons du degré~$\nu$.
+nous supposerons du degré~$\nu$.
-Considérons l'expression générale
+Considérons l'expression générale
\[
\Tag{(A)}
a + a_{1} i + a_{2} i^{2} + \dots + a_{\nu-1} i^{\nu-1},
\]
%% -----File: 024.png---Folio 16-------
-où $a$,~$a_{1}$, $a_{2}$,~\dots, $a_{\nu-1}$ représentent des nombres entiers. En donnant
-à ces nombres toutes les valeurs, l'expression~\Eq{(A)} en
+où $a$,~$a_{1}$, $a_{2}$,~\dots, $a_{\nu-1}$ représentent des nombres entiers. En donnant
+à ces nombres toutes les valeurs, l'expression~\Eq{(A)} en
acquiert $p^{\nu}$, qui jouissent, ainsi que je vais le faire voir, des
-mêmes propriétés que les nombres naturels dans la \emph{théorie des
-résidus des puissances}.
+mêmes propriétés que les nombres naturels dans la \emph{théorie des
+résidus des puissances}.
-Ne prenons des expressions~\Eq{(A)} que les $p^{\nu} - 1$ valeurs où $a$,
+Ne prenons des expressions~\Eq{(A)} que les $p^{\nu} - 1$ valeurs où $a$,
$a_{1}$, $a_{2}$,~\dots, $a_{\nu-1}$ ne sont pas toutes nulles: soit $\alpha$ l'une de ces
expressions.
-Si l'on élève successivement $\alpha$ aux puissances $2$\ieme, $3$\ieme,~\dots, on
-aura une suite de quantités de même forme [parce que toute
-fonction de~$i$ peut se réduire au $(\nu - 1)^\text{ième}$~degré]. Donc on devra
-avoir $\alpha^{n} = 1$, $n$~étant un certain nombre; soit $n$ le plus petit
+Si l'on élève successivement $\alpha$ aux puissances $2$\ieme, $3$\ieme,~\dots, on
+aura une suite de quantités de même forme [parce que toute
+fonction de~$i$ peut se réduire au $(\nu - 1)^\text{ième}$~degré]. Donc on devra
+avoir $\alpha^{n} = 1$, $n$~étant un certain nombre; soit $n$ le plus petit
nombre qui soit tel que l'on ait $\alpha^{n} = 1$. On aura un ensemble
-de $n$~expressions, toutes différentes entre elles,
+de $n$~expressions, toutes différentes entre elles,
\[
1,\ \alpha,\ \alpha^{2},\ \alpha^{3},\ \dots,\ \alpha^{n-1}.
\]
-Multiplions ces $n$~quantités par une autre expression~$\beta$ de la même
-forme. Nous obtiendrons encore un nouveau groupe de quantités
-toutes différentes des premières et différentes entre elles. Si les
-quantités~\Eq{(A)} ne sont pas épuisées, on multipliera encore les
+Multiplions ces $n$~quantités par une autre expression~$\beta$ de la même
+forme. Nous obtiendrons encore un nouveau groupe de quantités
+toutes différentes des premières et différentes entre elles. Si les
+quantités~\Eq{(A)} ne sont pas épuisées, on multipliera encore les
puissances de~$\alpha$ par une nouvelle expression~$\gamma$, et ainsi de suite.
-On voit donc que le nombre $n$ divisera nécessairement le nombre
-total des quantités~\Eq{(A)}. Ce nombre étant $p^{\nu} - 1$, on voit que $n$
-divise $p^{\nu} - 1$. De là suit encore que l'on aura
+On voit donc que le nombre $n$ divisera nécessairement le nombre
+total des quantités~\Eq{(A)}. Ce nombre étant $p^{\nu} - 1$, on voit que $n$
+divise $p^{\nu} - 1$. De là suit encore que l'on aura
\[
\alpha^{p^{\nu}-1}\! = 1, \quad\text{ou bien}\quad
\alpha^{p^{\nu}}\! = \alpha.
\]
-Ensuite on prouvera, comme dans la théorie des nombres, qu'il
-y a des racines primitives $\alpha$ pour lesquelles on ait précisément
-$p^{\nu} - 1 = n$, et qui reproduisent par conséquent, par l'élévation
+Ensuite on prouvera, comme dans la théorie des nombres, qu'il
+y a des racines primitives $\alpha$ pour lesquelles on ait précisément
+$p^{\nu} - 1 = n$, et qui reproduisent par conséquent, par l'élévation
aux puissances, toute la suite des autres racines.
-Et l'une quelconque de ces racines primitives ne dépendra que
-d'une congruence du degré~$\nu$, congruence \emph{irréductible}, sans quoi
-l'équation en~$i$ ne le serait pas non plus, parce que les racines de
+Et l'une quelconque de ces racines primitives ne dépendra que
+d'une congruence du degré~$\nu$, congruence \emph{irréductible}, sans quoi
+l'équation en~$i$ ne le serait pas non plus, parce que les racines de
la congruence en $i$ sont toutes des puissances de la racine primitive.
-On voit ici cette conséquence remarquable que toutes les quantités
-algébriques qui peuvent se présenter dans la théorie sont
-racines d'équations de la forme
+On voit ici cette conséquence remarquable que toutes les quantités
+algébriques qui peuvent se présenter dans la théorie sont
+racines d'équations de la forme
\[
x^{p^{\nu}}\! = x.
\]
%% -----File: 025.png---Folio 17-------
-Cette proposition, énoncée algébriquement, est celle-ci: Étant
-donnés une fonction~$Fx$ et un nombre premier~$p$, on peut poser
+Cette proposition, énoncée algébriquement, est celle-ci: Étant
+donnés une fonction~$Fx$ et un nombre premier~$p$, on peut poser
\[
-fx · Fx = x^{p^{\nu}}\! - x + p \phi x,
+fx · Fx = x^{p^{\nu}}\! - x + p \phi x,
\]
-$fx$ et $\phi x$ étant des fonctions entières, toutes les fois que la congruence
-$Fx = 0\ (\mod p)$ sera irréductible.
+$fx$ et $\phi x$ étant des fonctions entières, toutes les fois que la congruence
+$Fx = 0\ (\mod p)$ sera irréductible.
Si l'on veut avoir toutes les racines d'une pareille congruence
-au moyen d'une seule, il suffit d'observer que l'on a généralement
+au moyen d'une seule, il suffit d'observer que l'on a généralement
\[
(Fx)^{p^{n}}\! = F(x^{p^{n}})
\]
-et que, par conséquent, l'une des racines étant~$x$, les autres
+et que, par conséquent, l'une des racines étant~$x$, les autres
seront
\[
x^{p},\ x^{p^{2}}\!,\ \dots,\ x^{p^{\nu-1}}\footnotemark.
\]
-\footnotetext{De ce que les racines de la congruence irréductible de degré~$\nu$
+\footnotetext{De ce que les racines de la congruence irréductible de degré~$\nu$
\[
Fx = 0
\]
-sont exprimées par la suite
+sont exprimées par la suite
\[
x,\ x^{p},\ x^{p^{2}}\!,\ \dots, x^{p^{\nu-1}}\!,
\]
-on aurait tort de conclure que ces racines soient toujours des quantités exprimables
+on aurait tort de conclure que ces racines soient toujours des quantités exprimables
par radicaux. Voici un exemple du contraire:
-La congruence irréductible
+La congruence irréductible
\[
x^{2} + x + 1 = 0\ (\mod 2)
\]
@@ -1549,30 +1551,30 @@ donne
\[
x = \frac{-1 + \sqrt{-3}}{2},
\]
-qui se réduit à
+qui se réduit à
\[
\frac{0}{0}\ (\mod 2),
\]
formule qui n'apprend rien.}
-Il s'agit maintenant de faire voir que, réciproquement à ce que
-nous venons de dire, les racines de l'équation ou de la congruence
-$x^{p^{\nu}}\! = x$ dépendront toutes d'une seule congruence du degré~$\nu$.
+Il s'agit maintenant de faire voir que, réciproquement à ce que
+nous venons de dire, les racines de l'équation ou de la congruence
+$x^{p^{\nu}}\! = x$ dépendront toutes d'une seule congruence du degré~$\nu$.
-Soit en effet $i$ une racine d'une congruence irréductible et telle
+Soit en effet $i$ une racine d'une congruence irréductible et telle
que toutes les racines de la congruence $x^{p^{\nu}}\! = x$ soient fonctions
-rationnelles de~$i$ (Il est clair qu'ici, comme dans les équations
-ordinaires, cette propriété a lieu)\footnotemark.
-\footnotetext{La proposition générale dont il s'agit ici peut s'énoncer ainsi: Étant donnée
- une équation algébrique, on pourra trouver une fonction rationnelle~$\theta$ de
- toutes ses racines, de telle sorte que, réciproquement, chacune des racines s'exprime
- rationnellement en~$\theta$. Ce théorème était connu d'Abel, ainsi qu'on peut le
- voir par la première Partie du Mémoire que ce célèbre géomètre a laissé sur les
+rationnelles de~$i$ (Il est clair qu'ici, comme dans les équations
+ordinaires, cette propriété a lieu)\footnotemark.
+\footnotetext{La proposition générale dont il s'agit ici peut s'énoncer ainsi: Étant donnée
+ une équation algébrique, on pourra trouver une fonction rationnelle~$\theta$ de
+ toutes ses racines, de telle sorte que, réciproquement, chacune des racines s'exprime
+ rationnellement en~$\theta$. Ce théorème était connu d'Abel, ainsi qu'on peut le
+ voir par la première Partie du Mémoire que ce célèbre géomètre a laissé sur les
fonctions elliptiques.}
%% -----File: 026.png---Folio 18-------
-Il est d'abord évident que le degré~$\mu$ de la congruence en~$i$ ne
-saurait être plus petit que~$\nu$, sans quoi la congruence
+Il est d'abord évident que le degré~$\mu$ de la congruence en~$i$ ne
+saurait être plus petit que~$\nu$, sans quoi la congruence
\[
\Tag{(\nu)}
x^{p^{\nu-1}}\! - 1 = 0
@@ -1582,53 +1584,53 @@ aurait toutes ses racines communes avec la congruence
x^{p^{\mu-1}}\! - 1 = 0,
\]
ce qui est absurde, puisque la congruence~\Eq{(\nu)} n'a pas de racines
-égales, comme on le voit en prenant la dérivée du premier
-membre. Je dis maintenant que $\mu$ ne peut non plus être~$> \nu$.
+égales, comme on le voit en prenant la dérivée du premier
+membre. Je dis maintenant que $\mu$ ne peut non plus être~$> \nu$.
-En effet, s'il en était ainsi, toutes les racines de la congruence
+En effet, s'il en était ainsi, toutes les racines de la congruence
\[
x^{p^{\mu}}\! = x
\]
-devraient dépendre rationnellement de celles de la congruence
+devraient dépendre rationnellement de celles de la congruence
\[
x^{p^{\nu}}\! = x.
\]
-Mais il est aisé de voir que, si l'on a
+Mais il est aisé de voir que, si l'on a
\[
i^{p^{\nu}}\! = i,
\]
toute fonction rationnelle $h = fi$ donnera encore
\[
-(fi)^{p^{\nu}}\! = f (i^{p^{\nu}}) = fi, \quad\text{d'où}\quad
+(fi)^{p^{\nu}}\! = f (i^{p^{\nu}}) = fi, \quad\text{d'où}\quad
h^{p^{\nu}}\! = h.
\]
Donc toutes les racines de la congruence $x^{p^{\mu}}\! = x$ lui seraient
-communes avec l'équation $x^{p^{\nu}}\! = x$, ce qui est absurde.
+communes avec l'équation $x^{p^{\nu}}\! = x$, ce qui est absurde.
-Nous savons donc enfin que toutes les racines de l'équation ou
-congruence $x^{p^{\nu}}\! = x$ dépendent nécessairement d'une \emph{seule} congruence
-\emph{irréductible} de degré~$\nu$.
+Nous savons donc enfin que toutes les racines de l'équation ou
+congruence $x^{p^{\nu}}\! = x$ dépendent nécessairement d'une \emph{seule} congruence
+\emph{irréductible} de degré~$\nu$.
-Maintenant, pour avoir cette congruence irréductible d'où
-dépendent les racines de la congruence $x^{p^{\nu}}\! = x$, la méthode la
-plus générale sera de délivrer d'abord cette congruence de tous
+Maintenant, pour avoir cette congruence irréductible d'où
+dépendent les racines de la congruence $x^{p^{\nu}}\! = x$, la méthode la
+plus générale sera de délivrer d'abord cette congruence de tous
les facteurs communs qu'elle pourrait avoir avec des congruences
-de degré inférieur et de la forme
+de degré inférieur et de la forme
\[
x^{p^{\mu}}\! = x.
\]
On obtiendra ainsi une congruence qui devra se partager en
-congruences irréductibles de degré~$\nu$. Et, comme on sait exprimer
-toutes les racines de chacune de ces congruences irréductibles au
+congruences irréductibles de degré~$\nu$. Et, comme on sait exprimer
+toutes les racines de chacune de ces congruences irréductibles au
%% -----File: 027.png---Folio 19-------
-moyen d'une seule, il sera aisé de les obtenir toutes par la méthode
+moyen d'une seule, il sera aisé de les obtenir toutes par la méthode
de M.~Gauss.
-Le plus souvent, cependant, il sera aisé de trouver par le tâtonnement
-une congruence irréductible d'un degré donné~$\nu$, et l'on
-doit en déduire toutes les autres.
+Le plus souvent, cependant, il sera aisé de trouver par le tâtonnement
+une congruence irréductible d'un degré donné~$\nu$, et l'on
+doit en déduire toutes les autres.
Soient, pour exemple, $p = 7$, $\nu = 3$. Cherchons les racines de
la congruence
@@ -1641,8 +1643,8 @@ J'observe que la congruence
\Tag{(2)}
i^{3} = 2\ (\mod 7)
\]
-étant irréductible, et du degré~$3$, toutes les racines de la congruence~\Eq{(1)}
-dépendent rationnellement de celles de la congruence~\Eq{(2)},
+étant irréductible, et du degré~$3$, toutes les racines de la congruence~\Eq{(1)}
+dépendent rationnellement de celles de la congruence~\Eq{(2)},
en sorte que toutes les racines de~\Eq{(1)} sont de la
forme
\[
@@ -1651,12 +1653,12 @@ a + a_{1} i + a_{2} i^{2} \quad\text{ou bien}\quad
a + a_{1} \sqrt[3]{2} + a_{2} \sqrt[3]{4}.
\]
-Il faut maintenant trouver une racine primitive, c'est-à-dire une
-forme de l'expression~\Eq{(3)} qui, élevée à toutes les puissances,
+Il faut maintenant trouver une racine primitive, c'est-à-dire une
+forme de l'expression~\Eq{(3)} qui, élevée à toutes les puissances,
donne toutes les racines de la congruence
\[
x^{7^{3}-1} = 1, \quad\text{savoir}\quad
-x^{2^{1} · 3^{2} · 19} = 1\ (\mod 7),
+x^{2^{1} · 3^{2} · 19} = 1\ (\mod 7),
\]
et nous n'avons besoin pour cela, que d'avoir une racine primitive
de chaque congruence
@@ -1666,50 +1668,50 @@ x^{3^{2}} = 1,\qquad
x^{19} = 1.
\]
-La racine primitive de la première est~$-1$; celles de $x^{3^{2}} - 1 = 0$
-sont données par les équations
+La racine primitive de la première est~$-1$; celles de $x^{3^{2}} - 1 = 0$
+sont données par les équations
\[
x^{3} = 2,\qquad
x^{3} = 4,
\]
en sorte que $i$ est une racine primitive de $x^{3^{2}} = 1$.
-Il ne reste qu'à trouver une racine de $x^{19} - 1 = 0$, ou plutôt de
+Il ne reste qu'à trouver une racine de $x^{19} - 1 = 0$, ou plutôt de
\[
\frac{x^{19} - 1}{x - 1} = 0,
\]
-et essayons pour cela si l'on ne peut pas satisfaire à la question
+et essayons pour cela si l'on ne peut pas satisfaire à la question
%% -----File: 028.png---Folio 20-------
en posant simplement $x = a + a_{1} i$, au lieu de $a + a_{1} i + a_{2} i^{2}$;
nous devrons avoir
\[
(a + a_{1} i)^{19} = 1,
\]
-ce qui, en développant par la formule de Newton, et réduisant les
+ce qui, en développant par la formule de Newton, et réduisant les
puissances de~$a$, de~$a_{1}$ et de~$i$, par les formules
\[
a^{m(p-1)} = 1, \qquad
a_{1}^{m(p-1)} = 1, \qquad
i^{3} = 2,
\]
-se réduit à
+se réduit à
\[
3 \bigl[a - a^{4} a_{1}^{3} + (a^{5} a_{1}^{2} + a^{2} a_{1}^{5}) i^{2} \bigr] = 1,
\]
-d'où, en séparant,
+d'où, en séparant,
\[
3a - 3a^{4} a_{1}^{3} = 1, \qquad
a^{5} a_{1}^{2} + a^{2} a_{1}^{5} = 0.
\]
-Ces deux dernières équations sont satisfaites en posant $a = -1$,
+Ces deux dernières équations sont satisfaites en posant $a = -1$,
$a_{1} = 1$. Donc
\[
-1 + i
\]
-est une racine primitive de $x^{19} = 1$. Nous avons trouvé plus haut,
+est une racine primitive de $x^{19} = 1$. Nous avons trouvé plus haut,
pour racines primitives de $x^{2} = 1$ et de $x^{3^{2}} = 1$, les valeurs $-1$
-et~$i$; il ne reste plus qu'à multiplier entre elles les trois quantités
+et~$i$; il ne reste plus qu'à multiplier entre elles les trois quantités
\[
-1,\quad i,\quad -1 + i,
\]
@@ -1718,16 +1720,16 @@ et le produit $i - i^{2}$ sera une racine primitive de la congruence
x^{7^{3} - 1} = 1.
\]
-Donc ici l'expression $i - i^{2}$ jouit de la propriété que, en l'élevant
-à toutes les puissances, on obtiendra $7^{3} - 1$ expressions différentes
+Donc ici l'expression $i - i^{2}$ jouit de la propriété que, en l'élevant
+à toutes les puissances, on obtiendra $7^{3} - 1$ expressions différentes
et de la forme
\[
a + a_{1} i + a_{2} i^{2}.
\]
-Si nous voulons avoir la congruence de moindre degré d'où
-dépend notre racine primitive, il faut éliminer~$i$ entre les deux
-équations
+Si nous voulons avoir la congruence de moindre degré d'où
+dépend notre racine primitive, il faut éliminer~$i$ entre les deux
+équations
\[
i^{3} = 2, \qquad
\alpha = i - i^{2}.
@@ -1738,7 +1740,7 @@ On obtient ainsi
\]
Il sera convenable de prendre pour base des imaginaires et de
-représenter par~$i$ la racine de cette équation, en sorte que
+représenter par~$i$ la racine de cette équation, en sorte que
\[
\Tag{(i)}
i^{3} - i + 2 = 0,
@@ -1748,61 +1750,61 @@ et l'on aura toutes les imaginaires de la forme
\[
a + a_{1} i + a_{2} i^{2},
\]
-en élevant $i$ à toutes les puissances et réduisant par l'équation~\Eq{(i)}.
+en élevant $i$ à toutes les puissances et réduisant par l'équation~\Eq{(i)}.
-Le principal avantage de la nouvelle théorie que nous venons
-d'exposer est de ramener les congruences à la propriété (si utile
-dans les équations ordinaires), d'admettre précisément autant de
-racines qu'il y a d'unités dans l'ordre de leur degré.
+Le principal avantage de la nouvelle théorie que nous venons
+d'exposer est de ramener les congruences à la propriété (si utile
+dans les équations ordinaires), d'admettre précisément autant de
+racines qu'il y a d'unités dans l'ordre de leur degré.
-La méthode pour avoir toutes ces racines sera très simple. Premièrement,
-on pourra toujours préparer la congruence donnée
-$Fx = 0$ de manière qu'elle n'ait plus de racines égales, ou,
+La méthode pour avoir toutes ces racines sera très simple. Premièrement,
+on pourra toujours préparer la congruence donnée
+$Fx = 0$ de manière qu'elle n'ait plus de racines égales, ou,
en d'autres termes, qu'elle n'ait plus de facteur commun avec
-$F'x = 0$, et le moyen de le faire est évidemment le même que
-pour les équations ordinaires.
+$F'x = 0$, et le moyen de le faire est évidemment le même que
+pour les équations ordinaires.
-Ensuite, pour avoir les solutions entières, il suffira, ainsi que
-M.~Libri paraît en avoir fait le premier la remarque, de chercher
-le plus grand facteur commun à $Fx = 0$ et à $x^{p-1} = 1$.
+Ensuite, pour avoir les solutions entières, il suffira, ainsi que
+M.~Libri paraît en avoir fait le premier la remarque, de chercher
+le plus grand facteur commun à $Fx = 0$ et à $x^{p-1} = 1$.
Si maintenant on veut avoir les solutions imaginaires du second
-degré, on cherchera le plus grand facteur commun à $Fx = 0$
-et à $x^{p^{2}-1}\! = 1$, et, en général, les solutions de l'ordre~$\nu$ seront
-données par le plus grand commun diviseur à $Fx = 0$ et à
+degré, on cherchera le plus grand facteur commun à $Fx = 0$
+et à $x^{p^{2}-1}\! = 1$, et, en général, les solutions de l'ordre~$\nu$ seront
+données par le plus grand commun diviseur à $Fx = 0$ et à
$x^{p^{\nu}-1}\! = 1$.
-C'est surtout dans la théorie des permutations, où l'on a sans
-cesse besoin de varier la forme des indices, que la considération
-des racines imaginaires des congruences paraît indispensable.
-Elle donne un moyen simple et facile de reconnaître dans quel
-cas une équation primitive est soluble par radicaux, comme je
-vais essayer d'en donner en deux mots une idée.
+C'est surtout dans la théorie des permutations, où l'on a sans
+cesse besoin de varier la forme des indices, que la considération
+des racines imaginaires des congruences paraît indispensable.
+Elle donne un moyen simple et facile de reconnaître dans quel
+cas une équation primitive est soluble par radicaux, comme je
+vais essayer d'en donner en deux mots une idée.
-Soit une équation algébrique $fx = 0$, de degré~$p^{\nu}$; supposons
-que les $p^{\nu}$~racines soient désignées par~$x_{k}$, en donnant à l'indice~$k$
-les $p^{\nu}$~valeurs déterminées par la congruence $k^{p^{\nu}}\! =k\ (\mod p)$.
+Soit une équation algébrique $fx = 0$, de degré~$p^{\nu}$; supposons
+que les $p^{\nu}$~racines soient désignées par~$x_{k}$, en donnant à l'indice~$k$
+les $p^{\nu}$~valeurs déterminées par la congruence $k^{p^{\nu}}\! =k\ (\mod p)$.
Prenons une fonction quelconque rationnelle $V$ des $p^{\nu}$ racines $x_{k}$.
-Transformons cette fonction en substituant partout à l'indice~$k$
-l'indice $(ak + b)^{p^{r}}\!$, $a$,~$b$,~$r$ étant des constantes arbitraires satisfaisant
+Transformons cette fonction en substituant partout à l'indice~$k$
+l'indice $(ak + b)^{p^{r}}\!$, $a$,~$b$,~$r$ étant des constantes arbitraires satisfaisant
aux conditions de $a^{p^{\nu}-1}\! = 1$, $b^{p^{\nu}}\! = b\ (\mod p)$ et de $r$~entier.
En donnant aux constantes $a$,~$b$,~$r$ toutes les valeurs dont elles
-sont susceptibles, on obtiendra en tout $p^{\nu}(p^{\nu} - 1)\nu$ manières de
+sont susceptibles, on obtiendra en tout $p^{\nu}(p^{\nu} - 1)\nu$ manières de
%% -----File: 030.png---Folio 22-------
permuter les racines entre elles par des substitutions de la forme
-$[x_{k}, x_{(ak+b)^{p^{r}}}]$, et la fonction~$V$ admettra en général par ces substitutions
-$p^{\nu}(p^{\nu} - 1)\nu$ formes différentes.
+$[x_{k}, x_{(ak+b)^{p^{r}}}]$, et la fonction~$V$ admettra en général par ces substitutions
+$p^{\nu}(p^{\nu} - 1)\nu$ formes différentes.
-Admettons maintenant que l'équation proposée $fx = 0$ soit
+Admettons maintenant que l'équation proposée $fx = 0$ soit
telle que toute fonction des racines, invariable par les $p^{\nu}(p^{\nu} - 1)\nu$
-permutations que nous venons de construire, ait pour cela même
-une valeur numérique rationnelle.
+permutations que nous venons de construire, ait pour cela même
+une valeur numérique rationnelle.
-On remarque que, dans ces circonstances, l'équation $fx = 0$
-sera soluble par radicaux, et, pour parvenir à cette conséquence,
-il suffit d'observer que la valeur substituée à~$k$, dans chaque
+On remarque que, dans ces circonstances, l'équation $fx = 0$
+sera soluble par radicaux, et, pour parvenir à cette conséquence,
+il suffit d'observer que la valeur substituée à~$k$, dans chaque
indice, peut, se mettre sous les trois formes
\[
(ak + b)^{p^{r}}\!
@@ -1811,42 +1813,42 @@ indice, peut, se mettre sous les trois formes
= a' (k+b')^{p^{r}}.
\]
-Les personnes habituées à la théorie des équations le verront
+Les personnes habituées à la théorie des équations le verront
sans peine.
-Cette remarque aurait peu d'importance si je n'étais parvenu à
-démontrer que, réciproquement, une équation primitive ne saurait
-être soluble par radicaux, à moins de satisfaire aux conditions
-que je viens d'énoncer. (J'excepte les équations du neuvième et
-du vingt-cinquième degré.)
+Cette remarque aurait peu d'importance si je n'étais parvenu à
+démontrer que, réciproquement, une équation primitive ne saurait
+être soluble par radicaux, à moins de satisfaire aux conditions
+que je viens d'énoncer. (J'excepte les équations du neuvième et
+du vingt-cinquième degré.)
Ainsi, pour chaque nombre de la forme~$p^{\nu}$, on pourra former
un groupe de permutations tel, que toute fonction des racines
invariable par ces permutations devra admettre une valeur rationnelle
-quand l'équation de degré~$p^{\nu}$ sera primitive et soluble par
+quand l'équation de degré~$p^{\nu}$ sera primitive et soluble par
radicaux.
-D'ailleurs, il n'y a que les équations d'un pareil degré~$p^{\nu}$ qui
-soient à la fois primitives et solubles par radicaux.
+D'ailleurs, il n'y a que les équations d'un pareil degré~$p^{\nu}$ qui
+soient à la fois primitives et solubles par radicaux.
-Le théorème général que je viens d'énoncer précise et développe
-les conditions que j'avais données dans le \Title{Bulletin} du mois
+Le théorème général que je viens d'énoncer précise et développe
+les conditions que j'avais données dans le \Title{Bulletin} du mois
d'avril. Il indique le moyen de former une fonction des racines
-dont la valeur sera rationnelle, toutes les fois que l'équation primitive
-de degré~$p^{\nu}$ sera soluble par radicaux, et mène, par conséquent,
-aux caractères de résolubilité de ces équations, par
+dont la valeur sera rationnelle, toutes les fois que l'équation primitive
+de degré~$p^{\nu}$ sera soluble par radicaux, et mène, par conséquent,
+aux caractères de résolubilité de ces équations, par
des calculs sinon praticables, du moins qui sont possibles en
-théorie.
+théorie.
-Il est à remarquer que, dans le cas où $\nu = 1$, les diverses valeurs
+Il est à remarquer que, dans le cas où $\nu = 1$, les diverses valeurs
de~$k$ ne sont autre chose que la suite des nombres entiers. Les
%% -----File: 031.png---Folio 23-------
substitutions de la forme $(x_{k}, x_{ak+b})$ seront au nombre de~$p(p - 1)$.
-La fonction qui, dans le cas des équations solubles par radicaux,
-doit avoir une valeur rationnelle, dépendra, en général,
-d'une équation de degré $1 · 2 · 3 \dots (p - 2)$, à laquelle il faudra,
-par conséquent, appliquer la méthode des racines rationnelles.
+La fonction qui, dans le cas des équations solubles par radicaux,
+doit avoir une valeur rationnelle, dépendra, en général,
+d'une équation de degré $1 · 2 · 3 \dots (p - 2)$, à laquelle il faudra,
+par conséquent, appliquer la méthode des racines rationnelles.
%% -----File: 032.png---Folio 24-------
%[Blank Page]
%% -----File: 033.png---Folio 25-------
@@ -1856,142 +1858,142 @@ par conséquent, appliquer la méthode des racines rationnelles.
\Letter{Lettre a Auguste Chevalier\footnotemark.}
-\footnotetext{Écrite la veille de la mort de l'auteur. (Insérée en 1832 dans la \Title{Revue encyclopédique},
- numéro de septembre, page~568.) \Annot{(J.~Liouville.)}}
+\footnotetext{Écrite la veille de la mort de l'auteur. (Insérée en 1832 dans la \Title{Revue encyclopédique},
+ numéro de septembre, page~568.) \Annot{(J.~Liouville.)}}
\qquad Mon cher ami,
\medskip
J'ai fait en Analyse plusieurs choses nouvelles.
-Les unes concernent la théorie des équations; les autres, les
-fonctions intégrales.
+Les unes concernent la théorie des équations; les autres, les
+fonctions intégrales.
-Dans la théorie des équations, j'ai recherché dans quels cas les
-équations étaient résolubles par des radicaux, ce qui m'a donné
-occasion d'approfondir cette théorie et de décrire toutes les transformations
-possibles sur une équation, lors même qu'elle n'est
+Dans la théorie des équations, j'ai recherché dans quels cas les
+équations étaient résolubles par des radicaux, ce qui m'a donné
+occasion d'approfondir cette théorie et de décrire toutes les transformations
+possibles sur une équation, lors même qu'elle n'est
pas soluble par radicaux.
-On pourra faire avec tout cela trois Mémoires.
+On pourra faire avec tout cela trois Mémoires.
-Le premier est écrit, et, malgré ce qu'en a dit Poisson, je le
+Le premier est écrit, et, malgré ce qu'en a dit Poisson, je le
maintiens, avec les corrections que j'y ai faites.
\bigskip
Le second contient des applications assez curieuses de la
-théorie des équations. Voici le résumé des choses les plus importantes:
+théorie des équations. Voici le résumé des choses les plus importantes:
-\primo D'après les propositions II~et~III du premier Mémoire, on
-voit une grande différence entre adjoindre à une équation une des
-racines d'une équation auxiliaire ou les adjoindre toutes.
+\primo D'après les propositions II~et~III du premier Mémoire, on
+voit une grande différence entre adjoindre à une équation une des
+racines d'une équation auxiliaire ou les adjoindre toutes.
-Dans les deux cas, le groupe de l'équation se partage par l'adjonction
-en groupes tels, que l'on passe de l'un à l'autre par une
-même substitution; mais la condition que ces groupes aient les
-mêmes substitutions n'a lieu certainement que dans le second
-cas. Cela s'appelle la \emph{décomposition propre}.
+Dans les deux cas, le groupe de l'équation se partage par l'adjonction
+en groupes tels, que l'on passe de l'un à l'autre par une
+même substitution; mais la condition que ces groupes aient les
+mêmes substitutions n'a lieu certainement que dans le second
+cas. Cela s'appelle la \emph{décomposition propre}.
En d'autres termes, quand un groupe~$G$ en contient un autre~$H$,
%% -----File: 034.png---Folio 26-------
le groupe~$G$ peut se partager en groupes, que l'on obtient chacun
-en opérant sur les permutations de~$H$ une même substitution; en
+en opérant sur les permutations de~$H$ une même substitution; en
sorte que
\[
G = H + HS + HS' + \dots.
\]
-Et aussi il peut se diviser en groupes qui ont tous les mêmes substitutions,
+Et aussi il peut se diviser en groupes qui ont tous les mêmes substitutions,
en sorte que
\[
G = H + TH + T'H + \dots.
\]
-Ces deux genres de décompositions ne coïncident pas ordinairement.
-Quand ils coïncident, la décomposition est dite \emph{propre}.
+Ces deux genres de décompositions ne coïncident pas ordinairement.
+Quand ils coïncident, la décomposition est dite \emph{propre}.
-Il est aisé de voir que, quand le groupe d'une équation n'est
-susceptible d'aucune décomposition propre, on aura beau transformer
-cette équation, les groupes des équations transformées
-auront toujours le même nombre de permutations.
+Il est aisé de voir que, quand le groupe d'une équation n'est
+susceptible d'aucune décomposition propre, on aura beau transformer
+cette équation, les groupes des équations transformées
+auront toujours le même nombre de permutations.
-Au contraire, quand le groupe d'une équation est susceptible
-d'une décomposition propre, en sorte qu'il se partage en $M$~groupes
-de $N$~permutations, on pourra résoudre l'équation donnée
-au moyen de deux équations: l'une aura un groupe de $M$~permutations,
+Au contraire, quand le groupe d'une équation est susceptible
+d'une décomposition propre, en sorte qu'il se partage en $M$~groupes
+de $N$~permutations, on pourra résoudre l'équation donnée
+au moyen de deux équations: l'une aura un groupe de $M$~permutations,
l'autre un de $N$~permutations.
-Lors donc qu'on aura épuisé sur le groupe d'une équation tout
-ce qu'il y a de décompositions propres possibles sur ce groupe,
-on arrivera à des groupes qu'on pourra transformer, mais dont
-les permutations seront toujours en même nombre.
+Lors donc qu'on aura épuisé sur le groupe d'une équation tout
+ce qu'il y a de décompositions propres possibles sur ce groupe,
+on arrivera à des groupes qu'on pourra transformer, mais dont
+les permutations seront toujours en même nombre.
Si ces groupes ont chacun un nombre premier de permutations,
-l'équation sera soluble par radicaux; sinon, non.
+l'équation sera soluble par radicaux; sinon, non.
Le plus petit nombre de permutations que puisse avoir un
-groupe indécomposable, quand ce nombre n'est pas premier,
-est $5 · 4 · 3$.
+groupe indécomposable, quand ce nombre n'est pas premier,
+est $5 · 4 · 3$.
-\secundo Les décompositions les plus simples sont celles qui ont lieu
-par la méthode de M.~Gauss.
+\secundo Les décompositions les plus simples sont celles qui ont lieu
+par la méthode de M.~Gauss.
-Comme ces décompositions sont évidentes, même dans la forme
-actuelle du groupe de l'équation, il est inutile de s'arrêter longtemps
+Comme ces décompositions sont évidentes, même dans la forme
+actuelle du groupe de l'équation, il est inutile de s'arrêter longtemps
sur cet objet.
-Quelles décompositions sont praticables sur une équation qui
-ne se simplifie pas par la méthode de M.~Gauss?
+Quelles décompositions sont praticables sur une équation qui
+ne se simplifie pas par la méthode de M.~Gauss?
-J'ai appelé \emph{primitives} les équations qui ne peuvent se simplifier
-par la méthode de M.~Gauss; non que ces équations soient
+J'ai appelé \emph{primitives} les équations qui ne peuvent se simplifier
+par la méthode de M.~Gauss; non que ces équations soient
%% -----File: 035.png---Folio 27-------
-réellement indécomposables, puisqu'elles peuvent même se
-résoudre par radicaux.
+réellement indécomposables, puisqu'elles peuvent même se
+résoudre par radicaux.
-Comme lemme à la théorie des équations primitives solubles
-par radicaux, j'ai mis en juin~1830, dans le \Title{Bulletin de Férussac},
-une analyse sur les imaginaires de la théorie des nombres.
+Comme lemme à la théorie des équations primitives solubles
+par radicaux, j'ai mis en juin~1830, dans le \Title{Bulletin de Férussac},
+une analyse sur les imaginaires de la théorie des nombres.
On trouvera ci-jointe\footnote
- {Galois parle des manuscrits, jusqu'ici inédits, que nous publions. \\
+ {Galois parle des manuscrits, jusqu'ici inédits, que nous publions. \\
\Annot{(J.~Liouville.)}}
-la démonstration des théorèmes suivants:
+la démonstration des théorèmes suivants:
-\primo Pour qu'une équation primitive soit soluble par radicaux,
-elle doit être du degré~$p^{\nu}$, $p$~étant premier.
+\primo Pour qu'une équation primitive soit soluble par radicaux,
+elle doit être du degré~$p^{\nu}$, $p$~étant premier.
-\secundo Toutes les permutations d'une pareille équation sont de la
+\secundo Toutes les permutations d'une pareille équation sont de la
forme
\[
x_{k, l, m\dots} \mid x_{ak+bl+cm+\dots+h,\: a'k+b'l+c'm+\dots+h',\: a''k+\dots\dots},
\]
-$k$,~$l$,~$m$,~\dots\ étant $\nu$~indices, qui, prenant chacun $p$~valeurs, indiquent
+$k$,~$l$,~$m$,~\dots\ étant $\nu$~indices, qui, prenant chacun $p$~valeurs, indiquent
toutes les racines. Les indices sont pris suivant le module~$p$;
-c'est-à-dire que la racine sera la même quand on ajoutera à l'un
+c'est-à-dire que la racine sera la même quand on ajoutera à l'un
des indices un multiple de~$p$.
-Le groupe qu'on obtient en opérant toutes les substitutions de
-cette forme linéaire contient, en tout,
+Le groupe qu'on obtient en opérant toutes les substitutions de
+cette forme linéaire contient, en tout,
\[
p^{\nu} (p^{\nu} - 1) (p^{\nu} - p) \dots (p^{\nu} - p^{\nu-1}) \text{ permutations.}
\]
-Il s'en faut que, dans cette généralité, les équations qui lui
-répondent soient solubles par radicaux.
+Il s'en faut que, dans cette généralité, les équations qui lui
+répondent soient solubles par radicaux.
-La condition que j'ai indiquée dans le \Title{Bulletin de Férussac}
-pour que l'équation soit soluble par radicaux est trop restreinte;
+La condition que j'ai indiquée dans le \Title{Bulletin de Férussac}
+pour que l'équation soit soluble par radicaux est trop restreinte;
il y a peu d'exceptions, mais il y en a.
-La dernière application de la théorie des équations est relative
-aux équations modulaires des fonctions elliptiques.
+La dernière application de la théorie des équations est relative
+aux équations modulaires des fonctions elliptiques.
-On sait que le groupe de l'équation qui a pour racines les sinus
-de l'amplitude des $p^{2} - 1$ divisions d'une période est celui-ci:
+On sait que le groupe de l'équation qui a pour racines les sinus
+de l'amplitude des $p^{2} - 1$ divisions d'une période est celui-ci:
\[
x_{k, l}, \quad x_{ak+bl,\: ck+dl};
\]
-par conséquent l'équation modulaire correspondante aura pour
+par conséquent l'équation modulaire correspondante aura pour
groupe
\[
x_{\efrac{k}{l}}, \quad x_{\efrac{ak+bl}{ck+dl}},
@@ -2001,49 +2003,49 @@ dans laquelle $\dfrac{k}{l}$ peut avoir les $p + 1$~valeurs
\[
\infty,\ 0,\ 1,\ 2,\ \dots,\ p - 1.
\]
-Ainsi, en convenant que $k$ peut être infini, on peut écrire simplement
+Ainsi, en convenant que $k$ peut être infini, on peut écrire simplement
\[
x_{k},\quad x_{\efrac{ak+b}{ck+d}}.
\]
-En donnant à $a$, $b$, $c$, $d$ toutes les valeurs, on obtient
+En donnant à $a$, $b$, $c$, $d$ toutes les valeurs, on obtient
\[
(p+1) p (p-1) \text{ permutations}.
\]
-Or ce groupe se décompose \emph{proprement} en deux groupes,
+Or ce groupe se décompose \emph{proprement} en deux groupes,
dont les substitutions sont
\[
x_{k},\quad x_{\efrac{ak+b}{ck+d}} ,
\]
-$ad - bc$ étant un résidu quadratique de~$p$.
+$ad - bc$ étant un résidu quadratique de~$p$.
-Le groupe ainsi simplifié est de
+Le groupe ainsi simplifié est de
\[
(p + 1) p\, \frac{p - 1}{2} \text{ permutations}.
\]
-Mais il est aisé de voir qu'il n'est plus décomposable proprement,
-à moins que $p = 2$, ou $p = 3$.
+Mais il est aisé de voir qu'il n'est plus décomposable proprement,
+à moins que $p = 2$, ou $p = 3$.
-Ainsi, de quelle manière que l'on transforme l'équation, son
-groupe aura toujours le même nombre de permutations.
+Ainsi, de quelle manière que l'on transforme l'équation, son
+groupe aura toujours le même nombre de permutations.
-Mais il est curieux de savoir si le degré peut s'abaisser.
+Mais il est curieux de savoir si le degré peut s'abaisser.
Et d'abord il ne peut s'abaisser plus bas que~$p$, puisqu'une
-équation de degré moindre que $p$ ne peut avoir~$p$ pour facteur
+équation de degré moindre que $p$ ne peut avoir~$p$ pour facteur
dans le nombre des permutations de son groupe.
-Voyons donc si l'équation de degré~$p + 1$, dont les racines~$x_{k}$
-s'indiquent en donnant à~$k$ toutes les valeurs, y compris l'infini,
+Voyons donc si l'équation de degré~$p + 1$, dont les racines~$x_{k}$
+s'indiquent en donnant à~$k$ toutes les valeurs, y compris l'infini,
et dont le groupe a pour substitutions
\[
x_{k},\quad x_{\efrac{ak+b}{ck+d}},
\]
-$ad - bc$ étant un carré, peut s'abaisser au degré~$p$.
+$ad - bc$ étant un carré, peut s'abaisser au degré~$p$.
-Or il faut pour cela que le groupe se décompose (improprement,
+Or il faut pour cela que le groupe se décompose (improprement,
s'entend) en $p$~groupes de $(p + 1)\dfrac{p - 1}{2}$ permutations
chacun.
%% -----File: 037.png---Folio 29-------
@@ -2056,11 +2058,11 @@ x_{k},\quad x_{m^{2} k}.
\]
Donc si $M$ est la lettre conjointe de~$1$, la lettre conjointe de $m^{2}$
-sera~$m^{2} M$. Quand $M$~est un carré, on aura donc $M^{2} = 1$. Mais
+sera~$m^{2} M$. Quand $M$~est un carré, on aura donc $M^{2} = 1$. Mais
cette simplification ne peut avoir lieu que pour $p = 5$.
Pour $p = 7$ on trouve un groupe de $(p + 1)\dfrac{p - 1}{2}$ permutations,
-où
+où
\[
\infty,\ 1,\ 2,\ 4
\]
@@ -2073,11 +2075,11 @@ Ce groupe a ses substitutions de la forme
\[
x_{k}, \quad x_{a\efrac{k - b}{k - c}},
\]
-$b$ étant la lettre conjointe de~$c$, et $a$~une lettre qui est résidu ou
-non résidu en même temps que~$c$.
+$b$ étant la lettre conjointe de~$c$, et $a$~une lettre qui est résidu ou
+non résidu en même temps que~$c$.
-Pour $p = 11$, les mêmes substitutions auront lieu avec les
-mêmes notations,
+Pour $p = 11$, les mêmes substitutions auront lieu avec les
+mêmes notations,
\[
\infty,\ 1,\ 3,\ 5,\ 5,\ 9
\]
@@ -2086,339 +2088,339 @@ ayant respectivement pour conjointes
0,\ 2,\ 6,\ 8,\ 10,\ 7.
\]
-Ainsi, pour le cas de $p = 5$, $7$, $11$, l'équation modulaire
-s'abaisse au degré~$p$.
+Ainsi, pour le cas de $p = 5$, $7$, $11$, l'équation modulaire
+s'abaisse au degré~$p$.
-En toute rigueur, cette équation n'est pas possible dans les cas
-plus élevés.
+En toute rigueur, cette équation n'est pas possible dans les cas
+plus élevés.
-Le troisième Mémoire concerne les intégrales.
+Le troisième Mémoire concerne les intégrales.
-On sait qu'une somme de termes d'une même fonction elliptique
-se réduit toujours à un seul terme, plus des quantités algébriques
+On sait qu'une somme de termes d'une même fonction elliptique
+se réduit toujours à un seul terme, plus des quantités algébriques
ou logarithmiques.
-Il n'y a pas d'autres fonctions pour lesquelles cette propriété
+Il n'y a pas d'autres fonctions pour lesquelles cette propriété
ait lieu.
-Mais des propriétés absolument semblables y suppléent dans
-toutes les intégrales de fonctions algébriques.
+Mais des propriétés absolument semblables y suppléent dans
+toutes les intégrales de fonctions algébriques.
%% -----File: 038.png---Folio 30-------
-On traite à la fois toutes les intégrales dont la différentielle est
-une fonction de la variable et d'une même fonction irrationnelle
+On traite à la fois toutes les intégrales dont la différentielle est
+une fonction de la variable et d'une même fonction irrationnelle
de la variable, que cette irrationnelle soit ou ne soit pas un radical,
qu'elle s'exprime ou ne s'exprime pas par des radicaux.
-On trouve que le nombre des périodes distinctes de l'intégrale
-la plus générale relative à une irrationnelle donnée est toujours
+On trouve que le nombre des périodes distinctes de l'intégrale
+la plus générale relative à une irrationnelle donnée est toujours
un nombre pair.
-Soit $2n$ ce nombre, on aura le théorème suivant:
+Soit $2n$ ce nombre, on aura le théorème suivant:
-Une somme quelconque de termes se réduit à $n$~termes, plus
-des quantités algébriques et logarithmiques.
+Une somme quelconque de termes se réduit à $n$~termes, plus
+des quantités algébriques et logarithmiques.
-Les fonctions de première espèce sont celles pour lesquelles la
-partie algébrique et logarithmique est nulle.
+Les fonctions de première espèce sont celles pour lesquelles la
+partie algébrique et logarithmique est nulle.
Il y en a $n$~distinctes.
-Les fonctions de seconde espèce sont celles pour lesquelles la
-partie complémentaire est purement algébrique.
+Les fonctions de seconde espèce sont celles pour lesquelles la
+partie complémentaire est purement algébrique.
Il y en a $n$~distinctes.
-On peut supposer que les différentielles des autres fonctions
+On peut supposer que les différentielles des autres fonctions
ne soient jamais infinies qu'une fois pour $x = a$, et, de plus, que
-leur partie complémentaire se réduise à un seul logarithme, $\log P$,
-$P$~étant une quantité algébrique. En désignant par $\prod(x, a)$ ces
-fonctions, on aura le théorème
+leur partie complémentaire se réduise à un seul logarithme, $\log P$,
+$P$~étant une quantité algébrique. En désignant par $\prod(x, a)$ ces
+fonctions, on aura le théorème
\[
-\textstyle \prod(x, a) - \prod(a, x) = \sum \phi a · \psi x,
+\textstyle \prod(x, a) - \prod(a, x) = \sum \phi a · \psi x,
\]
-$\phi a$ et $\psi x$ étant des fonctions de première et de seconde espèce.
+$\phi a$ et $\psi x$ étant des fonctions de première et de seconde espèce.
-On en déduit, en appelant $\prod(a)$ et $\psi$ les périodes de $\prod(x, a)$
-et $\psi x$ relatives à une même révolution de~$x$,
+On en déduit, en appelant $\prod(a)$ et $\psi$ les périodes de $\prod(x, a)$
+et $\psi x$ relatives à une même révolution de~$x$,
\[
-\textstyle \prod(a) = \sum \psi × \phi a.
+\textstyle \prod(a) = \sum \psi × \phi a.
\]
-Ainsi les périodes des fonctions de troisième espèce s'expriment
-toujours en fonction de première et de seconde espèce.
+Ainsi les périodes des fonctions de troisième espèce s'expriment
+toujours en fonction de première et de seconde espèce.
-On peut en déduire aussi des théorèmes analogues au théorème
+On peut en déduire aussi des théorèmes analogues au théorème
de Legendre
\[
FE' + EF' - FF' = \frac{\pi}{2}.
\]
-La réduction des fonctions de troisième espèce à des intégrales
-définies, qui est la plus belle découverte de M.~Jacobi, n'est pas
+La réduction des fonctions de troisième espèce à des intégrales
+définies, qui est la plus belle découverte de M.~Jacobi, n'est pas
praticable, hors le cas des fonctions elliptiques.
-La multiplication des fonctions intégrales par un nombre entier
+La multiplication des fonctions intégrales par un nombre entier
%% -----File: 039.png---Folio 31-------
-est toujours possible, comme l'addition, au moyen d'une équation
-de degré~$n$ dont les racines sont les valeurs à substituer dans
-l'intégrale pour avoir les termes réduits.
+est toujours possible, comme l'addition, au moyen d'une équation
+de degré~$n$ dont les racines sont les valeurs à substituer dans
+l'intégrale pour avoir les termes réduits.
-L'équation qui donne la division des périodes en $p$~parties
-égales est du degré~$p^{2n} - 1$. Son groupe a en tout
+L'équation qui donne la division des périodes en $p$~parties
+égales est du degré~$p^{2n} - 1$. Son groupe a en tout
\[
(p^{2n} - 1)(p^{2n} - p) \dots (p^{2n} - p^{2n-1}) \text{ permutations}.
\]
-L'équation qui donne la division d'une somme de $n$~termes
-en $p$~parties égales est du degré~$p^{2n}$. Elle est soluble par radicaux.
+L'équation qui donne la division d'une somme de $n$~termes
+en $p$~parties égales est du degré~$p^{2n}$. Elle est soluble par radicaux.
\Par{De la transformation.} On peut d'abord, en suivant des raisonnements
-analogues à ceux qu'Abel a consignés dans son dernier
-Mémoire, démontrer que si, dans une même relation entre
-des intégrales, on a les deux fonctions
+analogues à ceux qu'Abel a consignés dans son dernier
+Mémoire, démontrer que si, dans une même relation entre
+des intégrales, on a les deux fonctions
\[
\int \Phi(x, X)\, dx, \quad
\int \Psi(y, Y)\, dy,
\]
-la dernière intégrale ayant $2n$~périodes, il sera permis de supposer
-que $y$~et~$Y$ s'expriment moyennant une seule équation de
-degré~$n$ en fonction de~$x$ et de~$X$.
+la dernière intégrale ayant $2n$~périodes, il sera permis de supposer
+que $y$~et~$Y$ s'expriment moyennant une seule équation de
+degré~$n$ en fonction de~$x$ et de~$X$.
-D'après cela on peut supposer que les transformations aient
-lieu constamment entre deux intégrales seulement, puisqu'on
-aura évidemment, en prenant une fonction quelconque rationnelle
+D'après cela on peut supposer que les transformations aient
+lieu constamment entre deux intégrales seulement, puisqu'on
+aura évidemment, en prenant une fonction quelconque rationnelle
de~$y$ et de~$Y$,
\[
{\textstyle\sum} \int f(y, Y)\, dy
= \int F(x, X)\, dx + \text{ une quant.\ alg.\ et log.}
\]
-Il y aurait sur cette équation des réductions évidentes dans le
-cas où les intégrales de l'un et de l'autre membre n'auraient pas
-toutes deux le même nombre de périodes.
+Il y aurait sur cette équation des réductions évidentes dans le
+cas où les intégrales de l'un et de l'autre membre n'auraient pas
+toutes deux le même nombre de périodes.
-Ainsi nous n'avons à comparer que des intégrales qui aient
-toutes deux le même nombre de périodes.
+Ainsi nous n'avons à comparer que des intégrales qui aient
+toutes deux le même nombre de périodes.
-On démontrera que le plus petit degré d'irrationnalité de deux
-pareilles intégrales ne peut être plus grand pour l'une que pour
+On démontrera que le plus petit degré d'irrationnalité de deux
+pareilles intégrales ne peut être plus grand pour l'une que pour
l'autre.
-On fera voir ensuite qu'on peut toujours transformer une intégrale
-donnée en une autre dans laquelle une période de la première
-soit divisée par le nombre premier~$p$, et les $2n - 1$~autres
-restent les mêmes.
+On fera voir ensuite qu'on peut toujours transformer une intégrale
+donnée en une autre dans laquelle une période de la première
+soit divisée par le nombre premier~$p$, et les $2n - 1$~autres
+restent les mêmes.
%% -----File: 040.png---Folio 32-------
-Il ne restera donc à comparer que des intégrales où les périodes
-seront les mêmes de part et d'autre, et telles, par conséquent,
-que $n$~termes de l'une s'expriment sans autre équation qu'une
-seule du degré~$n$, au moyen de ceux de l'autre, et réciproquement.
+Il ne restera donc à comparer que des intégrales où les périodes
+seront les mêmes de part et d'autre, et telles, par conséquent,
+que $n$~termes de l'une s'expriment sans autre équation qu'une
+seule du degré~$n$, au moyen de ceux de l'autre, et réciproquement.
Ici nous ne savons rien.
\bigskip
Tu sais, mon cher Auguste, que ces sujets ne sont pas les seuls
-que j'aie explorés. Mes principales méditations, depuis quelque
-temps étaient dirigées sur l'application à l'analyse transcendante
-de la théorie de l'ambiguïté. Il s'agissait de voir \textit{a~priori}, dans
-une relation entre des quantités ou fonctions transcendantes,
-quels échanges on pouvait faire, quelles quantités on pouvait
-substituer aux quantités données, sans que la relation pût cesser
-d'avoir lieu. Cela fait reconnaître de suite l'impossibilité de beaucoup
+que j'aie explorés. Mes principales méditations, depuis quelque
+temps étaient dirigées sur l'application à l'analyse transcendante
+de la théorie de l'ambiguïté. Il s'agissait de voir \textit{a~priori}, dans
+une relation entre des quantités ou fonctions transcendantes,
+quels échanges on pouvait faire, quelles quantités on pouvait
+substituer aux quantités données, sans que la relation pût cesser
+d'avoir lieu. Cela fait reconnaître de suite l'impossibilité de beaucoup
d'expressions que l'on pourrait chercher. Mais je n'ai pas le
-temps, et mes idées ne sont pas encore bien développées sur ce
+temps, et mes idées ne sont pas encore bien développées sur ce
terrain, qui est immense.
-Tu feras imprimer cette Lettre dans la \Title{Revue encyclopédique}.
+Tu feras imprimer cette Lettre dans la \Title{Revue encyclopédique}.
-Je me suis souvent hasardé dans ma vie à avancer des propositions
-dont je n'étais pas sûr; mais tout ce que j'ai écrit là est depuis
-bientôt un an dans ma tête, et il est trop de mon intérêt de
-ne pas me tromper pour qu'on me soupçonne d'énoncer des théorèmes
-dont je n'aurais pas la démonstration complète.
+Je me suis souvent hasardé dans ma vie à avancer des propositions
+dont je n'étais pas sûr; mais tout ce que j'ai écrit là est depuis
+bientôt un an dans ma tête, et il est trop de mon intérêt de
+ne pas me tromper pour qu'on me soupçonne d'énoncer des théorèmes
+dont je n'aurais pas la démonstration complète.
Tu prieras publiquement Jacobi ou Gauss de donner leur avis,
-non sur la vérité, mais sur l'importance des théorèmes.
+non sur la vérité, mais sur l'importance des théorèmes.
-Après cela, il y aura, j'espère, des gens qui trouveront leur
-profit à déchiffrer tout ce gâchis.
+Après cela, il y aura, j'espère, des gens qui trouveront leur
+profit à déchiffrer tout ce gâchis.
Je t'embrasse avec effusion.
\Date{E.~Galois.}{Le 29 mai 1832.}
%% -----File: 041.png---Folio 33-------
-\Article{MÉMOIRE}{SUR LES}{CONDITIONS DE RÉSOLUBILITÉ DES ÉQUATIONS PAR RADICAUX\footnotemark.}
+\Article{MÉMOIRE}{SUR LES}{CONDITIONS DE RÉSOLUBILITÉ DES ÉQUATIONS PAR RADICAUX\footnotemark.}
-\footnotetext{Ce Mémoire et le suivant ont été retrouvés dans les papiers de Galois et
- publiés pour la première fois en 1846 par Liouville, qui les avait fait précéder de
+\footnotetext{Ce Mémoire et le suivant ont été retrouvés dans les papiers de Galois et
+ publiés pour la première fois en 1846 par Liouville, qui les avait fait précéder de
la note suivante:
\Label{page33}
- «En insérant dans leur Recueil la lettre qu'on vient de lire, les éditeurs de la
- \Title{Revue encyclopédique} annonçaient qu'ils publieraient prochainement les manuscrits
- laissés par Galois. Mais celle promesse n'a pas été tenue. M.~Auguste Chevalier
- avait cependant préparé le travail. Il nous a remis et l'on trouvera dans
+ «En insérant dans leur Recueil la lettre qu'on vient de lire, les éditeurs de la
+ \Title{Revue encyclopédique} annonçaient qu'ils publieraient prochainement les manuscrits
+ laissés par Galois. Mais celle promesse n'a pas été tenue. M.~Auguste Chevalier
+ avait cependant préparé le travail. Il nous a remis et l'on trouvera dans
les feuilles qui vont suivre:
- »\primo Un Mémoire entier sur les conditions de résolubilité des équations par
-radicaux, avec l'application aux équations de degré premier;
+ »\primo Un Mémoire entier sur les conditions de résolubilité des équations par
+radicaux, avec l'application aux équations de degré premier;
- »\secundo Un fragment d'un second Mémoire où Galois traite de la théorie générale
- des équations qu'il nomme \emph{primitives}.
+ »\secundo Un fragment d'un second Mémoire où Galois traite de la théorie générale
+ des équations qu'il nomme \emph{primitives}.
- »Nous avons conservé la plupart des notes que M.~Auguste Chevalier avait
- jointes aux Mémoires dont nous venons de parler. Ces notes sont toutes marquées
- des initiales A.~Ch. Les notes non signées sont de Galois lui-même.
+ »Nous avons conservé la plupart des notes que M.~Auguste Chevalier avait
+ jointes aux Mémoires dont nous venons de parler. Ces notes sont toutes marquées
+ des initiales A.~Ch. Les notes non signées sont de Galois lui-même.
- »Nous compléterons cette publication par quelques autres morceaux extraits
+ »Nous compléterons cette publication par quelques autres morceaux extraits
des papiers de Galois, et qui, sans avoir une grande importance, pourront cependant
- encore être lus avec intérêt par les géomètres.»
+ encore être lus avec intérêt par les géomètres.»
- Les extraits dont parle Liouville dans la dernière phrase de cette note n'ont
- jamais été publiés.}
+ Les extraits dont parle Liouville dans la dernière phrase de cette note n'ont
+ jamais été publiés.}
-Le Mémoire ci-joint\footnote
- {J'ai jugé convenable de placer en tête de ce Mémoire la préface qu'on va
- lire, bien que je l'aie trouvée biffée dans le manuscrit. \Annot{(A.~Ch.)}}
+Le Mémoire ci-joint\footnote
+ {J'ai jugé convenable de placer en tête de ce Mémoire la préface qu'on va
+ lire, bien que je l'aie trouvée biffée dans le manuscrit. \Annot{(A.~Ch.)}}
est extrait d'un Ouvrage que j'ai eu
-l'honneur de présenter à l'Académie il y a un an. Cet Ouvrage
-n'ayant pas été compris, les propositions qu'il renferme ayant été
-révoquées en doute, j'ai dû me contenter de donner, sous forme
-synthétique, les principes généraux et une \emph{seule} application de
-ma théorie. Je supplie mes juges de lire du moins avec attention
+l'honneur de présenter à l'Académie il y a un an. Cet Ouvrage
+n'ayant pas été compris, les propositions qu'il renferme ayant été
+révoquées en doute, j'ai dû me contenter de donner, sous forme
+synthétique, les principes généraux et une \emph{seule} application de
+ma théorie. Je supplie mes juges de lire du moins avec attention
ce peu de pages.
-On trouvera ici une \emph{condition} générale à laquelle \emph{satisfait
-toute équation soluble par radicaux}, et qui réciproquement
-assure leur résolubilité. On en fait l'application seulement aux
+On trouvera ici une \emph{condition} générale à laquelle \emph{satisfait
+toute équation soluble par radicaux}, et qui réciproquement
+assure leur résolubilité. On en fait l'application seulement aux
%% -----File: 042.png---Folio 34-------
-équations dont le degré est un nombre premier. Voici le théorème
-donné par notre analyse:
+équations dont le degré est un nombre premier. Voici le théorème
+donné par notre analyse:
\medskip
\begin{Thm}
-Pour qu'une équation de degré premier, qui n'a pas de diviseurs
+Pour qu'une équation de degré premier, qui n'a pas de diviseurs
commensurables, soit soluble par radicaux, il \emph{faut} et
il \emph{suffit} que toutes les racines soient des fonctions rationnelles
de deux quelconques d'entre elles.
\end{Thm}
\medskip
-Les autres applications de la théorie sont elles-mêmes autant
-de théories particulières. Elles nécessitent d'ailleurs l'emploi de
-la théorie des nombres, et d'un algorithme particulier: nous les
-réservons pour une autre occasion. Elles sont en partie relatives
-aux équations modulaires de la théorie des fonctions elliptiques,
-que nous démontrons ne pouvoir se résoudre par radicaux.
+Les autres applications de la théorie sont elles-mêmes autant
+de théories particulières. Elles nécessitent d'ailleurs l'emploi de
+la théorie des nombres, et d'un algorithme particulier: nous les
+réservons pour une autre occasion. Elles sont en partie relatives
+aux équations modulaires de la théorie des fonctions elliptiques,
+que nous démontrons ne pouvoir se résoudre par radicaux.
%[** TN: Name printed below date in the original]
\Date{E.~Galois.}{Ce 16 janvier 1831.}
\Subsection{PRINCIPES.}
-Je commencerai par établir quelques définitions et une suite de
+Je commencerai par établir quelques définitions et une suite de
lemmes qui sont tous connus.
-\Par{Définitions.} Une équation est dite \emph{réductible} quand elle
-admet des diviseurs rationnels; \emph{irréductible} dans le cas contraire.
+\Par{Définitions.} Une équation est dite \emph{réductible} quand elle
+admet des diviseurs rationnels; \emph{irréductible} dans le cas contraire.
Il faut ici expliquer ce qu'on doit entendre par le mot \emph{rationnel},
-car il se représentera souvent.
+car il se représentera souvent.
-Quand l'équation a \emph{tous} ses coefficients numériques et rationnels,
-cela veut dire simplement que l'équation peut se décomposer
-en facteurs qui aient leurs coefficients numériques et rationnels.
+Quand l'équation a \emph{tous} ses coefficients numériques et rationnels,
+cela veut dire simplement que l'équation peut se décomposer
+en facteurs qui aient leurs coefficients numériques et rationnels.
-Mais quand les coefficients d'une équation ne seront \emph{pas tous}
-numériques et rationnels, alors il faudra entendre par diviseur
+Mais quand les coefficients d'une équation ne seront \emph{pas tous}
+numériques et rationnels, alors il faudra entendre par diviseur
rationnel un diviseur dont les coefficients s'exprimeraient en
-fonction rationnelle des coefficients de la proposée.
+fonction rationnelle des coefficients de la proposée.
Il y a plus: on pourra convenir de regarder comme rationnelle
-toute fonction rationnelle d'un certain nombre de quantités déterminées,
-supposées connues \textit{a~priori}. Par exemple, on pourra
+toute fonction rationnelle d'un certain nombre de quantités déterminées,
+supposées connues \textit{a~priori}. Par exemple, on pourra
%% -----File: 043.png---Folio 35-------
choisir une certaine racine d'un nombre entier, et regarder comme
rationnelle toute fonction rationnelle de ce radical.
Lorsque nous conviendrons de regarder ainsi comme connues
-de certaines quantités, nous dirons que nous les \emph{adjoignons} à
-l'équation qu'il s'agit de résoudre. Nous dirons que ces quantités
-sont \emph{adjointes} à l'équation.
+de certaines quantités, nous dirons que nous les \emph{adjoignons} à
+l'équation qu'il s'agit de résoudre. Nous dirons que ces quantités
+sont \emph{adjointes} à l'équation.
-Cela posé, nous appellerons \emph{rationnelle} toute quantité qui
-s'exprimera en fonction rationnelle des coefficients de l'équation
-et d'un certain nombre de quantités \emph{adjointes} à l'équation et
+Cela posé, nous appellerons \emph{rationnelle} toute quantité qui
+s'exprimera en fonction rationnelle des coefficients de l'équation
+et d'un certain nombre de quantités \emph{adjointes} à l'équation et
convenues arbitrairement.
-Quand nous nous servirons d'équations auxiliaires, elles seront
+Quand nous nous servirons d'équations auxiliaires, elles seront
rationnelles, si leurs coefficients sont rationnels en notre sens.
-On voit, au surplus, que les propriétés et les difficultés d'une
-équation peuvent être tout à fait différentes suivant les quantités
-qui lui sont adjointes. Par exemple, l'adjonction d'une quantité
-peut rendre réductible une équation irréductible.
+On voit, au surplus, que les propriétés et les difficultés d'une
+équation peuvent être tout à fait différentes suivant les quantités
+qui lui sont adjointes. Par exemple, l'adjonction d'une quantité
+peut rendre réductible une équation irréductible.
-Ainsi, quand on adjoint à l'équation
+Ainsi, quand on adjoint à l'équation
\[
\frac{x^{n} - 1}{x - 1} = 0\DPtypo{.}{,}
\]
-où $n$ est premier, une racine d'une des équations auxiliaires de
-M.~Gauss, cette équation se décompose en facteurs et devient, par
-conséquent, réductible.
+où $n$ est premier, une racine d'une des équations auxiliaires de
+M.~Gauss, cette équation se décompose en facteurs et devient, par
+conséquent, réductible.
-Les substitutions sont le passage d'une permutation à l'autre.
+Les substitutions sont le passage d'une permutation à l'autre.
-La permutation d'où l'on part pour indiquer les substitutions
+La permutation d'où l'on part pour indiquer les substitutions
est toute arbitraire, quand il s'agit de fonctions; car il n'y a aucune
raison pour que, dans une fonction de plusieurs lettres, une
-lettre occupe un rang plutôt qu'un autre.
+lettre occupe un rang plutôt qu'un autre.
-Cependant, comme on ne peut guère se former l'idée d'une
+Cependant, comme on ne peut guère se former l'idée d'une
substitution sans se former celle d'une permutation, nous ferons,
-dans le langage, un emploi fréquent des permutations, et nous ne
-considérerons les substitutions que comme le passage d'une permutation
-à une autre.
+dans le langage, un emploi fréquent des permutations, et nous ne
+considérerons les substitutions que comme le passage d'une permutation
+à une autre.
Quand nous voudrons grouper des substitutions, nous les ferons
-toutes provenir d'une même permutation.
+toutes provenir d'une même permutation.
-Comme il s'agit toujours de questions où la disposition primitive
-des lettres n'influe en rien dans les groupes que nous considérerons,
-on devra avoir les mêmes substitutions, quelle que soit
+Comme il s'agit toujours de questions où la disposition primitive
+des lettres n'influe en rien dans les groupes que nous considérerons,
+on devra avoir les mêmes substitutions, quelle que soit
%% -----File: 044.png---Folio 36-------
-la permutation d'où l'on sera parti. Donc, si dans un pareil
-groupe on a les substitutions $S$~et~$T$, on est sûr d'avoir la substitution~$ST$.
+la permutation d'où l'on sera parti. Donc, si dans un pareil
+groupe on a les substitutions $S$~et~$T$, on est sûr d'avoir la substitution~$ST$.
-Telles sont les définitions que nous avons cru devoir rappeler.
+Telles sont les définitions que nous avons cru devoir rappeler.
\begin{Lemme}[I.]
-Une équation irréductible ne peut avoir aucune
-racine commune avec une équation rationnelle, sans la diviser.
+Une équation irréductible ne peut avoir aucune
+racine commune avec une équation rationnelle, sans la diviser.
\end{Lemme}
-Car le plus grand commun diviseur entre l'équation irréductible
-et l'autre équation sera encore rationnel; donc, etc.
+Car le plus grand commun diviseur entre l'équation irréductible
+et l'autre équation sera encore rationnel; donc, etc.
\begin{Lemme}[II.]
-Étant donnée une équation quelconque, qui
-n'a pas de racines égales, dont les racines sont $a$,~$b$, $c$,~\dots, on
+Étant donnée une équation quelconque, qui
+n'a pas de racines égales, dont les racines sont $a$,~$b$, $c$,~\dots, on
peut toujours former une fonction~$V$ des racines, telle qu'aucune
des valeurs que l'on obtient en permutant dans celle fonction
-les racines de toutes manières, ne soit égale à une autre.
+les racines de toutes manières, ne soit égale à une autre.
\end{Lemme}
Par exemple, on peut prendre
\[
V = Aa + Bb + Cc + \dots,
\]
-$A$, $B$, $C$ étant des nombres entiers convenablement choisis.
+$A$, $B$, $C$ étant des nombres entiers convenablement choisis.
\begin{Lemme}[III.]
-La fonction~$V$ étant choisie comme il est indiqué
-dans l'article précèdent, elle jouira de cette propriété,
-que toutes les racines de l'équation proposée s'exprimeront rationnellement
+La fonction~$V$ étant choisie comme il est indiqué
+dans l'article précèdent, elle jouira de cette propriété,
+que toutes les racines de l'équation proposée s'exprimeront rationnellement
en fonction de~$V$.
\end{Lemme}
@@ -2430,66 +2432,66 @@ ou bien
\[
V - \phi (a, b, c, d, \dots) = 0.
\]
-Multiplions entre elles toutes les équations semblables, que l'on
-obtient en permutant dans celles-ci toutes les lettres, la première
+Multiplions entre elles toutes les équations semblables, que l'on
+obtient en permutant dans celles-ci toutes les lettres, la première
seulement restant fixe; il viendra une expression suivante:
\[
\bigl[V - \phi (a, b, c, d, \dots)\bigr]
\bigl[V - \phi (a, c, b, d, \dots)\bigr]
\bigl[V - \phi (a, b, d, c, \dots)\bigr] \dots,
\]
-symétrique en $b$, $c$, $d$,~\dots, laquelle pourra, par conséquent,
-s'écrire en fonction de~$a$. Nous aurons donc une équation de la
+symétrique en $b$, $c$, $d$,~\dots, laquelle pourra, par conséquent,
+s'écrire en fonction de~$a$. Nous aurons donc une équation de la
forme
\[
F(V, a) = 0.
\]
%% -----File: 045.png---Folio 37-------
-Or je dis que de là on peut tirer la valeur de~$a$. Il suffit pour cela
-de chercher la solution commune à cette équation et à la proposée.
+Or je dis que de là on peut tirer la valeur de~$a$. Il suffit pour cela
+de chercher la solution commune à cette équation et à la proposée.
Cette solution est la seule commune, car on ne peut avoir,
par exemple,
\[
F(V, b) = 0,
\]
-cette équation ayant un facteur commun avec l'équation semblable,
-sans quoi l'une des fonctions $\phi(a, \dots)$ serait égale à
-l'une des fonctions $\phi(b, \dots)$; ce qui est contre l'hypothèse.
+cette équation ayant un facteur commun avec l'équation semblable,
+sans quoi l'une des fonctions $\phi(a, \dots)$ serait égale à
+l'une des fonctions $\phi(b, \dots)$; ce qui est contre l'hypothèse.
-Il suit de là que $a$ s'exprime en fonction rationnelle de~$V$, et il
-en est de même des autres racines.
+Il suit de là que $a$ s'exprime en fonction rationnelle de~$V$, et il
+en est de même des autres racines.
Cette proposition\footnote
{Il est remarquable que de cette proposition on peut conclure que toute
- équation dépend d'une équation auxiliaire telle, que toutes les racines de cette
- nouvelle équation soient des fonctions rationnelles les unes des autres: car
- l'équation auxiliaire en~$V$ est dans ce cas.
+ équation dépend d'une équation auxiliaire telle, que toutes les racines de cette
+ nouvelle équation soient des fonctions rationnelles les unes des autres: car
+ l'équation auxiliaire en~$V$ est dans ce cas.
- Au surplus, cette remarque est purement curieuse. En effet, une équation qui
- a cette propriété n'est pas, en général, plus facile à résoudre qu'une autre.}
-est citée sans démonstration par Abel,
-dans le Mémoire posthume sur les fonctions elliptiques.
+ Au surplus, cette remarque est purement curieuse. En effet, une équation qui
+ a cette propriété n'est pas, en général, plus facile à résoudre qu'une autre.}
+est citée sans démonstration par Abel,
+dans le Mémoire posthume sur les fonctions elliptiques.
\begin{Lemme}[IV]
-Supposons que l'on ait formé l'équation en~$V$,
-et que l'on ait pris l'un de ses facteurs irréductibles, en sorte
-que~$V$ soit racine d'une équation irréductible. Soient $V$,~$V'$,
-$V''$,~\dots\ les racines de cette équation irréductible. Si $a = f(V)$
-est une des racines de la proposée, $f(V')$~de même sera une racine
-de la proposée.
+Supposons que l'on ait formé l'équation en~$V$,
+et que l'on ait pris l'un de ses facteurs irréductibles, en sorte
+que~$V$ soit racine d'une équation irréductible. Soient $V$,~$V'$,
+$V''$,~\dots\ les racines de cette équation irréductible. Si $a = f(V)$
+est une des racines de la proposée, $f(V')$~de même sera une racine
+de la proposée.
\end{Lemme}
En effet, en multipliant entre eux tous les facteurs de la forme
-$V - \phi (a, b, c, \dots, d)$, où l'on aura opéré sur les lettres toutes
-les permutations possibles, on aura une équation rationnelle en~$V$,
-laquelle se trouvera nécessairement divisible par l'équation en
-question; donc $V'$~doit s'obtenir par l'échange des lettres dans la
-fonction~$V$. Soit $F(V, a) = 0$ l'équation qu'on obtient en permutant
-dans $V$ toutes les lettres, hors la première. On aura donc
-$F(V', b) = 0$, $b$ pouvant être égal à~$a$, mais étant certainement
-l'une des racines de l'équation proposée; par conséquent, de
-même que de la proposée et de $F(V, a) = 0$ est résulté $a = f(V)$,
-de même il résultera de la proposée et de $F(V', b) = 0$ combinées,
+$V - \phi (a, b, c, \dots, d)$, où l'on aura opéré sur les lettres toutes
+les permutations possibles, on aura une équation rationnelle en~$V$,
+laquelle se trouvera nécessairement divisible par l'équation en
+question; donc $V'$~doit s'obtenir par l'échange des lettres dans la
+fonction~$V$. Soit $F(V, a) = 0$ l'équation qu'on obtient en permutant
+dans $V$ toutes les lettres, hors la première. On aura donc
+$F(V', b) = 0$, $b$ pouvant être égal à~$a$, mais étant certainement
+l'une des racines de l'équation proposée; par conséquent, de
+même que de la proposée et de $F(V, a) = 0$ est résulté $a = f(V)$,
+de même il résultera de la proposée et de $F(V', b) = 0$ combinées,
la suivante $b = f(V')$.
%% -----File: 046.png---Folio 38-------
@@ -2497,33 +2499,33 @@ la suivante $b = f(V')$.
\Subsection{PROPOSITION I.}
\begin{Theoreme}
-Soit une équation donnée, dont $a$,~$b$, $c$,~\dots\
+Soit une équation donnée, dont $a$,~$b$, $c$,~\dots\
sont les $m$~racines. Il y aura toujours un groupe de permutations
-des lettres $a$,~$b$, $c$,~\dots\ qui jouira de la propriété suivante:
+des lettres $a$,~$b$, $c$,~\dots\ qui jouira de la propriété suivante:
\primo Que toute fonction des racines, invariable\footnote
{Nous appelons ici invariable non seulement une fonction dont la forme est
invariable par les substitutions des racines entre elles, mais encore celle dont la
- valeur numérique ne varierait pas par ces substitutions. Par exemple, si $Fx = 0$
- est une équation, $Fx$~est une fonction des racines qui ne varie par aucune permutation.
+ valeur numérique ne varierait pas par ces substitutions. Par exemple, si $Fx = 0$
+ est une équation, $Fx$~est une fonction des racines qui ne varie par aucune permutation.
Quand nous disons qu'une fonction est rationnellement connue, nous voulons
- dire que sa valeur numérique est exprimable en fonction rationnelle des coefficients
- de l'équation et des quantités adjointes.}
+ dire que sa valeur numérique est exprimable en fonction rationnelle des coefficients
+ de l'équation et des quantités adjointes.}
par les substitutions
de ce groupe, soit rationnellement connue;
-\secundo Réciproquement, que toute fonction des racines, déterminable
+\secundo Réciproquement, que toute fonction des racines, déterminable
rationnellement, soit invariable par les substitutions.
\end{Theoreme}
-(Dans le cas des équations algébriques, ce groupe n'est autre
-chose que l'ensemble des $1 · 2 · 3 \dots\ m$ permutations possibles
-sur les $m$~lettres, puisque, dans ce cas, les fonctions symétriques
-sont seules déterminables rationnellement.)
+(Dans le cas des équations algébriques, ce groupe n'est autre
+chose que l'ensemble des $1 · 2 · 3 \dots\ m$ permutations possibles
+sur les $m$~lettres, puisque, dans ce cas, les fonctions symétriques
+sont seules déterminables rationnellement.)
-(Dans le cas de l'équation $\dfrac{x^{n} - 1}{x - 1} = 0$, si l'on suppose $a = r$,
-$b = r^{g}$, $c = r^{g^{2}}$,~\dots, $g$~étant une racine primitive, le groupe de
+(Dans le cas de l'équation $\dfrac{x^{n} - 1}{x - 1} = 0$, si l'on suppose $a = r$,
+$b = r^{g}$, $c = r^{g^{2}}$,~\dots, $g$~étant une racine primitive, le groupe de
permutations sera simplement celui-ci:
\[
\begin{array}{c}
@@ -2534,21 +2536,21 @@ permutations sera simplement celui-ci:
kabc \dotfill i;
\end{array}
\]
-dans ce cas particulier, le nombre des permutations est égal au
-degré de l'équation, et la même chose aurait lieu dans les équations
+dans ce cas particulier, le nombre des permutations est égal au
+degré de l'équation, et la même chose aurait lieu dans les équations
dont toutes les racines seraient des fonctions rationnelles
les unes des autres.)
-\Par{Démonstration.} Quelle que soit l'équation donnée, on pourra
+\Par{Démonstration.} Quelle que soit l'équation donnée, on pourra
trouver une fonction rationnelle $V$ des racines, telle que toutes
%% -----File: 047.png---Folio 39-------
-les racines soient fonctions rationnelles de~$V$. Cela posé, considérons
-l'équation irréductible dont $V$~est racine (lemmes III~et~IV)\@.
-Soient $V$,~$V'$, $V''$,~\dots, $V^{(n-1)}$ les racines de cette équation.
+les racines soient fonctions rationnelles de~$V$. Cela posé, considérons
+l'équation irréductible dont $V$~est racine (lemmes III~et~IV)\@.
+Soient $V$,~$V'$, $V''$,~\dots, $V^{(n-1)}$ les racines de cette équation.
-Soient $\phi V$, $\phi_{1} V$, $\phi_{2} V$,~\dots, $\phi_{m-1} V$ les racines de la proposée.
+Soient $\phi V$, $\phi_{1} V$, $\phi_{2} V$,~\dots, $\phi_{m-1} V$ les racines de la proposée.
-Écrivons les $n$~permutations suivantes des racines:
+Écrivons les $n$~permutations suivantes des racines:
\[
\begin{array}{*{6}{l}}
(V) & \phi V, & \phi_{1} V, & \phi_{2} V, & \dots, & \phi_{m-1} V,\\
@@ -2558,96 +2560,96 @@ Soient $\phi V$, $\phi_{1} V$, $\phi_{2} V$,~\dots, $\phi_{m-1} V$ les racines d
(V^{(n-1)})& \phi V^{(n-1)},& \phi_{1} V^{(n-1)},& \phi_{2} V^{(n-1)},& \dots, & \phi_{m-1} V^{(n-1)}:
\end{array}
\]
-je dis que ce groupe de permutations jouit de la propriété énoncée.
+je dis que ce groupe de permutations jouit de la propriété énoncée.
En effet:
\primo Toute fonction $F$ des racines, invariable par les substitutions
-de ce groupe, pourra être écrite ainsi: $F = \psi V$, et l'on aura
+de ce groupe, pourra être écrite ainsi: $F = \psi V$, et l'on aura
\[
\psi V = \psi V' = \psi V'' = \dots = \psi V^{(n-1)}.
\]
-La valeur de $F$ pourra donc se déterminer rationnellement.
+La valeur de $F$ pourra donc se déterminer rationnellement.
-\secundo Réciproquement, si une fonction~$F$ est déterminable rationnellement,
+\secundo Réciproquement, si une fonction~$F$ est déterminable rationnellement,
et que l'on pose $F = \psi V$, on devra avoir
\[
\psi V = \psi V' = \psi V'' = \dots = \psi V^{(n-1)},
\]
-puisque l'équation en~$V$ n'a pas de diviseur commensurable et que
-$V$~satisfait à l'équation $F = \psi V$, $F$~étant une quantité rationnelle.
-Donc la fonction~$F$ sera nécessairement invariable par les substitutions
-du groupe écrit ci-dessus.
+puisque l'équation en~$V$ n'a pas de diviseur commensurable et que
+$V$~satisfait à l'équation $F = \psi V$, $F$~étant une quantité rationnelle.
+Donc la fonction~$F$ sera nécessairement invariable par les substitutions
+du groupe écrit ci-dessus.
-Ainsi, ce groupe jouit de la double propriété dont il s'agit dans
-le théorème proposé. Le théorème est donc démontré.
+Ainsi, ce groupe jouit de la double propriété dont il s'agit dans
+le théorème proposé. Le théorème est donc démontré.
-Nous appellerons \emph{groupe de l'équation} le groupe en question.
+Nous appellerons \emph{groupe de l'équation} le groupe en question.
-\Par{Scolie~\upshape I.} Il est évident que, dans le groupe de permutations
-dont il s'agit ici, la disposition des lettres n'est point à considérer,
+\Par{Scolie~\upshape I.} Il est évident que, dans le groupe de permutations
+dont il s'agit ici, la disposition des lettres n'est point à considérer,
mais seulement les substitutions de lettres par lesquelles on passe
-d'une permutation à l'autre.
+d'une permutation à l'autre.
-Ainsi l'on peut se donner arbitrairement une première permutation,
-pourvu que les autres permutations s'en déduisent toujours
-par les mêmes substitutions de lettres. Le nouveau groupe ainsi
-formé jouira évidemment des mêmes propriétés que le premier,
+Ainsi l'on peut se donner arbitrairement une première permutation,
+pourvu que les autres permutations s'en déduisent toujours
+par les mêmes substitutions de lettres. Le nouveau groupe ainsi
+formé jouira évidemment des mêmes propriétés que le premier,
%% -----File: 048.png---Folio 40-------
-puisque, dans le théorème précédent, il ne s'agit que des substitutions
+puisque, dans le théorème précédent, il ne s'agit que des substitutions
que l'on peut faire dans les fonctions.
-\Par{Scolie~\upshape II.} Les substitutions sont indépendantes même du
+\Par{Scolie~\upshape II.} Les substitutions sont indépendantes même du
nombre des racines.
\Subsection{PROPOSITION II.}
\begin{Theoreme}[\protect\footnotemark.]
-Si l'on adjoint à une équation donnée la
-racine~$r$ d'une équation auxiliaire irréductible, \primo il arrivera
-de deux choses l'une: ou bien le groupe de l'équation ne sera
-pas changé, ou bien il se partagera en $p$~groupes appartenant
-chacun à l'équation proposée respectivement quand on lui adjoint
-chacune des racines de l'équation auxiliaire; \secundo ces
-groupes jouiront de la propriété remarquable, que l'on passera
-de l'un à l'autre en opérant dans toutes les permutations du
-premier une même substitution de lettres.
+Si l'on adjoint à une équation donnée la
+racine~$r$ d'une équation auxiliaire irréductible, \primo il arrivera
+de deux choses l'une: ou bien le groupe de l'équation ne sera
+pas changé, ou bien il se partagera en $p$~groupes appartenant
+chacun à l'équation proposée respectivement quand on lui adjoint
+chacune des racines de l'équation auxiliaire; \secundo ces
+groupes jouiront de la propriété remarquable, que l'on passera
+de l'un à l'autre en opérant dans toutes les permutations du
+premier une même substitution de lettres.
\end{Theoreme}
-\footnotetext{Dans l'énoncé du théorème, après ces mots: \emph{la racine~$r$ d'une équation
- auxiliaire irréductible}, Galois avait mis d'abord ceux-ci: \emph{de degré $p$ premier},
- qu'il a effacés plus tard. De même, dans la démonstration, au lieu de $r$,~$r'$,
- $r''$,~\dots\ étant d'autres valeurs de~$r$, la rédaction primitive portait: $r$,~$r'$, $r''$,~\dots\
- étant les diverses valeurs de~$r$. Enfin on trouve à la marge du manuscrit la
+\footnotetext{Dans l'énoncé du théorème, après ces mots: \emph{la racine~$r$ d'une équation
+ auxiliaire irréductible}, Galois avait mis d'abord ceux-ci: \emph{de degré $p$ premier},
+ qu'il a effacés plus tard. De même, dans la démonstration, au lieu de $r$,~$r'$,
+ $r''$,~\dots\ étant d'autres valeurs de~$r$, la rédaction primitive portait: $r$,~$r'$, $r''$,~\dots\
+ étant les diverses valeurs de~$r$. Enfin on trouve à la marge du manuscrit la
note suivante de l'auteur:
- «Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'ai pas le
- temps.»
+ «Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'ai pas le
+ temps.»
- Cette ligne a été jetée avec une grande rapidité sur le papier; circonstance
- qui, jointe aux mots: «Je n'ai pas le temps», me fait penser que Galois a relu
- son Mémoire pour le corriger avant d'aller sur le terrain. \Annot{(A. Ch.)}}
+ Cette ligne a été jetée avec une grande rapidité sur le papier; circonstance
+ qui, jointe aux mots: «Je n'ai pas le temps», me fait penser que Galois a relu
+ son Mémoire pour le corriger avant d'aller sur le terrain. \Annot{(A. Ch.)}}
-\primo Si, après l'adjonction de~$r$, l'équation en~$V$, dont il est
-question plus haut, reste irréductible, il est clair que le groupe
-de l'équation ne sera pas changé. Si, au contraire, elle se réduit,
-alors l'équation en~$V$ se décomposera en $p$~facteurs, tous de même
-degré et de la forme
+\primo Si, après l'adjonction de~$r$, l'équation en~$V$, dont il est
+question plus haut, reste irréductible, il est clair que le groupe
+de l'équation ne sera pas changé. Si, au contraire, elle se réduit,
+alors l'équation en~$V$ se décomposera en $p$~facteurs, tous de même
+degré et de la forme
\[
-f(V, r) × f(V, r') × f(V, r'') × \dots,
+f(V, r) × f(V, r') × f(V, r'') × \dots,
\]
-$r$, $r'$, $r''$,~\dots\ étant d'autres valeurs de~$r$. Ainsi, le groupe de
-l'équation proposée se décomposera aussi en groupes chacun
-d'un même nombre de permutations, puisque à chaque valeur
+$r$, $r'$, $r''$,~\dots\ étant d'autres valeurs de~$r$. Ainsi, le groupe de
+l'équation proposée se décomposera aussi en groupes chacun
+d'un même nombre de permutations, puisque à chaque valeur
de~$V$ correspond une permutation. Ces groupes seront respectivement
%% -----File: 049.png---Folio 41-------
-ceux de l'équation proposée, quand on lui adjoindra successivement
+ceux de l'équation proposée, quand on lui adjoindra successivement
$r$,~$r'$, $r''$,~\dots.
-\secundo Nous avons vu plus haut que toutes les valeurs de~$V$ étaient
-des fonctions rationnelles les unes des autres. D'après cela, supposons
-que, $V$~étant une racine de $f(V, r) = 0$, $F(V)$~en soit une
-autre; il est clair que de même si $V'$ est une racine de $f(V, r') = 0$,
+\secundo Nous avons vu plus haut que toutes les valeurs de~$V$ étaient
+des fonctions rationnelles les unes des autres. D'après cela, supposons
+que, $V$~étant une racine de $f(V, r) = 0$, $F(V)$~en soit une
+autre; il est clair que de même si $V'$ est une racine de $f(V, r') = 0$,
$F(V')$~en sera une autre; car on aura
\[
f \bigl[F(V), r\bigr] = \text{une fonction divisible par $f(V, r)$}.
@@ -2659,8 +2661,8 @@ Donc (lemme~I)
f \bigl[F(V'), r'\bigr] = \text{une fonction divisible par $f(V', r')$}.
\]
-Cela posé, je dis que l'on obtient le groupe relatif à~$r'$ en opérant
-partout dans le groupe relatif à~$r$ une même substitution de
+Cela posé, je dis que l'on obtient le groupe relatif à~$r'$ en opérant
+partout dans le groupe relatif à~$r$ une même substitution de
lettres.
En effet, si l'on a, par exemple,
@@ -2671,44 +2673,44 @@ on aura encore (lemme~I),
\[
\phi_{\mu} F(V') = \phi_{\nu} (V').
\]
-Donc, pour passer de la permutation $\bigl[F(V)\bigr]$ à la permutation
-$\bigl[F(V')\bigr]$, il faut faire la même substitution que pour passer de la
-permutation~$(V)$ à la permutation~$(V')$.
+Donc, pour passer de la permutation $\bigl[F(V)\bigr]$ à la permutation
+$\bigl[F(V')\bigr]$, il faut faire la même substitution que pour passer de la
+permutation~$(V)$ à la permutation~$(V')$.
-Le théorème est donc démontré.
+Le théorème est donc démontré.
\Subsection{PROPOSITION III.}
\begin{Theoreme}
-Si l'on adjoint à une équation \emph{toutes} les racines
-d'une équation auxiliaire, les groupes dont il est question
-dans le théorème~II jouiront, de plus, de cette propriété que
-les substitutions sont les mêmes dans chaque groupe.
+Si l'on adjoint à une équation \emph{toutes} les racines
+d'une équation auxiliaire, les groupes dont il est question
+dans le théorème~II jouiront, de plus, de cette propriété que
+les substitutions sont les mêmes dans chaque groupe.
\end{Theoreme}
-On trouvera la démonstration\footnotemark.
+On trouvera la démonstration\footnotemark.
-\footnotetext{Dans le manuscrit, l'énoncé du théorème qu'on vient de lire se trouve en
- marge et en remplace un autre que Galois avait écrit avec sa démonstration sous
- le même titre: \textit{Proposition~III}. Voici le texte primitif:
+\footnotetext{Dans le manuscrit, l'énoncé du théorème qu'on vient de lire se trouve en
+ marge et en remplace un autre que Galois avait écrit avec sa démonstration sous
+ le même titre: \textit{Proposition~III}. Voici le texte primitif:
%[** TN: Set in-line in the original]
- \begin{Theoreme} Si l'équation
- en $r$~est de la forme $r^{p} = A$, et que les racines~$p^\text{ièmes}$ de l'unité se trouvent
- au nombre des quantités précédemment adjointes, les $p$~groupes dont il est
- question dans le Théorème~II jouiront, de plus, de cette \DPtypo{proprieté}{propriété} que les
- substitutions de lettres par lesquelles on passe d'une permutation à une
- autre dans chaque groupe soient les mêmes pour tous les groupes.\end{Theoreme}
+ \begin{Theoreme} Si l'équation
+ en $r$~est de la forme $r^{p} = A$, et que les racines~$p^\text{ièmes}$ de l'unité se trouvent
+ au nombre des quantités précédemment adjointes, les $p$~groupes dont il est
+ question dans le Théorème~II jouiront, de plus, de cette \DPtypo{proprieté}{propriété} que les
+ substitutions de lettres par lesquelles on passe d'une permutation à une
+ autre dans chaque groupe soient les mêmes pour tous les groupes.\end{Theoreme}
\noindent En effet,
- dans ce cas, il revient au même d'adjoindre à l'équation telle ou telle valeur
- de~$r$. Par conséquent, ses propriétés doivent être les mêmes après l'adjonction de
- telle ou telle valeur. Ainsi son groupe doit être le même quant aux substitutions
+ dans ce cas, il revient au même d'adjoindre à l'équation telle ou telle valeur
+ de~$r$. Par conséquent, ses propriétés doivent être les mêmes après l'adjonction de
+ telle ou telle valeur. Ainsi son groupe doit être le même quant aux substitutions
(Proposition~I, scolie). Donc,~etc.
- Tout cela est effacé avec soin; le nouvel énoncé porte la date 1832 et montre,
- par la manière dont il est écrit, que l'auteur était extrêmement pressé, ce qui
- confirme l'assertion que j'ai avancée dans la Note précédente.
+ Tout cela est effacé avec soin; le nouvel énoncé porte la date 1832 et montre,
+ par la manière dont il est écrit, que l'auteur était extrêmement pressé, ce qui
+ confirme l'assertion que j'ai avancée dans la Note précédente.
\Annot{(A.~Ch.)}}
%% -----File: 050.png---Folio 42-------
@@ -2716,130 +2718,130 @@ On trouvera la démonstration\footnotemark.
\Subsection{PROPOSITION IV.}
\begin{Theoreme}
-Si l'on adjoint à une équation la valeur \emph{numérique}
+Si l'on adjoint à une équation la valeur \emph{numérique}
d'une certaine fonction de ses racines, le groupe de
-l'équation s'abaissera de manière à n'avoir plus d'autres
+l'équation s'abaissera de manière à n'avoir plus d'autres
permutations que celles par lesquelles cette fonction est invariable.
\end{Theoreme}
-En effet, d'après la proposition~I, toute fonction connue doit
-être invariable par les permutations du groupe de l'équation.
+En effet, d'après la proposition~I, toute fonction connue doit
+être invariable par les permutations du groupe de l'équation.
\Subsection{PROPOSITION V.}
\begin{Probleme}
-Dans quel cas une équation est-elle soluble par
+Dans quel cas une équation est-elle soluble par
de simples radicaux?
\end{Probleme}
-J'observerai d'abord que, pour résoudre une équation, il faut
-successivement abaisser son groupe jusqu'à ne contenir plus
-qu'une seule permutation. Car, quand une équation est résolue,
-une fonction quelconque de ses racines est connue, même quand
+J'observerai d'abord que, pour résoudre une équation, il faut
+successivement abaisser son groupe jusqu'à ne contenir plus
+qu'une seule permutation. Car, quand une équation est résolue,
+une fonction quelconque de ses racines est connue, même quand
elle n'est invariable par aucune permutation.
-Cela posé, cherchons à quelle condition doit satisfaire le groupe
-d'une équation, pour qu'il puisse s'abaisser ainsi par l'adjonction
-de quantités radicales.
+Cela posé, cherchons à quelle condition doit satisfaire le groupe
+d'une équation, pour qu'il puisse s'abaisser ainsi par l'adjonction
+de quantités radicales.
-Suivons la marche des opérations possibles dans cette solution,
-en considérant comme opérations distinctes l'extraction de chaque
-racine de degré premier.
+Suivons la marche des opérations possibles dans cette solution,
+en considérant comme opérations distinctes l'extraction de chaque
+racine de degré premier.
%% -----File: 051.png---Folio 43-------
-Adjoignons à l'équation le premier radical extrait dans la solution.
+Adjoignons à l'équation le premier radical extrait dans la solution.
Il pourra arriver deux cas: ou bien, par l'adjonction de ce
-radical, le groupe des permutations de l'équation sera diminué; ou
-bien, cette extraction de racine n'étant qu'une simple préparation,
-le groupe restera le même.
+radical, le groupe des permutations de l'équation sera diminué; ou
+bien, cette extraction de racine n'étant qu'une simple préparation,
+le groupe restera le même.
-Toujours sera-t-il qu'après un certain nombre \emph{fini} d'extractions
-de racines, le groupe devra se trouver diminué, sans quoi l'équation
+Toujours sera-t-il qu'après un certain nombre \emph{fini} d'extractions
+de racines, le groupe devra se trouver diminué, sans quoi l'équation
ne serait pas soluble.
-Si, arrivé à ce point, il y avait plusieurs manières de diminuer le
-groupe de l'équation proposée par une simple extraction de racine,
-il faudrait, pour ce que nous allons dire, considérer seulement un
-radical du degré le moins haut possible parmi tous les simples
+Si, arrivé à ce point, il y avait plusieurs manières de diminuer le
+groupe de l'équation proposée par une simple extraction de racine,
+il faudrait, pour ce que nous allons dire, considérer seulement un
+radical du degré le moins haut possible parmi tous les simples
radicaux, qui sont tels que la connaissance de chacun d'eux
-diminue le groupe de l'équation.
+diminue le groupe de l'équation.
-Soit donc $p$ le nombre premier qui représente ce degré minimum,
-en sorte que par une extraction de racine de degré~$p$, on
-diminue le groupe de l'équation.
+Soit donc $p$ le nombre premier qui représente ce degré minimum,
+en sorte que par une extraction de racine de degré~$p$, on
+diminue le groupe de l'équation.
Nous pouvons toujours supposer, du moins pour ce qui est
-relatif au groupe de l'équation, que, parmi les quantités adjointes
-précédemment à l'équation, se trouve une racine~$p^{\text{ième}}$ de l'unité,~$\alpha$.
+relatif au groupe de l'équation, que, parmi les quantités adjointes
+précédemment à l'équation, se trouve une racine~$p^{\text{ième}}$ de l'unité,~$\alpha$.
Car, comme cette expression s'obtient par des extractions de
-racines de degré inférieur à~$p$, sa connaissance n'altérera en rien
-le groupe de l'équation.
-
-Par conséquent, d'après les théorèmes II~et~III, le groupe de
-l'équation devra se décomposer en $p$ groupes jouissant les uns par
-rapport aux autres de cette double propriété: \primo que l'on passe
-de l'un à l'autre par une seule et même substitution; \secundo que tous
-contiennent les mêmes substitutions.
-
-Je dis réciproquement que, si le groupe de l'équation peut se
-partager en $p$~groupes qui jouissent de cette double propriété, on
-pourra, par une simple extraction de racine~$p^{\text{ième}}$, et par l'adjonction
-de cette racine~$p^{\text{ième}}$, réduire le groupe de l'équation à l'un de
+racines de degré inférieur à~$p$, sa connaissance n'altérera en rien
+le groupe de l'équation.
+
+Par conséquent, d'après les théorèmes II~et~III, le groupe de
+l'équation devra se décomposer en $p$ groupes jouissant les uns par
+rapport aux autres de cette double propriété: \primo que l'on passe
+de l'un à l'autre par une seule et même substitution; \secundo que tous
+contiennent les mêmes substitutions.
+
+Je dis réciproquement que, si le groupe de l'équation peut se
+partager en $p$~groupes qui jouissent de cette double propriété, on
+pourra, par une simple extraction de racine~$p^{\text{ième}}$, et par l'adjonction
+de cette racine~$p^{\text{ième}}$, réduire le groupe de l'équation à l'un de
ces groupes partiels.
Prenons, en effet, une fonction des racines qui soit invariable
pour toutes les substitutions de l'un des groupes partiels, et varie
pour toute autre substitution. (Il suffit, pour cela, de choisir une
-fonction symétrique des diverses valeurs que prend, par toutes les
+fonction symétrique des diverses valeurs que prend, par toutes les
%% -----File: 052.png---Folio 44-------
permutations de l'un des groupes partiels, une fonction qui n'est
invariable par aucune substitution.)
Soit $\theta$ cette fonction des racines.
-Opérons sur la fonction~$\theta$ une des substitutions du groupe total
+Opérons sur la fonction~$\theta$ une des substitutions du groupe total
qui ne lui sont pas communes avec les groupes partiels. Soit $\theta_{1}$ le
-résultat. Opérons sur la fonction~$\theta_{1}$ la même substitution, et
-soit $\theta_{2}$ le résultat, et ainsi de suite.
+résultat. Opérons sur la fonction~$\theta_{1}$ la même substitution, et
+soit $\theta_{2}$ le résultat, et ainsi de suite.
-Comme $p$ est un nombre premier, cette suite ne pourra s'arrêter
+Comme $p$ est un nombre premier, cette suite ne pourra s'arrêter
qu'au terme~$\theta_{p-1}$; ensuite l'on aura $\theta_{p} = \theta_{1}$, $\theta_{p+1}=\theta_{1}$, et
ainsi de suite.
-Cela posé, il est clair que la fonction
+Cela posé, il est clair que la fonction
\[
(\theta + \alpha\theta_{1}
+ \alpha^{2}\theta_{2} + \dots
+ \alpha^{p-1}\theta_{p-1})^{p}
\]
sera invariable par toutes les permutations du groupe total et, par
-conséquent, sera actuellement connue.
+conséquent, sera actuellement connue.
-Si l'on extrait la racine~$p^\text{ième}$ de cette fonction, et qu'on l'adjoigne
-à l'équation, alors, par la proposition~IV, le groupe de
-l'équation ne contiendra plus d'autres substitutions que celles des
+Si l'on extrait la racine~$p^\text{ième}$ de cette fonction, et qu'on l'adjoigne
+à l'équation, alors, par la proposition~IV, le groupe de
+l'équation ne contiendra plus d'autres substitutions que celles des
groupes partiels.
-Ainsi, pour que le groupe d'une équation puisse s'abaisser par
-une simple extraction de racine, la condition ci-dessus est nécessaire
+Ainsi, pour que le groupe d'une équation puisse s'abaisser par
+une simple extraction de racine, la condition ci-dessus est nécessaire
et suffisante.
-Adjoignons à l'équation le radical en question; nous pourrons
-raisonner maintenant sur le nouveau groupe comme sur le précédent,
-et il faudra qu'il se décompose lui-même de la manière
-indiquée, et ainsi de suite, jusqu'à un certain groupe qui ne contiendra
+Adjoignons à l'équation le radical en question; nous pourrons
+raisonner maintenant sur le nouveau groupe comme sur le précédent,
+et il faudra qu'il se décompose lui-même de la manière
+indiquée, et ainsi de suite, jusqu'à un certain groupe qui ne contiendra
plus qu'une seule permutation.
-\Par{Scolie.} Il est aisé d'observer cette marche dans la résolution
-connue des équations générales du quatrième degré. En effet, ces
-équations se résolvent au moyen d'une équation du troisième
-degré, qui exige elle-même l'extraction d'une racine carrée. Dans
-la suite naturelle des idées, c'est donc par cette racine carrée
-qu'il faut commencer. Or, en adjoignant à l'équation du quatrième
-degré cette racine carrée, le groupe de l'équation, qui contenait
-en tout vingt-quatre substitutions, se décompose en deux qui n'en
-contiennent que douze. En désignant par $a$,~$b$, $c$,~$d$ les racines,
+\Par{Scolie.} Il est aisé d'observer cette marche dans la résolution
+connue des équations générales du quatrième degré. En effet, ces
+équations se résolvent au moyen d'une équation du troisième
+degré, qui exige elle-même l'extraction d'une racine carrée. Dans
+la suite naturelle des idées, c'est donc par cette racine carrée
+qu'il faut commencer. Or, en adjoignant à l'équation du quatrième
+degré cette racine carrée, le groupe de l'équation, qui contenait
+en tout vingt-quatre substitutions, se décompose en deux qui n'en
+contiennent que douze. En désignant par $a$,~$b$, $c$,~$d$ les racines,
%% -----File: 053.png---Folio 45-------
voici l'un de ces groupes:
\[
@@ -2850,9 +2852,9 @@ voici l'un de ces groupes:
dcba, & bdca, & cbda.
\end{array}
\]
-Maintenant ce groupe se partage lui-même en trois groupes,
-comme il est indiqué aux théorèmes II~et~III\@. Ainsi, par l'extraction
-d'un seul radical du troisième degré, il reste simplement le
+Maintenant ce groupe se partage lui-même en trois groupes,
+comme il est indiqué aux théorèmes II~et~III\@. Ainsi, par l'extraction
+d'un seul radical du troisième degré, il reste simplement le
groupe
\[
\begin{array}{l}
@@ -2869,65 +2871,65 @@ ce groupe se partage de nouveau en deux groupes:
badc, & dcba.
\end{array}
\]
-Ainsi, après une simple extraction de racine carrée, il restera
+Ainsi, après une simple extraction de racine carrée, il restera
\[
\begin{array}{l}
abcd, \\
badc;
\end{array}
\]
-ce qui se résoudra enfin par une simple extraction de racine
-carrée.
+ce qui se résoudra enfin par une simple extraction de racine
+carrée.
On obtient ainsi, soit la solution de Descartes, soit celle
-d'Euler; car, bien qu'après la résolution de l'équation auxiliaire
+d'Euler; car, bien qu'après la résolution de l'équation auxiliaire
%[** TN: [sic] extraye]
-du troisième degré ce dernier extraye trois racines carrées, on
-sait qu'il suffit de deux, puisque la troisième s'en déduit rationnellement.
+du troisième degré ce dernier extraye trois racines carrées, on
+sait qu'il suffit de deux, puisque la troisième s'en déduit rationnellement.
-Nous allons maintenant appliquer cette condition aux équations
-irréductibles dont le degré est premier.
+Nous allons maintenant appliquer cette condition aux équations
+irréductibles dont le degré est premier.
%% -----File: 054.png---Folio 46-------
-\Section{}{Application aux équations irréductibles de degré premier.}
+\Section{}{Application aux équations irréductibles de degré premier.}
\Subsection{PROPOSITION VI.}
\begin{Lemme}
-Une équation irréductible de degré premier ne
-peut devenir réductible par l'adjonction d'un radical dont
-l'indice serait autre que le degré même de l'équation.
+Une équation irréductible de degré premier ne
+peut devenir réductible par l'adjonction d'un radical dont
+l'indice serait autre que le degré même de l'équation.
\end{Lemme}
Car si $r$,~$r'$, $r''$,~\dots\ sont les diverses valeurs du radical, et
-$Fx = 0$ l'équation proposée, il faudrait que $Fx$ se partageât en
+$Fx = 0$ l'équation proposée, il faudrait que $Fx$ se partageât en
facteurs
\[
-f(x,r) × f(x,r') × \dots,
+f(x,r) × f(x,r') × \dots,
\]
-tous de même degré, ce qui ne se peut, à moins que $f(x, r)$ ne
-soit du premier degré en~$x$.
+tous de même degré, ce qui ne se peut, à moins que $f(x, r)$ ne
+soit du premier degré en~$x$.
-Ainsi, une équation irréductible de degré premier ne peut
-devenir réductible, à moins que son groupe ne se réduise à une
+Ainsi, une équation irréductible de degré premier ne peut
+devenir réductible, à moins que son groupe ne se réduise à une
seule permutation.
\Subsection{PROPOSITION VII.}
\begin{Probleme}
-Quel est le groupe d'une équation irréductible
-d'un degré premier~$n$, soluble par radicaux?
+Quel est le groupe d'une équation irréductible
+d'un degré premier~$n$, soluble par radicaux?
\end{Probleme}
-D'après proposition précédente, le plus petit groupe possible,
+D'après proposition précédente, le plus petit groupe possible,
avant celui qui n'a qu'une seule permutation, contiendra $n$~permutations.
Or, un groupe du permutations d'un nombre premier~$n$
-de lettres ne peut se réduire à $n$~permutations, à moins que
-l'une de ces permutations ne se déduise de l'autre par une substitution
-circulaire de l'ordre~$n$. (\emph{Voir} le Mémoire de M.~Cauchy,
-\Title{Journal de l'École Polytechnique}, XVII\ieme~cahier.) Ainsi, l'avant-dernier
+de lettres ne peut se réduire à $n$~permutations, à moins que
+l'une de ces permutations ne se déduise de l'autre par une substitution
+circulaire de l'ordre~$n$. (\emph{Voir} le Mémoire de M.~Cauchy,
+\Title{Journal de l'École Polytechnique}, XVII\ieme~cahier.) Ainsi, l'avant-dernier
groupe sera
\[
\Tag{(G)}
@@ -2941,29 +2943,29 @@ x_{n-1}, &x_{0}, &x_{1}, &\dots, &\dots, &x_{n-4}, &x_{n-3}, &x_{n-2},
\end{array}
\right.
\]
-$x_{0}$, $x_{1}$, $x_{2}$,~\dots, $x_{n-1}$ étant les racines.
+$x_{0}$, $x_{1}$, $x_{2}$,~\dots, $x_{n-1}$ étant les racines.
%% -----File: 055.png---Folio 47-------
-Maintenant, le groupe qui précédera immédiatement celui-ci
-dans l'ordre des décompositions devra se composer d'un certain
-nombre de groupes ayant tous les mêmes substitutions que
+Maintenant, le groupe qui précédera immédiatement celui-ci
+dans l'ordre des décompositions devra se composer d'un certain
+nombre de groupes ayant tous les mêmes substitutions que
celui-ci. Or, j'observe que ces substitutions peuvent s'exprimer
-ainsi (faisons, en général, $x_{n} = x_{0}$, $x_{n+1} = x_{1}$,~\dots; il est clair
+ainsi (faisons, en général, $x_{n} = x_{0}$, $x_{n+1} = x_{1}$,~\dots; il est clair
que chacune des substitutions du groupe~\Eq{(G)} s'obtient en mettant
-partout à la place de $x_{k}$,~$x_{k+c}$, $c$~étant une constante).
+partout à la place de $x_{k}$,~$x_{k+c}$, $c$~étant une constante).
-Considérons l'un quelconque des groupes semblables au
-groupe~\Eq{(G)}. D'après le théorème~II, il devra s'obtenir en opérant
-partout dans ce groupe une même substitution; par exemple, en
-mettant partout dans le groupe~\Eq{(G)}, à la place de $x_{k}$,~$x_{f(k)}$, $f$~étant
+Considérons l'un quelconque des groupes semblables au
+groupe~\Eq{(G)}. D'après le théorème~II, il devra s'obtenir en opérant
+partout dans ce groupe une même substitution; par exemple, en
+mettant partout dans le groupe~\Eq{(G)}, à la place de $x_{k}$,~$x_{f(k)}$, $f$~étant
une certaine fonction.
-Les substitutions de ces nouveaux groupes devant être les
-mêmes que celles du groupe~\Eq{(G)}, on devra avoir
+Les substitutions de ces nouveaux groupes devant être les
+mêmes que celles du groupe~\Eq{(G)}, on devra avoir
\[
f(x + c) = f(k) + C,
\]
-$C$~étant indépendant de~$k$.
+$C$~étant indépendant de~$k$.
Donc
\begin{alignat*}{2}
@@ -2979,35 +2981,35 @@ ou bien
\[
f(k) = ak + b,
\]
-$a$~et~$b$ étant des constantes.
+$a$~et~$b$ étant des constantes.
-Donc, le groupe qui précède immédiatement le groupe~\Eq{(G)} ne
+Donc, le groupe qui précède immédiatement le groupe~\Eq{(G)} ne
devra contenir que des substitutions telles que
\[
x_{k}, \quad x_{ak+b},
\]
-et ne contiendra pas, par conséquent, d'autre substitution circulaire
+et ne contiendra pas, par conséquent, d'autre substitution circulaire
que celle du groupe~\Eq{(G)}.
%% -----File: 056.png---Folio 48-------
-On raisonnera sur ce groupe comme sur le précédent, et il s'ensuivra
-que le premier groupe dans l'ordre des décompositions,
-c'est-à-dire le groupe \emph{actuel} de l'équation, ne peut contenir que
+On raisonnera sur ce groupe comme sur le précédent, et il s'ensuivra
+que le premier groupe dans l'ordre des décompositions,
+c'est-à-dire le groupe \emph{actuel} de l'équation, ne peut contenir que
des substitutions de la forme
\[
x_{k},\quad x_{ak+b}.
\]
-Donc, \begin{Thm}si une équation irréductible de degré premier est
-soluble par radicaux, le groupe de cette équation ne saurait
+Donc, \begin{Thm}si une équation irréductible de degré premier est
+soluble par radicaux, le groupe de cette équation ne saurait
contenir que des substitutions de la forme
\[
x_{k}, \quad x_{ak+b},
\]
-$a$~et~$b$ étant des constantes.\end{Thm}
+$a$~et~$b$ étant des constantes.\end{Thm}
-Réciproquement, si cette condition a lieu, je dis que l'équation
-sera soluble par radicaux. Considérons, en effet, les fonctions
+Réciproquement, si cette condition a lieu, je dis que l'équation
+sera soluble par radicaux. Considérons, en effet, les fonctions
\begin{alignat*}{5}
& (x_{0} + \alpha x_{1} &&{}+ \alpha^{2} x_{2}
&&{}+ \dots + \alpha^{n-1} x_{n-1} &&)^{n} = X_{1} && ,
@@ -3020,14 +3022,14 @@ sera soluble par radicaux. Considérons, en effet, les fonctions
\\
\multispan{9}{\dotfill} & ,
\end{alignat*}
-$\alpha$ étant une racine~$n^{\text{ième}}$ de l'unité, $a$~une racine primitive de~$n$.
+$\alpha$ étant une racine~$n^{\text{ième}}$ de l'unité, $a$~une racine primitive de~$n$.
Il est clair que toute fonction invariable par les substitutions
-circulaires des quantités $X_{1}$, $X_{a}$, $X_{a^{2}}$,~\dots\ sera, dans ce cas, immédiatement
+circulaires des quantités $X_{1}$, $X_{a}$, $X_{a^{2}}$,~\dots\ sera, dans ce cas, immédiatement
connue. Donc, on pourra trouver $X_{1}$, $X_{a}$, $X_{a^{2}}$,~\dots, par
-la méthode de M.~Gauss pour les équations binômes. Donc,~etc.
+la méthode de M.~Gauss pour les équations binômes. Donc,~etc.
-Ainsi, pour qu'une équation irréductible de degré premier soit
+Ainsi, pour qu'une équation irréductible de degré premier soit
soluble par radicaux, il \emph{faut} et il \emph{suffit} que toute fonction invariable
par les substitutions
\[
@@ -3039,55 +3041,55 @@ Ainsi, la fonction
\[
(X_{1} - X) (X_{a} - X) (X_{a^{2}} - X) \dots
\]
-devra, quel que soit~$X$, être connue.
+devra, quel que soit~$X$, être connue.
%% -----File: 057.png---Folio 49-------
-Il \emph{faut} donc et il \emph{suffit} que l'équation qui donne cette fonction
+Il \emph{faut} donc et il \emph{suffit} que l'équation qui donne cette fonction
des racines admette, quel que soit~$X$, une valeur rationnelle.
-Si l'équation proposée a tous ses coefficients rationnels, l'équation
+Si l'équation proposée a tous ses coefficients rationnels, l'équation
auxiliaire qui donne cette fonction les aura tous aussi, et il
-suffira de reconnaître si cette équation auxiliaire du degré
-$1 · 2 · 3 \dots (n - 2)$ a ou non une racine rationnelle, ce que l'on
+suffira de reconnaître si cette équation auxiliaire du degré
+$1 · 2 · 3 \dots (n - 2)$ a ou non une racine rationnelle, ce que l'on
sait faire.
-C'est là le moyen qu'il faudrait employer dans la pratique. Mais
-nous allons présenter le théorème sous une autre forme.
+C'est là le moyen qu'il faudrait employer dans la pratique. Mais
+nous allons présenter le théorème sous une autre forme.
\Subsection{PROPOSITION VIII.}
\begin{Theoreme}
-Pour qu'une équation irréductible de degré
+Pour qu'une équation irréductible de degré
premier soit soluble par radicaux, il \emph{faut} et il \emph{suffit} que deux
-quelconques des racines étant connues, les autres s'en déduisent
+quelconques des racines étant connues, les autres s'en déduisent
rationnellement.
\end{Theoreme}
-Premièrement, il le faut, car la substitution
+Premièrement, il le faut, car la substitution
\[
x_{k}, \quad x_{ak+b}
\]
-ne laissant jamais deux lettres à la même place, il est clair qu'en
-adjoignant deux racines à l'équation, par la proposition~IV, son
-groupe devra se réduire à une seule permutation.
+ne laissant jamais deux lettres à la même place, il est clair qu'en
+adjoignant deux racines à l'équation, par la proposition~IV, son
+groupe devra se réduire à une seule permutation.
En second lieu, cela suffit; car, dans ce cas, aucune substitution
-du groupe ne laissera deux lettres aux mêmes places. Par conséquent,
+du groupe ne laissera deux lettres aux mêmes places. Par conséquent,
le groupe contiendra tout au plus $n(n - 1)$~permutations.
Donc, il ne contiendra qu'une seule substitution circulaire (sans
quoi il y aurait au moins $n^{2}$~permutations). Donc, toute substitution
-du groupe, $x_{k}$,~$x_{fk}$, devra satisfaire à la condition
+du groupe, $x_{k}$,~$x_{fk}$, devra satisfaire à la condition
\[
f(k + c) = f(k) + C.
\]
Donc, etc.
-Le théorème est donc démontré.
+Le théorème est donc démontré.
%% -----File: 058.png---Folio 50-------
-\Subsection{EXEMPLE DU THÉORÈME VII.}
+\Subsection{EXEMPLE DU THÉORÈME VII.}
Soit $n = 5$; le groupe sera le suivant:
%[** TN: Set in one column in the original; commented code below]
@@ -3129,60 +3131,60 @@ Soit $n = 5$; le groupe sera le suivant:
%% -----File: 059.png---Folio 51-------
-\Article{DES ÉQUATIONS PRIMITIVES}{}{QUI SONT SOLUBLES PAR RADICAUX\footnotemark. \\[6pt]
+\Article{DES ÉQUATIONS PRIMITIVES}{}{QUI SONT SOLUBLES PAR RADICAUX\footnotemark. \\[6pt]
(Fragment.)}
\footnotetext{\emph{Voir} la Note~1 de la page~\pageref{page33}.}
-Cherchons, en général, dans quel cas une équation primitive
-est soluble par radicaux. Or, nous pouvons de suite établir un
-caractère général fondé sur le degré même de ces équations. Ce
-caractère est celui-ci: \begin{Thm}Pour qu'une équation primitive soit résoluble
-par radicaux, il faut que son degré soit de la forme~$p^{\nu}$, $p$~étant
-premier.\end{Thm} Et de là suivra immédiatement que, lorsqu'on aura
-à résoudre par radicaux une équation irréductible dont le degré
-admettrait des facteurs premiers inégaux, on ne pourra le faire
-que par la méthode de décomposition due à M.~Gauss; sinon
-l'équation sera insoluble.
-
-Pour établir la propriété générale que nous venons d'énoncer
-relativement aux équations primitives qu'on peut résoudre par
-radicaux, nous pouvons supposer que l'équation que l'on veut
-résoudre soit primitive, mais cesse de l'être par l'adjonction d'un
+Cherchons, en général, dans quel cas une équation primitive
+est soluble par radicaux. Or, nous pouvons de suite établir un
+caractère général fondé sur le degré même de ces équations. Ce
+caractère est celui-ci: \begin{Thm}Pour qu'une équation primitive soit résoluble
+par radicaux, il faut que son degré soit de la forme~$p^{\nu}$, $p$~étant
+premier.\end{Thm} Et de là suivra immédiatement que, lorsqu'on aura
+à résoudre par radicaux une équation irréductible dont le degré
+admettrait des facteurs premiers inégaux, on ne pourra le faire
+que par la méthode de décomposition due à M.~Gauss; sinon
+l'équation sera insoluble.
+
+Pour établir la propriété générale que nous venons d'énoncer
+relativement aux équations primitives qu'on peut résoudre par
+radicaux, nous pouvons supposer que l'équation que l'on veut
+résoudre soit primitive, mais cesse de l'être par l'adjonction d'un
simple radical. En d'autres termes, nous pouvons supposer que,
-$n$ étant premier, le groupe de l'équation se partage en $n$ groupes
-irréductibles conjugués, mais non primitifs. Car, à moins que le
-degré de l'équation soit premier, un pareil groupe se présentera
-toujours dans la suite des décompositions.
-
-Soit $N$ le degré de l'équation, et supposons qu'après une extraction
-de racine de degré premier~$n$, elle devienne non primitive et
-se partage en $Q$~équations primitives de degré~$P$, au moyen d'une
-seule équation de degré~$Q$.
-
-Si nous appelons $G$ le groupe de l'équation, ce groupe devra se
-partager en $n$~groupes conjugués non primitifs, dans lesquels les
-lettres se rangeront en systèmes composés de $P$~lettres conjointes
-chacun. Voyons de combien de manières cela pourra se faire.
-
-Soit $H$ l'un des groupes conjugués non primitifs. Il est aisé de
+$n$ étant premier, le groupe de l'équation se partage en $n$ groupes
+irréductibles conjugués, mais non primitifs. Car, à moins que le
+degré de l'équation soit premier, un pareil groupe se présentera
+toujours dans la suite des décompositions.
+
+Soit $N$ le degré de l'équation, et supposons qu'après une extraction
+de racine de degré premier~$n$, elle devienne non primitive et
+se partage en $Q$~équations primitives de degré~$P$, au moyen d'une
+seule équation de degré~$Q$.
+
+Si nous appelons $G$ le groupe de l'équation, ce groupe devra se
+partager en $n$~groupes conjugués non primitifs, dans lesquels les
+lettres se rangeront en systèmes composés de $P$~lettres conjointes
+chacun. Voyons de combien de manières cela pourra se faire.
+
+Soit $H$ l'un des groupes conjugués non primitifs. Il est aisé de
%% -----File: 060.png---Folio 52-------
-voir que, dans ce groupe, deux lettres quelconques prises à volonté
-feront partie d'un certain système de $P$~lettres conjointes,
+voir que, dans ce groupe, deux lettres quelconques prises à volonté
+feront partie d'un certain système de $P$~lettres conjointes,
et ne feront partie que d'un seul.
Car, en premier lieu, s'il y avait deux lettres qui ne pussent
-faire partie d'un même système de $P$~lettres conjointes, le groupe~$G$,
+faire partie d'un même système de $P$~lettres conjointes, le groupe~$G$,
qui est tel que l'une quelconque de ses substitutions transforme
les unes dans les autres toutes les substitutions du groupe~$H$,
-serait non primitif, ce qui est contre l'hypothèse.
+serait non primitif, ce qui est contre l'hypothèse.
En second lieu, si deux lettres faisaient partie de plusieurs
-systèmes différents, il s'ensuivrait que les groupes qui répondent
-aux divers systèmes de $P$~lettres conjointes ne seraient pas primitifs,
-ce qui est encore contre l'hypothèse.
+systèmes différents, il s'ensuivrait que les groupes qui répondent
+aux divers systèmes de $P$~lettres conjointes ne seraient pas primitifs,
+ce qui est encore contre l'hypothèse.
-Cela posé, soient
+Cela posé, soient
\[
\begin{array}{*{5}{l}}
a_{0}, & a_{1}, & a_{2}, & \dots, & a_{P-1}, \\
@@ -3190,30 +3192,30 @@ b_{0}, & b_{1}, & b_{2}, & \dots, & b_{P-1}, \\
c_{0}, & c_{1}, & c_{2}, & \dots, & c_{P-1}
\end{array}
\]
-les $N$~lettres: supposons que chaque ligne horizontale représente
-un système de lettres conjointes. Soient
+les $N$~lettres: supposons que chaque ligne horizontale représente
+un système de lettres conjointes. Soient
\[
\DPtypo{a_{0}}{a_{0,0}},\quad a_{0,1}, \quad a_{0,2}, \ \dots, \quad a_{0,P-1}
\]
-$P$~lettres conjointes toutes situées dans la première colonne verticale.
+$P$~lettres conjointes toutes situées dans la première colonne verticale.
(Il est clair que nous pouvons faire qu'il en soit ainsi, en
intervertissant l'ordre des lignes horizontales.)
-Soient, de même,
+Soient, de même,
\[
a_{1,0}, \quad a_{1,1}, \quad a_{1,2}, \quad a_{1,3}, \ \dots, \quad a_{1,P-1}
\]
-$P$~lettres conjointes toutes situées dans la seconde colonne verticale,
+$P$~lettres conjointes toutes situées dans la seconde colonne verticale,
en sorte que
\[
a_{1,0}, \quad a_{1,1}, \quad a_{1,2}, \quad a_{1,3}, \ \dots, \quad a_{1,P-1}
\]
-appartiennent respectivement aux mêmes lignes horizontales
+appartiennent respectivement aux mêmes lignes horizontales
que
\[
a_{0,0}, \quad a_{0,1}, \quad a_{0,2}, \quad a_{0,3}, \ \dots, \quad a_{0,P-1};
\]
-soient, de même, les systèmes de lettres conjointes
+soient, de même, les systèmes de lettres conjointes
\[
\begin{array}{*{6}{l}}
a_{2,0}, &a_{2,1}, &a_{2,2}, &a_{2,3}, & \dots, &a_{2,P-1}, \\
@@ -3223,50 +3225,50 @@ a_{3,0}, &a_{3,1}, &a_{3,2}, &a_{3,3}, & \dots, &a_{3,P-1}, \\
\]
%% -----File: 061.png---Folio 53-------
nous obtiendrons ainsi, en tout, $P^{2}$~lettres. Si le nombre total
-des lettres n'est pas épuisé, on prendra un troisième indice, en
+des lettres n'est pas épuisé, on prendra un troisième indice, en
sorte que
\[
a_{m,n,0}, \quad a_{m,n,1}, \quad a_{m,n,2}, \quad a_{m,n,3},\ \dots, \quad a_{m,n,P-1}
\]
-soit, en général, un système de lettres conjointes; et l'on parviendra
-ainsi à cette conclusion, que $N = P^{\mu}$, $\mu$~étant un certain
-nombre égal à celui des indices différents dont on aura besoin. La
-forme générale des lettres sera
+soit, en général, un système de lettres conjointes; et l'on parviendra
+ainsi à cette conclusion, que $N = P^{\mu}$, $\mu$~étant un certain
+nombre égal à celui des indices différents dont on aura besoin. La
+forme générale des lettres sera
\[
a_{k_{1}, k_{2}, k_{3}, \dots, k_{\mu}},
\]
-$k_{1}$,~$k_{2}$, $k_{3}$,~\dots, $k_{\mu}$ étant des indices qui peuvent prendre chacun
+$k_{1}$,~$k_{2}$, $k_{3}$,~\dots, $k_{\mu}$ étant des indices qui peuvent prendre chacun
les $P$~valeurs $0$,~$1$, $2$, $3$,~\dots, $P - 1$.
-On voit aussi, par la manière dont nous avons procédé, que,
+On voit aussi, par la manière dont nous avons procédé, que,
dans le groupe~$H$, toutes les substitutions seront de la forme
\[
\bigl[a_{k_{1}, k_{2}, k_{3} \dots k_{\mu}}, \quad
a_{\phi(k_{1}), \DPtypo{\psi(k)_{2}}{\psi(k_{2})}, \chi(k_{3}) \dots, \sigma(k_{\mu})}
\bigr],
\]
-puisque chaque indice correspond à un système de lettres conjointes.
+puisque chaque indice correspond à un système de lettres conjointes.
Si $P$ n'est pas un nombre premier, on raisonnera sur le groupe
-de permutations de l'un quelconque des systèmes de lettres conjointes,
-comme sur le groupe~$G$, en remplaçant chaque indice
+de permutations de l'un quelconque des systèmes de lettres conjointes,
+comme sur le groupe~$G$, en remplaçant chaque indice
par un certain nombre de nouveaux indices, et l'on trouvera
-$P = R^{\alpha}$, et ainsi de suite; d'où enfin $N = p^{\nu}$, $p$~étant un nombre
+$P = R^{\alpha}$, et ainsi de suite; d'où enfin $N = p^{\nu}$, $p$~étant un nombre
premier.
-\Section{}{Des équations primitives de degrée~$p^{2}$.}
+\Section{}{Des équations primitives de degrée~$p^{2}$.}
-Arrêtons-nous un moment pour traiter de suite les équations
-primitives d'un degré~$p^{2}$, $p$~étant premier impair. (Le cas de
-$p = 2$ a été examiné.) Si une équation du degré~$p^{2}$ est soluble
+Arrêtons-nous un moment pour traiter de suite les équations
+primitives d'un degré~$p^{2}$, $p$~étant premier impair. (Le cas de
+$p = 2$ a été examiné.) Si une équation du degré~$p^{2}$ est soluble
par radicaux, supposons-la d'abord telle, qu'elle devienne non
primitive par une extraction de radical.
Soit donc $G$ un groupe primitif de $p^{2}$~lettres qui se partage
-en $n$~groupes non primitifs conjugués à~$H$.
+en $n$~groupes non primitifs conjugués à~$H$.
-Les lettres devront nécessairement, dans le groupe~$H$, se ranger
+Les lettres devront nécessairement, dans le groupe~$H$, se ranger
%% -----File: 062.png---Folio 54-------
ainsi:
\[
@@ -3278,18 +3280,18 @@ ainsi:
a_{p-1,0}, & a_{p-1,1}, & a_{p-1,2}, & a_{p-1,3}, & \dots, & \rlap{$a_{p-1,p-1},$}
\end{array}
\]
-chaque ligne horizontale et chaque ligne verticale étant un système
+chaque ligne horizontale et chaque ligne verticale étant un système
de lettres conjointes.
Si l'on permute entre elles les lignes horizontales, le groupe
-que l'on obtiendra, étant primitif et de degré premier, ne devra
+que l'on obtiendra, étant primitif et de degré premier, ne devra
contenir que des substitutions de la forme
\[
(a_{k_{1},k_{2}},\ a_{mk_{1}+n\DPtypo{}{,} k_{2}}),
\]
-les indices étant pris relativement au module~$p$.
+les indices étant pris relativement au module~$p$.
-Il en sera de même pour les lignes qui ne pourront donner que
+Il en sera de même pour les lignes qui ne pourront donner que
des substitutions de la forme
\[
(a_{k_{1},k_{2}},\ a_{k_{1}, qk_{2}+r}).
@@ -3299,28 +3301,28 @@ forme
\[
(\DPtypo{a_{k_{2},k_{3}}}{a_{k_{1},k_{2}}},\ a_{m_{1} k_{1}+n_{1}, m_{2} k_{2}+n_{2}}).
\]
-Si un groupe~$G$ se partage en $n$~groupes conjugués à celui que
-nous venons de décrire, toutes les substitutions du groupe~$G$ devront
+Si un groupe~$G$ se partage en $n$~groupes conjugués à celui que
+nous venons de décrire, toutes les substitutions du groupe~$G$ devront
transformer les unes dans les autres les substitutions circulaires
-du groupe~$H$, qui sont toutes écrites comme il suit:
+du groupe~$H$, qui sont toutes écrites comme il suit:
\[
\Tag{(a)}
(a_{k_{1},k_{2}},\ \dots,\ a_{k_{1}+\alpha_{1}, k_{2}+\alpha_{2}},\ \dots).
\]
Supposons donc que l'une des substitutions du groupe~$G$ se forme
-en remplaçant respectivement
+en remplaçant respectivement
\begin{align*}
k_{1} & \quad\text{par}\quad \phi_{1} (k_{1}, k_{2}),\\
k_{2} & \quad\text{par}\quad \phi_{2} (k_{1}, k_{2}).
\end{align*}
Si, dans les fonctions $\phi_{1}$,~$\phi_{2}$, on substitue pour $k_{1}$~et~$k_{2}$ les valeurs
-$k_{1} + \alpha_{1}$, $k_{2} + \alpha_{2}$, il devra venir des résultats de la forme
+$k_{1} + \alpha_{1}$, $k_{2} + \alpha_{2}$, il devra venir des résultats de la forme
\[
\phi_{1} + \beta_{1},\quad \phi_{2} + \beta_{2},
\]
%% -----File: 063.png---Folio 55-------
-et de là il est aisé de conclure immédiatement que les substitutions
-du groupe~$G$ doivent être toutes comprises dans la formule
+et de là il est aisé de conclure immédiatement que les substitutions
+du groupe~$G$ doivent être toutes comprises dans la formule
\[
\Tag{(A)}
(a_{k_{1}, k_{2}},\ a_{m_{1} k_{1} + n_{1} k + \alpha_{1} m_{2} k_{1} + n_{2} k_{2} + \alpha_{2}}),
@@ -3329,124 +3331,124 @@ Or nous savons, par le \no~\footnotemark,
que les substitutions du groupe~$G$
ne peuvent embrasser que $p^{2} - 1$ ou $p^{2} - p$ lettres. Ce n'est
point $p^{2} - p$, puisque, dans ce cas, le groupe~$G$ serait non primitif.
-Si donc, dans le groupe~$G$, on ne considère que les permutations
-où la lettre~$a_{0,0}$, par exemple, conserve toujours la même
+Si donc, dans le groupe~$G$, on ne considère que les permutations
+où la lettre~$a_{0,0}$, par exemple, conserve toujours la même
place, on n'aura que des substitutions de l'ordre $p^{2} - 1$ entre les
$p^{2} - 1$ autres lettres.
-\footnotetext{Ce Mémoire faisant suite à un travail de Galois que je ne possède pas, il
- m'est impossible d'indiquer le Mémoire cité ici et plus bas. \Annot{(A.~Ch.)}}
+\footnotetext{Ce Mémoire faisant suite à un travail de Galois que je ne possède pas, il
+ m'est impossible d'indiquer le Mémoire cité ici et plus bas. \Annot{(A.~Ch.)}}
-Mais rappelons-nous ici que c'est simplement pour la démonstration
-que nous avons supposé que le groupe primitif~$G$ se partageât
-en groupes conjugués non primitifs. Comme cette condition
-n'est nullement nécessaire, les groupes seront souvent beaucoup
-plus composés.
+Mais rappelons-nous ici que c'est simplement pour la démonstration
+que nous avons supposé que le groupe primitif~$G$ se partageât
+en groupes conjugués non primitifs. Comme cette condition
+n'est nullement nécessaire, les groupes seront souvent beaucoup
+plus composés.
-Il s'agit donc de reconnaître dans quel cas ces groupes pourront
-admettre des substitutions où $p^{2} - p$ lettres seulement varieraient,
+Il s'agit donc de reconnaître dans quel cas ces groupes pourront
+admettre des substitutions où $p^{2} - p$ lettres seulement varieraient,
et cette recherche va nous retenir quelque temps.
Soit donc $G$ un groupe qui contienne quelque substitution de
l'ordre $p^{2} - p$; je dis d'abord que toutes les substitutions de ce
-groupe seront linéaires, c'est-à-dire de la forme~\Eq{(A)}.
+groupe seront linéaires, c'est-à-dire de la forme~\Eq{(A)}.
La chose est reconnue vraie pour les substitutions de l'ordre
-$p^{2} - 1$; il suffit donc de la démontrer pour celles de l'ordre
-$p^{2} - p$. Ne considérons donc qu'un groupe où les substitutions
+$p^{2} - 1$; il suffit donc de la démontrer pour celles de l'ordre
+$p^{2} - p$. Ne considérons donc qu'un groupe où les substitutions
seraient toutes $m$ de l'ordre~$p^{2}$ ou de l'ordre $p^{2} - p$. (\emph{Voyez} l'endroit
-cité.)
+cité.)
Alors les $p$~lettres qui, dans une substitution de l'ordre $p^{2} - p$,
-ne varieront pas, devront être des lettres conjointes.
+ne varieront pas, devront être des lettres conjointes.
Supposons que ces lettres conjointes soient
\[
a_{0,0},\quad a_{0,1},\quad a_{0,2},\quad \dots, \quad a_{0,p-1}.
\]
-Nous pouvons déduire toutes les substitutions où ces $p$~lettres ne
-changent pas de place, nous pouvons les déduire de substitutions
+Nous pouvons déduire toutes les substitutions où ces $p$~lettres ne
+changent pas de place, nous pouvons les déduire de substitutions
%% -----File: 064.png---Folio 56-------
de la forme
\[
(a_{k_{1},k_{2}},\ a_{k_{1},\phi k_{2}})
\]
-et de substitutions de l'ordre $p^{2} - p$, dont la période serait de $p$~termes.
-(\emph{Voyez} encore l'endroit cité.)
+et de substitutions de l'ordre $p^{2} - p$, dont la période serait de $p$~termes.
+(\emph{Voyez} encore l'endroit cité.)
-Les premiers doivent nécessairement, pour que le groupe
-jouisse de la propriété voulue, se réduire à la forme
+Les premiers doivent nécessairement, pour que le groupe
+jouisse de la propriété voulue, se réduire à la forme
\[
(a_{k_{1},k_{2}},\ a_{k_{1},m k_{2}})
\]
-d'après ce qu'on a vu pour les équations de degré~$p$.
+d'après ce qu'on a vu pour les équations de degré~$p$.
-Quant aux substitutions dont la période serait de $p$~termes,
-comme elles sont conjuguées aux précédentes, nous pouvons supposer
+Quant aux substitutions dont la période serait de $p$~termes,
+comme elles sont conjuguées aux précédentes, nous pouvons supposer
un groupe qui les contienne sans contenir celles-ci: donc
elles devront transformer les substitutions circulaires~\Eq{(a)} les unes
-dans les autres; donc elles seront aussi linéaires.
+dans les autres; donc elles seront aussi linéaires.
-Nous sommes donc arrivés à cette conclusion, que le groupe
+Nous sommes donc arrivés à cette conclusion, que le groupe
primitif de permutations de $p^{2}$~lettres doit ne contenir que des
substitutions de la forme~\Eq{(A)}.
-Maintenant, prenons le groupe total que l'on obtient en opérant
+Maintenant, prenons le groupe total que l'on obtient en opérant
sur l'expression
\[
a_{k_{1},k_{2}}
\]
-toutes les substitutions linéaires possibles, et cherchons quels
-sont les diviseurs de ce groupe qui peuvent jouir de la propriété
-voulue pour la résolubilité des équations.
+toutes les substitutions linéaires possibles, et cherchons quels
+sont les diviseurs de ce groupe qui peuvent jouir de la propriété
+voulue pour la résolubilité des équations.
-Quel est d'abord le nombre total des substitutions linéaires?
-Premièrement, il est clair que toute transformation de la forme
+Quel est d'abord le nombre total des substitutions linéaires?
+Premièrement, il est clair que toute transformation de la forme
\[
k_{1},\ k_{2},\quad m_{1}k_{1} + n_{1}k_{2} + \alpha_{1},\ m_{2}k_{1} + n_{2}k_{2} + \alpha_{2}
\]
ne sera pas pour cela une substitution; car il faut, dans une substitution,
-qu'à chaque lettre de la première permutation il ne réponde
-qu'une seule lettre de la seconde, et réciproquement.
+qu'à chaque lettre de la première permutation il ne réponde
+qu'une seule lettre de la seconde, et réciproquement.
Si donc on prend une lettre quelconque $a_{l_{1},l_{2}}$ de la seconde permutation,
-et que l'on remonte à la lettre correspondante dans la
-première, on devra trouver une lettre $a_{k_{1},k_{2}}$ où les indices $k_{1}$,~$k_{2}$
-seront parfaitement déterminés. Il faut donc que, quels que soient
-$l_{1}$~et~$l_{2}$, on ait, par les deux équations
+et que l'on remonte à la lettre correspondante dans la
+première, on devra trouver une lettre $a_{k_{1},k_{2}}$ où les indices $k_{1}$,~$k_{2}$
+seront parfaitement déterminés. Il faut donc que, quels que soient
+$l_{1}$~et~$l_{2}$, on ait, par les deux équations
\[
m_{1}k_{1} + n_{1}k_{2} + \alpha_{1} = l_{1}, \quad
m_{2}k_{1} + n_{2}k_{2} + \alpha_{2} = l_{2},
\]
%% -----File: 065.png---Folio 57-------
-des valeurs de $k_{1}$~et~$k_{2}$ finies et déterminées. Ainsi la condition
-pour qu'une pareille transformation soit réellement une substitution
+des valeurs de $k_{1}$~et~$k_{2}$ finies et déterminées. Ainsi la condition
+pour qu'une pareille transformation soit réellement une substitution
est que $m_{1}n_{2} - m_{2}n_{1}$ ne soit ni nul ni divisible par le module~$p$,
-ce qui est la même chose.
+ce qui est la même chose.
-Je dis maintenant que, bien que ce groupe à substitutions
-linéaires n'appartienne pas toujours, comme on le verra, à des
-équations solubles par radicaux, il jouira toutefois de cette propriété,
+Je dis maintenant que, bien que ce groupe à substitutions
+linéaires n'appartienne pas toujours, comme on le verra, à des
+équations solubles par radicaux, il jouira toutefois de cette propriété,
que, si dans une quelconque de ses substitutions il y a $n$~lettres
de fixes, $n$~divisera le nombre des lettres. Et, en effet, quel
que soit le nombre des lettres qui restent fixes, on pourra exprimer
-cette circonstance par des équations linéaires qui donneront
+cette circonstance par des équations linéaires qui donneront
tous les indices de l'une des lettres fixes, au moyen d'un certain
-nombre d'entre eux. Donnant à chacun de ces indices, restés arbitraires,
-$p$~valeurs, on aura $p^{m}$~systèmes de valeurs, $m$~étant un certain
-nombre. Dans le cas qui nous occupe, $m$~est nécessairement
-$< 2$ et se trouve par conséquent être $0$ ou~$1$. Donc le nombre des
-substitutions ne saurait être plus grand que
+nombre d'entre eux. Donnant à chacun de ces indices, restés arbitraires,
+$p$~valeurs, on aura $p^{m}$~systèmes de valeurs, $m$~étant un certain
+nombre. Dans le cas qui nous occupe, $m$~est nécessairement
+$< 2$ et se trouve par conséquent être $0$ ou~$1$. Donc le nombre des
+substitutions ne saurait être plus grand que
\[
p^{2}(p^{2} - 1)(p^{2} - p).
\]
-Ne considérons maintenant que les substitutions linéaires où la
+Ne considérons maintenant que les substitutions linéaires où la
lettre~$a_{0,0}$ ne varie pas; si, dans ce cas, nous trouvons le nombre
total des permutations du groupe qui contient toutes les substitutions
-linéaires possibles, il nous suffira de multiplier ce nombre
+linéaires possibles, il nous suffira de multiplier ce nombre
par~$p^{2}$.
-Or, premièrement, en substituant $p$ à l'indice~$k_{2}$, toutes les
+Or, premièrement, en substituant $p$ à l'indice~$k_{2}$, toutes les
substitutions de la forme
\[
(a_{k_{1}, k_{2}},\ a_{m_{1}k_{1}, k_{2}})
@@ -3458,12 +3460,12 @@ ajoutant au terme~$k_{2}$ le terme~$m_{2}k_{1}$, ainsi qu'il suit:
(k_{1},\ k_{2},\ m_{1}k_{1},\ m_{2}k_{1} + k_{2}).
\]
-D'un autre côté, il est aisé de trouver un groupe linéaire
+D'un autre côté, il est aisé de trouver un groupe linéaire
de $p^{2} - 1$ permutations, tel que, dans chacune de ses substitutions,
-toutes les lettres, à l'exception de~$a_{0,0}$, varient. Car, en
-remplaçant le double indice $k_{1}$,~$k_{2}$ par l'indice simple $k_{1} + ik_{2}$,
+toutes les lettres, à l'exception de~$a_{0,0}$, varient. Car, en
+remplaçant le double indice $k_{1}$,~$k_{2}$ par l'indice simple $k_{1} + ik_{2}$,
%% -----File: 066.png---Folio 58-------
-$i$~étant une racine primitive de
+$i$~étant une racine primitive de
\[
x^{p^{2}-1}\! - 1 = 0\ (\mod p),
\]
@@ -3471,41 +3473,41 @@ il est clair que toute substitution de la forme
\[
[a_{k_{1}+k_{2} l},\ a_{(m_{1}+m_{2}l)(k_{1}+k_{2}l)}]
\]
-sera une substitution linéaire; mais, dans ces substitutions, aucune
-lettre ne reste à la même place, et elles sont au nombre
+sera une substitution linéaire; mais, dans ces substitutions, aucune
+lettre ne reste à la même place, et elles sont au nombre
de~$p^{2} - 1$.
-Nous avons donc un système de $p^{2} - 1$ permutations tel que,
-dans chacune de ses substitutions, toutes les lettres varient, à
+Nous avons donc un système de $p^{2} - 1$ permutations tel que,
+dans chacune de ses substitutions, toutes les lettres varient, à
l'exception de~$a_{0,0}$. Combinant ces substitutions avec les $p^{2} - p$
-dont il est parlé plus haut, nous aurons
+dont il est parlé plus haut, nous aurons
\[
(p^{2} - 1)(p^{2} - p) \text{ substitutions}.
\]
Or, nous avons vu \textit{a~priori} que le nombre des substitutions
-où $a_{0,0}$~reste fixe ne pouvait être plus grand que $(p^{2} - 1)(p^{2} - p)$.
-Donc il est précisément égal à $(p^{2} - 1)(p^{2} - p)$, et le groupe
-linéaire total aura en tout
+où $a_{0,0}$~reste fixe ne pouvait être plus grand que $(p^{2} - 1)(p^{2} - p)$.
+Donc il est précisément égal à $(p^{2} - 1)(p^{2} - p)$, et le groupe
+linéaire total aura en tout
\[
p^{2}(p^{2} - 1)(p^{2} - p) \text{ permutations}.
\]
-Il reste à chercher les diviseurs de ce groupe, qui peuvent
-jouir de la propriété d'être solubles par radicaux. Pour cela, nous
+Il reste à chercher les diviseurs de ce groupe, qui peuvent
+jouir de la propriété d'être solubles par radicaux. Pour cela, nous
allons faire une transformation qui a pour but d'abaisser autant
-que possible les équations générales de degré~$p^{2}$ dont le groupe
-serait linéaire.
+que possible les équations générales de degré~$p^{2}$ dont le groupe
+serait linéaire.
-Premièrement, comme les substitutions circulaires d'un pareil
+Premièrement, comme les substitutions circulaires d'un pareil
groupe sont telles, que toute autre substitution du groupe les
-transforme les unes dans les autres, on pourra abaisser l'équation
-d'un degré et considérer une équation de degré $p^{2} - 1$ dont le
+transforme les unes dans les autres, on pourra abaisser l'équation
+d'un degré et considérer une équation de degré $p^{2} - 1$ dont le
groupe n'aurait que des substitutions de la forme
\[
(b_{k_{1}, k_{2}},\ b_{m_{1}k_{1}+n_{1}k_{2},\: m_{2}k_{1}+n_{2}k_{2}}),
\]
-les $p^{2} - 1$ lettres étant
+les $p^{2} - 1$ lettres étant
\[
\begin{array}{*{5}{l}}
&b_{0,1}, &b_{0,2}, &b_{0,3}, &\dots,\\
@@ -3517,15 +3519,15 @@ b_{2,0}, &b_{2,1}, &b_{2,2}, &b_{2,3}, &\dots,\\
%% -----File: 067.png---Folio 59-------
J'observe maintenant que ce groupe est non primitif, en sorte
-que toutes les lettres où le rapport des deux indices est le même
+que toutes les lettres où le rapport des deux indices est le même
sont des lettres conjointes. Si l'on remplace par une seule lettre
-chaque système de lettres conjointes, on aura un groupe dont
+chaque système de lettres conjointes, on aura un groupe dont
toutes les substitutions seront de la forme
\[
\biggl(b_{\efrac{k_{1}}{k_{2}}},\
b_{\efrac{m_{1} k_{1} + n_{1} k_{2}}{m_{2} k_{1} + n_{2} k_{2}}}\biggr),
\]
-$\dfrac{k_{1}}{k_{2}}$ étant les nouveaux indices. En remplaçant ce rapport par un
+$\dfrac{k_{1}}{k_{2}}$ étant les nouveaux indices. En remplaçant ce rapport par un
seul indice~$k$, on voit que les $p + 1$~lettres seront
\[
b_{0}, \quad b_{1}, \quad b_{2}, \quad b_{3}, \quad \dots, \quad b_{p-1}, \quad b_{\efrac{1}{0}},
@@ -3536,12 +3538,12 @@ et les substitutions seront de la forme
\]
Cherchons combien de lettres, dans chacune de ces substitutions,
-restent à la même place; il faut pour cela résoudre l'équation
+restent à la même place; il faut pour cela résoudre l'équation
\[
(rk + s)k - m(mk + n) = 0,
\]
qui aura deux, ou une, ou aucune racine, suivant que $(m - s)^{2} + 4nr$
-sera résidu quadratique, nul ou non résidu quadratique. Suivant
+sera résidu quadratique, nul ou non résidu quadratique. Suivant
ces trois cas, la substitution sera de l'ordre $p - 1$, ou~$p$, ou~$p + 1$.
On peut prendre pour type des deux premiers cas les substitutions
@@ -3549,32 +3551,32 @@ de la forme
\[
(k,\ mk + n),
\]
-où la seule lettre~$b_{\efrac{1}{0}}$ ne varie pas, et de là on voit que le nombre
-total des substitutions du groupe réduit est
+où la seule lettre~$b_{\efrac{1}{0}}$ ne varie pas, et de là on voit que le nombre
+total des substitutions du groupe réduit est
\[
(p + 1)p(p - 1).
\]
-C'est après avoir ainsi réduit ce groupe que nous allons le
-traiter généralement. Nous chercherons d'abord dans quel cas un
+C'est après avoir ainsi réduit ce groupe que nous allons le
+traiter généralement. Nous chercherons d'abord dans quel cas un
diviseur de ce groupe, qui contiendrait des substitutions de
-l'ordre~$p$, pourrait appartenir à une équation soluble par radicaux.
+l'ordre~$p$, pourrait appartenir à une équation soluble par radicaux.
-Dans ce cas, l'équation serait primitive et elle ne pourrait être
+Dans ce cas, l'équation serait primitive et elle ne pourrait être
%% -----File: 068.png---Folio 60-------
-soluble par radicaux, à moins que l'on n'eût $p + 1 = 2^{n}$, $n$~étant
+soluble par radicaux, à moins que l'on n'eût $p + 1 = 2^{n}$, $n$~étant
un certain nombre.
Nous pouvons supposer que le groupe ne contienne que des
substitutions de l'ordre~$p$ et de l'ordre~$p + 1$. Toutes les substitutions
-de l'ordre~$p + 1$ seront par conséquent semblables, et leur
-période sera de deux termes.
+de l'ordre~$p + 1$ seront par conséquent semblables, et leur
+période sera de deux termes.
Prenons donc l'expression
\[
\biggl(k,\ \frac{mk + n}{rk + s}\biggr),
\]
-et voyons dans quel cas cette substitution peut avoir une période
+et voyons dans quel cas cette substitution peut avoir une période
de deux termes. Il faut pour cela que la substitution inverse se
confonde avec elle. La substitution inverse est
\[
@@ -3590,10 +3592,10 @@ ou encore
\[
k,\ m + \frac{N}{k - m},
\]
-$N$~étant un certain nombre qui est le même pour toutes les substitutions,
-puisque ces substitutions doivent être transformées les
+$N$~étant un certain nombre qui est le même pour toutes les substitutions,
+puisque ces substitutions doivent être transformées les
unes dans les autres par toutes les substitutions de l'ordre~$p$,
-$(k, k+m)$; or ces substitutions doivent, de plus, être conjuguées
+$(k, k+m)$; or ces substitutions doivent, de plus, être conjuguées
les unes des autres. Si donc
\[
\biggl(k,\ m + \frac{N}{k - m}\biggr), \qquad
@@ -3609,21 +3611,21 @@ savoir
(m - n)^{2} = 2N.
\]
-Donc la différence entre deux valeurs de~$m$ ne peut acquérir
+Donc la différence entre deux valeurs de~$m$ ne peut acquérir
%% -----File: 069.png---Folio 61-------
-que deux valeurs différentes; donc $m$ ne peut avoir plus de trois
+que deux valeurs différentes; donc $m$ ne peut avoir plus de trois
valeurs; donc enfin $p = 3$. Ainsi, c'est seulement dans ce cas
-que le groupe réduit pourra contenir des substitutions de l'ordre~$p$.
+que le groupe réduit pourra contenir des substitutions de l'ordre~$p$.
-Et, en effet, la réduite sera alors du quatrième degré, et, par
-conséquent, soluble par radicaux.
+Et, en effet, la réduite sera alors du quatrième degré, et, par
+conséquent, soluble par radicaux.
-Nous savons par là qu'en général, parmi les substitutions de notre
-groupe réduit, il ne devra pas se trouver de substitutions de
+Nous savons par là qu'en général, parmi les substitutions de notre
+groupe réduit, il ne devra pas se trouver de substitutions de
l'ordre~$p$. Peut-il y en avoir de l'ordre~$p - 1$? C'est ce que je vais
rechercher\footnotemark.
-\footnotetext{J'ai cherché inutilement dans les papiers de Galois la continuation de ce
+\footnotetext{J'ai cherché inutilement dans les papiers de Galois la continuation de ce
qu'on vient de lire. \Annot{(A.~Ch.)}}
\vfil
@@ -3634,35 +3636,35 @@ rechercher\footnotemark.
\BackMatter
-\Contents % ** Prints: "TABLE DES MATIÈRES." and "Pages."
+\Contents % ** Prints: "TABLE DES MATIÈRES." and "Pages."
\ToCArt{\textsc{Introduction}}{1}
-\ToCChap{I.}{ARTICLES PUBLIÉS PAR GALOIS.}
+\ToCChap{I.}{ARTICLES PUBLIÉS PAR GALOIS.}
-\ToCArt{Démonstration d'un théorème sur les fractions continues périodiques}{1}
+\ToCArt{Démonstration d'un théorème sur les fractions continues périodiques}{1}
\ToCArt{Notes sur quelques points d'Analyse}{9}
-\ToCArt{Analyse d'un Mémoire sur la résolution algébrique des équations}{11}
+\ToCArt{Analyse d'un Mémoire sur la résolution algébrique des équations}{11}
-\ToCArt{Note sur la résolution des équations numériques}{13}
+\ToCArt{Note sur la résolution des équations numériques}{13}
-\ToCArt{Sur la théorie des nombres}{15}
+\ToCArt{Sur la théorie des nombres}{15}
\ToCChap{II.}{{\OE}UVRES POSTHUMES.}
-\ToCArt{Lettre à Auguste Chevalier}{25}
+\ToCArt{Lettre à Auguste Chevalier}{25}
-\ToCArt{Mémoire sur les conditions de résolubilité des équations par radicaux}{33}
+\ToCArt{Mémoire sur les conditions de résolubilité des équations par radicaux}{33}
-\ToCArt{Des équations primitives qui sont solubles par radicaux (fragment)}{51}
+\ToCArt{Des équations primitives qui sont solubles par radicaux (fragment)}{51}
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-FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
+FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
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-End of the Project Gutenberg EBook of Oeuvres mathématiques d'Évariste Galois, by
-Évariste Galois
+End of the Project Gutenberg EBook of Oeuvres mathématiques d'Évariste Galois, by
+Évariste Galois
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK OEUVRES MATHÉMATIQUES ***
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK OEUVRES MATHÉMATIQUES ***
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Overfull \hbox (0.79935pt too wide) in paragraph at lines 2333--2337
-[]\T1/cmr/m/n/12 Mais quand les co-ef-fi-cients d'une équa-tion ne seront \T1/c
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+[]\T1/cmr/m/n/12 Mais quand les co-ef-fi-cients d'une équa-tion ne seront \T1/c
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Overfull \hbox (3.21407pt too wide) in paragraph at lines 3673--3673
-[]\T1/cmtt/m/n/9 End of the Project Gutenberg EBook of Oeuvres mathématiques d'
-Évariste Galois, by[]
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+Évariste Galois, by[]
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