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+The Project Gutenberg EBook of Project de restauration de Notre-Dame de
+Paris, by Jean-Baptiste Lassus and Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Project de restauration de Notre-Dame de Paris
+
+Author: Jean-Baptiste Lassus and Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc
+
+Release Date: July 27, 2006 [EBook #18920]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PROJECT DE RESTAURATION DE ***
+
+
+
+
+Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
+Proofreaders Europe team at http://dp.rastko.net
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+PROJET DE RESTAURATION
+
+DE
+
+NOTRE-DAME DE PARIS
+
+Par MM. Lassus et Viollet-Leduc
+
+RAPPORT
+
+Adressé à M. le Ministre de la Justice et des Cultes,
+
+Annexé au projet de restauration, remis le 31 janvier 1845.
+
+PARIS.
+
+IMPRIMERIE DE Mme DE LACOMBE,
+
+RUE D'ENGHIEN, 12.
+
+1843.
+
+
+
+
+=NOTRE-DAME DE PARIS.=
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+=Première Partie.=
+
+=Considérations générales sur le système de la Restauration.=
+
+
+ MONSIEUR LE MINISTRE,
+
+En nous chargeant de la rédaction du projet de restauration de la
+cathédrale de Paris, nous ne nous sommes dissimulé, ni l'importance de
+la tâche que vous vouliez bien nous confier, ni la gravité des questions
+et des difficultés que nous aurions à résoudre.
+
+Dans un semblable travail on ne saurait agir avec trop de prudence et de
+discrétion; et nous le disons les premiers, une restauration peut être
+plus désastreuse pour un monument que les ravages des siècles et les
+fureurs populaires! car le temps et les révolutions détruisent, mais
+n'ajoutent rien. Au contraire, une restauration peut, en ajoutant de
+nouvelles formes, faire disparaître une foule de vestiges, dont la
+rareté et l'état de vétusté augmentent même l'intérêt.
+
+Dans ce cas, on ne sait vraiment ce qu'il y a de plus à craindre, ou de
+l'incurie qui laisse tomber à terre ce qui menace ruine, ou de ce zèle
+ignorant qui ajoute, retranche, complète, et finit par transformer un
+monument ancien en un monument neuf, dépouillé de tout intérêt
+historique.
+
+Aussi comprend-on parfaitement qu'à la vue de semblables dangers,
+l'archéologie se soit émue, et que des hommes entièrement dévoués à la
+conservation de nos monumens, aient dit: «En principe, il ne faut pas
+restaurer; soutenez, consolidez, remplacez, comme à l'arc d'Orange, la
+pierre entièrement rongée par de la pierre neuve, mais gardez-vous d'y
+tailler des moulures ou des sculptures.»
+
+Nous comprenons la rigueur de ces principes, nous les acceptons
+complètement, mais seulement, lorsqu'il s'agira d'une ruine curieuse,
+sans destination, et sans utilité actuelle.
+
+Car ils nous paraîtraient fort exagérés dans la restauration d'un
+édifice dont l'utilité est encore aussi réelle, aussi incontestable
+aujourd'hui, qu'au jour de son achèvement; d'une église, enfin, élevée
+par une religion dont l'immuabilité est un des principes fondamentaux.
+Dans ce cas, il faut non seulement que l'artiste s'attache à soutenir,
+consolider et conserver; mais encore il doit faire tous ses efforts pour
+rendre à l'édifice, par des restaurations prudentes, la richesse et
+l'éclat dont il a été dépouillé. C'est ainsi qu'il pourra conserver à la
+postérité l'unité d'aspect et l'intérêt des détails du monument qui lui
+aura été confié.
+
+Cependant, nous sommes loin de vouloir dire qu'il est nécessaire de
+faire disparaître toutes les additions postérieures à la construction
+primitive et de ramener le monument à sa première forme; nous pensons,
+au contraire, que chaque partie ajoutée, à quelque époque que ce soit,
+doit, en principe, être conservée, consolidée et restaurée dans le style
+qui lui est propre, et cela avec une religieuse discrétion, avec une
+abnégation complète de toute opinion personnelle.
+
+L'artiste doit s'effacer entièrement, oublier ses goûts, ses instincts,
+pour étudier son sujet, pour retrouver et suivre la pensée qui a présidé
+à l'exécution de l'oeuvre qu'il veut restaurer; car il ne s'agit pas,
+dans ce cas, de faire de l'art, mais seulement de se soumettre à l'art
+d'une époque qui n'est plus. Sous peine d'être entraîné, malgré lui,
+dans les voies les plus dangereuses, l'artiste doit reproduire
+scrupuleusement non seulement ce qui peut lui paraître défectueux au
+point de vue de l'art, mais même, nous ne craignons pas de le dire, au
+point de vue de la construction. En effet, la construction se trouve
+essentiellement liée à la forme, et le moindre changement dans cette
+partie si importante de l'architecture gothique en entraîne bientôt un
+autre, puis un autre encore, et, de proche en proche, on est amené à
+modifier complètement le système primitif de construction pour lui en
+substituer un moderne; et cela trop souvent aux dépens de la forme.
+D'ailleurs, en agissant ainsi, on détruit une des curieuses pages de
+l'histoire de l'art de bâtir, et plus la prétendue amélioration est
+réelle, plus le mensonge historique est flagrant.
+
+Ce que nous disons pour la conservation du système de construction, nous
+le dirons aussi pour la conservation rigoureuse des matériaux employés
+dans les formes primitives, d'abord dans l'intérêt historique, et
+surtout dans l'intérêt de l'art; car, en changeant la matière, il est
+impossible de conserver la forme; ainsi, la fonte ne peut pas plus
+reproduire l'aspect de la pierre que le fer ne peut se prêter à rendre
+celui du bois. Au reste, il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un
+coup d'oeil sur les essais qui ont été tentés dans ce sens, soit à
+Rouen, pour la flèche de la cathédrale, soit à Séez, pour les pyramides
+des contreforts, soit à Rheims, pour la chapelle de l'archevêché.
+Partout enfin où la fonte a remplacé la pierre, l'oeil le moins exercé
+ne peut s'y tromper. À Rouen, comme à Séez et à Rheims, la fonte n'a pu
+reproduire que des formes dépouillées, tandis que les moulures et les
+sculptures en pierre de ces monumens sont refouillées au ciseau et
+impossibles à mouler d'une seule pièce. Mais ce ne sont là que de
+faibles inconvéniens relativement à ceux bien plus graves que la fonte
+offre sous le rapport de la solidité. En effet, sans parler du poids,
+qui est beaucoup plus considérable qu'on avait pu le prévoir avant
+l'exécution de grandes pièces, un brusque changement de température, une
+commotion atmosphérique, suffisent pour briser la fonte fragile comme du
+verre. De plus, cette matière non seulement ne se marie jamais avec la
+pierre, mais elle est pour cette dernière une cause incessante de ruine,
+par l'oxidation que l'on ne peut jamais empêcher. Comme couleur, nous
+n'avons pas besoin de dire que la fonte ne peut jamais reproduire celle
+de la pierre, puisque, lors même qu'on la couvre d'une couche épaisse de
+peinture, l'oxide rouge du fer la détruit si promptement qu'il faut
+continuellement la renouveler. Quant à la raison d'économie, elle tombe
+facilement devant les résultats de l'expérience et les calculs que nous
+donnons plus bas[1].
+
+[Note 1: Tableau comparé des prix des fenêtres à meneaux en pierre
+ou en fonte, présenté au conseil des bâtimens civils, à sa séance du 13
+février 1840.
+
+_Évaluation faite pour les fenêtres de Saint-Germain-l'Auxerrois._
+
+PIERRE.
+
+Maçonnerie d'après un mémoire
+réglé et accepté par l'entrepreneur.
+Le résumé du mémoire
+se monte à...........................................1,231 23
+
+MENUISERIE.
+
+Pour les calibres en feuillets, taillés
+sur l'épure, 27 00, courant
+de feuillet sapin, 0,70 c vaut..........................18 70
+
+La façon desdits pour corroyer,
+joindre, coller, tracer et chantourner,
+douze journées de
+menuisier à 5 francs....................................60 »
+
+Fourniture de colle forte et
+clous estimés............................................6 »
+
+SCULPTURE.
+
+8 chapiteaux à 10 fr. chaque............................80 »
+
+Fourniture de 17 lames de plomb
+entre les joints et 26 goujons en
+plomb...................................................90 »
+
+Total................................................1,485 93
+
+FONTE.
+
+En supposant la répartition des modèles
+sur 24 fenêtres identiquement semblables,
+la fonte coûterait 65 fr. les 100 kil.
+compris les frais de modèle.
+
+(Il faut remarquer ici, que si les fenêtres
+étaient toutes variées, les frais de modèles
+augmenteraient beaucoup le prix
+du kil. de fonte.)
+
+Le poids total d'une fenêtre, dont toutes
+les parties seraient fondues en coquilles
+et ajustées comme l'indique la figure, serait
+de 1,200 k. à 65 f. le k. vaut.........................780 »
+
+L'ajustement et assemblage de
+toutes les parties boulonnées
+avec 130 âmes de fer forgé, et
+200 vis taraudées, retouché au
+burin, estimé..........................................600 »
+
+Le double transport et montage
+conjointement avec les maçons,
+estimé pour le serrurier seulement......................80 »
+
+5 journées de compagnon, maçon
+et garçon...............................................31 »
+
+PEINTURE.
+
+Première couche au minium et
+deux couches couleur de pierre,
+estimées, superficiel, à 1 f. 25 c......................30 »
+
+Plus value des chapiteaux...............................16 »
+
+Échafaudage.............................................25 »
+
+Total................................................1,562 »
+]
+
+Un autre mode de restauration, tenté depuis quelques années, présente un
+résultat encore plus déplorable; nous voulons parler des mastics,
+cimens, et enfin toutes matières étrangères à la pierre, avec laquelle
+on a vainement essayé de les souder à l'aide de moyens toujours
+destructifs. L'application de ces cimens nécessite d'abord la
+dégradation de toutes les parties que l'on veut restaurer, plus l'emploi
+du fer, nouvelle cause de ruine, et tout cela, pour arriver à un
+résultat qui n'offre aucune chance de durée, et qui ne laisse après lui
+aucun vestige de ce qui existait d'abord. Admettant même que le moyen
+soit durable, l'aspect du mastic ne sera jamais celui de la pierre;
+difficile à employer, d'une sécheresse qui ne peut rendre, ni la
+franchise, ni le grain de la pierre, cette matière conservera toujours
+son apparence de pâte modelée. Ce que nous venons de dire, l'expérience
+l'a prouvé. Partout où ils ont été employés, ces cimens se détachent de
+la pierre, se gercent, se décomposent à l'air: que restera-t-il alors
+qu'ils seront tombés?
+
+Mais on ne s'est pas borné à restaurer de la sculpture par ce moyen, on
+a été jusqu'à remplacer de la vieille pierre par de la neuve, sur
+laquelle on a collé des ornemens en mastic! Dans ce cas, nous pensons
+que la raison d'économie était surtout invoquée. Eh bien! la sculpture
+dans la pierre tendre n'est pas plus chère que de la sculpture en
+ciment, et l'ouvrier habile préfère toujours le travail de la pierre. Il
+n'y a donc que la différence du prix de la matière, mais cette
+différence n'est pas à l'avantage du ciment, si l'on compte, et les
+crampons qu'il faut employer, et la difficulté de sceller, et la perte
+d'une grande partie de ce ciment, qui ne peut être employé que frais.
+
+Ces motifs, Monsieur le Ministre, sont plus que suffisans pour que nous
+croyions devoir rejeter entièrement l'emploi de la fonte, du mastic et
+de toutes les matières étrangères à la construction primitive, dans le
+projet de restauration que nous avons l'honneur de vous soumettre.
+
+Quant à la restauration des bas-reliefs qui ornent extérieurement et
+intérieurement la cathédrale de Paris, nous croyons qu'il est impossible
+de l'exécuter dans le style de l'époque, et nous sommes convaincus que
+l'état de mutilation, peu grave d'ailleurs, dans lequel ils se trouvent,
+est de beaucoup préférable à une apparence de restauration, qui ne
+serait que très éloignée de leur caractère primitif; car, quel est le
+sculpteur qui pourrait retrouver, au bout de son ciseau, cette naïveté
+des siècles passés! Nous pensons donc que le remplacement de toutes les
+statues qui ornaient les portails, la galerie des rois, et les
+contreforts, ne peut être exécuté qu'à l'aide de copies de statues
+existantes dans d'autres monumens analogues, et de la même époque. Les
+modèles ne manquent pas à Chartres, à Rheims, à Amiens, et dans tant
+d'autres églises qui couvrent le sol de la France. Ces mêmes cathédrale
+nous offriront aussi les modèles des vitraux qu'il faudra replacer à
+Notre-Dame, modèles qu'il serait impossible d'imiter, et qu'il est
+beaucoup plus sage de copier.
+
+Les principes que nous venons d'émettre, applicables, suivant nous, à
+toute restauration, ne sauraient être oubliés, lorsqu'il s'agit d'un
+monument aussi important que la cathédrale de Paris, de ce remarquable
+édifice placé au centre de la capitale, sous les yeux de l'autorité,
+visité chaque jour par tout ce qu'il y a de personnes intelligentes et
+éclairées. Là, il ne faut ni hésiter, ni faire d'expériences, mais
+marcher d'un pas sûr, ne rien risquer, réussir enfin. Pour arriver à ce
+résultat, il était nécessaire de déchiffrer les textes, de consulter
+tous les documens qui existent sur la construction de cet édifice, tant
+descriptifs que graphiques, d'étudier surtout les caractères
+archéologiques du monument, enfin de recueillir les traditions souvent
+si précieuses.
+
+C'est ainsi que nous avons suivi l'édification lente de Notre-Dame, dont
+nous avons restauré chaque partie d'après l'époque qui lui est propre,
+et c'est par ces études sérieuses que nous avons pu constater les
+différentes phases de sa construction depuis le XIIe jusqu'au XIVe
+siècle. Nous avons reconnu les changemens considérables apportés dans la
+disposition des fenêtres de la nef et du choeur, l'adjonction des
+chapelles exécutées autour de l'abside dans le XIVe siècle, ainsi que la
+construction de celles élevées à la fin du XIIIe siècle entre les
+contreforts de la nef. Le plan de Turgot et les traces encore existantes
+nous ont permis de rétablir la décoration extérieure de ces chapelles,
+c'est avec le texte de Corrozet, et les fragmens en place que nous avons
+refait les têtes d'éperons de la nef.
+
+L'ancien dessin[2] dont nous donnons la gravure en tête de ce rapport,
+et quelque descriptions[3] nous ont servi de guide pour la restauration
+de la grande porte de la façade occidentale. Puis, c'est à l'aide
+d'anciennes gravures, et surtout du précieux dessin de feu Garneray, que
+nous avons réédifié la flèche centrale. Enfin le texte de Sauval,
+confirmé par une fouille que nous avons relevée à l'époque des
+cérémonies funèbres du Prince royal, nous a permis de constater le
+niveau du sol ancien du parvis de Notre-Dame, et la disposition des
+treize marches indiquées par tous les historiens.
+
+[Note 2: Ce dessin appartient à M. Gilbert.]
+
+[Note 3: Sainte-Foix, Dubreul, Leboeuf.]
+
+Nous donnons ici le profil de la fouille.
+
+[Illustration]
+
+
+
+
+=Deuxième Partie.=
+
+=Description historique de la cathédrale de Paris, depuis l'époque de sa
+construction jusqu'à nos jours.=
+
+
+Ainsi que nous venons d'avoir l'honneur de le dire, monsieur le
+Ministre, cette partie importante et difficile de notre travail a
+nécessité le dépouillement de tous les textes, de tous les renseignemens
+graphiques et historiques relatifs à la cathédrale de Paris, mais c'est
+surtout par l'étude sérieuse du monument, par l'examen archéologique des
+formes qui le caractérisent, qu'il était possible d'arriver à
+connaissance parfaite des différentes phases de sa construction.
+
+Il fallait que cette analyse minutieuse vint expliquer, compléter, et
+souvent même rectifier les opinions résultant de l'examen des textes
+seuls; car souvent un texte peut se prêter à des interprétations
+diverses, ou paraître inintelligible, tandis que les caractères
+archéologiques sont là, comme autant de dates irrécusables, gravées sur
+l'ensemble et jusque sur les moindres détails du monument.
+
+Il suffira de citer un exemple bien frappant, pris dans le monument même
+qui fait l'objet de ce travail. Si l'on s'en rapportait seulement aux
+textes, il faudrait admettre que la porte rouge, côté du nord, a été
+bâtie dans le XVe siècle. Or, cette porte est évidemment du XIVe, et du
+commencement. Le caractère de son architecture, et la vigueur de
+l'ornementation ne permettent aucun doute à cet égard. Dans cette
+immense cathédrale, on distingue trois grandes époques, et cependant les
+adjonctions qui, pendant trois siècles, sont venues se souder aux
+premières constructions, n'ont pas ôté à l'édifice une certaine unité,
+une grandeur de conception bien rares dans des monumens élevés avec tant
+de lenteur.
+
+La partie la plus ancienne de l'église Notre-Dame est bâtie par Maurice
+de Sully, dans la seconde moitié du XIIe siècle; avant lui, les
+constructions n'étaient arrivées qu'au niveau du sol. Cet évêque employa
+toute sa fortune à la construction du choeur et d'une partie de la nef.
+
+Plusieurs auteurs[4] et la tradition disent que Notre-Dame est bâtie sur
+pilotis, et cependant, en 1699, des fouilles faites à l'occasion de la
+construction du tour du choeur en marbre, et du maître-autel, prouvèrent
+que cette opinion est erronée[5]. Ce qui fut encore confirmé par
+d'autres fouilles exécutées en 1774[6].
+
+[Note 4: Corrozet.]
+
+[Note 5: «Est à noter que la fondation où sont les piliers qui
+portent les arcades et le mur en pourtour du choeur de l'église
+Notre-Dame, a dix-huit pieds de profondeur au-dessous de leurs bases qui
+sont enterrées six pouces plus bas que le rez-de-chaussée du pavé de la
+même église, posées sur la glaise ferme, sans pilotis ni plates formes,
+construites par le haut au-dessous du rez-de-chaussée avec trois assises
+de pierre de taille dure dans tout le pourtour d'une égale hauteur, et
+faisant retraite les unes sur les autres, posées et taillées proprement,
+et le surplus au-dessus de gros moellons et mortier de chaux et sable
+plus dur que la pierre.» (_Procès-verbal de la pose du maître-autel._)]
+
+[Note 6: À cette époque (en 1774), le sieur Boulland, architecte du
+chapitre, fit faire, derrière le choeur, une fouille de vingt-quatre
+pieds de profondeur et d'une grande longueur, et se trouva à un pied
+au-dessous des fondations, et découvrit sous chaque pilier trois assises
+égales de libages en pierre de Conflans, d'une grande hauteur,
+parfaitement conservées et posées sur terre franche. Entre les piliers,
+existe une bonne maçonnerie de moellon et de mortier.]
+
+Maurice de Sully, qui mourut en 1196, laissa 5,000 livres pour couvrir
+le choeur en plomb; ainsi, à cette époque, le choeur était entièrement
+terminé. Après lui, les constructions furent heureusement continuées
+suivant les premières dispositions, pendant assez de temps pour
+permettre l'achèvement du vaisseau.
+
+L'église de Maurice de Sully forme comme le noyau de la cathédrale de
+Paris, et il est facile encore de la distinguer malgré la richesse de la
+décoration dont les XIIIe et XIVe siècles sont venus l'envelopper. Ainsi
+que nous le prouvons plus loin, c'est aux premières années du XIIIe
+siècle que l'on doit faire remonter la construction de la magnifique
+façade occidentale, celle des éperons et des galeries de la nef, ainsi
+que l'arrangement des grandes fenêtres, et c'est encore dans la seconde
+moitié de ce siècle que furent ajoutées les chapelles de la nef. Enfin
+les deux façades des transcepts, les chapelles du choeur, et une grande
+partie des arcs-boutans appartiennent au XIVe siècle.
+
+Un fait assez rare et qui peut être observé à Notre-Dame, c'est que les
+XVe, XVIe et XVIIe siècles n'ont rien ajouté à cette église déjà
+complète.
+
+Les grosses colonnes rondes intérieures, les galeries supérieures du
+choeur et les grandes parties de murs élevés sur ces galeries
+appartiennent à la construction primitive. Alors ces murs étaient percés
+de fenêtres beaucoup moins longues que celles qu'on y voit aujourd'hui,
+quoi qu'elles aient conservé leurs colonnettes et arcs anciens. Deux de
+ces fenêtres à doubles biseaux se voient encore à l'entrée de la nef.
+Par leur élévation au-dessus des galeries, elles avaient permis la
+construction d'un comble d'une seule pente, dont on voit encore la trace
+le long du mur de la tour; les filets et les jets d'eau existent encore
+sur toute la face méridionale, et les deux grands éperons qui viennent
+maintenir les deux extrémités du transcept étaient destinés, en même
+temps qu'ils contrebutaient, à former les pignons de ces combles. Les
+grandes fenêtres que l'on y voit les éclairaient ainsi que les galerie.
+Cette disposition, plus simple que celle actuelle, laissait
+intérieurement au-dessus de l'arcature des galeries supérieures, un
+grand espace vide destiné peut-être à recevoir des peintures.
+
+Le choeur conserve, au-dessous de la corniche actuelle, une large
+ceinture de damiers qui tiennent à la construction primitive. Quant aux
+arcs-boutans, ils étaient probablement comme les deux qui existent
+encore contre les murs du choeur, côté du midi, couvert de dalles, ornés
+d'une dentelure peu saillante. Soit que les fonds aient manqué, soit que
+l'architecte ait, après la mort de Maurice de Sully, changé la
+disposition première, les galeries supérieures n'ont pas été terminées.
+
+Des arcs doubleaux, engagés dans les murs qui les ferment aujourd'hui,
+feraient penser que ces galeries devaient être doubles comme les
+bas-côtés; quoi qu'il en soit, elles ont été bouchées provisoirement, et
+avec assez peu de soin, lorsque dans le XIIIe siècle les travaux furent
+repris avec une grande activité.
+
+Du reste, il y a cela de remarquable dans cette première construction de
+l'église Notre-Dame, depuis 1161 jusqu'en 1196, mort de Maurice, que
+pendant cette période on peut suivre une des transitions les plus
+curieuses de l'art chrétien.
+
+Le choeur, par lequel l'évêque fondateur commença son oeuvre, est encore
+empreint du caractère roman, et la nef construite à la fin de sa vie, ou
+peu de temps après sa mort, est déjà soumise au goût gothique.
+
+Un fait intéressant nous donne la date de la construction de la belle
+façade occidentale.
+
+Leboeuf nous apprend que c'est en 1218 que l'on abattit la vieille
+église St-Étienne, qui gênait la construction de la partie méridionale
+de la nouvelle basilique, et que le bas-relief du tympan de la porte
+Ste-Anne, sur la façade de Notre-Dame, provient de cette vieille église,
+ainsi que les statues qui décoraient le parvis de cette porte avant
+1793[7].
+
+[Note 7: Ces statues, données par Montfaucon dans la monarchie
+française, comme celles des rois de France, étaient, ainsi que le disent
+très bien Leboeuf et Corrozet, celles des rois de Juda.]
+
+L'année de la démolition de l'église Saint-Étienne, et le replacement
+des sculptures qui la décoraient, à la porte Sainte-Anne, nous donnent
+la date positive de la construction de la façade occidentale de
+Notre-Dame, ce qui du reste s'accorde parfaitement avec le caractère
+architectonique de cette façade. Malheureusement, des statues si
+curieuses, qui ornaient cette porte, il ne reste plus que celle de
+Saint-Marcel, restaurée maladroitement en 1818.
+
+Nous pouvons donc regarder la façade occidentale de la cathédrale de
+Paris comme bâtie dans la première moitié du XIIIe siècle; son style est
+plein de grandeur et d'unité; la similitude des profils qui la décorent
+depuis le bas jusqu'au sommet des Tours, ne peut pas laisser douter
+qu'elle n'ait été construite d'un seul jet, et sans interruption.
+Cependant les tours restèrent inachevées, les flèches en pierre qui
+devaient les terminer, et dont on voit parfaitement la naissance dans la
+construction intérieure, ne furent pas élevées.
+
+Le style particulier à cette façade se retrouve encore dans la grande
+corniche qui pourtourne l'édifice, et dans les éperons de la nef.
+
+La flêche en bois, revêtue de plomb, qui s'élevait sur le comble au
+milieu du transcept, devait être aussi, d'après les dessins et gravures
+qui seuls peuvent nous en donner une idée, de l'époque de la façade,
+ainsi que toute la charpente du grand comble. Un chapiteau fort curieux,
+taillé dans le poinçon qui existe encore au centre de la souche de cette
+flèche, suffit pour fixer d'une manière précise l'époque de sa
+construction, ainsi celle de la charpente, évidemment du XIIIe siècle.
+Cette flêche, qui contenait six cloches, fut détruite en 1793.
+
+C'est après la construction de la façade occidentale, et vers le milieu
+du XIIIe siècle que des modifications graves furent apportées à la
+basilique de Maurice de Sully. Les fenêtres de la nef et du choeur, dont
+nous avons déjà parlé, furent alors élargies et allongées jusque sur
+l'arcature des galeries, et des meneaux furent placés dans ces fenêtres
+avec assez peu de goût. Cette nouvelle disposition eut cela de fâcheux,
+qu'elle fit substituer aux combles simples qui couvraient les galeries
+des terrasses avec doubles cheneaux, qui entretiennent une humidité
+constante sur les voûtes.
+
+Là commencent déjà les mutilations innombrables que Notre-Dame a subies
+depuis, car ces grandes fenêtres ogivales, non concentriques avec les
+anciennes, outre qu'elles ne sont pas en proportion avec tout ce qui les
+entoure, sont une cause de ruine pour l'édifice, et à laquelle il est
+difficile d'apporter un remède efficace.
+
+Soit que les portails des transcepts n'aient pas été achevés ou même
+construits par Maurice de Sully, soit que leur décoration ne fût plus
+dans le goût du XIIIe siècle, soit que les fenêtres de la nef et du
+choeur ayant déjà été agrandies, fissent paraître trop petits les jours
+du transcept, c'est en 1257, sous le règne de Saint-Louis, que Regnault
+de Corbeil, évêque de Paris, fit élever ou refaire par maître Jean de
+Chelles le portail méridional du transcept, ainsi que le constate
+l'inscription curieuse que l'on y voit encore, malgré toutes les
+mutilations qu'elle subit chaque jour[8]. Tout le premier système
+d'architecture fut modifié, et des roses furent substituées aux
+fenêtres.
+
+[Note 8: ANNO. DOMINI. MCCLVII. MENSE. FEBRVARIO. IDUS. SECUNDO.
+HOC. FUIT. INCEPTUM. CHRISTI. GENITRICIS. HONORE. KALLENSI. LATHOMO.
+VIVENTE. JOHANNE. MAGISTRO.]
+
+Jusqu'en 1270, les bas côtés de la cathédrale n'étaient pas ornés de
+chapelles, cette disposition plus simple et plus grandiose fut
+abandonnée à cette époque. Jean de Paris, archidiacre de Soissons, mort
+vers 1270, légua cent livres tournois pour élever ces chapelles[9] qui
+furent construites entre les contreforts, et ornées extérieurement de
+pignons et statues[10]. Il est probable que les chapelles qui sont au
+commencement du choeur furent construites, sinon à la même époque que
+celles des bas-côtés de la nef, du moins peu de temps après celles-ci,
+car elles présentent les mêmes caractères.
+
+[Note 9: Leboeuf. _Observations sur l'antiquité de l'édifice de
+Notre-Dame._]
+
+[Note 10: Plan de Turgot.--Corrozet. (_Voir les dessins, preuves à
+l'appui._)]
+
+Le portail septentrional fut bâti cinquante ans après celui du midi,
+c'est-à-dire vers l'an 1312 ou 1313. Philippe-le-Bel employa à sa
+construction une partie des biens des Templiers, après la suppression de
+l'ordre. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la construction de la
+porte rouge doit être de cette époque, quoique le docteur Grancolas dans
+son histoire abrégée de l'église et de l'université de Paris, prétende
+qu'elle ait été bâtie par Jean-Sans-Peur, depuis 1404 jusqu'en 1419:
+
+Les chapelles qui font le tour du choeur ainsi que les fenêtres qui
+décorent la galerie supérieure dans cette partie de l'édifice sont du
+commencement du XIVe siècle. Cette époque fit pour les fenêtres de la
+galerie ce qui avait été fait dans le XIIIe siècle pour les grandes
+fenêtres; et tous les inconvéniens causés par les eaux pluviales sur les
+galeries supérieures, se reproduisent sur les voûtes des chapelles du
+choeur. Les actes de fondation de quelques-unes de ces chapelles, faits
+en 1324, donnent l'époque de leur fondation, qui s'accordent
+parfaitement avec leur caractère archéologique[11].
+
+[Note 11: _Dissertations sur l'Histoire ecclésiastique et civile de
+Paris_, 1739, t. I, p. 75 et 112.--_Nécrologie du XIIIe siècle_. M. S.,
+fonds de N.-D., Bibliot. du Roi, n° 3883.]
+
+Intérieurement, les XIIe et XIIIe siècle dominent, l'importance de la
+nef laisse à peine apercevoir toutes les constructions faites dans le
+XIVe siècle.
+
+Il ne reste plus aujourd'hui qu'une partie des bas-reliefs qui ornaient
+le tour du choeur, ceux qui se trouvaient dans le rond-point ont été
+détruits ainsi que le jubé qui en fermait l'entrée. Une inscription
+placée du côté du nord, au-dessus d'une figure d'homme à genoux, donnait
+la date de cette charmante imagerie[12].
+
+[Note 12: C'est maître Jean Ravy, qui fut maçon de Notre-Dame de
+Paris l'espace de vingt-six ans, et commença ces nouvelles histoires; et
+maître Jean Bouteillier les a parfaites en l'an MCCCLI.]
+
+Le père Dubreul nous donne des renseignemens curieux sur cette partie
+intéressante de l'ornementation de Notre-Dame, dont il ne reste que les
+portions adossées aux stalles[13].
+
+[Note 13: Le choeur de l'église Notre-Dame est clos d'un mur percé à
+jour autour du grand autel, au haut duquel sont représentés en grands
+personnages de pierre, dorés et bien peints, l'_Histoire du
+Nouveau-Testament_, et, plus bas, l'_Histoire du Vieux-Testament_, avec
+des écrits au-dessous qui expliquent lesdites histoires. Le grand
+Crucifix qui est au-dessus de la grande porte du choeur avec la croix,
+n'est que d'une pièce; et le pied d'iccluy, fait en arcade, d'une autre
+seule pièce, qui sont deux chefs-d'oeuvre de taille et de sculpture.
+(Dubreul.--_Théâtre des antiquités de Paris_.)]
+
+Il existe un procès-verbal, daté de 1699, de la démolition de l'ancien
+autel qui indique d'une manière fort exacte la disposition si
+intéressante de cet autel, de ce qui l'entourait, sa décoration, et
+jusqu'aux plus menus détails. Ce procès-verbal décrit aussi très
+minutieusement et la châsse de Saint-Marcel, qui était placée derrière
+le maître-autel avec son riche dais supporté par quatre colonnes de
+cuivre, et le petit autel des ardens, placé derrière cette châsse[14].
+
+[Note 14: _Descriptions historiques des curiosités de l'église de
+Paris_, par M. C. P. G., 1763. Paris.]
+
+Trois siècles avaient travaillé à l'achèvement de cette reine des
+cathédrales de France, trois siècles avaient jeté dans ce grand monument
+tout ce qu'ils avaient pu réunir de plus riche; tout leur art, toute
+leur science. Trois siècles enfin étaient parvenus a parfaire l'oeuvre
+commencée par le pieux évêque Maurice de Sully. Le monument était
+complet. Pourquoi ne pas l'avoir conservé ainsi? À partir du XIIIe
+siècle ce n'est plus, pour l'église Notre-Dame, qu'une suite de
+mutilations, de changemens sous prétexte d'embellissemens.
+
+De cette époque, ce ne sont plus tant les intempéries des saisons qui
+détruisent une si belle oeuvre que la main des hommes.
+
+Lorsqu'on énumère cette suite de destructions, on ne comprend pas
+comment il reste encore de si beaux vestiges de l'ancien édifice. Nous
+allons passer rapidement sur tous ces actes de vandalisme que notre
+époque veut enfin réparer.
+
+En 1507, le parlement ordonna que la rue qui conduit du pont Notre-Dame
+au Petit-Pont, serait remblayée jusqu'à dix pieds de hauteur, attendu
+qu'il fallait _trop descendre_ pour arriver à Notre-Dame, et _trop
+monter_ pour y entrer[15]. Ainsi furent enterrées les 13 marches qui
+précédaient les portes de la façade occidentale. Peu après, le sol du
+parvis finit par atteindre celui de l'église, et même par le dépasser.
+En 1699, l'exécution par Louis XIV du voeu de Louis XIII, fit détruire
+les bas-reliefs du rond-point, l'ancien maître-autel, les stalles en
+boiseries du XIVe siècle, le dais de la châsse Saint-Marcel et l'autel
+des ardens. Cette charmante décoration, dont quelques rares dessins,
+tapisseries et gravures nous ont laissé l'aspect, fut remplacée par la
+lourde architecture qui nous cache les belles colonnes du choeur. En
+1725, le cardinal de Noailles fit refaire intérieurement la rose, une
+partie du pignon et les clochetons du côté du midi, en modifiant tous
+les profils et ornemens.
+
+[Note 15: Sauval.--_Histoire des Antiquités de Paris_, t. I.]
+
+Ce prélat, plein d'un zèle fatal au monument, fit abattre les saillies
+et gargouilles qui ornaient les contreforts, et qui servaient à jeter
+les eaux pluviales; il les fit remplacer par des tuyaux en plomb.
+
+L'ancien jubé, dont l'ensemble est indiqué dans une gravure de Viator et
+quelques fragmens dans un dessin curieux[16], fut détruit par le
+cardinal de Noailles, qui le fit remplacer par une lourde décoration
+dont la révolution de 1789 a fait justice. C'est à cette époque que
+l'église fut _badigeonnée_ pour la première fois! Cet archevêque de
+Paris, nous devons lui rendre cette justice, ne borna pas ses soins à
+_embellir_, suivant le goût de son époque, l'église de Notre-Dame. En
+1726, il fit refaire toute la couverture en plomb[17], quelques parties
+de la grande charpente, plusieurs arcs-boutans, les galeries,
+terrasses, et reconstruire la grande voûte de la croisée qui menaçait
+ruine.
+
+En 1741, les vitraux peints des fenêtres de la nef, qui représentaient
+des évoques et personnages de l'ancien testament, furent détruits. En
+1753, on enleva également ceux du sanctuaire qui représentaient le
+Christ entre la Vierge et saint Jean-Baptiste.
+
+[Note 16: Bib. royale. Estampes.--Topographie, et Artifices de la
+perspective, de Viator, trad. Pellegrin.]
+
+[Note 17: Poids total du plomb: 220,240 livres.]
+
+Le chapitre de Notre-Dame fit briser ces verrières, dont le père Dubreul
+parle comme d'une merveille; ce fut un certain _Le Viel,
+maître-vitrier_, fort versé dans la théorie de la _peinture sur verre_,
+auteur d'un _Traité pratique et historique_ sur cet art[18], qui fut
+chargé de remplacer cette magnifique décoration par des verres blancs,
+entourés de bordures fleurdelisées. Nous ne savons si le sieur Le Viel
+comprenait ainsi la _partie pratique et historique de son art_; mais ce
+qu'il y a de curieux, c'est que ce malheureux ouvrier fut tellement
+satisfait de son oeuvre de destruction, qu'il peignit sur l'une des
+verrières une longue inscription latine, dans laquelle il dit
+pompeusement que les vitraux ont été refaits en verres blancs de France,
+et les bordures en verres bleus de Bohême; il termine ainsi: «Le tout
+fait et peint par Pierre et Jean Le Viel frères, maîtres-vitriers à
+Paris.»
+
+[Note 18: _Curiosités de l'église de Paris_, par M. C. P. G. 1765.]
+
+Nous ne comprenons pas ce que le mot peint peut avoir à faire ici. Cet
+acte de barbarie fut malheureusement répété bien des fois, à cette
+époque, dans nos cathédrales. Les chapitres voulurent trouver leurs
+églises trop sombres; à Chartres, à Paris, à Reims, et dans cent autres
+édifices, les verres blancs remplacèrent les verrières peintes, et le
+badigeonnage acheva d'enlever à nos temples leur mystérieuse obscurité.
+Mais, à Notre-Dame, on ne se contenta pas de briser les vitraux; les
+meneaux des grandes croisées furent encore recoupés, retaillés de la
+façon la plus déplorable, sans doute pour donner plus d'éclat et de
+développement aux nouveaux _vitraux peints_ des sieurs Leviel.
+
+Ce fut probablement peu de temps après cette dernière destruction que
+fut enlevé le curieux vitrail du XIVe siècle, placé dans la chapelle
+d'Harcourt[19].
+
+[Note 19: Ce vitrail représentait la cour céleste des papes, des
+empereurs, des rois, des reines, des légats, des cardinaux, des
+archevêques, des évêques, des religieux et religieuses de différens
+ordres. Il n'en existe plus qu'une description dans les _Curiosités de
+l'église de Paris_.]
+
+Nous voici arrivés à l'une des mutilations les plus importantes de
+l'église Notre-Dame; nous voulons parler de celle qu'a subie la porte
+principale du portail actuel. Ce fut le 1er juillet 1771 que Soufflot
+posa la première pierre de la nouvelle construction, chose monstrueuse
+qui coûta la destruction de la figure du Christ, posée sur le trumeau du
+milieu, et d'une partie du beau bas-relief représentant le Jugement
+dernier. Cet architecte avait déjà marqué son passage à Notre-Dame, en
+1756, par la construction de la nouvelle sacristie, qui vient si
+lourdement s'accoler aux chapelles méridionales de la cathédrale. C'est
+vers la même époque, en 1766, que fut construite la grande cave
+pratiquée sous la nef depuis les piliers de la tour jusqu'à ceux du
+transcept. En 1772, le chapitre fait restaurer à ses frais plusieurs des
+figures qui décorent les voussures de la porte de la Vierge, sur la
+façade occidentale[20]. À partir de cette époque, les destructions
+deviennent si fréquentes jusqu'à nos jours, que nous avons peiné à les
+classer.
+
+[Note 20: _Recueil des conclusions du Chapitre_ de 1767 à 1772.]
+
+Le dallage du choeur est remplacé de 1769 à 1775, ainsi que celui de la
+nef et des bas-côtés. En faisant cette opération, on élève le sol de
+l'église, et les bases des colonnes sont plaquées en marbre de
+Languedoc. Déjà, en 1699, en fondant le maître-autel, on avait constaté
+l'existence de deux dallages superposés, dont l'un était composé de
+petits carreaux octogones en marbre blanc; ainsi, le sol actuel de
+l'église doit être beaucoup plus élevé que l'ancien. C'est en 1771 que
+fut posée la grille qui se voyait devant le portail occidental.
+
+En 1773, l'architecte Boulland supprime toute la décoration du mur des
+chapelles de la nef, du côté méridional, et la remplace par un mur lisse
+surmonté d'un cheneau[21].
+
+[Note 21: Ce travail coûta 40,000 livres.]
+
+En 1780, on badigeonne de nouveau toute l'église, et la statue colossale
+de saint Christophe, placée devant le premier pilier à droite en
+entrant, est enlevée et détruite.
+
+En 1782, le chapitre fait remplacer le petit pavé de grès qui formait le
+sol de la galerie de la Vierge par un dallage en liais; puis les
+arcs-boutans du choeur, du côté du midi, sont engagés dans une lourde
+maçonnerie qui, faite dans le but de les consolider, les entraîne vers
+une ruine certaine.
+
+En 1787, la façade occidentale[22] est livrée à un sieur Parvy,
+architecte, qui imagina un moyen de restauration fort simple: il prit le
+parti de couper toutes les saillies, gargouilles, moulures, colonnes
+mêmes, chapiteaux, enfin, tout ce qui pouvait présenter quelques
+difficultés à réparer. Cet architecte parvint encore à enlever à la
+grande galerie à jour toute son élégance, en bouchant les trèfles de son
+arcature avec de mauvaises dalles. Ce fut lui qui fit couper à vif tous
+les ornemens et moulures qui décoraient la grande rose de cette façade;
+qui reconstruisit, en la dénaturant, l'une des galeries de la cour des
+réservoirs, et qui, par une raison impossible à deviner, transforma
+toute l'arcature de la grande galerie, du côté de cette cour, en un
+parement lisse.
+
+[Note 22: _Description historique de la basilique métropolitaine de
+Paris_, par A. P. M. Gilbert.]
+
+Ces dévastations n'étaient que le prélude de celles que la révolution de
+1789 devait faire subir à Notre-Dame de Paris.
+
+Des câbles, attachés aux statues de rois qui décoraient la galerie
+occidentale, les arrachèrent de leurs niches séculaires. Les saints, les
+apôtres des façades, furent jetés sur la place. Un grand nombre de ces
+débris resta long-temps après la révolution amoncelé le long des
+chapelles du nord. Les statues du portail méridional furent ensevelies
+pour servir de bornes rue de la Santé. L'un de nous en constata
+l'existence en décembre 1839, et les fit transporter, aux frais de la
+ville, au Palais des Thermes.
+
+Les sépultures et monumens votifs intérieurs furent brisés et enlevés.
+Quelques-uns de ces fragmens, déposés au musée des Petits-Augustins,
+furent, depuis, transportés à Saint-Denis et à Versailles. Il serait
+peut-être à désirer que ces objets fussent rendus à la cathédrale
+dépouillée; dans tous les cas, nous en donnons ici une note exacte[23].
+
+[Note 23: Monumens enlevés de l'église Notre-Dame de Paris,
+transférés au musée des Petits-Augustins, leur destination actuelle.
+
+1° Une pierre octogone ayant servi de support à une statue de l'évêque
+Matiffas de Bucy. Elle porte cette inscription:
+
+ Ci est le ymage de bonne mémoire Simü
+
+Matiffas de Buci de le esveschie de Soissons jadis esveques de Paris par
+qui furent fondées premièrement ces trois chapeles ou il gist en lä de
+grace MCCXXIIII et XVI et puis lë fit toutes les autres envirñ le coeur
+de ceste eglise. Pics pour lui.
+
+La statue de l'évêque, posée debout sur ce support, ne s'est pas
+retrouvée; mais la pierre, dont l'inscription vient d'être reproduite,
+est à Saint-Denis, dans la cour des Valois, où elle se dégrade. M.
+Debret la tient, depuis plusieurs mois, à la disposition du Ministre de
+l'Intérieur, afin qu'elle soit réintégrée à Notre-Dame.
+
+2° Une statue en pierre, de grandeur naturelle, représentant Adam. Cette
+figure est nue. Adam se couvre les parties sexuelles d'une large feuille
+de figuier.
+
+Monument de la fin du XIIIe siècle, provenant, suivant Lenoir, d'un des
+portails de Notre-Dame. La statue a été portée à Saint-Denis, où elle
+gît en ce moment couchée par terre dans la cour des Valois. Les déplace
+mens qu'elle a subis l'ont privée des deux jambes, qui existent encore,
+mais séparées du corps.
+
+3° Les deux statues à genoux, en pierre peinte, de Jean Juvenal des
+Ursins, et de sa femme, Michelle de Vitry. XVe siècle.
+
+Ces deux statues font maintenant partie du musée de Versailles.
+
+4° Inscription funéraire en l'honneur de la famille des Ursins, sur
+marbre blanc. XVIIIe siècle.
+
+Cette épitaphe, long-temps abandonnée dans une cour des
+Petits-Augustins, a été, dit-on, employée comme un marbre ordinaire
+pour servir de revêtement. Il pourrait se faire qu'elle eût été
+simplement retournée, et qu'une nouvelle inscription eût été gravée sur
+le revers de l'ancienne.
+
+5° La Figure agenouillée du chanoine Pierre de Fayel, avec ses
+armoiries, et une inscription indicative des sommes données par lui pour
+les sculptures de la clôture du choeur de Notre-Dame. XIVe siècle.
+
+Cette Figure, en demi-relief, qui faisait elle-même partie de la clôture
+du choeur, a été portée à Versailles. Elle n'a point encore été placée
+dans les galeries du musée, et se trouve au rez-de-chaussée, dans une
+salle de dépôt, près de la galerie des tableaux-plans.
+
+6° Une Mort, squelette d'albâtre, peint couleur de bronze, attribuée par
+Lenoir au sculpteur François Gentil. Ce monument, placé originairement
+au cimetière des Innocens, fut transféré à Notre-Dame, lors de la
+suppression du cimetière.
+
+La Mort tient une faulx, et s'appuie sur un cartel portant cette
+inscription:
+
+ Il n'est vivant tant soit plein d'art
+ Ni de force pour résistance,
+ Que je ne frappe de mon dart
+ Pour donner aux vers leur pitance.
+ Priez Dieu pour les trépassés.
+
+La figure de la Mort est déposée au palais des Beaux-Arts, dans une des
+salles du rez-de-chaussée, au fond de la troisième cour, à droite en
+regardant l'hémicycle.
+
+7° Une Vierge en marbre blanc de grandeur naturelle. XIVe siècle.
+
+On ignore ce que ce monument est devenu.
+
+8° Le célèbre tableau représentant toute la famille des Ursins. XVe
+siècle.
+
+Ce tableau est au musée de Versailles, dans la première salle de la
+collection des portraits.
+
+9° Plusieurs Vierges en pierre peinte ont été transportées du musée des
+Petits-Augustins à Saint-Denis. Une de ces statues provenait de
+Notre-Dame.
+
+10° Statue en marbre, à genoux, du cardinal Pierre de Gondi, évêque de
+Paris, placée sur un entablement que portent quatre colonnes de marbre
+noir, au milieu desquelles on voit un grand cénotaphe de pareil marbre,
+chargé d'atributs et d'une inscription. XVIIe siècle.
+
+La Statue est à Versailles. Les autres parties du tombeau ont été
+dispersées, l'entablement se voit encore au Salon des Beaux-Arts, dans
+le cloître près de la chapelle. On fera remarquer à ce sujet que lors de
+la translation des monumens historiques de l'ancien musée des
+Petits-Augustins, à Versailles, on enleva un certain nombre de mausolées
+dont les statues ont seules reparu dans le nouveau musée, dépourvues de
+la décoration qui les accompagnait originairement. Pour citer quelques
+exemples, les armoiries, l'épitaphe, les pilastres du tombeau du
+cardinal Mazarin, la décoration architectorale du tombeau du commandant
+de Souvré, les épitaphes de Caylus et de Chérin, l'écusson, l'épitaphe
+et la tombe de Raymond Philippeaux, conseiller d'état, etc., etc.,
+transférés à Versailles, n'ont pas été rétablis dans les galeries du
+musée.
+
+11° Statue en marbre blanc, à genoux, d'Albert de Gondi, duc de Retz,
+maréchal de France.
+
+Monument composé comme celui du cardinal de Gondi. XVIIe siècle.
+
+Même observation.
+
+L'effigie du maréchal fait partie du musée de Versailles.
+
+12° Louis XIV, à genoux, statue en marbre blanc, par Coyzevoz.
+
+Rendu à Notre-Dame en 1816, enlevée en 1832, puis transportée dans la
+chapelle de Versailles.
+
+13° Louis XIII, à genoux, sculpté en marbre blanc, par Guillaume
+Coustou.
+
+Même observation que pour la statue de Louis XIV.
+
+14° Groupe de la descente de croix, par Nicolas Coustou.
+
+Réintégré à Notre-Dame.
+
+15° Mausolée du compte d'Harcourt, par Pigalle.
+
+Réintégré à Notre-Dame, maladroitement restauré.
+
+16 Le Christ au tombeau, bas-relief, par Vassé.
+
+À Notre-Dame, au maître-autel,
+
+17° Statues, en marbre blanc, de Saint-Louis et de Saint-Maurice,
+sculptées en marbre blanc, par Jacques Rousseau, pour la chapelle de
+Noailles, XVIIIe siècle.
+
+Ces figures ont été données à l'église de Choisy-le-Roy.
+
+(1) Il existe aux Archives du royaume des dessins très complets et très
+bien exécutés de toutes ces tombes. M. Gilbert, conservateur de
+Notre-Dame, possède un dessin, peut-être unique, de le statue de
+Philippe-le-Bel.
+
+(2) Voir aux Archives du royaume, les procès-verbaux détaillés de tous
+les objets qui composaient le trésor.]
+
+Tout le sol du choeur était pavé de tombes de cuivre très remarquables;
+elles furent détruites et fondues, ainsi que la curieuse statue équestre
+de Philippe-le-Bel. Les cercueils en plomb servirent à faire des balles;
+enfin, le trésor, dont il ne reste que quelques morceaux, fut jeté dans
+le creuset de la Monnaie ou dispersé.
+
+Retracer toutes ces dévastations est une chose impossible; et,
+d'ailleurs, qui ne se les rappelle ou n'a entendu les raconter cent
+fois?
+
+La belle flèche en bois du XIIIe siècle ne résista pas à l'orage
+révolutionnaire, elle fut abattue, les plombs fondus, et aujourd'hui le
+milieu du transcept n'en laisse plus voir que la souche mutilée. La
+vieille basilique chrétienne, ainsi dépouillée de tout ce que la
+religion y avait réuni pendant six cents ans, devint un temple à la
+_Raison_.
+
+Depuis cette époque, des modifications sérieuses furent encore apportées
+aux anciennes constructions. En 1809, un jubé en marbre, orné d'abeilles
+de bronze doré, et des grilles d'une belle exécution, en fer poli, et
+enrichies de cuivre, furent posées autour et devant le choeur. En 1811,
+on fit placer à toutes les fenêtres des chapelles des grilles en fer,
+qui masquent les meneaux de la manière la plus fâcheuse.
+
+En 1812 et 1813, le mur des chapelles de la nef, côté septentrional, fut
+refait, les pignons en mauvais état furent remplacés par des frontons
+qui n'appartiennent à aucune époque. La corniche ancienne fut déposée et
+reposée dans de nouvelles conditions; les gargouilles supprimées et
+remplacées par des tuyaux de descente, les arcatures des fenêtres
+coupées à vif et modifiées, les gargouilles des piscines brisées, et les
+murs incrustés de pierres neuves. Le portail du nord ne fut pas plus
+respecté, des restaurations sans nom modifièrent entièrement le
+caractère de son ornementation. Cette façade est aujourd'hui d'un effet
+déplorable.
+
+En 1817, un des arcs-boutans du choeur, côté du midi, est restauré à
+neuf, sans tenir compte de l'ancien appareil.
+
+En 1818, la chapelle de l'extrémité du choeur est modifiée, la fenêtre
+centrale est bouchée par une niche portée extérieurement sur une trompe.
+Ce changement fait à l'abside, au point le plus en vue, est une tache
+choquante sur la gracieuse ceinture des chapelles qui entourent le
+choeur.
+
+C'est à la même époque, en nettoyant les figures de la porte de la
+Vierge, que l'on découvrit des traces de peinture et de dorure
+parfaitement conservées[24].
+
+[Note 24: Gilbert.]
+
+En 1819, la chapelle de la Vierge est décorée; elle se composait de
+trois chapelles dédiées à saint Louis, à saint Rigobert, et à saint
+Nicaise. Dans cette dernière se voyait l'apothéose de saint Nicaise,
+peinte sur le mur. Cette peinture a été détruite, ou peut-être cachée
+seulement par le badigeon. À l'entrée de cette chapelle se voyait la
+statue de Matiffas de Bucy, évêque de Paris, puis de Soissons. Cette
+statue, exhumée depuis peu des caveaux de la sacristie, était placée sur
+un socle orné d'une inscription.
+
+En 1820, le département de la Seine alloue 50,000 fr. à la restauration
+de Notre-Dame, mais malheureusement cette somme est dépensée à faire des
+reprises en mastic de Dhil, qui aujourd'hui sont tombées presque
+partout, et à badigeonner de nouveau tout l'intérieur de l'église.
+
+En 1831 les émeutes du mois de février détruisent l'archevêché et la
+vieille chapelle de l'ancien évêché.
+
+La croix du chevet est renversée, elle brise en tombant une portion de
+la balustrade du grand comble, et défonce une voûte des galeries
+supérieures. L'un des auteurs de cet acte de vandalisme a écrit son nom
+sur le mur de la galerie intérieurement, avec ses qualités et la
+constatation du fait.
+
+La démolition de l'archevêché entraîna avec elle la mutilation du
+portail du midi, si remarquable par ses bas-reliefs et son inscription.
+
+L'état d'abandon dans lequel resta si long-temps cette partie de
+Notre-Dame, excita l'indignation de tous les amis de nos beaux édifices
+du moyen-âge. Les murs de cette façade devinrent un dépôt d'immondices,
+et les enfans brisèrent à coups de pierres les bas-reliefs de ce
+portail, que le temps avait respectés l'espace de six cents ans.
+
+En 1837, par l'intervention de l'administration de l'intérieur, des
+cultes, et de l'instruction publique, et sur le rapport de l'un de nous,
+le remblai du jardin du côté du midi fut suspendu, et la préfecture de
+la Seine fit faire une nouvelle étude du nivellement.
+
+Enfin, c'est en 1840 que furent exécutés les derniers essais de
+restauration en mastic des clochetons du nord et de la première chapelle
+de la nef, côté méridional. Malheureusement au lieu de chercher à
+rétablir les pignons aigus qui existaient dans l'origine, on s'est
+contenté de copier les lourds frontons ajoutés sur la face du nord en
+1812 et 1813.
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+=Troisième Partie.=
+
+=Restauration extérieure.=
+
+
+Nous venons, monsieur le ministre, de tracer le tableau bien rapide et
+bien triste des dégradations et des mutilations de toutes sortes qui
+depuis si long-temps déshonorent notre belle cathédrale. Il nous reste à
+parler des moyens que nous avons cru devoir employer pour réparer tant
+de désastres.
+
+Dans l'exécution de l'important travail que nous avons l'honneur de vous
+soumettre, travail composé de vingt-deux feuilles de dessins, et d'un
+devis de toute la dépense, nous sommes restés constamment fidèles aux
+principes que nous avons émis précédemment sur la restauration en
+général. Nous avons repoussé complètement toute modification, tout
+changement, toute altération, tant de la forme et de la matière que du
+système de construction. C'est avec un respect religieux que nous nous
+sommes mis à la recherche des moindres vestiges des formes altérées
+soit par le temps, soit par la main des hommes. Et lorsque ces
+renseignemens nous ont manqué, c'est à l'aide de textes positifs, de
+dessins, de gravures et surtout en puisant des autorités dans le
+monument même que nous avons procédé à là restauration.
+
+Loin de nous l'idée de compléter une oeuvre aussi remarquablement belle,
+c'est là une prétention à laquelle nous avouons ne rien comprendre.
+Croit-on, par exemple, que ce monument gagnerait à la reconstruction des
+deux flèches (d'une forme d'ailleurs fort hypothétique) au-dessus des
+deux tours? Nous ne le pensons pas. Et même, en admettant une réussite
+complète, on obtiendrait peut-être par cette adjonction un monument
+remarquable, mais ce monument ne serait plus Notre-Dame de Paris.
+
+Rendre à notre belle cathédrale toute sa splendeur, lui restituer toutes
+les richesses dont elle a été dépouillée, telle est la tâche que nous
+nous sommes imposée, elle est certes assez belle pour qu'il soit inutile
+de vouloir y rien ajouter.
+
+Quant à la consolidation; nous n'en parlerons pas ici, tous les détails
+de ce travail sont scrupuleusement consignés et appréciés dans le devis
+estimatif.
+
+Nous ne nous occuperons donc que de la restauration proprement dite.
+Nous avons déjà signalé les nombreuses dégradations qui marquent le
+passage de l'architecte Parvy, dans les travaux faits à Notre-Dame.
+C'est à l'aide d'un précieux dessin appartement à M. Dépaulis, et
+surtout en consultant avec soin les restes qui avaient échappé au
+marteau des maçons, que nous avons pu restaurer le riche encadrement de
+la rose, et les belles gerbes de crochets qui s'épanouissaient à chaque
+angle des contreforts.
+
+Avant cet architecte, Soufflot avait le premier osé porter la main sur
+la sculpture si justement admirée de notre cathédrale. Enfin les
+démolisseurs de 1793 vinrent achever l'oeuvre de destruction en
+renversant toutes les statues; les rois et les saints, rien ne fut
+épargné. Dans notre restauration nous proposons le rétablissement de
+toutes ces sculptures; car tout se lie dans cet ensemble de statues et
+de bas-reliefs, et l'on ne peut laisser incomplète une page aussi
+admirable, sans risquer de la rendre inintelligible. C'est en prenant
+des exemples dans nos anciennes cathédrales que nous avons rétabli les
+28 rois dans leurs niches[25], le Christ bénissant, et les douze apôtres
+dans les ébrasemens de la porte centrale, les huit figures de la porte
+de la Vierge, et les huit statues romanes de celle sainte Anne.
+
+[Note 25: À Chartres, les statues des rois qui ornent le portail du
+midi, sont des rois de Juda, ainsi que le prouve une figure de Jessé qui
+est placée sous le premier.
+
+À la cathédrale de Paris, toutes les autorités que nous avons consultées
+n'admettent, sur le portail, que des rois de France, et cependant la
+statue de Pepin, placée au centre et montée sur un lion, est précisément
+dans la même condition que celle de David, du portail de Chartres, posée
+de même sur un lion; à Reims, les statues colossales du portail de
+Notre-Dame étaient de même des rois de France.
+
+Pièce du XIIIe siècle, publiée par M. A. Juhinal, extraite des
+vingt-trois manières de Vilain (_Manuscrit_).
+
+Li vilains Rabuins est cil ki va devant Nostre-Dame, à Paris, et regarde
+les rois et dist: «Ves-là Pépin, vès-là Charlemainne,» et on li coupe sa
+borse par derrière.
+
+Bib. royale: _Manuscrit_ 5921, écriture du XIIIe siècle.
+
+Extrait: _Hæc sunt nomina regum Francorum IN PORTA Beatæ Mariæ Parisius
+scripta._
+
+Primus rex. Clodoveus.
+Secundus--Lotharius.
+Tertius.--Chilpericus.
+Quartus--Lotharius.
+Quintus--Dagobertus.
+Sextus--Clodoveus.
+Septimus--Lotharius.
+Octavus--Theodoricus.
+Nonus--Hildericus.
+X--Theodoricus.
+XI--Clodoveus.
+XII--Hildebertus.
+XIII--Clodoveus.
+XIV--Lotharius.
+XV---Chilpericus.
+XVI--Theodoricus.
+XVII--Hildericus.
+XVIII--Pippinus.
+XIX--Karolus magnus.
+XX--Lodovicus, filius ejus.
+XXI--Lotharius.
+XXII--Karolus.
+XXIII--Lodovicus balbus.
+XXIV--Karolus.
+XXV--Odo.
+XXVI--Karolus.
+XXVII--Rudolfus.
+XXVIII--Ludovicus.
+XXIX--Lotharius.
+XXX--Ludovicus regnavit anno uno.
+XXXI--Hugo.
+XXXII--Robertus.
+XXXIII--Henricus.
+XXXIV--Philippus.
+XXXV--Ludovicus.
+XXXVI--Ludovicus.
+XXXVII--Philippus, bonus rex.
+XXXVIII--Ludovicus, filius ejuz.
+XXXIX--Ludovicus qui regnat.
+
+Il est à remarquer, dans ce catalogue, qu'il y a trente-neuf rois, et
+que dans la galerie de la façade occidentale, il n'y a place que pour
+vingt-huit; mais, dans le titre, le mot _in porta_ indique que ces noms
+étaient inscrits soit sur le pied-droit de la porte principale, soit sur
+les ventaux.]
+
+Dans les quatre niches des éperons nous replaçons saint Denis, la
+religion juive, la religion chrétienne et saint Étienne[26], et sur les
+piédestaux vides de la galerie de la Vierge, la belle statue qui lui
+avait valu ce nom, puis les anges qui l'accompagnaient, ainsi que les
+deux statues d'Adam et d'Ève entre les contreforts des tours.
+
+[Note 26: (Corrozet).--Le dessin, appartenant à M. Dépaulis, indique
+d'une manière positive, sur l'éperon du côté de l'Hôtel-Dieu, une statue
+d'évêque; sur ceux qui viennent ensuite, la Religion juive, puis la
+Religion chrétienne, et enfin, sur le dernier, une figure drapée et
+nimbée.
+
+(_Curiosités de Paris_, par M. C. P. G.).--Sur les quatre grands
+pilastres sont représentées, en grandes figures, deux _Femmes
+couronnées_, dont l'une représente la Religion; l'autre, la Foi (la
+Religion chrétienne et la Religion juive); du côté de l'archevêché,
+saint Denis, et du côté du cloître saint Étienne.]
+
+Nous avons remplacé les abat-sons hideux qui viennent aujourd'hui ronger
+les faisceaux de colonnes des grandes fenêtres des tours par un système
+analogue, qui, tout en préservant le beffroi, laisserait voir les
+grandes proportions des fenêtres, et ne nuirait plus à l'ancienne
+construction extérieure.
+
+Si de la façade occidentale nous passons aux façades latérales, des
+dégradations plus importantes encore dénaturent presque complètement
+l'aspect du monument; nous avons eu à rétablir les murs des chapelles de
+la nef, avec leur ancienne décoration de pignons, niches, statues et
+gargouilles[27], les contreforts, à couronner des pinacles et statues
+qui les terminaient, ainsi que l'indiquaient les textes et surtout la
+trace de cette décoration qui existe encore sur place. En effet les
+contreforts ont conservé les supports de leurs gargouilles, et la
+corniche qui recevait les pinacles, comme le prouve d'une manière
+positive le texte de Corrozet que nous donnons en note[28]. Aux deux
+extrémités du transcept, des travaux importans de restauration sont
+commandés par le mauvais état des constructions. Les deux grandes roses,
+surtout celle du nord, tombent en ruine, et celle du midi, quoique
+refaite par le cardinal de Noailles, exigera bientôt une reconstruction
+complète.
+
+[Note 27: Plan de la ville de Paris, par Turgot.
+
+Côté du nord, près le portail du transcept, le support du premier pignon
+des chapelles de la nef existe: C'est une petite figure d'homme,
+accroupie. De ce côté, quelques crochets de l'ancienne corniche se
+voient encore dans la corniche neuve, refaite en 1812.
+
+(Voir le dessin: _Détail d'une travée de la nef_).]
+
+[Note 28: Tout le comble est appuyé d'arcs-boutans, au bout
+desquels, en partie, sont des pyramides carrées et triangulaires, aux
+effigies de rois et autres personnages qui sont dedans et dessus.
+(Corrozet.)]
+
+La restauration de ces roses, ornées de si beaux vitraux, demande un
+examen approfondi de leur construction, vicieuse dès l'origine, et à
+laquelle il deviendra nécessaire d'apporter des modifications. Peut-être
+pourrait-on, sans changer leurs profils intérieurs et extérieurs, leur
+donner une solidité beaucoup plus grande en augmentant leur épaisseur.
+La rosace supérieure et les deux clochetons du pignon septentrional sont
+dans le plus triste état; le caractère de ces parties importantes de
+l'édifice est tellement dénaturé, et leur solidité si précaire, que nous
+avons dû les restaurer presque entièrement, et cela avec d'autant moins
+de regret, que l'ornementation des deux portails a été gâtée et
+totalement changée. Les restaurations que nous proposons rendront à ces
+belles façades toute l'élégance qu'elles ont perdue. Dans la nef et le
+choeur, le rétablissement des redens de toutes les grandes fenêtres
+nécessitera la reconstruction de la partie supérieure de tous leurs
+meneaux. Au-dessus des chapelles du choeur, du côté du midi et à
+l'abside, les éperons qui reçoivent la poussée des arcs-boutans, ont été
+flanqués de lourdes constructions en maçonnerie, dans le but de les
+consolider. Ces placages, mal combinés, portant à faux et du plus
+fâcheux effet, doivent être enlevés, et les éperons réparés, en se
+renfermant dans leur ancienne épaisseur.
+
+Une des questions les plus graves de la restauration, est certainement
+celle soulevée par la réparation des fenêtres des galeries. Ces
+fenêtres, ainsi que nous l'avons dit dans la partie historique de notre
+rapport, n'appartiennent à aucun style. Cette construction provisoire,
+faite à l'époque où l'on abandonna probablement l'idée de doubler les
+galeries du premier étage, est dans un état de dégradation auquel il est
+indispensable d'apporter remède. Déjà au XIVe siècle les architectes
+frappés de la laideur de ces baies, ont remplacé celles de l'abside par
+des grandes fenêtres à meneaux qui présentent les mêmes inconvéniens que
+celles de la nef et du choeur, en rendant indispensable le remplacement
+des combles simples par des terrasses et cheneaux. Or, ici, trois
+questions se présentent: doit-on conserver les fenêtres actuelles des
+galeries, et les réparer dans leur forme bâtarde? doit-on les restaurer
+dans le style du XIXe siècle? ou bien doit-on les reconstruire dans
+celui des galeries?
+
+Nous n'avons pas cru devoir trancher d'une manière positive une question
+aussi délicate. Quoique dans nos dessins nous ayons indiqué la
+restauration de ces fenêtres dans le style des galeries, nous ne donnons
+cependant pas la question comme résolue. Voici les motifs qui nous ont
+fait pencher vers ce parti.
+
+Continuer les fenêtres dans le style du XIVe siècle, ainsi que cela a
+été commencé à l'abside, serait une chose défectueuse sous le rapport de
+la construction, ainsi que nous venons de le dire. Les rétablir suivant
+leur forme provisoire, ce serait constater un fait curieux, puisqu'il
+donne la preuve d'un projet de galerie double. Mais sacrifier l'aspect
+des faces latérales de Notre-Dame à ce fait, ne serait-ce pas une chose
+puérile? une inscription, un figuré tracé sur la pierre, ne
+suffiraient-ils pas aux exigences de l'archéologie?
+
+Dans tous les cas, nous avons pensé que dans _nos dessins_ il était
+convenable de remplacer ces laides ouvertures par des fenêtres en
+harmonie avec le style général des façades, ne fût-ce que pour faciliter
+la solution de cette question difficile.
+
+À l'abside, une restauration importante doit compléter l'aspect si riche
+des chapelles, c'est celle des deux derniers éperons, dont les
+couronnemens enlevés ou détruits, ont été remplacés dans le XVe siècle,
+par de petites pyramides maigres, et tout à fait en désaccord avec les
+beaux clochetons du choeur. Ces pyramidions, en très mauvais état,
+remplacent de grands pinacles ornés de colonnes et de statues, ainsi que
+cela était pratiqué dans beaucoup de monumens du XIVe siècle. Il est
+difficile sur ce point de ne pas restaurer à coup sûr, car le
+soubassement et les bases mêmes des colonnes sont encore à leur place.
+Il ne nous reste plus à parler que de la flèche centrale, construite en
+charpente, couverte de plomb. Cette flèche, qui complétait si bien la
+cathédrale de Paris, avait cent quatre pieds, depuis le faîtage du
+comble jusqu'au coq[29].
+
+[Note 29: _Curiosités de Paris_, par M. C. P. C. 1763.]
+
+Les gravures d'Israël Sylvestre, et surtout un précieux dessin de feu
+Garneray[30] nous ont permis de la restaurer complètement.
+
+[Note 30: Nous possédons un calque de ce précieux dessin, fait avant
+la révolution de 1789.]
+
+
+=Restauration intérieure.=
+
+Un débadigeonnage complet nous paraît être la première opération à faire
+à l'intérieur de Notre-Dame, et pour connaître l'état des voûtes qui
+peuvent être moins bonnes qu'on ne le suppose, et pour retrouver les
+traces de peinture qui pourraient exister, ainsi qu'il est permis de
+l'espérer d'après les résultats obtenus par quelques essais partiels.
+Toutefois le mode d'exécution de ce travail nous paraît être de la plus
+grande importance. Il est évident que dans ce cas la brosse et l'éponge
+peuvent être seuls employées, et que le grattage doit être totalement
+exclu. Nous devons dire cependant qu'à moins que ce lavage ne nous donne
+la preuve positive d'un système général de peinture adopté autrefois à
+l'intérieur de Notre-Dame, nous ne pensons pas que ce parti doive être
+adopté. Jusque là nous n'avons admis la peinture que comme décoration
+des chapelles, ou de certaines parties de l'église.
+
+Quant à la peinture sur verre, quoique dans notre devis nous lui ayons
+réservé un chapitre à part, nous croyons cependant que l'exécution de
+verrières peintes serait un des plus splendides moyens de décoration
+intérieure, rien ne pouvant égaler la richesse de ces peintures
+transparentes, complément indispensable des monumens de cette époque.
+Aussi parmi nos dessins en avons-nous donné un spécimen exécuté d'après
+les vitraux de la cathédrale de Bourges. Vous avez bien voulu, Monsieur
+le Ministre, nous communiquer une demande de Monseigneur l'archevêque,
+relativement à l'abaissement de la tribune de l'orgue. Nous sommes les
+premiers à reconnaître tous les inconvéniens de l'état actuel signalés
+par Monseigneur; mais malheureusement cette tribune a été construite dès
+le treizième siècle dans le but de maintenir la poussée des arcs des
+galeries qui portent les deux énormes tours; la destruction, ou même
+l'abaissement simple de cette tribune, pourrait donc présenter de grands
+dangers qu'il serait imprudent de provoquer. Quant à la question
+archéologique, elle a trop peu d'importance, relativement à celle que
+nous venons de donner, pour que nous en parlions.
+
+Dans une restauration comme celle de Notre-Dame, il est impossible de ne
+pas chercher à mettre en harmonie avec l'architecture de l'édifice tous
+les objets accessoires, surtout lorsqu'ils ont une importance réelle.
+Ainsi, nous remplaçons les grilles contournées et de mauvais goût des
+tribunes par des grilles plus en rapport avec l'architecture qu'elles
+accompagnent. Les exemples de serrurerie ne nous manquent pas à Rouen, à
+Saint-Denis, à Saint-Germer, à Notre-Dame de Paris même, sur les belles
+portes de la façade occidentale.
+
+Nous avons donné, dans nos dessins, une restauration du choeur de
+Notre-Dame, tel qu'il était avant 1699; mais ce travail n'est qu'une
+étude archéologique dont nous n'admettons pas l'exécution; car nous
+pensons qu'il serait fâcheux de détruire, sans de bonnes raisons, un
+souvenir historique aussi important que celui-là. D'ailleurs, il serait
+peut-être hasardeux de détruire une chose exécutée avec un semblable
+luxe, sinon avec goût, pour la remplacer par des formes sur lesquelles
+il ne reste plus que quelques descriptions ou quelques renseignemens
+assez vagues. Dans tous les cas, si l'on devait changer quelque chose à
+la décoration actuelle du choeur de Notre-Dame, ce ne pourrait être
+qu'après l'achèvement de la restauration extérieure et l'entière
+exécution des travaux intérieurs. Alors, pourrait-on peut-être dégager
+seulement les colonnes et les ogives du rond-point enveloppées dans ces
+massifs revêtemens de marbre rouge, puis enlever les tableaux et
+déboucher les ogives au-dessus des bas-reliefs du XIVe siècle. Quant aux
+stalles, bien qu'elles ne soient nullement en harmonie avec l'édifice,
+tant de raisons plaident en faveur de leur conservation, qu'il n'est pas
+permis de songer à les détruire ou à les déplacer. Si nous n'avons pas
+donné dans nos dessins le choeur de Louis XIV, c'est qu'il ne présentait
+aucun intérêt sous le rapport de l'art, et qu'il n'y avait aucune
+utilité à le reproduire.
+
+Quoique le dallage de la nef de Notre-Dame ait été surélevé, nous ne
+pensons pas qu'il soit nécessaire de le baisser. Cette opération, fort
+coûteuse, et qui n'ajouterait que peu d'effet à la grandeur du vaisseau,
+aurait encore l'inconvénient de diminuer le nombre de marches que nous
+sommes parvenus à placer au-devant du portail; car c'est avec beaucoup
+de peine, à l'aide d'un travail consciencieux sur le nivèlement des
+abords de la cathédrale, que nous avons pu replacer quatre marches
+seulement devant les trois portes de la façade occidentale. Ce travail,
+que nous avons indiqué dans un plan général, présentait de grandes
+difficultés, parce qu'il fallait, avant tout, éviter le déchaussement
+des maisons de la rue d'Arcole, déchaussement qui ne pourrait être
+exécuté qu'à l'aide d'indemnités considérables.
+
+ * * * * *
+
+
+
+
+=Quatrième Partie.=
+
+=Sacristie.=
+
+
+La démolition de l'Archevêché, en supprimant toutes les dépendances de
+l'ancienne sacristie de Notre-Dame, a rendu indispensable la
+construction d'un nouveau bâtiment destiné à cet usage. Plusieurs
+projets ont déjà été présentés à l'administration des cultes. La
+première difficulté qui se rencontrait pour l'exécution de ces différens
+projets provenait de l'emplacement à choisir.
+
+Devait-on conserver le local actuel? devait-on élever la nouvelle
+sacristie derrière l'abside ou la comprendre dans l'intérieur de
+Notre-Dame, soit en occupant plusieurs chapelles, soit en modifiant
+quelque partie du plan de l'église.
+
+L'emplacement situé derrière l'abside aurait l'inconvénient de masquer
+l'un des points les plus beaux de l'église métropolitaine, et
+éloignerait d'ailleurs les bâtimens de la sacristie du choeur, tellement
+que le service serait toujours très difficile et deviendrait même
+impossible les jours de fêtes, lorsque les bas-côtés sont remplis de
+monde.
+
+Placer la sacristie dans l'intérieur même de Notre-Dame, ce serait
+admettre que le plan de la basilique peut être modifié, et nous avons à
+cet égard, repoussé toute idée de changement de l'ensemble ou des
+détails de l'édifice.
+
+Quant à nous, nous avions déjà manifesté notre opinion à cet égard dans
+le projet d'archevêché que nous avons eu l'honneur de soumettre à Votre
+Excellence, en janvier 1842. À cette époque, comme aujourd'hui, nous
+avons cru devoir nous en tenir à l'emplacement actuel comme le seul
+possible.
+
+En agissant ainsi, nous nous sommes appuyés sur les dispositions
+analogues des sacristies de Chartres, de la Sainte-Chapelle de
+Paris[31], de celle de Vincennes, et de tant d'autres, toujours placées
+sur le flanc du monument principal. Évidemment, ce parti est le seul qui
+soit réellement dans le caractère de l'architecture gothique. On a
+quelquefois parlé de déguiser, de masquer, autant que possible, cette
+annexe indispensable, tout cela pour éviter de nuire à la symétrie du
+monument; mais cette idée est tout-à-fait contraire à celle des
+architectes gothiques, qui se sont toujours gardés de dissimuler un
+besoin. C'est même grâce à cette liberté dans la composition de leurs
+plans que ces artistes nous ont transmis des édifices aussi remarquables
+par la variété motivée de leurs constructions que par la beauté de leurs
+détails.
+
+[Note 31: Voir le _fac-simile_ d'un ancien dessin représentant la
+sainte chapelle avec la sacristie, détruite sous Louis XVI.]
+
+Au reste, la disposition que nous proposons est celle qui a existé de
+tout temps: et, pour construire la sacristie actuelle, Soufflot a
+démoli, de ce côté, un passage qui communiquait avec l'ancienne
+sacristie de la métropole, et tenait alors à l'évêché. La gravure que
+nous avons fait exécuter, d'après une ancienne tapisserie du XVe siècle,
+en donne la preuve, ainsi que plusieurs gravures d'Israël Sylvestre.
+
+[Illustration: LEVECHE NOSTRE-DAME]
+
+Le projet que nous avons aujourd'hui l'honneur de vous soumettre,
+Monsieur le Ministre, n'est donc que l'étude en grand de la disposition
+prise par nous dans notre projet d'archevêché. Nous avons choisi
+l'emplacement actuel consacré par un long usage, parce qu'il est le plus
+à proximité du choeur, et parce qu'il permet d'isoler ce bâtiment de
+l'église, dont il ne masque qu'une faible partie, et sur un point qui,
+d'ailleurs, l'a toujours été.
+
+Ce parti présente encore l'avantage de n'apporter aucun changement dans
+la disposition générale du plan de Notre-Dame.
+
+Le choix de l'emplacement une fois arrêté, il nous restait encore à
+résoudre la question du style à adopter pour cette annexe, si peu
+importante relativement à l'ensemble de la cathédrale. Nous l'avouons,
+Monsieur le Ministre, il ne nous a pas semblé possible d'hésiter un
+instant; car nous avons la conviction qu'il fallait rester en harmonie
+avec cette partie du monument.
+
+Il est évident que si l'on abandonne l'imitation de l'architecture de
+Notre-Dame pour édifier une sacristie dans le style de notre époque,
+autant vaut peut-être conserver celle de Soufflot en la complétant.
+
+Les formes de cette architecture ne sont certainement pas plus en
+désaccord avec le monument que celles en usage aujourd'hui. Dans l'un et
+l'autre cas, il est positif que ce serait là une tache sur le flanc de
+Notre-Dame. Nous avons cru devoir considérer la sacristie comme partie
+inhérente au monument, et, par conséquent, nous ne pouvions que nous
+efforcer d'en imiter le style.
+
+Du reste, Monsieur le Ministre, nous avons fait tous nos efforts pour
+satisfaire aux données du programme que vous avez bien voulu nous
+adresser. Nous avons établi au rez-de-chaussée tous les services
+journaliers de plein-pied avec le sol de l'église. Un grand vestibule et
+le petit passage couvert permettraient aux processions de prendre leur
+ordre avant d'entrer dans le choeur. Les latrines sont disposées le plus
+en dehors possible du bâtiment, de manière à éviter la mauvaise odeur.
+Une porte de service est réservée pour l'entrée directe du vin dans la
+cave et pour la vidange de la fosse. Un large soupirail, donnant dans la
+petite cour, du côté de l'ouest, permet l'introduction du bois et du
+charbon qui seront nécessaires pour chauffer le calorifère établi dans
+une des caves; enfin, l'escalier présente une communication facile du
+grand vestibule à la salle capitulaire, qui, par son étendue, pourra,
+dans certaines occasions solennelles, recevoir un grand concours de
+monde: elle servira de bibliothèque et de lieu de réunion pour le
+chapitre.
+
+Il nous reste, Monsieur le Ministre, à vous faire part des motifs qui
+nous ont déterminés dans le choix des échelles adoptées pour l'exécution
+des dessins. Nous avons pensé que l'échelle d'un centimètre pour un
+mètre était celle qui convenait le mieux aux ensembles, d'abord parce
+qu'elle est imposée par l'administration, puis parce qu'elle nous
+permettait de saisir plus facilement l'aspect général de notre
+restauration. Une échelle plus grande n'aurait pu l'être assez pour
+faire voir dans les dessins de façades toutes les délicatesses de la
+construction et de la forme, sous peine d'avoir des feuilles d'une
+dimension démesurée et difficiles à embrasser d'un seul coup d'oeil.
+Mais aussi, pour les détails, nous avons choisi une échelle beaucoup
+plus grande, c'est-à-dire de quatre centimètres pour un mètre, ce qui
+nous a permis d'indiquer d'une manière précise toutes les formes de
+l'architecture et de l'ornementation des points importans que nous
+proposons de restaurer.
+
+Quant à la dépense qu'entraînera l'exécution des travaux nécessaires
+pour la restauration _complète_ de Notre-Dame et la construction d'une
+sacristie neuve, nous avons cru devoir la prévoir aussi largement et
+aussi complètement que possible; mais nous avons disposé nos devis de
+façon à ce qu'il soit très facile d'établir toutes les coupures et
+divisions que Votre Excellence pourra juger convenables pour fractionner
+le travail.
+
+Nous avons l'honneur d'être, avec le plus profond respect,
+
+ Monsieur le Ministre,
+
+ De Votre Excellence,
+
+ _Les très humbles et très obéissans serviteurs,_
+
+ LASSUS, VIOLLET-LEDUC.
+
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Project de restauration de Notre-Dame
+de Paris, by Jean-Baptiste Lassus and Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PROJECT DE RESTAURATION DE ***
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+electronic works
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+electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
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+the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
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+If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
+Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
+terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
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+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
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+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
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+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
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+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
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+LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
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+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
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+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
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+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
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+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
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+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit http://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ http://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
+
+*** END: FULL LICENSE ***
+
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Binary files differ
diff --git a/18920-h/18920-h.htm b/18920-h/18920-h.htm
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@@ -0,0 +1,2033 @@
+<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN"
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+ The Project Gutenberg eBook of Projet de restauration de Notre-Dame de Paris, by Par MM. Lassus et Viollet-Leduc
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+The Project Gutenberg EBook of Project de restauration de Notre-Dame de
+Paris, by Jean-Baptiste Lassus and Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc
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+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
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+with this eBook or online at www.gutenberg.org
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+
+Title: Project de restauration de Notre-Dame de Paris
+
+Author: Jean-Baptiste Lassus and Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc
+
+Release Date: July 27, 2006 [EBook #18920]
+
+Language: French
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+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PROJECT DE RESTAURATION DE ***
+
+
+
+
+Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
+Proofreaders Europe team at http://dp.rastko.net
+
+
+
+
+
+
+</pre>
+
+
+<h2>PROJET DE RESTAURATION</h2>
+
+<h3>DE</h3>
+
+<h1>NOTRE-DAME DE PARIS</h1>
+
+<h3>Par MM. Lassus et Viollet-Leduc</h3>
+
+<hr style='width: 45%;' />
+
+<h2>RAPPORT</h2>
+
+<h3><i>Adress&eacute; &agrave; M. le Ministre de la Justice et des Cultes,</i></h3>
+
+<h4>Annex&eacute; au projet de restauration, remis le 31 janvier 1845.</h4>
+
+<hr style='width: 45%;' />
+
+<h3>PARIS.</h3>
+
+<h3>IMPRIMERIE DE M<sup>me</sup> DE LACOMBE,</h3>
+
+<h4>RUE D'ENGHIEN, 12.</h4>
+
+<h3>1843.</h3>
+<hr style="width: 65%;" />
+<p><a name="table" id="table"></a></p>
+<table summary="table">
+<tr><td>
+<a href="#Premiere_Partie"><b>Premi&egrave;re Partie.</b></a><br />
+<a href="#Deuxieme_Partie"><b>Deuxi&egrave;me Partie.</b></a><br />
+<a href="#Troisieme_Partie"><b>Troisi&egrave;me Partie.</b></a><br />
+<a href="#Quatrieme_Partie"><b>Quatri&egrave;me Partie.</b></a><br />
+</td></tr>
+</table>
+
+<hr style="width: 65%;" />
+<h2>NOTRE-DAME DE PARIS.</h2>
+<hr style="width: 65%;" />
+<h2><a name="Premiere_Partie" id="Premiere_Partie"></a><a href="#table">Premi&egrave;re Partie.</a></h2>
+
+<h3>Consid&eacute;rations g&eacute;n&eacute;rales sur le syst&egrave;me de la Restauration.</h3>
+
+<p><span style="margin-left: 8em;">MONSIEUR LE MINISTRE,</span></p>
+
+<p>En nous chargeant de la r&eacute;daction du projet de restauration de la
+cath&eacute;drale de Paris, nous ne nous sommes dissimul&eacute;, ni l'importance de
+la t&acirc;che que vous vouliez bien nous confier, ni la gravit&eacute; des questions
+et des difficult&eacute;s que nous aurions &agrave; r&eacute;soudre.</p>
+
+<p>Dans un semblable travail on ne saurait agir avec trop de prudence et de
+discr&eacute;tion; et nous le disons les premiers, une restauration peut &ecirc;tre
+plus d&eacute;sastreuse pour un monument que les ravages des si&egrave;cles et les
+fureurs populaires! car le temps et les r&eacute;volutions d&eacute;truisent, mais
+n'ajoutent rien. Au contraire, une restauration peut, en ajoutant de
+nouvelles formes, faire dispara&icirc;tre une foule de vestiges, dont la
+raret&eacute; et l'&eacute;tat de v&eacute;tust&eacute; augmentent m&ecirc;me l'int&eacute;r&ecirc;t.</p>
+
+<p>Dans ce cas, on ne sait vraiment ce qu'il y a de plus &agrave; craindre, ou de
+l'incurie qui laisse tomber &agrave; terre ce qui menace ruine, ou de ce z&egrave;le
+ignorant qui ajoute, retranche, compl&egrave;te, et finit par transformer un
+monument ancien en un monument neuf, d&eacute;pouill&eacute; de tout int&eacute;r&ecirc;t
+historique.</p>
+
+<p>Aussi comprend-on parfaitement qu'&agrave; la vue de semblables dangers,
+l'arch&eacute;ologie se soit &eacute;mue, et que des hommes enti&egrave;rement d&eacute;vou&eacute;s &agrave; la
+conservation de nos monumens, aient dit: &laquo;En principe, il ne faut pas
+restaurer; soutenez, consolidez, remplacez, comme &agrave; l'arc d'Orange, la
+pierre enti&egrave;rement rong&eacute;e par de la pierre neuve, mais gardez-vous d'y
+tailler des moulures ou des sculptures.&raquo;</p>
+
+<p>Nous comprenons la rigueur de ces principes, nous les acceptons
+compl&egrave;tement, mais seulement, lorsqu'il s'agira d'une ruine curieuse,
+sans destination, et sans utilit&eacute; actuelle.</p>
+
+<p>Car ils nous para&icirc;traient fort exag&eacute;r&eacute;s dans la restauration d'un
+&eacute;difice dont l'utilit&eacute; est encore aussi r&eacute;elle, aussi incontestable
+aujourd'hui, qu'au jour de son ach&egrave;vement; d'une &eacute;glise, enfin, &eacute;lev&eacute;e
+par une religion dont l'immuabilit&eacute; est un des principes fondamentaux.
+Dans ce cas, il faut non seulement que l'artiste s'attache &agrave; soutenir,
+consolider et conserver; mais encore il doit faire tous ses efforts pour
+rendre &agrave; l'&eacute;difice, par des restaurations prudentes, la richesse et
+l'&eacute;clat dont il a &eacute;t&eacute; d&eacute;pouill&eacute;. C'est ainsi qu'il pourra conserver &agrave; la
+post&eacute;rit&eacute; l'unit&eacute; d'aspect et l'int&eacute;r&ecirc;t des d&eacute;tails du monument qui lui
+aura &eacute;t&eacute; confi&eacute;.</p>
+
+<p>Cependant, nous sommes loin de vouloir dire qu'il est n&eacute;cessaire de
+faire dispara&icirc;tre toutes les additions post&eacute;rieures &agrave; la construction
+primitive et de ramener le monument &agrave; sa premi&egrave;re forme; nous pensons,
+au contraire, que chaque partie ajout&eacute;e, &agrave; quelque &eacute;poque que ce soit,
+doit, en principe, &ecirc;tre conserv&eacute;e, consolid&eacute;e et restaur&eacute;e dans le style
+qui lui est propre, et cela avec une religieuse discr&eacute;tion, avec une
+abn&eacute;gation compl&egrave;te de toute opinion personnelle.</p>
+
+<p>L'artiste doit s'effacer enti&egrave;rement, oublier ses go&ucirc;ts, ses instincts,
+pour &eacute;tudier son sujet, pour retrouver et suivre la pens&eacute;e qui a pr&eacute;sid&eacute;
+&agrave; l'ex&eacute;cution de l'&oelig;uvre qu'il veut restaurer; car il ne s'agit pas,
+dans ce cas, de faire de l'art, mais seulement de se soumettre &agrave; l'art
+d'une &eacute;poque qui n'est plus. Sous peine d'&ecirc;tre entra&icirc;n&eacute;, malgr&eacute; lui,
+dans les voies les plus dangereuses, l'artiste doit reproduire
+scrupuleusement non seulement ce qui peut lui para&icirc;tre d&eacute;fectueux au
+point de vue de l'art, mais m&ecirc;me, nous ne craignons pas de le dire, au
+point de vue de la construction. En effet, la construction se trouve
+essentiellement li&eacute;e &agrave; la forme, et le moindre changement dans cette
+partie si importante de l'architecture gothique en entra&icirc;ne bient&ocirc;t un
+autre, puis un autre encore, et, de proche en proche, on est amen&eacute; &agrave;
+modifier compl&egrave;tement le syst&egrave;me primitif de construction pour lui en
+substituer un moderne; et cela trop souvent aux d&eacute;pens de la forme.
+D'ailleurs, en agissant ainsi, on d&eacute;truit une des curieuses pages de
+l'histoire de l'art de b&acirc;tir, et plus la pr&eacute;tendue am&eacute;lioration est
+r&eacute;elle, plus le mensonge historique est flagrant.</p>
+
+<p>Ce que nous disons pour la conservation du syst&egrave;me de construction, nous
+le dirons aussi pour la conservation rigoureuse des mat&eacute;riaux employ&eacute;s
+dans les formes primitives, d'abord dans l'int&eacute;r&ecirc;t historique, et
+surtout dans l'int&eacute;r&ecirc;t de l'art; car, en changeant la mati&egrave;re, il est
+impossible de conserver la forme; ainsi, la fonte ne peut pas plus
+reproduire l'aspect de la pierre que le fer ne peut se pr&ecirc;ter &agrave; rendre
+celui du bois. Au reste, il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un
+coup d'&oelig;il sur les essais qui ont &eacute;t&eacute; tent&eacute;s dans ce sens, soit &agrave;
+Rouen, pour la fl&egrave;che de la cath&eacute;drale, soit &agrave; S&eacute;ez, pour les pyramides
+des contreforts, soit &agrave; Rheims, pour la chapelle de l'archev&ecirc;ch&eacute;.
+Partout enfin o&ugrave; la fonte a remplac&eacute; la pierre, l'&oelig;il le moins exerc&eacute;
+ne peut s'y tromper. &Agrave; Rouen, comme &agrave; S&eacute;ez et &agrave; Rheims, la fonte n'a pu
+reproduire que des formes d&eacute;pouill&eacute;es, tandis que les moulures et les
+sculptures en pierre de ces monumens sont refouill&eacute;es au ciseau et
+impossibles &agrave; mouler d'une seule pi&egrave;ce. Mais ce ne sont l&agrave; que de
+faibles inconv&eacute;niens relativement &agrave; ceux bien plus graves que la fonte
+offre sous le rapport de la solidit&eacute;. En effet, sans parler du poids,
+qui est beaucoup plus consid&eacute;rable qu'on avait pu le pr&eacute;voir avant
+l'ex&eacute;cution de grandes pi&egrave;ces, un brusque changement de temp&eacute;rature, une
+commotion atmosph&eacute;rique, suffisent pour briser la fonte fragile comme du
+verre. De plus, cette mati&egrave;re non seulement ne se marie jamais avec la
+pierre, mais elle est pour cette derni&egrave;re une cause incessante de ruine,
+par l'oxidation que l'on ne peut jamais emp&ecirc;cher. Comme couleur, nous
+n'avons pas besoin de dire que la fonte ne peut jamais reproduire celle
+de la pierre, puisque, lors m&ecirc;me qu'on la couvre d'une couche &eacute;paisse de
+peinture, l'oxide rouge du fer la d&eacute;truit si promptement qu'il faut
+continuellement la renouveler. Quant &agrave; la raison d'&eacute;conomie, elle tombe
+facilement devant les r&eacute;sultats de l'exp&eacute;rience et les calculs que nous
+donnons plus bas<a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1"></a><a href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>.</p>
+
+<p>Un autre mode de restauration, tent&eacute; depuis quelques ann&eacute;es, pr&eacute;sente un
+r&eacute;sultat encore plus d&eacute;plorable; nous voulons parler des mastics,
+cimens, et enfin toutes mati&egrave;res &eacute;trang&egrave;res &agrave; la pierre, avec laquelle
+on a vainement essay&eacute; de les souder &agrave; l'aide de moyens toujours
+destructifs. L'application de ces cimens n&eacute;cessite d'abord la
+d&eacute;gradation de toutes les parties que l'on veut restaurer, plus l'emploi
+du fer, nouvelle cause de ruine, et tout cela, pour arriver &agrave; un
+r&eacute;sultat qui n'offre aucune chance de dur&eacute;e, et qui ne laisse apr&egrave;s lui
+aucun vestige de ce qui existait d'abord. Admettant m&ecirc;me que le moyen
+soit durable, l'aspect du mastic ne sera jamais celui de la pierre;
+difficile &agrave; employer, d'une s&eacute;cheresse qui ne peut rendre, ni la
+franchise, ni le grain de la pierre, cette mati&egrave;re conservera toujours
+son apparence de p&acirc;te model&eacute;e. Ce que nous venons de dire, l'exp&eacute;rience
+l'a prouv&eacute;. Partout o&ugrave; ils ont &eacute;t&eacute; employ&eacute;s, ces cimens se d&eacute;tachent de
+la pierre, se gercent, se d&eacute;composent &agrave; l'air: que restera-t-il alors
+qu'ils seront tomb&eacute;s?</p>
+
+<p>Mais on ne s'est pas born&eacute; &agrave; restaurer de la sculpture par ce moyen, on
+a &eacute;t&eacute; jusqu'&agrave; remplacer de la vieille pierre par de la neuve, sur
+laquelle on a coll&eacute; des ornemens en mastic! Dans ce cas, nous pensons
+que la raison d'&eacute;conomie &eacute;tait surtout invoqu&eacute;e. Eh bien! la sculpture
+dans la pierre tendre n'est pas plus ch&egrave;re que de la sculpture en
+ciment, et l'ouvrier habile pr&eacute;f&egrave;re toujours le travail de la pierre. Il
+n'y a donc que la diff&eacute;rence du prix de la mati&egrave;re, mais cette
+diff&eacute;rence n'est pas &agrave; l'avantage du ciment, si l'on compte, et les
+crampons qu'il faut employer, et la difficult&eacute; de sceller, et la perte
+d'une grande partie de ce ciment, qui ne peut &ecirc;tre employ&eacute; que frais.</p>
+
+<p>Ces motifs, Monsieur le Ministre, sont plus que suffisans pour que nous
+croyions devoir rejeter enti&egrave;rement l'emploi de la fonte, du mastic et
+de toutes les mati&egrave;res &eacute;trang&egrave;res &agrave; la construction primitive, dans le
+projet de restauration que nous avons l'honneur de vous soumettre.</p>
+
+<p>Quant &agrave; la restauration des bas-reliefs qui ornent ext&eacute;rieurement et
+int&eacute;rieurement la cath&eacute;drale de Paris, nous croyons qu'il est impossible
+de l'ex&eacute;cuter dans le style de l'&eacute;poque, et nous sommes convaincus que
+l'&eacute;tat de mutilation, peu grave d'ailleurs, dans lequel ils se trouvent,
+est de beaucoup pr&eacute;f&eacute;rable &agrave; une apparence de restauration, qui ne
+serait que tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;e de leur caract&egrave;re primitif; car, quel est le
+sculpteur qui pourrait retrouver, au bout de son ciseau, cette na&iuml;vet&eacute;
+des si&egrave;cles pass&eacute;s! Nous pensons donc que le remplacement de toutes les
+statues qui ornaient les portails, la galerie des rois, et les
+contreforts, ne peut &ecirc;tre ex&eacute;cut&eacute; qu'&agrave; l'aide de copies de statues
+existantes dans d'autres monumens analogues, et de la m&ecirc;me &eacute;poque. Les
+mod&egrave;les ne manquent pas &agrave; Chartres, &agrave; Rheims, &agrave; Amiens, et dans tant
+d'autres &eacute;glises qui couvrent le sol de la France. Ces m&ecirc;mes cath&eacute;drale
+nous offriront aussi les mod&egrave;les des vitraux qu'il faudra replacer &agrave;
+Notre-Dame, mod&egrave;les qu'il serait impossible d'imiter, et qu'il est
+beaucoup plus sage de copier.</p>
+
+<p>Les principes que nous venons d'&eacute;mettre, applicables, suivant nous, &agrave;
+toute restauration, ne sauraient &ecirc;tre oubli&eacute;s, lorsqu'il s'agit d'un
+monument aussi important que la cath&eacute;drale de Paris, de ce remarquable
+&eacute;difice plac&eacute; au centre de la capitale, sous les yeux de l'autorit&eacute;,
+visit&eacute; chaque jour par tout ce qu'il y a de personnes intelligentes et
+&eacute;clair&eacute;es. L&agrave;, il ne faut ni h&eacute;siter, ni faire d'exp&eacute;riences, mais
+marcher d'un pas s&ucirc;r, ne rien risquer, r&eacute;ussir enfin. Pour arriver &agrave; ce
+r&eacute;sultat, il &eacute;tait n&eacute;cessaire de d&eacute;chiffrer les textes, de consulter
+tous les documens qui existent sur la construction de cet &eacute;difice, tant
+descriptifs que graphiques, d'&eacute;tudier surtout les caract&egrave;res
+arch&eacute;ologiques du monument, enfin de recueillir les traditions souvent
+si pr&eacute;cieuses.</p>
+
+<p>C'est ainsi que nous avons suivi l'&eacute;dification lente de Notre-Dame, dont
+nous avons restaur&eacute; chaque partie d'apr&egrave;s l'&eacute;poque qui lui est propre,
+et c'est par ces &eacute;tudes s&eacute;rieuses que nous avons pu constater les
+diff&eacute;rentes phases de sa construction depuis le XII<sup>e</sup> jusqu'au XIV<sup>e</sup>
+si&egrave;cle. Nous avons reconnu les changemens consid&eacute;rables apport&eacute;s dans la
+disposition des fen&ecirc;tres de la nef et du ch&oelig;ur, l'adjonction des
+chapelles ex&eacute;cut&eacute;es autour de l'abside dans le XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle, ainsi que la
+construction de celles &eacute;lev&eacute;es &agrave; la fin du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle entre les
+contreforts de la nef. Le plan de Turgot et les traces encore existantes
+nous ont permis de r&eacute;tablir la d&eacute;coration ext&eacute;rieure de ces chapelles,
+c'est avec le texte de Corrozet, et les fragmens en place que nous avons
+refait les t&ecirc;tes d'&eacute;perons de la nef.</p>
+
+<p>L'ancien dessin<a name="FNanchor_2_2" id="FNanchor_2_2"></a><a href="#Footnote_2_2" class="fnanchor">[2]</a> dont nous donnons la gravure en t&ecirc;te de ce rapport,
+et quelque descriptions<a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3"></a><a href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a> nous ont servi de guide pour la restauration
+de la grande porte de la fa&ccedil;ade occidentale. Puis, c'est &agrave; l'aide
+d'anciennes gravures, et surtout du pr&eacute;cieux dessin de feu Garneray, que
+nous avons r&eacute;&eacute;difi&eacute; la fl&egrave;che centrale. Enfin le texte de Sauval,
+confirm&eacute; par une fouille que nous avons relev&eacute;e &agrave; l'&eacute;poque des
+c&eacute;r&eacute;monies fun&egrave;bres du Prince royal, nous a permis de constater le
+niveau du sol ancien du parvis de Notre-Dame, et la disposition des
+treize marches indiqu&eacute;es par tous les historiens.</p>
+
+<p>Nous donnons ici le profil de la fouille.</p>
+
+<div class="center">
+<img src="images/001.png" width="30%" alt="image" /></div>
+
+<hr style="width: 65%;" />
+<h2><a name="Deuxieme_Partie" id="Deuxieme_Partie"></a><a href="#table">Deuxi&egrave;me Partie.</a></h2>
+
+<p><b>Description historique de la cath&eacute;drale de Paris, depuis l'&eacute;poque de sa
+construction jusqu'&agrave; nos jours.</b></p>
+
+
+<p>Ainsi que nous venons d'avoir l'honneur de le dire, monsieur le
+Ministre, cette partie importante et difficile de notre travail a
+n&eacute;cessit&eacute; le d&eacute;pouillement de tous les textes, de tous les renseignemens
+graphiques et historiques relatifs &agrave; la cath&eacute;drale de Paris, mais c'est
+surtout par l'&eacute;tude s&eacute;rieuse du monument, par l'examen arch&eacute;ologique des
+formes qui le caract&eacute;risent, qu'il &eacute;tait possible d'arriver &agrave;
+connaissance parfaite des diff&eacute;rentes phases de sa construction.</p>
+
+<p>Il fallait que cette analyse minutieuse vint expliquer, compl&eacute;ter, et
+souvent m&ecirc;me rectifier les opinions r&eacute;sultant de l'examen des textes
+seuls; car souvent un texte peut se pr&ecirc;ter &agrave; des interpr&eacute;tations
+diverses, ou para&icirc;tre inintelligible, tandis que les caract&egrave;res
+arch&eacute;ologiques sont l&agrave;, comme autant de dates irr&eacute;cusables, grav&eacute;es sur
+l'ensemble et jusque sur les moindres d&eacute;tails du monument.</p>
+
+<p>Il suffira de citer un exemple bien frappant, pris dans le monument m&ecirc;me
+qui fait l'objet de ce travail. Si l'on s'en rapportait seulement aux
+textes, il faudrait admettre que la porte rouge, c&ocirc;t&eacute; du nord, a &eacute;t&eacute;
+b&acirc;tie dans le XV<sup>e</sup> si&egrave;cle. Or, cette porte est &eacute;videmment du XIV<sup>e</sup>, et du
+commencement. Le caract&egrave;re de son architecture, et la vigueur de
+l'ornementation ne permettent aucun doute &agrave; cet &eacute;gard. Dans cette
+immense cath&eacute;drale, on distingue trois grandes &eacute;poques, et cependant les
+adjonctions qui, pendant trois si&egrave;cles, sont venues se souder aux
+premi&egrave;res constructions, n'ont pas &ocirc;t&eacute; &agrave; l'&eacute;difice une certaine unit&eacute;,
+une grandeur de conception bien rares dans des monumens &eacute;lev&eacute;s avec tant
+de lenteur.</p>
+
+<p>La partie la plus ancienne de l'&eacute;glise Notre-Dame est b&acirc;tie par Maurice
+de Sully, dans la seconde moiti&eacute; du XII<sup>e</sup> si&egrave;cle; avant lui, les
+constructions n'&eacute;taient arriv&eacute;es qu'au niveau du sol. Cet &eacute;v&ecirc;que employa
+toute sa fortune &agrave; la construction du ch&oelig;ur et d'une partie de la nef.</p>
+
+<p>Plusieurs auteurs<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4"></a><a href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a> et la tradition disent que Notre-Dame est b&acirc;tie sur
+pilotis, et cependant, en 1699, des fouilles faites &agrave; l'occasion de la
+construction du tour du ch&oelig;ur en marbre, et du ma&icirc;tre-autel, prouv&egrave;rent
+que cette opinion est erron&eacute;e<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5"></a><a href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>. Ce qui fut encore confirm&eacute; par
+d'autres fouilles ex&eacute;cut&eacute;es en 1774<a name="FNanchor_6_6" id="FNanchor_6_6"></a><a href="#Footnote_6_6" class="fnanchor">[6]</a>.</p>
+
+<p>Maurice de Sully, qui mourut en 1196, laissa 5,000 livres pour couvrir
+le ch&oelig;ur en plomb; ainsi, &agrave; cette &eacute;poque, le ch&oelig;ur &eacute;tait enti&egrave;rement
+termin&eacute;. Apr&egrave;s lui, les constructions furent heureusement continu&eacute;es
+suivant les premi&egrave;res dispositions, pendant assez de temps pour
+permettre l'ach&egrave;vement du vaisseau.</p>
+
+<p>L'&eacute;glise de Maurice de Sully forme comme le noyau de la cath&eacute;drale de
+Paris, et il est facile encore de la distinguer malgr&eacute; la richesse de la
+d&eacute;coration dont les XIII<sup>e</sup> et XIV<sup>e</sup> si&egrave;cles sont venus l'envelopper. Ainsi
+que nous le prouvons plus loin, c'est aux premi&egrave;res ann&eacute;es du XIII<sup>e</sup>
+si&egrave;cle que l'on doit faire remonter la construction de la magnifique
+fa&ccedil;ade occidentale, celle des &eacute;perons et des galeries de la nef, ainsi
+que l'arrangement des grandes fen&ecirc;tres, et c'est encore dans la seconde
+moiti&eacute; de ce si&egrave;cle que furent ajout&eacute;es les chapelles de la nef. Enfin
+les deux fa&ccedil;ades des transcepts, les chapelles du ch&oelig;ur, et une grande
+partie des arcs-boutans appartiennent au XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle.</p>
+
+<p>Un fait assez rare et qui peut &ecirc;tre observ&eacute; &agrave; Notre-Dame, c'est que les
+XV<sup>e</sup>, XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> si&egrave;cles n'ont rien ajout&eacute; &agrave; cette &eacute;glise d&eacute;j&agrave;
+compl&egrave;te.</p>
+
+<p>Les grosses colonnes rondes int&eacute;rieures, les galeries sup&eacute;rieures du
+ch&oelig;ur et les grandes parties de murs &eacute;lev&eacute;s sur ces galeries
+appartiennent &agrave; la construction primitive. Alors ces murs &eacute;taient perc&eacute;s
+de fen&ecirc;tres beaucoup moins longues que celles qu'on y voit aujourd'hui,
+quoi qu'elles aient conserv&eacute; leurs colonnettes et arcs anciens. Deux de
+ces fen&ecirc;tres &agrave; doubles biseaux se voient encore &agrave; l'entr&eacute;e de la nef.
+Par leur &eacute;l&eacute;vation au-dessus des galeries, elles avaient permis la
+construction d'un comble d'une seule pente, dont on voit encore la trace
+le long du mur de la tour; les filets et les jets d'eau existent encore
+sur toute la face m&eacute;ridionale, et les deux grands &eacute;perons qui viennent
+maintenir les deux extr&eacute;mit&eacute;s du transcept &eacute;taient destin&eacute;s, en m&ecirc;me
+temps qu'ils contrebutaient, &agrave; former les pignons de ces combles. Les
+grandes fen&ecirc;tres que l'on y voit les &eacute;clairaient ainsi que les galerie.
+Cette disposition, plus simple que celle actuelle, laissait
+int&eacute;rieurement au-dessus de l'arcature des galeries sup&eacute;rieures, un
+grand espace vide destin&eacute; peut-&ecirc;tre &agrave; recevoir des peintures.</p>
+
+<p>Le ch&oelig;ur conserve, au-dessous de la corniche actuelle, une large
+ceinture de damiers qui tiennent &agrave; la construction primitive. Quant aux
+arcs-boutans, ils &eacute;taient probablement comme les deux qui existent
+encore contre les murs du ch&oelig;ur, c&ocirc;t&eacute; du midi, couvert de dalles, orn&eacute;s
+d'une dentelure peu saillante. Soit que les fonds aient manqu&eacute;, soit que
+l'architecte ait, apr&egrave;s la mort de Maurice de Sully, chang&eacute; la
+disposition premi&egrave;re, les galeries sup&eacute;rieures n'ont pas &eacute;t&eacute; termin&eacute;es.</p>
+
+<p>Des arcs doubleaux, engag&eacute;s dans les murs qui les ferment aujourd'hui,
+feraient penser que ces galeries devaient &ecirc;tre doubles comme les
+bas-c&ocirc;t&eacute;s; quoi qu'il en soit, elles ont &eacute;t&eacute; bouch&eacute;es provisoirement, et
+avec assez peu de soin, lorsque dans le XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle les travaux furent
+repris avec une grande activit&eacute;.</p>
+
+<p>Du reste, il y a cela de remarquable dans cette premi&egrave;re construction de
+l'&eacute;glise Notre-Dame, depuis 1161 jusqu'en 1196, mort de Maurice, que
+pendant cette p&eacute;riode on peut suivre une des transitions les plus
+curieuses de l'art chr&eacute;tien.</p>
+
+<p>Le ch&oelig;ur, par lequel l'&eacute;v&ecirc;que fondateur commen&ccedil;a son &oelig;uvre, est encore
+empreint du caract&egrave;re roman, et la nef construite &agrave; la fin de sa vie, ou
+peu de temps apr&egrave;s sa mort, est d&eacute;j&agrave; soumise au go&ucirc;t gothique.</p>
+
+<p>Un fait int&eacute;ressant nous donne la date de la construction de la belle
+fa&ccedil;ade occidentale.</p>
+
+<p>Leb&oelig;uf nous apprend que c'est en 1218 que l'on abattit la vieille
+&eacute;glise St-&Eacute;tienne, qui g&ecirc;nait la construction de la partie m&eacute;ridionale
+de la nouvelle basilique, et que le bas-relief du tympan de la porte
+Ste-Anne, sur la fa&ccedil;ade de Notre-Dame, provient de cette vieille &eacute;glise,
+ainsi que les statues qui d&eacute;coraient le parvis de cette porte avant
+1793<a name="FNanchor_7_7" id="FNanchor_7_7"></a><a href="#Footnote_7_7" class="fnanchor">[7]</a>.</p>
+
+<p>L'ann&eacute;e de la d&eacute;molition de l'&eacute;glise Saint-&Eacute;tienne, et le replacement
+des sculptures qui la d&eacute;coraient, &agrave; la porte Sainte-Anne, nous donnent
+la date positive de la construction de la fa&ccedil;ade occidentale de
+Notre-Dame, ce qui du reste s'accorde parfaitement avec le caract&egrave;re
+architectonique de cette fa&ccedil;ade. Malheureusement, des statues si
+curieuses, qui ornaient cette porte, il ne reste plus que celle de
+Saint-Marcel, restaur&eacute;e maladroitement en 1818.</p>
+
+<p>Nous pouvons donc regarder la fa&ccedil;ade occidentale de la cath&eacute;drale de
+Paris comme b&acirc;tie dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle; son style est
+plein de grandeur et d'unit&eacute;; la similitude des profils qui la d&eacute;corent
+depuis le bas jusqu'au sommet des Tours, ne peut pas laisser douter
+qu'elle n'ait &eacute;t&eacute; construite d'un seul jet, et sans interruption.
+Cependant les tours rest&egrave;rent inachev&eacute;es, les fl&egrave;ches en pierre qui
+devaient les terminer, et dont on voit parfaitement la naissance dans la
+construction int&eacute;rieure, ne furent pas &eacute;lev&eacute;es.</p>
+
+<p>Le style particulier &agrave; cette fa&ccedil;ade se retrouve encore dans la grande
+corniche qui pourtourne l'&eacute;difice, et dans les &eacute;perons de la nef.</p>
+
+<p>La fl&ecirc;che en bois, rev&ecirc;tue de plomb, qui s'&eacute;levait sur le comble au
+milieu du transcept, devait &ecirc;tre aussi, d'apr&egrave;s les dessins et gravures
+qui seuls peuvent nous en donner une id&eacute;e, de l'&eacute;poque de la fa&ccedil;ade,
+ainsi que toute la charpente du grand comble. Un chapiteau fort curieux,
+taill&eacute; dans le poin&ccedil;on qui existe encore au centre de la souche de cette
+fl&egrave;che, suffit pour fixer d'une mani&egrave;re pr&eacute;cise l'&eacute;poque de sa
+construction, ainsi celle de la charpente, &eacute;videmment du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+Cette fl&ecirc;che, qui contenait six cloches, fut d&eacute;truite en 1793.</p>
+
+<p>C'est apr&egrave;s la construction de la fa&ccedil;ade occidentale, et vers le milieu
+du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle que des modifications graves furent apport&eacute;es &agrave; la
+basilique de Maurice de Sully. Les fen&ecirc;tres de la nef et du ch&oelig;ur, dont
+nous avons d&eacute;j&agrave; parl&eacute;, furent alors &eacute;largies et allong&eacute;es jusque sur
+l'arcature des galeries, et des meneaux furent plac&eacute;s dans ces fen&ecirc;tres
+avec assez peu de go&ucirc;t. Cette nouvelle disposition eut cela de f&acirc;cheux,
+qu'elle fit substituer aux combles simples qui couvraient les galeries
+des terrasses avec doubles cheneaux, qui entretiennent une humidit&eacute;
+constante sur les vo&ucirc;tes.</p>
+
+<p>L&agrave; commencent d&eacute;j&agrave; les mutilations innombrables que Notre-Dame a subies
+depuis, car ces grandes fen&ecirc;tres ogivales, non concentriques avec les
+anciennes, outre qu'elles ne sont pas en proportion avec tout ce qui les
+entoure, sont une cause de ruine pour l'&eacute;difice, et &agrave; laquelle il est
+difficile d'apporter un rem&egrave;de efficace.</p>
+
+<p>Soit que les portails des transcepts n'aient pas &eacute;t&eacute; achev&eacute;s ou m&ecirc;me
+construits par Maurice de Sully, soit que leur d&eacute;coration ne f&ucirc;t plus
+dans le go&ucirc;t du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle, soit que les fen&ecirc;tres de la nef et du
+ch&oelig;ur ayant d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; agrandies, fissent para&icirc;tre trop petits les jours
+du transcept, c'est en 1257, sous le r&egrave;gne de Saint-Louis, que Regnault
+de Corbeil, &eacute;v&ecirc;que de Paris, fit &eacute;lever ou refaire par ma&icirc;tre Jean de
+Chelles le portail m&eacute;ridional du transcept, ainsi que le constate
+l'inscription curieuse que l'on y voit encore, malgr&eacute; toutes les
+mutilations qu'elle subit chaque jour<a name="FNanchor_8_8" id="FNanchor_8_8"></a><a href="#Footnote_8_8" class="fnanchor">[8]</a>. Tout le premier syst&egrave;me
+d'architecture fut modifi&eacute;, et des roses furent substitu&eacute;es aux
+fen&ecirc;tres.</p>
+
+<p>Jusqu'en 1270, les bas c&ocirc;t&eacute;s de la cath&eacute;drale n'&eacute;taient pas orn&eacute;s de
+chapelles, cette disposition plus simple et plus grandiose fut
+abandonn&eacute;e &agrave; cette &eacute;poque. Jean de Paris, archidiacre de Soissons, mort
+vers 1270, l&eacute;gua cent livres tournois pour &eacute;lever ces chapelles<a name="FNanchor_9_9" id="FNanchor_9_9"></a><a href="#Footnote_9_9" class="fnanchor">[9]</a> qui
+furent construites entre les contreforts, et orn&eacute;es ext&eacute;rieurement de
+pignons et statues<a name="FNanchor_10_10" id="FNanchor_10_10"></a><a href="#Footnote_10_10" class="fnanchor">[10]</a>. Il est probable que les chapelles qui sont au
+commencement du ch&oelig;ur furent construites, sinon &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque que
+celles des bas-c&ocirc;t&eacute;s de la nef, du moins peu de temps apr&egrave;s celles-ci,
+car elles pr&eacute;sentent les m&ecirc;mes caract&egrave;res.</p>
+
+<p>Le portail septentrional fut b&acirc;ti cinquante ans apr&egrave;s celui du midi,
+c'est-&agrave;-dire vers l'an 1312 ou 1313. Philippe-le-Bel employa &agrave; sa
+construction une partie des biens des Templiers, apr&egrave;s la suppression de
+l'ordre. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la construction de la
+porte rouge doit &ecirc;tre de cette &eacute;poque, quoique le docteur Grancolas dans
+son histoire abr&eacute;g&eacute;e de l'&eacute;glise et de l'universit&eacute; de Paris, pr&eacute;tende
+qu'elle ait &eacute;t&eacute; b&acirc;tie par Jean-Sans-Peur, depuis 1404 jusqu'en 1419:</p>
+
+<p>Les chapelles qui font le tour du ch&oelig;ur ainsi que les fen&ecirc;tres qui
+d&eacute;corent la galerie sup&eacute;rieure dans cette partie de l'&eacute;difice sont du
+commencement du XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle. Cette &eacute;poque fit pour les fen&ecirc;tres de la
+galerie ce qui avait &eacute;t&eacute; fait dans le XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle pour les grandes
+fen&ecirc;tres; et tous les inconv&eacute;niens caus&eacute;s par les eaux pluviales sur les
+galeries sup&eacute;rieures, se reproduisent sur les vo&ucirc;tes des chapelles du
+ch&oelig;ur. Les actes de fondation de quelques-unes de ces chapelles, faits
+en 1324, donnent l'&eacute;poque de leur fondation, qui s'accordent
+parfaitement avec leur caract&egrave;re arch&eacute;ologique<a name="FNanchor_11_11" id="FNanchor_11_11"></a><a href="#Footnote_11_11" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
+
+<p>Int&eacute;rieurement, les XII<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle dominent, l'importance de la
+nef laisse &agrave; peine apercevoir toutes les constructions faites dans le
+XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle.</p>
+
+<p>Il ne reste plus aujourd'hui qu'une partie des bas-reliefs qui ornaient
+le tour du ch&oelig;ur, ceux qui se trouvaient dans le rond-point ont &eacute;t&eacute;
+d&eacute;truits ainsi que le jub&eacute; qui en fermait l'entr&eacute;e. Une inscription
+plac&eacute;e du c&ocirc;t&eacute; du nord, au-dessus d'une figure d'homme &agrave; genoux, donnait
+la date de cette charmante imagerie<a name="FNanchor_12_12" id="FNanchor_12_12"></a><a href="#Footnote_12_12" class="fnanchor">[12]</a>.</p>
+
+<p>Le p&egrave;re Dubreul nous donne des renseignemens curieux sur cette partie
+int&eacute;ressante de l'ornementation de Notre-Dame, dont il ne reste que les
+portions adoss&eacute;es aux stalles<a name="FNanchor_13_13" id="FNanchor_13_13"></a><a href="#Footnote_13_13" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
+
+<p>Il existe un proc&egrave;s-verbal, dat&eacute; de 1699, de la d&eacute;molition de l'ancien
+autel qui indique d'une mani&egrave;re fort exacte la disposition si
+int&eacute;ressante de cet autel, de ce qui l'entourait, sa d&eacute;coration, et
+jusqu'aux plus menus d&eacute;tails. Ce proc&egrave;s-verbal d&eacute;crit aussi tr&egrave;s
+minutieusement et la ch&acirc;sse de Saint-Marcel, qui &eacute;tait plac&eacute;e derri&egrave;re
+le ma&icirc;tre-autel avec son riche dais support&eacute; par quatre colonnes de
+cuivre, et le petit autel des ardens, plac&eacute; derri&egrave;re cette ch&acirc;sse<a name="FNanchor_14_14" id="FNanchor_14_14"></a><a href="#Footnote_14_14" class="fnanchor">[14]</a>.</p>
+
+<p>Trois si&egrave;cles avaient travaill&eacute; &agrave; l'ach&egrave;vement de cette reine des
+cath&eacute;drales de France, trois si&egrave;cles avaient jet&eacute; dans ce grand monument
+tout ce qu'ils avaient pu r&eacute;unir de plus riche; tout leur art, toute
+leur science. Trois si&egrave;cles enfin &eacute;taient parvenus a parfaire l'&oelig;uvre
+commenc&eacute;e par le pieux &eacute;v&ecirc;que Maurice de Sully. Le monument &eacute;tait
+complet. Pourquoi ne pas l'avoir conserv&eacute; ainsi? &Agrave; partir du XIII<sup>e</sup>
+si&egrave;cle ce n'est plus, pour l'&eacute;glise Notre-Dame, qu'une suite de
+mutilations, de changemens sous pr&eacute;texte d'embellissemens.</p>
+
+<p>De cette &eacute;poque, ce ne sont plus tant les intemp&eacute;ries des saisons qui
+d&eacute;truisent une si belle &oelig;uvre que la main des hommes.</p>
+
+<p>Lorsqu'on &eacute;num&egrave;re cette suite de destructions, on ne comprend pas
+comment il reste encore de si beaux vestiges de l'ancien &eacute;difice. Nous
+allons passer rapidement sur tous ces actes de vandalisme que notre
+&eacute;poque veut enfin r&eacute;parer.</p>
+
+<p>En 1507, le parlement ordonna que la rue qui conduit du pont Notre-Dame
+au Petit-Pont, serait remblay&eacute;e jusqu'&agrave; dix pieds de hauteur, attendu
+qu'il fallait <i>trop descendre</i> pour arriver &agrave; Notre-Dame, et <i>trop
+monter</i> pour y entrer<a name="FNanchor_15_15" id="FNanchor_15_15"></a><a href="#Footnote_15_15" class="fnanchor">[15]</a>. Ainsi furent enterr&eacute;es les 13 marches qui
+pr&eacute;c&eacute;daient les portes de la fa&ccedil;ade occidentale. Peu apr&egrave;s, le sol du
+parvis finit par atteindre celui de l'&eacute;glise, et m&ecirc;me par le d&eacute;passer.
+En 1699, l'ex&eacute;cution par Louis XIV du v&oelig;u de Louis XIII, fit d&eacute;truire
+les bas-reliefs du rond-point, l'ancien ma&icirc;tre-autel, les stalles en
+boiseries du XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle, le dais de la ch&acirc;sse Saint-Marcel et l'autel
+des ardens. Cette charmante d&eacute;coration, dont quelques rares dessins,
+tapisseries et gravures nous ont laiss&eacute; l'aspect, fut remplac&eacute;e par la
+lourde architecture qui nous cache les belles colonnes du ch&oelig;ur. En
+1725, le cardinal de Noailles fit refaire int&eacute;rieurement la rose, une
+partie du pignon et les clochetons du c&ocirc;t&eacute; du midi, en modifiant tous
+les profils et ornemens.</p>
+
+<p>Ce pr&eacute;lat, plein d'un z&egrave;le fatal au monument, fit abattre les saillies
+et gargouilles qui ornaient les contreforts, et qui servaient &agrave; jeter
+les eaux pluviales; il les fit remplacer par des tuyaux en plomb.</p>
+
+<p>L'ancien jub&eacute;, dont l'ensemble est indiqu&eacute; dans une gravure de Viator et
+quelques fragmens dans un dessin curieux<a name="FNanchor_16_16" id="FNanchor_16_16"></a><a href="#Footnote_16_16" class="fnanchor">[16]</a>, fut d&eacute;truit par le
+cardinal de Noailles, qui le fit remplacer par une lourde d&eacute;coration
+dont la r&eacute;volution de 1789 a fait justice. C'est &agrave; cette &eacute;poque que
+l'&eacute;glise fut <i>badigeonn&eacute;e</i> pour la premi&egrave;re fois! Cet archev&ecirc;que de
+Paris, nous devons lui rendre cette justice, ne borna pas ses soins &agrave;
+<i>embellir</i>, suivant le go&ucirc;t de son &eacute;poque, l'&eacute;glise de Notre-Dame. En
+1726, il fit refaire toute la couverture en plomb<a name="FNanchor_17_17" id="FNanchor_17_17"></a><a href="#Footnote_17_17" class="fnanchor">[17]</a>, quelques parties
+de la grande charpente, plusieurs arcs-boutans, les galeries,
+terrasses, et reconstruire la grande vo&ucirc;te de la crois&eacute;e qui mena&ccedil;ait
+ruine.</p>
+
+<p>En 1741, les vitraux peints des fen&ecirc;tres de la nef, qui repr&eacute;sentaient
+des &eacute;voques et personnages de l'ancien testament, furent d&eacute;truits. En
+1753, on enleva &eacute;galement ceux du sanctuaire qui repr&eacute;sentaient le
+Christ entre la Vierge et saint Jean-Baptiste.</p>
+
+<p>Le chapitre de Notre-Dame fit briser ces verri&egrave;res, dont le p&egrave;re Dubreul
+parle comme d'une merveille; ce fut un certain <i>Le Viel,
+ma&icirc;tre-vitrier</i>, fort vers&eacute; dans la th&eacute;orie de la <i>peinture sur verre</i>,
+auteur d'un <i>Trait&eacute; pratique et historique</i> sur cet art<a name="FNanchor_18_18" id="FNanchor_18_18"></a><a href="#Footnote_18_18" class="fnanchor">[18]</a>, qui fut
+charg&eacute; de remplacer cette magnifique d&eacute;coration par des verres blancs,
+entour&eacute;s de bordures fleurdelis&eacute;es. Nous ne savons si le sieur Le Viel
+comprenait ainsi la <i>partie pratique et historique de son art</i>; mais ce
+qu'il y a de curieux, c'est que ce malheureux ouvrier fut tellement
+satisfait de son &oelig;uvre de destruction, qu'il peignit sur l'une des
+verri&egrave;res une longue inscription latine, dans laquelle il dit
+pompeusement que les vitraux ont &eacute;t&eacute; refaits en verres blancs de France,
+et les bordures en verres bleus de Boh&ecirc;me; il termine ainsi: &laquo;Le tout
+fait et peint par Pierre et Jean Le Viel fr&egrave;res, ma&icirc;tres-vitriers &agrave;
+Paris.&raquo;</p>
+
+<p>Nous ne comprenons pas ce que le mot peint peut avoir &agrave; faire ici. Cet
+acte de barbarie fut malheureusement r&eacute;p&eacute;t&eacute; bien des fois, &agrave; cette
+&eacute;poque, dans nos cath&eacute;drales. Les chapitres voulurent trouver leurs
+&eacute;glises trop sombres; &agrave; Chartres, &agrave; Paris, &agrave; Reims, et dans cent autres
+&eacute;difices, les verres blancs remplac&egrave;rent les verri&egrave;res peintes, et le
+badigeonnage acheva d'enlever &agrave; nos temples leur myst&eacute;rieuse obscurit&eacute;.
+Mais, &agrave; Notre-Dame, on ne se contenta pas de briser les vitraux; les
+meneaux des grandes crois&eacute;es furent encore recoup&eacute;s, retaill&eacute;s de la
+fa&ccedil;on la plus d&eacute;plorable, sans doute pour donner plus d'&eacute;clat et de
+d&eacute;veloppement aux nouveaux <i>vitraux peints</i> des sieurs Leviel.</p>
+
+<p>Ce fut probablement peu de temps apr&egrave;s cette derni&egrave;re destruction que
+fut enlev&eacute; le curieux vitrail du XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle, plac&eacute; dans la chapelle
+d'Harcourt<a name="FNanchor_19_19" id="FNanchor_19_19"></a><a href="#Footnote_19_19" class="fnanchor">[19]</a>.</p>
+
+<p>Nous voici arriv&eacute;s &agrave; l'une des mutilations les plus importantes de
+l'&eacute;glise Notre-Dame; nous voulons parler de celle qu'a subie la porte
+principale du portail actuel. Ce fut le 1<sup>er</sup> juillet 1771 que Soufflot
+posa la premi&egrave;re pierre de la nouvelle construction, chose monstrueuse
+qui co&ucirc;ta la destruction de la figure du Christ, pos&eacute;e sur le trumeau du
+milieu, et d'une partie du beau bas-relief repr&eacute;sentant le Jugement
+dernier. Cet architecte avait d&eacute;j&agrave; marqu&eacute; son passage &agrave; Notre-Dame, en
+1756, par la construction de la nouvelle sacristie, qui vient si
+lourdement s'accoler aux chapelles m&eacute;ridionales de la cath&eacute;drale. C'est
+vers la m&ecirc;me &eacute;poque, en 1766, que fut construite la grande cave
+pratiqu&eacute;e sous la nef depuis les piliers de la tour jusqu'&agrave; ceux du
+transcept. En 1772, le chapitre fait restaurer &agrave; ses frais plusieurs des
+figures qui d&eacute;corent les voussures de la porte de la Vierge, sur la
+fa&ccedil;ade occidentale<a name="FNanchor_20_20" id="FNanchor_20_20"></a><a href="#Footnote_20_20" class="fnanchor">[20]</a>. &Agrave; partir de cette &eacute;poque, les destructions
+deviennent si fr&eacute;quentes jusqu'&agrave; nos jours, que nous avons pein&eacute; &agrave; les
+classer.</p>
+
+<p>Le dallage du ch&oelig;ur est remplac&eacute; de 1769 &agrave; 1775, ainsi que celui de la
+nef et des bas-c&ocirc;t&eacute;s. En faisant cette op&eacute;ration, on &eacute;l&egrave;ve le sol de
+l'&eacute;glise, et les bases des colonnes sont plaqu&eacute;es en marbre de
+Languedoc. D&eacute;j&agrave;, en 1699, en fondant le ma&icirc;tre-autel, on avait constat&eacute;
+l'existence de deux dallages superpos&eacute;s, dont l'un &eacute;tait compos&eacute; de
+petits carreaux octogones en marbre blanc; ainsi, le sol actuel de
+l'&eacute;glise doit &ecirc;tre beaucoup plus &eacute;lev&eacute; que l'ancien. C'est en 1771 que
+fut pos&eacute;e la grille qui se voyait devant le portail occidental.</p>
+
+<p>En 1773, l'architecte Boulland supprime toute la d&eacute;coration du mur des
+chapelles de la nef, du c&ocirc;t&eacute; m&eacute;ridional, et la remplace par un mur lisse
+surmont&eacute; d'un cheneau<a name="FNanchor_21_21" id="FNanchor_21_21"></a><a href="#Footnote_21_21" class="fnanchor">[21]</a>.</p>
+
+<p>En 1780, on badigeonne de nouveau toute l'&eacute;glise, et la statue colossale
+de saint Christophe, plac&eacute;e devant le premier pilier &agrave; droite en
+entrant, est enlev&eacute;e et d&eacute;truite.</p>
+
+<p>En 1782, le chapitre fait remplacer le petit pav&eacute; de gr&egrave;s qui formait le
+sol de la galerie de la Vierge par un dallage en liais; puis les
+arcs-boutans du ch&oelig;ur, du c&ocirc;t&eacute; du midi, sont engag&eacute;s dans une lourde
+ma&ccedil;onnerie qui, faite dans le but de les consolider, les entra&icirc;ne vers
+une ruine certaine.</p>
+
+<p>En 1787, la fa&ccedil;ade occidentale<a name="FNanchor_22_22" id="FNanchor_22_22"></a><a href="#Footnote_22_22" class="fnanchor">[22]</a> est livr&eacute;e &agrave; un sieur Parvy,
+architecte, qui imagina un moyen de restauration fort simple: il prit le
+parti de couper toutes les saillies, gargouilles, moulures, colonnes
+m&ecirc;mes, chapiteaux, enfin, tout ce qui pouvait pr&eacute;senter quelques
+difficult&eacute;s &agrave; r&eacute;parer. Cet architecte parvint encore &agrave; enlever &agrave; la
+grande galerie &agrave; jour toute son &eacute;l&eacute;gance, en bouchant les tr&egrave;fles de son
+arcature avec de mauvaises dalles. Ce fut lui qui fit couper &agrave; vif tous
+les ornemens et moulures qui d&eacute;coraient la grande rose de cette fa&ccedil;ade;
+qui reconstruisit, en la d&eacute;naturant, l'une des galeries de la cour des
+r&eacute;servoirs, et qui, par une raison impossible &agrave; deviner, transforma
+toute l'arcature de la grande galerie, du c&ocirc;t&eacute; de cette cour, en un
+parement lisse.</p>
+
+<p>Ces d&eacute;vastations n'&eacute;taient que le pr&eacute;lude de celles que la r&eacute;volution de
+1789 devait faire subir &agrave; Notre-Dame de Paris.</p>
+
+<p>Des c&acirc;bles, attach&eacute;s aux statues de rois qui d&eacute;coraient la galerie
+occidentale, les arrach&egrave;rent de leurs niches s&eacute;culaires. Les saints, les
+ap&ocirc;tres des fa&ccedil;ades, furent jet&eacute;s sur la place. Un grand nombre de ces
+d&eacute;bris resta long-temps apr&egrave;s la r&eacute;volution amoncel&eacute; le long des
+chapelles du nord. Les statues du portail m&eacute;ridional furent ensevelies
+pour servir de bornes rue de la Sant&eacute;. L'un de nous en constata
+l'existence en d&eacute;cembre 1839, et les fit transporter, aux frais de la
+ville, au Palais des Thermes.</p>
+
+<p>Les s&eacute;pultures et monumens votifs int&eacute;rieurs furent bris&eacute;s et enlev&eacute;s.
+Quelques-uns de ces fragmens, d&eacute;pos&eacute;s au mus&eacute;e des Petits-Augustins,
+furent, depuis, transport&eacute;s &agrave; Saint-Denis et &agrave; Versailles. Il serait
+peut-&ecirc;tre &agrave; d&eacute;sirer que ces objets fussent rendus &agrave; la cath&eacute;drale
+d&eacute;pouill&eacute;e; dans tous les cas, nous en donnons ici une note exacte<a name="FNanchor_23_23" id="FNanchor_23_23"></a><a href="#Footnote_23_23" class="fnanchor">[23]</a>.</p>
+
+<p>Tout le sol du ch&oelig;ur &eacute;tait pav&eacute; de tombes de cuivre tr&egrave;s remarquables;
+elles furent d&eacute;truites et fondues, ainsi que la curieuse statue &eacute;questre
+de Philippe-le-Bel. Les cercueils en plomb servirent &agrave; faire des balles;
+enfin, le tr&eacute;sor, dont il ne reste que quelques morceaux, fut jet&eacute; dans
+le creuset de la Monnaie ou dispers&eacute;.</p>
+
+<p>Retracer toutes ces d&eacute;vastations est une chose impossible; et,
+d'ailleurs, qui ne se les rappelle ou n'a entendu les raconter cent
+fois?</p>
+
+<p>La belle fl&egrave;che en bois du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle ne r&eacute;sista pas &agrave; l'orage
+r&eacute;volutionnaire, elle fut abattue, les plombs fondus, et aujourd'hui le
+milieu du transcept n'en laisse plus voir que la souche mutil&eacute;e. La
+vieille basilique chr&eacute;tienne, ainsi d&eacute;pouill&eacute;e de tout ce que la
+religion y avait r&eacute;uni pendant six cents ans, devint un temple &agrave; la
+<i>Raison</i>.</p>
+
+<p>Depuis cette &eacute;poque, des modifications s&eacute;rieuses furent encore apport&eacute;es
+aux anciennes constructions. En 1809, un jub&eacute; en marbre, orn&eacute; d'abeilles
+de bronze dor&eacute;, et des grilles d'une belle ex&eacute;cution, en fer poli, et
+enrichies de cuivre, furent pos&eacute;es autour et devant le ch&oelig;ur. En 1811,
+on fit placer &agrave; toutes les fen&ecirc;tres des chapelles des grilles en fer,
+qui masquent les meneaux de la mani&egrave;re la plus f&acirc;cheuse.</p>
+
+<p>En 1812 et 1813, le mur des chapelles de la nef, c&ocirc;t&eacute; septentrional, fut
+refait, les pignons en mauvais &eacute;tat furent remplac&eacute;s par des frontons
+qui n'appartiennent &agrave; aucune &eacute;poque. La corniche ancienne fut d&eacute;pos&eacute;e et
+repos&eacute;e dans de nouvelles conditions; les gargouilles supprim&eacute;es et
+remplac&eacute;es par des tuyaux de descente, les arcatures des fen&ecirc;tres
+coup&eacute;es &agrave; vif et modifi&eacute;es, les gargouilles des piscines bris&eacute;es, et les
+murs incrust&eacute;s de pierres neuves. Le portail du nord ne fut pas plus
+respect&eacute;, des restaurations sans nom modifi&egrave;rent enti&egrave;rement le
+caract&egrave;re de son ornementation. Cette fa&ccedil;ade est aujourd'hui d'un effet
+d&eacute;plorable.</p>
+
+<p>En 1817, un des arcs-boutans du ch&oelig;ur, c&ocirc;t&eacute; du midi, est restaur&eacute; &agrave;
+neuf, sans tenir compte de l'ancien appareil.</p>
+
+<p>En 1818, la chapelle de l'extr&eacute;mit&eacute; du ch&oelig;ur est modifi&eacute;e, la fen&ecirc;tre
+centrale est bouch&eacute;e par une niche port&eacute;e ext&eacute;rieurement sur une trompe.
+Ce changement fait &agrave; l'abside, au point le plus en vue, est une tache
+choquante sur la gracieuse ceinture des chapelles qui entourent le
+ch&oelig;ur.</p>
+
+<p>C'est &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque, en nettoyant les figures de la porte de la
+Vierge, que l'on d&eacute;couvrit des traces de peinture et de dorure
+parfaitement conserv&eacute;es<a name="FNanchor_24_24" id="FNanchor_24_24"></a><a href="#Footnote_24_24" class="fnanchor">[24]</a>.</p>
+
+<p>En 1819, la chapelle de la Vierge est d&eacute;cor&eacute;e; elle se composait de
+trois chapelles d&eacute;di&eacute;es &agrave; saint Louis, &agrave; saint Rigobert, et &agrave; saint
+Nicaise. Dans cette derni&egrave;re se voyait l'apoth&eacute;ose de saint Nicaise,
+peinte sur le mur. Cette peinture a &eacute;t&eacute; d&eacute;truite, ou peut-&ecirc;tre cach&eacute;e
+seulement par le badigeon. &Agrave; l'entr&eacute;e de cette chapelle se voyait la
+statue de Matiffas de Bucy, &eacute;v&ecirc;que de Paris, puis de Soissons. Cette
+statue, exhum&eacute;e depuis peu des caveaux de la sacristie, &eacute;tait plac&eacute;e sur
+un socle orn&eacute; d'une inscription.</p>
+
+<p>En 1820, le d&eacute;partement de la Seine alloue 50,000 fr. &agrave; la restauration
+de Notre-Dame, mais malheureusement cette somme est d&eacute;pens&eacute;e &agrave; faire des
+reprises en mastic de Dhil, qui aujourd'hui sont tomb&eacute;es presque
+partout, et &agrave; badigeonner de nouveau tout l'int&eacute;rieur de l'&eacute;glise.</p>
+
+<p>En 1831 les &eacute;meutes du mois de f&eacute;vrier d&eacute;truisent l'archev&ecirc;ch&eacute; et la
+vieille chapelle de l'ancien &eacute;v&ecirc;ch&eacute;.</p>
+
+<p>La croix du chevet est renvers&eacute;e, elle brise en tombant une portion de
+la balustrade du grand comble, et d&eacute;fonce une vo&ucirc;te des galeries
+sup&eacute;rieures. L'un des auteurs de cet acte de vandalisme a &eacute;crit son nom
+sur le mur de la galerie int&eacute;rieurement, avec ses qualit&eacute;s et la
+constatation du fait.</p>
+
+<p>La d&eacute;molition de l'archev&ecirc;ch&eacute; entra&icirc;na avec elle la mutilation du
+portail du midi, si remarquable par ses bas-reliefs et son inscription.</p>
+
+<p>L'&eacute;tat d'abandon dans lequel resta si long-temps cette partie de
+Notre-Dame, excita l'indignation de tous les amis de nos beaux &eacute;difices
+du moyen-&acirc;ge. Les murs de cette fa&ccedil;ade devinrent un d&eacute;p&ocirc;t d'immondices,
+et les enfans bris&egrave;rent &agrave; coups de pierres les bas-reliefs de ce
+portail, que le temps avait respect&eacute;s l'espace de six cents ans.</p>
+
+<p>En 1837, par l'intervention de l'administration de l'int&eacute;rieur, des
+cultes, et de l'instruction publique, et sur le rapport de l'un de nous,
+le remblai du jardin du c&ocirc;t&eacute; du midi fut suspendu, et la pr&eacute;fecture de
+la Seine fit faire une nouvelle &eacute;tude du nivellement.</p>
+
+<p>Enfin, c'est en 1840 que furent ex&eacute;cut&eacute;s les derniers essais de
+restauration en mastic des clochetons du nord et de la premi&egrave;re chapelle
+de la nef, c&ocirc;t&eacute; m&eacute;ridional. Malheureusement au lieu de chercher &agrave;
+r&eacute;tablir les pignons aigus qui existaient dans l'origine, on s'est
+content&eacute; de copier les lourds frontons ajout&eacute;s sur la face du nord en
+1812 et 1813.</p>
+
+<hr style="width: 65%;" />
+<h2><a name="Troisieme_Partie" id="Troisieme_Partie"></a><a href="#table">Troisi&egrave;me Partie.</a></h2>
+
+<h3>Restauration ext&eacute;rieure.</h3>
+
+
+<p>Nous venons, monsieur le ministre, de tracer le tableau bien rapide et
+bien triste des d&eacute;gradations et des mutilations de toutes sortes qui
+depuis si long-temps d&eacute;shonorent notre belle cath&eacute;drale. Il nous reste &agrave;
+parler des moyens que nous avons cru devoir employer pour r&eacute;parer tant
+de d&eacute;sastres.</p>
+
+<p>Dans l'ex&eacute;cution de l'important travail que nous avons l'honneur de vous
+soumettre, travail compos&eacute; de vingt-deux feuilles de dessins, et d'un
+devis de toute la d&eacute;pense, nous sommes rest&eacute;s constamment fid&egrave;les aux
+principes que nous avons &eacute;mis pr&eacute;c&eacute;demment sur la restauration en
+g&eacute;n&eacute;ral. Nous avons repouss&eacute; compl&egrave;tement toute modification, tout
+changement, toute alt&eacute;ration, tant de la forme et de la mati&egrave;re que du
+syst&egrave;me de construction. C'est avec un respect religieux que nous nous
+sommes mis &agrave; la recherche des moindres vestiges des formes alt&eacute;r&eacute;es
+soit par le temps, soit par la main des hommes. Et lorsque ces
+renseignemens nous ont manqu&eacute;, c'est &agrave; l'aide de textes positifs, de
+dessins, de gravures et surtout en puisant des autorit&eacute;s dans le
+monument m&ecirc;me que nous avons proc&eacute;d&eacute; &agrave; l&agrave; restauration.</p>
+
+<p>Loin de nous l'id&eacute;e de compl&eacute;ter une &oelig;uvre aussi remarquablement belle,
+c'est l&agrave; une pr&eacute;tention &agrave; laquelle nous avouons ne rien comprendre.
+Croit-on, par exemple, que ce monument gagnerait &agrave; la reconstruction des
+deux fl&egrave;ches (d'une forme d'ailleurs fort hypoth&eacute;tique) au-dessus des
+deux tours? Nous ne le pensons pas. Et m&ecirc;me, en admettant une r&eacute;ussite
+compl&egrave;te, on obtiendrait peut-&ecirc;tre par cette adjonction un monument
+remarquable, mais ce monument ne serait plus Notre-Dame de Paris.</p>
+
+<p>Rendre &agrave; notre belle cath&eacute;drale toute sa splendeur, lui restituer toutes
+les richesses dont elle a &eacute;t&eacute; d&eacute;pouill&eacute;e, telle est la t&acirc;che que nous
+nous sommes impos&eacute;e, elle est certes assez belle pour qu'il soit inutile
+de vouloir y rien ajouter.</p>
+
+<p>Quant &agrave; la consolidation; nous n'en parlerons pas ici, tous les d&eacute;tails
+de ce travail sont scrupuleusement consign&eacute;s et appr&eacute;ci&eacute;s dans le devis
+estimatif.</p>
+
+<p>Nous ne nous occuperons donc que de la restauration proprement dite.
+Nous avons d&eacute;j&agrave; signal&eacute; les nombreuses d&eacute;gradations qui marquent le
+passage de l'architecte Parvy, dans les travaux faits &agrave; Notre-Dame.
+C'est &agrave; l'aide d'un pr&eacute;cieux dessin appartement &agrave; M. D&eacute;paulis, et
+surtout en consultant avec soin les restes qui avaient &eacute;chapp&eacute; au
+marteau des ma&ccedil;ons, que nous avons pu restaurer le riche encadrement de
+la rose, et les belles gerbes de crochets qui s'&eacute;panouissaient &agrave; chaque
+angle des contreforts.</p>
+
+<p>Avant cet architecte, Soufflot avait le premier os&eacute; porter la main sur
+la sculpture si justement admir&eacute;e de notre cath&eacute;drale. Enfin les
+d&eacute;molisseurs de 1793 vinrent achever l'&oelig;uvre de destruction en
+renversant toutes les statues; les rois et les saints, rien ne fut
+&eacute;pargn&eacute;. Dans notre restauration nous proposons le r&eacute;tablissement de
+toutes ces sculptures; car tout se lie dans cet ensemble de statues et
+de bas-reliefs, et l'on ne peut laisser incompl&egrave;te une page aussi
+admirable, sans risquer de la rendre inintelligible. C'est en prenant
+des exemples dans nos anciennes cath&eacute;drales que nous avons r&eacute;tabli les
+28 rois dans leurs niches<a name="FNanchor_25_25" id="FNanchor_25_25"></a><a href="#Footnote_25_25" class="fnanchor">[25]</a>, le Christ b&eacute;nissant, et les douze ap&ocirc;tres
+dans les &eacute;brasemens de la porte centrale, les huit figures de la porte
+de la Vierge, et les huit statues romanes de celle sainte Anne.</p>
+
+<p>Dans les quatre niches des &eacute;perons nous repla&ccedil;ons saint Denis, la
+religion juive, la religion chr&eacute;tienne et saint &Eacute;tienne<a name="FNanchor_26_26" id="FNanchor_26_26"></a><a href="#Footnote_26_26" class="fnanchor">[26]</a>, et sur les
+pi&eacute;destaux vides de la galerie de la Vierge, la belle statue qui lui
+avait valu ce nom, puis les anges qui l'accompagnaient, ainsi que les
+deux statues d'Adam et d'&Egrave;ve entre les contreforts des tours.</p>
+
+<p>Nous avons remplac&eacute; les abat-sons hideux qui viennent aujourd'hui ronger
+les faisceaux de colonnes des grandes fen&ecirc;tres des tours par un syst&egrave;me
+analogue, qui, tout en pr&eacute;servant le beffroi, laisserait voir les
+grandes proportions des fen&ecirc;tres, et ne nuirait plus &agrave; l'ancienne
+construction ext&eacute;rieure.</p>
+
+<p>Si de la fa&ccedil;ade occidentale nous passons aux fa&ccedil;ades lat&eacute;rales, des
+d&eacute;gradations plus importantes encore d&eacute;naturent presque compl&egrave;tement
+l'aspect du monument; nous avons eu &agrave; r&eacute;tablir les murs des chapelles de
+la nef, avec leur ancienne d&eacute;coration de pignons, niches, statues et
+gargouilles<a name="FNanchor_27_27" id="FNanchor_27_27"></a><a href="#Footnote_27_27" class="fnanchor">[27]</a>, les contreforts, &agrave; couronner des pinacles et statues
+qui les terminaient, ainsi que l'indiquaient les textes et surtout la
+trace de cette d&eacute;coration qui existe encore sur place. En effet les
+contreforts ont conserv&eacute; les supports de leurs gargouilles, et la
+corniche qui recevait les pinacles, comme le prouve d'une mani&egrave;re
+positive le texte de Corrozet que nous donnons en note<a name="FNanchor_28_28" id="FNanchor_28_28"></a><a href="#Footnote_28_28" class="fnanchor">[28]</a>. Aux deux
+extr&eacute;mit&eacute;s du transcept, des travaux importans de restauration sont
+command&eacute;s par le mauvais &eacute;tat des constructions. Les deux grandes roses,
+surtout celle du nord, tombent en ruine, et celle du midi, quoique
+refaite par le cardinal de Noailles, exigera bient&ocirc;t une reconstruction
+compl&egrave;te.</p>
+
+<p>La restauration de ces roses, orn&eacute;es de si beaux vitraux, demande un
+examen approfondi de leur construction, vicieuse d&egrave;s l'origine, et &agrave;
+laquelle il deviendra n&eacute;cessaire d'apporter des modifications. Peut-&ecirc;tre
+pourrait-on, sans changer leurs profils int&eacute;rieurs et ext&eacute;rieurs, leur
+donner une solidit&eacute; beaucoup plus grande en augmentant leur &eacute;paisseur.
+La rosace sup&eacute;rieure et les deux clochetons du pignon septentrional sont
+dans le plus triste &eacute;tat; le caract&egrave;re de ces parties importantes de
+l'&eacute;difice est tellement d&eacute;natur&eacute;, et leur solidit&eacute; si pr&eacute;caire, que nous
+avons d&ucirc; les restaurer presque enti&egrave;rement, et cela avec d'autant moins
+de regret, que l'ornementation des deux portails a &eacute;t&eacute; g&acirc;t&eacute;e et
+totalement chang&eacute;e. Les restaurations que nous proposons rendront &agrave; ces
+belles fa&ccedil;ades toute l'&eacute;l&eacute;gance qu'elles ont perdue. Dans la nef et le
+ch&oelig;ur, le r&eacute;tablissement des redens de toutes les grandes fen&ecirc;tres
+n&eacute;cessitera la reconstruction de la partie sup&eacute;rieure de tous leurs
+meneaux. Au-dessus des chapelles du ch&oelig;ur, du c&ocirc;t&eacute; du midi et &agrave;
+l'abside, les &eacute;perons qui re&ccedil;oivent la pouss&eacute;e des arcs-boutans, ont &eacute;t&eacute;
+flanqu&eacute;s de lourdes constructions en ma&ccedil;onnerie, dans le but de les
+consolider. Ces placages, mal combin&eacute;s, portant &agrave; faux et du plus
+f&acirc;cheux effet, doivent &ecirc;tre enlev&eacute;s, et les &eacute;perons r&eacute;par&eacute;s, en se
+renfermant dans leur ancienne &eacute;paisseur.</p>
+
+<p>Une des questions les plus graves de la restauration, est certainement
+celle soulev&eacute;e par la r&eacute;paration des fen&ecirc;tres des galeries. Ces
+fen&ecirc;tres, ainsi que nous l'avons dit dans la partie historique de notre
+rapport, n'appartiennent &agrave; aucun style. Cette construction provisoire,
+faite &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; l'on abandonna probablement l'id&eacute;e de doubler les
+galeries du premier &eacute;tage, est dans un &eacute;tat de d&eacute;gradation auquel il est
+indispensable d'apporter rem&egrave;de. D&eacute;j&agrave; au XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle les architectes
+frapp&eacute;s de la laideur de ces baies, ont remplac&eacute; celles de l'abside par
+des grandes fen&ecirc;tres &agrave; meneaux qui pr&eacute;sentent les m&ecirc;mes inconv&eacute;niens que
+celles de la nef et du ch&oelig;ur, en rendant indispensable le remplacement
+des combles simples par des terrasses et cheneaux. Or, ici, trois
+questions se pr&eacute;sentent: doit-on conserver les fen&ecirc;tres actuelles des
+galeries, et les r&eacute;parer dans leur forme b&acirc;tarde? doit-on les restaurer
+dans le style du XIX<sup>e</sup> si&egrave;cle? ou bien doit-on les reconstruire dans
+celui des galeries?</p>
+
+<p>Nous n'avons pas cru devoir trancher d'une mani&egrave;re positive une question
+aussi d&eacute;licate. Quoique dans nos dessins nous ayons indiqu&eacute; la
+restauration de ces fen&ecirc;tres dans le style des galeries, nous ne donnons
+cependant pas la question comme r&eacute;solue. Voici les motifs qui nous ont
+fait pencher vers ce parti.</p>
+
+<p>Continuer les fen&ecirc;tres dans le style du XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle, ainsi que cela a
+&eacute;t&eacute; commenc&eacute; &agrave; l'abside, serait une chose d&eacute;fectueuse sous le rapport de
+la construction, ainsi que nous venons de le dire. Les r&eacute;tablir suivant
+leur forme provisoire, ce serait constater un fait curieux, puisqu'il
+donne la preuve d'un projet de galerie double. Mais sacrifier l'aspect
+des faces lat&eacute;rales de Notre-Dame &agrave; ce fait, ne serait-ce pas une chose
+pu&eacute;rile? une inscription, un figur&eacute; trac&eacute; sur la pierre, ne
+suffiraient-ils pas aux exigences de l'arch&eacute;ologie?</p>
+
+<p>Dans tous les cas, nous avons pens&eacute; que dans <i>nos dessins</i> il &eacute;tait
+convenable de remplacer ces laides ouvertures par des fen&ecirc;tres en
+harmonie avec le style g&eacute;n&eacute;ral des fa&ccedil;ades, ne f&ucirc;t-ce que pour faciliter
+la solution de cette question difficile.</p>
+
+<p>&Agrave; l'abside, une restauration importante doit compl&eacute;ter l'aspect si riche
+des chapelles, c'est celle des deux derniers &eacute;perons, dont les
+couronnemens enlev&eacute;s ou d&eacute;truits, ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;s dans le XV<sup>e</sup> si&egrave;cle,
+par de petites pyramides maigres, et tout &agrave; fait en d&eacute;saccord avec les
+beaux clochetons du ch&oelig;ur. Ces pyramidions, en tr&egrave;s mauvais &eacute;tat,
+remplacent de grands pinacles orn&eacute;s de colonnes et de statues, ainsi que
+cela &eacute;tait pratiqu&eacute; dans beaucoup de monumens du XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle. Il est
+difficile sur ce point de ne pas restaurer &agrave; coup s&ucirc;r, car le
+soubassement et les bases m&ecirc;mes des colonnes sont encore &agrave; leur place.
+Il ne nous reste plus &agrave; parler que de la fl&egrave;che centrale, construite en
+charpente, couverte de plomb. Cette fl&egrave;che, qui compl&eacute;tait si bien la
+cath&eacute;drale de Paris, avait cent quatre pieds, depuis le fa&icirc;tage du
+comble jusqu'au coq<a name="FNanchor_29_29" id="FNanchor_29_29"></a><a href="#Footnote_29_29" class="fnanchor">[29]</a>.</p>
+
+<p>Les gravures d'Isra&euml;l Sylvestre, et surtout un pr&eacute;cieux dessin de feu
+Garneray<a name="FNanchor_30_30" id="FNanchor_30_30"></a><a href="#Footnote_30_30" class="fnanchor">[30]</a> nous ont permis de la restaurer compl&egrave;tement.</p>
+
+
+<h3>Restauration int&eacute;rieure.</h3>
+
+<p>Un d&eacute;badigeonnage complet nous para&icirc;t &ecirc;tre la premi&egrave;re op&eacute;ration &agrave; faire
+&agrave; l'int&eacute;rieur de Notre-Dame, et pour conna&icirc;tre l'&eacute;tat des vo&ucirc;tes qui
+peuvent &ecirc;tre moins bonnes qu'on ne le suppose, et pour retrouver les
+traces de peinture qui pourraient exister, ainsi qu'il est permis de
+l'esp&eacute;rer d'apr&egrave;s les r&eacute;sultats obtenus par quelques essais partiels.
+Toutefois le mode d'ex&eacute;cution de ce travail nous para&icirc;t &ecirc;tre de la plus
+grande importance. Il est &eacute;vident que dans ce cas la brosse et l'&eacute;ponge
+peuvent &ecirc;tre seuls employ&eacute;es, et que le grattage doit &ecirc;tre totalement
+exclu. Nous devons dire cependant qu'&agrave; moins que ce lavage ne nous donne
+la preuve positive d'un syst&egrave;me g&eacute;n&eacute;ral de peinture adopt&eacute; autrefois &agrave;
+l'int&eacute;rieur de Notre-Dame, nous ne pensons pas que ce parti doive &ecirc;tre
+adopt&eacute;. Jusque l&agrave; nous n'avons admis la peinture que comme d&eacute;coration
+des chapelles, ou de certaines parties de l'&eacute;glise.</p>
+
+<p>Quant &agrave; la peinture sur verre, quoique dans notre devis nous lui ayons
+r&eacute;serv&eacute; un chapitre &agrave; part, nous croyons cependant que l'ex&eacute;cution de
+verri&egrave;res peintes serait un des plus splendides moyens de d&eacute;coration
+int&eacute;rieure, rien ne pouvant &eacute;galer la richesse de ces peintures
+transparentes, compl&eacute;ment indispensable des monumens de cette &eacute;poque.
+Aussi parmi nos dessins en avons-nous donn&eacute; un sp&eacute;cimen ex&eacute;cut&eacute; d'apr&egrave;s
+les vitraux de la cath&eacute;drale de Bourges. Vous avez bien voulu, Monsieur
+le Ministre, nous communiquer une demande de Monseigneur l'archev&ecirc;que,
+relativement &agrave; l'abaissement de la tribune de l'orgue. Nous sommes les
+premiers &agrave; reconna&icirc;tre tous les inconv&eacute;niens de l'&eacute;tat actuel signal&eacute;s
+par Monseigneur; mais malheureusement cette tribune a &eacute;t&eacute; construite d&egrave;s
+le treizi&egrave;me si&egrave;cle dans le but de maintenir la pouss&eacute;e des arcs des
+galeries qui portent les deux &eacute;normes tours; la destruction, ou m&ecirc;me
+l'abaissement simple de cette tribune, pourrait donc pr&eacute;senter de grands
+dangers qu'il serait imprudent de provoquer. Quant &agrave; la question
+arch&eacute;ologique, elle a trop peu d'importance, relativement &agrave; celle que
+nous venons de donner, pour que nous en parlions.</p>
+
+<p>Dans une restauration comme celle de Notre-Dame, il est impossible de ne
+pas chercher &agrave; mettre en harmonie avec l'architecture de l'&eacute;difice tous
+les objets accessoires, surtout lorsqu'ils ont une importance r&eacute;elle.
+Ainsi, nous rempla&ccedil;ons les grilles contourn&eacute;es et de mauvais go&ucirc;t des
+tribunes par des grilles plus en rapport avec l'architecture qu'elles
+accompagnent. Les exemples de serrurerie ne nous manquent pas &agrave; Rouen, &agrave;
+Saint-Denis, &agrave; Saint-Germer, &agrave; Notre-Dame de Paris m&ecirc;me, sur les belles
+portes de la fa&ccedil;ade occidentale.</p>
+
+<p>Nous avons donn&eacute;, dans nos dessins, une restauration du ch&oelig;ur de
+Notre-Dame, tel qu'il &eacute;tait avant 1699; mais ce travail n'est qu'une
+&eacute;tude arch&eacute;ologique dont nous n'admettons pas l'ex&eacute;cution; car nous
+pensons qu'il serait f&acirc;cheux de d&eacute;truire, sans de bonnes raisons, un
+souvenir historique aussi important que celui-l&agrave;. D'ailleurs, il serait
+peut-&ecirc;tre hasardeux de d&eacute;truire une chose ex&eacute;cut&eacute;e avec un semblable
+luxe, sinon avec go&ucirc;t, pour la remplacer par des formes sur lesquelles
+il ne reste plus que quelques descriptions ou quelques renseignemens
+assez vagues. Dans tous les cas, si l'on devait changer quelque chose &agrave;
+la d&eacute;coration actuelle du ch&oelig;ur de Notre-Dame, ce ne pourrait &ecirc;tre
+qu'apr&egrave;s l'ach&egrave;vement de la restauration ext&eacute;rieure et l'enti&egrave;re
+ex&eacute;cution des travaux int&eacute;rieurs. Alors, pourrait-on peut-&ecirc;tre d&eacute;gager
+seulement les colonnes et les ogives du rond-point envelopp&eacute;es dans ces
+massifs rev&ecirc;temens de marbre rouge, puis enlever les tableaux et
+d&eacute;boucher les ogives au-dessus des bas-reliefs du XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle. Quant aux
+stalles, bien qu'elles ne soient nullement en harmonie avec l'&eacute;difice,
+tant de raisons plaident en faveur de leur conservation, qu'il n'est pas
+permis de songer &agrave; les d&eacute;truire ou &agrave; les d&eacute;placer. Si nous n'avons pas
+donn&eacute; dans nos dessins le ch&oelig;ur de Louis XIV, c'est qu'il ne pr&eacute;sentait
+aucun int&eacute;r&ecirc;t sous le rapport de l'art, et qu'il n'y avait aucune
+utilit&eacute; &agrave; le reproduire.</p>
+
+<p>Quoique le dallage de la nef de Notre-Dame ait &eacute;t&eacute; sur&eacute;lev&eacute;, nous ne
+pensons pas qu'il soit n&eacute;cessaire de le baisser. Cette op&eacute;ration, fort
+co&ucirc;teuse, et qui n'ajouterait que peu d'effet &agrave; la grandeur du vaisseau,
+aurait encore l'inconv&eacute;nient de diminuer le nombre de marches que nous
+sommes parvenus &agrave; placer au-devant du portail; car c'est avec beaucoup
+de peine, &agrave; l'aide d'un travail consciencieux sur le niv&egrave;lement des
+abords de la cath&eacute;drale, que nous avons pu replacer quatre marches
+seulement devant les trois portes de la fa&ccedil;ade occidentale. Ce travail,
+que nous avons indiqu&eacute; dans un plan g&eacute;n&eacute;ral, pr&eacute;sentait de grandes
+difficult&eacute;s, parce qu'il fallait, avant tout, &eacute;viter le d&eacute;chaussement
+des maisons de la rue d'Arcole, d&eacute;chaussement qui ne pourrait &ecirc;tre
+ex&eacute;cut&eacute; qu'&agrave; l'aide d'indemnit&eacute;s consid&eacute;rables.</p>
+
+
+<hr style="width: 65%;" />
+<h2><a name="Quatrieme_Partie" id="Quatrieme_Partie"></a><a href="#table">Quatri&egrave;me Partie.</a></h2>
+
+<h3>Sacristie.</h3>
+
+
+<p>La d&eacute;molition de l'Archev&ecirc;ch&eacute;, en supprimant toutes les d&eacute;pendances de
+l'ancienne sacristie de Notre-Dame, a rendu indispensable la
+construction d'un nouveau b&acirc;timent destin&eacute; &agrave; cet usage. Plusieurs
+projets ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute;s &agrave; l'administration des cultes. La
+premi&egrave;re difficult&eacute; qui se rencontrait pour l'ex&eacute;cution de ces diff&eacute;rens
+projets provenait de l'emplacement &agrave; choisir.</p>
+
+<p>Devait-on conserver le local actuel? devait-on &eacute;lever la nouvelle
+sacristie derri&egrave;re l'abside ou la comprendre dans l'int&eacute;rieur de
+Notre-Dame, soit en occupant plusieurs chapelles, soit en modifiant
+quelque partie du plan de l'&eacute;glise.</p>
+
+<p>L'emplacement situ&eacute; derri&egrave;re l'abside aurait l'inconv&eacute;nient de masquer
+l'un des points les plus beaux de l'&eacute;glise m&eacute;tropolitaine, et
+&eacute;loignerait d'ailleurs les b&acirc;timens de la sacristie du ch&oelig;ur, tellement
+que le service serait toujours tr&egrave;s difficile et deviendrait m&ecirc;me
+impossible les jours de f&ecirc;tes, lorsque les bas-c&ocirc;t&eacute;s sont remplis de
+monde.</p>
+
+<p>Placer la sacristie dans l'int&eacute;rieur m&ecirc;me de Notre-Dame, ce serait
+admettre que le plan de la basilique peut &ecirc;tre modifi&eacute;, et nous avons &agrave;
+cet &eacute;gard, repouss&eacute; toute id&eacute;e de changement de l'ensemble ou des
+d&eacute;tails de l'&eacute;difice.</p>
+
+<p>Quant &agrave; nous, nous avions d&eacute;j&agrave; manifest&eacute; notre opinion &agrave; cet &eacute;gard dans
+le projet d'archev&ecirc;ch&eacute; que nous avons eu l'honneur de soumettre &agrave; Votre
+Excellence, en janvier 1842. &Agrave; cette &eacute;poque, comme aujourd'hui, nous
+avons cru devoir nous en tenir &agrave; l'emplacement actuel comme le seul
+possible.</p>
+
+<p>En agissant ainsi, nous nous sommes appuy&eacute;s sur les dispositions
+analogues des sacristies de Chartres, de la Sainte-Chapelle de
+Paris<a name="FNanchor_31_31" id="FNanchor_31_31"></a><a href="#Footnote_31_31" class="fnanchor">[31]</a>, de celle de Vincennes, et de tant d'autres, toujours plac&eacute;es
+sur le flanc du monument principal. &Eacute;videmment, ce parti est le seul qui
+soit r&eacute;ellement dans le caract&egrave;re de l'architecture gothique. On a
+quelquefois parl&eacute; de d&eacute;guiser, de masquer, autant que possible, cette
+annexe indispensable, tout cela pour &eacute;viter de nuire &agrave; la sym&eacute;trie du
+monument; mais cette id&eacute;e est tout-&agrave;-fait contraire &agrave; celle des
+architectes gothiques, qui se sont toujours gard&eacute;s de dissimuler un
+besoin. C'est m&ecirc;me gr&acirc;ce &agrave; cette libert&eacute; dans la composition de leurs
+plans que ces artistes nous ont transmis des &eacute;difices aussi remarquables
+par la vari&eacute;t&eacute; motiv&eacute;e de leurs constructions que par la beaut&eacute; de leurs
+d&eacute;tails.</p>
+
+<p>Au reste, la disposition que nous proposons est celle qui a exist&eacute; de
+tout temps: et, pour construire la sacristie actuelle, Soufflot a
+d&eacute;moli, de ce c&ocirc;t&eacute;, un passage qui communiquait avec l'ancienne
+sacristie de la m&eacute;tropole, et tenait alors &agrave; l'&eacute;v&ecirc;ch&eacute;. La gravure que
+nous avons fait ex&eacute;cuter, d'apr&egrave;s une ancienne tapisserie du XV<sup>e</sup> si&egrave;cle,
+en donne la preuve, ainsi que plusieurs gravures d'Isra&euml;l Sylvestre.</p>
+
+<div class="center">
+<img src="images/002.png" width="30%" alt="LEVECHE NOSTRE-DAME" /></div>
+<h3>LEVECHE NOSTRE-DAME</h3>
+
+<p>Le projet que nous avons aujourd'hui l'honneur de vous soumettre,
+Monsieur le Ministre, n'est donc que l'&eacute;tude en grand de la disposition
+prise par nous dans notre projet d'archev&ecirc;ch&eacute;. Nous avons choisi
+l'emplacement actuel consacr&eacute; par un long usage, parce qu'il est le plus
+&agrave; proximit&eacute; du ch&oelig;ur, et parce qu'il permet d'isoler ce b&acirc;timent de
+l'&eacute;glise, dont il ne masque qu'une faible partie, et sur un point qui,
+d'ailleurs, l'a toujours &eacute;t&eacute;.</p>
+
+<p>Ce parti pr&eacute;sente encore l'avantage de n'apporter aucun changement dans
+la disposition g&eacute;n&eacute;rale du plan de Notre-Dame.</p>
+
+<p>Le choix de l'emplacement une fois arr&ecirc;t&eacute;, il nous restait encore &agrave;
+r&eacute;soudre la question du style &agrave; adopter pour cette annexe, si peu
+importante relativement &agrave; l'ensemble de la cath&eacute;drale. Nous l'avouons,
+Monsieur le Ministre, il ne nous a pas sembl&eacute; possible d'h&eacute;siter un
+instant; car nous avons la conviction qu'il fallait rester en harmonie
+avec cette partie du monument.</p>
+
+<p>Il est &eacute;vident que si l'on abandonne l'imitation de l'architecture de
+Notre-Dame pour &eacute;difier une sacristie dans le style de notre &eacute;poque,
+autant vaut peut-&ecirc;tre conserver celle de Soufflot en la compl&eacute;tant.</p>
+
+<p>Les formes de cette architecture ne sont certainement pas plus en
+d&eacute;saccord avec le monument que celles en usage aujourd'hui. Dans l'un et
+l'autre cas, il est positif que ce serait l&agrave; une tache sur le flanc de
+Notre-Dame. Nous avons cru devoir consid&eacute;rer la sacristie comme partie
+inh&eacute;rente au monument, et, par cons&eacute;quent, nous ne pouvions que nous
+efforcer d'en imiter le style.</p>
+
+<p>Du reste, Monsieur le Ministre, nous avons fait tous nos efforts pour
+satisfaire aux donn&eacute;es du programme que vous avez bien voulu nous
+adresser. Nous avons &eacute;tabli au rez-de-chauss&eacute;e tous les services
+journaliers de plein-pied avec le sol de l'&eacute;glise. Un grand vestibule et
+le petit passage couvert permettraient aux processions de prendre leur
+ordre avant d'entrer dans le ch&oelig;ur. Les latrines sont dispos&eacute;es le plus
+en dehors possible du b&acirc;timent, de mani&egrave;re &agrave; &eacute;viter la mauvaise odeur.
+Une porte de service est r&eacute;serv&eacute;e pour l'entr&eacute;e directe du vin dans la
+cave et pour la vidange de la fosse. Un large soupirail, donnant dans la
+petite cour, du c&ocirc;t&eacute; de l'ouest, permet l'introduction du bois et du
+charbon qui seront n&eacute;cessaires pour chauffer le calorif&egrave;re &eacute;tabli dans
+une des caves; enfin, l'escalier pr&eacute;sente une communication facile du
+grand vestibule &agrave; la salle capitulaire, qui, par son &eacute;tendue, pourra,
+dans certaines occasions solennelles, recevoir un grand concours de
+monde: elle servira de biblioth&egrave;que et de lieu de r&eacute;union pour le
+chapitre.</p>
+
+<p>Il nous reste, Monsieur le Ministre, &agrave; vous faire part des motifs qui
+nous ont d&eacute;termin&eacute;s dans le choix des &eacute;chelles adopt&eacute;es pour l'ex&eacute;cution
+des dessins. Nous avons pens&eacute; que l'&eacute;chelle d'un centim&egrave;tre pour un
+m&egrave;tre &eacute;tait celle qui convenait le mieux aux ensembles, d'abord parce
+qu'elle est impos&eacute;e par l'administration, puis parce qu'elle nous
+permettait de saisir plus facilement l'aspect g&eacute;n&eacute;ral de notre
+restauration. Une &eacute;chelle plus grande n'aurait pu l'&ecirc;tre assez pour
+faire voir dans les dessins de fa&ccedil;ades toutes les d&eacute;licatesses de la
+construction et de la forme, sous peine d'avoir des feuilles d'une
+dimension d&eacute;mesur&eacute;e et difficiles &agrave; embrasser d'un seul coup d'&oelig;il.
+Mais aussi, pour les d&eacute;tails, nous avons choisi une &eacute;chelle beaucoup
+plus grande, c'est-&agrave;-dire de quatre centim&egrave;tres pour un m&egrave;tre, ce qui
+nous a permis d'indiquer d'une mani&egrave;re pr&eacute;cise toutes les formes de
+l'architecture et de l'ornementation des points importans que nous
+proposons de restaurer.</p>
+
+<p>Quant &agrave; la d&eacute;pense qu'entra&icirc;nera l'ex&eacute;cution des travaux n&eacute;cessaires
+pour la restauration <i>compl&egrave;te</i> de Notre-Dame et la construction d'une
+sacristie neuve, nous avons cru devoir la pr&eacute;voir aussi largement et
+aussi compl&egrave;tement que possible; mais nous avons dispos&eacute; nos devis de
+fa&ccedil;on &agrave; ce qu'il soit tr&egrave;s facile d'&eacute;tablir toutes les coupures et
+divisions que Votre Excellence pourra juger convenables pour fractionner
+le travail.</p>
+
+<p>
+Nous avons l'honneur d'&ecirc;tre, avec le plus profond respect,<br />
+<br />
+<span style="margin-left: 2em;">Monsieur le Ministre,</span><br />
+<br />
+<span style="margin-left: 5em;">De Votre Excellence,</span><br />
+<br />
+<span style="margin-left: 1em;"><i>Les tr&egrave;s humbles et tr&egrave;s ob&eacute;issans serviteurs,</i></span><br />
+<br />
+<span style="margin-left: 8em;">LASSUS, VIOLLET-LEDUC.</span><br />
+</p>
+<hr style='width: 45%;' />
+
+<div class="center">
+<img src="images/003.png" width="100%" alt="Port Principale De Notre Dame de Paris" /></div>
+<h3>Port Principale De Notre Dame de Paris,<br />
+<i>d'après un dessin original fait avant la démolition du trumeau en 1771</i><br />
+Tiré du cabinet de M. Gilbert</h3>
+<hr style='width: 45%;' />
+
+<div class="footnotes"><h3>NOTES:</h3>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1"></a><a href="#FNanchor_1_1"><span class="label">[1]</span></a> Tableau compar&eacute; des prix des fen&ecirc;tres &agrave; meneaux en pierre
+ou en fonte, pr&eacute;sent&eacute; au conseil des b&acirc;timens civils, &agrave; sa s&eacute;ance du 13
+f&eacute;vrier 1840.</p>
+
+<h3><i>&Eacute;valuation faite pour les fen&ecirc;tres de Saint-Germain-l'Auxerrois.</i></h3>
+
+
+<table summary="evaluation" cellpadding="0" cellspacing="0">
+
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td><b>PIERRE.</b></td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">Ma&ccedil;onnerie d'apr&egrave;s un m&eacute;moire
+r&eacute;gl&eacute; et accept&eacute; par l'entrepreneur.
+Le r&eacute;sum&eacute; du m&eacute;moire
+se monte &agrave;</td> <td align="right">1,231</td><td align="right">&nbsp;23</td></tr>
+
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td><b>MENUISERIE.</b></td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">Pour les calibres en feuillets, taill&eacute;s
+sur l'&eacute;pure, 27 00, courant
+de feuillet sapin, 0,70 c vaut</td><td align="right">18</td><td align="right">&nbsp;70</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">La fa&ccedil;on desdits pour corroyer,
+joindre, coller, tracer et chantourner,
+douze journ&eacute;es de
+menuisier &agrave; 5 francs</td> <td align="right">60</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">Fourniture de colle forte et
+clous estim&eacute;s</td><td align="right"> 6</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td><b>SCULPTURE.</b></td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+8 chapiteaux &agrave; 10 fr. chaque</td> <td align="right">80</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+Fourniture de 17 lames de plomb
+entre les joints et 26 goujons en
+plomb</td> <td align="right">90</td><td align="right"> »</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>====</td><td>==</td></tr>
+
+<tr><td align="center">Total</td> <td align="right">1,485 </td><td align="right">93</td></tr>
+
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td><b>FONTE.</b></td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">En supposant la r&eacute;partition des mod&egrave;les
+sur 24 fen&ecirc;tres identiquement semblables,
+la fonte coûterait 65 fr. les 100 kil.
+compris les frais de mod&egrave;le.</td><td>&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">(Il faut remarquer ici, que si les fen&ecirc;tres
+&eacute;taient toutes vari&eacute;es, les frais de mod&egrave;les
+augmenteraient beaucoup le prix
+du kil. de fonte.)</td><td>&nbsp;</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+Le poids total d'une fen&ecirc;tre, dont toutes
+les parties seraient fondues en coquilles
+et ajust&eacute;es comme l'indique la figure, serait
+de 1,200 k. &agrave; 65 f. le k. vaut</td><td align="right"> 780</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+L'ajustement et assemblage de
+toutes les parties boulonn&eacute;es
+avec 130 âmes de fer forg&eacute;, et
+200 vis taraud&eacute;es, retouch&eacute; au
+burin, estim&eacute;</td><td align="right">600</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+Le double transport et montage
+conjointement avec les ma&ccedil;ons,
+estim&eacute; pour le serrurier seulement</td> <td align="right">80 </td><td align="right">»</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+5 journ&eacute;es de compagnon, ma&ccedil;on
+et gar&ccedil;on</td> <td align="right">31</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td><b>PEINTURE.</b></td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+Premi&egrave;re couche au minium et
+deux couches couleur de pierre,
+estim&eacute;es, superficiel, &agrave; 1 f. 25 c</td> <td align="right">30</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+Plus value des chapiteaux</td> <td align="right">16</td><td align="right"> »</td></tr>
+
+<tr><td align="left" style="margin-left: 2em; text-indent: -1em;">
+Échafaudage</td> <td align="right">25 </td><td align="right">»</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td align="right">====</td><td align="left">==</td></tr>
+
+<tr><td align="center">
+Total</td> <td align="right">1,562</td><td align="right"> »</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+<tr><td>&nbsp;</td><td>&nbsp;</td></tr>
+</table>
+
+</div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_2_2" id="Footnote_2_2"></a><a href="#FNanchor_2_2"><span class="label">[2]</span></a> Ce dessin appartient &agrave; M. Gilbert.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_3_3" id="Footnote_3_3"></a><a href="#FNanchor_3_3"><span class="label">[3]</span></a> Sainte-Foix, Dubreul, Leb&oelig;uf.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4"></a><a href="#FNanchor_4_4"><span class="label">[4]</span></a> Corrozet.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5"></a><a href="#FNanchor_5_5"><span class="label">[5]</span></a> &laquo;Est &agrave; noter que la fondation o&ugrave; sont les piliers qui
+portent les arcades et le mur en pourtour du ch&oelig;ur de l'&eacute;glise
+Notre-Dame, a dix-huit pieds de profondeur au-dessous de leurs bases qui
+sont enterr&eacute;es six pouces plus bas que le rez-de-chauss&eacute;e du pav&eacute; de la
+m&ecirc;me &eacute;glise, pos&eacute;es sur la glaise ferme, sans pilotis ni plates formes,
+construites par le haut au-dessous du rez-de-chauss&eacute;e avec trois assises
+de pierre de taille dure dans tout le pourtour d'une &eacute;gale hauteur, et
+faisant retraite les unes sur les autres, pos&eacute;es et taill&eacute;es proprement,
+et le surplus au-dessus de gros moellons et mortier de chaux et sable
+plus dur que la pierre.&raquo; (<i>Proc&egrave;s-verbal de la pose du ma&icirc;tre-autel.</i>)</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_6_6" id="Footnote_6_6"></a><a href="#FNanchor_6_6"><span class="label">[6]</span></a> &Agrave; cette &eacute;poque (en 1774), le sieur Boulland, architecte du
+chapitre, fit faire, derri&egrave;re le ch&oelig;ur, une fouille de vingt-quatre
+pieds de profondeur et d'une grande longueur, et se trouva &agrave; un pied
+au-dessous des fondations, et d&eacute;couvrit sous chaque pilier trois assises
+&eacute;gales de libages en pierre de Conflans, d'une grande hauteur,
+parfaitement conserv&eacute;es et pos&eacute;es sur terre franche. Entre les piliers,
+existe une bonne ma&ccedil;onnerie de moellon et de mortier.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_7_7" id="Footnote_7_7"></a><a href="#FNanchor_7_7"><span class="label">[7]</span></a> Ces statues, donn&eacute;es par Montfaucon dans la monarchie
+fran&ccedil;aise, comme celles des rois de France, &eacute;taient, ainsi que le disent
+tr&egrave;s bien Leb&oelig;uf et Corrozet, celles des rois de Juda.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_8_8" id="Footnote_8_8"></a><a href="#FNanchor_8_8"><span class="label">[8]</span></a> ANNO. DOMINI. MCCLVII. MENSE. FEBRVARIO. IDUS. SECUNDO.
+HOC. FUIT. INCEPTUM. CHRISTI. GENITRICIS. HONORE. KALLENSI. LATHOMO.
+VIVENTE. JOHANNE. MAGISTRO.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_9_9" id="Footnote_9_9"></a><a href="#FNanchor_9_9"><span class="label">[9]</span></a> Leb&oelig;uf. <i>Observations sur l'antiquit&eacute; de l'&eacute;difice de
+Notre-Dame.</i></p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_10_10" id="Footnote_10_10"></a><a href="#FNanchor_10_10"><span class="label">[10]</span></a> Plan de Turgot.&mdash;Corrozet. (<i>Voir les dessins, preuves &agrave;
+l'appui.</i>)</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_11_11" id="Footnote_11_11"></a><a href="#FNanchor_11_11"><span class="label">[11]</span></a> <i>Dissertations sur l'Histoire eccl&eacute;siastique et civile de
+Paris</i>, 1739, t. I, p. 75 et 112.&mdash;<i>N&eacute;crologie du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle</i>. M. S.,
+fonds de N.-D., Bibliot. du Roi, n&deg; 3883.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_12_12" id="Footnote_12_12"></a><a href="#FNanchor_12_12"><span class="label">[12]</span></a> C'est ma&icirc;tre Jean Ravy, qui fut ma&ccedil;on de Notre-Dame de
+Paris l'espace de vingt-six ans, et commen&ccedil;a ces nouvelles histoires; et
+ma&icirc;tre Jean Bouteillier les a parfaites en l'an MCCCLI.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_13_13" id="Footnote_13_13"></a><a href="#FNanchor_13_13"><span class="label">[13]</span></a> Le ch&oelig;ur de l'&eacute;glise Notre-Dame est clos d'un mur perc&eacute; &agrave;
+jour autour du grand autel, au haut duquel sont repr&eacute;sent&eacute;s en grands
+personnages de pierre, dor&eacute;s et bien peints, l'<i>Histoire du
+Nouveau-Testament</i>, et, plus bas, l'<i>Histoire du Vieux-Testament</i>, avec
+des &eacute;crits au-dessous qui expliquent lesdites histoires. Le grand
+Crucifix qui est au-dessus de la grande porte du ch&oelig;ur avec la croix,
+n'est que d'une pi&egrave;ce; et le pied d'iccluy, fait en arcade, d'une autre
+seule pi&egrave;ce, qui sont deux chefs-d'&oelig;uvre de taille et de sculpture.
+(Dubreul.&mdash;<i>Th&eacute;&acirc;tre des antiquit&eacute;s de Paris</i>.)</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_14_14" id="Footnote_14_14"></a><a href="#FNanchor_14_14"><span class="label">[14]</span></a> <i>Descriptions historiques des curiosit&eacute;s de l'&eacute;glise de
+Paris</i>, par M. C. P. G., 1763. Paris.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_15_15" id="Footnote_15_15"></a><a href="#FNanchor_15_15"><span class="label">[15]</span></a> Sauval.&mdash;<i>Histoire des Antiquit&eacute;s de Paris</i>, t. I.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_16_16" id="Footnote_16_16"></a><a href="#FNanchor_16_16"><span class="label">[16]</span></a> Bib. royale. Estampes.&mdash;Topographie, et Artifices de la
+perspective, de Viator, trad. Pellegrin.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_17_17" id="Footnote_17_17"></a><a href="#FNanchor_17_17"><span class="label">[17]</span></a> Poids total du plomb: 220,240 livres.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_18_18" id="Footnote_18_18"></a><a href="#FNanchor_18_18"><span class="label">[18]</span></a> <i>Curiosit&eacute;s de l'&eacute;glise de Paris</i>, par M. C. P. G. 1765.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_19_19" id="Footnote_19_19"></a><a href="#FNanchor_19_19"><span class="label">[19]</span></a> Ce vitrail repr&eacute;sentait la cour c&eacute;leste des papes, des
+empereurs, des rois, des reines, des l&eacute;gats, des cardinaux, des
+archev&ecirc;ques, des &eacute;v&ecirc;ques, des religieux et religieuses de diff&eacute;rens
+ordres. Il n'en existe plus qu'une description dans les <i>Curiosit&eacute;s de
+l'&eacute;glise de Paris</i>.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_20_20" id="Footnote_20_20"></a><a href="#FNanchor_20_20"><span class="label">[20]</span></a> <i>Recueil des conclusions du Chapitre</i> de 1767 &agrave; 1772.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_21_21" id="Footnote_21_21"></a><a href="#FNanchor_21_21"><span class="label">[21]</span></a> Ce travail co&ucirc;ta 40,000 livres.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_22_22" id="Footnote_22_22"></a><a href="#FNanchor_22_22"><span class="label">[22]</span></a> <i>Description historique de la basilique m&eacute;tropolitaine de
+Paris</i>, par A. P. M. Gilbert.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_23_23" id="Footnote_23_23"></a><a href="#FNanchor_23_23"><span class="label">[23]</span></a> Monumens enlev&eacute;s de l'&eacute;glise Notre-Dame de Paris,
+transf&eacute;r&eacute;s au mus&eacute;e des Petits-Augustins, leur destination actuelle.
+</p><p>
+1&deg; Une pierre octogone ayant servi de support &agrave; une statue de l'&eacute;v&ecirc;que
+Matiffas de Bucy. Elle porte cette inscription:
+</p>
+
+<div class="poem"><div class="stanza">
+<span class="i0">Ci est le ymage de bonne m&eacute;moire Sim&uuml;<br /></span>
+</div></div>
+
+<p>
+Matiffas de Buci de le esveschie de Soissons jadis esveques de Paris par
+qui furent fond&eacute;es premi&egrave;rement ces trois chapeles ou il gist en l&auml; de
+grace MCCXXIIII et XVI et puis l&euml; fit toutes les autres envir&ntilde; le c&oelig;ur
+de ceste eglise. Pics pour lui.
+</p><p>
+La statue de l'&eacute;v&ecirc;que, pos&eacute;e debout sur ce support, ne s'est pas
+retrouv&eacute;e; mais la pierre, dont l'inscription vient d'&ecirc;tre reproduite,
+est &agrave; Saint-Denis, dans la cour des Valois, o&ugrave; elle se d&eacute;grade. M.
+Debret la tient, depuis plusieurs mois, &agrave; la disposition du Ministre de
+l'Int&eacute;rieur, afin qu'elle soit r&eacute;int&eacute;gr&eacute;e &agrave; Notre-Dame.
+</p><p>
+2&deg; Une statue en pierre, de grandeur naturelle, repr&eacute;sentant Adam. Cette
+figure est nue. Adam se couvre les parties sexuelles d'une large feuille
+de figuier.
+</p><p>
+Monument de la fin du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle, provenant, suivant Lenoir, d'un des
+portails de Notre-Dame. La statue a &eacute;t&eacute; port&eacute;e &agrave; Saint-Denis, o&ugrave; elle
+g&icirc;t en ce moment couch&eacute;e par terre dans la cour des Valois. Les d&eacute;place
+mens qu'elle a subis l'ont priv&eacute;e des deux jambes, qui existent encore,
+mais s&eacute;par&eacute;es du corps.
+</p><p>
+3&deg; Les deux statues &agrave; genoux, en pierre peinte, de Jean Juvenal des
+Ursins, et de sa femme, Michelle de Vitry. XV<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+Ces deux statues font maintenant partie du mus&eacute;e de Versailles.
+</p><p>
+4&deg; Inscription fun&eacute;raire en l'honneur de la famille des Ursins, sur
+marbre blanc. XVIII<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+Cette &eacute;pitaphe, long-temps abandonn&eacute;e dans une cour des
+Petits-Augustins, a &eacute;t&eacute;, dit-on, employ&eacute;e comme un marbre ordinaire
+pour servir de rev&ecirc;tement. Il pourrait se faire qu'elle e&ucirc;t &eacute;t&eacute;
+simplement retourn&eacute;e, et qu'une nouvelle inscription e&ucirc;t &eacute;t&eacute; grav&eacute;e sur
+le revers de l'ancienne.
+</p><p>
+5&deg; La Figure agenouill&eacute;e du chanoine Pierre de Fayel, avec ses
+armoiries, et une inscription indicative des sommes donn&eacute;es par lui pour
+les sculptures de la cl&ocirc;ture du ch&oelig;ur de Notre-Dame. XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+Cette Figure, en demi-relief, qui faisait elle-m&ecirc;me partie de la cl&ocirc;ture
+du ch&oelig;ur, a &eacute;t&eacute; port&eacute;e &agrave; Versailles. Elle n'a point encore &eacute;t&eacute; plac&eacute;e
+dans les galeries du mus&eacute;e, et se trouve au rez-de-chauss&eacute;e, dans une
+salle de d&eacute;p&ocirc;t, pr&egrave;s de la galerie des tableaux-plans.
+</p><p>
+6&deg; Une Mort, squelette d'alb&acirc;tre, peint couleur de bronze, attribu&eacute;e par
+Lenoir au sculpteur Fran&ccedil;ois Gentil. Ce monument, plac&eacute; originairement
+au cimeti&egrave;re des Innocens, fut transf&eacute;r&eacute; &agrave; Notre-Dame, lors de la
+suppression du cimeti&egrave;re.
+</p><p>
+La Mort tient une faulx, et s'appuie sur un cartel portant cette
+inscription:
+</p>
+<div class="poem"><div class="stanza">
+<span class="i0">Il n'est vivant tant soit plein d'art<br /></span>
+<span class="i0">Ni de force pour r&eacute;sistance,<br /></span>
+<span class="i0">Que je ne frappe de mon dart<br /></span>
+<span class="i0">Pour donner aux vers leur pitance.<br /></span>
+<span class="i0">Priez Dieu pour les tr&eacute;pass&eacute;s.<br /></span>
+</div></div>
+<p>
+La figure de la Mort est d&eacute;pos&eacute;e au palais des Beaux-Arts, dans une des
+salles du rez-de-chauss&eacute;e, au fond de la troisi&egrave;me cour, &agrave; droite en
+regardant l'h&eacute;micycle.
+</p><p>
+7&deg; Une Vierge en marbre blanc de grandeur naturelle. XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+On ignore ce que ce monument est devenu.
+</p><p>
+8&deg; Le c&eacute;l&egrave;bre tableau repr&eacute;sentant toute la famille des Ursins. XV<sup>e</sup>
+si&egrave;cle.
+</p><p>
+Ce tableau est au mus&eacute;e de Versailles, dans la premi&egrave;re salle de la
+collection des portraits.
+</p><p>
+9&deg; Plusieurs Vierges en pierre peinte ont &eacute;t&eacute; transport&eacute;es du mus&eacute;e des
+Petits-Augustins &agrave; Saint-Denis. Une de ces statues provenait de
+Notre-Dame.
+</p><p>
+10&deg; Statue en marbre, &agrave; genoux, du cardinal Pierre de Gondi, &eacute;v&ecirc;que de
+Paris, plac&eacute;e sur un entablement que portent quatre colonnes de marbre
+noir, au milieu desquelles on voit un grand c&eacute;notaphe de pareil marbre,
+charg&eacute; d'atributs et d'une inscription. XVII<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+La Statue est &agrave; Versailles. Les autres parties du tombeau ont &eacute;t&eacute;
+dispers&eacute;es, l'entablement se voit encore au Salon des Beaux-Arts, dans
+le clo&icirc;tre pr&egrave;s de la chapelle. On fera remarquer &agrave; ce sujet que lors de
+la translation des monumens historiques de l'ancien mus&eacute;e des
+Petits-Augustins, &agrave; Versailles, on enleva un certain nombre de mausol&eacute;es
+dont les statues ont seules reparu dans le nouveau mus&eacute;e, d&eacute;pourvues de
+la d&eacute;coration qui les accompagnait originairement. Pour citer quelques
+exemples, les armoiries, l'&eacute;pitaphe, les pilastres du tombeau du
+cardinal Mazarin, la d&eacute;coration architectorale du tombeau du commandant
+de Souvr&eacute;, les &eacute;pitaphes de Caylus et de Ch&eacute;rin, l'&eacute;cusson, l'&eacute;pitaphe
+et la tombe de Raymond Philippeaux, conseiller d'&eacute;tat, etc., etc.,
+transf&eacute;r&eacute;s &agrave; Versailles, n'ont pas &eacute;t&eacute; r&eacute;tablis dans les galeries du
+mus&eacute;e.
+</p><p>
+11&deg; Statue en marbre blanc, &agrave; genoux, d'Albert de Gondi, duc de Retz,
+mar&eacute;chal de France.
+</p><p>
+Monument compos&eacute; comme celui du cardinal de Gondi. XVII<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+M&ecirc;me observation.
+</p><p>
+L'effigie du mar&eacute;chal fait partie du mus&eacute;e de Versailles.
+</p><p>
+12&deg; Louis XIV, &agrave; genoux, statue en marbre blanc, par Coyzevoz.
+</p><p>
+Rendu &agrave; Notre-Dame en 1816, enlev&eacute;e en 1832, puis transport&eacute;e dans la
+chapelle de Versailles.
+</p><p>
+13&deg; Louis XIII, &agrave; genoux, sculpt&eacute; en marbre blanc, par Guillaume
+Coustou.
+</p><p>
+M&ecirc;me observation que pour la statue de Louis XIV.
+</p><p>
+14&deg; Groupe de la descente de croix, par Nicolas Coustou.
+</p><p>
+R&eacute;int&eacute;gr&eacute; &agrave; Notre-Dame.
+</p><p>
+15&deg; Mausol&eacute;e du compte d'Harcourt, par Pigalle.
+</p><p>
+R&eacute;int&eacute;gr&eacute; &agrave; Notre-Dame, maladroitement restaur&eacute;.
+</p><p>
+16 Le Christ au tombeau, bas-relief, par Vass&eacute;.
+</p><p>
+&Agrave; Notre-Dame, au ma&icirc;tre-autel,
+</p><p>
+17&deg; Statues, en marbre blanc, de Saint-Louis et de Saint-Maurice,
+sculpt&eacute;es en marbre blanc, par Jacques Rousseau, pour la chapelle de
+Noailles, XVIII<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+Ces figures ont &eacute;t&eacute; donn&eacute;es &agrave; l'&eacute;glise de Choisy-le-Roy.
+</p><p>
+(1) Il existe aux Archives du royaume des dessins tr&egrave;s complets et tr&egrave;s
+bien ex&eacute;cut&eacute;s de toutes ces tombes. M. Gilbert, conservateur de
+Notre-Dame, poss&egrave;de un dessin, peut-&ecirc;tre unique, de le statue de
+Philippe-le-Bel.
+</p><p>
+(2) Voir aux Archives du royaume, les proc&egrave;s-verbaux d&eacute;taill&eacute;s de tous
+les objets qui composaient le tr&eacute;sor.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_24_24" id="Footnote_24_24"></a><a href="#FNanchor_24_24"><span class="label">[24]</span></a> Gilbert.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_25_25" id="Footnote_25_25"></a><a href="#FNanchor_25_25"><span class="label">[25]</span></a> &Agrave; Chartres, les statues des rois qui ornent le portail du
+midi, sont des rois de Juda, ainsi que le prouve une figure de Jess&eacute; qui
+est plac&eacute;e sous le premier.
+</p><p>
+&Agrave; la cath&eacute;drale de Paris, toutes les autorit&eacute;s que nous avons consult&eacute;es
+n'admettent, sur le portail, que des rois de France, et cependant la
+statue de Pepin, plac&eacute;e au centre et mont&eacute;e sur un lion, est pr&eacute;cis&eacute;ment
+dans la m&ecirc;me condition que celle de David, du portail de Chartres, pos&eacute;e
+de m&ecirc;me sur un lion; &agrave; Reims, les statues colossales du portail de
+Notre-Dame &eacute;taient de m&ecirc;me des rois de France.
+</p><p>
+Pi&egrave;ce du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle, publi&eacute;e par M. A. Juhinal, extraite des
+vingt-trois mani&egrave;res de Vilain (<i>Manuscrit</i>).
+</p><p>
+Li vilains Rabuins est cil ki va devant Nostre-Dame, &agrave; Paris, et regarde
+les rois et dist: &laquo;Ves-l&agrave; P&eacute;pin, v&egrave;s-l&agrave; Charlemainne,&raquo; et on li coupe sa
+borse par derri&egrave;re.
+</p><p>
+Bib. royale: <i>Manuscrit</i> 5921, &eacute;criture du XIII<sup>e</sup> si&egrave;cle.
+</p><p>
+Extrait: <i>H&aelig;c sunt nomina regum Francorum IN PORTA Beat&aelig; Mari&aelig; Parisius
+scripta.</i>
+</p>
+<br />
+
+<table summary="rois">
+<tr><td align="left">Primus rex.</td><td align="left">&mdash;Clodoveus.</td></tr>
+<tr><td align="left">Secundus</td><td align="left">&mdash;Lotharius.</td></tr>
+<tr><td align="left">Tertius</td><td align="left">&mdash;Chilpericus.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quartus</td><td align="left">&mdash;Lotharius.</td></tr>
+<tr><td align="left">Quintus</td><td align="left">&mdash;Dagobertus.</td></tr>
+<tr><td align="left">Sextus</td><td align="left">&mdash;Clodoveus.</td></tr>
+<tr><td align="left">Septimus</td><td align="left">&mdash;Lotharius.</td></tr>
+<tr><td align="left">Octavus</td><td align="left">&mdash;Theodoricus.</td></tr>
+<tr><td align="left">Nonus</td><td align="left">&mdash;Hildericus.</td></tr>
+<tr><td align="left">X</td><td align="left">&mdash;Theodoricus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XI</td><td align="left">&mdash;Clodoveus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XII</td><td align="left">&mdash;Hildebertus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XIII</td><td align="left">&mdash;Clodoveus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XIV</td><td align="left">&mdash;Lotharius.</td></tr>
+<tr><td align="left">XV</td><td align="left">&mdash;Chilpericus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XVI</td><td align="left">&mdash;Theodoricus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XVII</td><td align="left">&mdash;Hildericus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XVIII</td><td align="left">&mdash;Pippinus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XIX</td><td align="left">&mdash;Karolus magnus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XX</td><td align="left">&mdash;Lodovicus, filius ejus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXI</td><td align="left">&mdash;Lotharius.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXII</td><td align="left">&mdash;Karolus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXIII</td><td align="left">&mdash;Lodovicus balbus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXIV</td><td align="left">&mdash;Karolus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXV</td><td align="left">&mdash;Odo.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXVI</td><td align="left">&mdash;Karolus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXVII</td><td align="left">&mdash;Rudolfus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXVIII</td><td align="left">&mdash;Ludovicus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXIX</td><td align="left">&mdash;Lotharius.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXX</td><td align="left">&mdash;Ludovicus regnavit anno uno.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXI</td><td align="left">&mdash;Hugo.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXII</td><td align="left">&mdash;Robertus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXIII</td><td align="left">&mdash;Henricus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXIV</td><td align="left">&mdash;Philippus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXV</td><td align="left">&mdash;Ludovicus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXVI</td><td align="left">&mdash;Ludovicus.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXVII</td><td align="left">&mdash;Philippus, bonus rex.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXVIII</td><td align="left">&mdash;Ludovicus, filius ejuz.</td></tr>
+<tr><td align="left">XXXIX</td><td align="left">&mdash;Ludovicus qui regnat.</td></tr>
+</table>
+<br />
+Il est &agrave; remarquer, dans ce catalogue, qu'il y a trente-neuf rois, et
+que dans la galerie de la fa&ccedil;ade occidentale, il n'y a place que pour
+vingt-huit; mais, dans le titre, le mot <i>in porta</i> indique que ces noms
+&eacute;taient inscrits soit sur le pied-droit de la porte principale, soit sur
+les ventaux.</div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_26_26" id="Footnote_26_26"></a><a href="#FNanchor_26_26"><span class="label">[26]</span></a> (Corrozet).&mdash;Le dessin, appartenant &agrave; M. D&eacute;paulis, indique
+d'une mani&egrave;re positive, sur l'&eacute;peron du c&ocirc;t&eacute; de l'H&ocirc;tel-Dieu, une statue
+d'&eacute;v&ecirc;que; sur ceux qui viennent ensuite, la Religion juive, puis la
+Religion chr&eacute;tienne, et enfin, sur le dernier, une figure drap&eacute;e et
+nimb&eacute;e.
+</p><p>
+(<i>Curiosit&eacute;s de Paris</i>, par M. C. P. G.).&mdash;Sur les quatre grands
+pilastres sont repr&eacute;sent&eacute;es, en grandes figures, deux <i>Femmes
+couronn&eacute;es</i>, dont l'une repr&eacute;sente la Religion; l'autre, la Foi (la
+Religion chr&eacute;tienne et la Religion juive); du c&ocirc;t&eacute; de l'archev&ecirc;ch&eacute;,
+saint Denis, et du c&ocirc;t&eacute; du clo&icirc;tre saint &Eacute;tienne.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_27_27" id="Footnote_27_27"></a><a href="#FNanchor_27_27"><span class="label">[27]</span></a> Plan de la ville de Paris, par Turgot.
+</p><p>
+C&ocirc;t&eacute; du nord, pr&egrave;s le portail du transcept, le support du premier pignon
+des chapelles de la nef existe: C'est une petite figure d'homme,
+accroupie. De ce c&ocirc;t&eacute;, quelques crochets de l'ancienne corniche se
+voient encore dans la corniche neuve, refaite en 1812.
+</p><p>
+(Voir le dessin: <i>D&eacute;tail d'une trav&eacute;e de la nef</i>).</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_28_28" id="Footnote_28_28"></a><a href="#FNanchor_28_28"><span class="label">[28]</span></a> Tout le comble est appuy&eacute; d'arcs-boutans, au bout
+desquels, en partie, sont des pyramides carr&eacute;es et triangulaires, aux
+effigies de rois et autres personnages qui sont dedans et dessus.
+(Corrozet.)</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_29_29" id="Footnote_29_29"></a><a href="#FNanchor_29_29"><span class="label">[29]</span></a> <i>Curiosit&eacute;s de Paris</i>, par M. C. P. C. 1763.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_30_30" id="Footnote_30_30"></a><a href="#FNanchor_30_30"><span class="label">[30]</span></a> Nous poss&eacute;dons un calque de ce pr&eacute;cieux dessin, fait avant
+la r&eacute;volution de 1789.</p></div>
+
+<div class="footnote"><p><a name="Footnote_31_31" id="Footnote_31_31"></a><a href="#FNanchor_31_31"><span class="label">[31]</span></a> Voir le <i>fac-simile</i> d'un ancien dessin repr&eacute;sentant la
+sainte chapelle avec la sacristie, d&eacute;truite sous Louis XVI.</p></div>
+
+</div>
+
+
+
+
+
+
+
+<pre>
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Project de restauration de Notre-Dame
+de Paris, by Jean-Baptiste Lassus and Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PROJECT DE RESTAURATION DE ***
+
+***** This file should be named 18920-h.htm or 18920-h.zip *****
+This and all associated files of various formats will be found in:
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+Produced by Chuck Greif and the Online Distributed
+Proofreaders Europe team at http://dp.rastko.net
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+
+Updated editions will replace the previous one--the old editions
+will be renamed.
+
+Creating the works from public domain print editions means that no
+one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
+permission and without paying copyright royalties. Special rules,
+set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
+copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
+protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project
+Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
+charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you
+do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
+rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose
+such as creation of derivative works, reports, performances and
+research. They may be modified and printed and given away--you may do
+practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is
+subject to the trademark license, especially commercial
+redistribution.
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+*** START: FULL LICENSE ***
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+THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
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+Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
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+Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
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+entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.
+
+1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
+used on or associated in any way with an electronic work by people who
+agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
+things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
+even without complying with the full terms of this agreement. See
+paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
+Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
+and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
+works. See paragraph 1.E below.
+
+1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
+or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
+Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the
+collection are in the public domain in the United States. If an
+individual work is in the public domain in the United States and you are
+located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
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+are removed. Of course, we hope that you will support the Project
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+request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
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+ must be paid within 60 days following each date on which you
+ prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
+ returns. Royalty payments should be clearly marked as such and
+ sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
+ address specified in Section 4, "Information about donations to
+ the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."
+
+- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
+ you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
+ does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
+ License. You must require such a user to return or
+ destroy all copies of the works possessed in a physical medium
+ and discontinue all use of and all access to other copies of
+ Project Gutenberg-tm works.
+
+- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
+ money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
+ electronic work is discovered and reported to you within 90 days
+ of receipt of the work.
+
+- You comply with all other terms of this agreement for free
+ distribution of Project Gutenberg-tm works.
+
+1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
+electronic work or group of works on different terms than are set
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+both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
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+Foundation as set forth in Section 3 below.
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+INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
+DAMAGE.
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+defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
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+received the work on a physical medium, you must return the medium with
+your written explanation. The person or entity that provided you with
+the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
+refund. If you received the work electronically, the person or entity
+providing it to you may choose to give you a second opportunity to
+receive the work electronically in lieu of a refund. If the second copy
+is also defective, you may demand a refund in writing without further
+opportunities to fix the problem.
+
+1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
+in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER
+WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
+1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
+warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
+If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
+law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
+interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
+the applicable state law. The invalidity or unenforceability of any
+provision of this agreement shall not void the remaining provisions.
+
+1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
+trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
+providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
+with this agreement, and any volunteers associated with the production,
+promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
+harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
+that arise directly or indirectly from any of the following which you do
+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+http://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at http://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit http://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
+
+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: http://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
+Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
+concept of a library of electronic works that could be freely shared
+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
+editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
+keep eBooks in compliance with any particular paper edition.
+
+Most people start at our Web site which has the main PG search facility:
+
+ http://www.gutenberg.org
+
+This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
+including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
+Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
+subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
+
+*** END: FULL LICENSE ***
+
+
+
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+This eBook, including all associated images, markup, improvements,
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+Procedures for determining public domain status are described in
+the "Copyright How-To" at https://www.gutenberg.org.
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+No investigation has been made concerning possible copyrights in
+jurisdictions other than the United States. Anyone seeking to utilize
+this eBook outside of the United States should confirm copyright
+status under the laws that apply to them.
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